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jeudi 13 novembre 2025

Festival International de cinéma du Caire (Egypte)

مهرجان القاهرة السينمائي الدولي


La quarante-sixième édition du festival international de cinéma du Caire a débuté hier soir. Le célèbre acteur Hussein Fahmy, toujours aussi alerte malgré ses quatre-vingt cinq ans, en est encore le président. Assisté de Mohamed Tarek, son nouveau directeur artistique, il travaille sans relâche pour que le plus ancien festival de cinéma d'Afrique reste l'une des manifestations culturelles les plus importantes au monde. Un programme foisonnant, des invités prestigieux, plus d'une centaine de films en compétition, des projections de classiques restaurés, des concerts, des débats : du 12 au 21 novembre, la capitale du cinéma sera incontestablement Le Caire.
Lors de la cérémonie d'ouverture, un hommage a été rendu au grand réalisateur de comédies des années 70 et 80, Mohamed Abdel Aziz qui a reçu le "Prix de la Pyramide d'Or pour l'Oeuvre d'une Vie". Le cinéaste a exactement le même qu'Hussein Fahmy mais, chose étonnante, les deux hommes ont très peu tourné ensemble : quatre films de 1977 à 1983. Ce jeudi, Mohamed Abdel Aziz anime une masterclass sobrement intitulée "Les secrets derrière la création des chefs d'oeuvre de la comédie" ! 


lundi 15 janvier 2018

Les réalisateurs : Mohamed Abdel Aziz (né en 1940)

محمد عبدالعزيز

Mohamed Abdel Aziz est diplômé de l’Institut supérieur du cinéma du Caire (1964). Il réalise son premier long métrage en 1973.  Spécialisé dans la comédie, on peut le considérer comme l’héritier de Fateen Abdel Wahab. Il tourne plus d’une dizaine de films avec son acteur fétiche Adel Imam.


Treize films de  Mohamed Abdel Aziz ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


En été, il faut aimer (fil-seyf lazem neheb, 1974)
avec Magda El-Khatib, Tawfik El Deken, Samir Ghanem, Lebleba, Amira, Abdel Moneim Madbouly, Wedad Hamdy, Nour Al-Sherif, Madiha Kamel, Samir Sabri 
Une histoire de Mohamed Hassan 
Scénario : Ali Salem, Mohamed Salem, Salama Hassan 
Musique : Samy Ismaïl, Hussein El Sayed, Mounir Mourad 
Production : Magda El Khatib
appréciation : 3/5


Le docteur Nabil travaille dans un hôpital psychiatrique. L’été venu, il décide d’accompagner quatre de ses patients à Alexandrie pour un séjour au bord de la mer. Les quatre patients ont pour des raisons diverses sombré dans la dépression. Il y a Ahmed, un employé de banque qui a fait un burn-out ; Medhat, un chanteur amateur traumatisé par une expérience humiliante lors d’un concert ; Mohamed Youssef, un champion de natation qui a été attaqué par un crabe lors d’une compétition et enfin Ghedidi, un footballeur professionnel qui joue comme gardien de but et qui a laissé passer vingt-deux balles durant un match décisif pour son équipe. 
Sur la route, ils font monter dans leur minibus, deux femmes dont la voiture est tombée en panne. La première s’appelle Maggie et elle est à la fois psychologue et professeur d’éducation physique. La seconde, c’est Aïcha, sa tante, qui l’accompagne pour les vacances. Par le plus heureux des hasards, elles se rendent au même endroit que les cinq hommes. A l’hôtel, pour ne pas effrayer les résidents, les quatre patients du docteur Nabil se font passer pour des membres d’une association luttant contre la pollution. Très vite, ils font la connaissance de trois jeunes filles qui sont arrivées avec leur père...



Battement de Cœur (Daqet Qalb, 1976)
avec Mahmoud Yassin (Imad Abdel Aziz), Mervat Amine (Mona Fahmy), Samir Sabri (Kamal Abdel Fattah), Hassan Mostafa (le supérieur hiérarchique de Mahmoud et Kamal), Samir Aziz (le docteur Fawzy), Imad Hamdi (docteur Fahmy), Mariam Fakhr Eddine (la mère de Mona), Azza Sherif (danseuse)
Scénario : Farouk Sabry
Remake du film américain Deux Minets pour Juliette de Norman Panama (Not with My Wife You Don't, 1966)
Musique : Tarek Sharara


Kamal et Imad sont deux amis qui travaillent comme ingénieur dans le même organisme. Ils consacrent tout leur temps libre à séduire les femmes . Leur existence de joyeux célibataires leur vaut une réputation sulfureuse auprès de leurs chefs et de leurs collègues. Un jour, dans le club de loisirs qu’ils fréquentent arrive une belle inconnue qui éveille aussitôt leur intérêt. L’un et l’autre tentent d’établir un contact avec elle mais sans succès : la jeune femme les traite comme des importuns venus troubler sa quiétude. Elle leur répond sans ménagement et s’enfuit. Le lendemain, à l’occasion d’une soirée dansante organisée par le club, Imad retrouve la jeune femme assise à la table de l’un de ses amis, le docteur Fawzy. Il les rejoint et s’installe à leurs côtés. C’est ainsi qu’il apprend le nom de la belle inconnue, Mona Fahmy. Elle est la fille du docteur Fahmy, le nouveau directeur de l’hôpital, et elle travaille comme institutrice. Le bonheur d’Imad est de courte durée car Kamal arrive à son tour et invite Mona à danser. Dès lors les deux amis deviennent d’impitoyables rivaux. Le temps passe. Imad et Kamal sont devenus des intimes de Mona et de sa famille. La jeune fille sort régulièrement avec les deux garçons mais elle ne parvient pas à choisir lequel des deux sera son futur époux. Soudain, tout se précipite : les deux ingénieurs sont envoyés en Allemagne par leur patron pour une mission de longue durée. Alors qu’ils montent dans l’avion, Imad rebrousse chemin à l’insu de son camarade. Il retrouve Mona et lui demande de l’épouser. Elle accepte…


Le portefeuille est avec moi (Al-Mahfaza Mi’aya, 1978)
avec Noura (Naima), Adel Imam (Atwa), Samir Sabri (Shoukry), Salaah Nazmy (Fouad, le secrétaire), Omar El Hariri (Morsi), Tawfik Aldakn (Zizou) 
Scénario : Ahmed Abdel Wahab
Musique : Gamal Salamah


 Atwa est un voleur à la tire qui opère dans tous les lieux où se presse la foule : dans les bus, dans les salles de cinéma ou au stade. Un jour, il retrouve Shoukry, un ami de jeunesse qui a une belle situation. Atwa lui demande de l’embaucher dans sa société. Shoukry refuse. Pour se venger, Atwa s’introduit dans les bureaux de la compagnie de son ami et parvient à dérober un document très compromettant.


Certains se marient deux fois (Al Baa'd Yazhab lel Maa'zoun Marratayn, 1978)
avec Nour El Sherif (Dr. Mamdouh), Mervat Amin (Mona), Adel Imam (Massoud), Lebleba (Mahasen), Samir Ghanem (Ezzat), George Sedhom (Mansour), Aqeila Rateb (Afiza), Mimi Gamal (Sonia), Amal Ramzi (Sania), Hanaa El Shorbagy (Halia), Galila Mahmoud (Ilham), Ibrahim Abdulraziq (Mahmoud Fahmy), Salama Elias (Marzouk), Ibrahim Kadri (Docteur Mamdouh), Zouzou Chakib (l’amie de Mona chez le coiffeur)
Scénario : Farouk Sabri
Musique : Gamal Salamah
Production : William Rizq


Le docteur Mamdouh et son frère Massoud ne sont pas heureux en ménage. Mona, la femme du premier, est d’une jalousie féroce et ne laisse aucun répit à son mari qui pourtant n’a jamais tenté de la tromper. Mahasen, la femme du second, est absorbée par ses tâches ménagères et l’éducation de ses enfants si bien qu’elle n’a pas un instant à consacrer à son époux. Ezzat, le cousin des deux frères, leur conseille de suivre son exemple. Il a trouvé le bonheur en trompant allégrement sa femme tout en lui manifestant amour et tendresse. Mamdouh et Massoud décident d’adopter ce stratagème si ingénieux. Ils se lancent donc dans l’adultère mais leurs femmes ne tardent pas à tout découvrir. Elles demandent le divorce…

Notre avis : une comédie de mœurs qui conte l’existence mouvementée de trois hommes entourés de leurs épouses et d’une nuée de maîtresses. Les héros appartiennent à la classe aisée, ils boivent du whisky, jouent au golf et ont comme unique préoccupation la drague. Leurs conquêtes appartiennent à leur entourage et on reconnaîtra qu’elles ne se montrent guère farouches. La distribution rassemble les actrices et les acteurs les plus populaires de l’époque. Ils se connaissent bien et leur complicité fait en grande partie le charme du film. Il y a quelques scènes vraiment plaisantes mais le scénario est un peu répétitif : les aventures des trois compères suivent des lignes strictement parallèles avec comme conséquence prévisible : la demande de divorce de leurs épouses réciproques. Ce qui est intéressant, c’est la morale très « seventies » du film : dans un couple, l’adultère est inévitable, il est donc inutile de divorcer quand on s’aime. Pour retrouver l’harmonie entre époux, il suffit de bannir la jalousie d’un côté comme de l’autre ! Et c’est ainsi que cette comédie moderne peut se refermer sur un « happy end » qui ne l’est pas moins !


Méfie-toi de tes voisins (Khally Balak Men Geranak, 1979)
avec Adel Imam (Ahmed), Lebleba (Nawal), Fouad El-Mohandes (le vieux peintre), Madiha Yousri (Fawzia, la belle-mère d’Ahmed), Mimi Gamal (Enayat, la voisine), Mokhtar El Sayed (le mari d’Enayat), Hoda Zaki (une autre voisine), Hanan (Didi la danseuse), Wahed Seif (Ibrahim Effendi), Ibrahim Kadri (le fleuriste)
Scénario : Farouk Sabry
Remake du film américain Pieds nus dans le parc (Barefoot in the Park) réalisé par Gene Saks en 1967.
Musique : Gamal Salama


 Comédie.  Ahmed est avocat et il vient d’épouser Nawal. Après avoir passé leur lune de miel dans un grand hôtel luxueux, ils emménagent dans un appartement meublé que Nawal a choisi pour son loyer très modique. Malheureusement, ils découvrent très vite les inconvénients de leur « petit nid douillet ». L’ascenseur ne fonctionne pas, l’appartement comporte quelques meubles mais il n’y a pas de lit dans la chambre. Et, encore plus gênant, l’un de leurs voisins, un vieux peintre, veuf et solitaire, doit passer dans leur logement pour rejoindre le sien. Malgré cette situation peu banale, les deux jeunes mariés et le vieil homme vont très vite sympathiser…

Notre avis : une comédie (très) légère qui est une adaptation assez fidèle de « Pieds Nus dans le Parc », un film américain avec Jane Fonda et Robert Redford. Elle permet au réalisateur d’évoquer sur le mode plaisant un mal endémique de la société égyptienne : le manque de logements dans la capitale. Adel Imam et Lebleba, les deux acteurs principaux, se connaissent bien. Ils étaient déjà mari et femme dans un précédent film de Mohamed Abdel Aziz, « Certains se marient deux fois. ». Leur complicité est ici évidente. Adel Imam est indépassable en égyptien moyen confronté aux mille soucis de la vie quotidienne tandis que Lebleba incarne avec une grande sensibilité la petite bourgeoise aspirant à un bonheur tout simple. On retrouve à leurs côtés deux acteurs de la génération précédente, Fouad El Mohandes et Madiha Yousri. Cette dernière a eu rarement l’occasion dans sa longue carrière de jouer des rôles de comédie et en compagnie de Fouad El Mohandes plus posé qu’à l’ordinaire, elle semble s’en donner à cœur joie. « Méfie-toi de tes voisins » n’est pas un chef d’oeuvre mais c’est un film sympathique.


Un homme qui a perdu l'esprit (Ragoul faqada 'aglahou, 1980)
avec Adel Emam (Zaki/Zico, le fils aîné), Farid Shawki (Ahmed), Soheir Ramzy (Suzy), Ekramy (Ekramy, le fils cadet), Karima Mokhtar (Fahima, l’épouse d’Ahmed), Isma Farid (la petite dernière), Rawaa El Katib (Camelia), Rashwan Mustafa (le juge), Layla Fahmy (la tante de Suzy), Salama Elias (le cousin de Suzy), Sayed Tarabik (l’avocat de Zaki) 
Scénario : Ali El Zorkani 
Musique : Gamal Salamah 
Production : Abbas Helmy
appréciation : 2/5


Ahmed est un ingénieur d’âge mûr qui mène une existence très confortable. Il est marié et a trois enfants dont deux grands fils, Zaki et Ekramy, qui sont de célèbres joueurs de football. Ahmed est ce qu’on appelle un homme à femmes. Il collectionne les conquêtes. Son épouse préfère fermer les yeux sur ses escapades Un jour son dévolu tombe sur Suzy, une artiste de music-hall. Il lui offre une voiture et l’installe dans l’appartement qu’il a acheté pour recevoir ses « invitées ». Pour la séduire, il prétend être célibataire. Malgré sa générosité, Suzy se refuse toujours à lui. N’y tenant plus, Ahmed la demande en mariage. En espionnant leur père, Zaki et Ekramy sont au courant de toute l’affaire. Ils comprennent que cette nouvelle aventure peut mettre en péril toute leur petite famille et faire le désespoir de leur mère. Ils échafaudent un plan : Zaki entre en relation avec Suzy et la courtise, en se gardant bien de lui dire qu’il est le fils d’Ahmed.


Notre avis : à la fin des années 70, Mohamed Abdel Aziz devient le maître de la comédie égyptienne, notamment grâce à sa collaboration avec l’acteur Adel Imam qui devient à la même époque une super star du grand écran. Les deux compères enchainent les tournages et les succès. En 1980, ils tournent ensemble trois films dont cet « Homme qui a Perdu l’Esprit ». Cette comédie ne compte pas parmi les plus réussies du duo. Elle rappelle nos sympathiques navets des années soixante-dix et on retrouve parfois le style du Claude Zidi des Charlots ou des Sous-doués.
Mais ce film pourra retenir l’attention du spectateur s’il veut bien le considérer comme un document sociologique sur la condition féminine dans l’Egypte de la fin des années 70. Et le tableau qu’il brosse n’est guère réjouissant. La libération des mœurs que connaîtrait le pays dans les années 60-70 est toute relative. Au sein de la famille, rien n’a changé : la femme vit sous la férule du chef de famille dont l’égoïsme semble sans limite. Mohamed Abdel Aziz n’essaie même pas d’atténuer le caractère révoltant d’une telle situation en lui donnant une tonalité « romantique ». Il la filme dans toute sa crudité avec même parfois un certain cynisme. La morale du film peut s’énoncer ainsi : face à l’infidélité de son mari, la femme doit se montrer patiente et compréhensive car avec le temps, tout finit par s’arranger!


Le Maladroit (Ghawi Mashakel, 1980)
avec Adel Emam (Medhat), Noura (Azzat), Mohamed Reda (Mahmoud), Esaad Younes (Samira), Farouq Al Fishawy (Mourad), Aziza Helmy (la mère de Mustafa), Salama Elias (le pédiatre), Naima El Soghaiar (la mère d’Azzat), Rawia Saleh (Magda, la mère de l’enfant), Abdul Moneim Al Nimr (le médecin), Abdel Ghani El Nagdi (le commerçant)
Scénario : Ahmed Abdel Wahab
Inspiré du roman de l’écrivain américain William Irish J’ai épousé une ombre publié en 1948.
Ce roman avait déjà fait l’objet d’une adaptation en 1953, Après l’Adieu, réalisée par Ahmed Diaa Eddine avec Faten Hamama et Imad Hamdi.
Musique : Gamal Salamah
Production : Wassef Fayez


Medhat, un petit employé, est tombé amoureux d’Azzat, une jeune femme qu’il a rencontrée par hasard. Malgré toutes ses attentions, elle refuse de l’épouser car il n’est pas assez riche à son goût. Pourtant, chez sa mère, Azzat vit un enfer : son beau-père ne cesse de la harceler. Elle finit par accepter de s’installer chez Medhat en attendant d’avoir son propre logement mais le jeune homme ne doit pas se faire d’illusion : ils feront chambre à part. Azzat fait la connaissance de la voisine de Medhat : c’est une jeune femme qui a perdu son mari, elle est très malade et a un tout jeune enfant. Azzat décide de s’occuper du nourrisson pour que la mère puisse se reposer. Malheureusement, la santé de celle-ci se dégrade rapidement et elle meurt. Peu après, une dame très élégante se présente à l’appartement du couple défunt. C’est la grand-mère paternelle de l’enfant. Elle n’avait jamais rencontré sa belle-fille, elle la croit toujours vivante et elle est convaincue qu’Azzat est la compagne de son fils. La « locataire » de Medhat ne dit rien pour la détromper. Elle accepte même de s’installer avec l’enfant dans la grande propriété familiale…

Notre avis : un film terriblement ennuyeux. Une structure bancale : on peut résumer la première heure en trois phrases (Facile ! Les deux héros passent leur temps à discuter, dans le salon, dans le couloir, au restaurant, en voiture, dans la rue etc.) et l’intrigue ne démarre réellement que dans la dernière partie. Mais pas de fausse joie : le film conserve jusqu’à la fin son rythme de croisière, sans accélération ni secousse. Noura incarne souvent les jeunes femmes ordinaires issues d’un milieu modeste mais dans ce "Maladroit" son personnage est vraiment trop lisse et son jeu beaucoup trop fade. Quant à Adel Imam, il suit le mouvement, sans trop se fatiguer.


A la Porte du Ministre (Ala bab el wazir, 1982)
avec Adel Imam (Kamal), Yousra (Noura), Tawfik El Deken (le père de Kamal), Salah Nazmi (le père de Noura), Saïd Saleh (Khamis), Safia El Emari (Anhar), Hanem Mohamed ( la tante d’Anhar), Ahmed Rateb (Azouz), Ahmed Abdallah (Magdy), Samia Mohamed (la mère de Magdy), Safia Al Omary (Anhar), Lucy (la danseuse Sandy)
Scénario : Samir Abdel Azim
Musique : Fouad El Zahry


Kamal et Noura sont deux étudiants en médecine. Bien qu’ils n’appartiennent pas à la même classe sociale, ils sont tombés amoureux l’un de l’autre et ils projettent de se marier, une fois obtenu leur doctorat. Mais c’est sans compter le père de Noura. Ce dernier dirige une importante boucherie et quand il apprend que Kamal est le fils du contrôleur qui lui a infligé plusieurs amendes, il refuse toute idée de mariage. Pour empêcher cette union, il va jusqu’à faire accuser le père de Kamal de corruption, ce qui conduit celui-ci en prison. L’étudiant en médecine et ses amis vont se battre pour prouver l’innocence du vieux fonctionnaire intègre… 

Notre avis : Mohamed Abdel Aziz fut le cinéaste officiel d’Adel Imam. Ensemble, ils ont réalisé un nombre incroyable de comédies à succès pendant plus d’une quinzaine d’années. Dans ce film, le ton est moins léger, plus âpre qu’à l’ordinaire : c’est à la fois un drame social et un thriller. On y retrouve Tawfik El Deken, vieilli et amaigri, dans l’un de ses très rares rôles de gentils.


Mais il reste quelque chose (Walaken Chahi Ma Yabqa, 1984)
avec Mahmoud Abdel Aziz (Aziz), Madiha Kamel (Zina), Noura (Mona Abdel Rahim), Ali Al Sherif (Ibn Al Fakahani), Sami El Adl (le locataire de l’appartement meublé), Halli Mohamed (le chauffeur de Mona), Saïd Saleh (Shafiq, le fils de l’ex-belle-mère de Mona), Nadia Azzat (l’ex-belle-mère de Mona), Ahmed Abu Abiya (le gardien de la propriété de Mona), Ibrahim Kadri (le concierge de l’école), Qadria Kamel (la nourrice qui a élevé Mona), Chokry Mansour (le juge) 
Scénario et dialogues : Ahmad Saleh
Musique : Gamal Salamah
Production : les films Badi Sobih
appréciation : 2/5


Aziz  (Mahmoud Abdel Aziz) et Zina (Madiha Kamel)  sont de sympathiques petits escrocs vivant d’amour et de larcins. Un jour, Aziz se rend au tribunal. Il a accepté de fournir un faux témoignage pour obtenir  la libération d’un inculpé. L’affaire qui précède la sienne l’intéresse beaucoup. C’est celle de Mona (Noura), une jeune femme handicapée, héritière d’un riche domaine. Elle est en procès avec son homme d’affaires qui s’est montré indélicat. Le tribunal lui donne raison mais elle doit trouver au plus vite un nouveau gérant  Aziz comprend tout de suite le profit qu’il peut retirer de cette situation  Il parvient à entrer en contact avec la jeune femme et il la met aussitôt en confiance. Ensuite, les événements vont aller très vite : Aziz fait passer Zina pour sa sœur et s’installe au domaine avec elle. Il obtient une procuration pour gérer la propriété. Le plan fonctionne à merveille. Mais progressivement, Aziz tombe amoureux de Mona. Il l’épouse. Il continue pourtant à rassurer Zina sur ses sentiments véritables mais celle-ci est de moins en moins dupe.



Prends Garde à Toi, Ami (Lak Youm Ya Baih, 1984)
avec Mahmoud Abdel Aziz (Mamdouh), Lebleba (Wafa, la femme de Mamdouh), Eman (Nana, la maîtresse de Mamdouh), Abu Bakr Ezzat (Morsi), Zizi Mostafa (Zizi, la femme de Morsi), Faten Fouad (la maîtresse de Morsi), Lotfi Mansour (le mari trompé), Salah Nazmi (Adham Wali, le chef d’entreprise), Enaam Salosa (Nafisa, la secrétaire), Ali El Sherif (Abdel Fatah, le père de Wafa), Naima El Soghayar (la femme d’Abdel Fatah), Saïd Tarabik (le dentiste), Ibrahim Kadri (Ibrahim, le portier), Samiha Mohamed (la propriétaire de la maison)
Scénario : Farouk Sabry
Musique : Mohamed Ali Soliman
Production : United Brothers


Comédie. Morsi et Mamdouh sont deux amis qui travaillent dans la même agence de publicité. Ils partagent aussi la même passion pour les femmes. En plus de leurs épouses légitimes, ils entretiennent tous deux une relation adultère. La maîtresse de Mamdouh est Nana, le mannequin vedette de l’agence. Un jour, les deux hommes sont confrontés à une situation délicate : l’un et l’autre sont contraints de rentrer chez eux en sous-vêtements. Il leur faudra beaucoup d’ingéniosité pour étouffer la suspicion dans l’esprit de leurs femmes respectives. Nana est une jeune femme très ambitieuse et elle ne veut pas se contenter de faire de la publicité. Un chef d’entreprise fortuné qui n’est pas insensible à son charme lui promet de produire un film dans lequel elle jouera. Le mannequin et son « producteur » ne se quittent plus, ce qui rend fou de jalousie Morsi…

Notre avis : les trois personnages principaux incarnés par Eman, Mahmoud Abdel Aziz et Abu Bakr Ezzat semblent tout droit sortis d'une comédie française des années soixante-dix. Pour résumer le film d'Yves Robert "Un éléphant ça trompe énormément" (1976), son scénariste Jean-Loup Dabadie écrivait : "Chronique très agitée des démêlés de certains hommes avec certaines femmes qui ne sont pas nécessairement les leurs". C'est exactement le sujet de "Prends garde à toi, ami". Cette comédie sur les plaisirs et les tourments de l'adultère manque parfois de finesse mais elle constitue un témoignage très intéressant sur ce que fut la société égyptienne en ce début des années quatre-vingt. O tempora, o mores!


Qui de nous deux est le voleur ? (Mayn fina alhiramii, 1984)
avec Adel Imam (Sharif/Hussein), Sherihan (Sahar, la fille de Monsieur Asim), Farida Saif Al-Nasr (Ghandoura), Ahmad Bedir (Ismaïl, le collègue de Sharif), Salah Nazmi (Monsieur Asim, le président de la compagnie), Ali Al Sharif (un prisonnier),Hassan Hussein (Shaker), Menirva (Randa, la collègue de Sharif), Mahmoud Abdel Hamid (l’enfant), Naeim Issa (le boucher), Nabawya Sa'id (la mère de Ghandoura), Faten Fouad (la femme de Shaker),Hassan El Yamani (Mismar), Shokry Mansour (le marchand de meubles), Hussein Al Sharif (le policier), Zizi Moustafa (la danseuse, maîtresse de Shaker),Imad Mouharam (l’ancien amant de la danseuse), Ibrahim El Tokhy (un prisonnier) 
Scénario : Faysal Nada
Musique : Hassan Abou El Saoud


Hussein vit à Londres. C’est un gentil garçon, timide et honnête. Très émotif, il bégaie constamment, ce qui ne l’a pas empêché de faire la connaissance de Sahar, une jeune et jolie journaliste. Ils rentrent ensemble en Egypte. A l’aéroport, ils sont accueillis par le père de Sahar, Monsieur Asim. Ce dernier est le directeur de la société dans lequel travaille le frère jumeau de Hussein. Lors du déjeuner, Monsieur Asim apprend à Hussein que Sharif, son frère, a volé cinq cent mille livres dans les caisses de la compagnie. Il a été arrêté et condamné à dix ans de prison mais on n’a pas retrouvé l’argent. Hussein est terrassé par la nouvelle. Peu après, il décide de se rendre à la prison pour s’entretenir avec son frère. Malgré son forfait, il veut l’aider. Il vend les meubles de Sharif pour récupérer un peu d’argent. Mal lui en a pris ! Sharif avait dissimulé les cinq cent mille livres dans l’un des montants du lit. Il faut à tout prix le récupérer ! 

Notre avis : le réalisateur Mohamed Abdel Aziz tourne encore une fois avec son vieux compagnon, Adel Imam pour un film qui utilise tous les ingrédients habituels de leurs comédies à succès. La routine, quoi ! Dans ce nouvel opus, l’acteur joue deux frères jumeaux, ce qui lui permet d’être présent dans la quasi-totalité des scènes et on a pris soin de l’entourer de deux jeunes actrices à la plastique avantageuse avec qui il multiplie les scènes de baisers, soit en tant qu’Hussein, le gentil frère, soit en tant que Sharif, le méchant frère. On se dit que pour la star, le tournage n’a pas dû être déplaisant mais le spectateur, lui, n’y trouve pas vraiment son compte. Le film se présente un peu comme un patchwork d’éléments empruntés à d’autres œuvres, le tout assemblé avec une certaine application mais sans aucune originalité (le patchwork est sans conteste la figure préférée des réalisateurs et des scénaristes en mal d’inspiration.).


Méfie-toi de ton esprit (Khalia bialk min aqlak, 1985)
avec Adel Imam (Wahel), Sherihan (Salwa), Galal El-Sharkawy (docteur Tawfiq Ibrahim), Ahmad Bedir, Fouad Ahmed (le père de Salwa), Naima El Saghir (la mère de Wahel), Sameh Mujahid (le frère de Wahel), Aziza Helmy (la tante de Salwa), Adawy Gheith (le père de Wahel), Sawsan Rabia (la sœur de Wahel), Ahmad Abu Abiya (l’employé des archives), Layla Yousry (la voisine)
Scénario : Ahmed Abdel Wahab
Musique : Omar Khairat


Wahel est étudiant en psychiatrie. Le soir, il est serveur dans un cabaret pour subvenir aux besoins de ses vieux parents , de sa sœur et de son petit frère. Wahel est en troisième cycle et il travaille dans un hôpital psychiatrique sous la direction du docteur Tawfiq Ibrahim. C’est dans cet établissement qu’il fait la connaissance d’une jeune patiente prénommée Salwa. La première rencontre se passe très mal. La jeune fille est agressive et son agitation extrême conduit le docteur Tawfiq Ibrahim à intervenir : il prescrit à la jeune femme une séance d’électrochocs. Le recours à cette technique barbare choque Wahel. Par la suite, il va se rapprocher de Salwa pour tenter de savoir ce qui a provoqué son internement…


Entrevue Confidentielle (El Galsa Sereya, 1986)
avec Mahmoud Yassine (Abdel Kader), Yousra (Zahira, la femme d’Abdel Kader), Karim Yousri (le fils d’Abdel Kader), Samir Sabri (Lotfa, l’ami d’Abdel Kader), Shahir (Ihsan, la mère de l’enfant), Soheir Taha Hussein (la femme de Lotfa), Farouk Youssef (le cousin d’Ihsan), Adel Borahm (Salah), Medhat Morsi (un avocat), Rashwan Mostafa (un avocat), Nahim Issa (l’oncle d’Ihsan)
Scénario et dialogues : Nabil Asmat
Musique : Ammar El Sherei
Production : Mahmoud Yassin


Drame. Abdel Kader est un riche homme d’affaires. Il vit dans une demeure luxueuse avec sa femme, Zahira, et son fils de neuf ans. Un soir, alors qu’il rentre chez lui en voiture, il est arrêté par une femme enceinte qui lui demande de la conduire à l’hôpital car elle est sur le point d’accoucher. Quelques jours plus tard, Abdel Kader découvre que le nouveau-né a été enregistré sous son nom par l’administration de l’hôpital et que la mère affirme qu’il est le père du bébé. La jeune femme s’appelle Ihsan et le véritable père de son enfant est son cousin avec qui elle entretenait une relation amoureuse cachée de tous. Quand il avait su qu’elle était enceinte, son cousin lui avait aussitôt proposé le mariage mais il était subitement mort peu après. Pour ne pas affronter la colère des siens, elle avait quitté Tanta où elle et sa famille avaient toujours vécu. Elle voulait accoucher dans la plus grande discrétion. Voilà pourquoi elle a prétendu que le père de son enfant était Abdel Kader. Ce dernier comprend qu’il se retrouve dans une fâcheuse situation et il va tout entreprendre pour s’en sortir. Son avocat a une idée : il propose de soudoyer un médecin pour qu’il atteste qu’Abdel Kader souffre de stérilité. Le médecin contacté souhaite néanmoins ausculter son faux patient. Il découvre qu’Abdel Kader est réellement stérile. Pour l’homme d’affaires, c’est le monde qui s’écroule : son fils n’est pas de lui et sa femme l’a trompé…

Notre avis : dans ce film, Mohamed Abdel Aziz abandonne la comédie pour un drame qui met face à face deux acteurs parmi les plus talentueux de leur génération : Yousra et Mahmoud Yassin. Le scénario bien ficelé accumule les rebondissements jusqu’à la toute dernière scène et on suit avec un intérêt constant la descente aux enfers d’un homme ordinaire qui voit voler en éclat tout ce qui faisait le bonheur de son existence. La mise en scène n’évite pas toujours les effets théâtraux : on pourra notamment regretter que le dénouement sombre dans une certaine forme de grandiloquence et d’emphase. Cela dit « Entrevue Confidentielle » demeure un excellent film qui offre à Yousra l’un de ses plus beaux rôles. Ajoutons enfin qu’avec ce drame Mohamed Abdel Aziz se livre à une réflexion bien peu conventionnelle sur l’adultère et l’amour hors mariage.

vendredi 8 septembre 2017

En été, il faut aimer (fil-seyf lazem neheb, 1974)

في الصيف لازم نحب
إخراج: محمد عبدالعزيز




Mohamed Abdel Aziz a réalisé En été, il faut aimer en 1974.
Distribution : Magda El-Khatib, Tawfik El Deken, Samir Ghanem, Lebleba, Amira, Abdel Moneim Madbouly, Wedad Hamdy, Nour Al-Sherif, Madiha Kamel, Samir Sabri 
Une histoire de Mohamed Hassan 
Scénario : Ali Salem, Mohamed Salem, Salama Hassan 
Musique : Samy Ismaïl, Hussein El Sayed, Mounir Mourad 
Production : Magda El Khatib

Lebleba et Samir Ghanem
Tawfik El-Deken et Samir Ghanem

Samir Sabri et Madiha Kamel
Magda El-Khatib et Wedad Hamdy
Nour Al-Sherif



Résumé

Le docteur Nabil travaille dans un hôpital psychiatrique. L’été venu, il décide d’accompagner quatre de ses patients à Alexandrie pour un séjour au bord de la mer. Les quatre patients ont pour des raisons diverses sombré dans la dépression. Il y a Ahmed, un employé de banque qui a fait un burn-out ; Medhat, un chanteur amateur traumatisé par une expérience humiliante lors d’un concert ; Mohamed Youssef, un champion de natation qui a été attaqué par un crabe lors d’une compétition et enfin Ghedidi, un footballeur professionnel qui joue comme gardien de but et qui a laissé passer vingt-deux balles durant un match décisif pour son équipe.
Sur la route, ils font monter dans leur minibus, deux femmes dont la voiture est tombée en panne. La première s’appelle Maggie et elle est à la fois psychologue et professeur d’éducation physique. La seconde, c’est Aïcha, sa tante, qui l’accompagne pour les vacances. Par le plus heureux des hasards, elles se rendent au même endroit que les cinq hommes. 
A l’hôtel, pour ne pas effrayer les résidents, les quatre patients du docteur Nabil se font passer pour des membres d’une association luttant contre la pollution. Très vite, ils font la connaissance de trois jeunes filles qui sont arrivées avec leur père. Celui-ci exerce une surveillance de chaque instant sur sa précieuse progéniture et lui interdit tous les plaisirs de la plage. Heureusement, les trois filles parviennent régulièrement à échapper à la vigilance paternelle pour rejoindre Medhat, Ghedidi et Mohamed Youssef. Tandis que ses trois compagnons s’amusent avec leurs nouvelles amies, Ahmed, l’employé de banque, a noué une tendre relation avec Maggie, la psychologue qu’ils ont secourue. 
Grâce à l’amour, les patients du Docteur Nabil recouvrent vite la santé et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le responsable de la sécurité de l’hôtel n’avait pas cru bon de révéler aux trois jeunes filles la situation réelle de leurs soupirants. Pire : depuis quelque temps des maillots de bain féminins sont régulièrement volés dans l’établissement et tout naturellement on accuse les quatre garçons. Alertée, la police débarque pour les arrêter mais on découvre que le véritable auteur des vols de maillot n’est autre que le père des trois filles.


Critique

Que du beau monde pour cette comédie typique du cinéma commercial de l’époque ! On y retrouve (avec plaisir !) tous les acteurs qui depuis la fin des années soixante se croisent dans moult productions du même acabit. 

Le scénario n’est pas d’une folle originalité. Il s’inscrit dans la tradition de la « beach comedy » dont le modèle est celui de certains films d’Elvis Presley au début des années soixante comme Sous le ciel bleu de Hawaii de Norman Taurog (1961), ou bien Des filles... encore des filles du même cinéaste (1962). L’Egypte n’a pas attendu longtemps pour s’en inspirer avec, par exemple, Le Rivage de la Gaieté de Houssam Al Din Mustafa (1967) ou Jeunesse Très Folle de Niazi Mostafa (1967). En Egypte comme ailleurs ces productions s’adressent avant tout à la jeunesse et le succès est au rendez-vous ! D’où la multiplication de ces comédies gentillettes qui à chaque fois dans une atmosphère « yéyé » proposent les mêmes séquences, les mêmes situations : jeux et danse sur la plage avec garçons torse nu et filles en bikini, baisers dans l’eau (la scène de baiser du film américain « Tant qu’il y aura des Hommes » est répliquée à l’infini), ruses des filles pour échapper à la surveillance de leurs parents, bagarres entre garçons etc. Et si aux Etats-Unis, ça se passe sur les plages d’Honolulu et en France à Saint-Tropez, en Egypte, c’est Alexandrie, le cadre obligé de ces films à l’ambiance estivale.

Sea, sex and sun. Topos de la modernité en ces années soixante et soixante-dix, la plage, la station balnéaire, sont des lieux emblématiques sur lesquels se focalisent tous les fantasmes, toutes les aspirations. Non sans naïveté, on a cette conviction qu’au bord de la mer, tous les verrous sautent, que tous les liens qui emprisonnent les individus se desserrent subitement. N’y voir rien de révolutionnaire cependant, comme si ces conduites que d’ordinaire la société réprouve, dans ce contexte balnéaire étaient accueillies avec une certaine bienveillance. Mais les règles du jeu sont clairement posées : ce qui est possible à la plage, ne l’est plus en ville. Au cinéma comme dans la réalité, ce séjour à la mer est une parenthèse enchantée. Certes, comme toutes les parenthèses, elle finira bien par se fermer mais en attendant, tout est possible ! Et ce constat vaut autant pour les sociétés occidentales que pour les sociétés arabes de l’époque. Certains diront sans doute que c’était l’effet pervers du colonialisme moribond poussant les ex-colonisés à adopter les modes de vie des ex-colonisateurs et que tout cela (Dieu merci ?) a bien changé !

En été il faut aimer date de 1974, c’est-à-dire qu’il appartient à la deuxième génération de ces comédies balnéaires. Rien n’a vraiment changé : à ma droite, une bande de garçons (4 dépressifs en convalescence), à ma gauche, une bande de filles (3 sœurs + 1 psychologue) : on se croise, on se rapproche, on échange, on s’embrasse et comme les auteurs ont veillé à ce que les deux bandes soient constituées exactement d’un même nombre d’individus, les événements et les êtres s’imbriquent parfaitement. Toute l’intrigue repose sur les stratagèmes mis en œuvre par les héros du film pour échapper à la surveillance des représentants de l’ordre, de la loi et de la morale. Pour les garçons, la figure de l’autorité à esquiver, c’est le médecin qui les accompagne, pour les filles, c’est leur père et pour les deux groupes c’est le gardien de l’hôtel toujours accompagné de son berger allemand. Mais l’élément central du film, c’est bien sûr le maillot de bain. Il est au centre de l’image : dans toutes les scènes de plage, la caméra s’attarde plus que nécessaire sur les bikinis portés par les héroïnes. Il est aussi au centre de l’intrigue : des vols de maillots de bain ont lieu dans l’hôtel et on suit toutes les étapes de l’enquête. 

Avec tous ces ingrédients, on a donc un divertissement très léger réalisé cependant avec un certain talent. C’est le second film de Mohamed Abdel Aziz et il y manifeste déjà des qualités qui conduiront certains critiques à le considérer comme le digne successeur de Fateen Abdel Wahab. Malgré la collection de lieux communs que nous offre cette comédie, on ne s’y ennuie jamais car la mise en scène est précise, le jeu des acteurs d’un naturel constant et surtout le rythme du film est enlevé sans être hystérique comme dans certaines comédies des années soixante (Je pense à celles avec les Trois Lumières du Music-hall,dont l’agitation lasse très vite). Enfin c’est toujours un plaisir de visionner ce qui constitue sans doute un cauchemar absolu pour les intégristes de tout poil. La satire du père autoritaire n’est pas d’une grande finesse mais le spectateur est bien content quand il apprend que c’est lui le pervers qui collectionne les maillots de bains de jeunes filles.

Ce qui est tout de même un peu étrange dans ce film et ce qui le distingue des autres de même facture, c’est l’âge des protagonistes. Ce ne sont plus des adolescents et notamment les personnages masculins semblent avoir tous dépassé la trentaine. Cette maturité explique sans doute pourquoi les auteurs ont privilégié les scènes de couples au détriment des scènes de groupes et ça c’est plutôt bien ! Même si parfois, on est un peu déconcerté de voir ces hommes adultes se comporter comme de jeunes garçons faisant l’expérience de leur premier flirt à la plage. 

Une dernière remarque : cette veine de la comédie balnéaire, que Max Pécas avait maintenue en vie dans le cinéma français des années quatre-vingt avec ses inénarrables Deux Enfoirés à Saint-Tropez ou bien On se calme et on boit frais à Saint-Tropez a été aussi réactivée par des cinéastes « sérieux » comme Eric Rohmer et plus récemment en Egypte par Mohamed Khan avec son ultime film Avant la cohue de l'été (Kabl Zahmet el Seif, 2015) ou bien en France, par Abdellatif Kechiche avec Mektoub My Love. On me rétorquera que tout cela n’a a aucun rapport. A voir…

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin


lundi 28 septembre 2015

Un homme qui a perdu l'esprit (Ragoul faqada 'aglahou, 1980)

رجل فقد عقلة
إخراج : محمد عبدالعزيز



Mohamed Abdel Aziz a réalisé Un homme qui a perdu l'esprit en 1980.
Distribution : Adel Emam (Zaki/Zico, le fils aîné), Farid Shawki (Ahmed), Soheir Ramzy (Suzy), Ekramy (Ekramy, le fils cadet), Karima Mokhtar (Fahima, l’épouse d’Ahmed), Isma Farid (la petite dernière), Rawaa El Kateb (Camelia), Rashwan Mustafa (le juge), Layla Fahmy (la tante de Suzy), Salama Elias (le cousin de Suzy), Sayed Tarabik (l’avocat de Zaki)
Scénario : Ali El Zorkani
Musique : Gamal Salamah
Production : Abbas Helmy

Farid Shawki

Karima Mokhtar et Ekramy

Soheir Ramzy et Layla Fahmy

Adel Imam

Layla Fahmy, Farid Shawki, Soheir Ramzy

Soheir Ramzy

Rawaa El Kateb

Soheir Ramzy



Résumé

Ahmed est un ingénieur d’âge mûr qui mène une existence très confortable. Il est marié et a trois enfants dont deux grands fils, Zaki et Ekramy, qui sont de célèbres joueurs de football. Ahmed est ce qu’on appelle un homme à femmes. Il collectionne les conquêtes. Son épouse préfère fermer les yeux sur ses escapades Un jour son dévolu tombe sur Suzy, une artiste de music-hall. Il lui offre une voiture et l’installe dans l’appartement qu’il a acheté pour recevoir ses « invitées ». Pour la séduire, il prétend être célibataire. Malgré sa générosité, Suzy se refuse toujours à lui. N’y tenant plus, Ahmed la demande en mariage. En espionnant leur père, Zaki et Ekramy sont au courant de toute l’affaire. Ils comprennent que cette nouvelle aventure peut mettre en péril toute leur petite famille et faire le désespoir de leur mère. Ils échafaudent un plan : Zaki entre en relation avec Suzy et la courtise, en se gardant bien de lui dire qu’il est le fils d’Ahmed. La jeune femme n‘est pas insensible à son charme. Zaki est déjà engagé auprès de Camilla à qui il a promis le mariage mais il est prêt à se sacrifier pour ramener le père prodigue dans le droit chemin. Celui-ci ne s’avoue pas vaincu : il annonce dans la presse le mariage de son fils avec Camilla si bien que Suzy revient vers lui et accepte de l’épouser. Tout est prêt pour la cérémonie, les invités sont tous présents mais il manque le futur marié. Il est dans son lit plongé dans un profond sommeil : Ekramy lui a administré un puissant somnifère. Suzy téléphone chez lui. C’est Ekramy qui décroche. Il se présente comme l’un des neuf enfants d’Ahmed. La jeune femme comprend que son prétendant lui a toujours menti, qu’il est marié et père de famille. Alors qu’elle désespère et que les invités s’impatientent, Zaki se présente à son domicile. Après une rapide entrevue, ils décident ensemble que Zaki prendra la place d’Ahmed et signera l’acte de mariage. Une fois les invités partis, le jeune marié invente une histoire extravagante pour échapper à son devoir conjugal. Le lendemain matin le père furieux fait irruption dans l’appartement et assomme d’un coup de poing son fils. 
Enfin, tout le monde se réunira pour une franche explication qui débouchera, contre toute vraisemblance, sur un étonnant happy end : Zaki divorce de Suzy et retrouve Camilla toujours aussi amoureuse de son footballeur, Ahmed semble guéri, pour un temps, de son infidélité chronique et Suzy est devenue l’amie de toute la famille !


Critique

Une petite comédie à l’égyptienne qui rappelle nos sympathiques navets des années soixante-dix. On retrouve parfois le style du Claude Zidi des Charlots ou des Sous-doués.  C’est aussi un sommet de l’esthétique kitch. A cet égard on appréciera tout particulièrement le numéro chanté et dansé de Soheir Ramzy  au début du film : elle se trémousse  dans des robes western (une nouvelle à chaque plan !) tandis que des danseuses en tenues de footballeuse passent et repassent en lançant des ballons. Détail pittoresque : le plateau est si étroit qu’on a l’impression que cela a été tourné dans un couloir (sans doute pour ne perdre aucun des ballons !). Kitch et Cheap, donc. A propos des robes de l’actrice principale, ma faveur va plutôt à celle qu’elle porte lors de son mariage raté : cela lui donne un petit côté pièce montée en pâte à sucre assez appétissant.
Pendant tout le film, Soheir Ramzy arbore un air chagrin comme si elle ne comprenait pas qu’elle jouait dans une comédie sans (vraiment aucune) prétention et que la bonne humeur y est de rigueur. Mais il est vrai que ce film nous parle de la condition féminine dans l’Egypte de la fin des années 70 et que le tableau n’est guère réjouissant (La seule manière de trouver un intérêt à cette comédie c’est de la considérer comme un document sociologique). Derrière son caractère très léger, Un Homme qui a perdu l’esprit nous montre à quel point hommes et femmes ne jouissent pas des mêmes droits ni des mêmes devoirs. La libération des mœurs que connaîtrait le pays dans les années 60-70 est toute relative. Au sein de la famille, rien n’a changé : la femme vit sous la férule du chef de famille dont l’égoïsme semble sans limite.  Mohamed Abdelaziz n’essaie même pas d’atténuer le caractère révoltant d’une telle situation en lui donnant une tonalité « romantique ». Il la filme dans toute sa crudité avec même parfois un certain cynisme. Par exemple, les deux fils du père volage vont tenter de rendre leur mère à nouveau désirable en lui faisant faire du sport et en la déguisant en danseuse de cabaret. Evidemment, l’échec est complet !  On en déduit que la première responsable de l’infidélité de l’homme, c’est la femme elle-même. L’homme jouit d’une liberté totale dans le domaine amoureux et la femme doit éviter de s’en offusquer : son mari pourrait lui imposer la présence d’une seconde épouse ou la répudier. L’infidélité du mari est donc toujours considérée comme un moindre mal. Dans le film, c’est vrai pour le père comme pour le fils. La fiancée de ce dernier ne lui tient pas rigueur de son mariage éclair avec Suzy, toute à la joie de le retrouver. Les femmes font preuve d’un amour exclusif qu’aucune épreuve ne peut entamer. Ainsi le happy end repose sur la versatilité des hommes (Ils finissent toujours par revenir !) et la constance des femmes (Elles ne bougent pas !)

Appréciation : 2/5
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

dimanche 27 avril 2014

Les 100 films les plus importants (11) Les années soixante-dix (3)

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants  de l’histoire du  cinéma égyptien. 

Les Années Soixante-dix (3) 

62) Al-Karnak (1975, Ali Badrakhan)
الكرنك
Avec Soad Hosni, Kamal El-Chanawi, Taheya Carioca, Nour El-Sherif
Après la défaite de 1967 face à Israël, tous les adversaires politiques de Nasser sont torturés dans des centres de détention. Des étudiants accusés d’être communistes sont ainsi arrêtés par le directeur du renseignement égyptien.
Scénario et dialogues : Ali Badrakhan, Mamdouh El Leithi, d’après Karnak café de Naguib Mahfouz. Ce dernier a écrit Karnak café un an après la mort de Nasser. Il y dresse un bilan très critique du «socialisme à l’égyptienne».



63) Al-Muzniboun (Les Fautifs, 1975, Saïd Marzouq)
المذنبون
Avec Adel Adham, Sohier Ramzy, Samir Ghanem, Hussein Fahmy, Kamal El Shanawi, Zubaida Tharwat, Tawfiq Aldakn
Le film dénonce la corruption qui sévit dans tous les secteurs de la société égyptienne. A sa sortie, Les Fautifs avaient provoqué la fureur des députés égyptiens et du ministre de la culture. Son exportation fut interdite et une commission fut chargée d’établir comment la censure avait pu autorisée sa réalisation. Ce qui n’empêcha pas le film d’être présenté au premier festival international de cinéma du Caire. Le film connut un succès considérable et fut nommé meilleur film de l’année 1976 par l’association des critiques égyptiens.
Le scénario est de Naguib Mahfouz.
Une actrice organise une fête chez elle. A la fin de la nuit, elle est retrouvée dans son lit, assassinée. La police interroge les dix hommes présents à cette fête. Ils sont tous innocents du crime mais l’enquête révèle qu’ils ont tous quelque chose à se reprocher. A la fin, on apprend que le meurtrier est le fiancé de l’actrice.
Les corrompus évoqués par le film sont :
-un directeur d’école qui vend les sujets d’examen à ses étudiants.
-un médecin qui pratique des avortements clandestins.
-un chef d’entreprise qui s’est enrichi grâce au marché noir et qui est devenu l’amant de la femme de son meilleur ami
-un producteur de films libanais qui fait de la contrebande d’or et qui couche avec de jeunes starlettes
-l’actrice elle-même qui jettent dans la débauche les filles dont elle a besoin pour ses fêtes.
-un directeur de coopérative gouvernementale qui utilise sa fonction pour s’enrichir et régaler ses amis.

Le réalisateur avait rétorqué à ses détracteurs : " L’industrie égyptienne du cinéma produit soixante-dix films par an. Tous affirment que la vie est merveilleuse et que notre société est en bonne santé. J’espère qu’on ne verra aucun mal dans le fait que l’un des soixante-dix films tente de présenter les vrais problèmes auxquels sont confrontées les masses."



64)  Awdat Al-Ibn Al-Dal (Le Retour de l'Enfant Prodigue, 1976, Youssef Chahine)
عودة الإبن الضال


Avec Chukry Sarhan, Hoda Soltan, Mahmoud El-Meliguy, Soheir El-Morshidy, Ali El Cherif, Hesham Selim, Ahmed Bedir, Ragaa Hussein, Sid Ali Kouiret, Magda El-Roomy, Salah Jahine, Ahmed Abdel Waress
Librement inspiré du roman d'André Gide (1907) pour le transposer dans l'Egypte de l'entre deux guerres.
Ali est libéré après 12 ans d’emprisonnement. Il est attendu dans le village de Mitchaboura par les siens, les Madbouly, propriétaires d’une petite entreprise et par les ouvriers, pour qui il représente l’espoir. Pour Ibrahim, le retour d’Ali, son oncle, doit lui permettre d’aller étudier à l’étranger, malgré l'opposition de son père. Pour Fatma, qui a tout sacrifié à l'amour qu’elle vouait à Ali absent, c’est la grande désillusion.



65) Da’irat Al-Intiqam (Le Cercle de la Vengeance, 1976, Samir Seif)
دائرة الانتقام


Avec Nour Al-Sherif, Mervat Amine, Shwikar, Youssef Chaabane
Quatre voleurs réussissent à s’emparer d’une somme d’argent considérable. Mais Gaber Abdel Wared, celui qui a réussi à percer le coffre-fort, est trahi par les trois autres. Il se retrouve en prison. Ses anciens camarades se sont partagé le butin et pendant des années ils vont mener l’existence heureuse des nouveaux riches. Quand Gaber sort enfin de prison, il n’a plus qu’une idée en tête : se venger.


66) Al-Saqa Matt (Le porteur d'eau est mort, 1977, Salah Abu Seif)
السقا مات


Avec Taheya Carioca, Ezzat El Alaili, Hassan Hussein, Nahid Jabr, Amina Rizk
L’hédoniste et le dépressif. Ce film évoque l’amitié entre deux hommes qui ont des visions de la vie totalement opposées.
L’un est un porteur d'eau dont la femme est morte il y a plus de vingt ans. Il s’est réfugié dans le souvenir et le deuil. Le second, employé aux pompes funèbres,  passe sa vie à  jouir de tous les plaisirs que cette existence lui offre car il sait que la mort viendra tout arrêter.



67)  Al-Mahfaza Mi’aya (Le portefeuille est avec moi, 1978, Mohamed Abdel-Aziz)
المحفظة معايا


Avec Noura (Naima), Adel Imam (Atwa), Samir Sabri (Shoukry), Salaah Nazmy (Fouad, le secrétaire), Omar El Hariri (Morsi), Tawfik Aldakn (Zizou) 
Atwa est un voleur à la tire qui opère dans tous les lieux où se presse la foule : dans les bus, dans les salles de cinéma ou au stade. Un jour, il retrouve Shoukry, un ami de jeunesse qui a une belle situation. Atwa lui demande de l’embaucher dans sa société. Shoukry refuse. Pour se venger, Atwa s’introduit dans les bureaux de la compagnie de son ami et parvient à dérober un document très compromettant.



68) Iskendriya Leih? (Alexandrie Pourquoi ? 1979, Youssef Chahine)
سكندرية ليه؟



Avec Mohsen Mohieddine (Ibrahim), Naglaa Fathy (Sarah), Farid Shawqi (le père de Mohsen), Mahmoud El-Meliguy (Qadry), Ezzat El Alaili (Shaker), Zouzou Hamdi El Hakim (La tante), Antic Melkior (Inspecteur Reagle)
Premier volet de la trilogie du réalisateur dans lequel il raconte sa jeunesse au sein de sa famille, de son école et de sa ville. 1942, Alexandrie. L'Egypte, sous la domination britannique, s'attend a la prochaine arrivée de troupes allemandes la bataille d'El-Alamein est imminente. Yehia, un adolescent passionné par le cinéma américain, veut devenir acteur et prépare un spectacle avec ses camarades du lycée catholique.



jeudi 29 août 2013

Mais il reste quelque chose (Walaken Chahi Ma Yabqa - 1984).


ولكن شيئا ما يبقى
إخراج : محمد عبدالعزيز



Mais il reste quelque chose a été réalisé par Mohamed Abdel Aziz en 1984
Distribution : avec Mahmoud Abdel Aziz, Madiha Kamel, Noura, Ali Al Sherif, Saïd Saleh, Ibrahim Kadri, Qadria Kamel
Scénario et dialogues : Ahmad Saleh
Musique : Gamal Salamah
Production : les films Badi Sobih


Madiha Kamel et Mahmoud Abdel Aziz
          

 
Noura
                                                                                                                                


Ali Al Sherif
                          


Résumé

Aziz  (Mahmoud Abdel Aziz) et Zina (Madiha Kamel)  sont de sympathiques petits escrocs vivant d’amour et de larcins. Un jour, Aziz se rend au tribunal. Il a accepté de fournir un faux témoignage pour obtenir  la libération d’un inculpé. L’affaire qui précède la sienne l’intéresse beaucoup. C’est celle de Mona (Noura), une jeune femme handicapée, héritière d’un riche domaine. Elle est en procès avec son homme d’affaires qui s’est montré indélicat. Le tribunal lui donne raison mais elle doit trouver au plus vite un nouveau gérant  Aziz comprend tout de suite le profit qu’il peut retirer de cette situation  Il parvient à entrer en contact avec la jeune femme et il la met aussitôt en confiance. Ensuite, les événements vont aller très vite : Aziz fait passer Zina pour sa sœur et s’installe au domaine avec elle. Il obtient une procuration pour gérer la propriété. Le plan fonctionne à merveille. Mais progressivement, Aziz tombe amoureux de Mona. Il l’épouse. Il continue pourtant à rassurer Zina sur ses sentiments véritables mais celle-ci est de moins en moins dupe. Lors d’une sortie en discothèque, sous les yeux d’Aziz, elle flirte avec un ancien prétendant de Mona (Saïd Saleh). Au retour, Aziz fait irruption dans la chambre de Zina et laisse éclater sa jalousie. Ils passent la nuit ensemble. Après cet incident, la vie au domaine reprendra son cours : Aziz s’investit toujours plus dans les différentes entreprises du domaine et l’amour qu’il ressent pour Mona ne cesse de croître. Ils veulent avoir un enfant mais Mona apprend qu’elle est stérile. La cohabitation avec Zina est de plus en plus difficile. Elle menace de tout révéler. Aziz n’y tient plus : il avoue tout à Mona et quitte le domaine. Il rompt aussi avec Zina qui est pourtant enceinte de lui. Les mois passent. Un jour, on avertit Aziz que Zina est à l’hôpital pour accoucher. Il s’y rend aussitôt. Là, il retrouve Mona qui est très préoccupée. L’accouchement s’annonce mal. Effectivement, Zina meurt en donnant naissance à un petit garçon. Une fin tragique pour la maman mais un bienfait pour le scénario ! Plus rien ne s’oppose au bonheur de Aziz et de Mona : ils se réconcilient et élèveront tous les deux l’enfant qu’ils ont tant désiré avoir ! La morale est sauve !  Enfin !


Critique

 Le début est bien sympathique : un peu dans l’esprit de la comédie italienne, le cinéaste évoque le quotidien d’un couple sans scrupule qui n’hésite pas à voler les mères de famille pour se payer du bon temps. Avec l’apparition de l’héritière, on bascule dans le drame psychologique. Et c’est uniquement grâce au talent de Madiha Kamel et de Mahmoud Abdel Aziz que le spectateur ne sombre pas dans l’ennui le plus noir. A l’instar de beaucoup de réalisations des années quatre-vingt, filmé comme un sitcom fauché .

Appréciation : 2/5
**
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin