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lundi 16 décembre 2019

Rêves de jeunes filles (Ahlam Al-Banat, 1959)

أحلام البنات
ﺇﺧﺮاﺝ: يوسف معلوف




Youssef Maalouf a réalisé Rêves de jeunes filles en 1959.
Distribution : Berlanti Abdel Hamid (Doria), Shokry Sarhan (Ahmed), Abdel Salam Al Nabulsi (Mounir), Zizi Al Badraoui (Hoda), Mary Moneib (Nargiss), Mary Ezz El Din, Nadia Ezzat, Mahmoud Lotfi (Ragab), Abdel Halim Elqala'awy, Abdel Moneim Basiony, Hassan Tawfik, Nahed Samir, Maha Sabry (Nahed), Hussein Riad (Sami, le propriétaire du magasin), Roshdy Abaza (Kamal), Omar El-Hariri (Mamdouh), Hassan Fayek (Fayek), Imthethal Zaki 
Scénario : Abdel Aziz Salam 
Musique : Baligh Hamdy, Farid Ghosn, Izzat El Gahely, Youssef Saleh, Mounir Mourad 
Production : Nahas Films

Hassan Fayek et Omar El Hariri

Berlanti Abdel Hamid

Maha Sabry

Mary Moneib

Berlanti Abdel Hamid et Abdel Salam Al Nabulsi

Hussein Riad et Zizi Al Badraoui

Maha Sabry et Zizi Al Badraoui

Chukry Sarhan

Rushdy Abaza et Berlanti Abdel Hamid


Résumé

Doria, Hoda et Nahed sont trois filles qui travaillent comme vendeuses dans un grand magasin. Elles partagent un appartement dans un quartier populaire de la capitale. Chacune a un rêve : Hoda souhaiterait connaître le grand amour et rencontrer un jeune homme pauvre comme elle. Nahed veut devenir chanteuse. Doria, quant à elle, rêve d’épouser un homme fortuné. Mounir, le directeur du magasin, est amoureux d’elle mais Doria le repousse : il n’est pas assez riche. 

Ahmed est le fils de Sami, le propriétaire du magasin. Après des études à l’étranger, il souhaite faire un stage chez son père pour parfaire sa formation. Sami le confie à son directeur sans lui dire que c’est son fils. Mounir l’engage comme coursier. Ahmed prendra son poste le lendemain matin. Doria et ses deux amies sortent du magasin en même temps que le jeune homme. Prenant celui-ci pour un riche client, Doria feint de se fouler la cheville pour qu’il les reconduise toutes les trois chez elles dans sa puissante automobile. Mais quand le lendemain, elle s’aperçoit qu’il n’est qu’un simple employé du magasin, elle se détourne de lui et c’est la douce Hoda qui tombe amoureuse du jeune homme. 

Les trois filles quittent leur quartier populaire pour s’installer à Garden City, un quartier très chic du Caire. Elles ont trouvé des chambres à louer dans la maison de Nargiss, une ancienne chanteuse. La vieille dame est aussitôt conquise par ses nouvelles locataires. Elle veut aider Nahed à devenir chanteuse et elle l’envoie chez M. Fayek, un directeur de théâtre. Quand Nahed pénètre dans l’établissement, une répétition est en cours et autour de M. Fayek, il y a Mamdouh, le metteur en scène et Kamal, le producteur. Malheureusement, cette fois-là, Nahed chante horriblement faux. Elle est aussitôt expulsée. Mais la jeune chanteuse ne s’avoue pas vaincue : elle pénètre à nouveau dans le théâtre et enregistre une chanson sur le magnétophone du metteur en scène. Peu après, Fayek et ses deux collègues écoutent la bande enregistrée. Ils sont transportés par la beauté de la voix de Nahed. Kamal part à la recherche de la jeune fille. Il se rend dans la maison de Nargiss et fait la connaissance de Doria. 

Pour les trois filles, les événements se précipitent et semblent combler les désirs de chacune. Nahed est engagée par M. Fayek et une inclination mutuelle naît entre elle et Mamdouh, le metteur en scène. Ahmed et Hoda sont très épris l’un de l’autre et ils projettent de se marier. Enfin, Kamal a promis à Doria de lui offrir tout ce dont elle rêve. 

Mais pour Hoda et Doria, les choses vont être plus difficiles que prévu. Hoda apprend enfin qu’Ahmed est le fils du propriétaire du magasin. Elle veut rompre immédiatement : leur différence sociale empêche toute union fondée sur l’amour et la confiance. Il faut l’intervention du père d’Ahmed, pour que la jeune femme accepte d’épouser le riche héritier. Quant à Doria, la désillusion est brutale : Kamal n’a jamais eu l’intention de l’épouser mais veut juste profiter d’elle. Un soir, alors que le jeune homme a bu de manière excessive, il tente de la violer. Elle est sauvée par l’irruption dans l’appartement de Mounir, le directeur du magasin. Elle comprend enfin que chez un homme l’amour véritable est plus important que la fortune. Mounir et Doria retrouvent tous leurs amis au théâtre où se produit Nahed.

vendredi 21 décembre 2018

Ismaël Yassin au musée de cire (Ismaël Yassin fil madhaf el shami, 1956)

إسماعيل يس في متحف الشمع
ﺇﺧﺮاﺝ : عيسى كرامة



Issa Karama a réalisé Ismaël Yassin au musée de cire en 1956.
avec Ismaël Yassin, Abdel Fatah El Kosary, Berlanty Abdel Hamid, Abdel Ghani Kamar, Kitty Fotsaty, Fouad Gafaar, Ali Rushdy, Ali Abdel Al, Mohamed Tawfik, Sanaa Gamil, Mohamed Al Dib, Soad Ahmed
Scénario et dialogues : Gamal Hamdy

Fouad Gafaar, Sanaa Gamil, Ali Rushdy

Mohamed Al Dib et Abdel Ghani Kamar

Fouad Gafaar et Berlanty Abdel Hamed

Soad Ahmed et Abd El Fatah El Kosary

Berlanty Abdel Ahmed

Abd El Fatah El Kosary, Kitty, Ismaël Yassin

Berlanty Abdel Hamid et Ismaël Yassin

Kitty

Kitty



Résumé

Comédie fantastico-policière. Le professeur Ali a créé un musée de cire qui attire chaque jour de très nombreux visiteurs. L'établissement est dirigé par un administrateur entouré de toute une équipe. Il y a aussi Farid qui crée les mannequins avec l’aide de son assistante Riri. Farid est fiancé à Samia, la fille du professeur Ali. Une nuit, le sculpteur découvre qu’un gang utilise ses créations pour y dissimuler des bijoux volés. Il a réussi à prendre en photo l’un des criminels en train d’opérer dans le musée. Il prévient le directeur de l’établissement sans savoir que celui-ci est l’un des trafiquants. Evidemment, ceux-ci veulent récupérer la pellicule de l’appareil-photo de Farid mais elle reste introuvable. Et pour cause : le sculpteur l’a dissimulée dans l’un des vases du musée. Alors on décide de se débarrasser de ce gêneur. Farid est assommé et jeté dans sa voiture. L’un des membres du gang la conduit dans un endroit isolé et il y met le feu. Dans le même temps, le chef de la bande recrute deux croque-morts un peu benêts, Ismaël et Abdou. Ils sont chargés de mettre les mannequins aux bijoux dans des cercueils et de les enterrer à l’endroit qu’on leur indiquera. Le jour, ils font office de guides pour les nombreux visiteurs du musée. La nuit venue, ils s’occupent des mannequins. Les deux amis ne sont guère rassurés. Après la fermeture, un fantôme erre dans les salles de l’établissement. Heureusement, Kittie, la fille dont est amoureux Ismaël, leur rend visite et l’atmosphère devient alors plus légère. Quand l’un des gangsters survient pour superviser le travail des deux ouvriers, elle prend la posture d’un mannequin du musée. Ismaël retrouve sans le savoir la pellicule de Farid mais par inadvertance il l’échange contre celle qui appartenait à une cliente. Et c’est cette seconde pellicule que Riri, l’assistante de Farid qui travaille pour les gangsters est parvenue à récupérer et qu’elle remet fièrement à l’un de ses complices. Mais la bonne pellicule ne tarde pas à reparaître : la cliente qui était partie avec l’a fait développer et s’est aperçue de la méprise. Elle retourne au musée pour restituer les photos. Soulagement parmi les membres du gang. Mais avec l’aide d’Abdou, Ismaël parvient à arracher les photos des mains du directeur. Riri donne l’alerte. Dans le musée, la bagarre devient générale. Grâce à l’intervention de la police, les bandits sont obligés de battre en retraite. Reparaît Farid, le sculpteur : il avait réussi à s’extraire de son véhicule en flammes et c’était lui, le fantôme qui, la nuit, errait dans les salles du musée. Il se lance à la poursuite du chef de la bande dont le visage est toujours dissimulé sous un masque. Celui-ci tente de s’échapper par les toits mais une corniche cède sous son poids et le précipite dans le vide. Farid a jute le temps de lui retirer son masque. Il découvre horrifié que le chef des gangsters était sa fiancée, la fille du professeur Ali ! 


vendredi 2 mai 2014

Le tintement du khoulhal (Ranit Al-Khulkhal, 1955)

رنة الخلخال
 إخراج: محمود ذو الفقار


 

Mahmoud Zulficar a réalisé Le Tintement du Khoulhal en 1955.
Distribution : Berlanty Abdel Hamid (Lawahiz), Mariam Fakhr Eddine (la femme d'Hassan), Zeinat Olwi (danseuse), Chukry Sarahn (Hassan), Abdel Wares Asr (Abou Hassan), Negma Ibrahim (Oum Badoui), Mohamed El Thoukhy (le beau-père d'Hassan)
Scénario : Amin Youssef Ghorab et Mahmoud Zulficar
Musique : Sayed Mostafa, Ahmed Sabra, Abdel Halim Noweira, Fathy Qoura
Production : Mariam Fakhr Eddine


Berlanty Abdel Hamid

















Mariam Fakhr Eddine

















Chukry Sarhan, Berlanty Abdel Hamid, Abdel Wares Asr

















Negma Ibrahim


















Résumé

Hassan travaille dans la boulangerie de son père. C’est un commerce très prospère. Abou Hassan est un homme très pieux et charitable. Un jour, des enfants du quartier lui signalent qu’une jeune fille vit dans la rue. Elle s’appelle Lawahiz. Abou Hassan la recueille chez lui. Apitoyé par son histoire, il l’embauche comme domestique. Lawahiz entreprend de séduire le vieil homme, tant et si bien qu’il finit par l’épouser. Mais la jeune femme est tombée amoureuse de son beau-fils. Dès qu’elle est seule avec lui, elle joue de tous ses charmes et lui fait des avances de plus en plus explicites. Hassan n’est pas insensible au manège de sa belle-mère et plus d’une fois, il est à deux doigts de succomber. Abou Hassan comprend la situation. Il décide de marier son fils avec la fille d’un ami. Lors du mariage, Lawahiz ne cache pas sa fureur. Malgré l’arrivée de la jeune épouse dans la maison, elle reprend de plus belle ses provocations à l’égard d’Hassan. Ce dernier, déçu par l’excessive pruderie de sa femme, est de plus en plus attiré par le corps voluptueux de sa belle-mère. La situation change radicalement quand le médecin annonce au jeune homme qu’il sera bientôt père. Désormais, il se consacre entièrement au bien-être de la future maman et oublie Lawahiz. Mais cette dernière ne s’avoue pas vaincue. Elle prétend qu’elle aussi est enceinte et pour donner plus de crédibilité à son mensonge, elle soudoie Oum Badoui, la gouvernante chargée de veiller sur sa rivale. Officiellement, les deux accouchements auront lieu en même temps. Quand s’approche le terme de la grossesse; Lawahiz charge la vieille femme de trouver un nouveau-né. Celle-ci s’exécute et en rapporte un qu’elle cache dans sa chambre. Mais le nourrisson meurt aussitôt tandis que les cris de joie annoncent la naissance du fils d’Hassan. Dans l’agitation qui suit, Oum Badoui parvient à substituer l’enfant mort à l’autre qu’elle remet à Lawahiz. C’est au tour de la belle-mère de manifester sa joie tandis que les deux autres parents sont terrassés par le chagrin. Au fil des mois, la vie reprend son cours à la boulangerie mais les choses se compliquent pour Lawahiz : Oum Badoui la fait chanter et demande de plus en plus d’argent pour prix de son silence. Les deux femmes ont une dernière conversation sur le palier du premier étage de la maison. Lawahiz tient dans ses bras « son fils ». Son interlocutrice réitère ses menaces. Dans un coup de folie, la jeune femme la pousse violemment contre la balustrade qui cède. Oum Badoui fait une chute de plusieurs mètres mais avant de mourir elle révèle tout à Hassan. Lawahiz, comprenant qu’elle va tout perdre, jette l’enfant dans le vide mais celui-ci est récupéré in extremis par son vrai père.


Critique

Un excellent film dans la veine réaliste qui se développa après la révolution de juillet 1952 grâce notamment à l’abrogation de la loi sur la censure de 1947. Dans l’esprit des nouveaux dirigeants du pays, il s’agissait d’encourager un renouveau de l’industrie cinématographique qui jusqu’alors se contentait d’exploiter les genres traditionnels dont le public égyptien s’est toujours montré friand : le mélodrame, la comédie et la comédie musicale.
Le Tintement du Khoulhal est une fable sur la cupidité, la faim et le désir qui rendent fou . Une femme qui vit dans un dénuement complet s’introduit dans le monde prospère de deux boulangers père et fils. Le premier se consacre entièrement à la religion tandis que le second a repris les rênes de l’entreprise familiale et travaille jour et nuit. Une fois dan la place, la jeune femme veut tout : le pain, la boutique, le père, le fils. Et quand apparaît dans la maison l’épouse du plus jeune, son avidité destructrice redouble d’intensité.
La dernière partie du film est particulièrement réussie. Le spectateur est tenu en haleine par la folie meurtrière qui emporte la jeune femme et la gouvernante qu’elle a soudoyée. Dans le rôle de cette dernière, Negma Ibrahim impose sa présence angoissante que l’on avait découverte dans Raya et Sakina.
On notera les nombreuses similitudes, grandes et petites, entre Le Tintement du Khoulhal et la Sangsue de Salah Abou Seif, tournée un an plus tard. Difficile de croire que ce dernier n’ait pas pensé au film de Mahmoud Zulficar en réalisant le sien.

Ce qui frappe dans ces films réalistes d’après révolution, c’est leur pessimisme. On retrouve ce paradoxe en France, à l’époque du front populaire avec l’essor d’un cinéma réaliste d’une extrême noirceur.

Appréciation : 4/5
****
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin




mercredi 26 juin 2013

Raya et Sakina (1953) et sa parodie (1955)

ريا وسكينة
إخراج  : صلاح ابو سيف


Raya wa Sakina est un film réalisé en 1953 par Salah Abou Seif.

Distribution : Negma Ibrahim (Raya), Zouzou Hamdy El-Hakim (Sakina), Farid Shawki (le borgne de la bande de Raya et Sakina), Anwar Wagdi (Ahmed Yousri, l'officier de police qui mène l'enquête), Chukry Sarhan (Amin, l'homme qui attire les victimes), Samira Ahmed (Soad), Berlanty Abdel Hamid (fiancée d'Amin et amie de Soad), Saïd Khalil (le mari de Sakina), Reyad El Kasabgy (le mari de Raya), Abdel Hamid Zaki (le père de Dalal), Malika El Gamal (la mère de Bassima, une victime du gang), Zeinat Olwi (la danseuse), Suleiman El Gindy (le petit frère de Soad), Shafik Nour El Din (le coiffeur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abou Seif
D’après une histoire de Lotfi Othman
Dialogues : El Sayed Bedeir
Musique : Ahmed Sedky et Hussein Guenid
Production : Ramses Naguib


Anwar Wagdi et Chukry Sarhan
















Berlanty Abdel Hamid, Anwar Wagdi, Suleiman El Gindy


















Alexandrie a peur. Depuis quelque temps des femmes disparaissent dans des conditions mystérieuses. On compte pour l'instant 26 victimes mais nul doute que la liste ne va pas tarder à s'allonger. Ahmed Yousri, le chef du service des affaires criminelles, dirige l'enquête. Pour entrer en contact avec les kidnappeurs, il se déguise en marin et fréquente les cafés et les cabarets des quartiers populaires. Il va très vite obtenir de précieuses informations. L'un des premiers suspects est Amin, un séduiant jeune homme, employé de bureau dans un abattoir... 

Ce film évoque un fait divers qui défraya la chronique en Egypte au début des années 20.

Raya et Sakina furent les deux premières serial killers de l'Egypte moderne. Ces deux soeurs enlevaient des femmes pour leur dérober bijoux et argent puis, aidées de leurs maris, elles les tuaient et faisaient disparaître leurs corps dans une des maisons qu'elles louaient dans Alexandrie ou sa banlieue.
Quand elles étaient arrivées à Alexandrie avec leurs maris, elles avaient commencé par ouvrir des maisons closes. Leurs premiers meurtres datent de novembre 1919. En moins de deux ans, les deux soeurs feront dix-sept victimes. Elles avaient profité de la situation confuse qui régnait alors en Egypte. Les manifestations contre les forces armées britanniques se multipliaient et mobilisaient l'intégralité des services de police. Elles sont finalement arrêtées en décembre 1920 et elles sont condamnées à mort en 1921.

Raya et Sakina

Pour cette réalisation, Salah Abou Seif applique les recettes du film noir américain :
-Une intrigue épurée : un inspecteur de police entame une course contre la montre pour retrouver les deux criminelles avant qu'elles ne fassent d'autres victimes.
-Une atmosphère inquiétante : les ruelles sombres d'un quartier populaire d'Alexandrie.
-Une mise en scène nerveuse qui privilégie l'action au détriment de toute autre considération sociale ou psychologique.
On pourra s'étonner du choix d'Anwar Wagdi pour incarner l'officier de police chargé de l'enquête. Certes, il jouit à l'époque d'une célébrité peu commune, et comme acteur et comme réalisateur, mais son univers est plutôt celui de la comédie ou du drame sentimental, bien loin du réalisme  cher à Salah Abou Seif. A noter, qu'en cette même année 52, Anwar Wagdi joue à nouveau un inspecteur de police dans Le Tigre, une comédie musicale d'Hussein Fawzy et que deux ans plus tard, en 1954, Salah Abou Seif l'engage une nouvelle fois pour  jouer un enquêteur dans Le Monstre. (Anwar Wagdi avait une prédilection certaine pour l'uniforme !)
Auprès de l'acteur, on trouve deux toutes jeunes actrices promises à de belles carrières,  Samirah Ahmed et Berlanti Abdel Hamid qui à l'époque du tournage ont respectivement 14 et 17 ans.

Appréciation : 4/5
****

En 1955, Hamada Abdel Wahab réalisera une parodie de ce film :

Ismaël Yassin rencontre Raya et Sakina (Ismaël Yassin yuqabil Raya wa Sakina)


اسماعيل ياسين يقابل ريا و سكينة
 حماده عبدالوهاب إخراج

Ismael Yassin (Felfel), Thoraya Helmy (Nounou, la fiancée de Felfel), Negma Ibrahim (Raya), Zouzou Hamdi El Hakim (Sakina), Abd El Fatah El Qosary (le voleur), Reyad El Kasabgy (Assab Allah, le mari de Raya), Said Khalil (Abdel Al, le mari de Sakina), Nazim Shaarawy (le borgne), Nemat Mokhtar (la danseuse Sonia Agamia), Thuraya Fakhry (la mère de Nounou), Ahmed El Gezeiry (l’ivrogne), Abdel Halim El Qalawy (un fou), Mohamed Shawky (un fou), Metawea Oweis (l’officier), Agamy Abdel Rahman (le bandit), Tousoun Motamad (le soldat)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Fouad El Zahiry, Ali Ismail, Farid Ghosn, Izzat El Gahely, Abd El Hafeez El Tetawy
Production : Al Hilal Films


Les deux sœurs criminelles, Raya et Sakina, font régner la terreur dans les rues d’Alexandrie. Elles et leur gang enlèvent des femmes pour leur voler leurs bijoux. Une fois chez elles, elles empoisonnent leurs victimes et les enterrent dans leur jardin. La police constate ces nombreuses disparitions mais n’a jamais été capable d’en démasquer les responsables. Raya et Sakina peuvent ainsi continuer leur petit business très lucratif, en toute impunité.
Un jour, l’un de leurs complices se présente dans un cabaret où travaille la danseuse Sonia. Il est venu chercher cette dernière car elle doit se produire chez les deux sœurs lors d’une soirée réunissant quelques amis. Méfiante, la patronne du cabaret demande à Felfel, l’un de ses artistes, de suivre l’homme et la danseuse. Felfel parvient à s’introduire dans la maison de Raya et Sakina. Il surprend deux individus en train de préparer une boisson empoisonnée qu’ils destinent à la danseuse. Felfel quitte la maison sans être repéré et il se rend aussitôt au commissariat. L’officier de police qui le reçoit à bien du mal à croire ce qu’il raconte d’autant plus que Felfel empeste l’alcool. Le policier décide néanmoins de se rendre avec des agents au domicile des deux sœurs. Malheureusement, ces dernières ont fait disparaître toute trace de la présence de Sonia et Felfel passe pour un menteur qui a joué un mauvais tour aux représentants de la force publique. Raya et Sakina s’en sont bien sorties cette fois-ci mais désormais elles considèrent Felfel comme un témoin gênant. Elles ordonnent à leurs complices de l’éliminer…

Une excellente comédie musicale avec des numéros chantés et dansés tout à fait réjouissants. Cette parodie du film de Salah Abou Seif parvient à restituer fidèlement l’atmosphère de l’original tout en lui conférant une tonalité comique : du beau travail ! Dans la distribution, on retrouve une partie de l’équipe qui jouait dans le « Raya et Sakina » de 1953 dont Negma Ibrahim et Zouzou Hamdi El Hakim dans le rôle des deux criminelles, ce qui rend très bluffante la similitude entre les deux films. Le pastiche et la parodie sont des exercices de style qui peuvent soit déprécier une œuvre en la caricaturant (plutôt la parodie) soit célébrer celle-ci en l’imitant très fidèlement (plutôt le pastiche). Il est clair que le film d’Hamada Abdel Wahab se range dans la seconde catégorie. Mais, répétons-le, « Ismaël Yassin rencontre Raya et Sakina » est avant tout une comédie musicale particulièrement plaisante. Et plus qu'Ismaël Yassin, la véritable vedette de ce film, c'est Thoraya Helmy qui joue, chante et danse avec l'abattage des plus célèbres meneuses de revue.
Appréciation : 3/5 
***