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mercredi 29 août 2018

Les Illusions de l’Amour (Awham Alhoub,1970)

اوهام الحب
ﺇﺧﺮاﺝ:ممدوح شكري






















Mamdouh Shoukri a réalisé Les Illusions de l'Amour en 1970.
Distribution : Nagla Fathy, Mohsen Sarhan, Zouzou Madi, Youssef Fakhr El Din, Youssef Chaban, Safa Abou Al-Saoud, Abdel Halim Nasr, Fathy Abdel Sattar
Scénario : Mamdouh Shoukri

Youssef Fakhr El Din et Safa Abou Al Saoud

Youssef Chaban

Youssef Chaban et Nagla Fathy

Youssef Chaban et Nagla Fathy

Fathy Abdel Sattar


Safaa Abou El Saoud et Nagla Fathy

Mohsen Sahran et Youssef Chaban

Nagla Fathy et Safaa Abou El Saoud


Résumé

Nadia rencontre Samir à l’aéroport. C’est immédiatement le coup de foudre. Ils deviennent amants puis se marient. Ils s’installent à Alexandrie. Très vite, leur relation se dégrade. Samir semble lointain : il est constamment plongé dans les livres. Nadia s’ennuie. Elle décide de sortir régulièrement avec des amis. Un jour, elle est victime d’un accident alors qu’elle est enceinte. Elle fait une fausse couche et perd beaucoup de sang. Samir accepte de lui donner du sien mais les tests effectués à l’hôpital révèlent qu’il est atteint d’une leucémie. Il refuse d’en parler à sa femme. Un fois rétablie, Nadia reprend sa vie insouciante d’avant. Parmi le groupe qu’elle fréquente, se trouve Farouk, un jeune homme qu’elle apprécie beaucoup. Ils sortent régulièrement ensemble. Elle finit par accepter de prendre un verre dans son appartement... La rupture entre Nadia et Samir devient inévitable. Enfin, un ami apprend à la jeune femme la maladie de son époux. Cette nouvelle la bouleverse mais il est déjà trop tard. Samir sait qu'il devra affronter seul la mort qui l'attend.

mercredi 5 juillet 2017

Le Plaisir et la Souffrance (Al Motaa Wal Azaab, 1971)

المتعة والعذاب
إخراج : نيازى مصطفى
 

Niazi Mostafa a réalisé Le Plaisir et la Souffrance en 1971.
Distribution : Chams Al Baroudi, Sohier Ramzy, Nour El Sherif, Safaa Abo El-Saoud, Mohamed Hamdy, Mahmoud Rashad, Anwar Madkor, Kamal Al Zini, Ghasan Matar, Samir Sabri, Rawya Ashour, Nawal Hashim, Sayed Abdallah Hafez, Amin Antar, Helmy Halim, Gamil Ezz Eddin, Mokhtar El Sayed
Scénario : Niazi Mostafa et Faysal Nada

Soheir Ramzy

Nour Al-Sherif

Soheir Ramzy, Safaa Abou El Saoud,
Chams Al Baroudi, Rawya Ashour

Ghasan Matar

Chams Al Baroudi et Nour Al-Sherif

Chams Al Baroudi

Rawya Ashour

Ghasan Matar, Samir Sabri, Nour Al-Sherif

Safaa Abou El Saoud et Nour Al-Sherif

Soheir Ramzy et Safaa Abou El Saoud

Soheir Ramzy

Chams Al Baroudi

Safaa Abou El Saoud et Chams Al Baroudi

Chams Al Baroudi

Nour Al-Sherif et Chams Al Baroudi

Rawya Ashour, Chams Al Baroudi, Soheir Ramzy

Nour Al-Sherif


Résumé

Quatre jolies filles sont amies depuis le lycée. La première, Nana (Chams Al Baroudi) est une styliste de mode. L’atelier qu’elle dirige connaît un grand succès. Depuis son enfance, elle hait les hommes car, enfant, elle fut souvent le témoin de la cruauté de son père à l’égard de sa mère. Elle ne croit pas en l’amour et pense que les hommes n’ont qu’un désir : asservir les femmes.
La seconde s’appelle Salwa Saleh (Rawya Ashour). Elle travaille comme modèle pour Nana. Son père est un petit employé et son salaire sert à améliorer le quotidien de la famille. Elle hésite à épouser un garçon qui a les faveurs de ses parents. Nana lui conseille de refuser cette union. La styliste fait tout pour que Salwa éprouve les mêmes sentiments qu’elle à l’égard des hommes. Elle la menace même de la licencier si elle se marie. Salwa se soumet au désir de Nana mais elle souffre de cette solitude forcée.
La troisième est Fifi (Safa Abou Saoud). Elle veut devenir célèbre. Elle rêve d’être actrice. En attendant, elle vit dans l’illusion et prétend tourner dans plusieurs films en même temps.
La quatrième, Ilham Asim (Soheir Ramzy) a souffert petite de la préférence marquée par son père pour sa sœur cadette. Elle est devenue kleptomane et cette manie a plongé fréquemment le groupe d’amies dans des situations embarrassantes.
Dans une boîte, les quatre amies font la connaissance d’Adel (Nour Al-Sherif). Le jeune homme est employé dans une usine de cigarettes. Il a beaucoup d’ambition et rêve d’une réussite éclatante. On apprendra plus tard qu’il est entre les mains d’Atwa (Ghassan Matar) un criminel qui lui a prêté de l’argent et qu’il est incapable de rembourser.
Adel est tout de suite attiré par Nana malgré l’attitude réservée de celle-ci. Pour la revoir, il se rend même à son atelier. La jeune femme ne reste pas insensible à la persévérance de son soupirant. Et pour entrer davantage encore dans les bonnes grâces des quatre amies, Adel leur présente Sabri (Samir Sabri) un ami qu’il fait passer pour un grand cinéaste. Fifi est aussitôt conquise. Lors d’une conversation en tête à tête, Sabri prétend que pour l’engager, il doit la voir dans dix robes différentes. Fifi est très embêtée : elle n’a pas ces dix robes. Nana et Ilham refusent de l’aider.
Un jour les quatre filles se retrouvent chez un bijoutier car Nana souhaite faire un cadeau à Salwa pour la consoler d’avoir dû renoncer à son mariage. Evidemment, Ilham en a profité pour se livrer à son passe-temps favori : le vol. Cette fois-ci, Fifi a suivi son exemple, voyant dans ce petit délit un moyen commode d’acheter les robes dont elle a besoin. Malheureusement pour elles, Atwa, le créancier d’Adel, est présent. Il les prend en photo avec un polaroïd puis il leur demande 5000 livres contre son silence. Les quatre filles sont au désespoir. Suite à la seconde entrevue qui a lieu entre le maître-chanteur et ses quatre victimes accompagnées cette fois-ci d’Adel et de Sabri, il est décidé de cambrioler l’entreprise dans laquelle travaillent les deux garçons. Ce que ne savent pas Nana et ses amies, c’est que ceux-ci sont en fait des complices d’Atwa.
Adel voit dans ces événements la possibilité de se rapprocher de Nana qui est totalement désemparée. Ils passent une soirée ensemble puis ils font l’amour.
Le cambriolage est mis en œuvre. Les filles se travestissent en hommes et pénètrent dans l’usine. Elles s’emparent de tout l’argent destiné aux salaires du personnel puis s’enfuient après avoir ligoté et assommé Adel pour qu’il soit mis totalement hors de cause.
Dans leur fuite, elles retrouvent Atwa. Constatant le succès de leur mission il leur donne les photos compromettantes. Il leur demande de prendre sa voiture et de rapporter le butin à son domicile. Lui rentrera avec leur voiture après avoir changé les plaques d’immatriculation.
En fait, les quatre filles ont décidé de rendre l’argent à l’usine. Elles partent se cacher à Alexandrie. Elles s’installent à l’Hôtel du Parc. Nana apprend qu’Adel appartient au gang d’Atwa et qu’il l’a trompée. Elles est sous le choc . Quant à Salwa elle est furieuse d’apprendre que Nana avait un amant alors qu’elle lui avait interdit toute relation avec les hommes. De leur côté, Fifi et Salwa décident de mettre l’argent en lieu sûr, dans un chalet isolé près de la plage.
Pendant ce temps là la police a continué son enquête et a été informée de l’arrivée des filles à l’hôtel du Parc. Un inspecteur s’y rend aussitôt pour piéger la bande. Il se fait passer pour l’architecte qui a construit l’hôtel. Il entreprend de courtiser Salwa pour mieux surveiller les quatre femmes. Quand arrivent à l’hôtel Sabri et Atwa suivi d’Adel. Ce dernier, rongé par les remords, avoue tout à Nana qui lui pardonne. Il accepte de rendre l’argent à son entreprise. Le dénouement rassemble tous les protagonistes de l’histoire dans le chalet où avait été caché le magot. Les trois hommes se battent pour le récupérer. Survient la police qui arrête tout le monde.


Critique

J’ai tenté de résumer le plus clairement possible cet incroyable imbroglio, ce fatras baroque. Il n’est pas difficile de saisir l’objectif de Niazi Mostafa et de son scénariste : en une heure quarante, inclure la matière d’une dizaine d’épisodes d’une série policière à l’américaine. Mais prenons garde à ne pas commettre un anachronisme qui serait bien injuste pour les auteurs de ce film : Le Plaisir et la Souffrance évoquera à bon nombre de spectateurs un univers qui leur est familier, celui des grandes séries américaines des années soixante-dix et au-delà mais en fait ce film qui date du tout début de la décennie n’a pu s’en inspirer, il faut plutôt le considérer comme un précurseur de cette esthétique rutilante qui fera les beaux jours de la télévision couleur à ses débuts.

Si le kitsch est l’art de la saturation, alors nous sommes devant un modèle du genre. Le réalisateur se permet tout sans se soucier de l’avis des gardiens du bon goût et de la morale. D’abord le générique du début qui nous annonce clairement la couleur : on nous offre une succession de photographies de gros bouquets de fleurs avec comme accompagnement musical, une reprise cheap de la Chanson de Lara composée par Maurice Jarre pour le Docteur Jivago de David Lean. Oui, le réalisateur va tout oser, le meilleur comme le pire. On a commencé par le pire ? Rassurez-vous : le meilleur est à venir.

Dans ce film, tout flamboie, les couleurs, les corps, les esprits. Commençons par le plus futile (qui n’est pas le plus insignifiant, bien au contraire !) en rendant hommage au créateur des costumes. Ce dernier nous offre une collection printemps/été 1970 d’une liberté, d’une extravagance que peu de grands couturiers ont atteint. Le costumier du film raffole de  la dentelle, du drapé et de la soie, nostalgie sans doute de l’élégance des grands de la cour du temps du roi Farouk. Il a le souci du détail : les couleurs des costumes sont raccord avec celles des tapisseries et même avec celles des nappes et des serviettes. Et pour finir de nous convaincre de son talent, il nous présente une collection complète, masculine et féminine : de la robe de soirée à la nuisette, de la chemise à la chaussette. Attribuons une mention toute spéciale au maillot de bain à franges porté par Shams Al Baroudi dans les jardins de l’hôtel. Un must !

Mais passons à l'essentiel qui n'est ni l'étude psychologique, ni la direction d'acteur (même s'il y aurait beaucoup à en dire.) mais la dimension charnelle de l'univers imaginé par les auteurs.  Dans ce film, les corps sont luisants et les lèvres scintillent. Le réalisateur scrute sans se lasser la peau de ses acteurs et il la magnifie à la manière d’un peintre. Car le grand sujet du film, au-delà de la petite intrigue policière rapidement troussée, c’est le corps. Le corps dans tous ses états, ce que dit bien le titre à la tonalité toute sadienne, « Le Plaisir et la Souffrance ». Effectivement, les personnages souffrent et jouissent, alternativement ou simultanément. Pulsions et traumatismes, désirs et frustrations tourmentent les corps et les esprits en quête de plaisirs infinis. Une scène résume bien l’atmosphère du film : Nana (Shams Al Baroudi) est seule au lit, très agitée, et elle atteint l’orgasme en se remémorant un précédent orgasme que lui avait donné un amant. Pour cette séquence, le réalisateur joue avec la surimpression : l’image de l’orgasme passé venant se confondre avec celle de l’orgasme présent pour une double jouissance qui ainsi démultiplie l’effet produit par la fameuse scène de masturbation féminine dans Le Silence d’Ingmar Bergman (saturation, encore !).

Même dans ses errements les plus douteux, Naizi Mustapha étonne toujours par sa vitalité et sa candeur. Dans La Plaisir et la Souffrance, son génie brouillon peut donner toute sa mesure.
Bref, ce film mériterait d’être culte. Bien sûr, nous pourrions déplorer une fin banale qui repose sur l’intervention de la police assurant le retour de l’ordre et de la loi. Mais après tout, ce dénouement vu et revu est une convention au même titre que le mariage qui vient clore la plupart de nos comédies classiques. C’est aussi un gage donné aux censeurs pour qu’ils tolèrent les scandaleuses excentricités qui ont précédé.

Appréciation : 4/5
****
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

jeudi 13 avril 2017

L'Important, c'est l'Amour (Al Mohem El Hob, 1974)

المهم الحب
ﺇﺧﺮاﺝ : عبدالمنعم شكري


Abdel Moneim Shoukry a réalisé L'Important, c'est l'Amour en 1974.
Distribution : Adel Imam, Sayed Zayan, Nahed Sherif, Samir Ghanem, Imad Hamdi, Safaa Abou El Saoud, Osama Abbas, Ahmed Nabil, Zizi Moustapha, Louis Youssef, Mohamed Shawky
Scénario : Farouk Saïd
Musique : Taghrid El Beshbishy

Adel Imam

Sayed Zayan

Sayed Zayan et Nahed Sherif

Nahed Sherif et Samir Ghanem

Nahed Sherif

Samir Ghanem

Imad Hamdi


Safaa Abou El Saoud


Résumé

Shahinaz (Nahed Sherif) est une fille de bonne famille qui est atteinte d’alcoolisme sévère. Elle est suivie par le docteur Fekry (Imad Hamdi), Celui-ci doit s’absenter et il confie sa malade à son assistant Fahmy (Adel Imam) qui a pour consigne de ne jamais la contrarier et de satisfaire ses moindres désirs. Shahinaz tombe amoureuse de Fahmy qui est pourtant déjà fiancé à Nanahé (Safaa Abou El Saoud). Pour continuer à voir elle-ci en présence de Shahinaz, il la fait passer pour sa sœur. Il n’empêche qu’il doit se plier à tous les caprices de la patiente de son patron et la situation devient explosive quand celle-ci lui demande de l’épouser et qu’il accepte. Nanahé, folle de jalousie, épie les moindres faits et gestes du couple et exige de Fahmy qu’il la retrouve chaque nuit dans son lit. La vie du pauvre garçon devient infernale. Heureusement, le retour du docteur Fekry mettra fin à ce « cauchemar » et Fahmy pourra enfin convoler en justes noces avec Nanahé.


Critique

Dès le générique, le ton est donné : dans un vaste salon bourgeois, des jeunes dansent le jerk sur un morceau de rock endiablé. Pantalon à pattes d’éléphant, gros ceinturon au-dessus du pull, on danse pieds nus (quelle audace !), sur les tables (Mon Dieu !). On se contorsionne avec application et on boit des alcools forts : vraiment, tout est permis ! C’est ainsi que s’affiche « la modernité » dans les comédies populaires du début des années soixante-dix. Cette image d’une jeunesse libre qui vibre à l’unisson de sa consoeur occidentale est un cliché que l’on retrouve de film en film. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le caractère artificiel de ces « reconstitutions » : les comédiens semblent déguisés et leurs petites sauteries paraissent bien sages, loin, très loin des excès du mouvement hippie occidental qui leur sert pourtant de « modèle ». Moderno ma non troppo !
Il est vrai aussi qu’il n’y a pas une once de réalisme dans ces comédies et qu’il serait mal venu de le leur reprocher. Les auteurs ont voulu créer un univers fictif qui correspond à certaines aspirations d’un public dont le mode de vie est à l’opposé de celui qu’on lui présente. Les spectateurs doivent se sentir dépaysés, il ne s’agit pas de les choquer, encore moins de les informer ! Du pur divertissement qui tord le cou à la réalité et qui fait oublier les contraintes du quotidien.
L’Important c’est l’Amour appartient à un genre de comédies très prisé au début des années soixante-dix. Je l’appellerai le Kiss Movie. Le scénario est toujours le même. Il est bâti comme un jeu avec des règles qui varie en fonction de l’intrigue. Il y a les chasseurs et il y a les proies. Les premiers veulent obtenir un baiser ; les secondes font tout pour s’y soustraire. Car pour elles, l’enjeu est considérable : si elles se laissent embrasser, elles peuvent certes obtenir une amélioration significative de leur situation mais aussi perdre l’amour ou la considération de leurs proches. Alors pour tout gagner et ne rien perdre, il leur faudra user de ruse et de finesse, d’abord face à leurs « agresseurs » mais aussi à l’égard de leur entourage forcément suspicieux.
Ce petit jeu déclenche des scènes de poursuites le plus souvent en intérieur, d’une pièce l’autre, d’un étage l’autre. Les armes du chasseur peuvent être d’une efficacité redoutable : c’est rarement la force physique (acceptable uniquement si le chasseur est une femme) mais le plus souvent c’est le sex appeal affiché qui tétanise le/la futur(e) embrassé(e) et qui fait naître en lui, en elle, un désir irrésistible ou bien c’est l’alcool capable de détruire les préventions du joueur le plus allergique au bisou ou encore la vengeance qui jette dans les bras du chasseur celui/celle qui se croit trahi(e). Il va sans dire que les rôles sont réversibles et qu’à tout moment le chasseur peut devenir une proie et la proie un chasseur. Encore une fois c’est un jeu : c'est-à-dire que les relations nouées entre les différents partenaires pendant la partie cesseront à la fin de celle-ci et tout reprendra son cours normal : le fiancé qui a dû moult fois embrasser une inconnue retrouvera à l’issue de la partie les bras de sa fiancée qui elle-même a failli à plusieurs reprises succomber aux charmes d’un bel étranger.
Dans ce film, la proie, c’est Adel Imam. Il doit se partager entre deux femmes et chacune ne doit rien savoir de ce qu’il fait avec l’autre. Le trio occupe le même appartement ce qui nous vaut, dans la grande tradition du vaudeville, tout un ballet entre les différents protagonistes. Le héros passe de chambre en chambre, de lit en lit, de bras en bras jusqu’à épuisement. Pauvre mâle persécuté, il est soumis aux exigences incessantes et contradictoires de deux femmes qui revendiquent l’exclusivité de son attachement. On notera au passage, un autre lieu commun de la comédie des années soixante dix : la femme dépeinte comme une mante religieuse qui soumet l’homme, petit être naïf et sans volonté, à la satisfaction de tous ses désirs. Reconnaissons que pour le personnage joué par Adel Imam, la partie n’est pas simple : il a en face de lui le sex symbol du cinéma égyptien de l’époque, Nahed Sharif.
Au fil des scènes, cette dernière adopte des tenues de plus en plus osées et le sommet du film est sans doute la séquence dans laquelle elle apparaît vêtue d’une nuisette rose, transparente et ultra courte (La ressemblance avec Mireille Darc est telle qu’on peut se demander si elle est vraiment fortuite.). Sur la dizaine de costumes que Nahed Sharif porte dans ce film, cette tenue est celle qu’elle gardera le plus longtemps, sans doute à la grande satisfaction du public !
Ce Kiss Movie est donc aussi un Dress Movie, genre qui a été lancé par Soad Hosny dès les années soixante. Ca consiste à apparaître à chaque nouvelle scène dans une tenue différente. Le dress movie se caractérise souvent par l’indigence de son scénario et la platitude de sa mise en scène (Je m’empresse de préciser que ce n’est pas le cas pour l’Important c’est l’Amour !) de telle sorte que ces changements constants de costumes ont pour fonction de maintenir l’attention des spectateurs. Evidemment, la plupart du temps, ça ne suffit pas, même si dans certains films, les robes sont d’un mauvais goût tout à fait plaisant.

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin