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vendredi 31 juillet 2026

Les Secrets des Gens (Asrar el naas,1951)

أسرار الناس
ﺇﺧﺮاﺝ: حسن الإمام





















Hassan Al Imam a réalisé Les Secrets des Gens en 1951.
Distribution : Faten Hamama (Nemat Arafa Hassanein), Hussein Riad (Arafa Hassanein), Mohsen Sarhan (Ahmed), Farid Shawky (Mansour), Shukry Sarhan (Samir Arafa Hassanein), Zouzou Nabil (Latifa, la femme d'Arafa Hassanein), Ferdoos Mohamed (Nargis, la mère d’Arafa Hassanein), Samiha Tawfiq (la danseuse Samira), Sherifa Maher (Houria Arafa Hassanein), Thuraya Fakhry (la femme du forgeron qui a élevé Nemat), Fakher Fakher (Salama), Abdel Aziz Ahmed (le forgeron qui a recueilli Nemat), Nadia El Shennawy (Nemat petite fille), Zaki Ibrahim (le père d'Ahmed), Ragaa Youssef (danseuse), Faida Kamel (chanteuse), Fatima Ali (chanteuse), Abdel Ghany El Sayed (chanteur)
Scénario : Mohamed Mostafa Sami, Hassan El Emam
Musique et chansons : Ibrahim Haggag, Abdel Halim Noweira, Youssef Saleh, Ahmed Sabra, Ali Farrag, Mahmoud El Sherif, Fathy Koura
Production : Mary Queeny, Les Films Regence




Thuraya Fakhry et Zaki Ibrahim







Farid Shawky et Fakher Fakher







Nadia El Shennawy 








Mohsen Sahran et Faten Hamama







Thuraya Fakhry et Abdel Aziz Ahmed






Hussein Riad







Ferdoos Mohamed et Farid Shawkri







Zouzou Nabil et Farid Shawki







Shukry Sarhan et Samiha Tawfiq







Sherifa Maher

















Résumé

Haj Arafa Hassanein a tout pour être heureux. À la tête d’une grande boulangerie, respecté par ses employés pour sa générosité, il mène une vie paisible auprès de sa mère Narges, de sa femme Latifa et de leurs trois enfants, Houria, Samir et la petite Nemat. Amoureux fou de Latifa malgré les années de mariage, Arafa ne se doute pas que son bonheur va basculer.

Un jour, la police lui demande d’héberger Mansour, un cousin éloigné récemment libéré de prison. Arafa accepte par gratitude envers le père de celui-ci, qui l’avait aidé autrefois. Mais dès son arrivée, Mansour s’intéresse de très près à Latifa — un intérêt qui s’intensifie lorsque celle‑ci reçoit une importante somme d’argent après un long procès.

Mansour entreprend de conquérir Latifa qui ne se montre pas insensible à son charme. Grace à sa fortune nouvellement acquise, la mère de famille peut enfin mener la vie dont elle rêvait. Elle s’achète des vêtements de luxe et sort dans des cabarets toujours accompagnée de Mansour. Elle rentre chez elle souvent ivre morte. Arafa est consterné par l’évolution de sa femme. Il la somme de renoncer à toutes ses frasques. Désormais, Mansour n’a qu’une idée en tête : se débarrasser du mari devenu bien encombrant. Il cache de la drogue dans les locaux de l’entreprise d’Arafa puis le dénonce à la police. Celui-ci écope d’une année d’emprisonnement. C’est toute son existence d’honnête citoyen qui s’écroule. Il implore Mansour de veiller pour lui sur sa femme et ses enfants. Le fourbe le lui promet alors qu’il va aussitôt s’enfuir avec Latifa, laissant les enfants à la garde de la grand-mère.

Celle-ci fait tout son possible pour s’occuper au mieux de ses trois petits enfants qui viennent de perdre leurs deux parents. Malheureusement, un jour, Nemat la plus jeune se perd dans la rue et ne parvient pas à retrouver le chemin de la maison. Elle est recueillie par un forgeron et sa femme mais elle est incapable de donner des informations sur sa famille. Seule témoignage de sa vie passée : la chainette en or qu’elle porte autour du cou comme son frère et sa soeur.

À sa sortie de prison, Arafa découvre avec effarement l’étendue du désastre : la fuite de sa femme, la disparition de la plus jeune de ses enfants. Il divorce aussitôt. Depuis l’incarcération de son mari, Latifa menait grand train avec son amant. Avec Salama, un ami de Mansour, ils ont ouvert une salle de jeux où tout est fait pour satisfaire les clients : alcools, jolies entraîneuses etc. Mais apprenant la disparition de Nemat, elle éprouve un fort sentiment de culpabilité et prend conscience du malheur que sa conduite a provoquée.

Les années passent…Arafa a repris son affaire et grâce à son travail a considérablement augmenté sa fortune. La famille n’a plus jamais eu de nouvelles de Nemat. Samir, le fils aîné, est devenu officier de police tandis que Houria la sœur cadette est désormais une ravissante jeune femme qui entretient une relation sentimentale avec Salama, ignorant les liens de celui-ci avec sa mère et son amant.

De son côté, Nemat vit heureuse entre ses parents adoptifs. Elle est amoureuse d’Ahmed, un jeune étudiant très sérieux qui travaille comme chauffeur dans la société d’Arafa pour financer ses études.

Malheureusement, le père adoptif de Nemat a un grave accident. Il perd la vue puis meurt peu après. Désormais, elle doit travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère adoptive.

Autre drame : Nemat et Ahmed veulent se marier. On organise une rencontre entre la mère adoptive de l’une et le père de l’autre. Quand ce dernier apprend que Nemat est de parents inconnus, il refuse le mariage avec véhémence.

Nemat trouve un emploi dans un atelier de couture qui a pour cliente sa véritable mère Latifa. Alors que cette dernière se trouve dans l’atelier, Nemat doit repasser la robe que celle-ci a commandée. Par distraction, elle laisse le fer au contact du vêtement et le tissu est brûlé de manière irrémédiable. Nemat est aussitôt licenciée.

Dans la rue, perdue dans ses pensées, Nemat ne voit pas le véhicule qui fonce vers elle. Le conducteur parvient à freiner à temps et à amortir la collision. La jeune femme perd connaissance mais n’est que légèrement blessée. Le conducteur et ses passagers l’installent dans le véhicule et repartent. Quand Nemat se réveille, elle se trouve dans le grand lit d'une chambre luxueusement meublée. A son chevet, elle découvre Latifa. La voiture qui l’avait renversée était la sienne et c’est son ami Salama qui conduisait. Latifa ne reconnaît pas sa fille dans cette jeune femme mais elle la soigne avec un grand dévouement. De leur côté, Salama et Ahmed imaginent comment profiter de la jeune femme : elle est jolie et elle ferait une excellente entraîneuse pour leur établissement.

Mais une danseuse qui elle-même a été exploitée par les deux hommes va s’opposer à leur sinistre dessein. Elle les dénonce à la police. Peu après, une brigade dirigée par Samir fait irruption dans la salle de jeux alors que Salama avait réussi à s’isoler avec Nemat et tentait d’abuser d’elle. Tout le monde s’enfuit. Latifa retrouve Nemat et découvre le collier qu’elle porte, la chainette d’or qui ne l’avait pas quittée depuis son enfance. Latifa comprend qu’elle est en présence de sa fille. Elle la presse de disparaître au plus vite. Dans sa fuite, Nemat fait tomber son collier.

C’est Samir qui le ramasse. Il le rapporte chez son père pensant que c’était le collier de sa sœur Houria qui aurait rejoint Salama malgré son interdiction. Mais celle-ci a bien son collier donc celui qu’il a récupéré appartient à Nemat. Samir et Arafa partent aussitôt à sa recherche. Ils retrouvent Latifa qui a été hospitalisée puis Nemat.

Bien que très affaiblie, Latifa se rend chez elle où elle retrouve Ahmed. Elle lui jette à la figure toute une bouteille de vitriol tandis que l’homme riposte en lui tirant dessus. Scène finale : Latifa assiste au mariage de Nemat et d’Ahmed et meurt lors de la cérémonie.


jeudi 16 juin 2022

La Colère des Parents (ghadab el waldeen, 1952)

غضب الوالدين
ﺇﺧﺮاﺝ: حسن الإمام






















Hassan Al Imam a réalisé La Colère des Parents en 1952

Distribution : Shadia (Nahemat), Mohsen Sarhan (Wahid), Amina Rizq (la mère de Wahid), Hussein Riad (Imam Mohamed, le père de Wahid), Samia Tawfik (Kawthar, la maîtresse de Wahid), Zouzou Hamdi El Hakim (la tante de Nahemat), Chukry Sarhan (Mahmoud), Ahmed Allam (le directeur d’Imam Mohamed), Fakher Fakher (le jeune homme riche), Mohamed El Dib (l’amant de la tante de Nahemat), Thuraya Fakhry (Oum Mahmoud), Abdel Moneim Ismail (le patron du café), Nadia El Shennawy (Nahemat, petite fille), Awatef Youssef (une danseuse)
Scénario : Hassan Al Imam et Hassan Abdel Wahab
Dialogues : Mohamed Mostafa Samy
Musique : Mahmoud Al Sharif, Fathy Qora, Ibrahim Haggag

 

Chukry Sarhan et Shadia




Hussein Riad



Mohsen Sarhan



Shadia



Amina Rizq et Mohsen Sarhan



Zouzou Hamdi El Hakim et Mohamed El Dib



Samia Tawfik et Fakher Fakher


 













Synopsis

Mélodrame. Imam Mohamed est concierge dans une entreprise. C’est un homme vertueux et travailleur qui a tout sacrifié à la réussite de Wahid, son fils unique. Malgré ses revenus modestes, Imam a pu financer les études de son fils dans une école de commerce. Mais Wahid ne manifeste aucune gratitude à l’égard de ses parents. Il a toujours souffert d’appartenir à une famille modeste face à ses condisciples plus aisés. A son père et à sa mère, il réclame sans cesse davantage afin de mener une existence conforme à ses désirs.
Une fois Wahid diplômé, son père a obtenu de son patron qu’il l’embauche. Si Iman est fier de ce fils sans doute voué à un bel avenir en revanche Wahid ne goûte guère devoir travailler auprès d’un père qui occupe un poste subalterne. Malgré cet emploi, le jeune homme a bien du mal à satisfaire les exigences de sa maîtresse. Cette dernière s’appelle Kawthar et c’est une danseuse qu’il a connue dans un cabaret. Pour elle, Il décide d’hypothéquer la maison de ses parents afin de louer un appartement luxueux. Il peut ainsi y accueillir sa bien-aimée. Mais la cupidité de sa compagne est sans limite. Il finit par détourner de l’argent dans son entreprise. Le patron ne tarde pas à s’en apercevoir. Imam est désespéré. Pour étouffer le scandale, il rembourse toutes les sommes détournées par son fils en puisant dans les économies qu’il destinait à payer son pèlerinage.
Malgré cela, Wahid reste passionnément amoureux de Kawthar qu’il épouse sans en avertir ses parents. Mais le bonheur conjugal des tourtereaux est de courte durée. Le directeur de la société a passé l’éponge sur le détournement de fonds mais il exige que Wahid soit muté à Louxor. Kawthar refuse de quitter Le Caire et elle laisse son mari partir seul. Les deux époux vivent séparément mais Wahid revient régulièrement au Caire pour retrouver sa femme. C’est ainsi qu’ils donnent naissance à une petite fille, Nahemat. Mais Kawthar est toujours aussi avide et son mari se laisse corrompre pour la satisfaire. De leur côté, les parents de Wahid ont dû quitter leur appartement qui a été vendu aux enchères afin d’honorer les dettes de leur fils. Ils ont trouvé refuge chez des proches. Pendant ce temps-là, Kawthar mène une vie agréable sans aucun souci d’argent. Régulièrement, elle fait la fête avec ses amis et, un soir, elle se laisse séduire par Ikram, un camarade de Wahid appartenant à une famille très riche. Un jour, Wahid, de retour de Louxor, surprend sa femme dans les bras de son amant. Fou de rage, il sort de sa poche un revolver et tire sur Kawthar. Pour ne pas subir le même sort, Ikram sort précipitamment de la maison mais en traversant la rue, il est renversé par un camion.
Pour le meurtre de sa femme, Wahid est condamné à quinze ans de travaux forcés. Sa petite fille, Nahemat, est confiée à Lawahiz, la sœur de Kawthar qui ne lui manifestera aucune tendresse. Les années passent, Nahemat a grandi. Le jour, elle travaille comme ouvrière dans une fabrique de bonbons et le soir, elle chante dans le cabaret de Mahrous, l’amant de sa tante. A l’usine, elle a fait la connaissance d’un jeune employé, Mahmoud. Ils sont tombés amoureux l‘un de l’autre et projettent de se marier. Mahmoud présente Nahemat à son oncle Imam et à sa tante Fatima qui sont immédiatement conquis par le charme de la jeune fille. Ils ne se doutent pas que celle-ci est en fait leur petite-fille, l’enfant de leur fils unique Wahid toujours en prison. En revanche, Lawahiz, la sœur de Kawthar n’est guère enthousiasmée par ce projet de mariage et quand elle rencontre pour la première fois Mahmoud, son oncle et sa tante, elle se conduit de manière désagréable. Mahrous, l’amant de Lawahiz qui vient de sortir de prison, est lui aussi opposé à ce mariage car il est bien décidé à épouser la jeune femme. Et pour s’assurer de son accord, il menace de s’en prendre à Mahmoud.
Wahid est enfin libéré et il se rend au domicile de ses parents. Il y retrouve sa mère qui est folle de bonheur de revoir son fils unique. Mais Wahid ne s’attarde pas. Il souhaite trouver du travail et en prison il a rencontré Mahrous dont il ne connaît pas les liens avec Naehmat et qui lui a promis un emploi dans son cabaret. Quand il arrive chez son ancien compagnon de détention, il ignore qu’il va tomber en plein drame. Lawahiz n’a pas supporté que son amant la quitte pour épouser Nahemat. Folle de rage, elle asperge d’essence l’appartement alors que sa jeune rivale a été enfermée dans sa chambre par Mahrous. Elle met le feu à un rideau et l’incendie se propage très vite dans l’appartement. Les fumées envahissent déjà la chambre où se trouve Nahemat. La jeune femme hurle son désespoir. Mahrous qui était descendu pour accueillir le maazun se retrouve dans l’escalier nez à nez avec Lawahiz qui lui révèle son crime. Les anciens amants se battent. Mahrous poignarde la femme et se précipite dans les flammes pour libérer Nahemat. C’est au tour de Whahid de faire son apparition . Les deux hommes se battent à leur tour. Wahid parvient à se débarrasser de Mahrous et à lui reprendre sa fille. Dans un ultime effort, Lawahiz s’empare du couteau et poignarde son amant. Tandis que les policiers font leur apparition. Nahemat et son père retrouvent Mahmoud, Fatima et Imam pour un happy end bien mérité.


Critique

La Colère des Parents est sorti au printemps 1952, quelques mois avant le renversement du roi Farouk par le mouvement des officiers libres conduit par Nasser. Il illustre assez bien ce qu’était le cinéma égyptien à cette époque, un cinéma commercial qui depuis les années quarante exploite les mêmes filons censés plaire au public populaire : la comédie, la comédie musicale mais surtout le mélodrame. Ne goûtant guère l’audace et encore moins l’originalité, les producteurs s’en tenaient toujours aux mêmes recettes d’où cette impression de « déjà vu » que le spectateur ne manquait pas de ressentir à chaque « nouveau » film. Et dans le mélodrame, cette impression était encore plus marquée car ce genre repose sur des procédés en nombre très limité.

Hassan Al Imam au tout début des années cinquante est devenu un spécialiste du mélodrame. Il a même réalisé l’adaptation de deux classiques français de cette littérature qui au XIXe siècle faisait « pleurer dans les chaumières » : Les Deux Orphelines d’Adolphe d'Ennery et Eugène Cormon (onzième adaptation de ce drame nous apprend Wikipedia !) et La Porteuse de Pain de Xavier de Montépin. Il adaptera aussi deux romans de Jules Mary, un feuilletonniste totalement oublié aujourd’hui mais qui fut en son temps l’un des plus illustres représentants de ce qu’on a appelé « le roman de la victime ». Hassan Al Imam tournera deux versions, en 1951 et en 1976, de Roger la Honte, le roman le plus célèbre de cet écrivain prolifique. Précisons qu’Hassan Al Imam parlait couramment le français et avait une très bonne connaissance de la littérature française.

Comme chez ces auteurs du XIXe siècle, la figure centrale des mélodrames d’Hassan Al Imam est l’orpheline, toujours maltraitée et humiliée par un entourage hostile, voire cruel. Dans La Colère des Parents, c’est Shadia qui a la lourde charge de l’incarner, ce qu’elle fait avec une conviction mesurée. Autour d’elle, on retrouve tous les personnages attendus dans ce type de récit : un fils ingrat détourné du droit chemin par une femme de mauvaise vie, des parents aveuglés par la dévotion qu’ils portent à leur fils unique, un jeune homme riche qui détruit une famille pour son plaisir personnel, une mère adoptive qui n’hésitera pas à tenter de tuer sa pupille pour se venger de l’homme qu’elle aime, un patron exigeant mais bienveillant avec son petit personnel etc. La première partie du film conte l’histoire tragique du père et la seconde évoque la rude existence de sa fille alors qu’il est en prison. Le dénouement réunira enfin ces deux personnages après une succession très rapide d’actions et de coïncidences à la limite de l’invraisemblable et du ridicule. Mais n’est-ce pas la loi du genre ?

Disons-le tout net : La Colère des Parents n’est pas le meilleur film d’Hassan Al Imam. Les conventions « despotiques » du mélodrame semblent cette fois-ci avoir annihilé tout désir d’originalité chez le réalisateur. C’est une œuvre impersonnel qui ne parvient jamais à susciter la moindre émotion chez le spectateur. En revanche, l’agacement finit par poindre chez ce dernier devant le spectacle récurrent de ce couple âgé (joué de manière caricaturale par Amina Rizk et Hussein Riad) qui ne cesse de geindre à cause d’un fils qui les entraîne au fond du précipice. Et à chaque nouvelle épreuve, on a droit à une nouvelle scène de jérémiades parentales que l’on pourrait résumer par « Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » Le titre La Colère des Parents est bien mal choisi, Les Lamentations des Parents aurait mieux convenu.

Hassan El Imam tournera en 1976 un remake de La Colère des Parents sous le titre plus impérieux Sois Bon avec Tes Parents. Etait-ce vraiment nécessaire ?

Appréciation : 2/5
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

mercredi 25 mars 2020

Vie Obscure ( Hayat el zalam, 1940)

حياة الظلام
إخراج: أحمد بدرخان



Ahmed Badrakhan a réalisé Vie Obscure en 1940.
Distribution : Mimi Chakib (Zahira), Mohsen Sarhan (Ahmed), Rawheya Khaled (Rawya, la cousine d’Ahmed), Ferdoos Mohamed (Khadija, la mère d’Ahmed), Thoraya Helmy (Mimi, la chanteuse), Lola Sedky (Fifi, une amie de Mahmoud et de Zahira), Fouad Shafik (Salomon Bey, l’amant de Zahira), Menassa Fahmy (Ali, le père d’Ahmed), Anwar Wagdi (Mahmoud), Abd El Fatah El Kosary (le cafetier, client du cabinet d’avocats), Abdel Meguid Choukry (l’avocat Abel Kader El Sharkawi), Yahya Nagati (le directeur du magazine Al Asr), Edmond Tuema (Adham Bey, le nouveau « protecteur de Zahira), Mustafa Al Jazzar (le juge)
Scénario : Ahmed Badrakhan, Mahmoud Kamal Hassan
Musique : Abdul Hamid Abdul Rahman, Izzat El Gahely, Mohamed El-Kahlawy
Production : Mohamed Jamal Al-Din Refaat

Mimi Chakib et Fouad Shafik

















Rawheya Khaled

















Mimi Chakib et Rawheya Khaled

















Mustafa Al Jazzar

















Anwar Wagdi et Mimi Chakib

















Mohsen Sarhan et Mimi Chakib

















Yahya Nagati


















Ahmed Alwa est diplômé de la faculté de droit mais il n’a aucun goût pour le métier d’avocat. Il a toujours manifesté un penchant pour les arts et plus particulièrement pour la littérature : il écrit des histoires qu’il publie dans le magazine Al Asr. Il vit avec son père, Ali Alwa, un employé des chemins de fer à la retraite, sa mère, Khadija, et sa jeune cousine qui est amoureuse de lui. Le rêve de sa mère, c ‘est qu’ils se marient. Pour contenter son père, Ahmed est contraint de travailler dans le cabinet de son ami l’avocat Abdel Kader El Sharkawi. C’est à lui qu’Ali Alwa a confié le dossier qu’il veut déposer au ministère des finances afin de recevoir une prime exceptionnelle pour services rendus à l’Etat. Avec cet argent, le vieil homme souhaiterait, dans le souci de préserver la santé de sa femme, s’installer dans un appartement à Helwan, petite ville de la banlieue du Caire. 
Ahmed menait une existence simple et discrète parmi les livres jusqu’au jour où le directeur du magazine Al Asr lui donne une invitation à une fête costumée très chic. C’est pour le jeune homme, l’occasion de découvrir la haute société. A cette soirée, il retrouve son ancien condisciple, Mahmoud Al Shimy, un jeune oisif qui n’a jamais eu besoin de travailler et qui consacre son existence aux plaisirs. Il lui présente Zahira, une jolie jeune femme très séduisante. Elle est accompagnée de son amant, Salomon Bey qu’elle fait passer pour son oncle. Ahmed ne sait pas que Zahira est une femme aux mœurs dissolues qui vit grâce à l’argent des hommes qu’elle a pris dans ses filets. Apprenant qu’Ahmed écrit pour le magazine Al Asr, elle l’invite à se rendre chez elle : elle lui racontera son histoire et peut-être trouvera-t-il matière à en faire un roman. Ahmed se rend à plusieurs reprises chez sa nouvelle amie et ils deviennent amants. Zahira l’initie au luxe et à l’élégance. Elle lui apprend à aimer les bonnes choses, à bien se conduire dans les lieux à la mode, à se comporter comme un véritable homme du monde. Ahmed est émerveillé par tout ce qu’il découvre. Il n’a plus que mépris pour l’humble existence de ses parents. Il a même écrit un roman qu’il a intitulé Zahira.
Se consacrant totalement à sa nouvelle existence, il néglige son travail dans le cabinet d’avocats. Beaucoup de ses clients se plaignent de son manque de professionnalisme. Plus grave encore : Il a récupéré la pension qui a été attribué à son père mais il l’a jouée aux courses alors qu’il séjournait à Alexandrie avec Zahira et son ami Mahmoud. Quand son père l’apprend, il le chasse de la maison. Peu après, il perd aussi son travail et le directeur de la revue Al Asr refuse de publier ses dernières nouvelles. Il finit tout de même par vendre son roman à un théâtre mais c’est Zahira qui utilise les 50 guinées reçues pour rembourser ses dettes. Rien ne va plus : il a trouvé une chambre dans un petit hôtel mais Zahira s’est éloignée de lui et cherche un nouvel amant qui pourra l’entretenir. Avec l’aide de Mahmoud, elle ne tarde pas à trouver un nouveau pigeon.
Pendant ce temps-là, la santé de la mère d’Ahmed empire de jour en jour. Le jeune homme est prévenu par Rawya que Khadija souhaite le revoir avant de mourir. Apprenant que celle-ci se rend tous les après-midis chez le médecin, il en profite pour s’introduire chez ses parents à ce moment-là. Il pénètre dans leur chambre et s’empare des bijoux de sa mère mais cette dernière le surprend en pleine action. Il s’enfuit avec son butin et se rend directement chez Zahira. Il tombe sur Salomon Bey qui lui révèle qu’il est depuis toujours l’amant de celle dont Ahmed pensait naïvement être le seul à profiter des faveurs. Il décide de rompre et il retourne chez ses parents pour restituer les bijoux. Mais c’est trop tard, sa mère est morte. Son père ne veut plus le voir et exige qu’il sorte immédiatement. Comble de malheur, ne pouvant plus payer sa chambre, Ahmed doit quitter la pension où il résidait. Il erre dans les rues du Caire et pense à se suicider. Il passe devant le théâtre où se donne la première du spectacle adapté de son roman Zahira. La pièce vient de se terminer et  il assiste à la sortie des spectateurs. Parmi eux, il aperçoit Mahmoud et son ancienne maîtresse. Passant près de lui sans le voir, ils montent dans une superbe voiture, l’air heureux. Ahmed devient fou de désespoir tandis qu’une pluie torrentielle se met à tomber sur la ville. Son comportement de dément attire des policiers qui l’arrêtent. Au même moment, Mahmoud au volant de son véhicule fait une mauvaise manœuvre pour échapper à une collision. La voiture va s’écraser contre un arbre. Zahira et lui meurent sur le coup. Ahmed a été interné en hôpital psychiatrique. Mais grâce à l’amour et à la persévérance de Rawya, il recouvrera un équilibre, prêt à refaire sa vie avec celle qui l’a toujours aimé.


mercredi 29 août 2018

Les Illusions de l’Amour (Awham Alhoub,1970)

اوهام الحب
ﺇﺧﺮاﺝ:ممدوح شكري






















Mamdouh Shoukri a réalisé Les Illusions de l'Amour en 1970.
Distribution : Nagla Fathy, Mohsen Sarhan, Zouzou Madi, Youssef Fakhr El Din, Youssef Chaban, Safa Abou Al-Saoud, Abdel Halim Nasr, Fathy Abdel Sattar
Scénario : Mamdouh Shoukri

Youssef Fakhr El Din et Safa Abou Al Saoud

Youssef Chaban

Youssef Chaban et Nagla Fathy

Youssef Chaban et Nagla Fathy

Fathy Abdel Sattar


Safaa Abou El Saoud et Nagla Fathy

Mohsen Sahran et Youssef Chaban

Nagla Fathy et Safaa Abou El Saoud


Résumé

Nadia rencontre Samir à l’aéroport. C’est immédiatement le coup de foudre. Ils deviennent amants puis se marient. Ils s’installent à Alexandrie. Très vite, leur relation se dégrade. Samir semble lointain : il est constamment plongé dans les livres. Nadia s’ennuie. Elle décide de sortir régulièrement avec des amis. Un jour, elle est victime d’un accident alors qu’elle est enceinte. Elle fait une fausse couche et perd beaucoup de sang. Samir accepte de lui donner du sien mais les tests effectués à l’hôpital révèlent qu’il est atteint d’une leucémie. Il refuse d’en parler à sa femme. Un fois rétablie, Nadia reprend sa vie insouciante d’avant. Parmi le groupe qu’elle fréquente, se trouve Farouk, un jeune homme qu’elle apprécie beaucoup. Ils sortent régulièrement ensemble. Elle finit par accepter de prendre un verre dans son appartement... La rupture entre Nadia et Samir devient inévitable. Enfin, un ami apprend à la jeune femme la maladie de son époux. Cette nouvelle la bouleverse mais il est déjà trop tard. Samir sait qu'il devra affronter seul la mort qui l'attend.

lundi 19 octobre 2015

C'est Moi l'Amour (Ana Al Hob, 1954)

أنا الحب
إخراج :  هنري بركات


Henry Barakat a réalisé C'est Moi l'Amour en 1954. 
Distribution : Mohsen Sarhan (Nagy), Shadia (Olfat), Yehia Chahine (Mourad, le cousin de Nagy), Hussein Riad (Amin Azmi), Mona Fouad, Zahrat Al Oula (Hoda, l’amie d’Olfat), Zaki Al Harami (le père d’Olfat), Zaki Ibrahim (le médecin), Mona Fouad (Linda), Zinat Sedky (la présidente de l’association féministe)
Scénario : Ibrahim Al Wardani et Henry Barakat
Musique : Abdel Aziz Mohamed
Production : Mohsen Sarhan


Mona Fouad et Mohsen Sarhan






 










Shadia et Hussein Riad

















Shadia et Mohsen Sarhan

















Yehia Chahine et Mohsen Sarhan

















Shadia et Mohsen Sarhan

Shadia, Zahrat Al Oula et Mohsen Sarhan



















Résumé

Nagy est un jeune ingénieur qui revient à Alexandrie, sa ville natale, après six ans passés à l’étranger. En flânant sur la corniche de la cité balnéaire il fait la rencontre d’une jeune femme, Olfat. Ils se revoient à plusieurs reprises et progressivement l’amour naît entre eux. Malheureusement Olfat disparaît brutalement sans aucune explication. Nagy est au désespoir : sa bien-aimée ne lui a laissé ni son nom ni son adresse. 
Entretemps, il a été embauché dans une grande entreprise d’Alexandrie. Celle-ci appartient à Amin Azmi, un industriel, ami des parents de Nagy. C’est grâce à lui qu’il a pu faire ses études à l’étranger après la mort de son père. Mais un jour, le jeune ingénieur découvre le portrait de sa bien-aimée posé sur le bureau d’Amin. Il est persuadé que c’est sa fille mais il découvre très vite que c’est en réalité sa femme. Nagy est bouleversé. Il est aussi furieux contre Olfat qui a sans vergogne trompé son mari pour flirter avec lui. La jeune femme décide de se rendre chez l’ingénieur pour lui raconter son histoire : son père avait toujours été très sévère à son égard et quand elle est devenue en âge de se marier il a voulu qu’elle épouse un homme qu’elle n’aimait pas. Elle avait demandé de l’aide à Amin, l’associé de son père. Pour la soustraire à la tyrannie paternelle, celui-ci lui propose un mariage blanc. Olfat accepte et devient la femme d’Amin. Mais jamais, ils n’ont partagé le même lit. Nagy est soulagé. 
C’est à ce moment-là qu’Amin fait son apparition dans l’appartement de son subordonné. Il est au courant depuis le début des tendres sentiments que partagent les deux jeunes gens. Il propose de se retirer pour les laisser librement s’aimer. Nagy refuse et décide de s’éloigner d’Alexandrie afin d’oublier Olfat. Il part travailler dans le désert. C’est dans sa retraite qu’Amin le rejoint et finit par lui avouer un lourd secret : Olfat est sa propre fille, elle est le fruit de la relation adultère qu’il a entretenue avec celui qui fut autrefois son partenaire. Et s’il a accepté de l’épouser, c’est pour qu’elle hérite légalement de toute sa fortune. Désormais, grâce à Nagy, Amin peut réaliser son rêve : partir en voyage vers des destinations lointaines. Il sait que sa fille sera heureuse.


Critique

Dans la carrière d’Henry Barakat, l’année 1954 est particulièrement bien remplie. Il réalise pas moins de cinq films, record qu’il avait déjà atteint en 1952. L’actrice principale, Shadia, est, à 25 ans, au faîte de sa gloire. Cette même année 1954, elle tourne dans une dizaine de films.  Barakat et Shadia ont déjà travaillé ensemble avant ce Je suis l’Amour et leur collaboration se poursuivra bien après. Le dernier long métrage qui les réunira s'intitule Le Doute, mon Amour et il date de 1979 !
Je suis l’Amour est un drame de facture classique qui est un peu à l’image de son réalisateur : sensible et  élégant, ne tombant jamais dans l’outrance malgré le caractère scabreux du sujet. Un père qui épouse sa fille pour qu’elle échappe à un mariage forcé, avouons que ce n’est pas banal  et qu’il faut avoir bien du talent pour faire un bon film avec un scénario pareil. Heureusement, Henry Barakat n’en manque pas et il nous offre une œuvre légère et lumineuse nimbée de mélancolie, très loin du mélodrame lourdaud que l’on pouvait craindre.  Henry Barakat, c’est le Douglas Sirk du cinéma arabe. 
Je suis l’amour se présente comme une déclaration d’amour à Alexandrie. Le héros revient dans la ville de son enfance après des années d’absence. Au début du film,  il prend sa voiture, une décapotable aux formes arrondies, et longe la corniche de la station balnéaire la plus célèbre d’Egypte. Les images sont d’une beauté stupéfiante, le personnage semble évoluer dans un décor irréel comme ceux peints par Giorgio de Chirico. Un peu plus tard, pour une scène se passant à la terrasse d’un café face à la mer, on peut entendre l’orchestre reprendre La Mer de Charles Trenet. Concordance parfaite entre l’univers du chanteur français et celui du réalisateur égyptien.
Le film comprend de nombreuses  scènes d’anthologie comme celle dans laquelle Nagy sur le pont du roi Farouk fait la rencontre d’Olfat et de son amie, deux jeunes femmes graciles en robe légère, ou bien celle de la réception que donne dans sa demeure Amin, le patron de Nagy,  et qui est l’occasion d’échanges de regards éloquents entre les différents protagonistes du drame,  ou bien encore,  celle dans laquelle chante Shadia, le visage uniquement éclairé par la flamme des allumettes  successives que tient Mohsen Sarhan.

Appréciation : 4/5
****


Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin