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vendredi 7 février 2020

Les réalisateurs : Helmy Rafla (1909-1978)

حلمي رفلة


Helmy Rafla est né en 1909. Il commence par étudier le maquillage. En 1936, le ministère de l’éducation l’envoie étudier une année en Grande-Bretagne et en France. A son retour, il travaille pour la Compagnie Nationale de Théâtre puis pour le cinéma comme maquilleur. Très vite, il devient l’assistant de grands réalisateurs. Il réalise son premier film en 1947. C’est l’Esprit en Vacances, une production de Mohamed Fawzi, avec pour la première fois à l’écran, la toute jeune Shadia. Dans les années qui suivent, il s’impose comme un maître de la comédie musicale. Avec ses deux compères, les scénaristes et dialoguistes Abou Al-Seoud Al-Ebiary and Badie Khairy, il enchaîne les succès. 
Helmy Rafla fit jouer les plus grands chanteurs de son temps : Mohamed Fawzi (14 films), Shadia (12 films), mais aussi Abdel Halim Hafez, Naget Al Saghira sans oublier Farid Al Atrache et Sabah. 
En plus de la comédie musicale, il s’intéresse aussi à la comédie pure. D’ailleurs, il dispute à Fateen Abdel Wahab le titre de roi de la farce et du burlesque en tournant 22 films avec Ismaël Yassin. 
Mais, il ne néglige pas pour autant le drame sentimental (Hoda, 1949) et dans les années soixante-dix, on le voit se lancer avec une certaine réussite dans le drame social (Un Heureux Mariage, 1974), un genre qui semblait pourtant bien loin de ses inclinations. Précisons tout de même que sa production des années soixante-dix est bien loin de valoir celle des décennies précédentes et qu'elle compte quelques navets de haute volée. 
Helmy Rafla est considéré comme l’un des plus grands cinéastes de son temps. En trente ans, il a réalisé 71 films et bon nombre sont restés dans la mémoire collective. La contribution d'Helmy Rafla à l'édification de l'âge d'or du cinéma égyptien fut considérable. 

Seize films d'Helmy Rafla ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog.

Soir de fête (Laylat al id, 1949)
avec Ismaël Yassin (Sosso), Shadia (Yasmina), Mahmoud Shoukoko (Shosho), Abdel Hamid Zaki (le propriétaire du théâtre), Farid Shawki (Sharif), Stephan Rosti (Nazih), Hussein Issa (Nadim), Lola Sedky (Lola, la sœur de Nazih, Sharif et Nadim), Nour El-Demirdash (Salah Ezzat, la victime des quatre escrocs), Abd El Fatah El Qosary (Hamouda, propriétaire de la Rose Blanche), Elias Moaadab (Al-Khawaja Fares), Zinat Sedky (la femme d’Hamouda), Hassan Fayek (le père de Salah), Gomaa Edriss (le gardien du théâtre), Monir El Fangary (l’employé du théâtre)
Une histoire d’Anwar Wagdi
Scénario et dialogues : Abou Al Saoud Al Ibiary
Musique : Mahmoud Al Sherif, Mohamed El Bakkar
Production : Anwar Wagdi


Comédie. Yasmina et ses deux frères chantent et dansent dans un théâtre. Un soir, le directeur de l’établissement importune plus que de coutume la jeune femme et ses deux frères finissent par intervenir. Ils rossent sans ménagement l’homme indélicat. Ce dernier les met aussitôt à la porte. Les trois artistes n’ont plus qu’à chercher un autre lieu où se produire. C’est alors qu’ils découvrent une annonce publiée dans le journal par le Casino de la Rose Blanche. Le célèbre cabaret recherche des chanteurs. Yasmina se rend à l’adresse indiquée. Malheureusement, elle s’est trompée et elle s’est introduite dans un appartement privé. A peine a-t-elle compris son erreur qu’un groupe de trois hommes et une femme fait son entrée. Yasmina a juste le temps de se cacher. A travers leur conversation, elle devine que ce sont des escrocs qui attendent l’une de leur victime : ils ont bien l’intention de la plumer au jeu. La proie arrive enfin. C’est un jeune homme qui semble doux et honnête. Il est reçu par la femme qui l’accueille seule. Ils se connaissent et ont manifestement de tendres sentiments l’un pour l’autre. Soudain les trois hommes font irruption dans la pièce. Ce sont les frères de la jeune femme et ils feignent l’indignation devant le spectacle de leur sœur dans les bras d’un inconnu. Ils exigent une promesse de mariage pour laver l’honneur de la famille. Le jeune homme accepte aussitôt. Les trois frères convient alors l’amoureux de leur sœur à une partie de poker. Yasmina s’est dissimulée sous la table de jeu et elle s’aperçoit que les trois escrocs trichent afin de dépouiller leur victime. Elle décide d’intervenir…

Notre avis : une comédie musicale enjouée par le spécialiste du genre. Tout le monde chante et danse sur un rythme échevelé et avec une énergie inépuisable. Shadia, Ismaël Yasin et Mahmoud Shoukoko forment un trio en parfaite harmonie. Saluons la performance de Shadia : elle n’a alors que dix-huit ans et elle joue à jeu égal avec ses deux partenaires qui en ont vingt de plus. Elias Moadab est désopilant en fantaisiste levantin (on retrouvera son allure et ses expressions plus tard chez l’acteur et chanteur turc Dario Moreno.). Comme nous avons eu maintes fois l’occasion de l’écrire, 1949 fut une année faste pour la comédie musicale égyptienne. « Soir de Fête » en est un bel exemple même si ce film n’atteint pas l’éclat de « Mademoiselle Diablesse » d’Henry Barakat ou de « La Fille du Maire » d’Abbas Kamel sortis la même année.


Le Millionnaire (El Millionaire, 1950)
avec Ismaël Yassin (Assim El Isterliny/Gamiz), Zinat Sedki (la sœur d’Assim El Isterliny), Soad Mekawy (Soukra, la cuisinière), Stephan Rosti (Zaki), Farid Shawki (Farid), Hussein Issa (Hussein), Wedad Hamdy (Sonia), Serag Mounir (Antar Bin Shaddad, le frère de Sonia), Ryad El Kasabgy (l’infirmier-chef de l’hôpital psychiatrique), Camilia (Rouh Al Fouad Hanem), Nour El Demerdash (le frère de Rouh Al Fouad Hanem), Victoria Hobeika (la tante d’Assim El Isterliny), Abdel Moneim Ismail (le chauffeur d’Assim El Isterliny), Ahmed Darwich (le docteur Darwich), Salah Mansour (un fou), Mahmoud Lotfi (un fou), Eskandar Mansy (un fou), Mohamed Tawfiq (un fou), Abdel Hamid Zaki (le directeur du théâtre)
Scénario : Anwar Wagdi, Abou Al Seoud Al Ibiary, Mamoun Al Shinnawi
Musique : Izzat El Gahely et Mohamed El Bakar
appréciation : 4/5


Assim El Isterliny est un millionnaire despotique et jaloux. Ses gardes ont capturé un homme qu’ils avaient surpris en compagnie de sa femme Rouh Al Fouad Hanem. Fou de rage, Assim le tue de plusieurs coups de pistolet (On apprendra plus tard que le pistolet était chargé à blanc et que l’homme est en réalité le frère de sa femme). Ses gardes lui conseillent de se cacher le temps que les choses s’apaisent. Il se rend dans un cabaret où se produit un artiste du nom de Gamiz. L’ombrageux millionnaire se rend compte que l’individu est son parfait sosie. Il a une idée : il propose à Gamiz de prendre sa place quelque temps. Le pauvre chanteur accepte, séduit par la perspective de vivre dans le luxe et l’oisiveté.


Notre avis : c’est la première comédie dans laquelle Ismaël Yassin tient le rôle principal et il use de tous les procédés qui constitueront sa marque de fabrique. Pour l’entourer, les producteurs ont engagé les actrices et les acteurs les plus célèbres de l’époque. Parmi les actrices, on compte Camilia, l’une des étoiles montantes du grand écran malgré ou à cause de sa réputation sulfureuse (Certains prétendent qu’elle était la maîtresse du roi Farouk.). Précisons qu’elle meurt tragiquement cette même année 1950 dans un accident d’avion.
Ce qui demeure aujourd’hui du « Millionnaire, » ce sont ses incroyables scènes dansées et chantées. Elles rassemblent toujours un grand nombre de comédiens et malgré cela les chorégraphies sont exécutées avec un dynamisme et une précision remarquables. Les chansons de Mohamed El Bakkar et d’Azat Al Jahly par leur entrain et leur gaîté sont en phase avec le tempo débridé de l’ensemble.
La séquence la plus mémorable (et la plus longue), c’est celle de l’hôpital psychiatrique où une trentaine de comédiens chantent et dansent, comme emportés dans un délire collectif . A cette époque, Helmy Rafla est considéré comme le roi de la comédie musicale. Ce « Millionnaire » l’atteste de manière éclatante.


La Mère Célibataire (al-anisa mama, 1950)
avec Mohamed Kamal Al Masri (Monsieur Okasha), Ismaël Yassin (Nabih, l’assistant de Monir), Sabah (Nimra), Mohamed Fawzy (Monir Yousri), Soliman Naguib (le père de Monir), Hagar Hamdy (Farawila, la fiancée de Monir), Zinat Sedki (Khoukha, la femme de Monsieur Okasha), Gracia Kassin (la directrice du refuge), Mohamed Sobeih (le serveur), Monir El Fangary (le vendeur de chocolat)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Mohamed Fawzy
Production : Mohamed Fawzy


Comédie musicale. Nimra rêve d’être chanteuse mais en attendant que la chance veuille bien lui faire signe, elle est vendeuse dans un magasin de disques à Alexandrie. Un jour, elle lit dans le journal une annonce publiée par Monir Yousri, un musicien célèbre qu’elle admire. Il prépare une nouvelle comédie musicale et recherche des chanteuses. Nimra décide de monter au Caire pour se présenter aux auditions. Elles sont dirigées par l’assistant de Monir tandis que celui-ci écoute les prestations depuis le bureau de son père, grâce à un haut-parleur relié au micro devant lequel défilent les candidates. La voix de Nimra impressionne le chanteur et Yousri Pacha, son père, mais un malentendu conduit l’assistant à la renvoyer du théâtre. Heureusement, Nimra ne s’avoue pas vaincue. Sa voix n’a pas convaincue son idole, pense-t-elle, alors c’est par l’amour qu’elle l’atteindra. Elle retrouve les deux hommes dans un cabaret. Ils s’installent à la même table. Yousri Pacha est aussitôt séduit par sa personnalité mais Monir les a rapidement laissés en tête à tête pour rejoindre à une autre table sa fiancée. Décidément, la partie ne va pas être facile…

Notre avis : au début des années cinquante, Helmy Rafla est le roi incontesté de la comédie musicale. Comme tous les films qu’il réalise à cette époque, « La Mère Célibataire » est une réussite totale. Sabah et Mohamed Fawzy forment un duo incroyable, aussi talentueux dans le jeu que dans le chant. Le rythme est effréné, les portes claquent, les répliquent fusent, les corps se croisent, s’étreignent ou s’affrontent. L’une des scènes les plus mémorables du film est celle où Nimra (Sabah) et la fiancée de Monir (Hagar Hamdy) se battent avec une sauvagerie réjouissante tandis que leurs partenaires masculins (Mohamed Fawzy et Ismaël Yassin) tentent vainement de s’interposer. Les très nombreux numéros chantés et dansés affichent la même invention et la même fantaisie : « La Mère Célibataire* » est aussi une déclaration d'amour au music-hall.

*Le titre est un peu curieux : il fait référence uniquement à la dernière partie de l’intrigue et il semble annoncer un drame social, bien loin de l’atmosphère enjouée qui règne de bout en bout dans cette comédie musicale.


Ma belle-mère est une bombe atomique ( hamati kombola zorria, 1951) 
avec Taheya Carioca (Batta), Ismail Yassin (Zaher), Abd El Fatah El Kosary (Maître Hassouna), Aziza Helmy (Soheir Hanim, la voisine), Wedad Hamdy (la servante), Mohamed El Genedy (Madbouly le chanteur), Shadia (Halawa, la belle-fille de Maître Hassouna), Gamal Fares (Kris, l’amoureux de Halawa), Abdel Moneim Ismail (l’agent de police), Nabawya Mostafa (danseuse), Mary Moneib (la mère de Batta)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Mahmoud Al Sharif, Fathy Qoura et Ahmed Sedky


Comédie musicale. Zaher est marié à la danseuse Batta. Il serait le plus heureux des hommes si sa belle-mère ne s’était pas installée dans leur foyer. Celle-ci se comporte en tyran domestique et la vie à la maison devient un enfer. La vieille femme a aussi un projet : elle veut que sa fille divorce de Zaher qu’elle considère comme un raté pour épouser un riche marchand de sa connaissance. Un jour, elle rencontre chez le coiffeur une ancienne voisine de Zaher. Cette dernière lui fait des confidences et lui apprend qu’elle a été mariée il y a très longtemps avec Zaher : l’homme qu’elle aimait avait déjà divorcé trois fois et elle devait impérativement se marier puis divorcer au moins une fois pour être autorisée à convoler avec l’élu de son cœur. Zaher avait accepté d’être ce deuxième époux de « convenance ». Evidemment, ils avaient divorcé le lendemain. Cette histoire enflamme l’imagination de la belle-mère : elle fait croire à son gendre qu’il a eu de cette première union, une fille et que celle-ci s’apprête à faire son apparition. Zaher est abasourdi…

Notre avis : l’archétype de la comédie égyptienne de l'âge d'or, avec ses qualités (le sens du rythme et le goût pour les renversements de situations dans la grande tradition du vaudeville) mais aussi ses défauts (un jeu parfois outrancier et le recours à des thèmes et des personnages très stéréotypés). Une occasion supplémentaire de constater à quel point ce cinéma populaire donnait la part belle aux femmes et cantonnait les hommes aux rôles de faire-valoir (sauf Ismaïl Yassin qui ici fait jeu égal avec ses partenaires féminines). Ainsi l’intrigue de cette comédie repose en totalité sur les trois héroïnes incarnées par trois actrices appartenant à des générations différentes : Mary Moneib née en 1905 (dont le jeu très théâtral a beaucoup vieilli), Taheya Carioca née en 1915, et la toute jeune Shadia née en 1931.


Viens saluer (Taala salim, 1951)
avec Farid Al Atrache (Meshmesh), Samia Gamal (Sokara, la danseuse, fille du propriétaire du cabaret), Ismaël Yassin (Samsam, le collègue et ami de Meshmesh), Abd El Fatah El Kosary (le propriétaire du cabaret), Farid Shawki (Sharif, le fiancé de Sokara), Abdel Salam Al Nabulsi (l’avocat), Mohamed El Bakkar (Karawan Hiran), Zinat Sedki (la chanteuse amoureuse de Meshmesh), Wedad Hamdy (Battah), Saïd Abou Bakr (le serveur du restaurant), Mimi Chakib (cliente du café), Serag Mounir (client du café)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary 
Musique : Farid Al Atrache


Comédie musicale. Meshmesh est un chanteur pauvre qui travaille comme serveur dans un cabaret. Il est amoureux de Sokara, la danseuse vedette de l’établissement qui est aussi la fille du directeur. Meshmesh a peu d’espoir d’épouser l’élue de son cœur d’autant plus qu’elle est déjà fiancée à un jeune homme très riche. Il sait pourtant que la jeune femme n’est pas insensible à son charme. Il tente alors d’éveiller sa jalousie en feignant d’être amoureux d’une autre femme mais en vain. Meshmesh s’apprête à sombrer dans le désespoir quand le destin lui devient subitement favorable : il hérite de la fortune d’un vieil oncle qui résidait en Afrique du Sud. Malheureusement, son patron entreprend de lui subtiliser une partie de son héritage avec la complicité de l’avocat chargé du dossier : alors que Meshmesh est ivre mort, les deux hommes lui font signer un contrat aux clauses abusives…


Un Bienfaiteur (Fa'el Kheir , 1953)
avec Mohamed Fawzy (Khaïry), Sabah (Soheir), Ismail Yassin (Afkar/Hamido), Zomoroda (Elham Anim), Abdel Ghany Kamar (Anis Effendi, le gérant de la société d’Elham), Menassa Fahmy (le père de Soheir), Zaki Ibrahim (le chirurgien), Abdel Aziz Ahmed (le père de Khaïry), Ferdoos Mohamed (la mère de Khaïry), Zeinat Elwy (la danseuse), Abdel Moneim Basiony (le directeur du théâtre), Anwar Zaky (un ami d’Elham), Aziza Badr (la mère de Sonia), Kawthar Shafik (une des amies d’Elham), Fawzya Ibrahim (Sonia), Alya Fawzy (la servante)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique et chansons : Mohamed Fawzy, Abdel Aziz Salam, Fathy Qoura, Saleh Gawdat, Mustafa Abdel Rahman
Production : Mohamed Fawzy


Comédie musicale. Khaïry vit avec ses parents dans un quartier populaire de la ville. Il est réparateur de vélos et il travaille dans un petit atelier avec un ouvrier du nom d’Hamido. Toutes les maisons du secteur appartiennent à une riche jeune femme, Elham Anim, qui a confié la gestion de ses affaires à un homme impitoyable. Khaïry, lui, a le cœur sur la main et il n’hésite pas à venir en aide aux gens du quartier tant et si bien qu’il lui arrive d’avoir les plus grandes difficultés à payer son loyer. Un soir, il trouve sur la route un bébé abandonné. Dans ses langes, il y a une lettre écrite par la mère de l’enfant : elle annonce qu’elle s’est suicidée. Son mari est mort et son père a refusé de la reprendre, elle et son enfant, car elle s’était mariée sans son consentement. Khaïry décide de se rendre chez le grand-père avec le bébé. Le jeune homme est impressionné par le luxe de la demeure. Il fait la connaissance de Soheir, la sœur de la suicidée avec qui il sympathise immédiatement. Puis arrive le maître des lieux. Celui-ci reste intraitable et il le chasse, lui et l’enfant, tandis que Soheir est terrassée par le chagrin. Khaïry et ses parents décident donc de s’occuper du nourrisson. Peu après, Soheir frappe à la porte de leur appartement. Elle veut contribuer à l’entretien et à l’éducation de l’enfant contre la volonté de son père. Elle est accueillie à bras ouverts mais on refuse son argent. Un peu plus tard, Khaïry chante dans un mariage. Depuis la rue, Elham Anim, l’héritière fortunée qui possède toutes les maisons du quartier, entend la voix de notre héros. Elle est immédiatement sous le charme. Elle parvient à entrer en contact avec le jeune homme qui, grâce à son soutien, va connaître la gloire et la fortune. Bien évidemment, Khaïry n’a pas pour autant oublié Soheir…

Notre avis : c’est la troisième fois qu’Helmy Rafla réunit Mohamed Fawzy et Sabah dans une comédie musicale. On notera que les trois films sont produits par Mohamed Fawzy et il ne faut donc pas s’étonner si les personnages qu’il incarne sont toujours parés de toutes les vertus. A chaque fois, on retrouve l’acteur-chanteur en garçon doux, sensible et spirituel. Séducteur malgré lui, il suscite l’amour de plusieurs femmes même si lui n’en aime vraiment qu’une (Il est formidable !). Dans « Un Bienfaiteur », le héros est aussi d’une générosité et d’une compassion sans borne. Il accepte sans hésiter d’élever un nourrisson que sa famille très aisée a rejeté (Chapeau !). Malgré cet aspect un peu ridicule de l’intrigue, le film n’est pas sans qualités. Helmy Rafla parvient à mêler habilement tous les genres : nous passons sans à coups du drame social à la farce en passant par le drame sentimental et la satire. La tonalité comique repose pour l’essentiel sur Ismaël Yassin qui joue deux personnages, un frère et sa sœur : une idée amusante qui tourne un peu court. Nous avons tout particulièrement apprécié le jeu de Zomoroda parfaite en grande bourgeoise possessive et cynique. Evidemment, comme toujours avec Mohamed Fawzy, dont le talent est strictement proportionnel à l’ego, les numéros chantés et dansés sont un régal pour l’ouïe et la vue !

 
Fils à Louer (Ibn Lil Igar, 1953)
avec Mohamed Fawzi, Leila Fawzi, Taheya Carioca, Mary Moneib, Hassan Fayek, Aziz Othman, Farid Shawqy, Zouzou Chakib, Wedad Hamdy, Abdel Hamid Zaki, Lotfi El-Hakim, Monir El Fangary, Mohsen Hassanein, Abdel Hamid Badawy, Abbas Rahmy
Scénario : Badie' Khairy et Helmy Rafla
Musique : Mohamed Fawzy, Mamoun Al Shinnawi, Anwar Manasye


Comédie. Nagati Pasha a perdu la trace de son fils Mounir depuis plus de vingt ans. Un hypnotiseur et son assistante qui présentent un numéro de voyance dans un spectacle de cabaret lui font croire qu’il réside au Maroc. Nagati Pasha demande aux deux artistes de se rendre là-bas, de trouver son fils et de le ramener en Egypte. Pour empocher la récompense promise, l’homme et la femme ont une idée : ils proposent à Zaatar, un des chanteurs du cabaret, de se faire passer pour Mounir. Celui-ci accepte…


Les Jolies Belles-Mères ( Al Hamawat Al Fatenat, 1953)
avec Kamal el-Shennawi (Samir), Cariman (Nabila), Ismaïl Yassin (Baghat), Mary Moneib (la mère de Samir), Mimi Chakib (la mère de Nabila), Abdel Azim Kamel (le médecin), Abdel Salam El Nabulsi (Hanemm, le masseur), Wedad Hamdy (la nourrice), Zoheir Sabri (Gamal, le fils du directeur), Ibrahim Hichmat (le directeur), Abbas Rahmy (le juge), Abdel Moneim Saoudi (le mathoun)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Fathy Qoura, Ahmed Sabra, Hassan Abou Zayed, Fouad El Zahry


Comédie. Samir est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui jouit d’une bonne situation. Il épouse enfin Nabila, la jeune fille qu’il aime depuis des années. Behjat, son meilleur ami, le met en garde contre les inconvénients du mariage mais Samir passe outre. Le voyage de noces des deux tourtereaux est un enchantement et comble de bonheur, quelque temps après leur retour, ils apprennent que Nabila est enceinte. Malheureusement, par leur comportement jaloux et tyrannique, les deux futures grands-mères vont faire vivre un véritable enfer au jeune couple. Dès la naissance de l'enfant, les deux femmes s'installent chez les jeunes parents pour leur prodiguer leurs précieux conseils. Comme leurs conceptions d'éducation s'opposent en tous points, les disputes s'enchaînent. Et la situation se tend davantage avec l'arrivée d'une nourrice qui a, bien entendu, ses propres idées sur la question...

Notre avis : après « Ma Belle-Mère est une Bombe Atomique », voici ‘Les Jolies Belles-Mères ». Cette nouvelle variation sur ce thème inépuisable de la belle-mère intrusive et despotique n’a pas le charme de la première. Le scénario se réduit à quelques idées pas très originales et pendant la majeure partie du film on assiste aux interminables disputes des deux grands-mères. Plus embêtant encore : Mary Moneib et Mimi Chakib ne jouent pas très bien et leur jeu devient même pénible dans le dénouement. A noter que c’est le premier film de Cariman. Elle a dix-sept ans et elle fait franchement moins, ce qui est un peu gênant pour incarner une jeune épouse qui vient d’être mère.L’auteur du scénario est Abou Al Seoud Al Ebiary, fidèle collaborateur d’Helmy Rafla. Travailleur infatigable, il écrivait sans relâche et dans les années cinquante, on le retrouvait souvent à l’affiche d’une dizaine de films par an. On lui doit certaines des comédies les plus réussies de l’âge d’or du cinéma égyptien alors on peut bien lui pardonner son manque d’inspiration sur d’autres productions à l’instar de celle-ci.


La Femme est Tout (El Maraa Kol Shayi, 1953)
avec Leila Fawzi (Safia), Mohsen Sarhan (Fakry, le frère de Safia), Farid Shawqy (Labib), Mary Moneib (la mère de Labib et de Qamar), Aziz Othman (le père de Labib et de Qamar), Taheya Carioca (Qamar, la sœur de Labib), Menassa Fahmy, Hussein Riad (l’avocat Soleiman, le père de Fakry), Zinab Sedqy (la mère de Fakry), Abdel Moneim Basiony (un client du bar), Abdel Ghani El Nagdi (un ouvrier),
Scénario : Farid Shawqy, El Sayed Beidir, Helmy Rafla
Musique : Ahmed Sabra, Ali Farrag, Fathy Koura, Saleh Gawdat


Labib est un jeune homme qui mène une vie d’artiste comme son père et sa sœur Qamar. Tous les trois travaillent dans le même cabaret. Labib et son père sont musiciens et Qamar est danseuse. Le père dépense tout son salaire dans l’alcool et c’est surtout Qamar qui fait vivre toute la maison grâce à l’argent et aux cadeaux que lui donnent de généreux clients. Un jour, Labib se rend à la banque pour déposer un chèque et il découvre que le caissier est Fakry, l’un de ses amis d’enfance. Fakry appartient à une famille très riche. Son père est un avocat célèbre et il a une sœur, Safia. Labib invite son ami à prendre un verre dans le cabaret où il travaille. Fakry va ce soir-là faire deux découvertes qui vont bouleverser sa vie : il va boire du champagne et tomber amoureux de Qamar, la sœur de Labib. Au fil des rencontres, il est de plus en plus épris et il finit par demander sa main. De son côté, Labib souhaite conquérir Safia, la sœur de Fakry. Pour la séduire, il se fait passer pour un riche entrepreneur issu d’une famille honorable. Fakry se garde bien de dénoncer le mensonge de Labib et Safia accepte de devenir la femme du musicien…


Abou Al Dahab (1954)
avec Hoda Soltan (Ihsan), Farid Shawki (Abou Al Dahab), Mahmoud El Meleigy (Sabya Al Atara), Qout El Qoloub (Amina), Ahmed Mokhtar (le père d’Ihsan), Mohsen Hassanein (Bunduq), Mohamed Sobeih (un second de Sabya Al Atara), Zaki Mohamed Hassan (Hassan Baraï)
Scénario : Zoheir Bakir
Dialogues : Abdullah Ahmed Abdullah et El Sayed Bedeir
Musique : Mahmoud Al Sharif, Ibrahim Hussein, Izzat El Gahely, Mohamed Abdel Wahab


Thriller. Hassan Baraï est à la tête d’un important trafic de drogue qu’il dissimule derrière la vitrine honorable d’une entreprise de vente de fournitures médicales. Sa maîtresse Amina a donné naissance à un garçon. Pourtant, il refuse de l’épouser et de reconnaître l’enfant. Furieuse, la jeune femme se rend chez lui pour le tuer. Mais elle est devancée par Sabya Al Atara qui s’était introduit dans l’appartement. Il a supprimé Hassan pour prendre la direction du trafic de drogue. Sous la contrainte, il fait signer à Amina une reconnaissance écrite stipulant que c’est elle seule qui a tué son amant. Désormais, elle devra exécuter tous les ordres de Sabya sous peine d’être livrée à la police. Le malfrat pense qu’il va pouvoir conquérir sans difficulté la tête de l’organisation criminelle mais les autres membres du gang ne l’entendent pas de cette oreille. Ils lui préfèrent Abu Al Dahab. La rivalité entre les deux hommes va être sans merci, d’autant plus qu’ils se disputeront aussi le cœur de la chanteuse Ihsan…

Notre avis : un thriller très conventionnel réalisé par l’un des maîtres de la comédie. Nous avons déjà pu le vérifier : Helmy Rafla déçoit quand il quitte son genre de prédilection. L’intrigue d’ « Abou Al Dahab » repose sur la rivalité entre deux malfrats incarnés par les inévitables Farid Shawki et Mahmoud El Meleigy. Malgré leur immense talent, ils ne nous surprennent guère ici et ils nous donnent même l’impression de jouer en « pilotage automatique ». Dans la seconde partie, le scénario recourt à un procédé trop souvent utilisé pour pouvoir nous séduire : un même acteur, en l’occurrence Farid Shawki, joue deux personnages que tout oppose mais qui physiquement se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Le rôle de l’héroïne revient à Hoda Soltan : la mièvrerie de son personnage ne convient guère à celle qui incarna avec brio tant de femmes fatales. Les quelques chansonnettes qu’elle interprète n’ajoute pas grand-chose à ce petit film sans grand intérêt.


Aie confiance en Dieu (Khalak ma Allah, 1954)
avec Mohamed El-Kahlawy (Ahmed), Ismail Yassin (Shaladimo), Kitty (la danseuse), Abdel Wares Asr (le propriétaire de l’usine et le père de Fathya), Zaki Ibrahim (le père d’Ahmed), Zomoroda (Anwar), Mahmoud El Meleigy (Hanafi, le gérant de l’usine), Zinat Sedki (la fiancée de Shaladimo), Mimi Chakib (la belle-mère d’Ahmed), Nour El Demerdash (Mamdouh, le demi-frère d’Ahmed), Abdel Wahab Al-Mesiri (l’avocat), Gamalat Zayed (Oum Klou), Nadia Riad (Fathya), Mohamed Kamel (le serviteur)
Scénario : Abdel Aziz Salam, Kassem Wagdy, Hassan Abdel Wahhab
Musique et chansons : Mohamed El Kahlawi, Bayram El Tunsi, Hiram Ghamarawy, Abdel Fattah Shalaby
Production : les Films du Caire


Comédie musicale. Ahmed a grandi au sein d’une famille très riche. Il est entouré de son demi-frère Mamdouh, de sa belle-mère et de son vieux père, Abou Ahmed. Ce dernier est très malade et il ne quitte plus son lit. Un soir, Ahmed gifle Mamdouh qui est rentré ivre à la maison. Celui-ci va se plaindre à sa mère qui est restée dans la chambre du père. Du salon, Ahmed entend la conversation. La femme prend la défense de Mamdouh et pour contrer les objections de son mari, elle lui rappelle qu’Ahmed n’est pas un enfant légitime mais un bâtard (ce qui s’avérera faux). Révulsé par cette découverte, Ahmed quitte le domicile paternel. Grâce à Shaladimo qu’il a rencontré dans le train, il trouve un logement et un emploi dans une usine de textile. Entretemps son père meurt. Sa belle-mère et son demi-frère vont tenter de lui voler son héritage…


Une Ville se déchaîne (Thawrat el madina,1955) 
avec Sabah (Fatima), Mohamed Fawzi (Ahmed), Hussein Riad (le père de Fatima), Qadria Kamel (la tante de Fatima), Ahmed Allam (Haj Saber, le propriétaire de l’usine), Doha Amir (Fatima enfant), Wedad Hamdy (la servante), Suleiman al-Guindy (le petit garçon Al Wadi Galal), Abdel Moneim Ismail (le père de Al Wadi), Ragaa Youssef (la danseuse), Horeya Hassan (la chanteuse)
Scénario : Nairuz Abdel Malek 
Musique : Mamoun Al Shinnawi, Fathy Qoura, Riad El Sonbati, Mohamed Fawzi, Ali Farraj
Production : les films du Lotus (Assia Dagher)


Mélodrame musical. La mère de Fatima est morte en lui donnant naissance. Sa tante et sa grand-mère avaient perdu la vie dans les mêmes circonstances. Depuis ce drame, Salim, son père, est convaincu que toutes les femmes de la famille sont condamnées à subir le même sort. Il a décidé que Fatima ne se marierait jamais et qu’elle n’aurait jamais d’enfant. Dès son plus jeune âge, il lui a interdit de fréquenter les garçons et lui a imposé une éducation d’une grande sévérité. Un jour, ils partent tous les deux pour une courte escapade au Caire. A leur retour, ils découvrent que leur maison et l’atelier de verrerie du père ont été totalement détruits par un incendie. Ils n’ont plus rien. Heureusement, le riche propriétaire d’une usine de verrerie propose à Salim une place comme contremaître dans son établissement et il lui offre même un logement dans son domaine. Le père de Fatima accepte le travail mais refuse le logement : il sait que l’industriel a un fils de l’âge de sa fille. Les années passent. Fatima est devenue une jeune femme et Ahmed, le fils du propriétaire de l’usine qui avait séjourné à l’étranger pour ses études, est de retour… 

Notre avis : Helmy Rafla abandonne provisoirement la comédie, genre dans lequel il excelle, pour s’aventurer sur les terres plus arides du mélodrame. Disons-le clairement : ce n’est pas son meilleur film. Le scénario repose sur une idée saugrenue. Une terrible malédiction pèse sur toutes les femmes d’une même famille : elles meurent en donnant naissance à leur premier enfant. Le père de Fatima n’a donc qu’une obsession, protéger sa fille de l’amour qui lui serait fatal. On se doute qu’il va s’opposer à tous les prétendants qui osent approcher sa fille mais on devine aussi que l’amour finira tout de même par triompher. Une trame prévisible donc mais un entrelacement de thèmes qui se prêterait fort bien à une interprétation psychanalytique (la mort et l’amour) ou théologique (le destin et le libre arbitre).


L’inspecteur général (Al-mufattish al-amm, 1956) 
avec Taheya Carioca (Shakhala, la belle-mère de Latafa), Ismail Yassin (Saber), Mahmoud El-Meliguy (Jaber, l’escroc), Abdel Moneim Basiony (le serveur du restaurant), Abdel Moneim Ismaïl (le propriétaire de l’hôtel), Abdel-Wares Asr (le maire), Wedad Hamdy (Fatima, la femme de chambre de Shakhala), Reyad El Kasabgy (le tueur à la solde du maire), Mawahib (Latafa, la fille du maire), Abdel Hamed Badawi (l’employé de la poste), Lotfi El Hakim (le directeur de l’école)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ibiary, Helmy Rafla
Adaptation de la pièce de théâtre Le Revizor de Nicolas Gogol (1836)


Comédie. Le maire d’un village s’est enrichi en volant ses administrés et en détournant à son profit personnel les subventions envoyées par l’état. Un jour, il apprend que le gouvernement a décidé d’envoyer un inspecteur général pour enquêter sur d’éventuels détournements de fonds. Il croit que Saber, un pauvre bougre manipulé par un escroc, est en fait ce fameux inspecteur général. Il l’invite dans sa propriété pour tenter de le corrompre…


La Veuve Joyeuse (El armala el tarub, 1956)
avec Leila Fawzi (Samira, la fille d’Abdel Aal), Kamal Al Shennawi (Magdy), Abdel Salam Al Nabulsi (Asim Bey Kayamakli), Zinat Sedki (la femme de chambre de Samira), Hassan Fayek (Abdel Aal, le père de Samira), Adly Kasseb (Mahdi Effendi), Mohamed Gamal (Hechmat), Zeinat Olwi (danseuse), Kitty (danseuse), Victoria Hobeika (la mère d’Hechmat)
Scénario : Aboul Seoud Al Ibiary, Helmy Rafla, Mustafa El Sayed, Fathy Qoura
Musique : Mohamed Gamal et Mahmoud El Sherif
appréciation : 5/5


Abdel Aal aime l’argent et la bonne chère. Il a forcé sa fille Samira à épouser Rostom Bey Kayamakli, un riche turc de quarante ans son aîné. Samira s’est installée dans le pays de son mari et a mené une vie luxueuse mais sans amour.
Au bout de cinq ans de vie commune, son mari meurt. Toute la famille est réunie pour entendre les dernières volontés du défunt : sa veuve jouira de sa fortune tant qu’elle restera seule. Si elle se remariait, l’héritage reviendrait à sa famille. Au cas où elle mourrait, en étant restée célibataire, c’est son père qui récupérerait l’argent de Rostom. Asim Bey Kayamakli, le frère du défunt, est prêt à tout pour que cette fortune reste dans leur famille. Il a trouvé la solution : il va épouser Samira. Quand cette dernière lui signifie son refus d’un tel « arrangement », il menace de la tuer. Elle est obligée d’accepter. Mais profitant de l’absence de son beau-frère, elle fuit en compagnie de Lawahiz, sa servante et rentre en Egypte.



Rendez-vous avec le bien-aimé (Mawid maa el habib, 1971)
avec Farid Shawki, Youssef Wahby, Naglaa Fathy, Zouzou Chakib, Sohair El Barouni, Hassan Mostafa, Zouzou Chakib, Hussein Ismael, Mohamed Shawky, Mokhtar El Sayed, Helmy Halim, Esther Shattah, Khadiga Mahmoud, Hassan Taha, Mamdouh Zayed, Sayed Ghoneim, Ali Oraby
Scénario : Farouk Sabry
Musique : Michel Youssef
appréciation : 2/5


Ahmed est le père d’un petit garçon qu’il élève seul depuis la mort de sa femme. Jamais il n’a pensé à se remarier et il vit dans le souvenir de la défunte. Un jour, dans l’entrée de l’immeuble où se trouve la société pour laquelle il travaille, il a une altercation avec une jeune femme. Il la retrouve dans le bureau de son patron : c’est sa fille. Elle est venue voir son père pour parler de son futur mariage. Quelque temps plus tard, Ahmed part en vacances avec son fils à Alexandrie. Heureux hasard ! La fille de son patron séjourne au même endroit. Près de la plage, elle fait la rencontre du jeune garçon. Ils sympathisent immédiatement. C’est ainsi que la jeune femme finit par passer toutes ses journées avec le père et l’enfant. Elle comprend qu’elle est tombée amoureuse d’Ahmed. Elle est très embarrassée car elle est fiancée et elle sait que son père acceptera difficilement une rupture.



La Voix de l’Amour (Sawt el hobb, 1973)
avec Warda (l’infirmière Mona), Hassan Youssef (Dr Mohsen Abdel Shakour), Imad Hamdi (Abdel Shakour Al-Zankalouni, le père de Mohsen), Mohamed El Araby (Sami, le frère de Mohsen), Ashraf Abdel Ghafour (Amin), Hassan Mostafa (Isma Bura Al-Hamsh, le père de Mervat), Said Saleh (le domestique du père de Mohsen), Aziza Rached (Zahra, la servante du père de Mohsen), Rajaa Sadiq (Mervat, la fiancée de Mohsen), Hussein Asar (le père d’Amin), Afaf Wagdy (la collègue de Mona), Hayat Kandil (Salwa, la sœur de Mohsen), Helmy Rafla (l’un des clients de l’hôtel)
Chorégraphie : Hassan Afifi
Musique : Omar Khorsheid, Baligh Hamdy, Mohamed El Mougy, Mounir Mourad, Ahmed Fouad Hassan
Paroles des chansons : Mohamed Hamza, Sayed Morsi, Mamoun Al Shinnawi, Magdy Naguib
Scénario : Adli Al Mawlid
Production : Gomhouria Films
Remake du film "Plus Belle que la Lune" (Qamar arbatachar, 1950) de Niazi Mustafa avec Camilia


Mohsen, un jeune médecin, est tombé amoureux de Mona, une infirmière travaillant avec lui. Elle l’accompagne en Grèce où il se rend pour participer à un séminaire. Ce séjour est un enchantement pour les deux amoureux et ils projettent de se marier rapidement. Malheureusement, le père du docteur Mohsen a été informé de l’escapade « sentimental » de son fils. Il lui envoie aussitôt un télégramme lui ordonnant de cesser toute relation avec cette infirmière et de revenir au plus vite en Egypte. Le père de Mohsen a bien des soucis. Non seulement sa santé se dégrade mais il croule sous les dettes. Pour retrouver une situation plus confortable, il a promis à un homme très riche de sa connaissance que son fils épouserait la fille de celui-ci. Mais Mona ne veut pas renoncer à Mohsen. Elle a une idée : elle entre au service du vieil homme malade comme infirmière particulière…

Notre avis : pour ce remake, on a ôté tout ce qu’il y avait d’enjoué et de licencieux dans l’œuvre originale afin d’en proposer une version plus convenable, plus conventionnelle et donc sans grand intérêt. Il est vrai que l’intrigue n’est ici qu’un écrin pour les chansons de Warda dont le talent de chanteuse surpasse de très loin celui d’actrice.

dimanche 11 novembre 2018

Les réalisateurs : Kamal El Sheikh (1919-2004)


كمال الشيخ

Kamal El Sheikh commence à travailler dans le cinéma en 1939 comme monteur pour les studios Misr. Il devient réalisateur dix ans plus tard. Il signe son premier film La Maison n°13 en 1952 avec dans le rôle principal Faten Hamama. D’emblée y éclatent son talent et sa rigueur mais c’est avec son troisième film, Vie ou Mort, sorti en 1954 qu’il s’affirme aux yeux de la critique et du public comme un cinéaste de premier plan. Il réalisera une trentaine de longs-métrages parmi lesquels on compte des adaptations d’œuvres littéraires (notamment deux de Naguib Mahfouz), des thrillers (dans les années cinquante et soixante) et des drames plus politiques (dans les années soixante-dix).


Seize films de Kamal El Sheikh ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog.


La Maison n°13 (Al-Manzel Raqam 13, 1952)
avec Faten Hamama (Nadia, la fiancée de Sharif Kamal), Imad Hamdy (Sharif Kamal), Lola Sedky (Sonia Chahine, la maîtresse du docteur Assim Ibrahim), Mahmoud El Meleigy (le docteur Assim Ibrahim), Tawfik Ismail (Saber Amin), Serag Mounir (l’enquêteur), Ferdoos Mohamed (la mère de Sharif Kamal), Wedad Hamdy (la femme de chambre de Nadia), Zaki Ibrahim (le père de Nadia), Fawzia Mostafa (l’infirmière), Alia Ali (la danseuse), Omar Al Gizawi (le serviteur de la victime)
Une histoire de Kamel Attya et de Kamal El Sheikh
Scénario et dialogues : Ali El Zorkani
Production : les Studios Misr
appréciation : 4/5


Thriller. Un homme arrive en voiture près d’une villa isolée. Il se gare devant le portail et sort de son véhicule. Il gravit les marches qui mène jusqu’à la porte d’entrée. Il sort une clé de sa poche et l’introduit dans la serrure. La porte s’ouvre, il entre. L’individu se retrouve face à un autre homme qui lit son journal. Il l’abat de plusieurs coups de revolver. On retrouve dans son lit le meurtrier qui vient de se réveiller. Il s’appelle Sharif Kamal et il vit avec sa mère dans un grand appartement. On comprend que la scène du meurtre était un rêve. Mais Sharif reste troublé par ce rêve étrange dont les moindres détails lui sont restés en mémoire. Son malaise s’accroît quand il s‘aperçoit qu’il est sérieusement blessé à la main.
Sharif rejoint sa fiancée, la jeune et jolie Nadia et ils se rendent ensemble chez un bijoutier pour acheter un collier. De retour chez la jeune fille, ils retrouvent son vieux père avec qui Sharif échange quelques paroles avant de retourner à son bureau. C’est lors de cette conversation que le futur marié découvre qu’il a dans la poche de sa veste une clé qui ne lui appartient pas. Un peu plus tard, dans un café, il aperçoit une femme dont le portrait ornait l’un des murs de la maison de son rêve. L’inconnue quitte l’établissement et Sharif décide de la suivre. A son grand étonnement, elle se rend dans le cabinet médical de son psychiatre, le docteur Assim Ibrahim. Ce médecin le soigne depuis un certain temps pour une maladie nerveuse et ils sont devenus amis. A l’intérieur du cabinet, Sharif est accueilli par son médecin mais plus trace de la jeune femme. Sharif explique la raison de sa présence puis le docteur Assim Ibrahim lui présente une autre jeune femme qui porte les vêtements de celle que Sharif poursuivait mais le visage n’a rien avoir avec celui du portrait entrevu dans son rêve. En fait, ce que ne sait pas le jeune ingénieur, c’est qu’il est totalement manipulé par son médecin. C’est ce dernier qui par hypnose lui a ordonné de s’introduire chez un homme pour le tuer. Pour quelle raison ? Le docteur Assim Ibrahim entretient une relation amoureuse avec Sonia, une danseuse qui vit en couple avec la victime, un homme très riche qui a souscrit une assurance vie au bénéfice de sa jeune maîtresse. Pour récupérer le magot, le docteur Assim Ibrahim et Sonia ont décidé de supprimer cet homme et c’est ainsi que le psychiatre a eu l’idée d’utiliser son patient.
De retour à son bureau, Sharif tombe sur une revue qui présente en couverture, le visage vu en rêve. Il sait désormais que cette femme existe vraiment et qu’elle est danseuse. Avec son médecin, Sharif se rend dans le cabaret où elle se produit. C’est ainsi qu’il fait sa connaissance tandis que le docteur et Sonia feignent de se rencontrer pour la première fois.
Le lendemain, Sharif et Nadia se marient mais la fête est à peine commencée que le nouveau marié est arrêté et conduit dans la maison où a eu lieu le crime. L’y attend l'enquêteur qui procède au premier interrogatoire et qui l’informe des charges qui pèse contre lui…


Notre avis : un thriller hitchcockien réalisé par un grand styliste, une oeuvre envoûtante servie par des acteurs exceptionnels. En s’inspirant du film noir américain, Kamal Et Sheikh rompt avec une certaine tradition du cinéma égyptien dont les genres de prédilection étaient jusque alors le mélodrame, la comédie et la comédie musicale. Dès ce premier film, le jeune cinéaste s’affirme comme un artiste singulier, prodigieusement doué, ce que ses œuvres suivantes confirmeront avec éclat.


Complot (Muamara, 1953)
avec Madiha Yousri, Zaki Ibrahim, Amina Nour Eddin, Samia Roshdi, Rushdy Abaza, Serag Mounir, Mohamed El Sabaa, Soad Ahmed, Adli Kasseb, Zeinab Sedky, Abdel Ghany Kamar, Abdel Rahim El Zarakany, Ali Abd El Al, Abbas Rahmy, Waguih Al Atrache, Yehia Chahine
Scénario : Ali El-Zorkani


Après la mort de son père, Amina, une jeune femme simple et honnête, doit trouver du travail. Elle est embauchée comme secrétaire par Mourad, un jeune chef d’entreprise. Ce dernier est tout de suite séduit par sa nouvelle employée au point qu’il envisage de l’épouser. Mais c’est sans compter Salwa la cousine de Mourad. Elle aussi aurait voulu devenir la femme du jeune chef d’entreprise pour profiter de sa fortune. Salwa parvient à mettre de son côté le père de Mourad qui exige le licenciement d’Amina. Mourad est obligé de s’exécuter mais sa passion pour la jeune femme est toujours aussi vive. Il décide de l’épouser. Le jour du mariage, son père exprime sa colère en présence d’Amina. Cette dernière est bouleversée par l’hostilité du vieil homme. Peu après, la santé d’Amina se détériore brutalement. Elle perd la vue. Pendant ce temps-là, Salwa et sa mère poursuivent leurs manœuvres contre la jeune mariée. Elles font croire qu’Amina trompe son mari grâce à la complicité d’un ami qui accepte d’endosser le rôle d’amant…


Vie ou Mort (Hayat Aw Mowt, 1954)
avec Imad Hamdi (Ahmed Ibrahim), Youssef Wahby (le chef de la police), Madiha Yousri (la femme d’Ahmed), Abdel Kader Al Maseri (le directeur de l’entreprise), Hussein Riad (le pharmacien), Rushdy Abaza (un policier), Doha Amir (Samira), Abdel Moneim Basioni (l’assistant du pharmacien), Tawfik Sadek (l’agent de police), Youssef Wahby (le gouverneur de la capitale), Rashwan Mustafa (un policier), Soad Fawzy (la femme infidèle), Abdel Moneim Ismaïl (le mari trompé), Adli Kasseb (un officier de police), Rafeaa El Shal (la belle-mère d’Ahmed), Abdel Badie El Arabi (le beau-père d’Ahmed), Hassan Abou Zeid (un ivrogne), Mohsen Hassanein (l’amant), Shaladimo (le voleur)
Scénario : Ali El Zorkani et Kamal El Sheikh
Production : Assia Dagher


Apparaît à la onzième place dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps. Présenté au festival de Cannes en 1955.

Ahmed est au chômage depuis deux mois. L’aïd approche et il a besoin d’argent pour faire plaisir à sa femme et à sa petite fille Samira. Il se rend dans son ancienne entreprise pour obtenir sa prime de départ mais le patron reporte une nouvelle fois son versement. Pour offrir à sa fille Samira une nouvelle robe, Ahmed est contraint de vendre sa montre. Quand il rentre chez lui, il ne cache pas son profond désarroi. Sa femme lui propose de passer l’aïd chez ses parents mais Ahmed ne veut pas en entendre parler. Il s’emporte et il devient même blessant à l’égard de sa femme. Celle-ci décide de quitter immédiatement le domicile conjugal pour retourner avec sa fille chez ses parents. Mais quelques instants plus tard, quelqu’un frappe à la porte de l’appartement. C’est Samira qui n’a pas voulu laisser seul son père. Ahmed ne cache pas son bonheur mais il est soudain terrassé par un malaise cardiaque. Il demande à sa fille de se rendre à la pharmacie la plus proche pour s’y procurer le médicament dont il a besoin. Malheureusement, l’officine est fermée et Samira doit se rendre en tramway dans un autre quartier de la capitale pour trouver une pharmacie ouverte. La petite fille est reçue par un vieux pharmacien qui lui prépare la potion dont a besoin son père. C’est quand elle est déjà repartie que l’homme s’aperçoit qu’il a commis une grave erreur dans le dosage, faisant du médicament un poison mortel. Il faut retrouver l’enfant et son père au plus vite…

Notre avis : le troisième film du jeune prodige du cinéma égyptien des années cinquante, et c’est à nouveau un coup de maître. Kamal El Sheikh a parfaitement assimilé les codes du film noir américain et il les adapte de manière très intelligente pour réaliser une œuvre d’une grande originalité solidement ancrée dans la société de son temps. Le cinéaste tourne le dos aux conventions du cinéma égyptien des années cinquante : pas d’intrigues secondaires, pas de longs dialogues explicatifs, pas d’explorations laborieuses de la psychologie des personnages, et pas de danse orientale. « Vie ou Mort » est un film bref, nerveux, où seuls comptent l’action et le mouvement. Kamal El Sheikh rompt même avec les règles du star-system qui impose une hiérarchie entre rôle principaux et rôles secondaires. Dans son film, tous les personnages, joués par les plus célèbres acteurs et actrices de l’époque, ont la même importance. On a l’impression d’assister à une course de relais : le père de famille malade qui passe le témoin à sa petite fille qui le passe au pharmacien qui à son tour le passe au gouverneur de la capitale etc. Mais en fait, l’héroïne du film, c’est la ville elle-même. Kamal El Sheikh arpente avec sa caméra les rues du Caire et nous offre l’un des plus émouvants portraits de la capitale égyptienne. Et ce qui intéresse le cinéaste, ce sont avant tout les habitants de cette prodigieuse cité, les passants qui arpentent en tous sens les trottoirs, ceux qui attendent leurs tramways ou qui rêvent devant les devantures des boutiques. Il ne cache pas non plus sa fascination pour la horde des berlines rutilantes qui envahit les belles avenues du Caire et qui semble entraîner la foule dans sa ronde infernale. Rien que pour cette dimension « documentaire », il faut absolument voir ce film.


Amour et Exécution (Hub wa idam, 1956)
avec Imad Hamdi (Magdi Shaker), Samira Ahmed (Amira), Mahmoud El Meleigy (Morsi, l’amant de la belle-mère d’Amira), Aida Helal (Souad, la belle-mère d’Amira), Wedad Hamdy (Jamila, la servante de la voisine), Adly Kasseb (le procureur général), Abbas Fares (le père d’Amira), Amina Rizk (la mère d’Amira), Aziza Helmy (l’infirmière), Fattoh Nashaty (le médecin), Amal Wahid (Zakia, la voisine)
Scénario et dialogues : Mohamed Kamel Hassan Mouhami 
Musique : Abdel Aziz Amer et Mohamed Kamel Hassan Mouhami


Thriller. Amira vit avec sa mère atteinte d’une maladie incurable. Son père les a quittées pour épouser Souad, une ancienne danseuse. Le vieil homme ne sait pas que cette femme ne l’aime pas mais qu’elle est uniquement intéressée par sa fortune. Elle a aussi un amant, Morsi, qu’elle fait passer pour son frère. L’état de santé de la mère d’Amira se dégrade et il faut absolument trouver de l’argent pour payer les soins supplémentaires. Amira décide de s’adresser à son père. Quand elle arrive chez lui, il est en compagnie de sa nouvelle épouse et du « frère » de celle-ci. Le ton monte très vite, le père refuse de donner quoi que ce soit. Furieuse, Amira quitte l’appartement en lançant des paroles menaçantes. Morsi comprend très vite le parti qu’il peut tirer de la situation : il va pouvoir se débarrasser définitivement du mari de sa maîtresse en faisant accuser la fille de celui-ci…


L’Etranger  (Al Gharib, 1956)
avec Magda (Yasmina), Yahia Chahine (Gharib), Mohsen Sarhan (Mahrez), Hazem Ezzat (Gharib enfant), Kamal El Shennawy (Anwar), Zahrat Al Oula (Layla), Hussein Riad (Kamal Al Haj), Serag Mounir (Al Sawalhi), Abdel-Wareth Asar (le serviteur), Ehsan Sherif (la gouvernante), Salah Nazmi (le médecin), Nabil Al Ashri (Mahrez, le fils de Kamal Al Haj enfant), Nawal Mustafa (Yasmina la fille de Kamal Al Haj enfant) 
Scénario : Hussein Helmy El Mohandes 
Adaptation du roman Les Hauts de Hurlevent d’Emily Bronte (1847) 
Musique : André Ryder 
Production : les films Yahia Chahine 


Kamal Al-Haj a recueilli un petit orphelin du nom de Gharib. Il l’installe dans son domaine, bien décidé à l’élever comme ses deux enfants, Mahrez et Yasmina. Très vite, Gharib sait se rendre utile et il s’occupe notamment des chevaux de la propriété. Kamal Al Haj manifeste confiance et affection à l’égard de son petit protégé, ce qui déplaît à son fils Mahrez. Ce dernier ne cesse de multiplier des marques d’hostilité à l’égard de Gharib à tel point que son père doit le punir. Mahrez ne supporte plus la situation : il demande à son père de partir en pension, loin du domaine familial. Les années passent. La complicité entre Gharib et Yasmina n’a cessé de croître. Ils font ensemble de longues promenades à cheval et la jeune fille veille sur l’éducation de son compagnon en lui faisant découvrir le monde de la poésie et de la littérature. Mahrez n’est toujours pas revenu au domaine. Il est parti à l’étranger pour terminer ses études supérieures. Malheureusement, la santé de Kamal Al Haj décline. Il meurt subitement. Mahrez reparaît. Il est accompagné d’un petit garçon : c’est son fils. La mère est morte. Dès qu’il revoit Gharib, il ne lui cache pas la haine qu’il éprouve toujours à son égard. Il refuse de lui serrer la main et quand vient l’heure du repas il exige qu’il aille manger avec les domestiques…


Le Pays des Rêves (‘ard al'ahlam, 1956)
avec Emad Hamdy (Ahmed), Madiha Yousri (Amina), Farid Shawqy (Omar), Serag Mounir (Abdel Sattar Bey, le père d’Amina), Tawfiq El Deken (l’associé d’Omar), Abdel Wareth Asar (Hadj Ali, le serviteur d’Abdel Sattar Bey), Wedad Hamdy (Afifa), Zaki Ibrahim (le père d’Ahmed), Fakher Fakher (le juge d’instruction), Fadia Ibrahim (la danseuse)
Scénario : Ali El Zorkani, Mahmoud Sobhy, Kamal El Sheikh
Production : El Sayed Sadek


Ahmed est ingénieur et il travaille à Assouan pour le grand propriétaire Abdel Sattar Bey. Celui-ci a une fille, Amina dont Ahmed est tombé amoureux. La jeune femme partage ses sentiments. Ils aimeraient se marier mais Abdel Sattar Bey refuse cette union car il souhaite qu’Amina épouse son cousin Omar. Alors, les deux jeunes gens décident de fuir Assouan pour vivre librement leur amour. Malheureusement, Omar a été informé de ce projet et il en a averti le père d’Amina qui parvient à rejoindre sa fille dans le train prêt à partir. Il la ramène de force à leur domicile et l’enferme dans sa chambre. Cet épisode a exténué le vieil homme et son cœur s’emballe. Omar comprend qu’il doit agir au plus vite : le mazloun qu’il avait convoqué vient d’arriver et il presse le père de signer le contrat de mariage. Tout se fait dans les règles, avec les témoins mais en l’absence d’Amina. Peu après, Abdel Sattar Bey s’éteint. Omar triomphe : il est le mari d’Amina et désormais, c’est lui le maître du domaine. Ahmed quitte Assouan et voyage un certain temps mais la mort de son père le contraint à revenir dans sa ville natale…


Terre de paix (Ard el salam, 1957)
avec Faten Hamama (Salma), Omar Sharif ( Ahmed), Abdel Salam Al Nabulsi (Hamdan), Tawfik El Deken (Khalid), Abdel Wares Asr ( Mazen), Fakher Fakher ( Abed), Ehsan Sherif (Rukaya)
Scénario : Helmy Halim et Ali El-Zorkani
Musique : Mohamed Al Mogi et Morsi Gamil Aziz


Drame. Ahmed est un jeune égyptien qui a rejoint les rangs de la résistance palestinienne pour lutter contre l’occupation sioniste. Lors d’une mission de sabotage sur un centre de ravitaillement en essence pour les avions de chasse israéliens, il est blessé à l’épaule. Il arrive tout de même à s’échapper et trouve refuge dans un village palestinien. Celui-ci abrite une petite communauté qui a fui les massacres perpétrés par les sionistes à Deir Yassin. Il est dirigé par le vieux Mazen. Ce dernier n’a pas été épargné par le malheur qui a frappé son peuple : sa femme et ses deux fils ont été tués sous ses yeux. Il ne lui reste que sa fille Salma. C’est elle qui prodigue les premiers soins à Ahmed tandis que les militaires israéliens investissent le village


Le Petit Ange (El Malak el Saghir, 1957)
avec Yahia Chahine (Mourad), Zubaida Tharwat (Doha), Hussein Riad (le grand-père de Doha), Karima (Hayam, la femme de Mourad), Youssef Wahby (Shaukat, le beau-père de Mourad), Mimi Shakib (Samia, la belle-mère de Mourad), Nazim Sharawy (le docteur Azim), Hussein Asar (le directeur de l’hôpital), Ferdoos Mohamed (Oum Saad)
Scénario : Hussein Helmy El Mohandes
Musique : Ibrahim Haggag


Doha vit avec son grand-père dans une grande villa entourée d’une jardin magnifique. La jeune fille répand autour d’elle affection et joie de vivre. Elle veut que tous ses proches soient heureux et vivent en bonne harmonie. Pourtant, elle souffre. Elle a perdu ses parents dans un accident de voiture et depuis il lui est impossible de quitter la propriété de son grand-père. Le monde extérieur l’effraie au plus haut point. Malheureusement, le vieil homme est contraint de vendre la villa à Mourad, un homme d’affaires. Il l’a caché à sa petite fille, craignant sa réaction. Le nouveau propriétaire est un homme bon et compréhensif : il sympathise immédiatement avec Doha…

Notre avis : Kamal El Sheikh est un très grand cinéaste, la toute jeune Thubaïda Tharwat a un charme indéniable mais ce film est une catastrophe. Trop de pathos avec des situations invraisemblables qui finissent par irriter le spectateur le plus bienveillant. Pour ne rien arranger, tous les personnages bêtifient à qui mieux mieux.


La Dame du Château (Sayyidat al-Qasr, 1958)
avec Faten Hamama (Sawsan), Omar Sharif (Adel), Ferdoos Mohamed (la tante de Sawsan), Stephan Rosty (Shafiq, l’intendant d’Adel), Zouzou Madi (Malik Hanem), Elham Zaki (Samar), Omar El Hariri (Docteur Mustafa, vétérinaire), Shafik Nour El Din (le Sheikh Abdoul Sattar), Eskandar Mansy (le directeur du domaine)
Scénario : Hussein Helmy Al Mohandes
Production : Hassan Ramzy et Les Films Misr International (Youssef Chahine)


Sawsan est une jeune orpheline qui travaille dans une entreprise d’import-export mais elle projette de faire des études de droit pour devenir avocate. Elle vit chez sa tante dans un modeste appartement. Un jour, de retour du bureau, elle casse une chaise du salon. Pour la remplacer, elle se rend à la salle des ventes où elle espère en trouver une à un prix raisonnable. Dans l’assistance, elle observe un jeune homme qui souhaite acheter un tableau en canevas représentant un paysage. Sawsan est tellement sidérée par la somme que l’inconnu a payée pour acquérir « l’œuvre d’art » qu’elle ne peut s’empêcher de faire un commentaire à haute voix. Le jeune homme l’ a entendue et lui demande de s’expliquer. Sawsan, nullement impressionnée, affirme que le tableau ne vaut pas le prix qu’il a atteint lors des enchères et qu’elle-même serait capable d’en réaliser un aussi bien pour un montant nettement moins élevé. Son interlocuteur lui donne dix jours pour réaliser un tableau en canevas qu’il s’engage à lui acheter. Au jour dit, Sawsan se présente chez l’inconnu avec son œuvre. Le jeune homme s’appelle Adel, il possède une immense fortune et habite dans un palace. C’est un Dom Juan qui aime s’amuser et multiplie les conquêtes féminines. Il est charmé par Sawsan et à sa seconde visite, il essaie de l’embrasser de force. La jeune orpheline s’enfuit, bien décidée à ne plus revoir son agresseur. Mais Adel est sincèrement tombé amoureux de Sawsan et il finit par la retrouver pour la demander en mariage. Les deux jeunes mariés passent leur voyage de noces à Alexandrie. A leur retour, Sawsan manifeste le désir de prendre en main la gestion de son foyer. Elle va vite déchanter : les « amis » de son mari ne tardent pas à reparaître et ils se comportent comme s’ils étaient chez eux…

Notre avis : dans les années cinquante, Omar Sharif et Faten Hamama sont devenus le couple mythique du cinéma égyptien. Ils se rencontrent en 1954 sur le tournage d’un film de Youssef Chahine, ils se marient et jouent ensemble dans de nombreux films. « La Dame du Château » est l’avant-dernier qu’ils tournent conjointement. Après une ultime collaboration artistique en 1960, Omar Sharif se consacrera à sa carrière internationale. Ce film reprend un thème fort prisé par le public populaire de l’époque : un jeune homme très riche s’éprend d’une jeune fille pauvre et pour la conquérir et la garder, il devra abandonner son existence dissolue et ses mauvaises fréquentations. Ce film ne fait pas partie des chefs d’œuvre de Kamal El Sheikh, l’un des plus grands réalisateurs du cinéma égyptien, même s’il a un charme indéniable du en grande partie à ses deux vedettes. Ce qui sauve aussi le film du cliché et du convenu, c’est le personnage incarné par Omar Sharif. Loin d’être un gentil prince charmant pour conte de fées moderne, il manifeste une personnalité complexe avec sa part d’ombre. C’est un être violent, impulsif, jouisseur, et au final assez inquiétant.


Pour Mon Amour (Min ajl hobi, 1959)
avec Farid Al Atrache (Wahid Hamdy), Magda (Wafaa), Layla Fawzy (Elham), Mahmoud El Meleigy (le gynécologue Saber Fahmy), Qadria Kamel (la nourrice), Mohamed Reda (un gynécologue), Ikram Ezzo (le fils adoptif de Magda)
Scénario : Salah Ezz El Din et Mohamed Othman
Musique : André Ryder
Chansons : Farid Al Atrache  
Production : les Films Farid Al Atrache


Wafaa est mariée à Wahid, un chanteur célèbre qui l’adore. Elle serait la plus heureuse des femmes si elle avait pu avoir un enfant. Malheureusement, elle n’est jamais tombée enceinte. Depuis quatre ans, elle est suivie par leur ami, le gynécologue Saber Fahmy, mais il semblerait que sa stérilité soit définitive. Pour combler le manque qu’elle ressent cruellement, elle a adopté un petit garçon. Wahid est conscient du mal être de sa femme et il s’en sent en partie responsable : sa carrière artistique ne lui permet pas de rester auprès d’elle autant qu’il le voudrait. Pour elle, il décide de prendre quelques jours de congé pour séjourner à Marsa Matruh, l’une des plus belles stations balnéaires d’Egypte. Ils sont accompagnés du docteur Saber Fahmy et d’Elham, leur ancienne voisine devenue une amie très proche. Le séjour est idyllique, le petit groupe s’entend à merveille et on passe de longues heures sur la plage. Un jour Wafaa fait la connaissance d’un petit garçon qui travaille à l’hôtel. Elle lui demande de la conduire au fameux « bain de Cléopâtre », un bassin naturel au milieu des rochers. Lors de la visite, une vague très puissante s’engouffre dans le bassin et entraîne le jeune garçon qui se noie. Wafaa échappe de peu à la noyade mais elle demeure profondément marquée par l’accident. Traumatisée, elle perd l’usage de ses jambes…

Notre avis : un drame inspiré qui mêle l’amour, la maternité et la mort. Toutes les scènes baignent dans une atmosphère crépusculaire à laquelle concourt la tonalité élégiaque des chansons composées et interprétées par Farid Al Atrache. Les rares instants de bonheur que vivent les personnages sont bien vite engloutis par le malheur qui ne leur laisse aucun répit. Le réalisateur a su éviter les grosses ficelles du mélodrame pour évoquer les épreuves de ses héros et son style d’une rare élégance rappelle celui du grand cinéaste américain Douglas Sirk. Magda et Layla Fawzy, les deux actrices qui entourent Farid Al Atrache font preuve d’un égal talent même si notre préférence va plutôt à la seconde. Celle-ci est sublime dans la très belle scène nocturne où pour la première fois son personnage se jette dans les bras du mari de sa meilleure amie.


Mon Seul Amour (Hubbi el Wahid, 1960)
avec Omar Sharif (Adel), Nadia Lutfi (Mona), Kamal Al Shennawi (Shukri), Shwikar (Aïda), Abdel Moneim Ibrahim (Raafat), Fakher Fakher (le procureur), Fatouh Nashati (le père de Shukri), Nazim Sharawi (le père de Mona) et Salwa Saïd (l’hôtesse)
Scénario : Ali El Zorkani et Sabri Ezzat
appréciation : 2/5


Mona a deux soupirants : Shukri, un ami de la famille qui la courtise depuis longtemps et Adel, un pilote d’avion. Son cœur penche très nettement pour ce dernier et malgré la sympathie que lui inspire Shukri, elle a toujours repoussé ses avances. De son côté, Adel doit calmer les ardeurs de Aida, une hôtesse de l’air qui lui voue une passion dévorante. Un jour, celle-ci s’introduit dans l’appartement du jeune homme tandis qu’il est dans la salle de bains. Il se prépare pour la réception que donne le père de Mona, réception durant laquelle seront annoncées officiellement leurs fiançailles. Le téléphone sonne. Aida décroche. C’est la future fiancée. L’hôtesse de l’air lui répond. Mona raccroche aussitôt.
Adel sort de la salle de bains et découvre Aida dans le salon. Ils ont une conversation très franche. Le pilote brise tous les espoirs de son amoureuse. Elle accepte tout de même de le conduire chez Mona. Sur la route, ils ont un terrible accident. L’un et l’autre sont transportés inconscients à l’hôpital. Pendant ce temps, Mona est mortifiée par l’absence d’Adel à leur réception et elle finit par accepter d’épouser Shukri. Quand quelques jours plus tard, Adel sort du coma, il téléphone aussitôt à Mona. Celle-ci ne lui laisse pas le temps de s’expliquer et lui annonce ses fiançailles avec son rival. 



Le Voleur et les Chiens (El less wal kilab, 1962)
avec Chukry Sarhan (Saïd Mohamed Mahran), Shadia (Noura), Kamal Al Shennawi (Rauf Alwan), Zein El Ashmawy (Alish Sidra, l’ancien complice de Saïd), Salwa Mahmoud (Naboui, la femme de Saïd), Adly Kasseb (Cheikh Alarah), Salah Gaheen (le marhand de vin), Ikram Izou (Sana, la fille de Saïd), Salah Mansour (le compagnon de cellule de Saïd), Samia Mohamed (la voisine de Noura), Fifi Youssef (une prostituée)
Scénario : Sabri Ezzat
D'après un roman de Naguib Mahfouz 
Musique : André Ryder
appréciation :5/5


Adapté de l'un des chefs d'oeuvre de Naguib Mahfouz. Une adaptation réalisée à peine un an après la parution du roman. 
Saïd est un voleur. Il est marié et a une petite fille. Il ne sait pas qu’Alish, son associé, entretient une liaison avec sa femme. Lors d’un cambriolage, Alish téléphone au commissariat pour dénoncer Saïd. Quand ce dernier sort de la maison, il est accueilli par la police. Les juges le condamnent à cinq années de prison. 
Saïd est libéré avant la fin de sa peine pour bonne conduite. Il retourne dans son quartier et se présente au domicile d’Alish et de son ex-femme. Il souhaite revoir sa fille mais celle-ci ne le reconnaît pas et prend peur quand il tente de l’embrasser. Bouleversé, Saïd renonce à faire valoir ses droits paternels. Désormais, il n’a plus qu’une idée en tête : se venger…


Notre avis : un chef d’œuvre. Un film hors norme, d’une beauté abyssale et d’une densité vertigineuse. Une histoire tragique contée avec une sobriété toute classique mais qui permet au réalisateur d’entrelacer considérations sociales, philosophiques et politiques sur la société égyptienne dix ans après la prise de pouvoir des officiers libres. Que dire de l’interprétation sinon que Chukry Sarhan et Shadia s’affirment ici comme les deux plus grands acteurs de leur génération. 


Miramar (1969)
avec Shadia (Zohra), Youssef Wahby (Taleb Marzouq), Youssef Shabaan (Sahran El Beheiry), Imad Hamdi (Amer Wagdy), Abdel Monem Ibrahim (Mahmoud Abou Abbas), Abu Bakr Ezzat (Hosny Allam), Abdul Rahman Ali (Mansour Bahi), Nadia El Gendy (Sofia), Nazim Sharawi (Général Ibrahim Bahi), Ismet Raafat (Mariana), Ahmed Tawfiq (Ali Bakir), Soheir Samy (Alia), Soheir Ramzy (Doria), Ibrahim Saafan (
Scénario : Mamdouh El Leithy
D’après le roman éponyme de Naguib Mahfouz publié en 1967
Musique : Michel Youssef
Production : Organisation générale égyptienne pour le cinéma


Zohra a fui son village car son grand-père voulait la marier à un vieil homme. Elle arrive à Alexandrie et trouve un emploi de femme de ménage à la pension Miramar dans le quartier Mahatet El Raml. Cet établissement est dirigé par Mariana. C’est feu le père de Zohra qui lui apportait des œufs et des poulets . Zohra fait la connaissance des clients de la pension mais aussi d’autres personnalités du quartier, comme Mahmoud Abou Abbas, le vendeur de journaux qui est tombé amoureux d’elle. 
Parmi les pensionnaires, il y a ceux qui résident à Miramar depuis déjà un certain temps et ceux qui font leur apparition dans la première partie du film. 
Les anciens sont Amer Wagdi, écrivain et journaliste proche du Wafd et Taleb Marzouk, un aristocrate, ancien ministre dont la révolution a confisqué toutes les propriétés. C’est un homme aigri qui n’a de cesse de harceler Zohra. 
Les nouveaux sont, par ordre d’apparition :Sarhan El Bahiry, Hosny Allam, Mansour Bahi 
Sarhan El Bahiry est un homme que la révolution a corrompu. Il travaille comme agent comptable dans une entreprise de textile et il fait partie de son conseil d’administration. Il est aussi membre du bureau politique de l’Union Socialiste (parti fondé en 1962 par Nasser). Il a une liaison avec une danseuse Sofia. Zohara l’intéresse beaucoup et il commence à tourner autour. Il la poursuit à tous les étages de la pension. La servante ne se montre pas insensible au charme du jeune homme. C’est le début d’une idylle.


Le Puits des Privations (Bir Al Hirman, 1969)
avec Soad Hosny (Nahed/Mervat), Nour Al Sherif (Rouf Kamal, le fiancé de Nahed), Salah Nazmi (l’avocat Mohamed Fakhr Eddine, le père de Nahed), Mariam Fakhr Eddine (Mervat, la mère de Nahed), Hamdy Youssef (le docteur Fouad), Mahmoud El Meleigy (le psychiatre Talaat Farid), Mohie Ismail (l’artiste peintre), Hamza El Shimy (Suleiman, le chauffeur), Aqila Rafaat (Nahed enfant), Abdul Rahman Abu Zahra (Taha)
Scénario : Youssef Francis, Ehsan Abd El Kodos, Naguib Mahfouz
Production : Ramses Naguib
Ce film sur le dédoublement de la personnalité semble inspiré des Trois Visages d'Ève (The Three Faces of Eve), un film américain réalisé par Nunnally Johnson en 1957.
appréciation : 3/5


Quand le film débute, nous sommes dans une boite de nuit. Seule sur la piste, une jeune femme portant une robe provoquante danse de manière frénétique. Les regards de tous les hommes présents sont braqués sur elle. A la fin du morceau, la danseuse s’installe au bar et elle est immédiatement abordée par un client. Elle accepte de l’accompagner chez lui et ils passent la nuit ensemble. Le lendemain, on retrouve la jeune femme chez elle, vêtue de manière beaucoup plus sage. Elle appartient à une famille très aisée, son père est un célèbre avocat. On comprend qu’elle souffre de schizophrénie. Le jour, elle est Nahed, une jeune fille très convenable fiancée à un champion d’escrime. La nuit, elle devient Mervat, une débauchée qui multiplie les aventures sexuelles. Et quand au matin, Nahed se réveille, elle n’a plus aucun souvenir de sa nuit passée. Elle a juste un mal de tête dont elle ne connaît pas la cause et qui l’inquiète. Nahed est aimée de ses deux parents mais elle se désole de leur mésentente. Son père surtout ne cache pas l’hostilité que lui inspire son épouse. Cette dernière, qui s’appelle Mervat comme le double de Nahed, passe ses journées, seule et triste, dans le salon de leur grande maison. Un jour, Nahed décide de consulter à propos de ses maux de tête.



Sur qui tire-t-on ? (Ala man Nutliq Al-Rasas, 1975)
avec Soad Hosny, Gamil Rateb, Mahmoud Yassine, Ezzat El Alayly, Magdi Wahba, Ahmad Tawfiq, Nabil El Dessouky, Ali Al Sharif, Adli Kasab, Wedad Hamdy, Hassan Abdin, Mahmoud El Zohairy, Kadreya Kadry
Scénario : Rafaat El Mehi 
Musique : Fouad El Zahry


Mostafa tire sur Rushdy, le dirigeant d'une entreprise de construction. Après son forfait, il prend la fuite. En traversant une rue, il est renversé par une voiture. C’est la même ambulance qui transporte à l’hôpital Mostafa et Rushdy. Adel, chargé de l'enquête, interroge Tahani, la femme de l’entrepreneur Au fil de ses investigations il découvre que Rushdy avait accusé Sami, l’un de ses ingénieurs d’être à l’origine de l’effondrement d’un immeuble et l’avait fait condamner à une peine de prison. Fait troublant : Sami est l’ancien fiancé de la femme de Rushdy. Adel veut alors comprendre ce qui unit Mostafa et l’ingénieur.


Monter vers l’abîme (Al-Soa'd Ela Al-Hawya, 1978)
avec Mahmoud Yassin, Madiha Kamel, Gamil Rateb, Ibrahim Khan, Eman, Imad Hamdi, Nabil Nour Eddin, Salah Rashwan, Taysir Fahmi, Nabil El Dessouky, Nawal Fahmy, Mohamed Sultan, Ismaïl Abdel Meged, Jack Meer, Eve Bino, Claude Cernay, Narges Attiya, Abdul Latif bin Jeddo, Abdul Moneim Al Nimr, Hattab Al Dhib
Scénario : Saleh Morsi et Maher Abdel-Hamid 
Musique : Tarek Sharara
Appréciation : 3/5


Nous sommes en 1969, deux ans après la défaite de la guerre des six jours. Abla Kamel est une jeune femme qui souffre de la mésentente de ses parents. Son père est un enseignant, au caractère faible. Il laisse son épouse dépenser toutes leurs économies dans d’interminables jeux de cartes. Abla croit avoir trouvé le bonheur en la personne de Ramzi, un jeune homme riche. Elle l’aimait et elle croyait être aimée. Il lui avait promis le mariage et elle s’est abandonnée à lui. Las ! Il la quitte peu après. Elle est désespérée. Pourtant un autre homme l’aime sincèrement. C’est, Sabri Abdel Moneim, un ingénieur des forces armées mais elle ne ressent rien pour lui sinon de l’amitié. Abla ne supporte plus l’Egypte et elle part en France pour étudier la littérature à la Sorbonne. Elle a trouvé une chambre dans un hôtel bon marché. Sa nouvelle vie la ravit. Elle fait la connaissance de Madeleine qui elle aussi est étudiante. Elle appartient à un milieu privilégié et mène une existence agréable dans la capitale française. Les deux jeunes femmes sortent régulièrement ensemble. Madeleine est homosexuelle et elle ne cache pas son attirance pour Abla. Cette dernière finit par lui céder. En fait, Madeleine est en relation avec les services secrets israéliens. Elle contacte Edmond, un agent du Mossad et lui propose de recruter Abla en précisant que la jeune égyptienne est follement aimée d’un ingénieur travaillant pour l’armée. Ce détail ne manque pas d’intéresser Edmond. Il parvient à faire connaissance avec Abla et très vite à gagner sa confiance...