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vendredi 31 juillet 2026

Les Secrets des Gens (Asrar el naas,1951)

أسرار الناس
ﺇﺧﺮاﺝ: حسن الإمام





















Hassan Al Imam a réalisé Les Secrets des Gens en 1951.
Distribution : Faten Hamama (Nemat Arafa Hassanein), Hussein Riad (Arafa Hassanein), Mohsen Sarhan (Ahmed), Farid Shawky (Mansour), Shukry Sarhan (Samir Arafa Hassanein), Zouzou Nabil (Latifa, la femme d'Arafa Hassanein), Ferdoos Mohamed (Nargis, la mère d’Arafa Hassanein), Samiha Tawfiq (la danseuse Samira), Sherifa Maher (Houria Arafa Hassanein), Thuraya Fakhry (la femme du forgeron qui a élevé Nemat), Fakher Fakher (Salama), Abdel Aziz Ahmed (le forgeron qui a recueilli Nemat), Nadia El Shennawy (Nemat petite fille), Zaki Ibrahim (le père d'Ahmed), Ragaa Youssef (danseuse), Faida Kamel (chanteuse), Fatima Ali (chanteuse), Abdel Ghany El Sayed (chanteur)
Scénario : Mohamed Mostafa Sami, Hassan El Emam
Musique et chansons : Ibrahim Haggag, Abdel Halim Noweira, Youssef Saleh, Ahmed Sabra, Ali Farrag, Mahmoud El Sherif, Fathy Koura
Production : Mary Queeny, Les Films Regence




Thuraya Fakhry et Zaki Ibrahim







Farid Shawky et Fakher Fakher







Nadia El Shennawy 








Mohsen Sahran et Faten Hamama







Thuraya Fakhry et Abdel Aziz Ahmed






Hussein Riad







Ferdoos Mohamed et Farid Shawkri







Zouzou Nabil et Farid Shawki







Shukry Sarhan et Samiha Tawfiq







Sherifa Maher

















Résumé

Haj Arafa Hassanein a tout pour être heureux. À la tête d’une grande boulangerie, respecté par ses employés pour sa générosité, il mène une vie paisible auprès de sa mère Narges, de sa femme Latifa et de leurs trois enfants, Houria, Samir et la petite Nemat. Amoureux fou de Latifa malgré les années de mariage, Arafa ne se doute pas que son bonheur va basculer.

Un jour, la police lui demande d’héberger Mansour, un cousin éloigné récemment libéré de prison. Arafa accepte par gratitude envers le père de celui-ci, qui l’avait aidé autrefois. Mais dès son arrivée, Mansour s’intéresse de très près à Latifa — un intérêt qui s’intensifie lorsque celle‑ci reçoit une importante somme d’argent après un long procès.

Mansour entreprend de conquérir Latifa qui ne se montre pas insensible à son charme. Grace à sa fortune nouvellement acquise, la mère de famille peut enfin mener la vie dont elle rêvait. Elle s’achète des vêtements de luxe et sort dans des cabarets toujours accompagnée de Mansour. Elle rentre chez elle souvent ivre morte. Arafa est consterné par l’évolution de sa femme. Il la somme de renoncer à toutes ses frasques. Désormais, Mansour n’a qu’une idée en tête : se débarrasser du mari devenu bien encombrant. Il cache de la drogue dans les locaux de l’entreprise d’Arafa puis le dénonce à la police. Celui-ci écope d’une année d’emprisonnement. C’est toute son existence d’honnête citoyen qui s’écroule. Il implore Mansour de veiller pour lui sur sa femme et ses enfants. Le fourbe le lui promet alors qu’il va aussitôt s’enfuir avec Latifa, laissant les enfants à la garde de la grand-mère.

Celle-ci fait tout son possible pour s’occuper au mieux de ses trois petits enfants qui viennent de perdre leurs deux parents. Malheureusement, un jour, Nemat la plus jeune se perd dans la rue et ne parvient pas à retrouver le chemin de la maison. Elle est recueillie par un forgeron et sa femme mais elle est incapable de donner des informations sur sa famille. Seule témoignage de sa vie passée : la chainette en or qu’elle porte autour du cou comme son frère et sa soeur.

À sa sortie de prison, Arafa découvre avec effarement l’étendue du désastre : la fuite de sa femme, la disparition de la plus jeune de ses enfants. Il divorce aussitôt. Depuis l’incarcération de son mari, Latifa menait grand train avec son amant. Avec Salama, un ami de Mansour, ils ont ouvert une salle de jeux où tout est fait pour satisfaire les clients : alcools, jolies entraîneuses etc. Mais apprenant la disparition de Nemat, elle éprouve un fort sentiment de culpabilité et prend conscience du malheur que sa conduite a provoquée.

Les années passent…Arafa a repris son affaire et grâce à son travail a considérablement augmenté sa fortune. La famille n’a plus jamais eu de nouvelles de Nemat. Samir, le fils aîné, est devenu officier de police tandis que Houria la sœur cadette est désormais une ravissante jeune femme qui entretient une relation sentimentale avec Salama, ignorant les liens de celui-ci avec sa mère et son amant.

De son côté, Nemat vit heureuse entre ses parents adoptifs. Elle est amoureuse d’Ahmed, un jeune étudiant très sérieux qui travaille comme chauffeur dans la société d’Arafa pour financer ses études.

Malheureusement, le père adoptif de Nemat a un grave accident. Il perd la vue puis meurt peu après. Désormais, elle doit travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère adoptive.

Autre drame : Nemat et Ahmed veulent se marier. On organise une rencontre entre la mère adoptive de l’une et le père de l’autre. Quand ce dernier apprend que Nemat est de parents inconnus, il refuse le mariage avec véhémence.

Nemat trouve un emploi dans un atelier de couture qui a pour cliente sa véritable mère Latifa. Alors que cette dernière se trouve dans l’atelier, Nemat doit repasser la robe que celle-ci a commandée. Par distraction, elle laisse le fer au contact du vêtement et le tissu est brûlé de manière irrémédiable. Nemat est aussitôt licenciée.

Dans la rue, perdue dans ses pensées, Nemat ne voit pas le véhicule qui fonce vers elle. Le conducteur parvient à freiner à temps et à amortir la collision. La jeune femme perd connaissance mais n’est que légèrement blessée. Le conducteur et ses passagers l’installent dans le véhicule et repartent. Quand Nemat se réveille, elle se trouve dans le grand lit d'une chambre luxueusement meublée. A son chevet, elle découvre Latifa. La voiture qui l’avait renversée était la sienne et c’est son ami Salama qui conduisait. Latifa ne reconnaît pas sa fille dans cette jeune femme mais elle la soigne avec un grand dévouement. De leur côté, Salama et Ahmed imaginent comment profiter de la jeune femme : elle est jolie et elle ferait une excellente entraîneuse pour leur établissement.

Mais une danseuse qui elle-même a été exploitée par les deux hommes va s’opposer à leur sinistre dessein. Elle les dénonce à la police. Peu après, une brigade dirigée par Samir fait irruption dans la salle de jeux alors que Salama avait réussi à s’isoler avec Nemat et tentait d’abuser d’elle. Tout le monde s’enfuit. Latifa retrouve Nemat et découvre le collier qu’elle porte, la chainette d’or qui ne l’avait pas quittée depuis son enfance. Latifa comprend qu’elle est en présence de sa fille. Elle la presse de disparaître au plus vite. Dans sa fuite, Nemat fait tomber son collier.

C’est Samir qui le ramasse. Il le rapporte chez son père pensant que c’était le collier de sa sœur Houria qui aurait rejoint Salama malgré son interdiction. Mais celle-ci a bien son collier donc celui qu’il a récupéré appartient à Nemat. Samir et Arafa partent aussitôt à sa recherche. Ils retrouvent Latifa qui a été hospitalisée puis Nemat.

Bien que très affaiblie, Latifa se rend chez elle où elle retrouve Ahmed. Elle lui jette à la figure toute une bouteille de vitriol tandis que l’homme riposte en lui tirant dessus. Scène finale : Latifa assiste au mariage de Nemat et d’Ahmed et meurt lors de la cérémonie.


jeudi 15 janvier 2026

Falih et Mahtas (Falih we Mihtas, 1954)

فالح ومحتاس
إخراج : إسماعيل حسن


Ismaïl Hassan a réalisé Falih et Mahtas en 1954.
Distribution : El Sayed Bedeir (Mahtas), Omar El Gizawy (Falih), Sherifa Mahear (la chanteuse Karawan), Samiha Tawfiq (la danseuse Astak), Mohsen Hassanein (Tawfiq), Mahmoud Shoukoko (le gérant du cabaret), Abdel Moneim Basiony (Ahmed Suleiman, le nouveau propriétaire du cabaret), Abdel Nabi Mohamed (Amin Effendi, l’assistant d’Ahmed Suleiman), Wedad Hamdy (la femme de ménage), Abdul Moneim Abdul Rahman (le conducteur de train), George Yordanis (le barman), Salama Elias (un serveur), Zaki Mohamed Hassan (un serveur), Zinat Sedki (Oum Mahtas, la mère de Mahtas et la tante de Falih), Mounir El Fangary (employé à la billetterie)
Scénario : Gamal Hamdy
Musique : Extraits de Pierre et le loup de Prokofiev
Producteur : Emile Barak

Omar El Gizawy, Zeinat Sedki, El Sayed Bedeir



Sherifa Mahear



Wedad Hamdy



Samiha Tawfiq, Omar El Gizawi



Abdel Nabi Mohamed



Mahmoud Shoukoko, Abdel Nabi Mohamed
















Résumé

Falih et Mahtas, deux cousins issus du même village, décident de fuir l’autorité écrasante de la mère de Mahtas, bien déterminée à les marier chacun à la sœur jumelle de l’autre. Après avoir vendu leurs terres, ils prennent le train pour Le Caire. En route, ils rencontrent Astik, une danseuse, et Karawan, une chanteuse, deux jeunes femmes ambitieuses prêtes à tout pour se faire une place dans la capitale.

En découvrant que les deux villageois transportent une importante somme d’argent, Astik et Karawan redoublent d’amabilité. Rapidement, elles comprennent tout ce qu’elles peuvent tirer de ces deux naïfs. Les quatre compagnons s’installent dans la même pension, et les deux artistes parviennent à convaincre Falih et Mahtas d’acheter un cabaret prétendument en vente, « Fleurs Ouvertes ».

Un escroc leur vend alors l’établissement à l’aide de faux actes de propriété. Par un concours de circonstances, le véritable propriétaire informe son gérant qu’il a vendu le cabaret et que le nouvel acquéreur doit arriver sous peu. Lorsque Falih et Mahtas se présentent, le gérant, persuadé qu’ils sont les acheteurs légitimes, leur remet les clés.

Grâce au talent d’Astik et de Karawan, le cabaret devient rapidement un lieu très en vue. La presse s’y intéresse, et c’est en lisant un article que la mère de Mahtas découvre où se trouvent son fils et son neveu. Elle décide aussitôt de se rendre au Caire, accompagnée des deux futures épouses.

Pour éviter la catastrophe, Astik élabore un stratagème : elle fait croire au gérant et à son associé que les deux jeunes femmes — certes peu séduisantes — sont en réalité de riches héritières. Cupides et malhonnêtes, les deux hommes se laissent immédiatement séduire par la perspective d’un mariage lucratif. Ils demandent la main des cousines, et la mère de Mahtas accepte.

Mais, juste avant de s’engager devant le mazloun, les deux prétendants apprennent que les jeunes femmes n’hériteront jamais de rien. Au même moment, le véritable propriétaire du cabaret réapparaît : hospitalisé après un accident, il n’avait pas pu se manifester plus tôt. Quand Falih et Mahtas lui expliquent qu’ils sont eux aussi propriétaires du lieu, le nouveau venu appelle aussitôt la police. Pendant ce temps-là , la mère de Mahtas attend toujours la signature de l’acte de mariage. Acculés, le gérant et son associé préfèrent avouer leurs détournements de fonds et risquer la prison plutôt que d’épouser les deux cousines.

Finalement, Falih et Mahtas se résignent à épouser leurs promises et retournent au village.



Critique

En janvier 1954, quelques mois avant la sortie de « Fatih et Mahtas », sortait sur les écrans « Monsieur Bahbouh », une comédie bâtie sur un thème similaire : deux paysans mal dégrossis se rendent dans la capitale et découvrent l’univers chatoyant des cabarets avec leurs danseuses et leurs chanteuses si séduisantes. Ce film sympathique réalisé par Youssef Maalouf — un professionnel solide sans être un grand artiste — était porté par un  duo comique aguerri, Ismaïl Yassin et Reyad El Kasabgy. Disons-le d’emblée « Fatih et Mahtas » ne joue pas du tout dans la même catégorie.

On peut même parler de ratage complet. Le scénario, inutilement alambiqué, accumule les péripéties confuses et aligne des gags parmi les plus faibles de la comédie égyptienne. Toute l’intrigue repose sur une idée « rigolote » qui donne le ton de l’ensemble : les deux héros fuient leur village car on veut marier chacun d’eux à la sœur jumelle de l’autre ! Le dénouement, quant à lui, révèle surtout un manque total d’imagination — ou peut-être une certaine paresse. Le scénario est signé Gamal Hamdy qui est aussi l’assistant réalisateur du film. Le pauvre garçon n’aura pas le temps de progresser : il participe à l’écriture de huit films avant de mourir à quarante ans.

La réalisation, confiée à Ismaïl Hassan, n’arrange rien. Aucun sens du rythme, aucune maîtrise de l’image, une direction d’acteurs catastrophique : tout concourt à l’échec. Les producteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Après ce film, Hassan n’en réalisera qu’un autre avant de redevenir assistant réalisateur. Il ne retrouvera une place derrière la caméra qu’en 1986, soit trente ans plus tard.

Le duo formé par El Sayed Bedeir et Omar El Gizawi constitue sans doute l’aspect le plus gênant du film. Nous avons toujours trouvé horripilant le second qui adopte en permanence l’attitude de l’évadé de l’asile avec yeux ronds et rictus inquiétant. En revanche, on aime bien El Sayed Bedeir, un artiste aux multiples talents, acteur, scénariste, metteur en scène. Ce film ne lui rend pas justice et son jeu de benêt narquois est tout aussi pénible que celui de son partenaire.

La dernière partie du film nous offre un véritable feu d’artifice ! les deux paysans sont poursuivis par leurs sœurs jumelles en robe de mariée. Evidemment les quatre personnages sont joués par El Sayed Bedeir et Omar Gizawi. On sait combien le travestissement et le double sont des motifs chers à la comédie égyptienne des années cinquante. De grands réalisateurs en ont usé avec bonheur mais comme on peut le voir ici, entre des mains plus maladroites, le résultat est navrant.

Appréciation : 1/5
*

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

samedi 6 septembre 2025

Danse : Kitty Fotsaty (Voutsaki), 1953 (2)

كيتى فوتساتى






Kitty joue et danse dans Fils d’Aristocrates, une comédie réalisée par Hassan El Seifi en 1953. Dans son précédent film, Vous êtes témoins, sorti la même année, Hassan El Seifi avait très mal exploité le talent de la danseuse d’origine grecque. Cette fois-ci, il lui a confié un véritable rôle et ses chorégraphies sont beaucoup plus élaborées (Elles rappellent en plus modeste celles des comédies musicales de Naima Akef.). Dans la première partie, le réalisateur lui dédie une très longue séquence où Kitty peut déployer toutes les facettes de son art, avec la vitalité et l’allégresse qui la caractérisent.

Kitty n'apparaitra que dans trois films d'Hassan El Seifi. Le plus réussi est sans nul doute le dernier réalisé en 1954, Le Fantôme d'Ismaïl Yassin.


jeudi 31 juillet 2025

Danse : Thuriya Salem, 1954

ثريا سالم





Thuriya Salem (née en 1928) danse dans le film Les Jours Passent réalisé par Ahmed Diaa Eddine en 1954.  Malgré sa beauté et son talent, la carrière de Thuriya sera très brève : entre 1950 et 1956, elle participe à une vingtaine de tournages puis disparaît des plateaux de cinéma. Farid Al Atrache qui l'appréciait beaucoup dit-on la fera danser dans deux de ses films.  


dimanche 29 juin 2025

Danse : Hagar Hamdy, 1951

هاجر حمدي






Hagar Hamdy (1924-2008) joue et danse dans la comédie musicale Maître Boulboul réalisé en 1951 par Hassan Ramzy. Elle donne la réplique à son mari Kamal Al Shennawi qui est aussi le producteur du film. 
Fathia Ahmed El-Sayed Al -Najjar (son vrai nom) est née à Tanta au sein d'une famille pauvre. Très jeune elle manifeste un goût prononcé pour la danse. Alors qu'elle est encore une enfant, sa mère se remarie. Les relations d'Hagar avec son beau-père deviennent au fil des ans  exécrables si bien qu'elle décide de quitter le foyer familial et se rend au Caire. Elle va d'abord tenter d'intégrer la troupe de Badia Masabni mais elle ne va pas du tout s'entendre avec la célèbre chorégraphe : l'expérience tourne court ! Elle se retrouve sans perspectives mais heureusement, elle fait peu de temps après une rencontre décisive, celle de Youssef Wahby, le grand acteur et metteur en scène. C'est grâce à lui qu'elle va faire ses premiers pas au cinéma au début des années quarante comme elle lui doit aussi son pseudonyme.
Sa carrière sera brève, une quinzaine d'années. Elle prend sa retraite à la fin des années cinquante pour se lancer avec succès dans le commerce et la mode. 
Elle est aussi restée célèbre pour son immense culture : elle parlait plusieurs langues et sa maison abritait une vaste bibliothèque qui impressionnait ses visisteurs. On l'appelait "la danseuse éduquée".
Elle se mariera cinq fois. Son premier mari fut le réalisateur Fateen Abdel Wahab, le deuxième, l'acteur Kamal El Shennawi avec qui elle a eu un fils.

jeudi 15 mai 2025

Danse : Zouzou Mohamed, 1952

زوزو محمد






Zouzou Mohamed (1924-1960) joue et danse dans le film La Maison des Escrocs réalisé par Hassan Helmy en 1952. 
Comme la plupart des danseuses de sa génération, elle a été découverte par Badia Masabni qui va l'engager dans sa troupe. Zouzou Mohamed commence sa carrière cinématographique en 1944 dans une comédie de Togo Mizrahi. Cette carrière sera brève puisqu'elle meurt à l'âge de trente-cinq ans après avoir tourné dans une vingtaine de films. 
En 1954, elle avait épousé un assistant réalisateur du nom de Mohamed El Gedawi mais celui-ci se révéla d'une jalousie féroce. La vie conjugale devint un enfer et en 1958, Zouzou Mohamed obtint le divorce. Malheuresement, son ex-mari n'eut de cesse de se venger et, deux ans après leur séparation, il  lui tire dessus alors qu'elle se produit dans un cabaret en Jordanie. Il sera à son tour abattu par la police à son retour en Egypte.

mardi 29 avril 2025

Les réalisateurs : Hassan Helmy (1914-1966)

 حسن حلمي

Hassan Helmy est un acteur, scénariste et réalisateur égyptien né le 15 juillet 1914.

Il étudie le théâtre à Londres pendant plusieurs années puis rentre en Egypte en 1940. Il commence sa carrière cinématographique comme acteur et comme assistant réalisateur.

Hassan Helmy tourne son premier film en 1946, La Femme du Pacha (Haram Al Pacha) avec Ismaël Yassin et Amina Sherif.

Il réalisera en tout 14 fims et mettra fin à sa carrière égyptienne en 1952, année de la chute du roi Farouk et de l’arrivée au pouvoir des officiers libres.

Il semblerait qu’il se soit ensuite installé aux Etats-Unis et qu’il ait travaillé comme assistant de production à Hollywood.

Il meurt à Paris en 1966.

Sa filmographie ne comporte rien de notable et certains de ses films ont même disparu.


Un seul film d'Hassan Helmy a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


La Maison des Escrocs (beit el nattash, 1952)
avec Shadia (Malabesa), Ismail Yassin (Sukar, le cousin de Malabesa), Mohammad Kamal El Masry (Ghandour), Zinat Sedki (Madame Nafusa, la mère de Malabesa), Abd El Fatah El Kosary (Monsieur Saadoun), Zouzou Mohamed (la danseuse Souad), Abdel Salam Al Nabulsi (Mahboub Ghandour), Elias Moadab (Limoun), Othman Abaza (Khalil), Abbas Al Balidi (le chanteur), Mohsen Hassanein (Nadal)
Scénario : Nagdy Hafez, Ali Kamel Fahmy, Mohamed Metwally
Musique : Izzat El Gahely, Mohamed Elshref, Abbas Al Blaidi, Ahmed Sabra
Paroles des chansons : Fathy Koura


Ghandour est un escroc qui a tenté de duper Madame Nafusa dans l’achat d’une maison. Avant qu’elle ne s’aperçoive qu’elle a signé un faux contrat, il lui propose le mariage. Mais Madame Nafusa refuse d’envisager une nouvelle union tant que sa fille Malabesa est célibataire. Qu’à cela ne tienne, Ghandour a un fils, Mahboub, qui fera un excellent époux pour la jeune femme. Ce Mahboub est le portrait craché de son père, menteur et malhonnête comme lui. C’est alors que reparaît Sukar, le cousin de Malabesa. Le jeune homme vivait au Soudan où il a fait fortune comme commerçant. Très vite, les deux cousins vont se plaire mais Ghandour ne s’avoue pas vaincu : son fils épousera Malabesa…

Notre avis : l’avant dernier film d’Hassan Helmy dont la carrière cinématographique s’étendra sur à peine dix ans. Le film réunit des grands noms de la comédie de l’époque comme Ismaïl Yassin, Abdel Salam El Nabolsi ou bien Zinat Sedky. Shadia y tient le rôle principal féminin. Elle n’a que vingt et un ans et c’est déjà une star que tous les producteurs et cinéastes s’arrachent. En 1952, année de la sortie de « La Maison des Escrocs », elle est à l’affiche de douze autres films ! Malgré sa distribution « haut de gamme » , cette comédie ne décolle jamais. La mise ne scène est balourde, aucun sens de l’action, aucune invention, aucun gag. C’est étrange de vouloir réaliser une comédie quand on est manifestement si peu doué pour le comique. Les premières scènes sont particulièrement laborieuses. On va d’entretien en entretien entre personnages qui, assis autour d’une table, enchaînent les répliques avec la régularité et l’expressivité d’un métronome. Sans doute est-ce dû à une situation de départ inutilement complexe que le réalisateur a toutes les peines du monde à rendre intelligible. Bref, on s’ennuie et les acteurs aussi.

vendredi 4 octobre 2024

Les réalisateurs : Hassan Ramzy (1912-1977)

حسن رمزي

Hassan Ramzy mena en parallèle une carrière de haut fonctionnaire et une carrière dans l'industrie cinématographique. Ce n'est qu'à l'âge de quarante-six ans qu'il décide de se consacrer exclusivement au septième art. Il fut à la fois réalisateur, scénariste, producteur, acteur, et il occupa jusqu'à sa mort le poste de président de la chambre égyptienne de l'industrie cinématographique. Il a réalisé quinze films. 


Cinq films d'Hassan Ramzy ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Maître Boulboul (Almelm boulboul, 1951)
avec Kamal El Shennawy (Wahid), Mahmoud Shoukoko (Donia), Mimi Aziz (Madame Flora, la propriétaire de la pension), Ismail Yassine (Gamil Abou Al Dahab), Hagar Hamdy (la danseuse Soheir/Bulbul), Soad Mekawi (Hahlouba, la sœur de Bulbul), Mohamed Kamel (Othman), Reyad El Kasabgy (Zalat, le propriétaire du café Al Yasmin), Mohamed El Deeb (Medhat, l’amant de Soheir), Lotfi El Hakim (Suleiman Bey, le mari de Soheir), Mohsen Hassanein (Hamido, l’un des hommes de Zalat)
Scénario : Al Sayed Ziada et Hassan Ramzy
Musique et chansons : Fathy Koura, Abdelaziz Mahmoud, Izzat El Gahely, Mohamed El Bakkar, Hassan Abou Zayed
Production : Kamal Al Shennawi


Comédie musicale. Wahid est un jeune réalisateur qui n’a pas un sou. Avec son ami Donia, il se rend chez le riche Gamil Abu Al Dahab qui accepte de financer un film dans lequel jouerait sa maîtresse, la très belle danseuse Soheir. Cette dernière est pour l’instant en tournée en Haute-Egypte mais dès son retour, Wahid pourra commencer le tournage. Hélas, peu après, on apprend que Soheir ne reviendra pas : elle s’est mariée avec un vieil homme très riche et elle a abandonné la danse. On découvrira plus tard qu’elle est la maîtresse du neveu de son mari et qu’elle s’est entendue avec lui pour accaparer la fortune du vieillard. Trahi, Gamil sombre dans le désespoir tandis que Wahid et son ami Donia voient leurs espérances s’envoler. Accablés, les deux amis errent par les rues de la ville quand par le plus grand des hasards, ils font la connaissance d’une jeune femme qui est le sosie de Soheir. Elle a repris avec sa sœur la direction du café de son père et elle se travestit en homme pour se faire respecter des clients et des concurrents…

Notre avis : à la fin des années quarante et au tout début des années cinquante, le cinéma égyptien offrit au public les plus belles comédies musicales de toute son histoire. Ce fut une période faste qui vit les artistes les plus talentueux travailler ensemble pour produire des chefs d’œuvre comme « Afrita Hanem » d’Henry Barakat (1949) ou bien « Soir de Fête » d’Helmy Rafla (1949) ou encore « Le Tigre » d’Hussein Fawzy (1952). « Maître Boulboul » n’a certes pas les qualités de ces productions mais c’est un divertissement de bonne tenue qui vaut essentiellement pour ses chansons le plus souvent burlesques. Les numéros dansés pêchent parfois par une certaine approximation : les danseuses qui accompagnent la vedette n’ont pas toutes la même aisance et quelques-unes semblent bien gauches. La vedette, c’est Hagar Hamdy et c’est la première fois qu’elle obtient le premier rôle féminin dans un film. Elle doit sans doute cet honneur à son mari, Kamal Al Shennawi qui est à la fois le héros et le producteur de « Maître Boulboul ». Le personnage qu’on lui a confié est ingrat : il lui faut jouer une jeune femme qui s’habille et se comporte comme un homme, et pour ce faire elle a tendance à surjouer maladroitement la virilité agressive. De sorte qu’on est soulagé quand enfin elle abandonne galabeya et turban pour nous laisser admirer sa beauté et sa grâce. Le duo que Hagar Hamdy forme alors avec la pétillante Soad Mekawi, la première à la danse, la seconde au chant, constitue l’un des agréments de cette comédie.

Hagar Hamdy et Kamal Al Shennawi ont tourné pour la première fois ensemble en 1947 mais ils ne se sont mariés qu'en 1951, peu avant le tournage de ce "Maïtre Boulboul". On raconte que la danseuse était d’une jalousie féroce et que les disputes étaient nombreuses. Ils se sépareront quelques mois plus tard et ne rejoueront plus jamais ensemble.


Nuits Chaudes (Al-Layaly Al-dafe'a, 1961)
avec Sabah (la chanteuse Layla), Imad Hamdy (Dr Ahmed Badr Eddine), Zahrat Al Oula (Soad, la sœur d’Ahmed), Kamal El Shennawi (Dr Omar), Negma Ibrahim (la mère d’Ahmed), Raga Hussein (Darya, l’amie de Layla), Poussy (Hoda, la fille de Layla), Ali Rushdy (Rafaat), Thuraya Fakhry (la servante)
Musique : Farid Al Atrache (On entend aussi une version instrumentale de la chanson "Histoire d’un Amour" popularisée par Dalida.)
Scénario : Hassan Ramzy, Nairouz Abdel Malak
Production : Gerges Fawzi et Hassan Ramzy


Le Dr Ahmed Badr Eddine est un chirurgien et un professeur d’université, très célèbre pour ses travaux de recherche qui ont permis des avancées majeures en matière médicale. Il vit avec sa mère et sa sœur Soad dans l’immense demeure familiale. Pour ses multiples tâches, il est assisté par le docteur Omar dont le père fut autrefois l’intendant de ses parents. Omar et Soad sont tombés amoureux l’un de l’autre mais ils ont convenu de se marier quand la jeune femme aura terminé ses études. Un événement va bouleverser leur projet : le fils d’un pacha demande Soad en mariage et son frère Ahmed est enchanté de cette proposition. Soad parvient à prévenir Omar : il faut qu’il fasse sa demande au plus vite. Malheureusement l’entretien entre Ahmed et son assistant se passe très mal. Le premier rappelle au second qu’ils n’appartiennent pas à la même classe sociale et qu’il est donc hors de question qu’il épouse sa sœur. Et pour que les choses soient bien claires, il lui interdit désormais de se présenter à son domicile. Soad est atterrée. Puisqu’elle ne peut épouser celui qu’elle aime, elle refuse toute idée de mariage et restera célibataire. Peu après, le docteur Ahmed assiste à un concert organisé par l’université pour récolter des fonds afin d’aider les étudiants les plus pauvres. Pour cette soirée, les organisateurs ont fait appel à la grande chanteuse Layla. Le professeur de médecine tombe immédiatement sous le charme de l’artiste. Mais, à la fin du concert, le rideau est à peine tombé que Layla est terrassé par une douleur insupportable. Ahmed est conduit à son chevet. Il faut immédiatement la transporter à l’hôpital pour qu’il puisse l’opérer. Après l’intervention qui est un succès, Ahmed fera de fréquentes visites à sa patiente et Ils finissent par tomber amoureux l’un de l’autre. Mais Layla ne tarde pas à comprendre que le médecin fait tout pour que leur liaison reste secrète…

Notre avis : « Nuits Chaudes » (Quel drôle de titre !) est un drame prenant qui dénonce le caractère mortifère des valeurs traditionnelles et la grande hypocrisie de certains de leurs zélateurs. Imad Hamdi a rarement incarné un personnage aussi odieux : un médecin réputé qui sauve des vies mais qui dans la sphère privée se montre inflexible avec tout le monde, n’hésitant pas à détruire le bonheur de sa sœur, de sa femme et de sa fille pour préserver la réputation du nom qu’il porte. Imad Hamdi joue à merveille les différentes facettes de son personnage : le médecin admiré, l’amoureux transi, le despote domestique. Et on observe, médusé, les agissements misérables de ce monstre d’égoïsme, incapable de la moindre empathie envers ses proches. En revanche, le dénouement détonne par son happy end invraisemblable. On a du mal à croire que ce médecin d’une rigidité absolue sur tout ce qui touche la famille devienne brusquement le plus gentil des hommes.
Sabah se révèle excellente dans son rôle d’épouse se pliant tant bien que mal aux exigences de son « mari » jusqu’à ce qu’elle se révolte et affronte son bourreau. Elle chante deux chansons dans ce film : la première qu’elle interprète entourée de danseurs constitue l’une des séquences les plus marquantes de ces « Nuits Chaudes ».


La Reine de la Nuit (Malikat el layl, 1971) 
avec Yehia Chahine (Docteur Mahmoud), Hind Rostom (Karima), Hussein Fahmy (Ahmed), Nagwa Fouad (la danseuse), Abdelalim Khattab (le père d'Ahmed), Madiha Salem (la fille du docteur), Abu Bakr Ezzat (Taher)
Scénario : Mohamed Othman et Hassan Ramzy
Musique : Soleiman Fathallah, Mounir Mourad, Hassan Abou Zayed
Production : Mohamed Al Ashry
appréciation : 3/5


Karima est une chanteuse d’âge mûr qui mène une revue dans un célèbre cabaret. Un jour alors qu’elle est au volant de sa voiture sur une petite route de campagne, un enfant traverse brusquement. Elle ne peut l’éviter, c’est l’accident. Le jeune paysan est projeté au sol et perd connaissance. Dans la voiture qui la suivait, se trouve le docteur Mahmoud. Il s’est arrêté et après avoir constaté que la petite victime est toujours en vie, il la conduit à l’hôpital. Karima et le docteur se retrouvent au commissariat pour faire leur déposition. Celui-ci rassure tout le monde en expliquant que les blessures du jeune garçon sont bénignes et qu’il se rétablira vite.
Après cet épisode qui aurait pu tourner au tragique, la meneuse de revue fait tout pour rencontrer à nouveau le médecin. Elle sait qu'il enseigne à l'université, qu’il est veuf et qu’il a une fille d’une vingtaine d’années. Elle passe le voir à son bureau, elle l’invite dans son cabaret. Dans un premier temps, le docteur Mahmoud reste très distant au grand désappointement de Karima qui n’a pas l’habitude qu’on lui résiste ainsi. Mais progressivement, il se laisse séduire et une grande complicité naît entre eux. Ils finissent par s’avouer leur amour. On parle mariage.
Cette situation n’est pas faite pour plaire à l’entourage des deux amoureux...



La Passion et la Chair (Al Atifa wa al Gasad, 1972)
avec Nagla Fathy (Houda), Mahmoud Yassin (docteur Ahmed), Rushdy Abaza (Zaki), Soheir El Bably (Dwala), Omar Khorsheid (Medhat), Sayed Zayan (le serviteur), Nabila El Sayed (la servante), Ali Ezz Al Din (le père de Houda)
Scénario : Nairouz Abdel Malak et Hassan Ramzy
Musique : Fathy Qoura, Gamal Al Hashemi, Hussein Abu Zeid, Helmy Amin, Omar Khorsheid, Suleiman Fatahallah, Mohamed Zia Eddin
Production : les Films Al Nasr (Hassan Ramzy)
appréciation : 2/5


Houda est la fille unique d’un riche homme d’affaires. Elle passe des vacances à Alexandrie. Un jour alors qu’elle bronze au soleil dans un endroit isolé, elle est agressée par quatre individus. Un jeune homme intervient et met en fuite les voyous. Le sauveur de Houda est un étudiant en médecine, le docteur Ahmed. Ils se revoient et très vite tombent amoureux l’un de l’autre. Mais cette idylle à peine commencée doit être mise entre parenthèses : Ahmed annonce à Houda que pour terminer ses études il doit séjourner un certain temps à Londres. La jeune femme est dévastée. Après le départ d’Ahmed, elle trouve un soutien auprès de Zaki et de Dwala, un couple d’âge mûr qui se trouvait à Alexandrie en même temps qu’elle. Au Caire, Houda reprend sa vie dans le luxueux appartement qu’elle occupe avec son père. Malheureusement, les affaires de celui-ci traversent une crise grave. La santé chancelante du vieil homme n’y résiste pas. Il meurt brutalement. Houda est inconsolable. Elle ne retrouve le sourire que le jour où elle reçoit un télégramme d’Ahmed lui annonçant son retour. A l’heure dite, elle se rend à l’aéroport pour l’accueillir. Hélas, elle apprend que l’avion de celui-ci a explosé en plein vol : aucun survivant. Houda a perdu les deux êtres qui lui étaient les plus chers au monde.



Jamais je ne reviendrai (Abadan Lan A'oud, 1975)
avec Nadia Lutfi, Rushdy Abaza, Imad Hamdi, Safia El Emary, Hala El Shawarby, Salah Nazmi. Hala El Shawarby, Afaf Wagdy
Scénario : Nairouz Abdel Malak, Hassan Ramzy, Ahmed Saleh
Musique : Fathy Qoura, Mounir Mourad, Hassan Abou Zayed, Tarek Sharara
Production : les Films Al Nasr (Hassan Ramzy)
appréciation : 1/5


Le docteur Ahmed vit heureux avec sa femme, Hoda, et son fils, Essam, dans une confortable maison bourgeoise. Alors qu’ils sont en vacances au bord de la mer, le garçon est sauvé de la noyade par Souad, une séduisante jeune femme. Hamed et Hoda la considèrent désormais comme un membre de leur famille et l’invitent régulièrement dans leur demeure. Souad est tombée instantanément amoureuse du docteur. Ce dernier finit lui aussi par succomber aux charmes de la jeune femme. Ils deviennent amants. Quelques mois plus tard, Souad est enceinte. Le docteur n’a plus le choix. Il avoue la vérité à sa femme et lui annonce qu’il souhaite vivre avec sa maîtresse.

jeudi 3 octobre 2024

Les réalisateurs : Galal Mostafa (1915-?)

جلال مصطفى

Galal Mostafa est le frère du cinéaste Niazi Mostafa. A l'instar de ce dernier, il rejoint les studios Misr en 1936. Il devient très vite un monteur réputé et il a travaillé avec les plus grands réalisateurs de son temps. Il n'a réalisé qu'un seul film, une copie de ceux tournés par son frère avec en vedette Kouka, la femme de celui-ci.


Un seul film de Galal Mostafa a fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


L’Amour de Bouthayna (Gharam Bothayna, 1953)
avec Kouka (Bouthyïna), Yehya Chahine (Mohsen), Abdel Ghany Qamar (Aguib, le neveu de Moubarak), Hermine (danseuse), Wedad Hamdy (Zubaïda, l’amie de Bouthayna), Ali Roushdy (Moubarak, le chef de la tribu), Tawfiq El Deqen (Mandour), Aziza Helmy (la mère de Mohsen), Abdel Moneim Ismail (le marchand), Abdel Ghani El Nagdi (le domestique), Sophi Dimitri (la vieille femme), Mohamed Kandil (le chanteur), Fawzya Ibrahim (la servante)
Scénario : Abdel Wahab Mounir, Mohamed El Emam
Musique et chansons : Ahmed Sedky, Bayram Al Tunisi, Ibrahim Hussein
Production : Naguib Nasr


La tribu Bani Fahd vient d’entrer dans un immense domaine qui appartient à Mohsen, un jeune seigneur. En l’absence de celui-ci, c’est sa mère qui autorise la tribu à s’installer sur leurs terres. Mohsen reparaît peu après. Il revient du Caire et il est heureux de retrouver les siens. Le lendemain matin, le jeune homme flâne parmi les étals du marché bédoin. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Bouthayna, la fille du chef de la tribu Bani Fahd. Elle est accompagnée d’une amie et les deux jeunes femmes se sont arrêtée devant le stand d’un bijoutier. Bouthayna voudrait acheter un collier mais elle n’a pas assez d’argent. Mohsen qui s’est approché, propose de lui venir en aide , ce qu’elle refuse. De retour au camp, elle découvre dans le pli de sa robe, le collier qu’elle convoitait. Elle comprend que c’est l’inconnu qui lui a fait ce cadeau. Le soir, il y a une grande fête au domaine pour l’anniversaire de Mohsen. Une délégation de la tribu y a été conviée et Bouthayna en fait partie. Pensant que celui dont on fête l’anniversaire est un enfant, elle a apporté comme présent une petite chèvre. Elle est bien embarrassée en découvrant que Mohsen est le bel inconnu du marché. On devine que cette deuxième rencontre est le début d’une idylle qui s’affirmera les jours suivants. Mais les deux amoureux devront affronter deux adversaires : tout d’abord la mère de Mohsen qui s’oppose à cette mésalliance et le cousin de Bothayna qui a toujours souhaité épouser la jeune femme…

Notre avis : depuis 1945, Kouka joue les jeunes bédouines devant la caméra de son mari Niazi Mostafa. Pour ce film, celui-ci a laissé les commandes à son frère Galal dont ce sera la seule réalisation. De film en film, l’intrigue est identique : deux amoureux doivent affronter l’opposition de leur entourage. Ici Kouka retrouve celui qui fut déjà son partenaire dans plusieurs films, Yehia Chahine. Ensemble, ils rejouent la même partition avec semble-t-il le même plaisir. Cet opus n’apporte donc rien de nouveau au genre, comme d’ailleurs ceux qui suivront, mais on appréciera son rythme enlevé (Galal Mustafa fut un monteur réputé) et son ton allègre.

mardi 17 septembre 2024

Rendez-vous d’amour (Mawad gharam, 1956)

موعد غرام
إخراج : هنري بركات



Henry Barakat a réalisé Rendez-Vous d'Amour en 1956.
Distribution : Faten Hamama (Nawal), Abdel Halim Hafez (Samir), Imad Hamdi (Kamal, l’ami de Nawal), Zahrat Al Oula (Zahra), Rushdy Abaza (Mamdouh, le petit ami de Zahra), Adly Kasseb (le médecin)
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Musique : Mohamed El Mougy, Mahmoud El Sherif, Kamal Al Tawil, Mamoun Al Shinnawi
Production : Wahid Farid et Ramses Naguib

Rushdy Abaza, Zahrat Al Oula, Faten Hamama


Faten Hamama et Imad Hamdi


Abdel Halim Hafez et Faten Hamama


Faten Hamama et Adly Kasseb


Abdel Halim Hafez et Faten Hamama
















Résumé

Samir est un jeune homme oisif qui passe le plus clair de son temps à jouer aux courses et à courtiser les filles. Un jour alors qu’il retourne au Caire après avoir séjourné à Alexandrie dans l’hôtel de luxe Beau Rivage, il rencontre dans le train une jeune fille qu’il entreprend aussitôt de séduire. Malheureusement pour lui, celle-ci est assez peu sensible à son charme et elle ne cache pas son irritation dès qu’il tente d’amorcer la conversation. La jeune femme s’appelle Nawal et elle travaille pour un journal dont elle dirige le courrier du cœur. A la gare, elle est accueillie par Zahra, son amie fleuriste et elles partent toute les deux en voiture sans que Nawal ait daigné jeter un regard à Samir qui lui dit au revoir d’un signe de la main. Au journal, elle s’aperçoit que la valise qu’elle a avec elle n’est pas la sienne. En l’ouvrant, elle découvre que c’est celle de Samir. Elle contient un grand nombre de photos du garçon en compagnie de différentes jeunes femmes. Nawal comprend à qui elle a affaire et quand Samir se présente au journal pour récupérer son sac, elle ne lui cache pas le peu de sympathie qu’il lui inspire. Loin de se décourager, Samir multiplie les rencontres. Où qu’elle aille, il s’ingénie à la croiser. Nawal est excédée et elle lui demande de disparaître de sa vie. Samir accepte de la laisser tranquille car il croit qu’elle est amoureuse de Kamal, un ami de longue date. Très vite, Nawal ressent un certain malaise : Samir lui manque, elle a compris qu’il était réellement épris et qu’elle ne serait pas une conquête parmi d’autres. Les deux jeunes gens finissent par se retrouver et désormais ils passent de longs moments ensemble. Nawal incite Samir à trouver un travail. Il a une très belle voix et elle l’encourage à embrasser une carrière artistique. C’est à ce moment-là que Nawal apprend qu’elle est gravement malade et qu’elle ne pourra bientôt plus marcher. Elle décide de rompre aussitôt avec Samir et elle charge Zahra de lui faire croire qu’elle s’apprête à épouser Kamal. Samir est parvenu à se faire un nom dans la chanson. Pour oublier Nawal, il part pour une grande tournée au Liban. Quand il s’en retourne au Caire, il rencontre Kamal qui lui révèle la vérité : Nawal n’aime que lui et c’est uniquement la maladie qui l’a conduite à se tenir loin de lui. Elle doit partir en Suisse pour se faire opérer et Kamal conduit Samir à l’aéroport pour que celui-ci retrouve enfin celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer. C’est ensemble qu’ils se rendront en Suisse.


Critique

Un petit film bien oublié aujourd’hui et qui pourtant n’est pas sans charme. Evidemment le titre pourrait effrayer : difficile de faire plus impersonnel et plus convenu. (Un jour, il faudra prendre le temps de compter le nombre de films égyptiens qui comportent dans leur titre soit le terme « rendez-vous », soit le terme « amour » . Le résultat devrait dépasser tous les pronostics.) Ce titre « Rendez-vous d’Amour » annonce un roman-photo tout dégoulinant de sentimentalisme sucré, une romance surannée pour mamies au cœur tendre. Prétendre que le film d’Henry Barakat n’a rien à voir avec cela, ce serait mentir mais on aurait tort de renoncer à le visionner. Malgré son intrigue à l’eau de rose, le cinéaste parvient à échapper à la mièvrerie et au larmoyant. Il nous offre une comédie dramatique pleine de fraicheur et de légèreté. Comme dans d’autres de ses films, Henry Barakat n’a pas son pareil pour évoquer les années cinquante comme une époque heureuse, et il le fait avec toute la poésie et la sensibilité dont il est capable. Nous pensons aux très belles scènes qui se déroulent dans le journal où travaille l’héroïne ou bien à celles qui ont pour cadre la boutique de fleurs tenue par sa meilleure amie (Au milieu des bouquets, l’élégance et la grâce de Faten Hamama et de Zahra Al Oula font merveille et rappellent les couvertures des magazines de mode des années cinquante.) Et nous aimons aussi ces séquences où l’héroïne, l’air déterminé, sillonne les rue du Caire au volant de sa minuscule voiture . Au travers de son héroïne, le cinéaste brosse le portrait d’une jeune femme de son temps, indépendante et sans cesse en mouvement, une jeune femme épanouie et heureuse. S’il a tourné bien des drames, Henry Barakat fut aussi le cinéaste du bonheur de vivre.
Faten Hamama, Abdel Halim Hafez et Zahrat Al Oula forment un joli trio. Ils ont déjà tourné ensemble l’année précédente dans « Nos Plus Beaux Jours » d’Helmy Halim. Si les deux jeunes femmes ont déjà une filmographie impressionnante, le Rossignol Brun est un débutant bien qu’il soit plus âgé que ses deux partenaires. Mais il manifeste ici comme ailleurs ce naturel et cette candeur qui lui donneront pour l’éternité l’image d’un adolescent fragile et lui assureront un succès indéfectible auprès de ses admiratrices. On peut aussi découvrir dans ce film Rushdy Abaza en bon bougre passionné par le basket. Curieux !
Malheureusement, la seconde partie du film n’a pas l’allant de la première. Le ciel s’assombrit, la comédie légère tourne au mélodrame et tout devient plus banal. Dommage !

Appréciation : 3/5


Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin