Affichage des articles dont le libellé est Naemet Mokhtar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Naemet Mokhtar. Afficher tous les articles

jeudi 14 décembre 2023

Danse : Naemat Mokhtar, 1955

نعمت مختار




Naemet Mokhtar dans l'une de ses prestations les plus mémorables. Nous sommes en 1955 et elle a vingt-trois ans. Elle joue et danse dans la comédie musicale Ismaël Yassin rencontre Raya et Sakina d'Hamada Abdel Wahab ( Ismaïl Yassin yuqabil Raya wa sakina). Naemet Mokhtar incarne une jeune danseuse qui dans le film est la première victime du gang des deux criminelles Raya et Sakina.

lundi 31 juillet 2023

Danse : Naemet Mohktar, 1954

نعمت مختار




Naemet Mokhtar (née en 1932) danse dans la première scène du film d'Hassan El Seifi, Il a enlevé ma femme (Khataf Merati), sorti en 1954. Elle a vingt-deux ans. Cette artiste née à Alexandrie en 1932 était aussi douée pour la danse que pour la comédie. Pendant deux décennies, elle sera une figure familière de la comédie égyptienne et donnera la réplique aux plus grandes stars de l'écran. Elle abandonne sa carrière artistique au milieu des années soixante-dix. 
Pendant longtemps, il était admis que Naemet Mokhtar était morte en 1989 à l'âge de cinquante-sept ans. Depuis l'année dernière, sont parus un certain nombre d'articles dans la presse écrite et sur le net qui affirment qu'elle serait toujours en vie. Wikipédia en arabe a même rectifié en ce sens la page qui la concerne. On notera tout de même que cette affirmation repose sur un seul témoignage (message d'Amr El Seifi, le fils du réalisateur Hassan El Seifi, sur Facebook le 10 juillet 2022) et qu'aucune photo, aucune vidéo n'a été présentée comme preuve.  Cette histoire rappelle étrangement celle de la danseuse Kitty Fotsaty qu'on a aussi "ressuscitée" récemment.

dimanche 4 janvier 2015

Le Fils de Satan (Ibn Al-Chaytan, 1969)

ابن الشيطان
إخراج : حسام الدي مصطفى


Le Fils de Satan a été réalisé par Houssam Al-Din Mustafa en 1969.
Distribution : Farid Shawki (Morsi), Mahmoud El-Meleigy (Maître Atriss), Tawfik El Deken (le fou), Nagla Fathy (Saidia), Ibrahim Khan (Ibrahim, l’étudiant), Naemet Mokhtar (la danseuse), Ahmed Abu Abya (le cafetier), Kamal El Zeiny (le procureur), Ahmed Morsi (le caporal Amin), Hussein Ismaïl (Darwich), Abbas El Daly (le vieil homme assassiné), Qadria Kamel (la mère de Saidia), Mohamed Refaat (le supérieur de Morsi) 
Scénario et dialogues : Adly El Mowalid


Farid Shawki

Mahmoud El Meleigy et Farid Shawki

Nagla Fathy et Ibrahim Khan

Nagla Fathy

Farid Shawki et Ibrahim Khan

Tawfik El Deken

Farid Shawki et Naemet Mokhtar


Résumé

Le Fils de Satan est un criminel qui terrifie tout un village. Il apparaît toujours masqué et revêtu d’une combinaison noire. Ses victimes sont les hommes qui se remarient après avoir abandonné leurs enfants et leur première femme. Il veut ainsi se venger de son propre père qui s’était remarié. Les meurtres se multiplient. L’enquête est confiée au sergent Morsi. Au départ il soupçonne le fou du village qui proclame être le Fils de Satan. Mais aucune preuve ne permet de l’inculper. Atris, un commerçant qui possède le café de la commune refuse d’y organiser des mariages de peur que le tueur en série s’en prenne à lui. Ibrahim, le frère de Morsi, vient passer des vacances au village. Il est kidnappé par le criminel. Il est libéré peu après par Saidia, une jeune fille qui, avec sa mère, réside chez le vieux fou. L’étudiant et sa sauveuse tombent amoureux l’un de l’autre mais la vie de Saidia est désormais en danger : le Fils de Satan est à ses trousses. Celui-ci tue le vieux fou à son domicile. Lors de la lutte entre les deux hommes une torche est tombée sur de la paille et la maison disparaît dans les flammes alors que la jeune femme y est toujours cachée. La police arrive à temps pour la sauver. Le Fils de Satan parvient à s’introduire dans l’hôpital où est soignée Saidia mais le sergent Morsi veille. Il prend en chasse le criminel. Après une longue course poursuite dans la campagne et un corps à corps sanglant, le policier parvient à tuer son redoutable adversaire. On découvre que le Fils de Satan n’était autre qu’Atris, le commerçant. 


Critique
  
De prime abord, on se dit qu’on est devant un film d’action comme les aime Hossan El Din Mostafa. Une intrigue simple (un brave officier de police traque un criminel qui fait régner la terreur dans un petit village) et un suspens censé maintenir l’attention (Mais qui se cache derrière le masque de l’assassin ?). Le réalisateur accumule les scènes violentes ou dramatiques : meurtres, bagarres, enlèvements, poursuites, incendies etc. Le tout est filmé dans un noir et blanc très contrasté, ce qui souligne le caractère cauchemardesque de la situation. On est agréablement surpris par la toute première scène dans laquelle on voit un futur marié d’âge très mûr qui, accompagné de ses proches, se rend à la gare pour accueillir sa jeune fiancée. Celle-ci semble heureuse comme la biche entourée par les chiens. Et tout ce petit monde prend la direction de la mairie dans une atmosphère funèbre tandis que le fou du village, poursuivi par des employés du chemin de fer, saute comme un vieux singe sur les toits des wagons. On n’est pas non plus insensible à l’évocation pittoresque d’une petite commune et de ses habitants. On découvre ces derniers dans les menues activités de la vie quotidienne, ce qui fait aussi du Fils de Satan une jolie chronique villageoise.
Bref, on pense avoir affaire à un bon film de série B mais soudain, on se dit que tout cela nous rappelle quelque chose. Évidemment, c’est le Monstre Al Whash de Salah Abou Seif sur un scénario de Naguib Mahfouz. Ce film de 1954 raconte comment un criminel terrorisa toute une province en multipliant les exactions et les crimes. A travers cette intrigue policière, Salah Abou Seif et son scénariste dénonçaient la corruption généralisée qui permet aux êtres avides de sang, de pouvoir et d’argent de prospérer dans l’impunité la plus totale. Du Monstre, Hassan Al Din Mostafa reprend tout : les personnages, les situations, les lieux, et même les comédiens ( dans les deux films, le rôle du méchant est tenu par Mahmoud El-Meleigy). Ce qu’il n’a pas retenu, c’est la dimension politique de l’œuvre de 1954.
La fresque de Salah Abou Seif et de Naguib Mahfouz est devenue un petit film d’action.

A noter qu' Houssam Al Din Mustafa et son scénariste avaient déjà utilisé cette intrigue pour Abou Al Layl, un film de 1960. 

Appréciation : 2/5
**
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

vendredi 28 février 2014

Danse : Naemet Mokhtar, 1957

نعمت مختار 

Naemet Mokhtar danse dans la comédie de Fateen Abdel Wahab, Le Fils d'Hamidou ( Ibn Hamidu). Elle a vingt-cinq ans. C'est sa seule apparition dans le film. 
Naemet Mokhtar fut à la fois une grande danseuse et une comédienne de premier plan. Après avoir joué et dansé dans une quarantaine de films, elle  met un terme à sa carrière artistique en 1974 et elle meurt en 1989 à l'âge de 57 ans. 


Ne pas confondre ce film avec Hamido de Niazi Mostafa sorti en 1953. Comme dans Le Fils d'Hamidou, il est question de pêcheurs et de trafic de drogue. Naemet Mokhtar y apparaît aussi en danseuse de cabaret.

mercredi 20 novembre 2013

Le Bain de Malatili (Hammam al-Malatili, 1973)

حمام الملاطيلي
إخراج :  صلاح أبوسيف



Le Bain de Malatili (sous-titre : une tragédie égyptienne) a été réalisé par Salah Abou Seif en 1973.
Distribution : Muhammad Al-Arabi (Ahmed), Youssef Chaban (Raouf), Chams Al-Baroudi (Naïma), Naemet Mokhtar (la femme de Badawi), Fayez Halawa (Badawi, le propriétaire du hammam), Nahid Samir (la mère d’Ahmed), Ibrahim Kadri (le masseur)
Scénario : Salah Abou Seif, Mohsen Zayed 
d'après un roman d’Ismaïl Waly Eddin 
Musique : Gamal Salamah 
Production : Salah Abou Seif

Muhammad Al-Araby
                                                                                                      


Muhammad Al-Araby et Chams Al-Baroudi
          



Youssef Chaban et Muhammad Al-Araby
                                                                                        


Résumé

Ahmed a quitté son village natal afin de poursuivre ses études de droit au Caire. Ses parents se sont sacrifiés pour lui et Ahmed compte bien ne pas les décevoir : il leur fait la promesse de revenir un jour auprès d’eux, riche et célèbre. Mais à peine arrivé dans la capitale, il doit déchanter : il ne trouve ni travail, ni logement. Sans un sou, il doit très vite quitter l’hôtel modeste où il résidait. Heureusement, il fait la connaissance de Naima, une jeune prostituée qui le prend sous son aile. Un jour, dans l’une de ses errances à travers les rues du Caire, Ahmed entre par hasard dans un établissement de bain, le Hammam El Malatili. Badawi, le patron l’accueille chaleureusement et accepte de l’héberger. Ahmed comprend vite que l’établissement est un peu particulier : des notables y retrouvent de jeunes garçons qui se prostituent. C’est en fait un bordel pour homosexuels. Raouf, un riche client ami du patron tombe amoureux d’Ahmed et tente de le séduire. En vain.. 
Ahmed sympathise avec les autres employés de Badawi. Deux d’entre eux, Samir et Fathi lui raconteront comment la misère les a conduits à se prostituer. 
De son côté, Naima est de plus en plus amoureuse d’Ahmed. Elle ne parvient plus à faire l’amour avec des hommes qu’elle n’aime pas. Elle refuse même de coucher avec un client important de la maison close dans laquelle elle travaille. 
Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle a une rivale : la femme de Badawi, le patron d’Ahmed. Celle-ci parvient à devenir la maîtresse du jeune homme. Un nuit, tandis que les deux amants sont ensemble, Naima attend dans la rue celui qu’elle aime passionnément. Malheureusement, son oncle et son cousin sont en embuscade. Après une brève poursuite, les deux hommes la tuent pour venger l’honneur de la famille. 

 
Critique

A sa sortie, le Bain de Malatili à sa sortie fit sensation car pour la première fois dans le cinéma égyptien, on évoquait sans fard l'homosexualité et la prostitution aussi bien féminine que masculine. Salah Abou Seif, conscient de manipuler une matière hautement explosive, ne fit aucune concession au goût de l’époque pour la polissonnerie si bien que son film le plus audacieux fut paradoxalement l’un des plus "chastes". Même Chams Al-Baroudi dans son rôle de prostituée touchée par l’amour se montre moins impudique qu’à son ordinaire. De toute manière si le titre Hammam Al Malatili, pouvait nous entraîner à l’évocation d’images lascives, le sous-titre, Une Tragédie Egyptienne nous ramenait très vite dans le droit chemin ! L’érotisme est tout de même présent dans une scène : celle où la patronne d’Ahmed décide de faire du jeune homme son amant. L’actrice Naemet Mokhtar y arbore une poitrine à laquelle le héros ne pourra résister bien longtemps ! 

Le Bain de Malatili est donc un film intéressant qui nous présente une étude sociologique totalement inédite. D’un point de vue esthétique, ce n’est pas l’œuvre la plus réussie de Salah Abou Seif. Il n’a pas su éviter certains clichés, notamment dans l’évocation de la relation amoureuse entre Ahmed et Naima. On tombe parfois dans un sentimentalisme un peu mièvre. Mais c’était sans doute une manière de montrer qu’au milieu de la « débauche » et de la « dépravation » des sentiments forts et purs peuvent naître entre les individus. Ce que nous dit Salah Abou Seif c’est que grâce à l’amour désintéressé, tous les réprouvés et tous les parias peuvent retrouver une forme d’innocence. Un message de tolérance auquel les autorités morales ont été peu sensibles. Le film fit l’objet dès sa sortie de condamnations sans nuances et traîne depuis une réputation sulfureuse. Il est toujours interdit de diffusion sur la plupart des chaînes de télévision arabes.

 On trouve une analyse très complète du film dans  l'ouvrage de Samar Habib : Female Homosexuality in the Middle East : Histories and Representations (Routledge, 2007). Cette étude est en partie consultable sur le net.


Appréciation : 3/5
***

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

vendredi 13 septembre 2013

Dérive sur le Nil (Thartharah fawq al-Nil - 1971)

ثرثرة فوق النيل
إخراج : حسين كمال




Dérive sur le Nil a été réalisé par Hussein Kamal en 1971.
Distribution : Adel Adham (Ali Al Saïd), Mervat Amine (Sana), Magda El-Khatib (Samara), Imad Hamdi (Anis Zaki), Ahmed Ramzy (Ragab Al Qadi), Soheir Ramzy (Layla Zidane), Ahmed Tawfiq (Mustafa Rashid), Naemet Mokhtar (Sania Kamal), Salah Nazmy (Khaled Azouz), Ahmed El Gezeiry (le domestique), Aïda El Shahir (chanteuse), Mahmoud Kamal (Abou Sarih) 
Adaptation d’un roman de Naguib Mahfouz publié en 1966 (traduction française en 1989)
Scénario : Mamdouh El Leithy
Musique : Ali Ismaïl
Production : Gamal El Leithy


Imad Hamdi et Ahmed Ramzy

                     
Adel Adham et Naemet Mokhtar
                                                                                             

Mervat Amine
                              

Imad Hamdi et Magda El Khatib
                                                                                           

Soheir Ramzy et Salaah Nazmy
                


Résumé

Nous sommes en 1967, pendant la guerre des Six Jours.
Anis Zaki est un vieux fonctionnaire qui travaille au Ministère de la Santé. Il  ne supporte plus la société dans laquelle il vit. L’autoritarisme des uns, l’hypocrisie des autres, tout lui fait horreur. Il arpente les rues du Caire en ruminant à voix haute. Beaucoup le prennent pour un fou. C’est un vieux misanthrope solitaire et malheureux qui ne trouve l’apaisement que dans la consommation régulière de hachich.
Un jour par hasard, il rencontre Ragab El-Qadi, un ancien voisin qui est devenu acteur de cinéma. Celui-ci l’invite dans son « Royaume » : c’est une péniche où avec des amis, ils se retrouvent le soir pour fumer le narguilé. Anis fait connaissance avec toute la petite bande : il y a Ali As-Sayid, un critique influent,  Khalid Azouz, un écrivain célèbre et Mustafa Rachid, un avocat d’affaires. Enfin, il y a Abdu, l’homme à tout faire. Le soir, il garde l’entrée de la péniche pour empêcher toute visite importune mais sa fonction principale est de se procurer la drogue que fumeront toute la nuit Ragab et ses hôtes. Anis est accueilli chaleureusement par tous les membres de la confrérie.
La générosité de Ragab est sans borne pour ses amis. Il va jusqu’à leur offrir ses anciennes maîtresses qui participent régulièrement à leurs petites fêtes. La première est Sania, une femme qui veut se venger d’un mari volage. Elle devient la maîtresse d’Ali. La seconde, Layla Zydane, est une traductrice  qui travaille pour une compagnie pétrolière. Elle passe sans difficulté des bras de Ragab à ceux de Khalid. Après chaque rapport, elle demande à son nouvel amant des sommes de plus en plus importantes.
Alors qu’il tourne un film stupide, Ragab fait la connaissance de Sana, une très jeune femme qui veut devenir actrice. Elle a souhaité le rencontrer pour qu’il lui donne des conseils. Il l’invite à son domicile. Ils s’embrassent. Désormais Sana l’accompagnera lors des soirées du « Royaume ».
De tout cela, Anis est le témoin silencieux. Il semble avoir élu domicile sur la péniche. Il est toujours le premier arrivé et le dernier parti. La nuit, il délaisse rarement le narguilé. Il le passe aux uns et aux autres mais le récupère bien vite pour fumer encore et encore.
Un jour, la petite bande décide de faire une virée dans la campagne avec la grosse décapotable de Ragab. Au retour, ce dernier renverse une jeune paysanne. Il ne s’arrête pas et fonce vers Le Caire. Sans un mot, les huit amis se retrouvent dans le salon de la péniche. Mais le malaise est de courte durée : le hachich fait rapidement oublier l’ « incident ». Le lendemain, toute la presse évoque le dramatique accident qui a coûté la vie à une jeune paysanne de dix-huit ans. Cela n'inquiète absolument pas nos fêtards. Ils sont convaincus qu'étant donné la situation politique et économique du pays, le gouvernement a d'autres chats à fouetter que de retrouver l'automobiliste meurtrier "malgré lui". Effectivement, l'affaire est très vite oubliée.
Peu de temps après, à la rédaction de son journal, Ali tente de dissuader Samara, l'une de ses collègues, de publier un article très violent contre Ragab qu'elle accuse de corrompre le cinéma égyptien. Il se fait l'avocat de son ami et pour amadouer la jeune femme, il l'invite à assister à l'une de leurs soirées. Ainsi elle apprendra à connaître celui  qu'elle s'apprête à exécuter. Elle accepte l'invitation. Ragab tombe tout de suite sous le charme de la belle journaliste et entreprend de la séduire. Samara est intriguée par cette petite communauté et notamment par son membre le plus énigmatique, Anis.Sana voit d'un très mauvais oeil l'intérêt que porte Ragab à la nouvelle venue.  Un soir, ne supportant plus de l'entendre donner des leçons aux uns et aux autres, Sana apostrophe violemment sa rivale et dans un geste brusque lui arrache son sac des mains. Ragab, le récupère et, furieux,  chasse sa jeune maîtresse de la péniche. Personne ne s'est aperçu qu'un petit carnet est tombé du sac. Personne sauf Anis. Il le récupère. Samara y a consigné toutes les pensées que lui inspirent ses soirées passées au "Royaume". Pour tous les membres de la communauté, elle est d'une sévérité impitoyable. Malgré cela, quand la journaliste propose à Anis de se joindre à elle pour visiter la ligne de front, il accepte. Pendant tout une journée, ils errent dans un paysage de désolation, parmi les ruines et les gravas. Il ne reste plus rien de ce qui fut naguère des quartiers modernes et populaires aux buildings flambant neufs. Anis est bouleversé. Au retour, il avoue à Samara la vérité concernant la mort de le jeune paysanne.Ils retournent à la péniche. Samara veut convaincre Ragab et ses hôtes de se dénoncer. En vain. Mortifiés, Anis et la journaliste sortent tandis qu'à bord, la fête reprend.  



Critique
 

Ce film se présente un peu comme une « Dolce Vita » à la mode égyptienne. Des représentants de l’élite sociale et intellectuelle noient leurs désillusions dans les plaisirs licites ou illicites. Le sexe et le hachich leur font oublier  le sentiment douloureux d’avoir été dépossédés de leur vie. Désormais plus rien ne compte sinon leurs soirées sur la péniche de leur ami fortuné, l’acteur Ragab. Pourtant, la guerre fait rage et l’Egypte s’apprête à subir l’une des défaites les plus cuisantes de son histoire (Nasser devra abandonner au profit d'Israël la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï).  Mais tout cela ne les concerne plus. Leur égoïsme devient monstrueux dans la séquence relatant la mort de la jeune paysanne qu’ils ont renversée lors d’une virée à la campagne. Aucun d’entre eux n’exprimera la moindre compassion, la moindre culpabilité. Et grâce au hachich, la bonne humeur reviendra très vite !

Dans Dérive sur le Nil, il est souvent question de cinéma. Il y a notamment dans la seule séquence en couleur du film, une parodie très réussie des comédies commerciales qui exploitent toujours les mêmes procédés et qui rivalisent de laideur et de vulgarité.

Un film exceptionnel sur une certaine décadence de la société égyptienne à la fin des années soixante.  Une interprétation magistrale et des scènes d'anthologie. Bref, à voir absolument. 

.
 Appréciation : 5/5
*****
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin