Affichage des articles dont le libellé est 1 cinéaste 7 films. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1 cinéaste 7 films. Afficher tous les articles

mercredi 18 septembre 2019

Les réalisateurs : Youssef Maalouf (1914-1972)

يوسف معلوف


Youssef Maalouf a beaucoup travaillé comme assistant d’Henry Barakat si bien qu’on retrouve son nom au générique de films considérés aujourd’hui comme de grands classiques. Il réalise son premier long-métrage en 1951 et il ne cessera de tourner jusqu’à sa mort qui survient en 1972. On lui doit vingt-deux films dont une adaptation du Médecin malgré lui de Molière réalisée en 1953.


Sept films de Youssef Maalouf ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog : 


Egaux dans le Malheur (Fi alhawa sawa,1951)
avec Kamal El Shennawi (Thabit), Shadia (Lawahez), Ismail Yassin (Jamil), Victoria Hobeika (la propriétaire de la maison), Ali Kamal (le vieil acrobate blessé), Zouzou Nabil (la tante de Lawahez), Fakher Fakher (Nafah), Abdel Salam El Nabolsi (l’hypnotiseur), Reyad El Kasabgy (Hamzawi), Mohsen Hassanein (le directeur du cirque), Salah Mansour (le directeur de l’hôtel), Kittie (la danseuse), Abdelbadie El Arabi (le procureur), Ahmad Mukhtar (le patron de Thabit et de Jamil), Abdel Halim Elqala'awy (le policier)
Musique : Fathy Qoura, Ahmed Sedky, Izzat El Gahely, Mahmoud El Sherif, Abdel Fattah
Scénario : Henry Barakat, Badie' Khairy
Production : Assia Dagher


Thabit et Jamil sont deux amis sans le sou. Alors qu’ils rôdent autour d’un cirque cherchant des occasions de se faire quelque argent, le funambule de la troupe qui était en train de répéter son numéro fait une chute et se blesse sérieusement. Le directeur du cirque est très embêté, il ne sait comment remplacer son artiste alors que la représentation doit bientôt commencer. Thabit qui a tout vu et tout entendu propose à l’homme d’engager son ami Jamil. Il lui certifie que celui-ci est tout à fait capable de remplacer le funambule blessé. Le directeur du cirque trop heureux d’une telle aubaine paie immédiatement Thabit. Evidemment, la prestation de Jamil est catastrophique et le directeur est fou furieux d’avoir été ainsi trompé. Le numéro à peine terminé, il se lance avec ses hommes à la poursuite des deux amis qui ont fui à toutes jambes. Jamil se cache dans une caisse remplie de bouteilles de whisky. Mal lui en a pris. Des ouvriers sont venus : ils ont scellé le couvercle avec des clous puis ont chargé la caisse dans un camion qui doit se rendre à Alexandrie. Thabit a décidé de prendre le train afin d’arriver avant le camion à son lieu de destination pour libérer son ami. Dans le couloir du train, il croise une jeune fille très séduisante. Elle a l’air désespérée et semble comme dans un état second. Elle se dirige vers la porte vitrée de la voiture qui donne sur la voie. Elle hésite quelques instants puis ouvre la porte et s’apprête à se jeter dans le vide. Thabit la retient in extremis. La jeune femme se confie à son sauveur : elle s’appelle Lawahez et voyage avec sa tante et l’homme qu’elle doit épouser. Cet homme, elle ne l’aime pas mais c’est sa tante qui l’a choisi pour elle et il lui est impossible de s’opposer à une telle décision. Pour ne pas éveiller les soupçons de ses compagnons de voyage, elle doit maintenant regagner son compartiment. Thabit est résolu à retrouver la jeune fille, une fois à Alexandrie. Il sait qu’elle chante dans un grand hôtel de la ville. Avec Jamil qu’il a libéré sans difficulté, il se rend dans l’établissement où doit se produire Lawahez…

Notre avis : au début des années cinquante, Shadia, Ismaïl Yassin et Kamal Al Shennawi vont tourner pas moins de sept films ensemble. Celui-ci est le tout premier de la série et c’est une réussite à tous points de vue. Le scénario, qui a été écrit par le grand réalisateur Henry Barakat, enchaîne les péripéties à un rythme effréné. Les chansons et les danses, toutes excellentes, s’insèrent naturellement dans le mouvement général du récit. Quant au jeu des acteurs, il frappe par sa vigueur et son alacrité (Abdel Salam El Nabolsi est irrésistible en hypnotiseur exalté). « Egaux dans le malheur » n’est pas aussi célèbre que d’autres comédies musicales de la même époque et on ne peut que le regretter.


L’amour n’a pas de remède (al-hawa maloush dawa, 1952)
avec Shadia (Samara), Kamal Al Shennawi (Latif), Ismail Yassin (Khafif), Thoraya Helmy (Shahala), Fakher Fakher (Bahjat Bey), Reyad El Kasabgy (un des hommes de Bahjat Bey), Aida Kamel (Layla), Abdel Ghany Kamar (le président du conseil d’administration), Lotfi El Hakim (le président de la société des Tramways)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary et Youssef Issa
Auteurs et compositeurs des chansons : Abdel Aziz Salam, Ahmed Sedqi, Saleh Jawdat, Sedqi Al-Hawa, Fathi Qawra, Mahmoud Al-Sharif, Izzat Al Jahili
Production : Henry Barakat


Comédie chantée. Latif et Khafif sont deux amis qui travaillent dans la même entreprise. Un jour, ils sont chargés de représenter leur société lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de tramway. Malheureusement durant cette mission , Khafif assomme un officiel d’un violent coup de maillet. Le directeur licencie les deux compères sur-le-champ. Latif et Khafif décident de jouer aux courses tout le montant de leurs indemnités. Ils commencent d’abord par perdre mais lors de la dernière course ils gagnent enfin alors qu’ils pensaient avoir à nouveau joué de malchance. En fait, cette bonne fortune, ils la doivent à une jeune femme avec qui Latif s’est disputé à propos d’une prétendue erreur concernant l’attribution des tickets par l’employé de la société hippique.
Les deux amis retrouvent l’inconnue dans un cabaret où ils sont allés dîner. Elle est la chanteuse de l’établissement et elle s’appelle Samara. Latif la rejoint dans sa loge. Une conversation s’engage et le jeune homme fait tout pour dissiper l’animosité que la jeune femme semble encore éprouver à son égard. Apparaît le directeur du cabaret qui met aussitôt Latif à la porte. Cet homme, cruel et malhonnête, est amoureux de Samara et il souhaite l’épouser : il ne souffre la présence d’aucun rival…

Notre avis : Youssef Maalouf tourne une nouvelle fois avec le trio vedette qu’il avait réuni l’année précédente dans « Egaux dans le Malheur », à savoir la jeune Shadia accompagnée de ses deux compères Ismaël Yassin et Kamal El Shennawi. La recette est à peu près la même : des chansons, des gags et de l’action. Le film ne manque ni de punch ni de fantaisie et la première partie, l’inauguration de la ligne du tramway, nous rappelle la verve satirique de certaines comédies françaises ou américaines des années trente. Cela dit, certains gags ont beaucoup vieilli (Je pense à la scène dans laquelle les deux garçons se sont grimés en noirs et jettent des peaux de banane sur la piste de danse pour faire tomber les danseurs). Cette comédie est certes distrayante mais elle n’a pas la qualité de « Egaux dans le Malheur ». Une raison possible à cela : le scénario cette fois-ci n’est pas signé Henry Barakat qui se contente pour ce second opus d’être le producteur.


Tu es Ma Vie (Hayati Inta, 1952)
avec Shadia (Ilham), Kamal Al Shennawi (Samir), Abdel Rahim El Zarakany (Hafez Bey, le beau-père d’Ilham), Chukry Sarhan (Rushdy), Mona (Ragah, la secrétaire), Kitty (la danseuse), Aziza Helmy (la mère d’Ilham), Ali Abdel Al (Barakat Bey, l’ami du père de Samir), Lotfi El Hakim (l’employé du beau-père d’Ilham), Rashad Hamed (un complice de Rushdy) 
Scénario et dialogues : Youssef Issa
Musique : Abdel Aziz Salam et Ahmed Sedky (+ l’Adagio d’Albinoni) 
Production : Henry Barakat et les films du Lotus (Assia Dagher)


Samir est un jeune étudiant sérieux. Il a obtenu son diplôme d’ingénieur. Il a toujours refusé d’épouser Ilham, sa bien-aimée, tant qu’il n’avait pas de situation solide. Celle-ci s’arrange pour qu’il travaille dans la grande propriété de sa mère. Le domaine est géré par son beau-père, Hafez avec l’aide de Rachid, le cousin d’Ilham. Ce dernier est un garçon très ambitieux qui rêve de s’approprier toutes les terres de sa tante. Il ne s’embarrasse d’aucun scrupule : il fait chanter le beau-père d’Ilham grâce aux lettres qu’il a récupérées et qui prouvent que ce dernier a eu une liaison avec sa secrétaire….

Notre avis : un drame splendide et captivant avec une pléiade de grands acteurs dont le couple star du moment, Shadia et Kamal El Shennawi. En 1952, Shadia a vingt ans et elle est déjà une immense vedette. Cette année-là, elle joue dans treize fims dont quatre avec Kamal El Shennawi (On a prétendu qu’à cette époque, les deux acteurs entretenaient une relation amoureuse sans que ni l’un ni l’autre n’ait jamais confirmé l’information.). Mais la révélation de ce film, c’est l’actrice Mona qui incarne la secrétaire d’Hafez Bey, le personnage pivot de l’intrigue. Mona est la fille de la légendaire Assia Dagher, actrice et productrice à qui le cinéma égyptien doit tant. Sa très brève carrière commencée en 1944 prendra fin dix ans plus tard, en 1954. Dans ce film, elle se révèle une très grande actrice capable d’incarner toutes les ambiguïtés de son personnage. Le duo qu’elle forme avec le machiavélique Chukry Sarhan constitue l’un des sommets de « Tu es Ma Vie ».


Les Aventures d'Ismaël Yassin (Mughammarat Ismail Yassine, 1954)
avec Ismail Yassin (Khafif), Kamal Al Shennawi (Latif), Ahmed Abaza (Monsieur Bahloul), Shadia (la journaliste Moustiqa), Hana Adel (la danseuse Loulou), Abdel Ghany Kamar (Monsieur Nour), Anwar Zaki (Chahine), Fakher Fakher (le chef du gang), Reyad El Kasabgi (Mimoun, un membre du gang), Abdel Moneim Ismaïl (Barqouq, un membre du gang), Marina Papaelia (Zaza)
Scénario : Youssef Issa


Film de gangsters. Khafif et Latif sont deux journalistes de l’agence « Les Dernières Nouvelles ». Ils reviennent d’une mission difficile dans la jungle mais le directeur de leur agence ne leur laisse pas le temps de souffler. Ils doivent enquêter sur un gang spécialisé dans la contrebande de l’or et ils doivent remettre au plus vite leur article car une agence rivale elle aussi est sur le coup. Khalif et Latif rencontrent un certain Chahine, un ancien membre du gang qui accepte de les aider contre de l’argent. Chahine réclame aussi les clefs de leur appartement pour pouvoir s’y cacher. Les deux journalistes acceptent toutes ses conditions. Ensemble, ils conviennent d’un premier rendez-vous. Ils doivent se retrouver le soir même au cabaret «Bilayla ». Khalif et Latif sont bien au rendez-vous mais leur informateur ne s’y présente pas. Dépités, les deux amis rentrent chez eux et une surprise les y attend : Loulou, la danseuse du cabaret est allongée sur leur canapé…

C’est la seule participation de Marina Papaelia (photo) à un film égyptien. Elle avait été élue Première Dauphine de Miss Egypte en 1953 et avait représenté l’Egypte au concours de Miss Monde la même année. Elle avait fini à la troisième place.


Monsieur Bahbouh (Bahbouh Efendi, 1954)
avec Ismail Yassin (Monsieur Bahbouh), Zahrat Al Oula (Namat), Mohamed El Dib (Hosni), Fouad Shafik (le médecin), Reyad El Kasabgy (Eways Al Ajali), Gawaher (la danseuse), Rafeaa El Shal (Hosnia), Samia Roshdi (Oum Samir), Abd El Nabi Mohamed (le serveur), Mary Ezz El Din (Ratiba), Edmond Tuema (le pharmacien), Abdel Ghani El Nagdi (Mahrous le barbier), Mahasen Morsi (la danseuse acrobatique), Saïd Khalil (vendeur de lait), Abdel Moneim Basioni (le pompiste)
Scénario : William Basily
Production : les films du Soleil


Monsieur Babouh et son partenaire Eways Al Ajali sont des marchands de bestiaux installés dans un petit village. Ils décident de prendre quelques jours de vacances pour se rendre au Caire. Depuis longtemps, ils rêvent de rencontrer des jeunes et jolies jeunes femmes comme ils en voient dans les magazines. Les voilà partis dans une vieille voiture branlante, direction la capitale. Ils arrivent à la nuit tombée et leur première visite est pour un cabaret qu’on leur a conseillé. Ils s’installent à une table et assistent au spectacle donné par les danseuses de l’établissement. Ils sont ravis. A côté d’eux, il y a une femme seule assise à une table. Elle semble mal à l’aise. Elle est rejointe par une danseuse qui peu après invite Monsieur Babouh et Eways à partager un verre avec elles. La première jeune femme s’appelle Namat. Elle est veuve et élève seule son fils. Elle a des problèmes d’argent et elle ne peut plus payer son loyer. La danseuse est sa voisine et c’est elle qui lui a trouvé ce travail d’entraîneuse. Monsieur Babouh et Eways sont ses premiers clients…

Notre avis : une comédie très courte dont l’histoire se déroule en vingt-quatre heures. La majeure partie du film a pour cadre la boîte de nuit où les deux héros sont venus se distraire et nous assistons avec eux aux différents numéros présentés par l’établissement. Malheureusement, ceux-ci n’ont vraiment rien d’exceptionnel (la prestation de la « danseuse acrobatique » nous a même laissé perplexe). Le ressort comique de « Monsieur Bahbouh » repose sur l’opposition entre le monde rural et celui de la ville. Le pauvre paysan qui découvre la capitale et ses plaisirs est une grande source d’inspiration pour certains réalisateurs des années quarante et cinquante en manque d’imagination. Cette comédie de Youssef Maalouf s’inscrit dans cette « tradition », sans originalité aucune. Sur les quatre films pour lesquels a travaillé le scénariste William Basily, c’est le seul dont il assume à cent pour cent l’écriture du scénario. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience ne fut pas concluante !


Rêves de jeunes filles (Ahlam Al-Banat, 1959)
ave Berlanti Abdelhamid (Doria), Shokry Sarhan (Ahmed), Abdelsalam El Nabolsi (Mounir), Zizi El Badrawi (Hoda), Mary Moneib (Nargiss) , Mary Ezz El Din, Nadia Ezzat, Mahmoud Lotfi (Ragab), Abdel Halim Elqala'awy, Abdel Moneim Basiony, Hassan Tawfik, Nahed Samir, Maha Sabry (Nahed), Hussein Riad (Sami, le propriétaire du magasin), Roshdy Abaza (Kamal), Omar El-Hariri (Mamdouh), Hassan Fayek (Fayek), Imthethal Zaki
Scénario : Abdel Aziz Salam
Musique : Baligh Hamdy, Farid Ghosn, Izzat El Gahely, Youssef Saleh, Mounir Mourad
Production : Nahas Films


Doria, Hoda et Nahed sont trois filles qui travaillent comme vendeuses dans un grand magasin. Elles partagent un appartement dans un quartier populaire de la capitale. Chacune a un rêve : Hoda souhaiterait connaître le grand amour et rencontrer un jeune homme pauvre comme elle. Nahed veut devenir chanteuse. Doria, quant à elle, rêve d’épouser un homme fortuné. Mounir, le directeur du magasin, est amoureux d’elle mais Doria le repousse : il n’est pas assez riche. 
Ahmed est le fils de Sami, le propriétaire du magasin. Après des études à l’étranger, il souhaite faire un stage chez son père pour parfaire sa formation. Sami le confie à son directeur sans lui dire que c’est son fils. Mounir l’engage comme coursier. Ahmed prendra son poste le lendemain matin. Doria et ses deux amies sortent du magasin en même temps que le jeune homme. Prenant celui-ci pour un riche client, Doria feint de se fouler la cheville pour qu’il les reconduise toutes les trois chez elles dans sa puissante automobile. Mais quand le lendemain, elle s’aperçoit qu’il n’est qu’un simple employé du magasin, elle se détourne de lui et c’est la douce Hoda qui tombe amoureuse du jeune homme.
Les trois filles quittent leur quartier populaire pour s’installer à Garden City, un quartier très chic du Caire. Elles ont trouvé des chambres à louer dans la maison de Nargiss, une ancienne chanteuse. La vieille dame est aussitôt conquise par ses nouvelles locataires. Elle veut aider Nahed à devenir chanteuse et elle l’envoie chez M. Fayek, un directeur de théâtre...


La Plus Chère à Mon Coeur (Aazz Al habayib, 1961)
avec Amina Rizq (Amina, la femme d’Ibrahim), Zaki Rostom (Ibrahim Effendi), Sherifa Mahear (la fiancée puis la femme d’Abdullah), Chukry Sarhan (Makhtar, le fils cadet), Soad Hosny (Kawthar, la petite amie de Makhtar), Samia Roshdi (la mère de Kawthar), Thuraya Fakhry (la servante), Hassan El Baroudi (le propriétaire du café), Nour El Demerdash (Abdullah, le fils ), Soheir Al Baroni (Soad, la fille), Mary Ezz El Din (la belle-mère d’Abdullah), Abdel Moneim Basiony (un employé), Eskandar Menassa (le mari de Soad)
D'après une histoire d'Henry Barakat
Scénario : Ibrahim Aboud et Youssef Issa
Production : les films Barakat


Ibrahim Effendi est un simple employé qui toute sa vie a travaillé pour que sa petite famille soit heureuse. Avec sa femme, il a eu trois enfants, deux garçons et une fille. Les années passent. Abdullah et Soad, les deux aînés, sont maintenant en âge de se marier. Mais Abdullah doit attendre que sa sœur ait trouvé un mari avant de pouvoir à son tour convoler avec la femme qu’il aime. Malheureusement, Soad ne parvient pas à attirer les prétendants : elle a un physique ingrat et la pauvreté de son père ne permet pas de compenser ce petit défaut par des atouts sonnants et trébuchants. La jeune fille ne supporte plus cette situation et sombre dans une grave dépression. Pour la guérir, il faut beaucoup d’argent et Ibrahim Effendi n’a pas d’économies. C’est à ce moment-là que le propriétaire d’un café lui fait une proposition. Pour arrondir ses fins de mois, ce commerçant s’est lancé dans le trafic de stupéfiants et il propose au petit employé de garder chez lui des sacs remplis de drogue contre un dédommagement qui mettra fin à tous ses soucis d’argent. Ibrahim Effendi accepte. A partir de là, tout change dans la famille : non seulement, Soad est soignée mais on finit par lui trouver un mari ; Abdullah de son côté peut enfin épouser sa bien-aimée. Comble de bonheur, le plus jeune de leurs enfants obtient son diplôme d’ingénieur. Ibrahim Effendi décide qu’il n’a plus besoin de continuer à travailler pour le trafiquant. Il veut mettre un terme à leur collaboration. Mais c’est trop tard : la police surgit dans la maison pour une perquisition. Afin de sauver l’honneur de son père, le plus jeune des fils s’accuse d’être le propriétaire des sacs de drogue. Il est condamné à 5 ans de prison. Ibrahim Effendi meurt peu après…

Notre avis : un film de 1960 reprenant tous les ingrédients du mélodrame des années quarante, avec deux acteurs talentueux qui ont très souvent incarné les parents assaillis par le malheur, Amina Rizk et Zaki Rostom. La seule originalité de cette histoire consiste dans l’inversion des responsabilités : c’est le père qui devient trafiquant de drogue et c’est le fils qui acceptera d’être condamné à sa place. Comme souvent dans ce type de récit, les personnages les plus intéressants sont les moins vertueux. Ici, c’est un couple : Abdullah, le fils aîné veule et égoïste, remarquablement interprété par Nour El Demerdash et son épouse, une insupportable mégère, jouée avec le même brio par la volcanique Sherifa Mahear. Tout aussi impressionnante est la prestation de Soheir Al Baroni en jeune fille désespérée dont la laideur et la pauvreté condamnent à la solitude.


lundi 11 février 2019

Les réalisateurs : Ashraf Fahmy (1936-2001)

أشرف فهمي

Ashraf Fahmy sort diplômé de l’institut supérieur du cinéma du Caire en 1963 puis il réside plusieurs années aux Etats-Unis pour se perfectionner dans l’art et les techniques du 7e art. Il rentre en Egypte en 1967. Il commence sa carrière dans le documentaire et il fait ses premiers pas dans la fiction en devenant l’assistant de grands cinéastes tels que Fateen Abdel Wahab (Les Confessions d’un mari) et Youssef Chahine (La Terre). Il réalise son premier long-métrage de fiction en 1970. On lui doit près d’une cinquantaine de films, pour la plupart des drames qui évoquent la condition féminine et les relations entre hommes et femmes dans l'Egypte moderne.


Sept films d'Ashraf Fahmy ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :

Nuit et barreaux (Leil wa Qudlan, 1973)
avec Samira Ahmed, Mahmoud Morsi, Mahmoud Yassin, Tawfik El Deken, Magdi Wahba, Mohamed El Sabaa, Ali Al Sharif, Ahmed Abaza, Abdel Salam Mohamed, Abdel Khalek Saleh, Helmy Hilaly, Ibrahim Nasr, Asmal Sharif, Ahmad Abdel Halim, Gharib Mohy Eldin, Elhamy Fayed, Mahmoud Rashad, Motawea Oweis, Muhammad Abu Hasheesh, Alya Fawzy 
Scénario : Farouk Abdou Jawad et Mostafa Moharam 
Musique : Fouad El Zahry 
Figure dans la liste des 100 films les plus importants de l’histoire du cinéma égyptien


L’action se passe dans les années 40 au sein d’une prison dirigée d’une main de fer par Tawfiq Abdel Hadi, un homme dur et cruel. Un jour, une panne de courant survient à son domicile. Samira, sa femme, téléphone à son bureau pour qu’on lui envoie un prisonnier capable d’effectuer la réparation. C’est Ahmed qu’on charge de cette mission. Ahmed est un jeune étudiant qui a été incarcéré par erreur. Entre Samira et le jeune détenu, la sympathie est immédiate…
Le film évoque la vie carcérale à travers la tragique histoire d'amour d'un prisonnier avec la femme du directeur de la prison.


Jusqu’à la Fin de la Vie (Hataa akhar aloumr, 1975)
avec Nagwa Ibrahim (Mona), Mahmoud Abdel Aziz (Ahmed), Omar Khorsheid (Mohi Ibrahim, l’ami musicien d’Ahmed), Hayat Kandel (Bahia), Moshira Ismail (Moshira), Omar Nagy (Mahmoud), Imad Hamdy (le père de Mona), Sayed Saleh (le patron du club équestre), Medhat Fahmy (Medhat), Fathia Shahin (la mère de Mona), Mourad Suleiman (un médecin), Mahmoud Dewidar (le directeur de l’hôpital), Younes Shalaby (une employé du club), Mokhtar El Sayed (le médecin traitant)
Scénario : Youssef El Sebai, Rafik El Saban, Ashraf Fahmy, Ramses Naguib, Mohamed Mostafa
Musique : Omar Khorsheid
Production : Ramsès Naguib


L’action débute en 1973, peu avant la guerre du Kippour. Mona est la fille d’un général à la retraite de l’armée de l’air. Ahmed est un jeune pilote d’avion de chasse qui fut l’ élève de celui-ci. Il est amoureux de Mona et le vieux militaire serait ravi qu’il devienne son gendre. Malheureusement, sa fille est secrètement amoureuse de Mahmoud, un champion équestre qui fréquente le même club qu’elle. Bien qu’il soit en permanence entouré d’une cour d’admiratrices, elle était convaincue qu’il allait se déclarer mais il lui annonce qu’il part travailler en Allemagne et qu’il ne reviendra pas de sitôt. Mona accepte donc d’épouser Ahmed. Les premiers temps de leur union sont idylliques mais le jeune pilote reçoit l’ordre de partir pour le front. Mona se retrouve seule et pour se divertir elle se rend régulièrement dans son club équestre. Elle y rencontre Mahmoud qui est revenu en Egypte, ne supportant plus de vivre à l’étranger…

Notre avis : un film à la gloire des héros de la guerre d'octobre avec de nombreuses séquences constituées d'images tournées par l'Armée elle-même. Avec la très belle et trop rare Nagwa Ibrahim dans le rôle de l'épouse qui renonce à sa vie de femme pour rester auprès de son mari revenu de la guerre paraplégique et impuissant. Du cinéma vertueux et patriotique.


Et l’Enquête Continue (Wala yazal altahqiq mustamirran, 1979)
avec Mahmoud Yassin (Hussein), Nabila Ebeid (Zeinab, la femme d’Hussein), Mahmoud Abdel Aziz (Medhat), Layla Hamada (Mervat, la sœur de Hussein), Tawfiq El Deqen (le beau-frère de Zeinab), Malak El Gamal (la mère de Zeinab), Nawal Fahmy (la mère de l’élève)
Scénario : Ihsan Abdul Quddus, Mostafa Moharam, Bashir El Dik
Musique : Gamal Salamah
Producteur : Gerges Fawzi et Les Films Ashraf Fahmy


Drame. Hussein est professeur d’anglais et il vit avec Zeinab, sa femme, et Mervat, sa petite sœur qui est étudiante aux Beaux-Arts. Hussein aime son métier. L’argent ne l’intéresse pas. Ce qui compte pour lui, c’est sa mission éducative auprès de ses élèves. Zeinab ne partage absolument pas les conceptions de son mari. Elle enrage de vivre chichement alors que sa sœur vit dans l’opulence grâce au salaire élevé de son époux. Un jour, Hussein a la visite d’un inconnu dans son lycée. Cet inconnu, c’est en fait Medhat, un ami d’enfance, qui s’était installé en Europe et qui y a fait fortune. Heureux de ces retrouvailles, Hussein invite à déjeuner Medhat. Ce dernier retrouve Mervat qui l’impressionne par sa beauté et il fait la connaissance de Zeinab. La petite famille boit les paroles de leur invité surprise qui évoque avec une certaine autosatisfaction sa réussite professionnelle dans le bâtiment. Quand il apprend que Mervat fait des études d’architecture d’intérieur, il lui propose de travailler à l’agencement de ses nouveaux bureaux. Après le départ de Medhat, Zeinab ne peut contenir sa colère contre son mari qui n’a à lui offrir qu’une petite existence médiocre. Et le jour où elle apprend que Hussein donne des cours particuliers sans demander d’argent en contrepartie, elle décide de rompre et retourne chez sa mère. Pour tenter d’arranger les choses entre les deux époux, Medhat décide de rencontrer Zeinab…

Notre avis : pour ce drame, Ashraf Fahmy retrouve son actrice fétiche du moment, Nabila Ebeid qu’on a déjà vue dans trois des quatre films qu’il a tournés l’année précédente ( « Et le Troisième est Satan », « Un Voyage à l’Intérieur d’Une Femme », « Une Autre Femme »). Pour son rôle dans « Et L’Enquête Continue », Nabila Ebeid obtiendra le prix de la meilleure actrice au Festival international du film d’Alexandrie. Un prix amplement mérité ! Grâce à son immense talent, elle a su restituer toute la complexité de son personnage, cette femme mariée que le malheur et la frustration conduisent à se révolter, quitte à se montrer injuste et à humilier son mari, joué par l’excellent Mahmoud Yassin. Et quand celle-ci croit enfin avoir trouvé le bonheur dans les bras de son amant, tout s’effondre : l’homme aime ailleurs et il lui conseille de retourner gentiment chez son mari. Evidemment la vengeance sera terrible. L’amant est incarné par Mahmoud Abdel Aziz. C’est un personnage aussi intéressant que celui de Nabila Ebeid car il demeure insaisissable jusqu’à la fin. Pourquoi a-t-il souhaité renouer avec son ancien ami après tant d’années ? Quelles sont ses intentions réelles en s’introduisant dans cette famille ? Derrière le masque du sympathique camarade, semble se cacher un homme égoïste et manipulateur qui détruit tous ceux qu’il approche. Bref, un très bon film d’après un récit d’ Ihsan Abdul Quddus, le grand spécialiste de la psyché féminine.


La Danseuse et le Percussionniste (Al Raqissa w Al Tabbal, 1984)
avec Nabila Obeid (la danseuse Mabahij), Ahmed Zaki (Abdo), Zizi Moustafa (la danseuse Narcisse), Ahmed Ghanem (Abou Shafah, l’ami d’Abdo), Nabila El Sayed (Qamar, la sœur de Mabahij), Adel Adham (Naseh, le beau-frère de Mabahij), Qadria Kamel (la mère de Mabahij), Farouk Fathallah (Mounir, le propriétaire du cabaret), Mohamed Reda (Haridy)
Scénario : Mostafa Moharam et Bahgat Amar d’après une histoire d'Ihsan Abdul Quddus
Musique : Mohamed El Mougy et Ahmed Hamouda
Production : Sina Film, Farouk Fathallah


Abdo est un joueur de darbouka qui a une très haute idée de son art. Il est convaincu que dans un orchestre son instrument prime sur tous les autres. Un soir, dans le cabaret où il travaille, il veut le prouver de manière éclatante en imposant ses rythmes aux autres musiciens ainsi qu’à la danseuse que son orchestre accompagne. En quelques secondes, il se met tout le monde à dos et finit à l’hôpital après avoir été roué de coups par le videur du cabaret. Abou Shafah, son ami, l’engage à faire profil bas s’il veut continuer à travailler. Abdo ne veut rien entendre. Il veut trouver une danseuse de talent afin de monter un duo selon ses conceptions artistiques. Avec Abou Shafah, il part à la recherche de la perle rare en écumant les salles de spectacles et les festivals. Un soir, à Tanta, il découvre une jeune danseuse très douée qui le séduit immédiatement. Elle s’appelle Mabahij et vit avec sa sœur, son beau-frère et leurs cinq enfants. Le père est au chômage et toute la petite famille survit grâce aux cachets qu’elle touche pour ses prestations . Abdo promet à la sœur et à son mari de subvenir à tous leurs besoins s’ils acceptent de laisser Mabahij travailler avec lui. C’est ainsi qu’Abdo peut commencer à répéter avec sa danseuse. Malheureusement, sa rigueur excessive et son mauvais caractère rendent les séances de travail très pénibles pour sa partenaire. Les disputes se multiplient. Un jour, Mabahij s’effondre en hurlant de douleur. Elle doit être opérée de toute urgence mais le coût de l’intervention chirurgicale est considérable. Abdo va alors multiplier les participations à des fêtes familiales et vendre tout son mobilier pour pouvoir récolter l’argent nécessaire à la guérison de Mabahij. Désormais, la jeune femme considère Abdo comme son sauveur et elle tombe amoureuse de lui. Peu après, ils trouvent enfin un directeur de cabaret qui accepte de les engager. Leur spectacle obtient un immense succès et ils signent un contrat qui les délivre de la précarité. Ils ont désormais tout pour être heureux. Mais pour Mabahij, ce n’est pas suffisant, elle veut se marier et avoir des enfants. Abdo refuse de sacrifier sa carrière artistique pour fonder une famille…

Notre avis : Ashar Fahmy et Nabila Ebeid ont souvent travaillé ensemble. Le cinéaste a offert à l’actrice certains de ses rôles les plus marquants, ceux qui lui ont permis de rester en haut de l’affiche après plus de vingt ans de carrière. (Nabila Ebeid obtient son premier grand rôle en 1963, alors qu’elle n’a que dix-huit ans, dans un film de Niazi Mustafa, « Rabaa Al-Adawiya ».)
Quand elle tourne « La Danseuse et le Percussionniste », elle a près de quarante ans. Ce film, tout à sa gloire, multiplie de manière un peu complaisante les scènes de danse pour nous prouver qu’elle reste l’une des plus belles actrices de son temps. Elle a pour partenaire Ahmed Zaki, qui incarne un artiste écorché vif, sombrant progressivement dans la folie. L’acteur restitue, avec son talent habituel, toute l’ambivalence du personnage, à la fois attachant et insupportable, généreux et égocentrique. Le dénouement, malgré sa grandiloquence, met en parallèle de manière éloquente le triomphe de celle qui a su se plier aux règles du succès et la chute pathétique de celui qui refuse de s’y conformer, avec ce constat désespérant : en art, l'exigence est le chemin le plus sûr vers l’échec, la société se montrant impitoyable à l’égard des artistes authentiques.


Ne me demandez pas qui je suis  (La tasalni man ana, 1984)
avec Shadia, Yousra, Farouk El Feshawi, Elham Shahein, Hesham Selim, Sawsan Badr, Madiha Yousri, Mahmoud Rashad
D'après une histoire d'Ihsan Abdul Quddus
Scénario : Ahmed Saleh
Musique : Ammar El Sherei


Aïcha est une jeune mère de famille nombreuse. La misère la contraint à vendre sa dernière fille encore bébé à un couple riche mais stérile. Elle a posé une seule condition que les « adoptants » ont accepté : elle sera employée par eux comme gouvernante afin de garder le contact avec sa fille Zeinab. Toutes les parties s’engagent à garder secret le contrat qui les lie. Les années passent et les enfants grandissent. Ceux qu’Aïcha a pu élever décemment grâce à la pension que lui verse les parents adoptifs de Zeinab sont maintenant de jeunes adultes, diplômés de l’enseignement supérieur, et exerçant des métiers prestigieux. Ils ne comprennent pas pourquoi leur mère continue à être gouvernante pour des riches. Ils lui demandent de cesser ce travail de domestique. Elle refuse catégoriquement…


Saad l’orphelin (saad al-yatim, 1985)
avec Farid Shawki (Al Halbawy), Nagla Fathy (Sabah Badran), Ahmed Zaki (Saad), Mahmoud Morsy (Badran), Tewfik El Deken (Musa), Shwikar (la danseuse Hosni), Karima Mokhtar (Karama), Zizi Mustafa (Zoubah), Mohamed Wafik (Fadel Al Gammal), Sayed Sadek (Abu Kaf)
Scénario : Abdel Hay Adib
D’après une histoire de Yousry El Gendy
Musique : Sami Noseir


Drame. Les parents de Saad ont été tués par Badran, son oncle. Il a été confié à une femme qui l’élève comme son fils. Les années passent. Saad est devenu un jeune homme et il est tombé amoureux de Sabah. Il ne sait pas que cette jeune fille est en fait sa cousine et que son père est le meurtrier de ses parents. Badran ne reconnaît pas non plus son neveu dans cet ouvrier au teint halé et à la moustache noire. Le vieil homme ne veut que le bonheur de sa fille mais Al Halbawy, un chef de clan très puissant veut aussi épouser Sabah. Ce redoutable personnage n’a pas pour habitude de renoncer facilement à ce qu’il désire. Entre les différents protagonistes de ce drame, la guerre est inévitable…


L’Assassinat d’une Institutrice (Eghtyal Modarresa, 1988)
avec Nabila Ebeid, Youssef Shabaan, Salah Kabil, Mariam Fakhr Eddine, Shwikar, Zeinab Wahby, Sabrin, Hesham Selim, Hamdy Gheith, Ahmed Ghanem, Hamdy Youssef, Nabil Al Helfawi, Hosny Abdul Jalil, Soheir Ayoub, Ahmad Kamali, Raafat Raji
Scénario : Ashraf Fahmy et Mostafa Moharam
Musique : Sami Noseir
Production : Olympia


Drame. Hoda est une enseignante, mère de deux enfants. Elle vient de perdre son mari et elle est en conflit avec son beau-frère qui veut s’emparer de tout l’héritage. L’affaire est confiée à la justice. Dans le même temps, Hoda est confrontée à un grave problème dans son lycée : Mervat, une de ses étudiantes, lui révèle qu’elle est enceinte. Le père est Issam, l’un de ses camarades de classe. Hoda s’entretient avec le garçon. Elle exige qu’il épouse la jeune fille, sinon, elle n’hésitera pas à le dénoncer publiquement. Issam refuse cet arrangement et échafaude un plan pour se débarrasser de cette enseignante un peu trop intrusive. Peu après, il lui fait croire qu’il a réfléchi et qu’il veut bien réparer sa faute en épousant Mervat. Seulement, il souhaite d’abord qu’Hoda se rende à son domicile pour parler à son père. L’enseignante accepte mais quand elle arrive chez Issam elle découvre qu’il est seul…