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jeudi 17 septembre 2020

Les réalisateurs : Mahmoud Zulficar (1914-1970)

محمود ذو الفقار

Mahmoud Zulficar fut à la fois acteur, réalisateur et producteur. Il fait des études d’architecture puis exerce quelque temps le métier d’ingénieur au ministère des Travaux Publics. Il commence sa carrière cinématographique comme acteur. C’est le réalisateur Hussein Fawzi qui le découvre et lui confie l’un des principaux rôles masculins de Voleur de Pommes (1939). Il passe à la réalisation en 1947 avec Hadaya. Il a écrit le scénario de ce film avec l’actrice, réalisatrice et productrice Aziza Amir, une pionnière du cinéma égyptien. Il l’épouse et, avec elle, crée la société de production Isis Films. 
En un peu plus de vingt ans, Mahmoud Zulficar tournera une quarantaine de films. Il est l’un des réalisateurs majeurs des années cinquante et soixante. Un grand nombre de ses films font l’objet de multiples rediffusions sur les chaînes de cinéma arabes, avec malheureusement une nette prédilection pour ses œuvres les moins réussies comme Jeunesse d’Aujourd’hui (1959) ou bien Secrets de Filles (1969) au détriment de ses films les plus ambitieux comme Le tintement du khoulhal (1955) ou Femmes Interdites (1958) 
Mahmoud Zulficar est le frère aîné du réalisateur Ezzel Dine Zulficar (1919-1963) et de l’acteur Salah Zulficar (1926-1993). 
Il fut l’un des maris de l’actrice Maryam Fakhr Eddine. Ils se marient peu après la mort de sa première femme en 1952. L’actrice a alors tout juste dix-huit ans et Mahmoud Zulficar en a plus du double. Huit ans après, elle le quitte, ne supportant plus, dit-elle, son avarice, sa jalousie et sa violence. Ensemble, ils ont eu une fille.


Vingt-quatre films de Mahmoud Zulficar ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Vertus à Vendre (Akhalq lil-baye'a, 1950)
avec Mahmoud Zulficar (Ahmed), Faten Hamama (Amina, la femme d’Ahmed), Mimi Chakib (la belle-mère d’Ahmed), Mahmoud Shoukoko (Boulboul, l’ami d’Ahmed), Mohamed Sobeih (le voleur), Kittie (Katina, la voisine grecque), Ali El Kassar (le marchand), Abdel Hamid Zaki (le patron d’Ahmed), Shafik Nour El Din (le propriétaire de la pension), Zaki Ibrahim (l’oncle d’Amina), Alya Fawzy (la servante), Aly Abd El Al (le père de Katina), Mohsen Hassanein (le client ivre)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
D’après une histoire de Youssef El Sebai
Musique : Ahmed Sedky
Paroles des chansons : Fathy Koura et Bayram Al Tunisi
Production : les films Aziza Amir et Mahmoud Zulficar


Comédie. Ahmed est un modeste employé qui vit avec sa jeune femme Amina et sa belle-mère. Cette dernière ne le supporte pas car elle projetait de marier sa fille à un homme très riche. Elle n’a de cesse de harceler son gendre, cherchant tous les prétextes pour le rabaisser. Un jour, Ahmed rentre du travail, les bras chargés de cadeaux. A l’entrée de leur immeuble, il bouscule leur voisine, la danseuse Katina qui elle aussi portait des paquets. Toutes les boites tombent et en voulant récupérer leurs biens, les deux personnages se trompent et repartent avec les paquets de l’autre. Quand Amina et sa mère découvrent ce que contiennent les boîtes, leur conviction est faite : Ahmed a une maîtresse. Et Katina sollicitée, loin de détromper ses deux voisines, feint d’entretenir une relation amoureuse avec Ahmed. Ce dernier est effondré, il passe la soirée au cabaret où il retrouve son ami Boulboul. Tous les deux boivent plus que de raison et Ahmed rentre ivre chez lui. Malheureusement, il se trompe d’appartement et se retrouve dans le lit de Katina. Après bien des vicissitudes, il finit par regagner son appartement et sa chambre.
Le lendemain, il a une idée afin d’obliger sa belle-mère à mieux le considérer. Il demande à son ami Boutboul de s’introduire chez lui en pleine nuit comme s’il était un voleur et c’est lui Ahmed qui courageusement, se jetterait sur son ami déguisé et parviendrait à le mettre en fuite. Malheureusement, Boutboul a du retard et c’est un vrai voleur qui fait irruption dans l’appartement et qui repart avec tout l’argent d’Ahmed. Son ami arrive peu après. Le scénario peut être enfin exécuté comme prévu. Les deux femmes sont dans un premier temps épatées par la vaillance et la force de leur mari et gendre mais elles finissent par découvrir que tout était joué. Ahmed doit à nouveau subir les sarcasmes de sa belle-mère. Après ces échecs, un miracle se produit : Ahmed rencontre un vieux marchand qui vend des pilules de courage. Grâce à ce traitement, son existence va totalement changer…

Notre avis : une comédie débridée produite, réalisée et jouée par Mahmoud Zulficar. On doit avouer que le cumul des fonctions lui réussit ! Certes le sujet -un mari en proie à l'hostilité de sa belle-mère- n’est pas d’une folle originalité mais le film emporte l’adhésion par sa bonne humeur communicative. Il est vrai que Mahmoud Zulficar s’est très bien entouré : pour jouer son épouse, il a choisi Faten Hamama qui à dix-huit ans à peine a déjà tourné dans plus de vingt-cinq films et s’affirme déjà comme une immense actrice ; et pour incarner la rivale de l’épouse, il a engagé la danseuse Kitty toujours aussi pétillante. Les admirateurs de cette dernière seront aux anges : elle danse dans plusieurs très longues séquences.


Mon Père m’a Trompée (Khada'ani Aby, 1951)
avec Sabah (Kawthar), Taheya Carioca (la danseuse Taheya), Mahmoud Zulficar (Mamdouh), Zahrat Al Oula (Naïma, la fille de Shaban), Negma Ibrahim (Fatma, la première femme de Shaban), Mahmoud Shoukoko (Caruso, l’ami de Mamdouh), Mohamed El Bakkar (le chanteur Bakar), Hermine (une danseuse), Mohamed Sobeih (le barman), Abdel Ghani El Nagdi (le marchand), Sanaa Samih (la tante de Kawthar), Stephan Rosty (Shaban Bey, le mari de Kawthar), Mohsen Hassanein (un bandit), Abdel Aziz Al Ahmed (le père de Kawthar)
Scénario et dialogues : Mahmoud Zulficar, Aziza Amir, Saleh Gawdat
Musique : Farid Ghosn, Ahmed Sedky, Youssef Saleh, Mohamed El Bakkar
Production : Les Films Mahmoud Zulficar


Mamdouh est un artiste peintre qui peine à se faire apprécier de ses contemporains. Ses tableaux symbolistes attirent soit l’incompréhension, soit la moquerie. Il peut tout de même compter sur le soutien de son ami Caruso et de Kawtar, sa fiancée. Grâce à eux, Mamdouh ne perd pas espoir et continue de créer malgré les difficultés. Lui et Kawtar envisagent de se marier mais le père de la jeune fille s’oppose à ce projet. Il veut un gendre riche, capable d’assurer le bien-être de sa fille et de tous ses futurs petits-enfants. Le père de Kawthar rencontre Mamdouh et le convainc de renoncer à épouser sa fille. Le peintre se résigne à envoyer à sa bien-aimée une lettre de rupture. Kawthar est terrassée par le chagrin. Le temps passe. Caruso et Mamdouh ont bien du mal à joindre les deux bouts mais un soir, c’est la chance qui leur sourit. Grâce à leur intervention, un homme échappe à une agression. Cet homme s’appelle Shaban et pour les remercier, il leur laisse sa carte afin qu’ils puissent le joindre en cas de besoin. C’est ce que font les deux amis quelque temps après. Shaban possède une boîte de nuit et il leur propose d’y travailler. Caruso et Mamdouh sont soulagés : ils vont enfin sortir de la misère. Un soir, leur sauveur se rend dans son établissement accompagné de sa femme. Stupeur ! Sa jeune épouse est Kawtar, celle que Mamdouh n’a jamais cessé d’aimer…

Notre avis : une comédie musicale avec en têtes d’affiche deux personnalités très populaires : la chanteuse Sabah et la danseuse Taheya Carioca. Elles ont pour partenaire, le réalisateur lui-même qui apparaît quasiment dans toutes les scènes du film (On n’est jamais si bien servi que par soi-même !). Le scénario ne brille pas par son originalité et le jeu des acteurs se résume à quelques effets stéréotypés. Pourtant ce film se regarde sans déplaisir et c’est grâce aux nombreux numéros de music-hall qu’il comporte. On assite à un véritable festival Taheya Carioca qui est revenue à ses premières amours, la danse brésilienne et les rythmes sud-américains ! Soyons justes : Sabah chante bien aussi.


Je crois en Dieu (Amin bi Allah, 1953)
avec Aziza Amir, Madiha Yousri, Mahmoud El Meleigy, Ismail Yassin, Nabil El Alfy, Stephan Rosti, Wedad Hamdy, Kitty 
Scénario et dialogues : Aziza Amir, Youssef Gohar, Mohamed El Said Shusha, Youssef Hiram 
Musique : Mahmoud El Sherif, Ahmed Sedky, Izzat Al Gahely, Mohamed Sadeq 
Production : Mahmoud Zulficar 


Drame. Un homme vend son fils nouveau né à une jeune femme mariée à un homme plus âgé. Pour récupérer la fortune de son mari elle a prétendu qu’elle était enceinte et il lui faut maintenant présenter à la famille un bébé. Lorsque la mère s’aperçoit de la disparition de son fils, elle devient folle. Quant au père, il est arrêté par la police et jeté en prison. La porte de la cellule s’est à peine refermée qu’il meurt dans les bras d’un autre détenu à qui il a eu le temps d’avouer son forfait…


La Bonne Terre (el ard el tayeba, 1954)
avec Mariam Fakhr Eddine, Kamal Al Shennawi, Hussein Riad, Zouzou Madi, Abdel Salam Al Nabulsi, Omar El-Hariri, Mohamed El Tokhy, Kittie, Hussein Ismaïl, Abdel Aziz Kamel, Mohsen Hassanein, Khayria Ahmed, Abdel Hamid Badawi, Fouad El Mohandes 
Scénario et dialogues : Youssef Gohar 
Musique : Ismaïl Shabana


Drame. Une jeune fille nommée Saadia vit avec sa tante et son oncle dans une ferme. Elle ne sait pas que son père est un homme fortuné qui avait contracté avec sa mère un mariage secret. L’homme meurt en laissant toute sa fortune à sa fille. Saadia se rend au Caire pour prendre possession de son héritage. Mais Bahiga, sa tante, échafaude avec son amant un plan machiavélique pour lui prendre tout son argent…


La Fille du Voisin (Bint al-guiran, 1954)

avec George Yordanis (le père de Rita), Shadya (Layla), Zahrat Al Oula (Souad), Fouad El-Mohandes (Jamel), Omar El Gizawy (Antar Abdel Bassat), Abdelsalam El Nabolsi (Roushdy), Kittie (Rita), Thuraya Fakhry (la mère de Layla), Wedad Hamdy, Shafik Nour El Din (le père d’Esther), Gamalat Zayed (la mère d’Antar), Sumaya Tawfiq (Esther), Esther Shattah, Hussain Ismael,Khayria Ahmed, Abdelmonem Basiony, Abdelhamid Badawy (le père de Yousri) , Ibrahim Hechmat, Abdel Mona'em Saoudi, Khristo Kladakis (danseur), Wahba Hasab Allah, Elham Zaki, Aida Kamel (Zinat), Omar El-Hariri (Yousri) 
Scénario : Mahmoud Zulficar, Abdel Aziz Salam, Rashad Hejazy 
Musique : Ahmed Sedky


Comédie musicale. Jamel est resté un Dom Juan invétéré bien qu’il soit déjà marié avec Souad et qu’il soit père de famille. Il a hérité d’une entreprise et d’une grosse fortune, ce qui lui vaut un certain succès auprès des femmes. Il s’est d’ailleurs constitué un secrétariat exclusivement féminin dans lequel il puise pour ses amours extraconjugales. A la direction de son entreprise, Jamel manque singulièrement de rigueur. En fait, celui qui dirige la société, c’est l’ingénieur Yousri qui à ses moments perdus est aussi auteur de chansons. La passion de Jamel va lui attirer bien des déconvenues : Esther, une ancienne maîtresse le fait chanter en exigeant le mariage et un ancien camarade de classe avec la complicité d’une danseuse a conçu un plan machiavélique pour s’emparer de sa fortune. Malgré cela, Jamel reste incorrigible et il entreprend de séduire une jeune voisine du nom de Layla.


Le tintement du khoulhal (Ranit Al-Khulkhal, 1955)
avec Berlanty Abdel Hamid (Lawahiz), Mariam Fakhr Eddine (la femme d'Hassan), Zeinat Olwi (danseuse), Chukry Sarahn (Hassan), Abdel Wares Asr (Abou Hassan), Negma Ibrahim (Oum Badoui), Mohamed El Thoukhy (le beau-père d'Hassan)
Scénario : Amin Youssef Ghorab et Mahmoud Zulficar
Musique : Sayed Mostafa, Ahmed Sabra, Abdel Halim Noweira, Fathy Qoura
Production : Mariam Fakhr Eddine
appréciation : 4/5


Hassan travaille dans la boulangerie de son père. C’est un commerce très prospère. Abou Hassan est un homme très pieux et charitable. Un jour, des enfants du quartier lui signalent qu’une jeune fille vit dans la rue. Elle s’appelle Lawahiz. Abou Hassan la recueille chez lui. Apitoyé par son histoire, il l’embauche comme domestique. Lawahiz entreprend de séduire le vieil homme, tant et si bien qu’il finit par l’épouser. Mais la jeune femme est tombée amoureuse de son beau-fils. Dès qu’elle est seule avec lui, elle joue de tous ses charmes et lui fait des avances de plus en plus explicites. Hassan n’est pas insensible au manège de sa belle-mère et plus d’une fois, il est à deux doigts de succomber. Abou Hassan comprend la situation. Il décide de marier son fils avec la fille d’un ami. Lors du mariage, Lawahiz ne cache pas sa fureur. Malgré l’arrivée de la jeune épouse dans la maison, elle reprend de plus belle ses provocations à l’égard d’Hassan.



Repentance (Tobah, 1958)
avec Sabah (Widad), Emad Hamdy (Ahmed Marzouk), Mahmoud El Meleigy (Abou Al Maati), Nelly (Zeinab, la fille d’Ahmed), Hamdy El Ashry (Hussein, l’un des deux fils d’Ahmed), Ahmed Sabry (Hassan, l’un des deux fils d’Ahmed), Abd El Moneim Ibrahim (Omar, le cousin d’Ahmed), Thuraya Fakhry (la tante d’Ahmed), Dorya Ahmed (Fathya, la cousine d’Ahmed), Abd Al Azim Kamal (le médecin), Hassan Atla (le directeur du groupe artistique), Anwar Madkor (le juge d’instruction), Metawea Oweis (le voisin d’Ahmed), Fifi Sayed (la voisine d’Ahmed), Abdel Moneim Basiony (le pharmacien)
Scénario et dialogue : Abdel Wareth Asar d’après une histoire de Mahmoud Zulficar
Musique et chansons : Fathy Koura, Abdel Aziz Salam, Mahmoud El Sherif, Mounir Mourad, Mohamed El Mougy
On peut entendre aussi au début du film une version orchestrale de la chanson française « Sous le Ciel de Paris »
Production : Mohamed Al Ashry


Ahmed Marzouk réside dans une petite ville au nord du Caire. Il est veuf et il doit s’occuper seul de l’éducation de ses trois enfants, une fille et deux garçons. Son travail pour un groupe pharmaceutique le contraint à de nombreux voyages et il confie ses trois enfants à sa tante et à sa cousine qui n’ont guère le temps ni l’envie de s’en occuper. Il peut aussi compter sur Omar, son cousin qui est cordonnier. Celui-ci s’inquiète des conséquences néfastes des absences d’Ahmed sur l’équilibre des trois enfants. Il faut reconnaître que la situation est préoccupante. Les enfants sont trop souvent livrés à eux-mêmes et leurs résultats scolaires sont catastrophiques. Quand Ahmed rentre chez lui, il est consterné par l’état de sa maison. Il comprend que seul un nouveau mariage permettrait de mettre fin à tout ce laisser-aller.
Alors qu’Ahmed est reparti sur les routes pour son travail, un orchestre itinérant a dressé son chapiteau dans la ville. Les trois enfants voudraient assister au spectacle mais ils n’ont pas un sou. Ils parviennent néanmoins à s’introduire sous le chapiteau et ils tombent nez à nez sur la chanteuse vedette du spectacle qui les prend sous son aile. Elle s’appelle Widad et son passé explique l’émotion qui l’a submergée en présence des trois enfants. Avant d’être artiste, elle était infirmière et elle était devenue la maitresse d’un homme très riche qui l’a quittée quand il a su qu’elle était enceinte. Elle abandonne alors son métier et devient chanteuse dans un orchestre pour pouvoir élever seule sa petite fille. Hélas, celle-ci tombe malade et meurt à l’âge de six ans.
Widad installe ses trois nouveaux petits amis parmi le public et retrouve sur la scène toute sa troupe. Parmi les spectateurs, a pris place le père de sa fille et à la fin du spectacle, celui-ci n’hésite pas à la rejoindre dans sa loge. Il souhaite reprendre leur vie commune d’autrefois mais Widad rejette violemment cette proposition qu’elle juge indécente. Et son désarroi est à son comble quand elle apprend que c’est au domicile de cet ancien amant que la troupe doit passer la nuit. Heureusement, les trois enfants qu’elle a invités à son concert lui proposent de venir chez eux…

Notre avis : une histoire édifiante qui accumule les scènes mélodramatiques avec dans l’un de ses premiers rôles l’actrice Nelly qui n’a alors que neuf ans. Et ce n’est pas une débutante : elle a commencé sa carrière à quatre ans !
Le film n’est pas sans rappeler la comédie musicale américaine « La Mélodie du Bonheur » qui sera tournée sept ans plus tard. Dans les deux films, on retrouve une jeune femme découvrant avec ravissement les joies simples mais ô combien gratifiantes de l’existence d’une mère de famille nombreuse.
La seconde partie du film échappe en partie à la mièvrerie qui domine la première. Les enfants passent au second plan laissant la place à une intrigue plus sombre : le héros doit lutter seul pour vaincre une terrible machination ourdie par son rival. Ce glissement narratif permet aux auteurs de dénoncer les préjugés populaires à l’encontre des artistes féminines souvent considérées comme des femmes de mauvaise vie.

 
Jeunesse d'Aujourd'hui (Shabab el Youm, 1958)
avec Mariam Fakhr Eddine (Fathia), Omar El Hariri (le docteur Mamdouh), Cariman (Nawal), Youssef Fakhr El Din (Youssef, le frère de Fathia), Mahmoud El Meleigy (le père de Fathia), Rafia El Shal (la mère de Fathia), Doha Amir (la sœur cadette de Fathia), Thuraya Fakhry (la mère de Nawal), Olwiya Gamil (la véritable mère de Fathia), Nahed Samir (la mère du docteur Mamdouh), Saab Kotb (Rashad, l’ami de Youssef), Hassan Abdul Salam (Sobhi, le fils du paysan)
Scénario : Abdel Aziz Salam et Mahmoud Zulficar 
Musique : Moukhtara et Mohamed Abdel Wahab 
Production : les films Mariam Fakhr Eddine 
appréciation : 2/5


Comédie dramatique. Fathia vit avec son père, Ahmed Fathi, un homme d’affaires très malade ainsi qu'avec sa mère et son jeune frère Youssef. Le garçon passe ses journées avec leur charmante voisine Nawal et sa jeune sœur Soheir. Le docteur Mamdouh se rend régulièrement chez les Fathi pour contrôler l’évolution de la maladie du père. Au fil de ses visites, Mamdouh et Fathia sont tombés amoureux l’un de l’autre, à la grande joie des parents de la jeune femme. Mais de son côté, Nawal aussi aimerait bien se marier et elle trouve le jeune médecin tout à fait à son goût. Elle entreprend de le séduire, encouragée par sa mère. 
Dans la maison, Fathia s’occupe de tout : elle supervise les tâches ménagères, elle veille à ce que son père prenne bien tous se médicaments, elle surveille son frère et le conseille. 
Un jour, Youssef découvre que Fathia n'est pas sa soeur mais qu'elle a été adoptée... 


Notre avis : un drame qui oppose de manière manichéenne la douce et discrète Fathia incarnée par Mariam Fakhr Eddine à la petite chipie sans scrupule jouée par Cariman. La dénonciation par trop simplificatrice d’une jeunesse insouciante et sans idéal donne à ce film un aspect moralisateur terriblement daté.


La Femme Inconnue (al-marʾa al-maghula, 1959)
avec Shadia (Fatima), Shoukry Sarhan (Samir, le fils de Fatima et d’Ahmed), Kamal Al-Shennawi (Abbas, le compagnon de Souad), Imad Hamdi (Docteur Ahmed), Zahrat El-Ola (Souad, l’amie de Fatima), Negma Ibrahim (Amina Hanem, la mère du Docteur Ahmed), Soher El Bably (Aida, la fiancée de Samir), Soraya Fakhri (Nanny), Katkota (la danseuse), Fifi Youssef (la propriétaire du cabaret), Abbas Al Daly (le médecin), George Yordanis (le barman)
Scénario : Mahmoud Zulfikar and Mohamedd Othman
D’après la pièce intitulée La Femme X du dramaturge français Alexandre Bisson (1908). C’est la seconde adaptation égyptienne de ce drame. La première a été réalisée en 1942 par Henry Barakat sous le titre L’Accusée (El Motahema)
Musique et chansons : Mohamed El Mougy, Fathy Koura, Mounir Mourad, Morsi Gameel Aziz
Production: Hassan Ramzy


Fatima vit avec son amie Souad dans un petit appartement. Elles sont toutes les deux d’origine très modeste et travaillent dans le même cabaret. C’est là que Fatima fait la connaissance du docteur Ahmed. Celui-ci a eu le coup de foudre pour la jeune femme. Bien qu’elle n’appartienne pas à son milieu et que sa mère s’oppose catégoriquement à cette union, Ahmed et Fatima se marient. Ils ont très vite un petit garçon qu’ils appellent Samir. De son côté, Souad a beaucoup moins de chance que son amie. Elle est devenue la compagne d’Abbas, un malfrat qui la maltraite et la trompe. Les années passent et un jour Abbas contacte Fatima. Il lui annonce que son amie est très malade et qu’elle va bientôt mourir. Fatima se rend aussitôt à son chevet. Mais c’est à ce moment-là que la police fait irruption dans l’appartement et arrête tout le monde, y compris Fatima. Elle est détenue au commissariat et quand enfin, elle est libérée, elle apprend que son mari a demandé le divorce. Elle se précipite chez elle où elle retrouve sa belle-mère. Cette dernière lui apprend qu’Ahmed est parti à l’étranger avec son fils…


Notre avis : un drame qui vaut surtout pour la performance de celle qui à l’époque est devenue l’une des plus grandes actrices du cinéma égyptien. En 1959, Shadia n’ a que vingt-huit ans mais elle a déjà tourné dans près de quatre-vingt films ! Son expérience et son talent lui permet de tout jouer et d’aborder avec une aisance incroyable des rôles aussi complexes que celui qui lui a confié Mahmoud Zulficar dans cette « Femme Inconnue ». Pendant les deux heures que dure le film, Shadia apparaît quasiment dans toutes les scènes, passant de la jeune chanteuse à la beauté éblouissante à la jeune mère de famille rayonnante puis à la femme désespérée et alcoolique et enfin à la vieille dame épuisée par les épreuves. Nous sommes tout de même un peu moins convaincu par ce dernier avatar : en cause sans doute, le maquillage très Grand Guignol dont on a recouvert son visage ainsi que l’air éploré et le ton geignard qu’elle croit bon d’adopter.
« La Femme Inconnue » est un film qui s’inscrit dans la grande tradition du mélodrame égyptien (même si c’est une adaptation d’une pièce française). Il ne réserve guère de surprises mais le spectateur sera néanmoins séduit par la qualité de la réalisation et de l’interprétation.


Femmes Interdites (Nessa muharramat, 1959)
avec Salah Zulficar, Hussein Riad, Amal Farid, Wedad Hamdy, Amina Rizk, Hoda Soltan, Hussein Asar, Fifi Sayed, Hussein Ismaïl
Scénario : Amin Youssef Ghorab et Mahmoud Zulficar
Production : Abbas Helmy 
appréciation : 4/5


Drame. Tawfiq (Hussein Riad) est un riche commerçant d’âge mûr qui a réussi en affaires. Une seule chose le chagrine : lui et sa femme Hafida (Amina Rizk) n’ont jamais pu avoir d’enfant. Malgré l’amour qu’il porte à son épouse, il décide de prendre une seconde femme. Une entremetteuse à la langue bien pendue (Wedad Hamdy) lui présente Mahasen (Hoda Soltan), une « artiste » de cabaret qui le séduit immédiatement. L’affaire est conclue : sa seconde épouse emménage chez lui. La première doit s’effacer et s’installe dans un autre appartement de l’immeuble. Mahasen est rejointe par sa fille Leïla (Amal Farid), une jolie étudiante dont l’attitude simple et réservée tranche avec le comportement exubérant de sa mère... 



Le Géant (Al Imlaq, 1960)
avec Mariam Fakhr Eddine (Nahed), Farid Shawki (Fatouh), Imad Hamdi (Raafat), Mahmoud El Meleigy (Al Esawi), Samia Ayoub (Tahyah), Salah Nazmi (Izzat Abdel Sami), Shafik Nour El Din (Zaki Effendi), Khayria Ahmed (Sanaa), Said Khalil (Haroun), Ahmed Loxer (le procureur), Hussein Riad (apparaît en photo, le père de Fatouh), Mohamed Reda, Muhammed Abaza (le directeur de la prison), Ikram Ezzo (Nadia, la fille de Nahed), Wedad Hamdy (une secrétaire), Mohsen Hassanein, Mohamed Sobeih (un prisonnier) 
Scénario : Mahmoud Zulficar, Abdel Haye Adib, Kamal Zulficar 
Dialogues : Mohamed Abou Youssef 
Musique : Ibrahim Haggag 


Après le décès de son père, Fatouh est à la tête de l’entreprise familiale qui se trouve dans une situation financière très délicate. Les créanciers se font de plus en plus pressants. Par miracle, un ancien camarade de classe de Fatouh fait son apparition dans les locaux de la compagnie. Il s’appelle Raafat et c’est un homme très riche. Il est venu présenter à son ancien condisciple ses condoléances pour la mort de son père. Fatouh a une idée : il veut faire croire à Raafat que sa société est florissante pour l’inciter à y investir une partie de sa fortune. Raafat n’est pas dupe : il sait que Fatouh ment et qu’il est à deux doigts de la faillite. Il lui propose néanmoins un accord : il accepte de mettre une grosse somme d’argent dans l’entreprise à condition qu’il en prenne la direction financière. Fatouh est aux anges : il est sauvé ! Très vite la compagnie « Fatouh et Raafat » devient un poids lourd dans les travaux publics. Fatouh travaille jour et nuit et n’a qu’une idée en tête : écraser ses concurrents. Parmi eux, il y a notamment Al Esawi. Ce dernier propose à Fatouh et à Raafat de s’associer sur un gros projet. Fatouh refuse catégoriquement : il reproche à Al Esawi de s’être mal comporté avec son père. Cela, Raafat ne le sait pas et il ne comprend pas l’intransigeance de son associé. Dans le même temps, Nahed, l’une des secrétaires décide de quitter l’entreprise : elle ne supporte plus la brutalité de Fatouh dont elle est secrètement amoureuse. Raafat qui est épris de la jeune femme, comprend que c’est une chance pour lui. Quelque temps plus tard, Fatouh découvre que Nahed et son associé sont fiancés…


Le Vieil Adolescent (El morahek el kabir, 1961)
avec Hind Rostom (Sonia), Imad Hamdy (Ahmed), Hussein Aser (Fadel, le régisseur de la propriété d’Ahmed) ; Hussein Ismaël (le secrétaire d’Ahmed), Zizi El Badraoui (Nadia, la fille de Fadel), Youssef Fakhr El Din (Adel, le fils de Fadel et l’assistant d’Ahmed), Nazim Sharawy (Ali), Shahira Kamal (Doria, la femme d’Ali), Samar Atia (Nani), Abdel Ghani El Nagdi (le serviteur), Aida Helal (Zinat), Madiha Salem (Soad, la fiancée d’Adel), Kamal Hussein (docteur Medhat)
Scénario : Mahmoud Zulficar et Mohamed Abou Youssef
Production : les films de l’âge d’or


Ahmed Kamal est devenu très célèbre grâce aux conférences radiophoniques qu’il consacre à l’amour. S’il fait l’éloge de la passion amoureuse, du mariage et de la famille, il rejette tout cela dans sa vie privée. A quarante-cinq ans, il multiplie les aventures amoureuses et trouve ses maîtresses parmi ses innombrables admiratrices. Sonia, une danseuse, le connaît depuis dix ans et rêve de se marier avec lui. Elle voit d’un très mauvais œil toutes ces jeunes femmes tourner autour d’Ahmed et elle est bien décidé à ne pas se laisser oublier. Un soir, Nani, une amie, se présente au domicile du coureur de jupons en compagnie de Zinat, une admiratrice qui rêvait de le rencontrer. Nani les laisse seuls et Ahmed entreprend de séduire la jeune femme. Au moment même où ils s’embrassent, Sonia entre dans l’appartement et chasse Zinat. Mais cette dernière ne s’avoue pas vaincue : le lendemain, elle téléphone à Ahmed qui l’invite à se rendre en sa compagnie dans le domaine qu’il possède à la campagne. A leur arrivée, ils sont accueillis par le régisseur et sa fille, Nadia. Cette dernière est folle de joie et elle se comporte avec Ahmed d’une manière si familière que Zinat en est quelque peu froissée. Par respect des convenances, le séducteur fait passer sa nouvelle conquête pour sa secrétaire…

Notre avis : une comédie sentimentale qui réunit Hind Rostom et Imad Hamdy. Malgré leur différence d’âge (le second a vingt-deux ans de plus que la première !), cela fait près de quinze ans qu’ils se retrouvent régulièrement sur des tournages et dans ce film, leur complicité est évidente. Cela ne suffit pas à faire de ce « Vieil Adolescent » une comédie accomplie. Imad Hamdy joue dans un registre qui n’est pas le sien et on sent dans son jeu une certaine maladresse. Hind Rostom est plus convaincante dans son rôle de femme hargneuse et énergique. Dommage qu’au tout début du film, elle exécute un numéro de danse où elle pousse le mimétisme avec Marilyn Monroe beaucoup trop loin pour ne pas sombrer dans le ridicule.


Des Années d'Amour (Sanawat El Hob, 1963)
avec Nadia Lutfi (Nadia), Chukry Sarhan (Adel), Mohamed Awad (le cousin d’Adel), Layla Taher (amie de Nadia), Mahmoud Azmy (Fathy, le frère d’Adel), Zeinab Sedky (la mère d’Adel et Fathy), Fifi Saheid (la mère de Nadia), Abdel Azim Kamel (le père de Nadia), Soheir Zaky (la danseuse), Layla Yousry (la servante)
Scénario : Amin Youssef Ghorab 
Production : Abbas Helmy


Drame sentimental. Nadia et Adel se sont rencontrés dans le train. Ils s’apprécient beaucoup et ils décident de se revoir. Mais Adel ne se présente pas à leur rendez-vous. Il a subitement quitté Le Caire sans pouvoir prévenir Nadia. Il lui écrit une lettre dans laquelle il explique son absence. Malheureusement la jeune femme ne la reçoit pas. Par désespoir, elle accepte d'épouser le frère de celui qui semble vouloir la fuir. Quelque temps après le mariage, Adel refait son apparition…

Notre avis : un mélodrame élégant qui rappelle certains films italiens de la même époque (On y entend beaucoup de mandolines !). Depuis le début des années 60, Nadia Lutfi a conquis le cœur du public en incarnant la jeune égyptienne moderne tourmentée par l’amour et les questions existentielles. C’est ce même personnage que nous retrouvons ici, dans une version très fleur bleue. Plus embêtant : dans le rôle du cousin d’Adel, le jeune Mohamed Awad qui commence sa carrière de pitre fatigant.


La Rebelle (Al Moutamaridah, 1963)
avec Sabah (Sawsan), Ahmed Mazhar (Sami), Fouad El Mohandes (Wadji, l’ami de Sami), Mahmoud Morsi (Kamel Sabri, l’acteur de théâtre), Nadia El Noqrachi (Nabilah, la petite amie de Wadji), Abdel Khaleq Saleh (le père de Sawsam), Aziza Helmy (la mère de Sami), Edmond Tuema (Costa, le fabricant de soda), Samiha Ayoub (l’actrice Qadriah), Abdel Aziz Kamel (le collectionneur de tableaux), Ismaïl (un membre de la direction de l’usine textile)
Scénario : Diaa El Din Baybars
Chansons et musique : Hussein Al Sayed, Mohamed Al Muji, Mounir Mourad
Production : Les films Masr al Jadida


Sawsan est une jeune fille très riche qui croit que tout peut s'acheter, même les êtres humains. Son père est un chef d’entreprise prospère qui lui passe tous ses caprices. Elle s’est entichée d’un comédien Kamel Sabri et elle a acheté toute les places du théâtre dans lequel sa troupe se produit afin d’être la seule à assister à la représentation. Elle a organisé une petite réception en l’honneur de Kamel et de ses collègues. Le comédien est épaté par la fortune de Sawsan et de son père et il comprend très vite le bénéfice qu’il va pouvoir en tirer. Kamel est fiancé à l’une des comédiennes de sa troupe mais celle-ci consent non sans réticence à s’effacer pour le bien de leur compagnie. Peu après, le père de Sawsan meurt brutalement et c’est la jeune femme qui prend la direction de l’usine de textile paternelle. Parmi les employés, il y a Sami, un artiste peintre qui est chargé de concevoir de nouveaux motifs pour les tissus imprimés que produit l’entreprise. Il a accepté ce travail pour pouvoir soigner sa mère très malade. Sami est secrètement amoureux de Sawsan. Il a peint de nombreux portraits de la jeune femme mais il s’est toujours bien gardé de lui avouer son amour. Un jour, Sawsan, qui a beaucoup d’admiration pour les créations de Sami, lui demande de jouer son soupirant pour exciter la jalousie de Kamel et tester ses sentiments. Le peintre refuse net de se prêter à ce petit jeu…

Notre avis : une excellente comédie reposant sur une observation très fine des relations complexes qui se nouent entre l’amour, l’art, le pouvoir et l’argent. La grande force du film, c’est qu’il tourne le dos à tous les clichés attendus (l’artiste est forcément pur et désintéressé tandis que le patron ou la patronne d’une grande entreprise est nécessairement un vil exploiteur.). Dans le rôle de la riche héritière, tantôt exaspérante, tantôt attachante, Sabah se révèle une actrice de premier ordre. Avec « La Rebelle », Mahmoud Zulficar a su conjuguer élégance et intelligence pour nous offrir un divertissement de haute tenue. Se gardant de toute caricature facile, il pose sur les mœurs de ses contemporains un regard plein d’ironie mais aussi de bienveillance.


Le Prix de l’Amour (Thaman Al-Hob, 1963)
avec Maryam Fakhr Eddine (Soad Hanem), Layla Taher (Inayat, l’amie de Soad), Fouad El Mohandes (Hussein, l’avocat de Soad), Abdel Khalek Saleh (Alawi), Chukry Sarhan (Salah, le fils d’Alawi), Nahed Samir (Sonia, la femme d’Alawi), Zeinab Sedky (la mère d’Alawi), Hassan Anis (l’avocat), Ali Oraby (le chauffeur de taxi), Ahmed Al Haddad (Mabrouk, l’employé d’Alawi), Layla Yousry (la servante de la maîtresse de Salah), Soheir Zaky (danseuse et maîtresse de Salah)
Scénario : Mohamed Abou Youssef et Mahmoud Zulficar
Musique de danse : Attia Sharara
Musique du générique : Canadian Capers (Earl Burtnett, Gus Chandler, Bert White, Henry Cohen)
Production : Aflam Misr Algadida et Aflam Alshams


Alawi avait gaspillé toute sa fortune ainsi que celles de sa femme et de sa mère. Heureusement, il avait hérité de son frère Abbas, ce qui lui avait permis de retrouver une certaine aisance financière. Mais c’était sans compter un petit détail : son frère, après la mort de son épouse, s’était remarié en secret avec une jeune femme, Soad Hanem. Quand celle-ci avait décidé de faire valoir ses droits, Alawi lui avait fait un procès qu’il avait gagné. Mais l’obstination de l’avocat de la veuve finit par payer et deux ans plus tard, Alawi doit restituer tout l’héritage de son frère à sa belle-sœur. Le vieil homme réunit un conseil de famille et il est décidé que pour éviter la ruine, son fils Salah devra épouser l’héritière. Salah ne travaille pas et passe ses nuits à boire en compagnie de femmes légères. Craignant de devenir pauvre et de devoir travailler, il accepte la mission. Salah téléphone à Soad Hanem afin de prendre rendez-vous avec elle. La jeune femme accepte de le recevoir mais sur les conseils de son avocat, c’est son amie Inayat qui se fera passer pour elle lors de cet entretien…

Notre avis : une comédie gentillette dans laquelle toute une famille finit par retrouver sa fortune grâce à l’amour. Difficile de concevoir une morale plus « bourgeoise » ! Le premier rôle féminin est dévolu à Maryam Fakhr Eddine qui joue son personnage habituel de jeune femme élégante et désespérément convenable (les réalisateurs oublient trop souvent qu’elle est bien plus intéressante en garce ou en femme fatale.). Le film souffre aussi de son esthétique très théâtral : on a l’impression que les personnages passent la majeure partie de leur temps à pérorer au salon, confortablement assis sur le canapé ou dans des fauteuils. Autre défaut majeur du film : les pitreries d’Ahmed Al Haddad fatiguent très vite et le réalisateur a la très mauvaise idée de solliciter celui-ci bien au-delà de ce qu’exigeait le scénario. Dans la première partie, son interminable numéro d’homme ivre est particulièrement exaspérant.


Tous les trois l’aiment ( el talata yuhebbunaha, 1965)
avec Soad Hosny (Ehman), Hassan Youssef (Kamal Azmi), Mary Ezz El Din (la mère d’Ehman), Youssef Chaban (Essam, le patron d’Ehman), Youssef Fakhr El Din (Adel Sabry), Nahed Sherif (Layla, l’amie et la collègue d’Ehman), Hussein Ismaïl (le portier du club)
Scénario : Amin Youssef Ghorab
Musique du générique : “the waltzing cat” de Leroy Anderson
Production : la Compagnie Cinématographique du Caire
appréciation : 2/5


Ehman est une jeune femme moderne qui vit seule avec sa mère. Après la mort de son père, elle a dû interrompre ses études et accepter un poste de secrétaire pour subvenir aux besoins du foyer. Bien décidée à profiter de la vie sans se laisser enfermer par le qu’en‑dira‑t‑on, elle sort beaucoup, danse, s’amuse… mais garde une limite qu’elle ne transgresse pas : elle refuse de céder sa virginité pour une aventure sans lendemain.

Autour d’elle gravitent plusieurs prétendants.

Le premier est Essam, son patron, qui l’aide à préparer ses examens et lui a demandé sa main. Ehman refuse de s’engager tant qu’elle n’a pas obtenu son diplôme.

Le second est Adel Sabry, un camarade qu’elle retrouve au club qu’elle fréquente. Intellectuel, lecteur assidu, aspirant écrivain, il a tout pour plaire… mais Ehman le trouve trop sérieux, trop rigide. À l’inverse, Layla, amie et collègue d’Ehman, est secrètement amoureuse de lui.
Un jour, Adel adresse une lettre d’amour à Ehman. Cette dernière la montre à Layla et la laisse répondre à sa place. Touché par la sensibilité de cette réponse qu’il croit d’Ehman, Adel tombe encore plus amoureux, ignorant que c’est Layla qui a mis dans ces mots tout son cœur.

Le troisième soupirant est Kamal, un jeune employé récemment arrivé dans l’entreprise. Entre lui et Ehman, la complicité est immédiate : même goût pour la fête, même insouciance...



Vacances d’Amour (Agaza Gharam, 1967)
avec Fouad El Mohandes (Magdi), Shwikar (Layla), Nagwa Fouad (Elham), Salah Nazmi (Sabri, le mari d’Elham), Naima Wasfi (Zahira), Hassan Mostafa (Ahmed Papadopoulou), Mohamed Shawky (le portier), Ragaa Sadiq (Adila), Hussein Ismaïl (Attia), Mary Bay Bay (Bahija) 
Scénario : Farouk Sabri 
Musique : Mounir Mourad 
Chansons : Hussein El Sayed


Comédie. Magdi qui travaille comme ingénieur à Assouan rentre au Caire pour des vacances. Il a hâte de retrouver sa femme Layla et ses deux enfants. Et pour fêter son retour, il espère bien passer leur première soirée commune en amoureux avec sa femme. Cette dernière est médecin à l’hôpital et son activité lui laisse peu de loisir. Elle reste très souvent tard le soir à l’hôpital mais aujourd'hui, elle est là, prête à satisfaire tous les désirs de son petit mari. Tout s’annonce au mieux : les enfants sont au lit, Layla a passé sa plus belle robe. Las ! Le téléphone sonne. Layla est rappelée à l’hôpital pour une urgence. Elle se change et disparaît au grand dam de Magdi qui reste seul à se morfondre. Mais son dépit est de courte durée car en sortant sur le balcon de leur appartement, il retrouve Elham, la voisine qui prend l’air du soir. Elle aussi est seule : son mari est encore absent alors que c’est le jour de son anniversaire. Entre l’époux délaissé et l’épouse abandonnée, la complicité est immédiate. Le lendemain, Layla est toujours à l’hôpital. Le soir venu, Magdi met les enfants au lit après le dîner puis prépare une petite collation pour sa femme qui ne devrait plus tarder à rentrer. Il l’imagine déjà en train de danser pour lui. Soudain la sonnerie de l’entrée retentit. C’est sa voisine en déshabillé. Elle entre prétendant qu’il lui faut téléphoner alors que son appareil est en panne. En fait elle est venue avec la ferme intention de séduire son voisin. Ce dernier s’apprête à céder aux avances de la pulpeuse Elham quand la sonnerie de l’entrée retentit à nouveau. Cette fois-ci, c’est le concierge. Pour expliquer la présence de la jeune femme chez lui, Magdi explique qu’elle est passée pour téléphoner car son appareil est en panne. Pas de chance : on entend le téléphone sonner chez Elham…

Notre avis : la question du couple dans la société de son époque constitue l’une des préoccupations majeures du réalisateur Mahmoud Zulficar et il l’aborde avec un égal talent dans le registre dramatique comme dans celui de la comédie. "Vacances d’Amour" s’inscrit clairement dans la veine de la comédie de mœurs à l’américaine. L’influence de Billy Wilder s’y fait sentir, notamment dans ce portrait d’un petit bourgeois soudain confronté à la tentation. La situation initiale du film reprend d’ailleurs celle de Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch, 1955), chef‑d’œuvre de Wilder avec Marilyn Monroe et Tom Ewell. Sans atteindre l’excellence de son illustre modèle, "Vacances d’Amour" demeure un divertissement de belle tenue. Fouad El Mohandes incarne avec une justesse savoureuse ce mari ordinaire, tiraillé entre la fidélité conjugale et l’attrait de la voisine. Les péripéties s’enchaînent avec vivacité, portées par une galerie de personnages secondaires aussi pittoresques qu’attachants.


La Beauté de l’Amour (Rawaat el-hob, 1968)
avec Naglaa Fathy (Heyam), Rushdy Abaza (Ahmed Ragab), Yehia Chahine (l’écrivain Mahmoud Salem), Madiha Hamdy (Hoda, la soeur), Mahmoud El-Meleigy (l’oncle de Heyam), Imad Hamdi (le père de Heyam), Abdel Moneim Ibrahim (Hassan, le mari d’Hoda), Aleya Abdel Moneim (la femme de l’oncle), Nadia Seif El Nasr (la mère d’Heyam), Karima Al Sherif (Fawzia), Mokhtar El Sayed (le médecin) 
Une histoire d’Hala Al Hafnawi
Scénario et dialogues : Abdel Halim Nasr
Musique : Fouad El Zahry


Drame. Après la mort de son père, Heyam trouve du réconfort auprès de son oncle qui l’a invitée à séjourner quelque temps chez lui. L’homme s’aperçoit qu’elle lit fréquemment les ouvrages de Mahmoud Salem. Sa nièce lui explique qu’elle apprécie tout particulièrement chez cet écrivain ses conceptions très progressistes sur la liberté individuelle. Son oncle lui apprend qu’il est l’avocat et l’ami de Mahmoud Salem et qu’il va l’inviter à dîner pour qu’elle puisse faire sa connaissance. Entre l’écrivain et sa jeune lectrice, l’entente est immédiate. Ils se revoient souvent. L’homme d’âge mûr devient le mentor de la jeune femme, l’incitant à reprendre des études. C’est ainsi qu’Heyam finit par épouser Mahmoud Salem, malgré l’opposition de tous ses proches. Mais dès la nuit de noces, Heyam perd toutes ses illusions. Son mari se révèle brutal et égoïste. Sans aucune considération pour ses appréhensions, il se jette sur elle et la viole. Le traumatisme est considérable. Très vite, la jeune femme comprend que son mari la considère dorénavant comme sa chose et que le mariage sera pour elle une prison. Quatre mois après leur union, Heyam quitte le domicile conjugal pour se réfugier chez sa sœur et son beau-frère. En chemin, elle est renversée par une voiture. Le conducteur est Ahmed Ragab, un ingénieur qui collectionne les aventures amoureuses. Heureusement, Heyman n’a rien. Les deux personnages échangent quelques paroles et l’un comme l’autre comprend que cette rencontre va sans doute bouleverser son existence…
Dans ce film, Naglaa Fathy et Rushdy Abaza sont amants. Certains commentateurs ont dénoncé le caractère immoral d’une telle situation, soulignant que lors du tournage l’actrice a juste dix-sept ans tandis que son partenaire en a 42.

Notre avis : Mahmoud Zulficar veut à tout prix nous émouvoir et il ne lésine pas sur les effets faciles et les coups de théâtre plus ou moins prévisibles. Il y a beaucoup d’accidents, de piéton, de voiture et d’avion ; certains heureux (début d’un amour) et d’autres malheureux (fin d’un amour). Evidemment, la jeune héroïne pleure beaucoup et tient constamment à la main un petit mouchoir pour essuyer ses larmes. Bref, on est en plein mélodrame et si on avait des doutes, la musique lourde, pathétique et ô combien envahissante nous le rappelle à chaque instant !


Histoire de 3 filles (Hekayt 3 banat, 1968)
avec Soad Hosny (Shahira), Hassan Youssef (Rafaat), Shams El Baroudi (Ragah), Mohamed Reda (Aziz El Balti), Samia Shoukri (Amal), Youssef Fakhr El Din (Shoukry, le jeune ingénieur qui travaille pour Mahmoud Fahmy)), Adel Imam (Fahmy, le secrétaire d’Aziz El Balti), Fifi Youssef (Nour, (Nour, la servante des deux cousines), Alya Abdel Moneim (la mère de Rafaat), Hussein Ismaïl (le portier), Baligh Habashy (le collaborateur de Rafaat), Sayed Abdullah (le voisin), Imad Hamdi (Mahmoud Fahmy), Nadia Seif El Nasr (la femme de Mahmoud Fahoum), El Deif Ahmed (Hassan)
Scénario : El Sayed Bedeir, Mohamed Salah Abou Seif
Musique : emprunts divers à des BO américaines ou à des compositeurs de musique légère : Johnny Keating (BO du film Hotel, 1966 ), Nino Oliviero et Bruno Nicolai (BO du film Go, Go, Go World!, 1964), Les Baxter (My Love and the Sea)
Production : Union Films (Abbas Helmy)


Shahira et Amal sont deux cousines qui vivent dans le même appartement à Alexandrie. Shahira est une artiste qui travaille dans un théâtre appartenant à Aziz El Balti, un riche homme d’affaires qui a quatre épouses. Elle doit sans cesse repousser les avances de son patron qui rêve d’en faire sa maîtresse. Elle le fait avec tact car elle ne souhaite pas le froisser : il s’est toujours montré très généreux avec elle. Shahira fait la rencontre du jeune Rafaat qui circule dans les rues d’Alexandrie dans une luxueuse voiture de sport. Ils sortent ensemble à plusieurs reprises mais Shahira a vite compris que ce garçon est un séducteur qui n’a qu’une idée en tête : la mettre dans son lit. Elle se joue de lui un certain temps puis finit par rompre.
Amal est quant à elle secrétaire dans une société dirigée par Mahmoud Fahmy. Ce dernier, homme d’âge mûr, marié et père de deux enfants est tombé amoureux de sa jeune secrétaire. Amal n’est pas insensible à son charme et elle accepte de sortir avec lui.
Les deux cousines reçoivent Ragah une amie qui vient du Caire pour se reposer et profiter de la plage. La jeune femme ne tarde pas à faire la connaissance de Rafaat. Ce dernier est bien décidé à en faire sa prochaine conquête et pour cela il use des mêmes stratagèmes qu’avec Shahira.


L'Amour en 1970 (Hob al Sanat 70, 1969)
avec Ahmed Ramzy (Sherif), Mohamed Awad (Mohsen, le cousin de Sherif), Nawal Abou El Foutouh (l’assistante de Sherif), Nelly (Noura), Habiba (Hanan), Nahed Yousri (Nardina), Mohamed Shawki (l’oncle de Sherif), Kanan Wasfy (Adnan), Hassan Hafify (Hassan), Mimi Gamal (Doris), Aleya Abdel Moneim (la mère de Noura)
Scénario : Hami Saif El Nasr 
Adaptation de la comédie Boing Boing du dramaturge français Marc Camoletti, une adaptation sans doute inspirée de celle réalisée aux Etats-Unis en 1965 par John Rich avec Tony Curtis et Jerry Lewis 
Musique : orchestre Al Masiah 
Production : Abbas Helmy


Comédie. Sherif a quitté son village natal pour étudier au Caire. Il prétend préparer un doctorat mais en fait, il mène grande vie, accumulant les conquêtes féminines. Il a ouvert un bureau s’occupant du fret aérien. Il peut ainsi rencontrer des hôtesses du monde entier. Au moment où commence l’histoire, Sherif a trois maîtresses, trois hôtesses de trois nationalités différentes et avec trois emplois du temps différents. Il peut ainsi organiser sa vie amoureuse sans qu’aucune de ces femmes ne tombe nez à nez avec les deux autres. Mais un jour son cousin, un paysan un peu fruste, sonne à sa porte. Il est envoyé par son père, l’oncle de Sherif, qui souhaite mettre un terme aux études trop coûteuses de son neveu…

Notre avis : deuxième adaptation égyptienne de la pièce à succès de Marc Camoletti après celle de Nagdi Hafez réalisée en 1968 et intitulée "Poursuite Amoureuse". Elle est peut-être un peu plus fidèle à l'original que sa devancière mais pas forcément plus réussie. A voir quand même pour le portrait de la jeune femme moderne telle qu’on se la représentait à l’aube des années soixante-dix. Dans ce film, on la retrouve incarnée par trois actrices qui rivalisent de fougue et de charme : Nelly, Nawal Abou El Foutouh et Habiba. Malheureusement, Mohamed Awad qui endosse avec sa subtilité légendaire le rôle du cousin campagnard vole la vedette à tous ses partenaires en cabotinant sans mesure.


La Fille du Music-hall (Fatat El Esste'rad, 1969)
avec Soad Hosny (Fayza), Hassan Youssef (Ahmed Alawi), Fifi Youssef (la mère d’Ahmed), Adel Imam (Fahmy, l’assistant d’Ahmed), Farouk Falawkas (le serviteur d’Ahmed), El Sayed Radi (le metteur en scene), Aleya Abdel Moneim (la mère de Fayza), Hamed Morsi (le professeur de chant), Abdel Moneim Madbouly (lui-même), Atef Makram (le frère de Fayza)
Scénario : Mohamed Abou Youssef
Musique : Mounir Mourad 
Production : Abbas Helmy


Adaptation du Milliardaire de George Cukor (1960) 
Ahmed Alawi a hérité de la fortune de son père et il mène une existence oisive et insouciante. Un jour il apprend dans un magazine qu’une compagnie de danse prépare un spectacle dans lequel on tournera en dérision sa vanité et son arrogance. Ahmed décide aussitôt de se rendre au théâtre qui héberge la troupe pour protester. Il tombe en pleine séance de travail : c’est Fayza, la vedette du spectacle qui répète l’un de ses numéros avec ses danseurs. Le riche héritier est subjugué par la beauté de la jeune artiste. Pour la séduire, il va cacher sa véritable identité…

Notre avis : tenter de faire un remake ou même une adaptation du « Milliardaire » est forcément une opération à haut risque. N’est pas Marilyn Monroe ou Yves Montand qui veut. Contre toute attente, cette « Fille du Music-Hall » n’est pas indigne de son célébrissime modèle (sans pour autant l’égaler, il va sans dire) et c’est essentiellement grâce au talent et au charme de Soad Hosny. Précisons tout de même que sa prestation n’atteint pas le niveau de celle qu’elle donnera en 1972 dans la comédie musicale « Méfie-toi de Zouzou. ». Cela dit, le point faible de ce film reste Hassan Youssef : difficile de faire plus inexpressif dans le jeu. Dans un rôle secondaire, celui de la mère du héros, Fifi Youssef n’est guère convaincante non plus.   A noter que c'est la quatrième fois que Mahmoud Zulficar réunit dans un film Soad Hosny et Hassan Youssef. Pendant toutes les années soixante, les deux acteurs incarnèrent la jeunesse égyptienne, urbaine et estudiantine, dans des comédies légères et grand public.


Les Secrets des Filles (Asrar Al Banat, 1969)
avec Nelly (Mona), Hassan Youssef (Ahmed), Fatima Mazhar (Elham), Nagla Fathy (Sonia), Youssef Fakhr El Din (Samir),Tawfik El Deken (le père d’Elham), Mohamed Reda (le père de Sonia), Poussy (Nani), Mimi Chakib (la mère de Nani), Fifi Youssef (la directrice), Nazim Sharawy (le père d’Ahmed), Zizi Mustafa (Sounia, danseuse et belle-mère de Sonia), Samir Wali Eddine (le père de Mona) 
Scénario : Abdel Fattah El Sayed, Farouk Sayed, Adli El Moled 
appréciation : 1/5


L’intrigue du film tourne autour de plusieurs lycéennes scolarisées dans la même institution. Elles connaissent toutes des situations familiales difficiles. 
Les parents de Mona sont séparés. Pour ne pas irriter leurs nouveaux compagnons respectifs, le père et la mère rejettent leur fille. Cette dernière n’en peut plus de se sentir de trop. Elle décide de fuguer. Heureusement, elle est aimée par Ahmed qui l’accueille chez lui. Le soir il l’invite dans un cabaret. Elle s’aperçoit avec horreur que sur la scène de celui-ci, c’est sa belle-mère qui danse tandis que son père s’alcoolise à une table. 
Sonia a un père tyrannique qui refuse qu’elle sorte avec des amies. Elle est courtisée par Samir, le meilleur ami d’Ahmed. Elle échange avec lui une correspondance passionnée. 
Elham est celle qui connaît la situation la plus dramatique : son père est un alcoolique sans emploi et sa mère est gravement malade. Pour acheter les médicaments et nourrir ses petits frères, elle vole le bijou de l’une de ses camarades.



La Femme de mon Mari (Emra'at Zawgy, 1970)
avec Salah Zulficar (Adel), Nelly (Samia), Naglaa Fathy (Wafaa), Hassan Mostafa (Mamdouh), Mimi Gamal (Nani), Hussein Ismael (le père de Wafaa), Anwar Madkour (le médecin), Mokhtar El Sayed (le serveur), Layla Yousry (la bonne)
Scénario : Abou El Seoud El Ebiary
Musique : Ted Heath (Hot Summer Night), Marty Gold (How High the Moon), Mounir Mourad
Paroles des chansons : Fathy Koura
Production : Naguib Khoury


Cela fait trois ans que Samia mène une vie heureuse avec Adel, un pilote de ligne. Un jour, son amie Wafa se présente à son domicile : celle-ci vient de quitter Alexandrie pour des raisons professionnelles et elle est à la recherche d’un logement. En attendant d’en trouver un, Samia lui propose de s’installer chez elle. Peu après, Samia subit un examen médical et apprend que son cœur est très malade. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. Elle n’en parle pas à son mari mais elle décide de faire chambre à part. Puis elle entreprend de trouver une remplaçante auprès d’Adel et son choix se porte tout naturellement sur Wafa. Elle va tout faire pour rapprocher son amie d’Adel. Pour cela, elle peut compter sur le soutien de Mamdouh qui est son cousin et le collègue de son mari. Elle prétend que son état la contraint de rester au lit pour laisser Wafa et Adel sortir seuls des journées et des soirées entières.

Notre avis : c’est le dernier film de Mahmoud Zulficar (Il meurt le 22 mai 1970 à l’âge de 58 ans.). Pour cette comédie romantique, il a réuni autour de son frère Salah, deux jeunes actrices à l’aube d’une grande carrière, Naglaa Fathy et Nelly. L’année précédente, il avait déjà fait jouer celles-ci ensemble dans « Les Secrets des Filles » qui était, il faut bien l’avouer, l’un de ses plus mauvais films. « La Femme de mon Mari » est bien plus réussi. Il y a certes quelques longueurs (les scènes de disputes qui suivent la consultation chez le médecin sont un peu répétitives.) et le mélange des genres ne fonctionne pas toujours. Il n’empêche que les acteurs sont formidables et qu’on a plaisir à suivre les tribulations de ce singulier trio amoureux. La vedette du film est incontestablement Nelly qui nous enchante par son entrain et sa sensualité (sa danse en costumes constitue l’un des atouts de cette comédie). Et puis, Mimi Gamal est irrésistible en bonne copine qui ne rate jamais une occasion pour pourrir la vie de ses amies. Les censeurs se sont émus que dans les premières minutes du film, les deux jeunes époux échangent un nombre incalculable de baisers. C’est sans doute pour cette raison que nous apprécions tout particulièrement cette séquence initiale.


Hommes Sans Traits (Regal Bela Malam, 1970)
avec Nadia Lutfi (Layla), Salah Zulficar (Ahmed), Mahmoud El Meleigy (le père d’Ahmed), Aida Kamel (Firdous), Mahmoud Sobi (le médecin), Abdel Hamid Anis (l’agent de police), Ezz Eddin Islam (Chakir Bey), Seham Fathy (Touha), Soheir Fakhry (Amina, la fille de Chakir), Badr Nofal (Hosni)
Scénario : Mohamed Othman
Musique : encore un de ces innombrables films des années 70 qui exploitent le pathos un peu mièvre de l’adagio du concerto d’Ajanruez de Rodrigo. On peut même y entendre la version chantée de Richard Anthony !


Drame. Ahmed fait la connaissance de Layla dans l’avion qui le ramène en Egypte. Ils sympathisent immédiatement. Layla se confie à son nouvel ami. Elle lui raconte comment certains hommes ont abusé de sa faiblesse et comment elle fut contrainte de se prostituer. Les deux jeunes gens se revoient à plusieurs reprises et finissent par tomber amoureux l’un de l’autre. Ahmed annonce à son père qu’il souhaite épouser Layla mais le vieil homme refuse une telle union. Pour éloigner son fils de la jeune femme, il finit par prétendre qu’il fut autrefois l’un de ses clients… 

vendredi 16 février 2018

Les réalisateurs : Salah Abou Seif (1915-1996)

صلاح ابو سيف

Sans doute l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma égyptien, le père de l’école réaliste. Jeune, il est employé dans une usine de textile appartenant à la banque Misr. Il rencontre le réalisateur Niazi Mustafa qui le fait entrer aux studios Misr. L’ex-employé est l’assistant de Kamal Selim sur le tournage de La Volonté (1939). Il réalise son premier long-métrage en 1945 mais il faut attendre 1951 pour sa première grande œuvre : c’est Ton Jour Viendra, d’après Emile Zola. Le scénario est signé Naguib Mahfouz. Le jeune cinéaste et le jeune écrivain collaboreront sur de nombreux films et parmi ceux-ci, on trouve des adaptations de plusieurs romans du futur prix Nobel de littérature.


Vingt-quatre films de Salah Abou Seif ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


La Rue du Polichinelle (Share'e Al-Bahlawan, 1949)
avec Camellia (Amina Shawkat), Kamal El Shennawi (Saïd), Lola Sedky (Mervat), Hassan Fayek (Kamel), Ismail Yassin (Khamis), Zinat Sedki (Zahira), Abdel Hamid Zaki (Ibrahim), Elias Moadab (le propriétaire de l’appartement), Hassan Kamel (le médecin), Gracia Qassin (la tante de Saïd), Mohamed Abu El Saoud (le chef cuisinier), Abde Moneim Ismail (le policier), Hosna Solomon (la servante), Aly Abd El Al (l’amoureux d’Amina) 
Scénario : Salah Abou Seif, Ali El-Zorkani, Abdel Halim Morsy
Musique : Fathy Qoura, Mohamed Hassan Al Shugai
Production : les films Gabriel Talhami
appréciation : 5/5


Saïd, Kamel et Ibrahim sont trois amis appartenant à la bourgeoisie aisée et travaillant dans l'immobilier. Quand le film commence, Ibrahim, qui est un homme d'âge mûr plutôt corpulent, se marie avec une très jeune femme prénommée Mervat. C’est le jour de la cérémonie. On découvre d’abord Saïd et son épouse Amina dans leur villa. Ils s'habillent. Amina est une jeune femme très séduisante et Saïd manifeste en toutes occasions une jalousie féroce. On assiste donc à une dispute, Saïd reprochant à sa femme de tout faire pour susciter le désir des autres hommes. Pendant ce temps-là, la noce bat déjà son plein. Kamel est là avec sa femme Zahira. Quand il découvre la jeune épouse de son ami Ibrahim, il en tombe instantanément amoureux et a toutes les peines du monde à contrôler ses gestes d’affection. Arrivent enfin Saïd et Amina. Immédiatement, Amina attire le regard des hommes présents. Très vite, un certain nombre d’invités fait cercle autour d’elle. Saïd, fou de rage, se jette sur les admirateurs de sa femme. La bagarre est générale. Le lendemain, Saïd, Kamel et Ibrahim se retrouvent au bureau. La suite de l'histoire montrera au spectateur l'importance de l'hypnose et de l'écriture épistolaire pour encourager ou déplorer l'infidélité des épouses. 

 

Ton Jour Viendra (Lak youm yâ zâlim, 1951) d'après le roman d'Emile Zola, Thérèse Raquin.
avec Faten Hamama (Insaf), Mohsen Sarhan (Hassouna), Mahmoud El Meleigy (Mounir), Abdel-Wareth Asar (Maître Shehata), Fardos Mohammed (la mère de Zarhoul), Mohamed Tawfik (Zarhoul, le mari d'Insaf), Adly Kasseb (Abou Sarih), Wedad Hamdy (la femme d'Abou Sarih), Sayed Abou Bakr (un employé du hammam), Qismat Shirin (danseuse)
Scénario : Naguib Mahfouz, El Sayed Bedeir, Salah Abou Seif
Musique : Mahmoud El Sherif et Fathy Koura
Production : Salah Abou Seif et Ramses Naguib


Zarhoul vit avec sa femme Insaf et sa mère. Cette dernière jouit de revenus confortables grâce à l’établissement de bains publics qu’elle possède. Zarhoul travaille dans un ministère mais de santé très fragile, il est constamment malade. Son ami Mounir lui rend visite régulièrement. Mounir brûle de désir pour Insaf. Il la courtise ouvertement mais celle-ci résiste à ses avances. Pour la faire céder, l’ami fidèle devient un assassin : il tue le mari et parvient à maquiller son meurtre en accident. Plus rien ne s’oppose à son union avec Insaf. Ils se marient. Mounir peut alors se rapprocher de la mère de sa victime. Progressivement, il prend les la direction de son affaire et s’accapare toute sa fortune… 

Salah Abous Seif tournera lui-même un remake de ce film en 1978 avec Hassan Youssef, Shams Al Baroudi et l’insupportable Mohamed Awad. Ca s’appelle Le Criminel (El Mogrem) et c’est totalement raté. Salah Abou Seif disait regretter d’avoir fait ce film. Comme on le comprend ! 

Une autre adaptation de Thérèse Raquin a été réalisée par Achraf Fahmy en 1981 sous le titre Un Monstre Fait l’Homme (Al wahch dakhil al insan), avec Mahmoud Yassin et Nahed Sherif.


Raya et Sakina (Raya wa Sakina, 1953)
avec Negma Ibrahim (Raya), Zouzou Hamdy El-Hakim (Sakina), Farid Shawki (le borgne de la bande de Raya et Sakina), Anwar Wagdi (Ahmed Yousri, l'officier de police qui mène l'enquête), Chukry Sarhan (Amin, l'homme qui attire les victimes), Samira Ahmed (Soad), Berlanty Abdel Hamid (fiancée d'Amin et amie de Soad), Saïd Khalil (le mari de Sakina), Reyad El Kasabgy (le mari de Raya), Abdel Hamid Zaki (le père de Dalal), Malika El Gamal (la mère de Bassima, une victime du gang), Zeinat Olwi (la danseuse), Suleiman El Gindy (le petit frère de Soad), Shafik Nour El Din (le coiffeur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abou Seif
D’après une histoire de Lotfi Othman
Dialogues : El Sayed Bedeir
Musique : Ahmed Sedky et Hussein Guenid
Production : Ramses Naguib
appréciation : 4/5


Alexandrie a peur. Depuis quelque temps des femmes disparaissent dans des conditions mystérieuses. On compte pour l'instant 26 victimes mais nul doute que la liste ne va pas tarder à s'allonger. Ahmed Yousri, le chef du service des affaires criminelles, dirige l'enquête. Pour entrer en contact avec les kidnappeurs, il se déguise en marin et fréquente les cafés et les cabarets des quartiers populaires. Il va très vite obtenir de précieuses informations. L'un des premiers suspects est Amin, un séduiant jeune homme, employé de bureau dans un abattoir...
Ce film évoque un fait divers qui défraya la chronique en Egypte au début des années 20.


Notre avis : un excellent thriller écrit par le prix Nobel de littérature et pour lequel Salah Abou Seif a appliqué les recettes du film noir américain : une intrigue épurée, une atmosphère inquiétante et une mise en scène nerveuse qui privilégie l'action.
On pourra s'étonner du choix d'Anwar Wagdi pour incarner l'officier de police chargé de l'enquête. Certes, il jouit à l'époque d'une célébrité peu commune, et comme acteur et comme réalisateur, mais son univers est plutôt celui de la comédie ou du drame sentimental, bien loin du réalisme cher à Salah Abou Seif. A noter, qu'en cette même année 52, Anwar Wagdi joue à nouveau un inspecteur de police dans « Le Tigre », une comédie musicale d'Hussein Fawzy et que deux ans plus tard, en 1954, Salah Abou Seif l'engage une nouvelle fois pour jouer un enquêteur dans « Le Monstre ». (Anwar Wagdi avait une prédilection certaine pour l'uniforme !)
Auprès de l'acteur, on trouve deux toutes jeunes actrices promises à de belles carrières, Samirah Ahmed et Berlanti Abdel Hamid qui au moment du tournage ont respectivement 14 et 17 ans.


Le Monstre (El Wahsh, 1954)
avec Anwar Wagdi (l’enquêteur), Samia Gamal (la danseuse), Mahmoud El Meleigy (Abdel Sabour), Abbas Fares (Radwan Pacha), Samiha Ayoub (la femme de l’enquêteur), Mohamed Tawfik (le mari de la danseuse), Omar El Gizawi (le domestique de l’enquêteur), Tousoun Motamad (homme de main du monstre), Ibrahim Moheb (le maire), Ahmed El-Hamaky (Hindawi), Fifi Sayed (la femme d’Hindawi), Ibrahim Hechmat (le chef de la police locale), Soleiman El Gendy (le fils de l’enquêteur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abu Seif, El Sayed Bedeir
Musique et chansons : Fouad El Zahry, Ahmed Sedqi, Abdel Halim Nawira, Abdel Fattah Mustafa
Production : Pierre Zerbanelli
Le Monstre faisait partie des films en compétition au Festival de Cannes de 1954 (Président du jury : Jean Cocteau)


Thriller rural. Abdel Sabour est à la tête d’un gang qui fait régner la terreur dans un petit village de Haute-Egypte. Il force les paysans à lui vendre leurs terres à vil prix. Si ceux-ci résistent, il fait enlever leurs enfants et réclame une rançon. Abdel Sabour jouit d’une totale impunité car il est protégé par Radwan Pacha à qui il rend de précieux services lors des élections. Les autorités finissent par s’émouvoir d’une telle situation. Un officier de police s’installe avec femme et enfant dans le village. Sa mission : démanteler le gang et rétablir l’ordre…

Notre avis : Un très grand film. L’année précédente, Salah Abou Seif et son scénariste, l’écrivain Naguib Mahfouz, avaient réalisé un thriller sur Raya et Sakina, les célèbres tueuses en série d’Alexandrie. Cette fois-ci, ils s’intéressent à un criminel qui terrorisa paysans et villageois en Haute-Egypte dans les années quarante. Pour ce second opus rural, les références sont clairement du côté du western américain avec cet officier de police qui va devoir affronter pratiquement seul le truand et ses sbires. Le film prend une dimension politique dans sa dénonciation de la complicité qui unit le criminel et le notable, chacun trouvant dans l’autre un allié de poids pour affermir sa puissance et accroître sa fortune. Dans le rôle de l’officier de police, on retrouve Anwar Wagdi dont le choix nous laisse perplexe comme pour le film précèdent. En revanche, Mahmoud El Meleigy et Samia Gamal sont remarquables en amants diaboliques. 
C’est à propos de ce film que le critique français Georges Sadoul utilise pour la première fois l’expression « thriller social » pour en souligner le réalisme et le caractère quasi documentaire.


La Sangsue (Shabab emraa, 1956)
avec Shadia (la fiancée), Chukry Sarhan (l'étudiant), Taheya Carioca (la logeuse), Abdel Wares Asr (le régisseur), Ferdoos Mohamed (la mère de l'étudiant)? Seraj Mounir (Al Sharnoubi Ismaïl), Mary Ezz El Din (la femme d'Al Sharnoubi Ismaïl), Suleiman El Gendy (Fathy)
Scénario : Salah Abou Seif, Amin Youssef Ghorab
Dialogue : El Sayed Bedeir
Musique : Fouad El Zahiri, Naguib El Silahdar, Mounir Mourad
Production : Ramses Naguib
appréciation : 5/5


Un jeune paysan, Iman, quitte sa famille pour aller étudier au Caire. Sa logeuse, Shafaat, est une veuve qui dirige une fabrique d’huile. Insatisfaite sexuellement elle parvient à séduire son jeune locataire. Ce dernier est fasciné par la sensualité de cette femme beaucoup plus âgée que lui. Il sacrifie tout à cette liaison « infernale ». Iman continue cependant à rendre visite à des amis de ses parents. Ces derniers ont une fille dont le jeune homme finit par tomber amoureux. Il souhaite rompre avec Shafaat qui ne l’entend pas de cette oreille. Elle met au point toute une machination de telle sorte qu’Iman est contraint de l’épouser malgré les vœux échangés avec la fille de ses amis. 



Le Costaud (Al-Fituwa, 1957)
avec Farid Chawki (Haridi), Taheya Carioca (Hosna), Zaki Rostom (Abou Zeid), Mimi Chakib (Thouraya), Mohamed Shawki (un garçn de café), Mohamed Reda (Maître Abbas)
Scénario : Mohammed Sobhi, El-Sayed Bedeir, Naguib Mahfouz, Salah Abou Seif
Tourné aux studios Misr
Musique : Fouad EL Zahiri
Prodution : Farid Shawki


Un "roi du souk", Abu Zeid, entouré de ses gros bras, fait régner sa loi par la terreur en stockant les produits alimentaires pour faire flamber les prix. Un jeune paysan, Haridi, encouragé par Hosna, une ancienne maîtresse du caïd, et par les autres commerçants du marché, réussit à le détrôner et à le faire emprisonner. Utilisant les mêmes procédés, il devient le nouveau roi du souk. Mais Abu Zeid sort de prison.


Je ne dors pas (La Anam, 1957)
D'après un roman d'Ihsan Abdul Quddus
avec Mariam Fakhr Eddine (Safia), Yehia Chahine (Ahmed), Faten Hamama (Nadia), Hind Rostom (Kawsar), Imad Hamdi (Mostafa), Rushdy Abaza (Samir), Omar Sharif (Aziz)
Scénario : Salah Ezz El Din, Saleh Gawdat, El Sayed Bedeir
Musique : Fouad El Zahry
Production : Dollar Films
appréciation : 5/5


Nadia Lotfi vit avec son père, Ahmed, qui a divorcé de sa mère quand elle était encore petite fille. Il ne s’est jamais remarié pour se consacrer entièrement à son éducation. Mais alors qu’elle a 16 ans, Ahmed rencontre Safia, une jeune femme à la beauté aristocratique. Il en tombe follement amoureux et l’épouse. Nadia ne supporte pas qu’une femme puisse prendre sa place auprès de son père. Pour oublier ses tourments, elle noue en secret une relation amoureuse avec Mostafa, un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Un soir, lors d’une fête, Mostafa fait la connaissance d’Ahmed et de sa nouvelle épouse. Il est sous le charme de Safia et Nadia s’en aperçoit. La jeune femme, folle de jalousie, décide d’éliminer cette encombrante belle-mère. 


Notre avis : un chef d’œuvre qui non seulement marquera l’histoire du cinéma égyptien mais connaîtra un immense succès populaire dès sa sortie. « Je ne dors pas » se présente un peu comme un soap opera en technicolor avec sept des plus grandes stars du moment et parmi elles, le couple mythique, Faten Hamama et Omar Sharif. Mais c’est surtout une œuvre d’une grande modernité, d’une audace rarement égalée. Faten Hamama met tout son immense talent au service d’un personnage pétri de mille contradictions et qui au final se révèle être un petit monstre semant le malheur autour de lui. C’est assurément le rôle le plus marquant de la « Dame du cinéma arabe » avec celui qu’elle endossera deux ans plus tard pour le film d’Henry Barakat, « l’Appel du Courlis ».


Illusions d’Amour (El Wesada Elkhalya, 1957)
avec Abdel Halim Hafez (Salah), Loubna Abdel Aziz (Samiha), Zahrat Al Oula (Douria), Ahmed Ramzy (Fayez), Omar El Hariri (le docteur Fouad), Abdel Moneim Ibrahim (Hassan), Abdel Wares Asr (le père de Salah), Kawthar Shafik (Sonia), Serag Mounir (le père de Douria), Rafia Al Shal (la mère de Salah)
D’après un roman d’Ishan Abdul Quddus
Scénario et dialogues d’El Sayed Bedeir
Musique : Kamal El Tawil, Mamoun Al Shinnawi, Mounir Mour ad, Mohamed Al Mogi, Ismaël El Habrouk
Production : Ramses Naguib


Comédie musicale. Alors qu’il arpente les rues du Caire avec ses deux meilleurs amis, Salah fait la connaissance de Samiha. Entre eux, c’est immédiatement le grand amour. Mais leur bonheur est de courte durée car Samiha doit épouser un médecin. L’étudiant pauvre ne peut rivaliser. Il essaie d’oublier celle qu’il aime en passant ses nuits à boire dans les cabarets. Il rencontre une jeune femme qui est éperdument amoureuse de lui mais cela ne suffit pas à lui redonner le goût de vivre. Une nuit, alors qu’il a bu plus que de raison, il a un malaise. Il est hospitalisé. Le médecin qui le soigne est le mari de Samiha…

Notre avis : un grand film, romanesque en diable, que l’on doit à la réunion d’artistes parmi les plus talentueux de l’époque. Pour s’en tenir à l’interprétation, on trouve autour d’Abdel Halim Hafez trois jeunes actrices extraordinairement douées : Kawthar Shafik, Zahrat Al Oula et Loubna Abdel Aziz. Pour cette dernière, « Illusion d’Amour » est à la fois son premier film, son premier rôle principal et son premier succès. On aurait tort de considérer ce drame comme une simple bluette destinée aux coeurs sensibles. Salah Abou Seif a su nous plonger dans un mélodrame poignant tout en menant une réflexion sur la passion amoureuse et ses illusions. Instruire en plaisant, telle est la devise de nos grands classiques dont assurément fait partie ce maître du cinéma égyptien.


Impasse (El tarik el masdud,1958)
avec Faten Hamama (Fayza), Ahmed Mazhar (Mounir Helmy), Zouzou Madi (la mère de Fayza), Khairya Ahmed (Khadija, l’une des deux soeurs de Fayza), Fikria Kamel (Fawqia), Chukry Sarhan (Ahmed), Wedad Hamdy (une collègue de Fayza), Tawfik El Deken (le pharmacien), Ferdoos Mohamed (la mère d’Ahmed), Reyad El Qasabgy (un des notables du village), Ehsan Sherif (la directrice de l’école), Naïma Wasfi (la directrice de l’institut de formation des instituteurs), Aïda Kamel (Aïcha, une collègue de Fayza), Ali Rushdi (l’enquêteur), Nadia Habib (Samira), Mohya Marzouk (Mohamed, l’adolescent), Adli Kasseb (le père de Mohamed), Abdel Moneim Ismail (le concierge)
D'après un roman d'Ihsan Abdul Quddus
Scénario : Naguib Mahfouz
Dialogues : El Sayed Bedeir
Musique : Fouad El Zahry
Production : Naguib Ramses


Fayza est une jeune étudiante dont le père vient de mourir. Sans ressources, sa mère décide de transformer sa maison en un cercle de jeux. Dans cette entreprise, elle est aidée par ses deux grandes filles qui acceptent de jouer les « entraîneuses » en espérant un jour trouver un mari parmi leurs clients. Fayza est révoltée par une telle situation. Elle poursuit malgré tout ses études. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Munir, un écrivain qu’elle admire beaucoup. A sa grande surprise, elle découvre qu’il fréquente le cercle de jeux de sa mère. Munir n’est pas insensible au charme de Fayza. Il l’invite chez lui à plusieurs reprises mais, malgré le trouble qu’elle ressent, elle repousse ses avances. Peu après, elle apprend qu’il a fait un très beau cadeau à l’une de ses sœurs. Elle finit par se convaincre que Munir n’est qu’un séducteur qui veut abuser de sa naïveté. Entretemps, elle a terminé sa formation et elle quitte Le Caire pour prendre un poste d’institutrice dans une petite école rurale. Elle sympathise immédiatement avec ses nouvelles collègues. Pour Fayza, c’est une nouvelle vie qui commence, loin des mœurs corrompues de la grande ville…


Ça c’est l’amour (Haza Howa al Hob, 1958)
avec Lobna Abdel Aziz (Sharifa), Yehia Chahine (Hussein), Hussein Riad (le père de Sharifa), Mahmoud Azmy (Fouad l’architecte qui était amoureux de Sharifa), Abdel Moneim Ibrahim (Toufik, un ami d’Hussein), Zeinat Olwi (la danseuse lors du second mariage de Sharifa), Mary Moneib (la mère d’Hussein), Omar El Hariri (Bhagat, un ami d’Hussein), Soheir El Baouni (une amie d’Hussein), Ferdoos Mohamed (la mère de Sharifa)
Scénario et dialogues : Mohamed Kamal Hassan Al Mouhamy
Musique : Fouad El Zahry
Production : Ramses Naguib


Drame. Hussein est un ingénieur qui travaille pour la ville du Caire. Sur le plan des valeurs, il est très conservateur. Il souhaiterait épouser une femme qui n’a jamais connu d’homme avant lui. Il pense avoir trouvé l’épouse idéale en Sharifa, une jeune fille qui réside avec ses parents dans un appartement en face du sien. Souvent, il l’observe de sa fenêtre et elle manifeste toutes les qualités qu’il souhaite trouver chez une femme. Avec l’aide de ses amis, il entre en contact avec Sharifa puis après les tractations traditionnelles entre parents, c’est le mariage. Le jeune couple part en voyage de noce à Fayoum mais le séjour est soudain gâché par une découverte que fait Hussein : il apprend que sa femme avait déjà vécu une première histoire d’amour avant leur rencontre. Il ne supporte pas cette idée. De retour au Caire, il demande le divorce…

Notre avis : comment l’amour finit par triompher de la morale ; à partir d’une histoire bien mince, Salah Abou Seif parvient à capter notre attention et à la garder jusqu’au mot fin. Pourtant, il ne se passe pas grand-chose, les deux héros étant comme tétanisés par leur malheur commun et leurs proches réduits au statut de spectateurs impuissants. Alors à quoi tient le charme particulier de « Ca, c’est l’amour » ? Sans doute à la beauté incroyable de chaque plan et à l’interprétation toujours juste de ses deux acteurs principaux. Grâce à cela, Salah Abou Seif peut imposer un rythme très lent à son récit et suivre avec une attention et une empathie égales les tourments intérieurs de ses deux héros. Pour preuve du talent du réalisateur, je choisirai, dans la scène de l'hôtel, ce plan rapproché sur les pieds nus de Lobna Abdelaziz et la main de Yehia Chahine, un plan tout simple qui lui permet de suggérer l'ineffable sensualité de la situation : du grand art !
A voir aussi pour une très belle séquence quasi documentaire sur un mariage traditionnel à la campagne dont la frénésie et la crudité bouleversent l’héroïne.


Je suis libre (Ana Hurra, 1959)
avec Lobna Abdel Aziz, Zouzou Nabil, Hussein Riad, Hassan Youssef, Shukry Sarhan, Kamal Yassin, Layla Karim, Gamil Ezz Eddin, Gamalat Zayed, Ali Reda, Victoria Hobeika, Fifi Sayed, Aziza Badr, Kamal Al Zeiny, Abel Moneim Basiony
Scénario de Naguib Mahfouz d'après un roman d'Ihsan Abdul Quddus
Dialogues : El Sayed Bedeir
Musique : Fouad El Zahry
Production : Ramsès Naguib
Premier film dans lequel apparaît l’acteur Hassan Youssef (il joue le rôle du cousin de l’héroïne)


Depuis la séparation de ses parents, Amina vit chez sa tante et son oncle. Ceux-ci mènent une existence austère régie selon une morale très stricte. Ils mènent la vie dure aussi bien à leur nièce qu’à leur propre fils Ali. Ce dernier est passionné par la musique et voudrait se consacrer à la pratique du violon mais ses parents s’y opposent absolument. Amina ne supporte pas cette vie et finit par se révolter. Elle apprend à danser et fréquente Abbas, un jeune étudiant qui l’incite à conquérir sa liberté. Elle voudrait poursuivre ses études pour pouvoir travailler. Malheureusement, son oncle et sa tante ont d’autres projets. Ils ont trouvé une occasion rêvée de se débarrasser de cette nièce bien insolente : un ingénieur l’a demandée en mariage…


Entre ciel et terre (Bayna as-sama wa al ard, 1959)
avec Hind Rostom (Nahed Shukry, la star), Abdel Salam Al Nabulsi (l’aristocrate), Mahmoud El Meleigy (le gangster), Abdel Moneim Ibrahim (le fou), Said Abu Bakr (le harceleur), Zizi Mustafa (Sonia), Yacoub Mikhail (le mari de la femme enceinte), Ahmed Louksor (le metteur en scène), Abdel Ghani El Nagdi (le serviteur), Mahmoud Azmy (l’amant), Naïma Wasafi (la femme enceinte), Amin Wahba (le vieillard), Kadreya Kadry (la femme infidèle), Nahed Samir (l’épouse du vieillard), Samia Rushdy (Zakia), Abdel Moneim Madbouli (le voleur)
Scénario : Naguib Mahfouz et El Sayed Badeir
Musique : Fouad El Zahry
appréciation 5/5



Apologue. Dans la chaleur estivale d'un vendredi après-midi au Caire, un groupe d'individus représentant toute la société égyptienne restent bloqués dans l'ascenseur d'un grand building de Zamalek (Lebon Building construit en 1952) durant plus d’une heure. Parmi les passagers, on trouve une star de cinéma (Hind Rostom) accompagnée de son chien, un aristocrate sans le sou (Abdel Salam Nabulsi) un chef de gang (Mahmoud El Meleigy), un picpocket (Abdel Moneim Madbouly), un fou échappé de l’asile (Abdel Moneim Ibrahim), une femme infidèle (Kadreya Kadry) et son amant (Mahmoud Azmy), un cuisinier (Abdel Ghani El Nagdi), une femme enceinte (Naïma Wasafi) et son mari, un obsédé sexuel (Saïd Abou Bakr), un vieil homme (Amin Wahba) qui doit épouser une très jeune femme, une lycéenne (Zizi Mostafa) qui doit rejoindre son amoureux. Le huis clos tourne au psychodrame. Pendant ce temps-là, l’équipe de cinéma installée sur la terrasse du bâtiment attend sa vedette pour tourner une scène et le metteur en scène se montre de plus en plus fébrile tandis que des gangsters s’apprêtent à forcer le coffre-fort d’une grande compagnie dont le siège se trouve aussi dans l’immeuble.


Notre avis : si nous devions considérer le film d'ascenseur comme un genre en soi, nous n'hésiterions pas à classer cet Entre Ciel et Terre parmi ses plus belles réussites, à égalité avec Ascenseur pour l'Echafaud de Louis Malle qui date de 1958. Ce film de Salah Abou Seif dont le scénario est signé Naguib Mahfouz est un chef d'oeuvre d'intelligence et d'humour servi par une troupe d'acteurs exceptionnels. Comment est-il possible que soixante-cinq ans après sa sortie, il reste aussi méconnu en Occident ?


Chagrin d'amour (Lawet el hub, 1960)
avec Shadia (Amal), Omar Sharif (Hassan), Ahmed Mazhar (Mahmoud), Salwa Ezz Eddin (la femme de ménage), Shafiq Nour El Din (le médecin de l’hôpital), Esmat Mahmoud (Awatif), Abdel Ghani El Nagdi (Abdo), George Youranides (Manoli), Aziza Helmy (la mère d’Amal), Thuraya Fakhry (la mère d’Hassan), Abdel Moneim Ismaïl (le marchand de meubles), Abdel Azim Kamel (le gynécologue), Saïd Khalil (Ibrahim Effendi), Layla Karim (Soad), Nahed Azmy (Mervat), Hussein Ismaïl (Darsh)
Scénario : Salah Abou Seif, Galil El Bendary, El Sayed Bedeir
D’après le roman d’Emile Zola, la Bête Humaine (le film s'inspire du roman de l'écrivain naturaliste mais on ne peut pas vraiment le considérer comme une adaptation au sens strict.)
Musique : Fouad El Zahry


Drame sentimental. Mahmoud est un conducteur de train. Il est marié à Amal, une jeune brodeuse. C’est un mari peu aimant. Il passe ses soirées au café pour boire de l’alcool avec ses amis et quand il rentre, il attend de sa femme une soumission totale. Il n’hésite pas à la brutaliser et à lui imposer des rapports sexuels auxquels elle essaie vainement de se soustraire. Mahmoud traite Amal comme une esclave qui doit le servir en tout. Dans son malheur, la jeune femme n’a qu’une consolation : la présence de son chat, présence qui naturellement irrite le despote domestique. Un jour, Mahmoud doit partir pour une mission qui le tiendra éloigné un certain temps de la ville. Il charge son collègue Hassan de prendre soin de sa femme. La complicité entre l’ami et l’épouse est immédiate, une complicité qui au fil des jours se change en passion amoureuse.


Les Filles et l'Eté, deuxième volet (Al banat wal Saif, 1960)
avec Hussein Riad (le père), Ferdoos Mohamed (la mère), Samira Ahmed (la servante), Hassan Hamed (le bellâtre de la plage)


C’est l'histoire d'un couple qui passe les vacances d'été à Alexandrie avec enfants et femme de ménage. Le mari éprouve un désir irrépressible pour cette dernière. Il en perd le sommeil. Une nuit, il s’introduit dans la cuisine où dort sa jeune employée. Il contemple longuement son corps étendu sur la paillasse. Il est à deux doigts de succomber mais parvient encore à se maîtriser. La situation devient insupportable. Pour résister à la tentation, il ne cesse de harceler la jeune fille, lui faisant mille reproches et la frappant en présence de ses enfants.


Mort parmi les vivants (Bidaya wa Nihaya, 1960)
avec Omar Sharif, Sanaa Gamil, Farid Shawki, Amina Rizk, Salah Mansour, Amal Zayed.
Adaptation d’un roman de Naguib Mahfouz, Vienne la Nuit (1949)


Mélodrame. Ce film raconte les difficultés que rencontrent les cinq membres d'une famille après la mort du père.
Le frère aîné tombe dans le crime, le second doit s’éloigner du Caire pour occuper un emploi modeste et la sœur finit par se prostituer. Tous apportent leur contribution afin que leur plus jeune frère réalise son rêve : intégrer la prestigieuse école de police. 


Une Lettre d’une Femme Inconnue  (Resalah min emraa maghoula, 1962)
avec Farid Al Atrache (Ahmed), Lobna Abdel Aziz (Amal), Amina Rizk (la tante d’Amal), Mary Moneib (la mère d’Amal), Abdel Moneim Ibrahim (Menem, l’ami d’Ahmed), Layla Karim (Nifin), Fakher Fakher (Ibrahim, le serviteur d’Ahmed), Ezzat Al Alali (le médecin), Abdel Ghani El Nagdi (le gardien), Yacoub Mikhaïl (le beau-père d’Amal), Ahmed Shawki (le directeur de la compagnie d'assurance)
Scénario : Fathi Zaki et El Sayed Bedeir
Musique : Farid Al Atrache et André Ryder
Production : Ramsès Naguib et Salah Zulficar
D’après la nouvelle de l’écrivain autrichien Stefan Zweig publiée en 1922, Lettre d’une inconnue.
Cette nouvelle a fait l’objet d’une première adaptation réalisée en 1948 par Max Ophuls avec Joan Fontaine et Louis Jourdan.


Ahmed Sameh est un chanteur célèbre. C’est le jour de son anniversaire. Tous ses amis l’attendent chez lui pour fêter l’événement. Les heures passent et Ahmed n’est toujours pas arrivé. Lassés, les convives décident de rentrer chez eux. C’est après leur départ qu’Ahmed rentre enfin. Son moral est au plus bas. Son domestique lui remet une grande enveloppe qu’on a déposée plus tôt dans la journée. Elle contient une longue lettre. L’auteur en est une femme qu’il ne connaît pas. Elle s’appelle Amal et elle lui raconte son histoire. Elle habitait en face de chez lui et l’aimait à la folie. Ils passeront une nuit ensemble puis Ahmed la quittera pour d’autres aventures. Il ne saura jamais que suite à cette brève liaison, Amal donnera naissance à un petit garçon…

Notre avis : une adaptation très libre et un peu sirupeuse du texte de Stefan Zweig avec un happy end qui en efface la dimension tragique. Mais pour les fans de Farid Al Atrache, est-ce vraiment un problème ? D’autant plus que les chansons qu’il interprète ici sont de bien jolies pépites. « Mon Cœur et ses Clés » (Albi wa Moftaho) qu’il chante d’abord seul au piano puis accompagné par un orchestre constitue l’une des séquences les plus marquantes de ce film. La partenaire de Farid Al Atrache est la talentueuse Lobna Abdel Aziz qui joue avec une grâce et une fougue attachantes la jeune fille amoureuse du célèbre chanteur (un rôle comportant bien des écueils qu’un certain nombre de ses consoeurs n’ont pas toujours su éviter.)


N'éteins pas le Soleil (La Tutf'e al-Shams - 1962)
avec Faten Hamama (Layla), Imad Hamdi (Fathy), Nadia Lutfi (Shahira), Ahmed Ramzy (Mamdouh), Shukry Sarhan (Ahmed), Layla Taher (Nabila), Aqila Rateb (la mère), Sherine (Fifi), Ibrahim Fatiha (Amin Abdel Sayed), Adel Al Mehelmi (Mahmoud), Samiha Ayoub (Awatif, la femme de Fathy)
Scénario : Ehsan AbdelQuddous, Lucien Lambert, Helmy Halim
Musique : Ali Ismaïl
Production : Omar Sharif et Ahmed Ramzy
appréciation : 3/5


La vie d’une famille aristocratique est bouleversée par la mort du père. Autour de la mère, ils sont cinq enfants, deux garçons et trois filles. Le fils aîné est Ahmed, il a obtenu un emploi dans un ministère grâce à leur oncle . Il est tombé amoureux d’une fille qu’il croise dans le club qu’il fréquente mais il n’ose se déclarer malgré les encouragements de celle-ci. Ahmed est un garçon maladivement timide et très mal à l’aise avec les jeunes de son âge.
Dans la grande maison familial, il fait désormais fonction de chef de famille et il a fort à faire avec son frère et ses sœurs qui sont encore étudiants. Son frère Mamdouh est un garçon insouciant qui n’a qu’une idée en tête : devenir riche. Et pour parvenir à ses fins, Il n’hésite pas à se lancer dans des projets douteux. Avec ses trois sœurs, les choses semblent plus simples mais ce n’est qu’une apparence. Nabila est amoureuse de l’un de ses condisciples et elle veut se marier au plus vite malgré l’opposition d’Ahmed. A l’inverse, Fifi qui est étudiante en sciences se montre en toutes choses d’une rigueur excessive et rejette sans ménagement les déclarations enflammées de l’un de ses collègues.
Quant à Layla, elle entretient secrètement une liaison avec Fathy, son professeur de piano, marié et beaucoup plus âgé qu’elle. Pour faciliter leurs rencontres, le professeur a loué un appartement. Malheureusement, la mère de Layla a découvert leur liaison. Elle exige que sa fille coupe les ponts avec son suborneur et elle lui interdit toute sortie jusqu’à nouvel ordre. De son côté, la femme du professeur a compris ce qui se passait entre son mari et Layla. Elle parvient à retourner la situation et à convaincre Fathy de rompre avec sa jeune maîtresse.



Le Caire 30 (Al-Kahira thalatin, 1966)
avec Abdel Aziz Mikewy, Tawfik El Deken, Abdel Moneim Ibrahim, Ahmad Mazhar, Soad Hosny, Bahiga Hafiz, Hamdy Ahmed
D’après un roman de Naguib Mahfouz, La Belle du Caire (Al-Qâhira al-jadîda, 1945)
Musique : Fouad El Zahry


Le Caire dans les années 30. Dans une période d'agitation politique, trois jeunes diplômés entrent dans la vie active.
Les trois amis étudiants à l'Université habitent dans le même appartement : Ali, l'intellectuel engagé lutte contre la corruption, Ahmad travaille dans un journal et Mahgoub, le plus pauvre, cherche du travail. Un ami de son village, directeur du cabinet de Qassem Bey, le vice-ministre, lui propose d'épouser Ihsân, la maîtresse de ce dernier, en échange d'un poste au ministère et d'un appartement. Il devra laisser Qassem Bey rendre visite à Ihsan une fois par semaine. Mahgoub accepte le marché.


La Seconde Epouse (Al-Zawja.Al-Thania, 1967)
avec Soad Hosny (Fatima), Chukry Sahran (Abul Elan, le mari), Sanaa Gamil (Hafiza, la première épouse), Abdel Moneim-Ibrahim (Hassan), Salah Mansour (le maire), Mohamed Noah (le frère du maire), Ibrahim El Shami (l'officier de police)
Scénario : Ahmed Roshdy Saleh, Mohamed Mostafa Samy, Saad Eldin Wahba, Salah Abou Seif
Musique : Sayed Mekawi et Fouad El-Zahiry
Production : Ramses Naguib
appréciation : 5/5


C’est l’histoire d’un vieux maire de village qui est marié mais sans enfant et qui souhaite avoir un héritier. Pour cela, il doit épouser une seconde femme. Son dévolu tombe sur Fatima, la jeune épouse d’un paysan pauvre. Elle est jolie et a déjà deux enfants. Pour la contraindre à se soumettre à son désir, il accuse son mari de vol et le fait arrêter par la police. Il n’accordera sa grâce que s’ils divorcent. Le couple ne peut s’opposer au chantage. C’est ainsi que Fatima quitte son foyer et épouse le maire...



Le Bain de Malatili (Hammam al-Malatili, 1973)
avec Muhammad Al-Araby, Youssef Chaban, Chams Al-Baroudi, Naemet Mokhtar
d'après un roman d'Ismaïl Waly Eddin
appréciation : 3/5


Ahmed a quitté son village natal afin de poursuivre ses études de droit au Caire. Ses parents se sont sacrifiés pour lui et il compte bien ne pas les décevoir : il leur fait la promesse de revenir un jour auprès d’eux, riche et célèbre. Mais à peine arrivé dans la capitale, il doit déchanter : il ne trouve ni travail, ni logement. Sans un sou, il doit très vite quitter l’hôtel modeste où il résidait. Heureusement, il fait la connaissance de Naima, une jeune prostituée qui le prend sous son aile. Un jour, dans l’une de ses errances à travers les rues du Caire, Ahmed entre par hasard dans un établissement de bain, le Hammam El Malatili. Ali, le patron l’accueille chaleureusement et accepte de l’héberger. Ahmed comprend vite que l’établissement de Monsieur Ali est un peu particulier : des notables y retrouvent de jeunes garçons qui se prostituent.



Elle tomba dans une mer de miel (Wa saqatat Fe Bahr El Asal,1977)
avec Mahmoud Yassin (Abu Bakr), Nabila Ebeid (Maysa), Taheya Carioca (Nafousa), Nadia Lutfi (Zeze), Faten Anwar (Amina), Tarek El Nahry, Omar El-Hariri (Fahmi), Ali Ezz Eddin, Samir Ghanem (Essam), Aziza Helmy (la mère de Maysa), Layla Mukhtar (Didi), Rawia Saïd (Sameha), Fatheia Shahin (Farida), Younes Shalaby (Samïa)Scénario : Salah Abou Seif
D'après une histoire d'Ihsan Abdul Quddus
Musique : Omar Khorsheid


Maysa est une jeune fille appartenant à une famille aisée d’Alexandrie. Ses parents lui laissent beaucoup de liberté et elle passe le plus clair de son temps avec ses amis. Un soir, dans une fête, elle rencontre un jeune étudiant en architecture Abu Bakr. Après la soirée, le garçon propose à Maysa de la raccompagner chez elle. Sur la route, ils font un crochet par chez lui : il veut prêter un livre à la jeune femme. C’est ainsi qu’elle découvre le petit appartement de son nouvel ami. Le désordre est indescriptible, il ya des piles de livres à même le sol mais Maysa est séduite par cet intérieur d’étudiant amoureux de la culture et des arts. Entre les deux jeunes gens, si les choses ne vont pas plus loin cette nuit-là, l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est manifeste. Ils décident de se revoir et ils passent une journée à la plage, rien que tous les deux. Pour Maysa, c’est le bonheur. Elle en est certaine : ils sont faits pour s’aimer et vivre ensemble. Les rencontres se multiplient. Ils deviennent inséparables. Un jour, elle décide de présenter Abu Bakr à sa mère. Les deux femmes organisent un goûter mais « l’invité » ne viendra pas. Maysa est affreusement déçue. Elle soupçonne Abu Bakr d’avoir une autre femme dans sa vie.


Le porteur d'eau est mort (Al-Saqa Matt,1977)
avec Taheya Carioca, Ezzat El Alaili, Hassan Hussein, Nahid Jabr, Amina Rizk
Scénario : Mohsen Zayed
Musique : Fouad El Zahry
Production : Youssef Chahine


L’hédoniste et le dépressif. Ce film évoque l’amitié entre deux hommes qui ont des visions de la vie totalement opposées. L’un est un porteur d'eau dont la femme est morte il y a plus de vingt ans. Il s’est réfugié dans le souvenir et le deuil. Le second, employé aux pompes funèbres, passe sa vie à jouir de tous les plaisirs que cette existence lui offre car il sait que la mort viendra tout arrêter. 


L’Empire de Satan (Al Bedaya, 1986)
avec Ahmed Zaki, Yousra, Safia El Emary, Gamil Rateb, Hamdy Ahmed, Souad Nasr, Nagat Ali
Scénario : Salah Abou Seif et Lenin El Ramly


Fable politique. Un avion s’écrase dans le désert. Il y a douze survivants : quatre membres d’équipage (le pilote, le copilote, le steward et l’hôtesse) et huit passagers (un artiste peintre, une journaliste, un homme d’affaires, un paysan, une danseuse, un champion de boxe, une universitaire et un enfant, champion de natation). Après une longe marche dans le sable brûlant, ils finissent par atteindre une oasis. Ils décident de s’installer là en attendant les secours. L’homme d’affaires parvient à prendre la direction du groupe et au fil des jours, il se transforme en un dictateur, exigeant de ses compagnons d’infortune une soumission totale. L’artiste peintre s’insurge contre cette tyrannie et il organise la résistance…


Le Citoyen Masri (Al-moaten Masry 1991) 
avec Omar Sharif, Ezzat El Alaily, Safia El Emary, Abdullah Mahmoud, Hassan Hosny, Enaam Salosa
d’après un roman de Youssef El Kahid
Scénario : Mohsen Zayed
Musique : Yasser Abdul Rahman


En 1973, Abdel Moagoud est un modeste paysan qui souhaiterait conserver les terres qu’il cultive bien qu’une loi récemment promulguée exige qu’il les rende au maire du village, grand propriétaire terrien exproprié par la révolution de 1952. Les deux hommes passent un accord : Abdel enverra Masri, son fils unique, faire le service militaire à la place du plus jeune fils du maire. La guerre d’octobre éclate…