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mercredi 15 octobre 2025

J’aime les erreurs (Uhibu alghalt, 1942)

أحب الغلط
إخراج : حسين فوزي













Hussein Fawzi a réalisé J'aime les erreurs  en 1942.
Distribution : Taheya Carioca (Badawya), Hussein Sidqi (docteur Alawi), Fouad Shafik (le cinéaste Rifqi), Ferdoos Mohamed (la mère de Badawya), Anwar Wagdi (Mamdouh, le frère de lait de Badawya), Amina Sherif (Nahed, la fiancée de Mamdouh), Ismail Yassin (Hassouneh, l’assistant de Rifqi), Menassa Fahmy (Shawkat Pacha), Gina (danseuse), Amal Hussein (chanteuse)
Scénario : Hussein Fawzy
Dialogues : Badie Khairy
Paroles des chansons : Abdel Halim Noweira, Abdel Aziz Salam, Bayram Al Tunisi
Musique : Farid Ghosn, Abdel Halim Noweira
Production : Emile Yazbek

Taheya Carioca et Hussein Sidqi



Ismaïl Yassin



Fouad Shafik



Ismaïl Yassin, Ferdoos Mohamed, Taheya Carioca



Taheya Carioca



Taheya Carioca et Hussein Sidqi



Taheya Carioca et Hussein SIdqi



Anwar Wagdi et Ferdoos Mohamed
















Résumé

Badawya est une jeune danseuse et chanteuse qui rêve de gloire. Quand elle apprend que le cinéaste Rifqi cherche une nouvelle artiste pour incarner Cléopâtre dans son prochain film, elle décide de se rendre chez lui. Au bas de l’immeuble, elle croise un homme avec qui elle a une violente altercation. Elle finit même par jeter des pierres sur la voiture de l’individu et le pare-brise éclate en mille morceaux. Elle ne sait pas que cet homme, c’est justement Rifqi. Après cet incident, elle entre dans l’immeuble et s’introduit dans l’appartement du jeune docteur Alawi. Croyant être en présence du cinéaste, elle chante et danse devant lui. Son spectateur manifeste bruyamment son admiration mais l’informe de son erreur. Il accepte néanmoins de la conduire au studio où travaille Rifqi. Quand ce dernier voit son agresseuse, il la chasse aussitôt. Qu’à cela ne tienne : sur les conseils d’Alawi, Badawya improvise un spectacle dans la rue. Sa voix et sa danse captivent les passants — et finissent par convaincre Rifqi. Elle sera sa Cléopâtre. Badawya se rend aussitôt chez elle pour annoncer à sa famille la bonne nouvelle : sa mère ainsi que Mamdouh, son frère de lait et Nahed, sa fiancée, sont ravis pour elle.

Dès le lendemain matin, l’assistant de Rifqi vient chercher Badawya pour la conduire au studio où elle doit commencer à répéter les chansons et les danses du film. Malgré ces longues séances de travail, la jeune artiste continue à voir Alawi et ils sont tombés amoureux l’un de l’autre. Le film sort enfin et c’est un triomphe. Badawya est devenue une star. Alawi, plus épris que jamais, la demande en mariage. Mais le père du jeune homme est un aristocrate qui ne plaisante pas avec l’honneur. Il refuse que son fils épouse une danseuse. Il fait irruption chez celui-ci et menace de le déshériter. Alawi refuse de céder à la volonté de son père. Ce dernier sort furieux de l’appartement et s’effondre dans la cage d’escalier, victime d’un malaise cardiaque. Au même instant, Rifqi et Badawya entrent dans l’immeuble et découvrent le vieil homme. Ils le transportent chez le cinéaste sans savoir qui il est. Badawya est restée au chevet du vieil homme jusqu’à ce qu’il se rétablisse. Le Pacha n’a pas caché toute la gratitude qu’il éprouvait pour son « infirmière ». Il avoue qu’il aurait aimé que son fils épouse une femme comme elle mais malheureusement, celui-ci s’est entiché d’une mauvaise femme, une danseuse qui fait du cinéma. Ces déclarations mettent dans l’embarras Rifqi et Badawya, et quand le vieillard les quitte, la jeune femme est atterrée. Elle décide de rompre avec Alawi.

Pour cela, elle lui fait croire qu’elle flirte avec Mamdouh, son frère de lait. Le jeune médecin ignore leur parenté et il est convaincu qu’ils ont entamé une liaison amoureuse. Et quand il les surprend dans un cabaret en train de filer le parfait amour, il devient fou de rage. Il gifle son ex fiancée et assomme son prétendu rival. Par la suite, Alawi sombre dans l’alcool puis se résigne à retourner dans le domaine de son père. C’est alors que Rifqi et Badawya s’installent dans une propriété voisine de celle du pacha pour tourner un nouveau film. La presse annonce ce nouveau tournage et c’est ainsi que le père d’Alawi découvre que la jeune femme qui l’a sauvé et la danseuse aimée par son fils sont une seule et même personne. Conscient de son erreur, Il décide d’inviter Badawya et ses amis chez lui. Pour faire une surprise à Alawi, ils arrivent tous déguisés et révèlent les uns après les autres leur véritable identité. Réconciliation générale.


Critique

 Ce long-métrage est le deuxième d’Hussein Fawzi et il n’est pas encore le maître de la comédie musicale qu’il deviendra quelques années plus tard aux côtés des deux grandes artistes Sabah et Naïma Akef. Ici, la vedette féminine, c’est Taheya Carioca, danseuse de grand talent qui se révèlera au fil des tournages une actrice exceptionnelle. Après celui-ci, elle jouera sous la direction d’Hussein Fawzi dans trois autres films, en 1944 et 1945, puis dans un tout dernier en 1961.

Hussein Fawzi aime les actrices et les acteurs, la danse et le chant, la comédie et le mélodrame, bref le spectacle. Ce film le prouve à maintes reprises et notamment dans l’une des séquences les plus réussies, celle où l’héroïne incarnée par Taheya Carioca tourne un péplum évoquant les derniers épisodes de la vie de Cléopâtre. Dans cette séquence muette et entièrement dansée, Taheya Carioca incarne la reine d’Egypte avec une aura qui la hisse au niveau des autres grandes stars qui ont endossé ce rôle mythique, avant elle ou après elle. Malheureusement, « J’aime les Erreurs » révèle bien des insuffisances et on se dit que ce titre ne vaut pas que pour l’héroïne.

D’abord, le scénario manque singulièrement de rigueur : il multiplie les quiproquos et les hasards heureux, sans aucun souci de vraisemblance. Mais le plus gênant, c’est certainement l’interprétation de Taheya Carioca, mise à part sa magnifique prestation en Cléopâtre. Diction traînante, élocution trop appuyée, absence de naturel… autant de défauts étonnants chez une actrice qui nous a si souvent montré combien elle savait jouer juste, se gardant de toute emphase. Un problème de direction d’acteurs ?

L’histoire d’amour impossible entre la vedette de cinéma d’origine modeste et le jeune médecin de bonne famille est bien trop conventionnelle pour nous émouvoir. En revanche, nous avons beaucoup apprécié l’hommage au cinéma à travers la reconstitution d’un tournage avec ses techniciens, ses vedettes et ses figurants. Le duo comique formé par Fouad Shafik en réalisateur exalté, et Ismaël Yassin en assistant zélé, apporte une énergie burlesque qui à nos yeux sauve le film.

On est frappé enfin par la splendeur des images. Rien d’étonnant à cela, le chef opérateur est Ahmed Khorshed que l’on retrouve au générique d’un grand nombre de classiques du cinéma égyptien. Un maître de la photographie ! Nous ne le répéterons jamais assez : le pouvoir de fascination du cinéma égyptien de l’âge d’or repose en très grande partie dans l’incroyable talent de ses chefs opérateurs.

Appréciation : 3/5
***

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

mercredi 31 mai 2023

La Rue du Polichinelle (Share'e Al-Bahlawan, 1949)

شارع البهلوان
إخراج : صلاح ابو سيف


Salah Abou Seif a réalisé La Rue du Polichinelle en 1949.

Distribution : Camilia (Amina Shawkat), Kamal El Shennawi (Saïd), Lola Sedky (Mervat), Hassan Fayek (Kamel), Ismail Yassin (Khamis), Zinat Sedki (Zahira), Abdel Hamid Zaki (Ibrahim), Elias Moadab (le propriétaire de l’appartement), Hassan Kamel (le médecin), Gracia Qassin (la tante de Saïd), Mohamed Abu El Saoud (le chef cuisinier), Abdel Moneim Ismail (le policier), Hosna Solomon (la servante), Aly Abd El Al (l’amoureux d’Amina)
Scénario : Salah Abou Seif, Ali El-Zorkani, Abdel Halim Morsy
Musique : Fathy Qoura, Mohamed Hassan Al Shugai
Production : les films Gabriel Talhami

Lola Sedky



Kamal Al Shennawi et Camilia



Kamal Al Shennawi et Camilia



Kamal Al Shennawi et Hassan Fayek



Zinat Sedky et Shafiq Nour El Din



Ali Abd El Al et Kamal Al Shennawi



Abdel Hamid Zaki et Hassan Fayek



Gracia Qassin



Ismaïl Yassin et Hosna Suliman

















Résumé

   Saïd, Kamel et Ibrahim sont trois amis qui dirigent ensemble une grande entreprise. L’histoire commence le jour du mariage d’Ibrahim avec une jeune femme prénommée Mervat. Saïd et sa jeune épouse Amina se préparent pour la cérémonie. Comme d’habitude, la tension est extrême entre les deux époux à cause de la jalousie féroce du mari. Ce dernier reproche à sa femme de tout faire pour susciter le désir des autres hommes en portant des tenues provocantes. Pour ne rien arranger, la vieille tante de Saïd vit avec eux et celle-ci n’a qu’un objectif : inciter son neveu à divorcer pour qu’il épouse sa fille.

Pendant ce temps là, la cérémonie nuptiale a commencé. Kamel est déjà là avec sa femme Zahira, une artiste peintre au caractère bien trempé. Quand il découvre Mervat, l’épouse de son ami Ibrahim, il en tombe instantanément amoureux et ne s’en cache pas, mettant dans l’embarras la jeune femme. Arrivent enfin Saïd et Amina. Immédiatement, cette dernière attire le regard des hommes présents et suscite leurs commentaires flatteurs. Très vite, un certain nombre d’invités fait cercle autour d’elle. Saïd, fou de rage, se jette sur les admirateurs de sa femme. La bagarre est générale.

Peu de temps après, Saïd pense avoir trouvé le moyen infaillible de surveiller sa femme. Kamel a des dons d’hypnotiseur et il a plongé dans un sommeil profond un acolyte qui ainsi peut suivre en esprit les faits et gestes d’Amina. Le compte-rendu de l’hypnotisé est sans ambiguïté : Saïd a un rival ! Sans attendre, l’infortuné rentre chez lui et évidemment Amina ne s’y trouve pas. Quand elle rentre, la crise est terrible mais Saïd finira par comprendre qu’il s’est trompé. Malheureusement le jaloux devra affronter une autre épreuve : encouragée par Zahira et Mervat, Amina se présentera à un concours de beauté et sera élue reine de l’année. Un magazine publiera même sa photo en première page !

Mais revenons aux deux autres couples. Les nouveaux mariés se sont rendus chez Kamel et Zahira car Ibrahim souhaite que la femme de son ami fasse un portrait de Mervat. Quand Kamel découvre celle-ci posant en maillot de bain dans l’atelier de sa femme, il n’y tient plus : il faut qu’elle devienne sa maîtresse. Pour cela, il a une idée : il va lui envoyer une lettre d’amour mais pour ne pas être démasqué, il demande à Saïd de la recopier et de la signer sous un faux nom sans lui révéler que c’est pour la femme de leur ami. Saïd entrevoit une nouvelle occasion de tester sa propre femme : il lui enverra la lettre originale écrite de la main de Kamel. Pour parfaire leur plan, les deux amis décident de louer un appartement qui sera l’adresse d’Hassan Al-Muhallab, l’auteur fictif de la double déclaration d’amour. 

Comme Kamel l’espérait, Mervat est touchée par la lettre et elle accepte un rendez-vous dans l’appartement. En revanche, Amina n’est pas du tout séduite et elle n’hésite pas à se confier à Zahira en lui montrant ce qu’elle reçoit. L’artiste peintre reconnaît l’écriture de son mari. Elle veut le confondre et demande à Amina de l’accompagner à l’adresse indiquée sur la lettre.

C’est ainsi que tout le monde va se retrouver dans l’appartement, soit pour y débuter une relation adultère, soit pour y surprendre les conjoints infidèles. Pour Ibrahim qui est venu comme témoin à la requête de Saïd, la découverte de sa femme dans cette garçonnière est une cruelle désillusion, lui qui croyait avoir une épouse soumise et vertueuse. Kamel qui était arrivé les bras chargé de cadeaux peut difficilement cacher la raison véritable de sa présence ici et il va lui falloir subir l’ire de sa femme. En revanche, tout est bien qui finit bien pour Saïd et Amina : Saïd est définitivement convaincu de l’amour et de la fidélité de celle qui partage sa vie.

............

A propos du tournage de ce film, on retrouve dans moult publications, une anecdote très célèbre impliquant Camilia et Kamal Al Shennawi, les deux vedettes de cette comédie. Ce serait le réalisateur lui-même qui l’aurait révélé dans un entretien ou peut-être dans un récit (Je n’ai pas pu vérifier.) Salah Abou Seif raconte qu’il s’apprête à tourner une scène dans laquelle les deux acteurs doivent s’embrasser de manière passionnée. Malheureusement, Kamal Al Shennawi refuse de jouer car c’est le mois du Ramadan et il est impensable pour lui d’embrasser sa partenaire, du moins avant l’iftar. Salah Abou Seif devra déployer des trésors de diplomatie pour convaincre le jeune premier de tourner la scène. Entretemps, Camilia a appris que Kamal Al Shennawi ne veut pas l’embrasser et elle le prend très mal, refusant à son tour de jouer. La scène se fait enfin et, aux dires du réalisateur lui-même, ce baiser fut l’un des plus beaux qu’il ait tourné, un baiser d’une telle fougue et d’une telle sensualité que les censeurs ne manquèrent pas de s’en émouvoir.




Critique

Salah Abou Seif est surtout connu pour ses drames réalistes. Cette Rue du Polichinelle est l’une de ses rares comédies parmi lesquelles on trouve tout de même l’un de ses chefs d’œuvre Entre Ciel et Terre qui date de 1959.

Ce film de 1949 est bien dans l’air du temps . A la fin de ces années 40, la mode est à la comédie légère et brillante à la manière du grand maître du genre, Helmy Rafla. Et l’une des vedettes que l’on retrouve dans bon nombre de ces productions, c’est la délicieuse Camilia. Cette dernière fait ses premiers pas au cinéma en 1947 et elle devient une star en 1949, un statut dont elle jouira très brièvement puisqu’elle mourra tragiquement en 1950 dans un accident d’avion. En quelques années, elle va tourner avec les cinéastes les plus renommés : Hussein Fawzi, Niazi Mostafa, Helmy Rafla, Ezzel Dine Zulficar et donc Salah Abou Seif. Une question nous vient à l’esprit : ce dernier a-t-il choisi Camilia parce qu’il allait tourner une comédie ou choisit-il de faire une comédie parce qu’il veut (doit ?) tourner avec Camilia ? Dans tous les cas il se lance dans l’aventure avec la détermination et avec la rigueur qui le caractérise.

Salah Abou Seif et ses scénaristes ont certainement beaucoup étudié les vaudevilles français du XIXe siècle où se succèdent les quiproquos et les situations les plus farfelus. Cette dimension théâtrale est clairement revendiquée : ce film a été tourné exclusivement en intérieur à l’exception d’une scène. Aucun procédé du vaudeville n’est oublié : on retrouve le rythme effréné des actions, les traditionnels jeux de cache-cache d’une pièce à l’autre, la minutie dans le réglage du mouvement afin que tous les effets fassent mouche. On retrouve aussi la satire du monde bourgeois avec sa galerie de personnages haut en couleur, maîtres ou valets. Certains se livrent avec plus ou moins de succès à l’adultère (dans le rôle du bourgeois à la recherche d’une bonne fortune, Hassan Fayek est inégalable.), d’autres défendent sans relâche la vertu assiégée de leurs épouses (l’excellent Kamal Al Shennawi qui d’ordinaire joue plutôt les amants.). Et comme il se doit, un personnage féminin en dessous affriolants sera surpris dans une situation très compromettante (Ici, c’est Lola Sedki qui s’y colle et elle est épatante !). En fait cette Rue du Polichinelle se présente comme l’équivalent égyptien de l’Hôtel du Libre Echange de Georges Feydeau. On notera enfin le caractère très féministe du film : tous les hommes sont dépeints de manière ridicule et ceux qui ont voulu attenter à la liberté de leurs femmes sont sévèrement punis.

Bref, La Rue du Polichinelle est une comédie irrésistible qui n’a aucunement vieilli.

Appréciation : 5/5
*****

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

vendredi 12 mai 2023

Elle possède quelques sous (Sahibat al Malalim, 1949)

صاحبة الملاليم
إخراج : عز الدين ذو الفقار











Ezzel Dine Zulficar a réalisé Elle Possède Quelques Sous en 1949.

Distribution : Mohamed Fawzy (Samir), Camilia (Siham), Shadia (Nabila), Ismail Yassin (Antar, un des serveurs de l'hôtel), Thuraya Helmy (Sonia), Salah Nazmi (Kamal), Mohamed Abdel Qodos (le père de Kamal), Hind Rostom (Fawaki, la rivale de Siham), Nelly Mazlom (danseuse), Abdel Hamid Zaki (le domestique), Abdel Aziz Hamdy (Sabat Effendi)
Scénario : Youssef Gohar, Ezzel Dine Zulficar
Musique : Mohamed Fawzy, Mamoun Al Shinnawi, Abdel Aziz Salam, Mostafa Al Sayed
Production : Raymond Kourba

Camilia et Mohamed Fawzi





Camilia



Shadia



Ismaël Yassin



Mohamed Abdel Qodos



Thuraya Helmy



Camilia et Salah Nazmi

















Résumé

Siham, Nabila et Sonia sont trois sœurs orphelines. Leur oncle décède et leur laisse pour tout héritage 500 livres. Elles réfléchissent à comment utiliser au mieux cette somme pour obtenir ce dont elles rêvent : un mariage avec un jeune homme riche. Elles se rendent à Alexandrie et s’installent dans un hôtel luxueux fréquenté par des millionnaires. Siham se fait passer pour une riche héritière en villégiature qui est accompagnée de sa secrétaire, en fait Nabila, et de sa femme de chambre, en réalité Sonia. Siham ne tarde pas à rencontrer un homme comme elle le souhaite. Il s’appelle Samir. De son côté, Nabila a jeté son dévolu sur Kamal, le fils du Pacha Adham. Quant à Sonia, elle sympathise avec Antar, l’un des serveurs de l’hôtel. Malheureusement pour les trois sœurs, la suite des événements va offrir à chacune d’elles son lot de désillusions. Nabila comprend très vite qu’elle n’intéresse pas Kamal. Ce dernier est très attiré par Siham et il se pose en rival de son ami Samir. Le bonheur de Siham est aussi de courte durée : Samir lui avoue que sa situation financière est peu reluisante et qu’il doit trouver au plus vite une épouse fortunée. Siham lui révèle alors qu’elle n’a pas un sou. Samir se détourne aussitôt d’elle pour courtiser la fille d’un très riche marchand d’Alexandrie. De son côté, Siham se rapproche de Kamal et accepte de se fiancer avec lui. Pour Sonia aussi la situation se complique : Antar a appris la condition réelle des trois sœurs et il est offusqué qu’elles aient pu ainsi mentir. Il est hors de lui et menace de les dénoncer. Heureusement, les trois filles doivent quitter immédiatement l’hôtel. En effet, Kamal a décidé de se rendre chez son père avec sa fiancée qui tout naturellement vient accompagnée de sa secrétaire et de sa femme de chambre. Dans la maison du pacha, ils retrouvent Samir et Antar. Le père de Kamal est un homme aux idées larges et il accueille avec bienveillance tous ces jeunes gens. En fait, malgré leurs nouveaux engagements respectifs, Siham et Samir sont restés amoureux l’un de l’autre et ils finissent par se l’avouer. Alors qu’ils s’embrassent dans l’un des salons de la demeure, Kamal entre et les surprend. Loin de s’en offusquer, le fils du Pacha ne cache pas sa satisfaction. Il a eu une longue conversation avec Nabila et il a compris que c’était elle qu’il voulait épouser. Pour ne pas être en reste, Antar et Sonia se réconcilient. Les trois couples peuvent rentrer à Alexandrie, la joie au cœur !


Critique

Ezzel Dine Zulficar fut l’un des réalisateurs les plus doués de sa génération. Malgré sa mort prématurée à l’âge de 43 ans, il laisse une œuvre importante qui a influencé bon nombre de réalisateurs égyptiens.
Sa filmographie compte essentiellement des drames. Elle possède quelques piastres est l’une de ses rares comédies et il s’y affirme comme un maître du genre
A la fin des années quarante, quelques réalisateurs égyptiens vont nous donner des comédies extrêmement brillantes. Leurs œuvres manifestent une intelligence, une élégance, un humour qu’on ne retrouvera guère dans le cinéma comique des décennies suivantes, comme si les secrets de fabrication de ces grands artistes avaient disparu avec eux. Elle possède quelques sous fait partie de ces œuvres rares.

Pièce maîtresse de ce film : la pétulante Camilia. Ezzel Dine Zulficar avait déjà travaillé avec l’actrice en 1947 dans Tout le Monde Chante. Pour elle comme pour le metteur en scène, c’était leur tout premier film. Camilia est devenue en quelques années une star que tous les producteurs et réalisateurs s’arrachent. Dans cette comédie, elle partage l’affiche avec une autre actrice qui deviendra elle aussi très vite une vedette du grand écran, Shadia.  Rappelons que Camilia, sur laquelle les rumeurs les plus folles ont couru et courent toujours disparaitra dans des circonstances tragiques l’année suivante.

Elle possède quelques sous se présente comme un petit conte philosophique à la française dans lequel des jeunes gens recherchent l’âme sœur par pur intérêt avant de comprendre que pour être heureux l’amour compte bien plus que l’argent. Cela pourrait nous donner une leçon de morale pataude comme dans beaucoup de mélodrames de la même époque mais rien de tel ici. La comédie impose son tempo. Quelles que soient les situations, le ton reste toujours enjoué, le rythme enlevé. Le premier plan nous donne le programme, on y voit les jambes de Shadia qui actionne vigoureusement la pédale d’une machine à coudre : vivacité et légèreté !

L’intrigue tourne autour des manœuvres des uns et des autres pour obtenir ce qu’ils désirent. Les personnages du film n’ont guère de scrupules, leur cynisme et leur cupidité s’affichent sans fard. A noter que s’ils sont ambitieux, jamais il ne leur viendrait à l’idée de travailler. On n’est pas très loin des mœurs aristocratiques de l’ancien régime : si l’on est riche, c’est par héritage, et si on ne l’est pas ou on ne l’est plus, on cherche à bien se marier pour le devenir ou le redevenir.

Mais les deux personnages Samir et Siham, vont faire une expérience déplaisante : Leur sollicitude intéressée l’un pour l’autre est déçue car l’un comme l’autre n’a pas un sou. La déception est cependant de courte durée : on se dépêche de rompre pour trouver très vite un parti plus avantageux sans autre forme de procès. Siham jette son dévolu sur Kamal, l’ami de Samir dont est amoureuse sa sœur Nabila. Tandis que Samir s’empresse de se fiancer avec une jeune héritière. Le dénouement les réunira, pour le plus grand bonheur de Nabila qui ainsi retrouvera Kamal. Siham et Samir se mentent l’un à l’autre mais aussi et surtout ils se mentent à eux-mêmes. Ils finiront par convenir qu’ils s’aiment et qu’ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Avec ce jeu subtil des sentiments entre des personnages qui avancent masqués, on pense évidemment à Marivaux, d’autant plus que les amours compliquées des maîtres sont dupliquées comme en miroir par celles des valets (Antar et Sonia).

Ezzel Dine Zulficar maîtrise tous les genres, tous les tons et s’amuse à les entrechoquer pour piéger le sentimentalisme du spectateur trop sensible. Prenons comme exemple cette longue scène (9 mn) où Samir et Siham se promènent en barque à la nuit tombée. Cette séquence capitale apparaît très précisément au milieu du film et c’est par elle que l’intrigue bascule. Ezzel Din Zulficar y utilise tous les procédés de la scène romantique : la barque qui file lentement sur la rivière, les deux amoureux transis, la chanson « Mon Cœur t’Appelle », la beauté de Camilia, le baiser furtif échangé. Et puis brusquement tout s’effondre, la vérité éclate : Camilia avoue qu’elle veut épouser un millionnaire et qu’elle a été séduite par Samir car elle croyait qu’il l’était. Même dépit pour Samir qui pensait échapper à la ruine par cette union. Leur bonheur sur cette barque n’était qu’une illusion et le retour sera bien morose.

Dans Elle possède quelques sous l’influence du cinéma américain n’échappera pas aux cinéphiles avertis (ou pas !). Le luxe et le glamour hollywoodiens ne sont jamais bien loin. Par exemple, la scène dans laquelle Camilia en maillot de bain noir est sur un bateau entourée de ses deux soupirants rappellera à certains Rita Hayworth dans la Dame de Shangaï d’Orson Welles (1947).  
On trouve même une scène de danse aquatique à la manière des films d’Esther Williams. Camilia évolue dans la piscine entourée de nageuses. Malheureusement, le résultat est une très pâle copie des numéros exécutés par l’actrice américaine et ses compagnes (En cette même année 49, Esther Williams est sur les écrans américains dans La Fille de Neptune) Ce numéro ne fut peut-être pas la meilleure idée du réalisateur mais peut-être était-il comme beaucoup aveuglé par la beauté magnétique de sa vedette. Alors on se gardera de lui en tenir rigueur !

Appréciation : 4/5
****

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

samedi 15 octobre 2022

Le festival du cinéma méditerranéen d'Alexandrie

 مهرجان الإسكندرية السينمائي

La 38e édition du festival du cinéma méditerranéen d'Alexandrie s'est tenu du 5 au 10 octobre sous la présidence du critique égyptien Al Amir Abaza. 

Pour cet événement, Amr Fahmy a réalisé cette très belle affiche où l'on retrouve toutes les grandes stars de la comédie égyptienne de la grande époque.



Lors de la manifestation, des hommages ont été rendus au réalisateur Fateen Abdel Wahab et à l'acteur Ismaïl Yassin pour commémorer le cinquantième anniversaire de leur mort. Ces deux grands artistes ont incarné à eux seuls la comédie des années cinquante avec des films inoubliables comme Mademoiselle Hanafi (1954) ou bien Le Fils de Hamido (1957). Ils sont morts tous les deux d'une crise cardiaque quasiment au même âge et à 13 jours d'intervalle.



La page facebook du festival



mercredi 15 septembre 2021

Ismaël Yassin chez les fous (Ismael Yassin fi mostashfa el maganen, 1958)

إسماعيل يس في مستشفى المجانين
ﺇﺧﺮاﺝ : عيسى كرامة



Issa Karama a réalisé Ismaël Yassin chez les fous en 1958.
Distribution : Ismaël Yassin (Hassouna), Hind Rostom (Tema), Zinat Sedki (la mère de Tema), Abd El Fatah El Kosary (le père de Tema), Reyad El Kasabgy (Aliwa, le principal rival d’Hassouna), Hassan Atla (un fou), Fouad Ratab (un fou), Farhat Omar (un fou), Abdel Moneim Ibrahim (un fou), Abdel Moneim Ismaïl (le marchand de légumes), Hussein Ismaïl (le boucher), Hussein Asar (Zaki Al-Qahwaji), Mohsen Hassanein, Kitty (la danseuse), Helen (la folle qui fait un strip-tease), Salha Kasin, Abdel Hamid Zaki (le propriétaire de la pâtisserie), Ezzedin Islam (le directeur de l’hôpital), Abdel Ghany Kamar (l’astrologue)
Scénario : Abbas Kamel, Abdel Fattah El Sayed
Musique : Attya Sharara


Abd El Fatah El Kosary et Reyad El Kasabgy





Zinat Sedki et Abdel Moneim Ibrahim



Zinat Sedki et Abd El Fatah El Kosary



Kitty et Abd El Fatah El Kosary



Ismaël Yassin et Abd El Fatah El Kosary


Hind Rostom



Fouad Ratab et Farhat Omar



Helen



Helen et Ismaël Yassin



Résumé

Comédie. Tout le monde dans le quartier veut épouser Tema. Son père a emprunté de l’argent aux uns et aux autres en leur promettant à chaque fois de leur donner la main de sa fille. Tema est amoureuses de Hassouna, le pâtissier. Malheureusement, Aliwa, un prétendant qui travaille à l’hôpital psychiatrique s’engage à éponger toutes les dettes du père si celui-ci consent à faire de lui son gendre. Les deux hommes font affaire mais il faut se débarrasser d’Hassouna. Ils décident de le faire passer pour fou. C’est ainsi que le pauvre pâtissier se retrouve interné à l’hôpital psychiatrique. Aliwa invite Tema et sa mère à se rendre à l’asile pour vérifier par elles-mêmes qu’Hassouna est bien devenu fou. Cette visite permet à ce dernier de s’évader. Il s’est emparé du châle de la mère de Tema pour s’en revêtir. Ainsi, il a pu déjouer la surveillance des infirmiers et recouvrer la liberté. Hassouna va pouvoir contrattaquer. En se faisant passer pour un astrologue, il apprend que le père de Tema courtise la danseuse d’un cabaret où il se rend régulièrement. Grâce à la complicité de la jeune femme, Hassouna permet à la mère de Tema de prendre son mari en flagrant délit de tentative d’adultère. Pour échapper au courroux de sa femme, l’homme fait croire qu’il est tombé soudainement fou. Il se retrouve à son tour à l’hôpital psychiatrique. Hassouna peut enfin annoncer une bonne nouvelle à Tema : il est parvenu à rassembler la somme réclamée par les créanciers de son père. Ils vont pouvoir se marier. Las ! Aliwa les surprend en pleine conversation. Il s’empare de l’argent d’Hassouna et reconduit celui-ci à l’hôpital psychiatrique. Le père et l’amoureux de Tema se retrouvent ensemble. Grâce à leur complicité, ils parviennent à s’évader en suscitant une révolte parmi tous les aliénés de l’asile. L’acte final de la comédie se déroule lors des noces d’Aliwa et de Tema. Hassouna parvient à voler les habits du futur marié, forçant celui-ci à paraître quasi nu devant toute l’assemblée qui compte en son sein le directeur de l’hôpital psychiatrique. Ce dernier fait aussitôt interner son employé. C’est donc Hassouna qui prend la place de l’époux auprès de la femme qu’il aime.


Critique

En 1958, le réalisateur Issa Karama et l’acteur Ismaïl Yassin sont déjà de vieux compagnons de route. Ils travaillent ensemble depuis le tout premier film d’Issa Karama en 1952, Tu le mérites bien. 1958, c’est l’année où Ismaïl Yassin est au faîte de sa gloire (le déclin s’amorcera peu après.) et il enchaîne les tournages avec les cinéastes les plus importants de l’époque. Pour mesurer la popularité de l’acteur, il suffit de compter le nombre de films qui comportent dans leur titre le nom « Ismaïl Yassin ». Rien que pour cette année 1958, il y en a cinq : Ismaïl Yassin est à vendre (réalisateur : Houssam Al Din Mustafa), Ismaïl Yassin à Damas (réalisateur : Helmy Rafla), Ismaïl Yassin Tarzan (réalisateur : Niazi Mostafa), Ismaïl Yassin dans la police militaire (réalisateur : Fateen Abdel Wahab) et, enfin, cet Ismaïl Yassin chez les fous qui fait l’objet de cette chronique.

Ce film, archi rediffusé sur les chaînes de télévision fait partie du patrimoine de la culture populaire arabe. C’est une comédie type des années cinquante qui mêle le burlesque et le glamour avec un seul objectif : plaire au plus grand nombre. On y retrouve certaines des plus grandes vedettes de l’époque et elles font le « job » avec un professionnalisme jamais pris en défaut. Comme leurs confrères et consoeurs d’ Hollywood, les acteurs et les actrices égyptiens des années cinquante mettaient tout leur talent au service des studios et des réalisateurs sans jamais laisser paraître ni fatigue ni lassitude malgré le rythme infernal des tournages. Dans Ismaïl Yassin chez les fous, tout le monde semble s’amuser beaucoup : on se déguise, on se déshabille, on se rhabille, on se cache, on danse, on crie, on grimace, on s’embrasse. Pas un seul temps mort, tout va très vite jusqu’au happy end obligé : le triomphe de l’amour véritable et le mariage des deux héros.

Mais l’intérêt majeur de ce divertissement familial réside sans aucun doute dans sa critique virulente de la famille traditionnelle et de la condition faite aux femmes. On voit un père, cynique et sans scrupule, promettre sa fille à qui voudra bien rembourser ses dettes et on voit aussi d’honnêtes artisans ou commerçants proposer « généreusement » leur aide au papa contre les faveurs de la belle Tema. Celle-ci, incarnée avec brio par l’affriolante Hind Rostom, est condamnée à la passivité, recluse dans l’appartement familial, en attendant que son père veuille bien la vendre au plus offrant. Issa Karama montre bien que dans la famille traditionnelle, les filles constituent avant tout un investissement qui peut rapporter gros. Le héros est bien obligé de se soumettre à cette règle du jeu et il devra se démener pour rassembler la somme demandée par les parents s’il veut épouser sa bien-aimée. Par cette dimension satirique, Ismaïl Yassin chez les fous se hisse au niveau des meilleures productions de Fateen Abdel Wahab, autre pourfendeur de la morale traditionnelle dissimulé sous les oripeaux de l’amuseur inoffensif.

Cela étant dit, Ismaïl Yassin chez les fous comporte quelques faiblesses. Une grande partie de l’intrigue se déroule au sein d’un hôpital psychiatrique et cela nous vaut des scènes interminables avec des « fous » se livrant à des pitreries puériles et répétitives. Les situations et les gags peuvent à la rigueur amuser les enfants. Mais si le spectateur a plus de dix ans, il regardera avec une certaine lassitude, voire une certaine exaspération, cette accumulation d’effets comiques mille fois vus. On regrettera enfin que la participation de la danseuse Kittie soit si brève : les deux scènes où elle apparaît sont parmi les plus mémorables du film.

Appréciation : 3/5
***

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin




vendredi 21 décembre 2018

Ismaël Yassin au musée de cire (Ismaël Yassin fil madhaf el shami, 1956)

إسماعيل يس في متحف الشمع
ﺇﺧﺮاﺝ : عيسى كرامة



Issa Karama a réalisé Ismaël Yassin au musée de cire en 1956.
avec Ismaël Yassin, Abdel Fatah El Kosary, Berlanty Abdel Hamid, Abdel Ghani Kamar, Kitty Fotsaty, Fouad Gafaar, Ali Rushdy, Ali Abdel Al, Mohamed Tawfik, Sanaa Gamil, Mohamed Al Dib, Soad Ahmed
Scénario et dialogues : Gamal Hamdy

Fouad Gafaar, Sanaa Gamil, Ali Rushdy

Mohamed Al Dib et Abdel Ghani Kamar

Fouad Gafaar et Berlanty Abdel Hamed

Soad Ahmed et Abd El Fatah El Kosary

Berlanty Abdel Ahmed

Abd El Fatah El Kosary, Kitty, Ismaël Yassin

Berlanty Abdel Hamid et Ismaël Yassin

Kitty

Kitty



Résumé

Comédie fantastico-policière. Le professeur Ali a créé un musée de cire qui attire chaque jour de très nombreux visiteurs. L'établissement est dirigé par un administrateur entouré de toute une équipe. Il y a aussi Farid qui crée les mannequins avec l’aide de son assistante Riri. Farid est fiancé à Samia, la fille du professeur Ali. Une nuit, le sculpteur découvre qu’un gang utilise ses créations pour y dissimuler des bijoux volés. Il a réussi à prendre en photo l’un des criminels en train d’opérer dans le musée. Il prévient le directeur de l’établissement sans savoir que celui-ci est l’un des trafiquants. Evidemment, ceux-ci veulent récupérer la pellicule de l’appareil-photo de Farid mais elle reste introuvable. Et pour cause : le sculpteur l’a dissimulée dans l’un des vases du musée. Alors on décide de se débarrasser de ce gêneur. Farid est assommé et jeté dans sa voiture. L’un des membres du gang la conduit dans un endroit isolé et il y met le feu. Dans le même temps, le chef de la bande recrute deux croque-morts un peu benêts, Ismaël et Abdou. Ils sont chargés de mettre les mannequins aux bijoux dans des cercueils et de les enterrer à l’endroit qu’on leur indiquera. Le jour, ils font office de guides pour les nombreux visiteurs du musée. La nuit venue, ils s’occupent des mannequins. Les deux amis ne sont guère rassurés. Après la fermeture, un fantôme erre dans les salles de l’établissement. Heureusement, Kittie, la fille dont est amoureux Ismaël, leur rend visite et l’atmosphère devient alors plus légère. Quand l’un des gangsters survient pour superviser le travail des deux ouvriers, elle prend la posture d’un mannequin du musée. Ismaël retrouve sans le savoir la pellicule de Farid mais par inadvertance il l’échange contre celle qui appartenait à une cliente. Et c’est cette seconde pellicule que Riri, l’assistante de Farid qui travaille pour les gangsters est parvenue à récupérer et qu’elle remet fièrement à l’un de ses complices. Mais la bonne pellicule ne tarde pas à reparaître : la cliente qui était partie avec l’a fait développer et s’est aperçue de la méprise. Elle retourne au musée pour restituer les photos. Soulagement parmi les membres du gang. Mais avec l’aide d’Abdou, Ismaël parvient à arracher les photos des mains du directeur. Riri donne l’alerte. Dans le musée, la bagarre devient générale. Grâce à l’intervention de la police, les bandits sont obligés de battre en retraite. Reparaît Farid, le sculpteur : il avait réussi à s’extraire de son véhicule en flammes et c’était lui, le fantôme qui, la nuit, errait dans les salles du musée. Il se lance à la poursuite du chef de la bande dont le visage est toujours dissimulé sous un masque. Celui-ci tente de s’échapper par les toits mais une corniche cède sous son poids et le précipite dans le vide. Farid a jute le temps de lui retirer son masque. Il découvre horrifié que le chef des gangsters était sa fiancée, la fille du professeur Ali !