vendredi 28 novembre 2014

Sabah (1927-2014)

صباح


L’actrice et chanteuse libanaise Sabah est morte mercredi dernier à l’âge de 87 ans dans sa chambre de l’hôtel Comfort près de Beyrouth.
Jeanette Gergis Al-Ferhal qui prit le pseudonyme de Sabah (Matin en Arabe) et qu’on surnomma Al Shahroura (L’oiseau chantant) était l’une des figures les plus célèbres de l’âge d’or de la musique et du cinéma arabes.
Elle se lance dans la chanson dès 1940. Elle enregistre plus de 3000 chansons et une cinquantaine d’albums. Elle reprend notamment des airs traditionnels libanais et des compositions des frères Rahbani (Assy Rahbani épousera l’autre grande chanteuse libanaise, Fairuz.), de Baligh Hamdi (qu’elle épousera) et de Mohamed Abdel Wahab.

Chanteuse au Liban, actrice en Egypte. C’est Henry Barakat qui  lui fait faire ses premiers pas au cinéma en lui donnant un rôle dans son film le Cœur n’a qu’un Seul Amour (Al Qalb lahou Wahid, 1945).
Jusque dans les années 60, elle va enchaîner les tournages. Certaines années, on peut la voir dans pas moins de six films !
Dans sa filmographie pléthorique, on peut citer :
Le Secret de mon Père de Walli Eddine Sameh  (Sirr Abi, 1947)
Le Premier Regard de Niazi Mostafa  (Awwal Nazrah, 1947)
Ighraa de Hassan al Imam (Ighraa, 1958) 
La Rue de l’Amour d’Ezzel Dine Zulficar (Charia al Houb, 1958)
Les Rebelles de Mahmoud Zulficar (El Motamarreda, 1963)
Les Mains Douces de Mahmoud Zulficar (Al Aydi al Naimah, 1964)


Elle a été mariée 9 fois. L’un de ses maris fut Rushdi Abaza qu’elle quitta quelques jours après les noces. La presse de l’époque révéla que l‘acteur égyptien avait épousé Sabah sans avoir  divorcé de sa précédente épouse, Samia Gamal. 


«La plupart de mes mariages ont duré 5 ans. Au bout de la cinquième année, je deviens folle! Ces hommes ont tous voulu gérer ma vie et ma carrière. En contrepartie, ils ne m’offraient rien», a-t-elle déclaré à l’Orient-Le Jour

Sa générosité était légendaire. On l’appelait « Madame la Banque ».

Ses obsèques auront lieu dimanche à Beyrouth.

Sources : L'Orient le jour ; Al Ahram

mardi 18 novembre 2014

Madame Sokkar (Sokkar Hanem, 1960)

سكر هانم
إخراج : السيد بدير




El Sayed Bedeir a réalisé Madame Sokkar en 1960.
Le scénario est signé Abou Al Seoud Al Ebiary, d'après la pièce du Britannique Brandon Thomas, La Tante de Charley (1892).
Distribution : Abdel Moneim Ibrahim (Sokkar), Omar El-Hariri (Farid), Kamal Al Shennawi (Nabil), Samia Gamal (Layla), Cariman (Salwa, la cousine de Layla), Mohamed Shawky (le domestique de Nabil et de Farid), Laila Hamdy (Fikaya, la servante de Layla et de Salwa), Hassan Fayek, (Qadari, le père de Nabil) Abd El Fatah El Kosary (Maître Chahine, le père de Layla)
Musique : Mounir Mourad
Production : Les Films Mansoura
Omar El Hariri et Kamal Al Shennawi

Samia Gamal et Cariman

Mohamed Shawky

Laila Hamdy et Mohamed Shawky

Samia Gamal et Cariman

Omar El Hariri et Kamal Al Shennawi

Hassan Fayek et Kamal Al Shennawi

Cariman, Abdel Moneim Ibrahim, Samia Gamal

Abdel Moneim Ibrahim et Cariman

Abdel Moneim Ibrahim et Samia Gamal

Kamal Al Shennawi et  Abd El Fatah El Kosary

Abdel Moneim Ibrahim et Cariman

Hassan Fayek et Abdel Moneim Ibrahim

Résumé

Farid et Nabil, deux célibataires, sont tombés amoureux de leurs voisines, Layla et Salwa. Ces deux cousines vivent avec le père de Layla, un homme autoritaire et jaloux. Les deux garçons cherchent un moyen pour attirer les deux jeunes filles dans leur appartement. L’arrivée prochaine d’une tante de Farid leur donne une idée. Ils invitent Layla et Salwa pour une petite fête en l’honneur de cette tante richissime qui vient du Brésil. Malheureusement, la parente de Farid n’arrive pas à la date convenue. Ils parviennent à convaincre Sokkar, un camarade, de se travestir en femme et de se faire passer pour la dame tant attendue. Les deux cousines peuvent alors sans crainte s’introduire chez leurs deux jeunes voisins. Entre Sokkar et les deux invitées, la sympathie est immédiate. Devant ses deux compères réduits à l’impuissance, le garçon travesti en profite pour embrasser et cajoler les deux jeunes femmes bien au-delà de ce que la politesse autorise. Le père de Nabil et celui de Layla entrent dans la danse. Tous les deux tombent amoureux de la fausse tante. Sokkar doit se dérober aux marques d’affection des deux papas sans révéler sa véritable identité. Et la situation se complique encore avec l’arrivée de la véritable tante.


Critique

Quand on évoque le thème du travestissement dans le cinéma égyptien, on pense avant tout au film de Fateen Abdel Wahab, Mademoiselle Hanafi (1954) avec Ismail Yassin, film qui symbolise dans le monde arabe la comédie populaire des années cinquante. Madame Sokkar repose sur le même procédé et poursuit le même but : faire rire en se jouant des tabous de la morale traditionnelle. Moins célèbre que son illustre prédécesseur, ce film nous offre pourtant des scènes fort réjouissantes. Ici, c’est Abdel Moneim Ibrahim qui est contraint de se déguiser en femme pour rendre service à deux de ses camarades . Et il va en profiter pour renverser la situation à son avantage. Il ne perdra aucune occasion pour caresser et embrasser les chéries de ses deux amis. Ceux-ci devront assister à leur infortune en spectateurs impuissants puisque toute intervention de leur part conduirait au dévoilement de leur stratagème. Paradoxalement, cette version égyptienne de la comédie britannique Aunt’Charley est beaucoup plus hardie que son modèle. Le réalisateur et son scénariste (Abou Al Seoud Al Ebiary) multiplient les scènes équivoques, voire scabreuses et parfois on n’est pas très loin du ton de Certains l’aiment chaud (1959) de Billy Wilder.


Appréciation : 3/5
***

Les adaptations cinématographiques, plus ou moins fidèles, de la farce de Brandon Thomas sont innombrables. A titre d’exemple, citons : 

en France, La Marraine de Charley de Pierre Colombier (1935) avec Lucien Baroux, Marguerite Moreno et Julien Carette.

 

en Grande-Bretagne, Charley's (Big-Hearted) Aunt de Walter Forde (1940) avec Arthur Askey

 

 



en Argentine, La Tia de Carlos de Leopoldo Torres Rios (1946) avec Pedro Quartucci, Francisco Alvarez, Amanda Varela



Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

dimanche 16 novembre 2014

Le centenaire d'Henry Barakat

هنري بركات



Le réalisateur Henry Barakat aurait eu cent ans cette année (1914-1997). Le Festival International du Film du Caire lui rend hommage : projection du Péché (1965), considéré comme son chef d’oeuvre, exposition au Hanager Arts Center qui retrace sa vie et son œuvre, publication d’une biographie écrite par le critique Magdy El Tayeb.
Durant sa carrière, Henri Barakat a réalisé plus d’une centaine de films. Dans la liste des cent meilleurs films égyptiens de tous les temps, son nom est parmi les trois les plus souvent cités (les deux autres sont Youssef Chahine et Salah Abou Seif).
Sa filmographie est d’une diversité extrême : les œuvres politiques, historiques alternent avec des comédies légères sans prétention. Dans les années soixante-dix, il devient le représentant le plus convaincant de la comédie romantique à l’américaine. Il a accompagné, voire devancé la libération des mœurs que connaît à l’époque la société égyptienne. La condition féminine est son sujet de prédilection. Dans ses films, nous retrouvons souvent l’actrice Faten Hamama qui incarne pendant plus de trente ans un grand nombre de ces femmes qui tentent de se libérer des entraves qu’un système archaïque leur impose.

Quelques-unes de ses œuvres les plus connues (outre celles déjà mentionnées dans ce blog) :

Si j'étais riche (Law kunt ghani, 1942)

Mademoiselle Diablesse (Afrita Hanem, 1949)

Le Prince de la Vengeance, "Le Comte de Monte-Christo" (Amir Al Intiqam, 1950)

Le Rivage de l'Amour (Chati' al-gharam, 1950)

C'est bien ma chance (Ma'lich ya zahr, 1950)

Je suis seule (Ana wahdi, 1952)

La Mélodie éternelle (Lahn el khouloud, 1952)

Mon coeur pour mon enfant (Qalbi ala waladi, 1953)

C'est arrivé une nuit (Hadassa Zata Laila, 1954)

Jours et Nuits ( Ayyâm wa layâlî, 1955)

L'Histoire de mon amour (Qissat Houbbi, 1955)

Filles d'aujourd'hui (Banat Al Youm, 1956)

Je n'ai que Toi (Malish gherak, 1958)

A Notre Rencontre (Hatta Naltaqi, 1958)

L'Appel du Courlis (Doa al Karawan, 1959)

Le Rivage de l'Amour (Chati' al-hub, 1961)

Un Homme Dans Notre Maison  ou Un Homme chez Nous (Fi Baitina Rajul, 1961)

Un Jour sans lendemain (Yom bala Ghaden, 1962)

La Porte Ouverte (El Bab el Maftuh, 1964)

Le Péché (El Haram, 1965)

Des Bouches et des Lapins (Afwah wa aranib, 1977)

Souviens-Toi de Moi (Idhkourini, 1978)


mardi 11 novembre 2014

Festival International du Film du Caire (Egypte)

  مهرجان القاهرة السينمائي الدولي في دورته الـ36


Visage de Nadia Lutfi

La 36ème édition du Festival International du Film du Caire s’est ouvert dimanche 9 novembre avec la projec­tion du film The Cut du réalisateur allemand d’origine turque, Fatih Akin, sur le génocide arménien. 
16 films représentant 14 pays concou­rent cette année pour la Pyramide d’or, qui sera attribuée le 18 novembre à l’Opéra du Caire.
L’Egypte sera présente en com­pétition officielle avec le long métrage The Gate of Departure du réali­sateur Karim Hanafi
Le jury international est présidé par la comédienne égyp­tienne Yousra.




Une nouveauté : la Semaine de la Critique présidée par le Tunisien Khemais Khayati.
 Enfin, lors de cette édition, cinq personnalités recevront le Prix Naguib Mahfouz pour l’ensemble de leurs oeuvres. Ce sont le réalisa­teur allemand Volker Schlöndorff, le cinéaste marocain Noureddine Sail, l’ancien ministre français de la Culture, Jack Lang, le réalisa­teur d’animation ita­lien Simone Massi, et la comédienne égyp­tienne Nadia Lutfi.

vendredi 7 novembre 2014

Mariam Fakhr Eddine (1933-2014)

مريم فخر الدين

 L'actrice Mariam Fakhr Eddine s’est éteinte lundi 3 octobre, à l’âge de 81 ans, dans un hôpital du Caire, après un mois passé dans le coma. 


Elle est née le 1er Août 1933 d’un père égyptien et d’une mère autrichienne. En 1950, elle remporte le concours du plus beau visage, concours organisé par une revue française.Elle fera la couverture de nombreux magazines et c'est ainsi que des gens de cinéma vont s'intéresser à elle. En 1951, elle tourne son premier film «Une nuit d’amour» (Lailat gharam d'Ahmed Badrakhan). Le succès est considérable. Sa carrière est lancée. En soixante ans, elle jouera dans plus de 240 films.
Elle se mariera quatre fois. Dans une interview, elle déclare : «Pour moi, les hommes sont tous pareil, c’est pour ça que me marier avec l’un plutôt qu’avec l’autre ne changeait rien pour moi".
A 18 ans ans, elle épouse l'acteur et réalisateur Mahmoud Zulficar (1914-1970). Elle le quitte huit ans plus tard, ne supportant plus sa cruauté et sa violence.
A la fin de sa vie, son franc-parler et ses jugements à l'emporte pièce faisaient le bonheur des journalistes qui venaient l'interroger. "Je fus réellement une idiote, car j’aurais dû épouser un milliardaire. Qu’est ce que j’ai gagné du cinéma ? Pas grand-chose. Et le peu que j’ai gagné je l’ai dépensé pour ma famille" !

Parmi ses films les plus connus, on peut citer :

La Bonne Terre (el ard el tayeba) de Mahmoud Zulfikar (1954)   

Le Tintement du Khoulhal (Rannat al khoulkhal) réalisé par Mahmoud Zulfikar (1955)

La Petite Poupée (El aroussa el saghira) réalisé par Ahmed Badrakhan (1956)

Nuits sans sommeil (La anam) réalisé par Salah Abou Seif (1957)

Rends-moi mon âme (Rouda qalbi) réalisé par Ezzel Dine Zulfikar (1957)

 Je n'ai que Toi (Malish gherak) réalisé par Henry Barakat (1958)

 La lumière de la nuit ( Nour el lail) réalisé par Raymond Nassour (1959)

 Crime d'Amour (Gharimet hub) réalisé par Atef Salem (1959)

Histoire d'amour (Hikayat houb) réalisé par Helmy Halim (1959)

Le Béni (Elmabrouk) réalisé par Hassan Reda (1959)

Le Géant (El Imlak) réalisé par Mahmoud Zulfikar (1960)

Ange et Démon (Malak wa Chaytan) dirigé par Kamal Sheikh (1960)

Rencontre au crépuscule (Liqa fil ghouroub) réalisé par Saad Arafa (1960)

Adieu mon amour (wedan ya hob) réalisé par Houssam Al-Din Mustafa (1960)

Les Filles et l'Eté, premier volet (Albanat wal Saif) réalisé par Ezzel Din Zulfikar (1960)

Avec les Souvenirs (Ma' al-dhikrayat) réalisé par Saad Arafa (1961)
 
Un Jour sans lendemain (Yom bala Ghaden) réalisé par Henry Barakat (1962)

Le Château Maudit (al qasr al mal'oun) réalisé par Hassan Reda (1962)

Le Prix de l'Amour (Thaman el hub) réalisé par Mahmoud Zulfikar (1963)

Le Moineau (El Asfour) réalisé par Youssef Chahine (1972)

Pieds nus sur un pont d'or  (Hafiya ala al-Dhahab) réalisé par Atef Salem (1976)

Triste Oiseau de la Nuit ( Tayr el leile el hazine) réalisé par Yahia El Alamy (1977)

La Voleuse Millionnaire (Al melionira al nachala) réalisé par Seif Eddine Shawkat (1978)

Histoire en deux mots (Hikayah fi kalimatayn) réalisé par Hassan Ibrahim (1985)

 Les Anges des Rues ( Malaaket el shawara) réalisé par Hassan El Seifi (1985)


Une mission très difficile (Mohema saaba gidan) réalisé par Hussein Omara (1987)

 






dimanche 2 novembre 2014

Monsieur Omar (Si Omar, 1941)

سي عمر
 إخراج : نيازى مصطفى



Niazi Mostafa a réalisé Monsieur Omar en 1941.
Distribution : Zouzou Chakib (Lola, la sœur d’Omar), Naguib Al Rihani (Gaber/Omar), Mohamed Kamal El Masry (Gamil Bey, l’oncle d’Omar), Abd El Fatah El Kosary (Abdul Majid Sattour, le complice de Berlanta), Mimi Chakib (Berlanta), Stefan Rosti (l’avocat), Serag Mounir (le cousin d’Omar), Eglal Zaki (la chanteuse), Ali Kamal (l’employé indélicat), Mary Moneib (la tante d’Omar), Victoria Hobeika (la mère d’Omar), Abdel Aziz Khalil (le directeur de la pension), Abdel Aziz El Gahely (le vieux serviteur), Ali Abd El Al (le commerçant), Ahmed Shoukry (l’astrologue indien), Abdel Aziz Al Ahmed (Kawara, le voleur de rue), Eskandar Menassa (le traducteur de l’astrologue)
Scénario : Naguib Al Rihani et de Badie Khairy d’après la pièce du premier Si j’étais beau (1938). Musique : Mohamed Hassan Al Shugai, Riad Al Sonbati, Badyah Sadek, Ibrahim Hussein, Mohamed El-Kahlawy

Mohamed Kamal El Masry

Naguib Al Rihani et Naguib Al Rihani

Mary Monuib

Abd El Fatah El Kosary

Abdel Aziz Ah Ahmed et Naguib Al Rihani

Mimi Chakib

Naguib Al Rihani

Abd El Fatah El Kosary et Naguib Al Rihani


Résumé

Gaber est un modeste employé travaillant dans l’exploitation agricole du très puissant Omar Al Alfy. Un jour il découvre dans les comptes du domaine de nombreuses irrégularités. Il en informe la direction. On le licencie aussitôt. Gaber décide de monter au Caire pour trouver du travail. Dans le train il se retrouve en compagnie d’une jeune femme très séduisante et d’un homme à la mine patibulaire. Ce dernier est un chef de gang du nom d’Abdel Majid Satour. Il est recherché par la police et pour échapper à l’arrestation en gare du Caire, il glisse un collier de très grande valeur dans la poche de Gaber. La jeune femme a surpris la manœuvre du voleur. En descendant du train, Abdel Majid Satour est intercepté par la police. La jeune femme en profite pour entraîner chez elle Gaber afin de récupérer le collier. Elle parvient à faire croire au pauvre employé qu’elle est la propriétaire de ce bijou et qu’elle pourrait très bien le dénoncer pour ce vol. Gaber la supplie de n’en rien faire. Cette femme qui se prénomme Berlanta est à la fois amusée et intriguée par sa « victime ». Elle est amusée par sa naïveté mais aussi intriguée par sa ressemblance frappante avec le milliardaire Omar Al Alfy dont elle prétend être l’épouse mais qui vit depuis plus de vingt en Inde. Elle est bien décidée à exploiter cette similitude. En attendant, Gaber se retrouve à la rue, ne sachant où dormir, et c’est la malchance qui le poursuit impitoyablement : il tombe entre les griffes d’un voleur qui le dépouille de tout ce qu’il possède, puis il se retrouve nez à nez avec Abdel Majid Satour. Ce dernier est très heureux de cette rencontre : il a cherché Gaber dans tous les hôtels de la ville afin de récupérer son collier. Quand Satour comprend que Gaber ne l’a plus, il décide de le séquestrer dans son repaire. Il va même le forcer à devenir un voleur comme lui. Un jour, Gaber voit par la fenêtre Berlanta monter dans une voiture. Avec Satour, il décide de la suivre. C’est ainsi qu’ils se retrouvent devant le palais de la famille d’Omar Al Alfy. Les domestiques qui les reçoivent sont convaincus d’être en présence de leur maître de retour après une si longue absence…
Les femmes du clan fêtent le retour de l’enfant prodigue. En revanche, le vieil oncle du richissime entrepreneur ne se laisse pas abuser. Il est vrai que ce retour n’arrange pas ses affaires. Il rêve de voir son fils épouser la sœur d’Omar afin de mettre la main sur toute la fortune du « disparu ». Il finit par surprendre une discussion entre Gaber et son « épouse » qui lève tous ses doutes. Les choses pourraient mal tourner pour Gaber mais il réduit l’oncle au silence en le menaçant de révéler toutes ses malversations et autres opérations douteuses. C’est alors qu’apparaît le véritable Omar. Après une série de quiproquos, le happy end est de rigueur : les voleurs sont arrêtés et Gaber épouse la sœur de son ex-employeur.

 
Critique

Naguib Al Rihani est considéré comme le père de la comédie égyptienne. Il crée sa compagnie théâtrale en 1910 et commence sa carrière cinématographique en 1931 comme réalisateur et acteur avec un film qu’il co-réalise avec Stephan Rosti Sahib Al Saada . 
Si Omar est la deuxième collaboration entre Naguib Al Rihani et Niazi Mostafa. La première était Salama fi Khair (Salama va bien, 1937) qui figure dans la liste des cent meilleurs films de l’histoire du cinéma égyptien. La réputation de Salam fi Khair a rejeté dans l’ombre Si Omar et c’est injuste.

Si Omar se compose de deux parties très différentes l’une de l’autre. Dans la première heure du film, on assiste à l’arrivée de Gaber au Caire après son renvoi. Il tombe sous la coupe du terrible Abd Al Majid Satour et progressivement devient son complice. Niazi Mostafa a fait ses études cinématographiques en Allemagne et l’influence de certains cinéastes européens est évidente dans la manière d’évoquer le petit peuple, honnête ou pas, de la capitale égyptienne. Les scènes se déroulant dans le repaire d’Abd Al Majir Satour rappellent aussi bien le réalisme poétique français que l’expressionnisme allemand.
La seconde partie se passe dans un lieu unique : Gaber et son mentor s’installent dans l’hôtel particulier de la famille de Si Omar. Nous retrouvons l’atmosphère des comédies conventionnelles se déroulant dans un milieu aisé avec domestiques, jeunes femmes élégantes et messieurs en smoking. Le tout est un peu théâtral. Bien que plus faible que la première, c’est toujours cette seconde partie que l’on présente dans les synopsis et résumés du film, comme si tout ce qui précédait n’était qu’une longue entrée en matière.
Concernant cette différence étonnante entre les deux moitiés du film, le site Elcinema, souvent bien informé, propose une explication : Niaizi Mostafa n’aurait réalisé que la première partie car les vicissitudes de l’époque (nous sommes en 41) l’auraient contraint à céder son poste à Naguib Al Rihani qui termina Si Omar. Naguib Al Rihani est un comédien exceptionnel et il le montre encore dans ce film. C’est en revanche un réalisateur de second rang qui n’a pas le talent et/ou le savoir-faire de Niazi Mostafa.

Appréciation : 3/5

***

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin