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vendredi 1 mars 2024

Les réalisateurs : Mohamed El Naggar (1954-2019)

محمد النجار

Mohamed El Naggar est diplômé de l’Institut supérieur du cinéma et il débute sa carrière dans l’industrie cinématographique en 1978. Pendant dix ans, il sera assistant réalisateur auprès de grands cinéastes de l’époque. Il réalise enfin son premier film en 1987, Le Temps de Hatem Zahran avec Nour El Sherif et Boussy, un drame social qui rencontrera un grand succès auprès du public. Il tourne une dizaine de films pour le cinéma mais travaille aussi beaucoup pour la télévision. Le succès sera souvent au rendez-vous et il collectionnera les prix et les distinctions honorifiques. Il met fin à sa carrière en 2017.


Un seul film de Mohamed El Naggar a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :

Le Cri (Al Sarkha, 1991)
avec Nour El Sherif (Omar), Abdel Hafez El Tetawy (Mahmoud, le père d’Omar), Nahla Salama (Mazouza), Othman El Hamamsi (Salem, le père de Mazouza), Abdel Rahim Hassan (Fouad, l’ami d’Omar), Wafaa El Hakim (l’institutrice), Maaly Zayed (Mahmoudi), Ahmed Abou Abiya (Moussa), Amal El Sawy (Wafaa), Abir El Saghir (Fikriya)
Scénario : Karam El Naggar
Musique : Rageh Daoud
Production : Al Arham


Omar est un jeune homme sourd et muet qui vit seul avec son père, un modeste employé des chemins de fer. Dans le quartier, c’est une figure familière et il gagne quelques sous en travaillant pour un carrossier. Le père d’Omar ne s’est jamais résolu à l’handicap de son fils et ils ont consulté les plus grands spécialistes. Malheureusement, à chaque fois, leur verdict fut sans appel : la surdité du jeune homme est irrémédiable. Depuis un certain temps, Omar est amoureux d’une jeune fille, Mazouza. Un jour, il ose même lui proposer le mariage mais celle-ci rejette l’offre de manière méprisante. Dépité, Omar rentre chez lui et découvre le corps de son père gisant au sol : il est mort. Après l’enterrement, le jeune orphelin est expulsé de son logement qui appartient à la compagnie pour laquelle travaillait son père. Heureusement, il peut compter sur l’aide de son ami Fouad qui souffre du même handicap que lui. Ce dernier le conduit à l’institut des sourds-muets et le présente à deux responsables de l’établissement…

Notre avis : les films sur les sourds-muets sont rares et on ne peut que louer Mohamed El Naggar d’avoir voulu nous montrer sans préchiprécha larmoyant toutes les difficultés que ceux-ci rencontrent au quotidien. Une œuvre brute qui doit beaucoup à l’interprétation très « actor studio » de Nour El Sherif. Certains pourront déplorer le caractère un peu misogyne du scénario : toutes les femmes que rencontrent Omar, à l’exception d’une seule, se révèlent tout à la fois cupides, dépravées et menteuses. Un dénouement curieux copié sur celui de « Freaks », le film de Todd Browning (1932).

lundi 17 janvier 2022

Les réalisateurs : Atef Hetata (né en 1965)

عاطف حتاتة

Atef Hetata est le fils de Nawal El Sadaawi (1931-2021), médecin, écrivain et militante féministe, connue dans le monde entier pour son combat contre l'excision. Son père est Sherif Hetata (1923-2017), un médecin communiste qui paya son activisme politique par de nombreuses années de prison. Ses parents se sont mariés en 1964 et Atef est leur seul enfant.
Atef Hetata fait ses premiers pas dans l'industrie cinématographique en 1991 comme assistant réalisateur. A ce jour, il n'a réalisé qu'un seul film.


Les Portes Fermées (Al abwab al Moghlaka, 1999)
avec Sawsan Badr, Mahmoud Hemida, Diaa Abdel Khalek, Manal Afifi, Ahmed Azmi, Ahmed Fouad Selim, Maher Essam
Scénario : Atef Hetata
Musique : Hicham Nazih
Production : MISR International Films
Les Portes Fermées ont valu à son réalisateur et à ses acteurs une multitude de prix dans les plus grands festivals internationaux.
appréciation : 4/5


L’histoire se déroule au Caire en 1990 pendant la guerre du Golfe. Mohamed est un jeune lycéen qui vit avec sa mère Fatima dans un petit appartement d’un quartier pauvre de la capitale. Fatima est divorcée et elle travaille comme domestique. Zeinab, leur voisine, est devenue leur amie. Elle est la confidente de la mère, ce qui ne l’empêche pas de manifester au fils une tendresse qui n’a rien d’amical. Elle lui a fait à plusieurs reprises des propositions explicites mais celui-ci, bien que tourmenté par le désir, les a toujours déclinés. Effrayé par le péché, il s’est rapproché d’un groupe intégriste et se rend régulièrement aux séances d’éducation religieuse que donne l’imam. Au lycée, Mohamed est un élève peu attentif et ses résultats ne sont pas bons. Le directeur de l’établissement exige que le garçon prenne des cours particuliers. Mansour, l’un de ses professeurs, propose de les lui donner gratuitement. Si sa mère accueille avec enthousiasme l’offre de l’enseignant, Mohamed voit d’un très mauvais œil un étranger s’introduire chez lui. Et ce qu’il craint finit par arriver : au fil de ses visites, Mansour cache de moins en moins les sentiments qu’il éprouve pour Fatima. L’adolescent se consume de jalousie.



vendredi 31 décembre 2021

Les réalisateurs : Inas El-Degheidy (née en 1953)

إيناس الدغيدي

Inas El-Degheidy est une réalisatrice, scénariste et productrice égyptienne. Née en 1953 au Caire, elle sort diplômée de l’Institut supérieur du cinéma en 1975. Elle commence sa carrière comme assistante d’Henry Barakat puis passe à la réalisation en 1985 avec Désolé la Loi. Ce film qui réunit Mahmoud Abdel Aziz et Naglaa Fathy raconte le drame d’un couple confronté à l’impuissance de l’homme. Dès ce premier long-métrage, Inas El Degheidy défend une conception du cinéma à laquelle elle restera fidèle tout au long de sa carrière : le Septième Art a une fonction politique et sociale. Il doit aborder tous les problèmes que connaissent les sociétés arabes, même les plus tabous. Le combat d’Inas El Degheidy est avant tout féministe et de film en film, elle dénonce la condition des femmes dans son pays et dans les autres pays arabes. Cela lui a valu d’être régulièrement l’objet de menaces de la part des islamistes. Malgré les risques encourus, elle n’hésite pas à prendre position publiquement sur des sujets « sensibles ». Il y a quelques années elle a notamment défendu la légalisation de la prostitution.

Ses œuvres les plus marquantes sont De la Chair Bon Marché en 1995 et Dantella en 1998, ce dernier film offrant à Yousra l’un de ses plus beaux rôles. La dernière réalisation d’Inas El Degheidy date de 2009 mais elle continue à être une figure populaire en Egypte grâce à la télévision où elle apparaît régulièrement comme animatrice ou invitée d’émissions « people ».


Trois films d'Inas El Degheidy ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Loi, excuse-nous (Efwaan ayuha alqanun, 1985)
avec Nagla Fathy (Houda), Mahmoud Abdel Aziz (Ali), Farid Shawqy (Abdel Qawi, le père d’Ali), Laila Taher (Anayat, l’avocate), Hayatem (Loubna), Sayed Zayan (Salah), Saleh El Aweil (un policier), Ahmed Khamis (docteur Magdy), Shady (un enfant), Nevine (une petite fille), Amal Ibrahim (Thuraya, la sœur d’Houda), Farouk Falawkas (Mahmoud, le beau-frère de Houda), Randa (Suzanne), Ali Azzab (officier de police), Thuraya Ezz Eddin (Zinat, l’épouse d’Abdel Qawi), Shoukry Mansour (le juge), Shaaban Hussein le procureur), Khaled Khattab (Khaled)
Scénario : Ibrahim El Mougy et Inas El-Degheidy
Musique : Omar Khairat
Production : Wassef Fayez


Houda et Ali, deux professeurs de l’enseignement supérieur, ont décidé de se marier. Pour la cérémonie, ils ont invité parents et amis et la fête se prolonge tard dans la nuit. Quand les deux jeunes époux se retirent dans leur chambre, la fébrilité d’Ali est palpable. Il est obligé d’avouer à Houda qu’il souffre d’impuissance depuis de nombreuses années. La jeune femme est certes désarçonnée par cette révélation mais elle refuse toute idée de séparation. Elle veut aider son mari et elle souhaiterait qu’il consulte des médecins. Mais Ali se complait dans sa situation et ne fait rien pour guérir. Les relations entre les deux jeunes mariés se dégradent très vite au point que Houda finit par quitter le domicile conjugal. Ali part à sa recherche et finit par la retrouver chez son père à lui. Qu’Houda ait pu se confier à ce dernier met Ali hors de lui. Il l’entraîne dans une chambre et l’aurait étranglée si son père n’était intervenu. Cette explosion de violence ravive en la mémoire d’Ali un traumatisme infantile qui expliquerait son impuissance…


La Meurtrière (Al Qatila, 1992)
avec Farouk El Feshawi, Eman, Fifi Abdo, Hassan Hosny, Hisham Abdalla, Nadia Rafik, Hamdy Youssef, Tawfiq Al Kurdi, Awatif Tikla, Nahla El Khatib
Scénario et dialogues : Magda Khiralla
Musique : Rageh Daoud
appréciation : 1/5


Une petite fille en sortie scolaire dans un parc se perd. Un jardinier qui l’a repérée l’entraîne dans une cabane et la viole. Un vingtaine d’années plus tard, l’inspecteur Houssam Salem doit se rendre sur les lieux d’un crime. Un homme a été retrouvé mort dans sa voiture. Il a été poignardé dans le dos, comme la victime d’un précédent crime. Après son travail, le policier retrouve son appartement qu’il partage avec sa mère. Souvent il passe chez une fleuriste pour y acheter un bouquet. La fleuriste, madame Ragaa El Sayed est devenue une amie. Alors quand des agents de la ville annonce à celle-ci qu’elle doit fermer son kiosque car il se trouve sur un emplacement illégal, elle s’adresse à Houssam pour qu’il intervienne en sa faveur. Il obtient un délai d’un mois. L’enquête sur les mystérieux crimes se poursuit. On soupçonne d’abord des homosexuels mais cette piste ne donne rien. Le spectateur découvre la vérité avant Houssam : un soir, seule chez elle, Ragaa regarde la télévision qui diffuse un film. On voit un couple qui s’étreint violemment. Un viol ? La fleuriste est bouleversée par le spectacle et sans doute excitée. Tout son corps semble la démanger. Elle revêt une tenue de soirée hyper sexy et se rend dans un établissement de nuit.



De la Chair Bon Marché (Laham Rikhis, 1995)
avec Kamel Al Shennawi (Maître Mabrouk), Fouad Khakik (l’avocat corrompu), Elham Shahin (Tawida), Wafaa Mekky (Nagfa Hanafi), Abdel Hafiz El Tetawy (Cheikh Salem), Abdullah El Katib (Kamel, l’amoureux de Nagfa), Tarek al-Nahry (Zia Jamaan) , Mahmoud Kabil (Hecham), Mohamed Henedy (le chauffeur de taxi), Jihan Salama (Ikhalas), Osman Abdel Moneim (le père de Nagfa)
Scénario : Salah Fouad


Maître Mabrouk travaille dans l’immobilier mais une part non négligeable de ses revenus provient des jeunes paysans pauvres qu’il envoie à l’étranger. Si les garçons sont employés pour leur force de travail, les filles sont mariées à de riches et vieux arabes.
Le film raconte l’histoire de trois victimes de Maître Mabrouk, trois jeunes femmes qui viennent du même village. Il y a d’abord Nagfa Hanafi qui accepte d’épouser Cheikh Salem. Quand elle arrive chez lui, elle découvre qu’il a déjà trois épouses et plus d’une dizaine d’enfants. Ensuite, il y a Ikhalas qui devient la femme d’un homme très riche et dans un premier temps, elle savoure pleinement cette nouvelle existence uniquement dédiée aux plaisirs. Enfin, la troisième, c’est Tawida qui n’a pas accepté d’épouser un homme qu’elle n’aime pas. Elle est placée comme domestique chez un couple qui a l’habitude de recevoir et de faire la fête. Le comportement très libre des hôtes et de leurs invités choque un peu la petite paysanne mais elle s'adapte très vite à son nouveau cadre de vie…


jeudi 30 décembre 2021

Les réalisateurs : Adel Alassar (né en 1955)

عادل الأعصر

Adel Alassar est né en 1955. Il réalise son premier film en 1985, Un Pacte avec une Femme, avec dans les rôles principaux, Madiha Kamel Hussein Fahmy et Adel Adham. Il va tourner dix-sept films pour le cinéma puis après 2003, il se consacrera exclusivement à la réalisation de séries pour la télévision.

En 1993, Adel Alassar réalise La Porte du Diable, l’histoire d’une femme qui pour se venger de son ex-mari enlève la fille de celui-ci. Le rôle principal a été confié à Madiha Kamel mais celle-ci décide de se retirer définitivement du monde cinématographique en plein tournage, contraignant le réalisateur à utiliser une doublure pour les scènes qui restaient à tourner. C’est bien l’unique raison pour laquelle ce film est encore mentionné.


Un seul film d'Adel Alassar a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


la Disparition de Gafar El Masry (Ikhtefaa Gafaar El Masr, 1998)
avec Nour Al Sherif (Gafar), Hussein Fahmy (le diable/Salem), Amr Mahdi (Hamam), Raghda (Halima), Abir Sabri (Angie), Safaa Al Toukhy (Amina), Thuraya Ibrahim (la mère d'Hamam), Yousri Al Ashmawy (Daoud)
Scénario : Basiouny Othman
adaptation de la pièce du dramaturge espagnol, Alejandro Casona, la Barque Sans Pêcheur (1945)
Musique : Rageh Daoud
appréciation : 2/5


Un riche homme d’affaires voit son principal concurrent, Gafar El Masry, connaître les pires difficultés. Les avoirs de celui-ci fondent comme neige au soleil et la faillite se profile à l’horizon. C’est un miracle ! Pas tout à fait. Un personnage étrange se présente devant l’homme d’affaires. Il lui explique qu’il est le diable et qu’il est à l’origine des soucis de son rival. Il peut poursuivre son entreprise de destruction si l’homme accepte de tuer quelqu’un pour son compte. Le chef d’entreprise refuse catégoriquement et met à la porte son visiteur. Ce dernier se rend alors chez Gafar El Masry. Il lui propose le rétablissement de sa situation contre le même petit service. Gafar hésite un peu et puis accepte quand il comprend qu’il n’aura rien à faire mais qu’il lui suffira de vouloir cette mort pour que le meurtre s’accomplisse. La victime est un pauvre pêcheur qui s’appelle Hamam. C’est la nuit et il pleut. Il fait une chute mortelle du haut de la falaise sous les yeux de son épouse. Les jours qui suivent, malgré le retour de sa fortune, Gafar est rongé par la culpabilité. Il entend constamment le cri de la femme de Hamam et croit voir partout son Tentateur. Gafar décide de se rendre dans le village du pêcheur.



jeudi 30 septembre 2021

Les réalisateurs : Nagui Anglo (1942-2019)

ناجي أنجلو


Nagui Anglo fut à la fois acteur et réalisateur. En tant que réalisateur, on lui doit dix-sept films, la plupart tournés dans les années quatre-vingt. Il est l’un des représentants du cinéma commercial de cette époque marqué par une absence flagrante d’originalité et d’ambition artistique.


Un seul film de Nagui Anglo a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


La Vierge et le Scorpion (Al Azraa Wal Aqrab, 1990)
avec Youssef Shaban (Sultan, le propriétaire du café), Sabrina (Fatima Hanafi), Mahmoud El Gendy (Jaber, le plombier), Mohsen Sarhan (Hanafi, le père de Fatima), Nuha Al Amrousy (Nawal, une amie de Fatima), Thuraya Ezz Eddin (Nargis), Atef Rezk (Soka, le coiffeur), Mahmoud Amer (l’employé de Sultan), Souad Fahmy (la danseuse), Mohammed El Shershaby (l’avocat), Sherifa Saïd (la femme de Sultan), Amr Mohammed Ali (le jeune apprenti de Jaber)
Scénario : Atef Rezk
Musique : Hani Shenouda
Production : Screen 2000 et Atef Resk


Fatima est ouvrière dans une usine de prêt-à-porter. Elle vit avec son père, un modeste menuisier qui a toutes les peines du monde à joindre les deux bouts. Fatima est amoureuse de Jaber, le plombier du quartier. Sultan est le propriétaire du café. Il est riche mais sa vie n’est guère réjouissante : sa femme, malade, ne quitte jamais le lit. Il est fasciné par la beauté de Fatima et il rêve de s’unir avec elle en secondes noces. Pour s’assurer du soutien du père, il a remboursé les dettes de celui-ci. Mais les efforts du cafetier ont été vains : Jaber a déjà demandé la main de Fatima et le père a accepté. Sultan ne va pas renoncer pour autant. Peu de temps après son mariage, il tend un piège à la jeune femme avec la complicité d’une amie…

mardi 14 septembre 2021

Les réalisateurs : Karim Diaa Eddine (1946-2021)

كريم ضياء الدين

Karim Diaa Eddine fut à la fois homme de théâtre, de cinéma et de télévision. Il est le fils du cinéaste Ahmed Diaa Eddine (1912-1976), une figure importante de l’âge d’or du cinéma égyptien. Karim commence sa carrière artistique à la fin des années 60 comme assistant de son père. Il réalise son premier film en 1987, Les Amoureux. Il est mort le 30 août dernier à l’âge de 75 ans.


Un seul film de Karim Diaa Eddine a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Abou Dahab (1996)
avec Ahmed Zaki (Abou Dahab), Raghda (Fakrya), Esaad Younes (Zinab, la femme d’Abou Dahab), Maaly Zayed (la sœur d’Abou Dahab), Mamdouh Wafi (Saad), Sabri Abdel Aziz (Al Kabir), Mohy Eddin Abdel Mohsen (Haridi, le marchand de café), Sami Sarhan (le beau-frère d’Abou Dahab), Adel Ammar (le médecin), Hagag Abdel Azim (Abou Rayah, un collaborateur d’Abou Dahab), Tarek Fahmy (le frère de Fakrya)
Scénario : Samir Abdel Azim
Musique : Hussein Al Imam, Samir Abdel Azim, Hassan Esh Esh
Production : Karawan Films


Abou Dahab est employé dans une grande boulangerie-pâtisserie de la ville. Il accepte de faire de la prison à la place de son patron car celui-ci s’est engagé à prendre soin de sa femme et de son fils. Une fois libéré, il apprend que son employeur n’a rien fait pour sa famille, que sa femme a dû travailler dur pour donner à manger à leur fils. Furieux, Abou Dahab se rend à la boulangerie et corrige sévèrement le patron. Il arpente les rues de la ville pour trouver du travail mais toutes ses tentatives sont vaines. Enfin, un marchand de café s’intéresse à son sort et l’embauche dans sa boutique. Il sera livreur. Son patron est satisfait de son travail et le paie généreusement. Lui et sa famille peuvent enfin sortir de la misère. Mais Abou Dahab finit par découvrir que les colis qu’il livre ne contiennent pas du café mais de la drogue. Il est furieux mais il accepte de continuer à travailler pour le faux marchand de café contre une augmentation de salaire. Son fils tombe gravement malade et il doit être hospitalisé. Abou Dahab apprend son décès alors qu’il se trouve avec son patron pour effectuer une transaction délicate. L’opération se passe mal : alors qu’ils sont en voiture sur le chemin du retour, la police tente de les intercepter et son patron est tué d’un coup de revolver. Abou Dahab parvient tout de même à les semer. Il prend la succession de son patron et décide de poursuivre toutes ses activités…

Notre avis : dans la filmographie de l’immense acteur Ahmed Zaki, « Abu Dahab » ne figure pas parmi les oeuvres les plus marquantes de sa carrière.. Le film s’inscrit dans un registre de thriller assez conventionnel, dont l’intrigue puise largement dans les codes des productions commerciales des années soixante-dix et quatre-vingt. On s’étonne d’ailleurs de découvrir qu’il date de 1996 tant son esthétique semble calquée sur celle d’un cinéma d’action appartenant déjà au passé.
Si « Abu Dahab » retient néanmoins l’attention, c’est par la noirceur de son univers moral. Le récit dépeint un monde où la nécessité, l’ambition et l’appât du gain poussent les personnages à adopter des comportements opportunistes, parfois franchement sordides. Dans cet environnement corrompu, l’amour et l’authenticité ne sont que des mirages ; seules triomphent la manipulation, la duplicité et la violence des rapports humains.
À sa sortie, le film fit scandale en raison de ses nombreuses scènes jugées « osées ». D’abord, celles avec Ahmed Zaki et la superbe actrice d’origine syrienne Raghda, dont la beauté aristocratique et la sensualité compensent un jeu parfois limité. Mais aussi celles entre Maali Sayed et Sami Sarhan qui se livrent sans cesse à des étreintes jugées trop explicites pour le public égyptien de l’époque. Ces séquences valurent aux deux acteurs des poursuites pour « incitation à la débauche » et une condamnation en première instance à un an de prison, avant que la cour d’appel ne les relaxe.
« Abu Dahab » n’est certes pas un chef d’œuvre (certains critiques ont même reproché à Ahmed Zaki de s’être fourvoyé dans un film de série B indigne de son talent.) mais il demeure un objet singulier qui rappelle les thrillers d’une autre époque, notamment ceux de Niazi Mustafa et d’Houssam Al Din Mustafa, par son sens de l’action et son audace morale.

lundi 31 mai 2021

Les réalisateurs : Alaa Karim (1947-2006)

علاء كريم

Alaa Karim a suivi des études de cinéma d’abord au Caire puis à Los Angeles. Il réalise son premier film en 1991, Suspicion avec Nagla Fathy et le chanteur Mohamed Mounir. Cinq autres films suivront mais l’essentiel de son activité s’exercera au sein de la télévision.



Deux films d'Alaa Karim ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Le cas 85 (85 Jinayat, 1993)
avec Hussein Fahmy (colonel Hazem), Raghda (Rawia), Hoda Issa (la mère du colonel), Yousri Al Ashmawy (Darwish Bey, le mari de Raouya), Bakinam (Aya, la fille du colonel), Gamil Barsoum (le complice de Yousri), Fatima Koshari (une prisonnière)
Scénario : Sherif Al-Menbawy
Musique : Hany Shenouda
Production : Al Ahram et Al Nasr Films


Le colonel Hazem dirige d’une main de fer une prison pour femmes. Il est convaincu qu’il faut traiter avec la plus grande sévérité les détenus et il refuse d’éprouver la moindre compassion à leur égard. La femme d’Hazem est morte et depuis il vit seul avec sa mère malade et sa fille Aya. Dans la somptueuse propriété jouxtant la leur, réside Rawia, une jeune femme élégante et affable. Celle-ci a tout de suite sympathisé avec ses voisins. La grand-mère n’hésite pas à lui confier sa petite fille pour les sorties en ville qu’elle ne peut effectuer en raison de son état de santé . Rawia finit par participer à la plupart des activités de la petite famille et elle s’entend si bien avec Aya qu’Hazem envisage de l’épouser. Malheureusement, la jeune femme est déjà mariée. Son mari est un homme brutal qui a bâti toute sa fortune sans trop se soucier de la morale ni de la loi. Rawia ne l’a jamais aimé et souhaiterait divorcer. Hazem finit par rencontrer cet homme. Aussitôt, ce dernier essaie de le corrompre. Hazem, indigné, décide de rompre tout lien avec sa voisine. Une nuit, la police investit la propriété de Rawia et de son mari. Des coups de feu sont échangés. Plusieurs balles atteignent l’homme d’affaires qui s’effondre sans vie. Sa femme est arrêtée. On l’accuse d’avoir participé au trafic de drogue dirigé par son mari. Bien qu’elle ne connût rien des affaires de celui-ci, elle est condamnée et envoyée dans la prison que dirige Hazem…

Notre avis : le scénario est signé Sherif Al‑Menbawy, un auteur en fin de carrière, très actif dans les années quatre-vingt, et il faut avouer qu’il ne manque pas d’intérêt. Il multiplie les retournements de situation et joue habilement sur l’ambivalence constante de ses deux protagonistes, incarnés par la superbe actrice syrienne Raghda et par l’infatigable Hussein Fahmy. Le dénouement, loin du happy end attendu, surprend par sa noirceur — le film aurait presque pu s’intituler « Toutes les histoires d’amour finissent mal ». l’auteur aborde également sans détour la violence qui règne dans le milieu pénitentiaire et montre que les prisons pour femmes n’ont, de ce point de vue, rien à envier à leurs équivalents masculins.
Malheureusement, la mise en scène accumule les clichés esthétiques de son époque : musique tonitruante au synthétiseur, flous systématiques pour les souvenirs heureux, amplification artificielle des bruits de coups dans les scènes de bagarre. Cette esthétique de téléfilm tourné en vidéo confère à l’ensemble un aspect daté qui rebutera le spectateur d’aujourd’hui.


Le Garage (Algiraj, 1995)
Nagla Fathy (Naïma), Farouq Al Fishawy (Abdoullah, l’ouvrier muet),Sayed Zayan (Zeinhom, le mari de Naïma), George Sedhom (Hosny), Wafaa Amer (Aziza, la servante), Samraa (la danseuse Zizi), Donia Abdel Aziz (Donia, la fille aînée de Naïma), Mohamed Nagaty (Ramzy, le petit ami de Donia), Sherif Sabry (docteur Anwar, le père de Ramzy), Tamer Ashraf (Tamer, un des fils de Naïma), Alaa Wali El Din (Mounir, l’un des résidents de l’immeuble), Hassan Mustafa Mazhar (Hassan, un des fils de Naïma), Karim Al Husseiny (Karim, un des fils de Naïma), es Alfat Sukar (la soeur de Naïma), Shadia Abdul Hamid (Gamalat), Taheya Carioca (une voisine)

Dernière apparition à l’écran de Taheya Carioca : ce film met un point final à une carrière exceptionnelle commencée soixante ans plus tôt.

Scénario : Alaa Karim, Walid Seif
Musique : Munir El Wasimi
Production : Wasif Fayez


  Drame. Naïma est gardienne dans un grand immeuble. Elle s’occupe du garage, nettoie les voitures des résidents et fait le ménage dans plusieurs appartements. En plus de son travail, elle élève seule sept enfants qui lui donnent bien du fil à retordre. Elle ne peut compter sur aucun soutien de son mari, Zeinhom, qui passe ses journées à boire avec ses amis et entretient une liaison avec la servante d’une danseuse vivant dans l’immeuble.
   Le jour où Naïma doit accoucher, ce n’est pas son mari qui la conduit à l’hôpital, mais Abdullah, un ouvrier muet qui travaille pour elle et l’aime en secret. Zeinhom, lui, n’a qu’une obsession : obtenir un passeport pour partir à l’étranger. Grâce à Hosny, un résident riche et influent, il finit par l’obtenir et abandonne sans remords sa femme et ses enfants pour une vie plus confortable.
   Désormais, Naïma doit affronter seule les difficultés du quotidien. Tamer, son fils aîné, quitte l’école et sombre dans la délinquance. La police finit par l’arrêter alors qu’il conduit sans permis une voiture volée. Donia, sa fille aînée, l’inquiète également : devenue une jeune femme, elle fréquente un adolescent de son âge, et Naïma redoute qu’elle cède à ses avances et tombe enceinte avant le mariage.
   Depuis quelque temps, Naïma se sent très fatiguée. Un médecin de l’immeuble lui propose de faire des examens. Le diagnostic tombe : elle est atteinte d’un cancer du poumon à un stade terminal.

Notre avis : une chronique sociale qui reprend les ressorts du mélodrame : nous sommes en terrain connu. Difficultés de logement et d’éducation, père défaillant, délinquance juvénile, inégalités sociales, pauvreté… Autant de thèmes abondamment explorés depuis le début des années 1980 par de jeunes réalisateurs désireux de rompre avec les sortilèges et les artifices du cinéma de l’âge d’or pour affronter les réalités âpres de leur époque.
Bien que, par son esthétique, ce film s’inscrive dans ce courant réaliste initié quinze ans plus tôt, il a remarquablement bien vieilli et se regarde encore aujourd’hui avec un intérêt soutenu. Trois raisons à cela : un scénario solidement construit, une absence de pathos — l’héroïne, confrontée à mille difficultés puis à la maladie, ne s’apitoie jamais sur son sort — et surtout une interprétation d’une qualité exceptionnelle. Bien sûr, Nagla Fathy se révèle époustouflante en mère courage, mais les deux acteurs qui l’entourent, Zayed Zayan et George Sedhom, incarnent eux aussi avec une grande justesse et sans jamais sombrer dans la caricature, des hommes veules et lubriques. Dans ce film, même les enfants et les adolescents jouent avec un naturel et une vérité peu ordinaires. En revanche, nous avons été moins convaincus par la prestation de Farouq Al Feshawi dont le jeu et le personnage nous rappellent de manière trop flagrante ceux de Nour Al Sherif dans « Le Cri » (alsarkha, 1991) de Mohamed El Naggar.

dimanche 7 février 2021

Les réalisateurs : Khairy Bishara (né en 1947)

خيري بشارة


Khairy Bishara s’intéresse au cinéma dès son plus jeune âge. Il entre à l’Institut supérieur du cinéma du Caire et en sort diplômé en 1967. En 1968, il part étudier en Pologne. C’est là qu’il rencontre sa femme. De retour en Egypte, il travaille comme assistant-réalisateur tout en enseignant le théâtre et l’écriture. A partir de 1974, il réalise un grand nombre de documentaires et de courts-métrages.
Il se lance dans le long-métrage de fiction en 1982 avec La Péniche n°70 (Al-Awwama Raqam 70)
Ses deux films les plus célèbres sont Le Collier et le Bracelet, sorti en 1986 et Ice Cream à Glim qui date de 1992.
A partir des années 2000, Khairy Bishara travaille essentiellement pour la télévision.
En 2018, il réalise la série la Malédiction du Karma avec en vedette la chanteuse libanaise, reine du glamour, Haïfa Wehbe.


Deux films de Khairy Bishara ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Le Collier et le Bracelet (Al-Towq wal-Uswura, 1986)
avec Ezzat El Alaily, Sherihan, Fardous Abdel Hamid, Ahmed Abdel Aziz, Abdullah Mahmoud, Ahmed Bedir, Mohamed Mounir, Hanan Youssef, Mohamed Dardiry, Fathia Tantawy, Hassan El Adl, Mahmoud Al-Bezzawy, Salma Al Nagar, Fathya Qandil
Scénario : Yahya El-Taher Abdullah, Khairy Beshara, Abdel Rahman El Abnoudy, Yahia Azmy
Musique : Intisar Abdel Fattah


L’action se passe en 1933, dans le village de Karnak, près de Louxor. Hazina vit pauvrement avec son mari infirme et leur fille Fahima. Elle espère que le retour de leur fils Mustafa parti travailler au Soudan leur permettra de connaître des jours meilleurs. Mais son mari meurt. Pour échapper à la misère, Hazina marie sa fille au forgeron du village. Les mois passent et Fahima n’est toujours pas enceinte. En fait, le forgeron est impuissant. Hazina craint que l’héritage de son gendre leur échappe s’il n’y a pas d’héritier. Comme tous les habitants du village elle croit en la superstition, c’est pourquoi elle décide de mener sa fille au temple. Quelques mois plus tard, Hazina découvre qu’elle est enceinte. Ce ne sont pas les esprits qui ont permis un tel miracle mais plus simplement, le gardien du temple qui a su agir de manière décisive. Quand Hazina met au monde une petite fille, son mari refuse de la reconnaître : il sait pertinemment qu’il ne peut être le père. Quelque temps après, la jeune mère meurt des suites d’une fièvre mal soignée. Farahna, la petite orpheline, est élevée par sa grand-mère.
Dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps, Le Collier et le Bracelet est classé sixième.


Ice Cream à Glim (Ice cream fi Glim, 1992)
avec Amr Diab, Ashraf Abdelbaky, Simone, Hussein El Emam, Gihan Fadel, Ali Hassanein, Ezzat Abu Ouf, Hossam Hosni, Alaa Wali El Din, Hesham Nazih, Tamer Hagras, Ahmed Al Nasir, Faten Hamama (pour une très brève apparition lors d’un concert que donnent le héros et ses camarades)
Scénario : Medhat Al Adl et Mohamed El-Mansy Kandil
Musique : Amr Diab, Hossam Hosni


Seif travaille comme coursier pour une société de vente en gros de cassettes vidéo et Il vit dans un garage. Toute la journée, il circule à moto pour fournir en nouveautés les vidéos-clubs et autres commerces de la capitale. Il est fiancé à Badria, une jeune fille pauvre comme lui. Elle est vendeuse dans une boutique de luxe qui se trouve sur la route d’Alexandrie. Le soir, Seif vient la chercher à moto. Si le jeune homme supporte avec bonne humeur cette existence précaire, c’est qu’il a un rêve : depuis toujours il chante et il espère qu’un jour son talent intéressera des producteurs. En attendant, les soucis s’accumulent. Un soir, il est agressé par une bande de voyous qui lui dérobent sa moto et toute sa cargaison de cassettes. Il devra tout rembourser à son patron. Peu après, entre lui et Badria, l’ambiance se dégrade brutalement. La jeune vendeuse a toujours manifesté son impatience, sa frustration à l’égard de leur situation. Elle a fait la connaissance d’un homme mûr très riche qui lui fait miroiter une autre existence. La rupture est inévitable…

Notre avis : la vedette de ce film est Amr Diab, un jeune chanteur qui dans les années 90 est devenu la star de la chanson arabe. Comme il se doit, il a joué dans quelques films tout à sa gloire dont ce « Ice Cream à Glim » qui rencontra auprès du public un succès considérable. Dans cette comédie musicale, l’influence américaine est clairement assumée : Amr Diab porte le même blouson de cuir et arbore la même coiffure que John Travolta dans « Grease » (1978). Le personnage qu’il incarne travaille dans un vidéo club dont les murs sont tapissés d’affiches de films hollywoodiens et on entend même la voix d’Elvis Presley. Sur le plan cinématographique, « Ice Cream à Glim » n’a rien de remarquable et Amr Diab, au demeurant un jeune homme sympathique, ne manifeste pas des dons exceptionnels dans l'art dramatique. L’essentiel ce sont les chansons interprétées par celui-ci ou quelques-uns de ses partenaires. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus daté dans ce film : l’omniprésence du synthétiseur est parfois difficile à supporter ! Cette comédie date de 1992 mais elle baigne dans une atmosphère furieusement années 80. Si aujourd’hui, elle a toujours autant de succès c’est qu’elle permet à toute une génération de spectateurs de replonger dans sa jeunesse.

samedi 11 avril 2020

Les réalisateurs : Sherif Shaban (né en 1960)

شريف شعبان


Sherif Shaban est un producteur et réalisateur égyptien né en 1960. Il a réalisé cinq films dont quatre sont des remakes de grands succès de la comédie américaine.
Le premier, Le Jeans (1994), est le remake de Pretty Woman de  Garry Marshall (1990) ; 
le deuxième, Tata, Rika et Monsieur Kazem  (1995), celui du Plus Escroc des Deux de Frank Oz (1988) ;
le troisième, Un Poisson et Quatre Piastres (1997) celui d’ Un Poisson nommé Wanda de Charles Crichton et John Cleese ( 1989) ;
et enfin le quatrième -et là, il fallait quand même oser !-celui de Certains l’aiment chaud de Billy Wilder (1959) sous le titre d’Un Orchestre seulement de Filles (2000).

Inutile de préciser que ces quatre « productions » font pâle figure devant les originaux !

Dans l’une des scènes du Jeans, l’héroïne regarde à la télévision un vieux film de Fateen Abdel Wahab avec Ismaïl Yassin, Mademoiselle Hanafi (1954). Cela rappelle fort à propos qu’à une autre époque les auteurs de comédie du cinéma égyptien savaient eux aussi  faire œuvre originale !


Un seul  film de Sherif Shaban a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Tata, Rika et Monsieur Kazem (Tata, Rika & Kazem Bey,1995)
avec Kamal El Shennawi (Kazem Bey), Jala Fahmi (Rika), Najah Al Muji (Tata), Kamal Al Sherif (l’assistant de Kazem), Milad Awad (Bashir, le domestique de Kazem), Jasmine (Hikmet Bakhtiari), Ghada Ibrahim (Malika), Amr Moselhy (l’officier de marine)
Scénario : Nihad Moharam
Musique : Mohamed Al Banna
Production : Sherif Shaban
Adaptation ou plutôt copie de la comédie américaine Le Plus Escroc des Deux (Dirty Rotten Scoundrels, 1988) réalisé par Frank Oz. Ce film est lui-même un remake des Séducteurs (Bedtime Story, 1964) réalisé par Ralph Levy avec Marlon Brando et David Niven.


Kazem, un Dom Juan d’âge mûr, gagne sa vie en séduisant des femmes riches. Un jour, il découvre qu’un rival opère sur son terrain de chasse favori, les salons d’un hôtel de luxe. L’homme qui se nomme Tata est moins élégant, moins raffiné que Kazem mais il ne manque pas d’audace auprès de la gente féminine. Les deux séducteurs décident de travailler ensemble. Kazem enseigne à son jeune confrère toutes ses techniques de tombeur professionnel. Mais leur collaboration prend fin quand Tata découvre que Kazem ne lui donne qu’une part infime de leurs « revenus » communs sous prétexte qu’il a profité des leçons de son aîné. Peu après, Rika, une femme d’affaires fortunée, fait son apparition dans l’hôtel. Les deux hommes vont déployer tout leur talent de séducteurs pour être le premier à la conquérir. Tata décide de jouer la carte de la compassion : il se présente à la jeune femme comme un ancien officier de marine handicapé cherchant de l’argent pour faire opérer sa vieille tante…

Notre avis : une comédie médiocre, adaptation inutile d’une grosse production américaine. La seule vertu de ce film est de nous donner des nouvelles de l’acteur Kamal Al Shennawi, l’un des derniers géants de l’âge d’or du cinéma égyptien. Il a alors soixante-quatorze ans et il semble se porter comme un charme. Il rivalise d’énergie et de bagou avec ses deux partenaires, Nagah Al Mugi et Gala Fahmy qui ont respectivement vingt et quarante ans de moins que lui. Kamal Al Shennawi poursuivra sa carrière encore plusieurs années, essentiellement à la télévision. Les rares films qu’il tournera pour le cinéma auront aussi peu d’intérêt que celui-ci.


lundi 6 avril 2020

Les réalisateurs : Samir Séif (1947-2019)

سمير سيف

Biographie de Samir Séif sur cette page du blog 

Neuf films de Samir Séif ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog : 

Le Cercle de la Vengeance (Da’irat Al-Intiqam, 1976)
avec Nour Al Sherif, Mervat Amine, Shwikar, Youssef Chaban, Ibrahim Khan, Salah Kabil, Omar El-Hariri, Hayat Kandel, Abdel Salam Mohamed, Fatheia Shahin, Mustafa Metwalli, Muhamed Faraj, Mohamed Shawky, Zizi Mostafa, Mahmoud Kamel, Helmy Hilaly, Hanem Mohamed, Lucy, Saleh Al-Eskandarani, Tawfiq Al Kurdi, Eetedal Shahin, Abdul Moneim Al Nimr, Hussein Arar, Mohamed Suleiman, Ahmad Bedir, Myrna Loy
Adaptation du Comte de Monte-Christo, un roman d'Alexandre Dumas
Scénario : Samir Seif et Ibrahim EL Mougy
Musique : Fouad El Zahry


Quatre voleurs réussissent à s’emparer d’une somme d’argent considérable. Mais Gaber Abdel Wared, celui qui a réussi à percer le coffre-fort, est trahi par les trois autres. Il se retrouve en prison. Ses anciens camarades se sont partagé le butin et pendant des années ils vont mener l’existence heureuse des nouveaux riches. Quand Gaber sort enfin de prison, il n’a plus qu’une idée en tête : se venger.


Le Suspect (Al Mashbouh, 1981)
avec Soad Hosny (Batta), Adel Imam (Maher), Said Saleh (Bayoumi, le frère aîné de Maher), Farouk El Feshawi (Tarek, l’officier de police), Fouad Ahmed (Hamouda, le complice des deux frères), Ali El Sherif (Afyonah, un bandit), Saïda Galal (une prostituée), Karim Abdel Aziz (l’enfant de Maher), Mona Abdallah (l’infirmière), Kasem El Daly (le mazoun), Mohamed Ashoub (le barman), Hamdi Youssef (le père de l’officier de police)
Scénario et dialogues : Ibrahim El Mougy et Samir Seif
Adaptation du film Les Tueurs de San Francisco (Once a Thief, 1965) du réalisateur américain Ralph Nelson avec Alain Delon et Jack Palance
Musique : Hany Shenouda


Chronique sociale. Maher est un voleur. Alors qu’il est en train de cambrioler un appartement, il fait la connaissance de Batta, une prostituée qui y reçoit ses clients. Les policiers font leur apparition. Pour leur échapper, Maher se bat comme un beau diable, il est blessé à la jambe mais il blesse à son tour l’officier de police Tarek. Il parvient à s’enfuir et trouve refuge au domicile d’Oum Al Ayyal, la receleuse. Il y retrouve ses deus complices, Bayoumi, son frère aîné et Hamouda. On lui enlève la balle fichée dans sa jambe et une fois rétabli, Maher n’a plus qu’une idée en tête : retrouver Batta. Il erre dans les bars et les cabarets où travaillent les prostituées mais c’est la jeune femme qui le retrouve chez Oum Al Ayyal. Maher et Batta s’avouent leur amour et décident de se marier, malgré l’opposition de Bayoumi, le frère du jeune homme. Quelques mois plus tard, Batta est enceinte. Alors que Maher l’accompagne à l’hôpital où elle doit accoucher, il est arrêté et conduit au commissariat. Là, il retrouve Oum Al Ayyal qui attend d’être interrogée. Elle lui apprend qu’Hamouda avait été arrêté et qu’il les avait tous dénoncés mais que son frère avait réussi à fuir. Dans la cellule où il est transféré, Maher retrouve Hamouda et l’agresse violemment. Pour cette agression, il est condamné à cinq ans de prison. Pendant ce temps-là, l’inspecteur Tarek recherche toujours le malfrat qui l’a blessé…

Notre avis : c’est le premier grand rôle dramatique d’Adel Imam et il s’y révèle remarquable, à la grande surprise de beaucoup (On raconte que même le réalisateur n’était pas au départ favorable au choix d’Adel Imam pour son personnage mais qu’il reconnaitra très vite son erreur d’appréciation.) Dans cette chronique sociale en forme de thriller, l’acteur incarne avec un réalisme stupéfiant, un petit délinquant dont toutes les tentatives pour mener une vie normale sont vouées à l’échec, comme si le destin s’acharnait à le faire replonger dans le monde des voyous et des truands. « Le Suspect » est un film d’action qui évite tout manichéisme. Les personnages sont montrés avec toute leur complexité et sont traités avec la même humanité, les truands comme les flics, les braves comme les lâches. Autour d’Adel Imam, les autres acteurs sont tout aussi sensationnels, notamment Soad Hosny* dans le rôle de la compagne du héros, Saïd Saleh dans celui du frère et Farouk El Feshawi dans celui de l’inspecteur Tarek. Dans ce film, Soad Hosny forme avec Adel Imam l’un des couples les plus émouvants du cinéma des années 80.
*1981 marque le grand retour à l’écran de l’actrice après le semi-échec du film «La Sauvage « réalisé en 1979 par ce même Samir Seif. Cette année-là elle tourne aussi avec Salah Abou Seif, Mohamed Khan et son mari, Ali Badrakhan.


Un Inconnu dans ma maison  (Ghareeb fi Baity, 1982)
avec Soad Hosny (Afaf), Moamen Hassan (le fils d’Afaf), Nour El Sherif (Shehata Abou Kaf), Ali El Sherif (un des acheteurs), Ibrahim Kadri (l’agent immobilier), George Sedhom (Saad Marzouk, l’ancien propriétaire de l’appartement), Hassan Mostafa (Ali Nachif, l’entraîneur du club), Nabila El Sayed (Kaouther, la collègue d’Afaf), Wahid Seif (le réceptionniste de l’hôtel de passe), Seif Allah Mokhtar (l’assistant d’Ali Nachif), Hayatem (la séductrice), Mohamed Abou Dawoud (l’officier de police)
Scénario et dialogues : Wahid Hamid
Remake d’Adieu, je reste (The Goodbye Girl), un film américain réalisé par Herbert Ross en 1977.
Musique : Hany Shenouda


Comédie. Shehata est un jeune footballeur d’Al Minya, la capitale de la Moyenne-Egypte. Il a reçu un télégramme du prestigieux club de Zamalek qui a décidé de l’engager et qui lui demande de rejoindre au plus vite Le Caire. C’est la première fois que Shehata se rend dans la capitale et les difficultés commencent dès sa sortie de la gare. Il hèle un taxi et s’apprête à y monter mais une jeune femme (On apprendra plus tard qu’elle se prénomme Afaf.) prétend qu’elle lui avait fait signe avant lui. Tandis que la discussion s’envenime, un voleur s’empare du porte-monnaie de l'une et du portefeuille de l'autre puis s’enfuit en prenant le taxi que Shehata et Afaf se disputaient. Les deux antagonistes constatent la disparition de leur argent et s’accusent mutuellement. Ils se retrouvent au commissariat pour s’expliquer. L’officier de police est au départ assez mal disposé à l’égard de Shehata mais c’est l’entraîneur du club de Zamaleck lui-même qui vient le délivrer. Le policier est confus d’avoir rudoyé une future étoile du football. Shehata et Afaf ressortent libres du commissariat.
Afaf est une infirmière qui depuis la mort de son mari élève seule son fils. Après les mésaventures de la journée, la mère et l’enfant retrouvent la petite chambre qu’ils occupent dans une pension modeste. De son côté, Shehata s’est installé dans un hôtel sans savoir que celui-ci accueille essentiellement des prostituées et leurs clients. Le soir même, des policiers investissent l’établissement et embarquent tout le monde. C’est ainsi que le footballeur se retrouve encore une fois en cellule.
Afaf cherche à acheter un appartement qui puisse l’accueillir elle et son fils. Elle l’a enfin trouvé et a hâte de s’y installer. Pour le récompenser de ses bons résultats, le club de Zamaleck offre à Shehata un logement. Mais ce que vont découvrir Afaf et Shehata, c’est qu’ils ont été victimes d’un escroc et qu’ils vont devoir cohabiter dans le même appartement…

Notre avis : quand elle tourne dans ce film, Soad Hosny est âgée d’à peine quarante ans et elle se trouve déjà au crépuscule de sa carrière. Elle jouera ensuite dans quelques films sans grand intérêt et quittera définitivement le monde du cinéma en 1991. « Un Inconnu dans ma maison » est sa dernière comédie et on doit reconnaître qu’elle n’y brille pas de manière particulière. On est très loin de la star qui dans les années soixante et soixante-dix ravissait le public par sa sensualité, sa bonne humeur et son énergie. Dans ce film, Soad Hosny semble un peu l’ombre d’elle-même donnant consciencieusement la réplique à son partenaire Nour El Sherif. Il est vrai que le scénario n’offre rien d’excitant pour une actrice ou un acteur. On reste dans la comédie gentiment sociale et pleine de bons sentiments. A voir quand même pour la prestation explosive d’Hayatem à qui nous devons l'une des scènes les plus drôles du film. Signalons enfin que c’est l’un des très rares films dans lesquels Soad Hosny joue une mère de famille (Elle-même n’a jamais eu d’enfant, ceci expliquant peut-être cela.)


L’Ogre (Al Ghoul, 1983)
avec Adel Imam (Adel), Nelly (Moushira, la fille non reconnue de Fahmy), Farid Shawki (Fahmy Al Kashef), Salah El Saadani (le procureur général), Hatem Zu El-fakar (Nash’at Al Kashef), Sherifa Zayton (Fadia), Osama Abbas (Youssef Nahran), Abdel Salam Mohamed (Morsi), Nadia Ezzat (la femme de Morsi), Badr Nofal (le médecin), Samir Wahid, Nawal Fahmy (Hayat, l’épouse de Fahmy), Mahmoud El Zohairy (le rédacteur en chef), Said Tarabik (le barman), Fouad Khalil (un journaliste), Youssef Fawzy (le patron du bar)
Scénario : Wahid Hamid 
Musique : Hany Shenouda, Hany Kota


Adel est un journaliste. Depuis son divorce, il vit seul et il passe ses soirées dans les bars. C’est dans l’un d’eux, le Canaria, qu’il fait la connaissance de Nash’at Al Kashef, le fils d’un puissant homme d’affaires. Dans le bar se trouvent aussi Fadia, une danseuse et Morsi, son musicien. Ils ne savent où passer la nuit et Nash’at propose de les héberger. Le trio quitte le bar pour se rendre dans l’appartement du fils de l’homme d’affaires. Mais les événements ne vont pas se dérouler comme prévu. Nash’at tente d’agresser Fadia. Morsi intervient pour libérer la danseuse. Les deux artistes parviennent à quitter l’appartement. Une fois dans la rue, ils se croient hors de danger mais Nash’at les a suivis. L’homme monte dans sa voiture et se lance à la poursuite des deux fugitifs. Aveuglé par la rage, Nash’at renverse Morsi et Fadia puis disparaît dans la nuit. Le premier meurt sur le coup et la seconde est conduite à l’hôpital. Adel s’est rendu sur le lieu de l’accident et il devine que Nash’at a forcément une responsabilité dans ce drame. Il prévient la police mais le père du meurtrier intervient pour empêcher les poursuites contre son fils. Le journaliste s’obstine : il parvient à joindre Fadia et il la convainc de témoigner devant les policiers. Nash’at est arrêté…


Méfie-toi du Khott (Aihtaras min alkhut, 1984)
avec Adel Emam (Khasous), Lebleba (Boulboul), Samir Sabri (Samy), Layla Fahmy (Fahima, la mère de Boulboul), Abdallah Farghaly (l’entrepreneur Massad), Fouad Khalil (le docteur), Ahmed Shokry (Sukkar), Abdelsalam Mohamed (tueur à gages), Omaima Selim (la cuisinière), Mohamed Farid (le voleur), Zakaria Mowafy (l’employé de la morgue), Mustafa Kamal (le juge)
Scénario : Sherif El Minyawi
Musique : Hani Shenouda
Production : Egypt Arabian Films (Wassef Fayez)


Khasous travaille dans l’entreprise de bâtiment fondée par son oncle, aujourd’hui dirigée par sa cousine Boulboul dont il est follement amoureux.
Sami, le directeur financier, se présente comme son ami, mais c’est un homme profondément corrompu. Englué dans des opérations frauduleuses avec d’autres entrepreneurs, il nourrit un objectif précis : épouser Boulboul pour prendre le contrôle de l’entreprise. La foncière honnêteté de Khasous devient alors un obstacle à éliminer.
Sami se rend chez Boulboul et sa mère pour calomnier Khasous, l’accusant de n’être intéressé que par leur argent. Puis, cyniquement, il pousse Khasous à faire sa demande en mariage. Le jeune homme, sincère mais naïf, obéit… et se fait humilier. Chassé de la maison, il est aussitôt licencié.
Désespéré, Khasous se confie à Sami, qui feint la compassion et lui souffle une idée monstrueuse : commettre un suicide pour donner une leçon à celles qui l’ont rejeté. Il lui promet même de trouver quelqu’un pour « l’aider ».
Mais le tueur engagé, plus humain que prévu, refuse d’abattre l’infortuné et lui conseille plutôt de feindre sa mort pour observer la réaction de ses proches.
Le lendemain, les journaux annoncent le décès de Khasous. Sami en profite pour l’accuser de falsification et de détournement de fonds, espérant ainsi effacer tout obstacle et épouser Boulboul en toute tranquillité.
C’était sans compter Khasous, bien décidé à se venger. Le jour du mariage, il réapparaît, déguisé en paysan de Haute‑Égypte, prétendant être le frère du défunt…

Notre avis : cette histoire de vengeance semble taillée sur mesure pour Adel Imam, qui y déploie toutes les facettes de son génie comique. Grimé tour à tour en paysan ou en vieille femme, vociférant avec une belle énergie, il transforme chaque scène en numéro d’acteur. Les admirateurs de la star goûteront cette farce où un homme du peuple, humilié et calomnié, parvient à reprendre la main et à se faire justice. Le public ne s’y est pas trompé : le film connut un succès considérable à sa sortie.
Outre la présence magnétique d’Imam, la dénonciation de la corruption et de la cupidité qui gangrènent certains milieux a sans doute contribué à séduire un large public. Samir Sabri, loin de ses rôles de bellâtre sympathique des années 1970, incarne avec une conviction inattendue l’infâme Sami, archétype de l’arriviste sans scrupules prêt à tout pour conquérir pouvoir et argent.
Le spectateur d’aujourd’hui accueillera sans doute cette comédie avec plus de réserve : elle recycle les procédés du théâtre de boulevard égyptien, un registre dont l’exubérance passe souvent mal à l’écran. Reste un divertissement populaire, porté par un Adel Imam en pleine forme malgré un rythme de tournage infernal : en 1984, il est à l’affiche de huit films !


La Foire  (Al Mouled, 1989)
avec Adel Imam (Ibrahim/Hema), Yousra (Amara), Amina Rizk (Baraka), Mostafa Metwali (Jaber), Eman (Didi), Ahmed Samy Abdallah (Idriss, le mari de Baraka), Gamal Ismaïl (Abou Al Nazar), Abdallah Farghaly (Ali, le boiteux), Karim Al Husseini (le plus jeune fils de Baraka), Saïd Tarabiq (Sawi, membre du gang), Ahmed Salama (Saïd, membre du gang), Ali Qaoud (Ismaïl, membre du gang), Nour al-Demerdash (le Pacha, chef de gang), Aziza Rachid (Suzy)
Scénario : Mohammed Galal Abdel Kawy
Musique : Hany Shenouda 
Production : Wasef Fayez


Thriller. Lors d’une fête religieuse, des parents perdent leur petit garçon dans la foule. Il est recueilli par un vendeur ambulant qui va l’élever avec sa fille dans un bidonville. L’enfant grandit au milieu des bandits et des voyous et devenu adulte, il a entamé une carrière de délinquant. Mais il finit par se repentir et souhaite mener une vie honnête. Malheureusement, la police l’arrête pour un délit qu’il n’a pas commis. Avec l’aide de sa « sœur » (la fille de son ravisseur), il parvient à s’échapper. Parce qu’il a besoin d’argent, il décide faire un dernier cambriolage. Il a choisi une luxueuse villa et la nuit venue, il parvient sans peine à s’y introduire. Il ne sait pas que cette belle maison appartient à Didi, une jeune femme blonde très séduisante qui dirige une bande de malfaiteurs spécialisée dans la contrebande. Le jeune homme est tout de suite repéré par la propriétaire et ses hommes de main. La confrontation est violente mais Didi est impressionnée par l’audace et le courage de son voleur. Elle veut en faire son associé…

Notre avis : dans les années quatre-vingt, Adel Imam et Samir Seif ont tourné ensemble à maintes reprises. Ce thriller est l’un des derniers de leur fructueuse collaboration. Nous sommes plongés dans un monde où la violence règne sans partage. Il faut tuer pour ne pas être tué. Et du coup on peine à éprouver la moindre sympathie à l’égard du héros qui fait preuve de la même férocité que ceux qu’il combat. Outre le fait que le personnage joué par Adel Imam est terriblement déplaisant, on a beaucoup de mal à croire au « happy end » imaginé par les auteurs. On soulignera néanmoins l’excellente prestation des deux partenaires féminines d’Adel Imam : Yousra, très émouvante en femme meurtrie et amoureuse et Eman, impressionnante en chef de gang aussi belle que redoutable.


la Danseuse et le Politicien (Al-raqissa wa-l-siyasi, 1990)
avec Nabila Ebeid (Sonia Salim), Salah Kabil (Khaled Madkour), Mustafa Metwali (le chef de cabinet de Khaled Madkour devenu ministre), Farouk Falawkas (Shafiq Tarar, l’homme d’affaires de Sonia), Roshdy El Mahdy (Abdel Barr, haut-fonctionnaire), Mustafa Hashish, le policier), Mohamed El Tagy (le journaliste), Mustafa Hachem (l’avocat), Ezzat Al Mashad (le responsable du parti)
Scénario : Wahid Hamid
Adapté d’un roman d'Ihsan Abdul Quddus
Musique : Mohamed Sultan, Farouk Salamah, Khaled El Amir
Production : Screen 2000
appréciation : 2/5


Sonia Salim est une célèbre danseuse. Un jour elle voit à la télévision un ministre qui lui rappelle une ancienne relation. En effet c’est Abdel Hamid Rafat qu’elle a connu il y a une dizaine d’années. Il était venu la voir dans le cabaret où elle travaillait. Il lui avait demandé de danser pour un homme politique important lors d’une soirée privée. Elle serait très bien payée. Elle avait accepté. Après sa prestation, il l’avait raccompagnée à son domicile et ils avaient passé la nuit ensemble. Elle ne reçut jamais la somme promise et puis elle avait fini par oublier totalement cet amant d’un soir. Le revoir soudain à la télévision dans les habits de ministre l’a totalement bouleversée. Sonia veut reprendre contact avec lui. Grâce à son assistant, elle obtient ses coordonnées. Abdel accepte un rendez-vous. Ils couchent à nouveau ensemble. Mais Abdel comprend que cette liaison peut lui porter préjudice. Les élections approchent et un scandale aurait de fâcheuses conséquences pour lui et son parti. Il décide de rompre définitivement. Il donne des consignes très strictes à son équipe pour que tous les appels de Sonia soient impitoyablement rejetés.

Notre avis : « la Danseuse et le Politicien » se présente comme un film engagé plein de bonnes intentions : on suit le combat d’une femme courageuse qui ose s’en prendre à un ministre pour réaliser un projet cher à son cœur, la construction d’un orphelinat.
Le film dénonce les préjugés qui ont toujours cours à l’encontre des danseuses ravalées au rang de prostituées. Les hommes de pouvoir les emploient volontiers pour agrémenter une manifestation officielle tout en leur vouant un mépris absolu.
On peut saluer la performance de Nabila Ebeid, qui à quarante-cinq ans passés, exécute plusieurs danses et joue dans des scènes d’amour assez osées. Elle qui fut l’une des actrices les plus populaires du cinéma égyptien tient à dire à son public qu’elle est toujours à la hauteur de sa réputation et qu’on aurait tort de la considérer comme une has been. Soit.
Mais ce qui nous gêne le plus dans ce film, c’est son caractère hypocrite car au final, les auteurs partagent les préjugés qu’ils prétendent dénoncer : la danse reste un art immoral, et pour se racheter, Sonia emploie toute sa fortune mal acquise pour le bonheur des enfants abandonnés. La morale est claire : le salut passe forcément par l’abandon du métier de danseuse.



Shams al-Zanati (1991)
avec Adel Imam (Chams Al Zunati), Mahmoud Hemeida (le Marshall Boraie), Sawsan Badr (Hena), Mahmoud El Gendy (Salama Al-Tafshan), Mustafa Metwalli (Sayed Saberto), Abdullah Mahmoud (Awad Al Kalaf), Ahmed Maher (Abdo Qarnas), Ibrahim Nasr (Jeidi), Roshdy El Mahdy (Cheikh Atman), Ali Abdel Rahim (Sambo), Noha El Amroussy (Nana'a), Sayed Trabik (Dadour), Ahmed Samy Abdallah (le propriétaire de la forge), Gharib Mahmoud (le patron de la carrière)
Scénario : Magdy Hedaya
Adaptation du film américain Les Sept Mercenaires réalisé par John Sturges en 1960
Musique : Hani Shenouda
Production : Pop Art Film


Pendant la seconde guerre mondiale, les bédouins d’une petite oasis sont régulièrement attaqués par une bande d’hommes armés dirigée par le Marshall Boraie. Ces criminels s’emparent de tous leurs vivres et exécutent ceux qui osent s’opposer à leur pillage. Le Cheikh Atman, le chef de l’oasis, décide de réagir et d’organiser la résistance : il se rend au Caire à dos de chameau pour acheter des armes. Dans la capitale, il retrouve Hena, une jeune veuve qui a quitté l’oasis pour tenir un petit commerce. Elle le met en relation avec Chams Al Zanati, un résistant qui lutte activement contre les occupants anglais. Par amour pour la jeune femme, celui-ci accepte d’aider Cheikh Atman à se débarrasser du Marshall Boraie et de ses complices. Il contacte cinq hommes qui furent ses compagnons à l'armée : Sayed Saberto, lanceur de poignards dans un cirque, Salama, marginal sans le sou, Jeidi, forgeron, Sambo, ouvrier dans une carrière et enfin Abdo Qarnas, souteneur et trafiquant de drogue. Un sixième personnage, Awad Al Kalaf, se joindra à eux et c'est donc à sept qu'ils prennent la route pour l’oasis, accompagnés du Cheikh et de Hena…


Fiché Dangereux (Musagal Khatar, 1991)
avec Adel Imam (Sayed Kabaka), Salah Kabil (Mustafa), Sayed Abdel Ghani (le proxénète Badr Salim), Mustafa Metwalli (Tariq Shahin), Sanaa Shafea (Safwat Shalabi), Hadel (Yasmine, la fille de Mustafa), Nadia Rafik (Madame Salima, la voisine de Mustafa), Fouad Farghaly (le marchand d’armes), Mohamed Abou El Enein (le trafiquant de drogue), Hatem Zulficar (Toto, l’assistant de Badr), Mohamed El Dafrawi (l’ancien tueur à gages), Hend Akef (la secrétaire), Bardees (la danseuse)
Scénario : Wahid Hamed
Musique : Hani Shenouda


Sayed, Mustafa et Badr se sont connus en prison. Sayed est un ancien mécanicien qui a trouvé une activité plus lucrative en volant dans les voitures, Badr est un proxénète flamboyant et enfin Mustafa avait accepté d’être condamné tout seul pour cambriolage afin que ses deux complices échappent à la justice. En échange ceux-ci avaient promis de s’occuper de sa fille mais aussi de sa femme qui était gravement malade. Ils s’étaient engagés à payer tous les frais médicaux que son état exigeait. Sayed, Mustafa et Badr sont libérés en même temps. Sayed reprend aussitôt ses vols et Badr renoue avec sa vie de nabab entouré de toutes ses filles. Pour Mustafa, le retour est plus dramatique : en rentrant chez lui, il retrouve un appartement vide. Sa vieille voisine lui apprend que sa femme est morte et que sa petite fille a été placée dans un orphelinat. Il comprend que ses deux "amis" n’ont pas tenu leur parole. Mustafa a décidé de se venger. Il recontacte Badr, le proxénète…

Notre avis : assurément, pas le meilleur film d’Adel Imam. Un thriller poussif qui nous propose une vision très folklorique du proxénétisme et de la prostitution. Tout le film est construit sur les stéréotypes qu’affectionnent les réalisateurs de films de série B ou plutôt de série Z : les bandits portent des lunettes de soleil et fument le cigare tandis que les filles se prélassent sur les canapés du salon, toujours disponibles pour leurs hommes ou les amis de ceux-ci. On notera que les personnages sont très souvent au volant de leurs voitures : comme dit la chanson, ça fait passer le temps…

lundi 17 février 2020

Les réalisateurs : Neimat Rushdi (née en 1952)

نعمات رشدي

Elle est née en 1952 et commence sa carrière artistique à la fin des années soixante-dix comme assistante pour la télévision et le cinéma. A notre connaissance, elle n’a réalisé qu’un seul film.


La Bataille des Epouses (Sirae alzawjat, 1992)
avec Mahmoud Hemeida, Dalal Abdelaziz, Nahla Salama, Aml Ibrahim, Donia Abd Elaziz, Ayman Azab, Hagag Abdel Azim, Layla Gamal, Nasr Hammad, George Rezk Allah, Rawya Aamer, Muhammad Mandour, Mohamed Atris
Scénario : Neimat Rushdi
Musique : Hany Shenouda et Ahmed Al Nabrawi


Saïd est un riche homme d’affaires qui mène une existence heureuse avec sa seconde épouse Hiam dans une luxueuse villa. Un jour, Soad, sa première femme dont il avait divorcé, se présente à la porte de sa propriété. Elle est accompagnée de leur fille Donia. La raison de sa venue ? Elle a été expulsée de son appartement et elle a décidé de s’installer chez son ex-mari. Pour sa fille, Saïd accepte de les héberger mais on se doute qu’entre Soad et Hiam, la cohabitation va être très difficile…

lundi 30 décembre 2019

Les réalisateurs : Sherif Arafa (né en 1960)

شريف عرفة

Sherif Arafa est l’un des cinéastes les plus importants d'aujourd’hui. 
Il est le fils du réalisateur Saad Arafa (dont il sera l’assistant à ses débuts) et le frère aîné du réalisateur Amr Arafa. 
Il réalise son premier film Les Nains Arrivent en 1987. 
Au début des années 90, il s’associe avec le scénariste Wahid Ahmed et la star Adel Imam, pour tourner cinq films qui comptent parmi les œuvres importantes de l’histoire du cinéma égyptien : Jouer dans la Cour des Grands (Allaeb ma'a alkebar, 1991), Terrorisme et Kebab (Al-irhab wal kabab, 1992), L'Oublié (El Mansy, 1993), Les Oiseaux des Ténèbres (Toyour elzalam, 1995), Sommeil dans du Miel (El Noom fi el Asal, 1996) 
A partir des années deux mille, il travaille aussi pour la télévision comme producteur et comme réalisateur.


Quatre films de Sherif Arafa ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Jouer dans la Cour des Grands (Allaeb ma'a alkebar, 1991)
avec Adel Imam, Hussein Fahmy, Mahmoud El Gendy, Abdulhadi Anwar, Saïd Al Saleh, Zayed Fouad, Ahmed El Boraei, Abu Al Futouh Om, Adel Khalaf, Hamdy Salem, Ezzat Al Mashad, Hassan Al Dib, Tawfiq Al Kurdi, Ahmad Kamali, Wahid Hamed, Hendeya, Abdel Jawad Metwalli, Hussein Arar, Adel Hilal, Sayed Hatem, Mustafa Metwalli, Abdel Hafiz El Tetawy, Ahmed Loxer
Scénario : Wahid Ahmed
Musique : Moudy Al Imam


Hassan Bahloul est un égyptien ordinaire. Il est au chômage et mène une existence morose. Sans ressources, il lui est impossible d’épouser la femme qu’il aime et il doit vivre chez son père qui est coiffeur. Hassan Bahloul est un fervent patriote et un matin, alors qu’il se trouve dans le café où il a ses habitudes, il téléphone au bureau de la sécurité civile pour annoncer un incendie qui aura lieu le lendemain dans une usine de la ville. Tous les clients de l’établissement sont ébahis par ce qu’ils entendent. Quelques instants après, deux agents viennent chercher Hassan. Il va être interrogé par un officier. Quand celui-ci lui demande comment il a appris une telle nouvelle, il prétend qu’il a tout vu dans un rêve. Et la prédiction d’Hassan va s’avérer exacte. C’est ainsi qu’entre les deux hommes va débuter une collaboration spéciale mais fructueuse…

Notre avis : dans les années 90, Sherif Arafa tournera cinq films avec en vedette Adel Imam. Le scénario de chacun de ces films est signé Wahid Hamed, l’un des scénaristes les plus réputés de sa génération. « Jouer dans la Cour des Grands » est le tout premier de la série et il n’a pas les qualités du deuxième, « Terrorisme Et kebab », que tout le monde considère comme le plus réussi des cinq (Il figure sur la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps). Certes, on apprécie ce personnage cynique et provocateur incarné par Adel Imam qui ment comme il respire, s’invite à des mariages pour se goinfrer sans mesure et semble dénué de la moindre compassion pour autrui (même sa fiancée en fera la douloureuses expérience). Le film s’ouvre sur le réveil de notre héros dans sa chambre et c’est sans doute la meilleure scène : en quelques plans, on découvre la personnalité complexe de celui-ci ainsi que son goût pour le kitsch et l’extravagance. Autre qualité du film, l’amitié improbable qu’Hassan (Adel Imam) noue avec Moatasem, l’officier de police (Hussein Fahmy). Ensemble ils lutteront contre les collègues corrompus de Moatasem (La corruption des institutions est un thème récurrent de la filmographie de Sherif Arafa.) Cela dit, l’intrigue aurait gagné à être plus resserrée : elle se perd parfois dans des épisodes inutiles ou trop longs. Et puis le film souffre du manque de personnages féminins. On a uniquement la fiancée d’Hassan incarnée par la peu inspirée et peu inspirante Ayda Ryad, ce qui nous donne ce personnage insipide et sans grande consistance.


Chut, on écoute (Samaa Hos, 1991)
avec Layla Alwi (Alwi), Mamdouh Abdel Alim (Homs), Hassan Kamy (le chanteur Khandour), Soheir El Barouni (la propriétaire de l’hôtel), Ahmad Bedir, Mohamed El Shewihi
Scénario : Maher Awad
Musique : Moudi Al Emam et Baha Jahin
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien.


Homs et sa compagne, Alwi, sont des artistes pauvres. Ils vivent dans la rue et passent leurs journées à composer des chansons. Grâce à la complicité d’un producteur, un célèbre chanteur leur vole une de leurs compositions. La chanson connaît un succès considérable. Le couple retrouve des documents qui prouvent qu’ils sont bien les auteurs de ce tube. Ils portent plainte. Malheureusement les juges ont été achetés et rendent un jugement en faveur du chanteur célèbre. Homs et sa femme ne se découragent pas et poursuivent leur combat…


Terrorisme et Kebab  (Al-Irhab Wa Al-Kabab, 1992)
avec Adel Imam (Ahmed Fatah Al Bab), Kamal Al Shennawi (ministre de l’intérieur), Nagy Saad (le général adjoint du ministre de l’intérieur), Yousra (Hind), Ahmed Rateb (Shalabi), Mohamed Youssef (un employé), Ashraf Abdel Baky (Hilal), Alaa Wali El Din (Samir), Hamdi Youssef (le premier ministre), Nasser Chahine (un militaire), Alaa Morsi (un militaire), Mohamed Sabri (l’enfant), Enam Salosa (un agent administratif), Magda Zaki (Mounira, la femme d’Ahmed), Aïcha El Kilany (la mère de l’enfant), Fouad Farghaly (le directeur de la sécurité), Gamal Hussein (un agent de sécurité) 
Scénario : Wahid Ahmed 
Musique : Modi El Emam 
Production : Essam Imam (le frère d’Adel Imam) 
appréciation : 4/5


Ahmed, un citoyen ordinaire souhaite que ses enfants changent d’école. Pour cela, il doit se rendre au Mogamma, le bâtiment qui regroupe tous les services administratifs du Caire. Malheureusement, l’employé chargé des inscriptions scolaires est absent. Ahmed revient le lendemain mais le fonctionnaire n’est toujours pas à son poste. Prenant son mal en patience, le brave citoyen se présentera au bureau le jour suivant puis les autres jours. En vain. Les collègues de l’employé lui donnent à chaque fois une explication différente à ces absences répétées : tantôt, il est en vacances, tantôt il est aux toilettes. En errant dans les couloirs encombrés du Mogamma, Ahmed fait la connaissance d’un cireur de chaussures qui lui révèle que l’employé qu’il recherche est souvent absent car il a pris pour habitude de se rendre aux toilettes dans un autre établissement gouvernemental. Ahmed commence à avoir des soucis avec son patron qui lui reproche son manque d’assiduité. Ahmed essaie de lui expliquer la situation. L’homme ne veut rien savoir. Ahmed n’en peut plus. Il se rend encore une fois au Mogamma et constatant à nouveau l’absence de l’employé il s’en prend violemment à ses deux collègues. Les gardes interviennent. Dans la confusion, Ahmed s’est emparé de l’arme de l’un d’eux . Par inadvertance, un coup part. Personne n’est blessé mais la panique est générale. . A l’étage où se trouve notre héros, les personnes présentes sont convaincues que celui-ci est un terroriste et qu’il les a prises en otage. Tous les autres étages de l’établissement sont évacués et les gardes ont fui. Peu après, les forces de police encerclent le bâtiment.


Notre avis : « Terrorisme et Kebab » connut un immense succès à sa sortie et il figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps. Pour réaliser cette comédie politiquement très engagée*, Sherif Arafa et son scénariste Wahid Ahmed semblent avoir joui d’une totale liberté et ils s’en donnent à cœur joie. La satire ne s’embarrasse d’aucune nuance, la caricature est sans merci. Aucune complaisance, aucune autocensure. Et le caractère sympathique du film vient du ton libertaire adopté par les auteurs, un ton assez proche de celui cultivé par les réalisateurs de comédies italiennes dans les années soixante-dix. Les acteurs sont tous excellents et le duo Yousra -Adel Imam nous offre ici l’une de ses prestations les plus mémorables.

· *Paradoxe : dans les années qui vont suivre, Adel Imam et Sherif Arafa compteront parmi les plus fidèles soutiens du Raïs Hosny Moubarak.


Les Oiseaux des Ténèbres (Toyour elzalam, 1995)
avec Adel Imam (Fathi Nofal), Riyad Al-Khouly (Ali Al-Zanati, l’un des amis de Fathi ), Ahmed Rateb (Mohsen, l’un des amis de Fathi), Yousra ( Samira Rashwan), Jamil Rateb (le ministre Rushdi Al-Khayal), Nazim Shaarawy (l’avocat Shawkat Atiya), Izzat Abu Aouf (Farouk, le secrétaire de Shaukat Atiya ), Nihal Anbar (Fayza Sharkas), Fouad Farghaly (un avocat), Kawthar Ramzy (la mère de Fathi), Lotfy Abdel hamid (le père de Fathi), Mahmoud Al Bezawy (le juge), Fathi Abdel Wahab (le terroriste)
Scénario : Wahid Hamed
Musique : Modi Al Imam
Production : Wahid Hamed


Mohsen, Ali et Fathi sont trois amis qui se sont connus sur les bancs de la faculté de droit. Après leurs études, leurs trajectoires ont divergé. Mohsen a abandonné le droit et travaille comme comptable dans une entreprise. Le deuxième, Ali, a choisi de défendre les intérêts des Frères Musulmans lors de leurs procès contre l’Etat. Enfin, Fathi, le troisième, est le héros de cette histoire. Lui aussi exerce le métier d’avocat. Il défend tous types de clients mais il a souvent bien du mal à se faire régler ses honoraires. Un jour, il doit défendre Samira, une prostituée. Il comprend que le juge chargé de l’affaire est un membre des Frères Musulmans. Il demande à son ami Ali d’intervenir et ils obtiennent l’acquittement de Samira. Cette dernière devient la maîtresse et la collaboratrice de Fathi. Le jeune avocat a tout pour réussir : de l’ambition et une absence totale de scrupule. Sa rencontre avec un ministre va être décisive…

Notre avis : c’est la troisième fois que Sherif Arafa réunit le couple star de l’époque, Yousra et Adel Imam. A chaque fois, le film est écrit et produit par le grand scénariste Wahid Hamed. « Les Oiseaux des Ténèbres » est dans la veine du premier, « Terrorisme et Kebab ». Il s’agit de dénoncer de manière virulente les travers de la société égyptienne. Ici, il est question de la corruption qui gangrène les plus hautes sphères du pouvoir et aussi l’emprise de l’islamisme sur un grand nombre d’institutions et plus particulièrement la justice. Comme d’habitude, Adel Imam excelle dans son rôle de ripoux cynique et sa partenaire Yousra dans celui de la jeune femme de petite vertu . « Les Oiseaux des Ténèbres » est un bon film (malgré son esthétique très VHS) même s’il n’a pas l’envergure de » Terrorisme et Kebab ». Certains commentateurs ont souligné le caractère superficiel de la critique du pouvoir, les auteurs se gardant bien d’attaquer le régime. Et on expliquerait cette frilosité par la proximité du réalisateur et du scénariste avec le Raïs de l’époque, Hosny Moubarak.