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dimanche 30 juin 2019

Les réalisateurs : Hussein Kamal (1932-2003)

حسين كمال

Hussein Kamal est né en 1932. Il est diplômé de l’IDHEC, la prestigieuse école de cinéma de Paris (aujourd’hui, la FEMIS). Il rentre en Egypte en 1956. Il travaille d’abord pour la télévision et le théâtre puis réalise son premier long métrage en 1965, L’Impossible. C’est avec Le Facteur en 1968 qu’il devient un cinéaste reconnu. Il s’illustrera aussi bien dans des films ambitieux, comme Dérive sur le Nil, une adaptation magistrale d’un roman de Naguib Mahfouz que dans des productions plus commerciales, comme Mon Père sur l’Arbre, une comédie musicale qui connaîtra un succès phénoménal à sa sortie. Hussein Kamal réalisera vingt-sept films. Il meurt d’une crise cardiaque en mars 2003.


Onze films d'Hussein Kamal ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog : 


Le Facteur (Al Bostagy, 1968)
avec Seif Abdul Rahman (Khalil), Soheir El-Morshidy (Nahssa), Salah Mansour (le père de Gamila), Zizi Mustafa (Gamila), Shukry Sarhan (Abbas), Nahed Samir (Halima), Moshira Ismaïl (la sœur de Khalil), Ehsan Sherif (la mère d’Ahmed), Awatif Tikla (Mariam), Fathya Aly (la tante de Gamila)
Scénario et dialogues : Sabry Moussa
Le facteur est l’une des quatre oeuvres de Yahia Haqqi (1905-1992) ayant fait l’objet d’une adaptation cinématographique.
Musique : Ibrahim Haggag


Abbas est postier. Il a été muté dans un petit village de Haute-Egypte. Il fait la connaissance des habitants et autour de lui, il ne voit que jalousie, grossièreté et superstition. Il se sent seul. Un soir, lors d’une fête, il rencontre une danseuse. Il l’invite chez lui. Malheureusement, certains villageois ont été informés de ce rendez-vous. Alors qu’à l’intérieur, Hassan tente vainement d’embrasser la jeune femme qui se dérobe à chaque fois, tous les hommes du village, armés de bâtons ou de carabines, encerclent la maison. Ils jettent des pierres contre la porte et exigent que la danseuse se présente à eux. Elle doit s’exécuter. Elle est aussitôt entourée par une foule menaçante. Elle échappe de peu au lynchage mais le scandale est considérable. Pour se venger, Abbas décide de lire le courrier de tous les villageois et il découvre bien des secrets…


Un Soupçon de Peur (Shai’ min Al-Khowf, 1969)
avec Shadia, Yehia Chahine, Mohammed Tawfik, Ahmed Tawfik, Mahmoud Morsi, Salah Nazmi, Amal Zayed, Mahmoud Yassin, Hassan El Sobki, Samira Mohsen, Wafiq Fahmy, Ahmed Shoukry
D’après un roman de Tharwat Abaza
Scénario : Sabri Ezzat, Abdel Rahman El Abnoudy
Musique et chansons : Baligh Hamdi et Abdel Rahman El Abnoudy


Atris réside dans la somptueuse demeure de son grand-père, à Dahashanah, un petit village au nord du Caire. C’est un enfant doux et sensible bien qu’il soit le petit fils d’un homme puissant qui fait régner la terreur parmi les villageois. A la mort de son grand-père, abattu par un homme ne supportant plus sa tyrannie, il lui succède et il use de la même cruauté et de la même violence pour rançonner les paysans du secteur. Depuis son enfance, Atris est amoureux de Fouada mais celle-ci rejette toutes ses avances. Malgré cela, le tyran demande la main de la jeune fille à son père. Ce dernier n’ose pas la lui refuser. Atris triomphe : Fouada va devenir sa femme…
Figure dans la liste des 100 films les plus importants de l’histoire du cinéma égyptien
Le film a rencontré à sa sortie des difficultés avec la censure car nombre de commentateurs ont vu dans le personnage d’Atris la représentation du président Gamal Abdel Nasser.


Mon Père sur l’Arbre (Aby Fawq Al-Shagara, 1969)
avec Abdel Halim Hafez (Adel Kamal), Imad Hamdi (Kamal, le père d’Adel), Nahed Samir (la mère d’Adel), Amira (la sœur d’Adel), Fathy Abdel Sattar (Khaled), Mahmoud Rashad (le père de Khaled), Fathia Shahin (la mère de Khaled), Mervat Amine (Amal, la sœur de Khaled), Samir Sabri (Ashraf), Nadia Lotfi (la danseuse Ferdoos), Salah Nazmi (Khamsy), Mohamed Salman (un client de Ferdoos), Nabila El Sayed (Mahasin, une collègue de Ferdoos), Ehsan Sherif (la servante de Ferdoos), Farouk Youssef (Essam), Soheir Mostafa (Nadia), Hamed Morsi (Abdul Mawgoud, un des clients de Ferdoos)

Scénario : Ihsan Abdul Quddus, Saad Eddin Wahba, Youssef Francis
Musique : Mohamed Abdel Wahab, Baligh Hamdy, Mohamed El Mougy, Mounir Mourad, Ali Ismaïl
Paroles des chansons : Morsi Gamil Aziz, Abdel Rahman El Abnoudy, Mohamed Hamza
Chorégraphie : Hamada Hossam Eddin
Production : Aflam Sawt Al Fan (Mohamed Abdel Wahab, Abdel Halim Hafez, Wahid Farid)
appréciation : 4/5


Adel vient de terminer son année universitaire. Après les examens, il décide de passer l’été à Alexandrie comme les années précédentes. Il dit au revoir à ses parents et à sa petite sœur et prend le train pour la station balnéaire. A son arrivée, il retrouve son ami Khaled venu à la gare pour l’accueillir. Les deux garçons se rendent d’abord au petit cabanon qu’Adel occupera durant son séjour. Celui-ci se change rapidement et ils repartent pour la plage où les attendent tous leurs compagnons. Ces vacances s’annoncent aussi joyeuses que les précédentes : le jour, cela va être des danses et des jeux sur la plage et le soir des fêtes conviviales et animées. Mais pour Adel, l’essentiel c’est de retrouver Amal, la sœur de Khaled. Il est follement amoureux de la jeune femme qui elle-même n’est pas insensible au charme du jeune garçon. Malheureusement, Adel ne parvient jamais à être seul avec elle. Amal refuse toutes ses invitations pour des sorties à deux. En cela, elle obéit aux instructions de ses parents qui lui ont interdit de sortir seule avec l’ami de son frère. Adel ne supporte plus cette situation et les disputes entre les deux jeunes gens se multiplient. Un jour alors qu’il sort de chez lui, ruminant son ressentiment, il est accosté par des camarades de fac qui l’invitent à une fête. C’est ainsi qu’il se retrouve avec un groupe de joyeux drilles ne s’interdisant aucun plaisir. Le soir, ils se rendent dans un cabaret où se produit la danseuse Ferdoos. Après sa prestation, celle-ci va à la rencontre des clients. La jeune femme remarque très vite Adel qui est resté seul à une table où il boit et fume avec excès. Elle finit par s’asseoir à ses côtés et engage la conversation. La complicité est immédiate, ils passeront la nuit ensemble dans l’appartement de Ferdoos…



Nous ne plantons pas des épines (Nahnou La Nazraa El Shouk, 1970)
avec Shadia, Mahmoud Yassin, Salah Kabil, Wafiq Fahmy, Ahmed Jaziri, Hamdy Youssef, Karima Mokhtar, Adly Kasseb, Rawheya Khaled, Sumaya Tawfik, Amira, Nadia El Keilany, Mohamed Abou Hashish, Mohamed Othman
Scénario : Youssef El Sebaei et Ahmed Saleh
Musique : Fouad El Zahry, Baligh Hamdy, Abdel Wahab Mohamed
appréciation: 3/5


Après la mort de son père, Sadia, encore enfant, est placée comme servante chez une femme. Celle-ci a un fils, Abbas, qui la harcèle à chaque instant. Les années passent. Sadia est devenue une jeune femme séduisante. Abbas voudrait l’épouser mais elle refuse toutes ses avances. Après une violente altercation avec la mère, Sadia quitte la maison. Elle rencontre un jeune étudiant, Hamdi, qui la conduit dans la grande maison bourgeoise de ses parents. Elle est accueillie chaleureusement par tous les membres de la famille. Elle est aussitôt embauchée comme domestique. Sadia se dévoue sans compter pour ses nouveaux maîtres. Son affection pour le garçon de la famille ne cesse de croître. Lui non plus ne cache pas les sentiments qu’il éprouve pour la jeune servante. Malheureusement, le père meurt subitement et Hamdi doit épouser une jeune femme de son milieu. De dépit, Sadia accepte de se marier avec Allam, un commerçant qui la courtisait depuis un certain temps. Chez son mari, c’est l’enfer. Sa belle-mère, irascible et tyrannique, la considère comme son esclave. Après une énième dispute, elle fuit le domicile conjugal. Elle est recueillie par une prostituée qui la présente à la tenancière d’une maison close. Elle devient très vite l'une des pensionnaires les plus demandées de l'établissement.



Dérive sur le Nil (Thartharah fawq al-Nil - 1971)
avec Adel Adham (Ali Al Saïd, le critique d’art), Mervat Amine (Sana, l’étudiante), Magda El-Khatib (Samara, la journaliste), Imad Hamdi (Anis Zaki, l’employé de bureau), Ahmed Ramzy (Ragab Al Qadi, le jeune acteur), Soheir Ramzy (Layla Zidane, la maîtresse de Khaled Azouz), Ahmed Tawfiq (Mustafa Rashid, l’avocat), Naemet Mokhtar (Sania Kamal, la femme infidèle), Salah Nazmy (Khaled Azouz, l’écrivain), Ahmed El Gezeiry (le domestique), Aïda El Shahir (chanteuse), Mahmoud Kamal (Abou Sarih), Zizi Farid (la paysanne)
Adaptation d’un roman de Naguib Mahfouz publié en 1966 (traduction française en 1989)
Scénario : Mamdouh El Leithy
Musique : Ali Ismaïl
Production : Gamal El Leithy
appréciation : 5/5


Nous sommes en 1967, pendant la guerre des Six Jours. 
Anis Zaki est un vieux fonctionnaire qui travaille au Ministère de la Santé. Il ne supporte plus la société dans laquelle il vit. L’autoritarisme des uns, l’hypocrisie des autres, tout lui fait horreur. Il arpente les rues du Caire en ruminant à voix haute. Beaucoup le prennent pour un fou. C’est un vieux misanthrope solitaire et malheureux qui ne trouve l’apaisement que dans la consommation régulière de hachich. 
Un jour par hasard, il rencontre Ragab El-Adi, un ancien voisin qui est devenu acteur de cinéma. Celui-ci l’invite dans son « Royaume » : c’est une péniche où avec des amis, ils se retrouvent le soir pour fumer le narguilé... 

Notre avis : une radiographie implacable de l'âme égyptienne au lendemain de la défaite de 67. Parmi toutes les adaptations des romans de Naguib Mahfouz, sans doute la plus réussie, au point que l'on peut se demander si par certains côtés le film ne dépasse pas le texte original. « Dérive sur le Nil » rassemble une galerie incroyable d’actrices et d’acteurs de tout premier plan et offre à la majorité d’entre eux le plus beau rôle de leur riche carrière. Imad Hamdi s’affirme ici comme l’un des plus grands acteurs de son temps avec ce personnage de vieil employé lunaire, bien loin des rôles stéréotypés d’amoureux délicats et élégants qu’on lui confie d’ordinaire.



L’Empire M (emberatoriet mim, 1972)
avec Faten Hamama (Mona), Ahmed Mazhar (Ahmed Raafat), Dawlat Abyad (la grand-mère), Saif Abo El-Naga (Mustafa, le fils aîné), Ahmed Naguib (Mahmoud), Hisham Selim (Medhat), Ali Jawhar (Mohamed, le mari de Mona), Hayat Kandil (Madiha), Layla Hamada (Maha), Osama Aboul Fatah (Mamdouh), Fathia Shahine (l’amie de Mona), Hanem Mohamed (la nourrice)
D’après un roman d’Ihsan Abdul Quddus
Adaptation : Naguib Mahfouz
Scénario : Mohamed Mostafa Samy
Musique : Tarik Sharara apparaît au générique comme le musicien chargé d’inclure dans la bande son des compositions d’origine « internationale ». En fait, il s’est contenté de reprendre pour le générique et toutes les scènes « sentimentales » un seul et même morceau extrait du film « L’Adieu à Venise » (titre original : Anonimo veneziano) réalisé par Enrico Maria Salerno en 1970. La partition est signée Stelvio Cipriani. Trop souvent, les producteurs et réalisateurs égyptiens ont eu tendance à considérer les BO des films étrangers comme des compositions libres de droit et ils ne prenaient même pas la peine de citer au générique le nom de leurs véritables auteurs.
L’Empire M a reçu en 1974 le prix du meilleur film au festival de cinéma du centre catholique.


Mona est une femme active qui appartient à la classe aisée. Elle travaille au ministère de l’éducation et depuis la mort de son mari, elle élève seule ses six enfants dont les prénoms commencent tous par M. Toute la famille vit dans une grande villa dans le quartier de Zamalek. Mona a peu de temps pour s’occuper de son propre bonheur. Pourtant un homme l’aime. C’est Ahmed Rafaat, un homme d’affaires qui est toujours en déplacement d’un continent à l’autre. A chaque fois qu’il revient au Caire, ils se revoient avec le même plaisir. Mona n’est pas insensible à son charme mais elle a toujours repoussé ses demandes en mariage. Enfin, un jour, elle finit par accepter l’idée d’une union. Elle présente Ahmed à ses enfants...

Notre avis : un film qui a eu un retentissement considérable lors de sa sortie. C’est d’abord le premier rôle marquant de Faten Hamama depuis son retour en Egypte (En 1966, elle avait quitté son pays et cessé de tourner lassée des pressions continuelles du pouvoir de l’époque. Elle ne reviendra qu’après la mort de Nasser.). Ensuite, Empire M a conquis le public et la critique en évoquant certaines réalités sociales de ce début des années soixante-dix : Faten Hamama incarne la femme moderne qui concilie responsabilités familiales et professionnelles, et pour la première fois, le cinéma égyptien montre des adolescents avec des problématiques de leur âge, des adolescents qui se révoltent contre une mère jugée trop autoritaire. Ces six frères et soeurs seraient aussi le symbole du peuple égyptien qui aspire à plus de liberté et souhaite plus de démocratie. On conviendra que cette dimension politique du film reste d’une brûlante actualité.


Mon amour pour toujours (Habibi da'iman, 1980)
avec Nour al Sherif, Poussi, Saïd Abdel Ghani, Naïma Wasfi, Sawsan Badr, Sabri Abdul Aziz, Mariam Fakhr Eddine, Magda El Khatib, Ibrahim Kadri, Mervat Kazem, Ahmed Maher, Mohamed Kamel, Nadia Shams Eddine, Qadria Kamel
Une histoire de Youssef El Sebai
Scénario : Rafik El Saban
Dialogues : Kawthar Heikal
Musique : Gamal Salamah
Production : Nour al Sherif


Mélodrame. Pour contenter son père, Farida épouse Ossama, un richissime homme d’affaires bien qu’elle soit amoureuse d’Ibrahim, un jeune docteur sans fortune. Farida et Ossama s’installent à Paris. Pendant ce temps-là, Ibrahim devient un grand médecin et ouvre une clinique. Farida n’est pas heureuse avec son mari. Elle ne supporte pas la vie de débauche qu’il lui impose. Elle finit par divorcer et retourne en Egypte. Alors qu’elle se divertit avec des amis, Farida est prise de violents maux de tête et perd connaissance. Sa grand-mère téléphone à Ibrahim. Il accourt aussitôt. Le jeune médecin est toujours amoureux de Farida et quand il découvre qu’elle est atteinte d’un cancer, il décide de tout faire pour la sauver…


La Vierge et les cheveux blancs (Al A'zraa wal Shaar Al Abyad, 1983) 
avec Nabila Obeid (Dawlat), Mahmoud Abdel Aziz (Medhat), Mohamed Al Ramly (l’homme d’affaires), Sherihan (Buthaina, la fille adoptive de Dawlat et de Mehdat), Hayat Salah El Din (Buthaina, petite fille), Mariam Fakhr Eddine (la mère de Dawlat), Mamdouh Abdel Alim (Adel), Mahmoud El Qala'awy (Muhy, le mari d’Afaf), Afaf Rashad (Afaf, l’amie de Dawlat), Mervat Kazem (la mère de Buthania), Afaf Wagdi (la mère d’Adel), Hamdy Youssef (le médecin), Hanem Mohamed (Aziza), Medhat Ghaly (Othman), Ibrahim Kadri (le portier)
d'après un roman d'Ihsan Abdul Quddus
Scénario : Kawthar Heikal
La musique est de Tarek Sharara mais on peut aussi entendre à plusieurs reprises celle composée par Philippe Sarde pour Les Choses de la Vie de Claude Sautet.


Le premier mariage de Dawlat a été un échec en raison de la stérilité de son mari. Ne pouvant concevoir une vie sans enfant, elle avait demandé et obtenu le divorce. Elle a trouvé refuge chez sa mère et elle comble le vide de ses journées en s’adonnant à l’équitation, son sport favori. Un jour sa mère lui demande de s’occuper d’un immeuble qu’elle possède. C’est ainsi que Dawlat fait la connaissance de Medhat, un jeune homme pauvre qui vit sur le toit de l’immeuble. Il est désespéré car il vient de perdre sa mère. Bien qu’il occupe de manière illégale l’appartement, Dawlat a pitié de lui et décide de l’aider. La bourgeoise et son locataire sympathisent puis très vite l’amitié se transforme en amour. Malgré la différence sociale, ils se marient et grâce à Dawlat, Medhat devient un homme d’affaires avisé. Mais le destin frappe à nouveau la jeune femme : une opération chirurgicale la rend stérile. Le couple décide alors d’adopter une petite fille. Les années passent. La petite fille devient une ravissante adolescente. La situation se complique quand elle tombe amoureuse de son père adoptif.

Notre avis : Hussein Kamal fut l’un des chroniqueurs les plus lucides de son époque. Il ne s’est jamais laissé entraver par les convenances ou les interdits et n’hésita jamais à aborder les sujets les plus délicats. Dans ce film, il se montre particulièrement audacieux. Dans la première partie, il aborde le problème de la stérilité féminine considérée en Egypte comme l’un des pires malheurs que puissent vivre une femme, et dans la seconde partie, il évoque l’amour que ressent une jeune adolescente pour son père adoptif. A chaque fois, Hussein Kamal traite son sujet avec une franchise totale mais sans jamais se départir de ce tact et de cette élégance que l’on retrouve dans d’autres de ses réalisations. La direction d’acteurs, rigoureuse et précise, parvient à créer des scènes qui frappent par leur authenticité et leur tension dramatique. Nabila Obeid réussit à traduire tous les tourments intérieurs de son personnage de femme mûre à la fois fragile et sensuelle. Sherihan qui joue l’adolescente impressionne par son naturel et sa maîtrise de l’art dramatique. Il y a quelques années, Nabila Obeid a déclaré sur son compte Instagram que son rôle dans « La Vierge et les Cheveux Blancs » fut l’un des plus difficiles de toute sa carrière. On ajoutera que ce fut avant tout l’un de ses plus beaux rôles dans l’un de ses meilleurs films.


O Mon Pays ! (Ah ya bld.. ah, 1986)
avec Hussein Fahmy (Magdy), Farid Shawki (Ayoub), Layla Olwi (Farida), Anwar Ismail (Radwan), Ahmed Morsi (un paysan), Hassan El Yamany (Hassan Fadel), Hassan Mostafa (le paysan Abdel Ati), Taheya Carioca (une ancienne danseuse), Thuraya Ezz Elddin (la femme d’Ayoub), Mohamed Abou Hashish (l’épicier du village), Amir Shahin (le jeune fils d’Ayoub), Atef Makram (le voleur)
Scénario : Saad Eldin Wahba
Inspiré de Zorba le Grec, un film gréco-anglo-américain de Michael Cacoyannis (1964)
Musique : Ammar El Sheraiey
Production : Mohsen Alam El Din


Magdy, un jeune ingénieur, retourne en Egypte pour enterrer son père et il apprend qu’il a hérité d’un terrain à la campagne. Après les obsèques, il décide donc de se rendre dans la localité où se trouve ce terrain pour le mettre en vente. A peine sorti de la gare, Magdy est victime d’une tentative de vol. Heureusement, l’intervention d’un vieil homme lui permet de récupérer sa mallette. Cet homme s’appelle Ayoub, il a combattu l’occupant britannique et il a perdu sa femme et son jeune fils dans des circonstances tragiques. Ayoub conduit le jeune homme chez une amie, la Signora, qui fut autrefois une grande danseuse. Les deux villageois conseillent à Magdy la plus grande prudence dans ses démarches car la région est sous la coupe d’un homme très puissant qui achète à vil prix toutes les terres des environs et qui n’hésite pas à user de violence pour obtenir ce qu’il convoite…

Notre avis : était-il vraiment utile d’aller chercher l’inspiration du côté d’un film grec des années soixante pour bâtir ce scénario qui reprend des thèmes et des péripéties abondamment exploités dans le cinéma égyptien ? Un exemple parmi d’autres : cette histoire comporte beaucoup de similitudes avec « Abou Rabi », un film réalisé en 1973 par Nader Galal. Dans celui-ci, on retrouve d’ailleurs Farid Shawki dans un rôle équivalent. « O mon Pays » a été tourné en 1986 mais il semble sans âge. Peut-être est-ce dû au fait qu’il évoque un monde rural qui quelles que soient les époques, quel que soit le pouvoir en place est confronté aux mêmes difficultés, aux mêmes injustices. Hussein Fahmy qui incarne le héros principal paraît absent, presque en retrait si bien qu’on retiendra surtout la prestation de ces deux monstres sacrés, vieillis mais alertes, que sont Taheya Carioca et Farid Shawki. L’un des moments forts du film est le réveillon du nouvel an que leurs deux personnages passent ensemble et pendant lequel, la boisson aidant, ils perdent toute retenue et toute convenance, rivalisant de fantaisie et d’extravagance.
 
 
Tout cet Amour  (Kol haza Al-Hobb, 1988)
avec Nour El Sherif (Kamal Al Badr), Layla Olwi (Wafaa), Yahia Shahin (Nasef), Mohamed El Dafrawi (Hussein Zahran), Ehsan El Qalawy (la mère de Wafaa), Salwa Othman (Soheir), Rashwan Saïd (Achraf), Youssef Eid (Hassan), Fayeq Azab (le gardien de prison), Ahmad Abu Abiya (l’assistant de Nasef), Abdel Salaam El Dahshan (Mohsen), Awatif Tikla (la directrice de l’orphelinat), Sanaa Suliman (la femme d’Hussein), Fawzi Al Sharqawi (l’avocat de Nasef), Sharif Eddris (l’enfant)
Scénario : Wahid Hamed
Musique : Ammaar El Sheray
Production : Safwat Ghattas et Screen 2000


Nasef et Hussein sont deux vieux amis qui travaillent à Alexandrie comme hommes à tout faire. Leurs journées sont épuisantes et ils se ruinent la santé pour un salaire de misère. Ils décident de réagir. Ils créent leur propre entreprise de transport sur le port et leur petite affaire se développe très vite. Ils ont pu tous les deux fonder une famille. Hussein a épousé Shams Al Nahar, l’affriolante vendeuse de thé qui lui a donné un fils, Kamal Al Badr. Les années passent et la vie des deux amis s’écoulent paisiblement jusqu’au drame. Hussein surprend sa femme dans les bras de son amant. Il l’étrangle et il est condamné à quinze ans de prison. Il confie son fils à son vieil ami qui va l’élever comme ses propres enfants. Hussein meurt en détention mais grâce à Nasef, Kamal fait des études brillantes et il devient l’assistant de son père adoptif dans l’entreprise qui est devenue une société très importante. Kamal et Wafaa, la fille de Nasef, sont tombés amoureux l’un de l’autre. Contre toute attente, le père de la jeune femme s’oppose catégoriquement à leur union. Ils se marient sans son consentement et ont un enfant…


La ruelle du Bergwan (Harat Borgwan, 1989)
avec Nabila Obeid (Zinat), Hanem Mohamed (la mère de Zinat), Ahmed Abdelaziz (Hassan), Youssef Shabaan (le contremaître), Hamdy Gheith (Saïd Al Prince, le propriétaire de la blanchisserie), Noha El Amrousy (Amal),Olfat Sukar (la mère d’Amal), Ali Omar (le père d’Amal), Adawy Gheith (Cheikh Ashour), Fouad Khalil (Ramadan), Aziza Rached (Fatima), Sana Soliman (Fawzia), Badria Abdel Gawad (Sadia), Salah Awad (le mari de la mère de Zinat), Laila Abdel Hakim (Lola), Abdel Salaam El Dahshan (Fathy), Omran Bahr (le portier)
Scénario et dialogues : Mostafa Moharam
D’après une histoire d’Ismail Waly Eddin
Musique : Ammar El Sherei
Production : Screen 2000


Drame. Zinat est une jeune femme qui vit dans un appartement délabré avec la famille de Ramadan, son mari. Elle ne supporte plus sa belle-sœur et sa belle-mère et elle souhaite déménager. Son mari lui dit qu’il a trouvé un petit appartement mais qu’il n’a pas l’argent nécessaire pour le louer. Zinat propose de vendre ses bijoux. Ramadan refuse mais la jeune femme veut absolument quitter l’appartement familial : elle se sépare de ses bijoux contre une belle somme d’argent qu’elle remet aussitôt à son mari. Mais ce dernier va dépenser le pactole pour s’installer avec la mère de son fils. Zinat surprend le couple alors qu’il est au lit et elle entre dans une fureur noire. La séparation est inévitable, ils divorcent. Elle se retrouve seule, sans travail, sans domicile. Sa mère qui vit misérablement ne peut l’aider. Elle finit par trouver un emploi dans une grande blanchisserie appartenant à Maître Saïd Al Prince. Son père y travaillait autrefois et le propriétaire ému par sa détresse, lui trouve même un logement L’atelier est dirigé par Medhat qui a pour habitude d’abuser de ses employées. Il est très vite attiré par sa nouvelle employée. Celle-ci, peu sensible au charme de son supérieur, repousse fermement ses avances incessantes…

Notre avis : Hussein Kamal met tout son talent au service de la star Nabila Obeid qui apparaît pratiquement dans toutes les scènes du film. En 1989, elle a quarante-quatre ans, près de trente ans de carrière et soixante-six films à son actif. A l'aube de la dernière décennie du siècle, elle tient à montrer à tous qu'il faut toujours compter sur elle et qu'elle peut encore endosser des rôles de femmes fortes et sexy dans de grosses productions. Elle y réussit parfaitement dans ce drame social qui par certains aspects peut sembler un peu convenu. Il n’empêche que cette « Ruelle du Bergwan » est bien supérieure à tout ce qui se produit à la même époque en Egypte et l’une de ses principales qualités réside dans ce portrait très attachant d’une femme qui résiste à toutes les humiliations et à toutes les agressions, sans jamais s’apitoyer sur elle-même.

samedi 13 avril 2019

Les réalisateurs : Nader Galal (1941-2014)

 نادر جلال

Pour la biographie de Nader Galal, voir articles précédents.

Onze films de Nader Galal ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Mon Fils (Waldy, 1972)
avec Farid Shawqy (Gaber), Essam Al Ashry (Adel, le fils de Gaber), Tawfiq El Deken (Tawfiq, un membre du gang), Kanaan Wasfy (Mourad, un membre du gang), Mohamed Sobeih (Hassanein, un membre du gang), Abu Al Futouh Omara (Abbas, un membre du gang), Samir Nawar (Mustafa, un membre du gang), Soheir Ramzy (Khandoura, la danseuse), Mahmoud El Meleigy (le docteur Gharib), Magdy Wahbah (l’officier de police), Ahmed Loxer (le chef de la police), Ahmed Zaki (Asfour), Abdel Ghani El Nagdi (Massoud)
Scénario : Samir Nawar
Musique : Fouad El Zahiry
Production : Nader Galal


Aber est un tueur professionnel et il élève seul son fils Adel. Celui-ci lui révèle qu’il a des problèmes à l’école : personne ne veut jouer avec lui car tout le monde sait que son père est un gangster. Les autres enfants ont peur. Adel demande à son père d’abandonner ses activités criminelles. Emu par le discours de son fils, Gaber lui promet de rompre avec son passé et désormais de se conduire en honnête homme. Pour montrer sa détermination, il jette son arme dans les eaux du Nil. Quand Gaber leur fait part de sa décision, les autres membres du gang ne l’entendent pas de cette oreille. Après une discussion houleuse, ses anciens associés décident d’éliminer celui qu’ils considèrent comme un traitre. C’est Tawfiq qui sera chargé de l’abattre. Malheureusement, celui-ci rate sa cible et tue le fils de Gaber. L’ancien tueur est dévasté. Dans son malheur, il peut compter sur le soutien de Khandoura, la danseuse et sur l’aide d’Asfour, un simple d’esprit qui a été témoin de la scène de meurtre. Gaber décide de se faire justice lui-même : il se lance à la recherche des assassins de son fils...


Abu Rabi' (1973)
avec Farid Shawki (Abou Rabi), Naglaa Fathy (Yasmine, la nièce de Ragheb Fakhr Eddin), Salah Mansour (Othman Bey), Youssef Fakhr El Din (Mourad, le fils d’Othman Bey), Abdel Rahim El Zarakany (Ragheb Fakhr Eddin, le frère d’Ismaël Fakhr Eddin), Tawfiq El Deqen (le directeur des archives), Laila Gamal (Salma), Mohamed Sobeih (Raad, le bras droit d’Othman Bey), Ali Ezz Eddin (l’avocat), Mukhtar Al Aswad (le garde d’Othman Bey), Fathia Aly (la nourrice Fatima), Abdel Ghani El Nagdi (Haj Mahmoud), Mukhtar Al Aswad (le garde d’Othman Bey)
Scénario : Kamal Ismaël et Farid Shawki
Musique : Fouad El Zahiry, Farouk Salama
Production : Farid Shawki


Ismaël et Ragheb Fakhr Eddin sont deux propriétaires terriens qui ont dû lutter contre l’avidité de leur voisin, le puissant Othman Bey qui veut s’emparer de leurs terres. Ismaël a fini par céder : il a vendu son domaine à Othman et il est parti vivre à l’étranger avec sa petite fille Yasmine. En revanche, Ragheb a toujours résisté. Pour cela, il peut compter sur l’aide de son régisseur, Abou Rabi, un homme droit et courageux, estimé de tous. Mais un jour, les sbires d’Othman mettent le feu à des bâtiments appartenant à Ragheb. Ce dernier meurt asphyxié en voulant éteindre l’incendie. Dans son testament, il a désigné sa nièce Yasmine comme seule héritière de son domaine mais il confie à Abou Rabi la charge d’exécuteur testamentaire : la jeune femme ne pourra vendre aucune des terres sans son autorisation. Yasmine arrive peu après. Le régisseur venu l’accueillir à l’aéroport est un peu embarrassé par la tenue très légère de sa nouvelle patronne. Il comprend très vite que la jeune femme n’est absolument pas intéressée par le domaine que son oncle lui a légué. Elle veut au plus vite vendre et retourner chez elle…

Notre avis : c’est d’abord un excellent western 100% égyptien qui raconte la lutte héroïque d’un homme seul contre l’avidité d’un grand propriétaire terrien sans foi ni loi. Mais c’est aussi une déclaration d’amour à la terre nourricière et à tous ceux qui y travaillent. On a donc à la fois des scènes d’action parfois spectaculaires et de très belles séquences évoquant le travail des champs sur un mode lyrique. L’interprétation n’est pas en reste : les quatre acteurs principaux, Farid Shawki, Naglaa Fathy, Salah Mansour et Youssef Fakhr El Din, par leur prestance et leur tempérament, n’ont rien à envier à leurs homologues américains qui édifièrent la légende du Far West.


Lorsque le Corps Glisse (Indama yasqout al gasad, 1977)
avec Mahmoud Yassin (Mahmoud), Saïd Abdel Rhani (le rédacteur en chef du journal), Azza Kamal (Fatima), Aziza Rashid (Nargis), Samir Ghanem (Talaat, le journaliste), Nahed Sherif (Lawahez, la danseuse), Mariam Fakhr Eddine (Angie), Noura (Madiha), Soheir Sabri (Chouchou), Enayat Saleh (Fifi), Mohamed Shawki (l’agent immobilier)
Une histoire d’Helmy Salem 
Scénario : Mohamed Mostafa Samy 
Musique : Fouaf Al Zahry et Khaled El Amir 
Production : Mary Queeny


Mahmoud, un jeune intellectuel, quitte son village pour s’installer au Caire. Il a écrit un recueil de poèmes et il souhaiterait s’occuper de sa publication. Il pense trouver un emploi d’enseignant dans l’un des lycées de la capitale. Dans un premier temps, il loge chez un ami qui le déconcerte par sa vie dissolue. Au matin, il fait la connaissance des « fiancées » de son hôte et cela le met très mal à l’aise. Mahmoud préfère chercher un autre logement. Il trouve une chambre dans un grand appartement occupé par une danseuse. Un soir, il accepte l’invitation de son ami à une petite fête qu’il organise dans son appartement. On danse et l’alcool coule à flot. Au milieu de la foule, son regard s’arrête sur une toute jeune fille très belle. Elle s’appelle Madiha. Elle lui sourit. Il est sous le charme. Durant la soirée, il danse à plusieurs reprises avec elle. Le lendemain, il se rend pour la première fois dans le lycée de jeunes filles où il a trouvé un emploi de professeur d’arabe. Il découvre que Madiha est l’une de ses élèves.


La Folie de l'Amour (Genon El Hob, 1977)
avec Nagla Fathy, Hussein Fahmy, Ahmad Mazhar, Fatheia Shahin, Layla Sadeq, Samia Rahim, Khaled Abou Al Naga
D'après un récit de Stephan Zweig
Scénario : Ahmed Abdel Wahab et Samir Abdel Azim
Musique : Fouad El Zahry


Mona est mariée à Mahmoud, un riche homme d’affaires qui est submergé par le travail. Elle se consacre entièrement à l’éducation de Khaled, leur fils d’une dizaine d’années mais les longues absences de son mari lui pèsent. La mère et l’enfant s’envolent pour la Tunisie où ils passeront les vacances. Mahmoud les rejoindra. Dans l’avion, Khaled, échappant à la surveillance de Mona, s’introduit dans le cockpit. Il est chaleureusement accueilli par Hussein, le pilote qui s’amuse de ce garçonnet bien curieux ! On atterrit à Tunis. Mona et Khaled s’installent dans un palace de la capitale. Hussein entre deux vols, reprend son existence de séducteur invétéré. Il aime faire de nouvelles conquêtes et passe ses nuits dans des clubs. Un jour, il tombe nez à nez avec Khaled. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de sa mère. Il est tout de suite séduit par la jeune femme.


Arzaq ya Duniya (Le Gagne-pain, 1982)
avec Nour Al Sherif, Yousra, Sais Saleh, Chweikar, Nadia Ezzat, Abdel Moneim Elmarsfy, Badria Abd El Gawad, Nawal Abou El Fotouh, Zizi Moustafa
Scénario : Wahid Ahmed
Musique : Fouad El Zahry, Fatma Aïd, Samir Al Tahir
Production : Mary Queeny


Jabar est un villageois miséreux de Basse-Egypte qui a été amputé d'une jambe. Il arrive au Caire pour placer une jeune fille de son village dans une famille bourgeoise. Une fois sa mission accomplie, il erre dans la capitale à la recherche d'un emploi. Il tombe sur Madame Zebeida, la propriétaire d'un café où il s'était arrêté. Elle l'adresse à Maître Chamroukh, un homme violent qui travaille pour madame Chouchou. Cette dernière dirige un réseau se livrant à des activités criminelles. Maître Chamroukh est chargé de recruter des hommes sans emploi pour les transformer en dealers...


Oeil pour oeil, dent pour dent (Waheda Bewaheda, 1984)
avec Adel Imam (Salah Fouad), Mervat Amin (Maysa), Ahmad Rateb (Ali Abdul Zahir), Layla Fahmy (Mona), Hafez Amin (le secrétaire), Mahmoud El Zohairy (docteur Ayoub), Zizi Moustafa (Zizi Roca), Ali Al Sharif (Morsi), Tawfiq Al Kurdi (Hassan), Raafat Raji (un publicitaire), Mohamed Khan (le réalisateur de spots publicitaires)
Scénario : Marvin H. Albert
Dialogues : Nader Galal
Musique : Hassan Abo Al Saoud


Comédie. Adaptation du film américain Un pyjama pour deux (Lover Come Back) de Delbert Mann, 1962.

Maysa et Salah Fouad sont deux publicitaires qui travaillent pour deux agences concurrentes. Si Salah est un homme à femmes qui se livre à tous les excès, Maysa est au contraire une professionnelle qui dirige ses équipes avec un dynamisme et une autorité sans faille. Pour gagner des marchés, Salah est prêt à tout. Il invite ses clients dans des cabarets et les met en relation avec des filles qu’il connaît. Maysa est écoeurée par les méthodes de son rival. Elle veut le neutraliser. A une danseuse qui lui a rendu bien des services, Salah a promis de la faire tourner dans des spots publicitaires. Il doit s’exécuter. Il invente une marque « Fankoush » et réalise plusieurs clips. Malheureusement, les spots sont diffusés à la télévision. Salah doit impérativement créer un produit qui corresponde à la marque fictive. Il s’adresse au Docteur Ayoub, un inventeur de génie. C’est chez ce dernier que Maysa et Salah vont se rencontrer pour la première fois.

Notre avis : le film se présente comme une réplique fidèle de l’original américain sorti vingt-deux ans plus tôt et porté par deux stars, Doris Day et Rock Hudson. On retrouve presque à l’identique toutes les péripéties d’ »Un Pyjama pour deux », jusqu’au détail de la barbe que le héros arbore pour dissimuler sa véritable identité —au passage, une barbe qui sied aussi peu à Rock Hudson qu’à Adel Imam.
La véritable différence entre les deux œuvres réside dans le ton adopté. La version américaine est nettement plus comique que sa copie égyptienne. Nader Galal a surtout mis l’accent sur la dimension sentimentale de l’intrigue en s’attachant à décrire la passion amoureuse qui naît entre les personnages incarnés par Adel Imam et Mervat Amine. On perd beaucoup en légèreté mais gagne-t-on en profondeur? Pas sûr.
Malgré cela, « Oeil pour œil, Dent pour dent » connut un succès considérable à sa sortie. Cet accueil tient sans doute à la prestation de ses deux vedettes qui livrent un jeu remarquable, notamment dans les nombreuses scènes en duo. Le réalisateur s’est gardé de tout sentimentalisme niais pour offrir à ses deux acteurs des rôles d’adultes vivant dans le monde réel et éprouvant tous les tourments d’un amour authentique.


Héros de Papier (Batal Men Warq, 1988)
avec Mamdouh Abdel Alim (Ramy Qashoo), Athar El Hakeim (Sawsan), Salah Kabil (l’inspecteur Adel), Ahmad Bedir (Samir), Amaal Ibrahim (Soheir Wagdi), Youssef Dawood (le directeur de la banque), Hamdy Youssef (vice-ministre de l’intérieur), Youssef El Assal (le réalisateur)
Scénario : Ibrahim Al Garwani
Musique : Hassan Abou El Sahoud
Production : Hussein Al Qala


Comédie policière. Ramy Qashoo est un jeune scénariste d’origine paysanne, un peu naïf. Il découvre que son dernier scénario a été volé. Le voleur est un déséquilibré qui a entrepris de commettre tous les crimes imaginés par Ramy. Ce dernier se rend à la police pour qu’elle se lance à la poursuite du fou dangereux et qu’elle l’arrête au plus vite mais l’inspecteur qui le reçoit n’accorde aucun crédit à son histoire. Avec l’aide de Sawsan, une jeune journaliste, Ramy décide de mener lui-même l’enquête...

Notre avis : une petite comédie avec des acteurs de second rang. A cette époque, Nader Galal nous a plutôt habitués aux productions prestigieuses avec les plus grandes stars comme Adel Imam, Yousra ou bien Nadia El Gendy. Cette fois-ci, il a confié les deux rôles principaux de son film à Mamdouh Abdel Alim et Athar El Akeim, deux jeunes acteurs sans véritable charisme et qui feront l’essentiel de leur carrière à la télévision. Nous reconnaissons sans difficulté que Mamdouh Abdel Alim a eu à cœur de bien faire et dans toutes les scènes, il se dépense sans compter : il crie, s’agite en tous sens et pour sur-signifier la détresse de son personnage, il arbore en permanence une cravate dénouée. Hélas, tous ses efforts sont vains : il n’est pas drôle (embêtant pour une comédie !) et surtout il n’est pas crédible (embêtant pour un thriller !). Ce film de Nader Galal est bien à l’image du cinéma commercial en cette fin des années quatre-vingt : quelconque.


L’Ile du Diable (Geziret El Sheitan, 1990)
avec Adel Imam (Capitaine Galal, le professeur de plongée), Yousra (Fatima l'institutrice), Ahmed Rateb (Bibars), Hatem Zulficar (Mahmoud, le collègue de Fatima), Noha El Amrousy (Hamido), Gamal Ismail (Hamed, le propriétaire du bateau des plongeurs), Nader Galal (le directeur du centre de plongée), Mustafa Metwali (le contrebandier propriétaire du navire coulé), Saïd Tarabik (le capitaine du navire des contrebandiers), Aiman Abdel Rahman (un officier de police), Adel Helal (un contrebandier)
Scénario : Khaled Al Banna
Musique : Moudi Al Imam
Production : Nader Galal et Saïd Shimi


Adaptation du film américain Les Grands Fonds (1977) de Peter Yates 
Une institutrice se retrouve en possession d’une carte qui indique l’emplacement d’une épave gisant au fond de la mer Rouge, près de l’île du Diable. Dans la carcasse du navire, des trafiquants ont dissimulé tout un trésor. Celui qui lui a remis ce précieux document, c'est le capitaine du bateau qui était son voisin et qui sera exécuté par ses anciens complices. Avec un petit groupe d’amis, l’institutrice décide de récupérer le butin. Ils s’installent à Hurghada et s’initient à la plongée sous-marine sous la direction d’un plongeur professionnel très expérimenté malgré son alcoolisme. Les gangsters, propriétaires légitimes du magot sont eux aussi à sa recherche et leur route ne tardera pas à croiser celle de nos chasseurs de trésor amateurs…
 
Notre avis : ce remake a tous les défauts de l’original américain : un rythme très lent, une intrigue convenue et des séquences sous-marines qui se distinguent par leur absolue platitude. Dans la version de Nader Galal, l’esthétique de ces séquences est très proche de celle des petits films tournés autrefois en super 8 par des touristes passionnés par les poissons et les algues. Voir Adel Imam en plongeur professionnel avec bandana autour du crâne peut surprendre mais il faut reconnaître qu’il parvient à incarner son personnage avec une certaine conviction. Cela ne suffira pas à justifier ce remake poussif d’un film insignifiant.


Le Réseau de la Mort (Shabaket Al-Mawt, 1990)
avec Nadia Al Gendy (Nour Abdel Rahman), Farouq Al Fishawy (Basiouni, le trafiquant de drogue), Nabil Al Helfawi (Rabi, l’officier de police), Salwa Badr (Hala, la fille de Nour), Youssef Fawzy (David), Ashraf Al Selhadar (chef de gang), Othman Mohamed Ali (chef du service anti stups), Ahmed Abdel Hady (Shafiq, l’assistant de Rabi), Mustafa Al Khudari (directeur des douanes de l’aéroport), Kamal Elzeiny (ministre de l’intérieur), Magdi Sayed (chef du renseignement)
Scénario : Bashir El Dik
Musique : Gamal Salamah
Production : les films Mohamed Moktar


Thriller. Bassiouni, l’un des plus puissants trafiquants de drogue d’Égypte, s’est réfugié en Grèce afin d’échapper aux autorités de son pays. Pour démanteler son réseau, le ministère de l’Intérieur envoie trois agents sur place. Mais Bassiouni les démasque rapidement et les fait assassiner. L’affaire est alors confiée à l’officier de police Rabi.
Au cours de son enquête, Rabi découvre que le trafiquant a jadis entretenu une relation amoureuse avec Nour, une femme qui a ensuite épousé le directeur d’une agence touristique. À la mort de son mari, Nour reprend la direction de l’entreprise et vit désormais seule avec sa fille de quatorze ans. Sur le plan professionnel, elle est respectée et admirée, mais dans sa vie privée, elle réalise qu’elle a négligé sa fille, laquelle s’est tournée vers la drogue.
Un médecin lui conseille de placer l’adolescente dans un établissement spécialisé, mais Nour refuse de s’en séparer. Le praticien lui recommande alors de continuer à fournir la drogue à sa fille, en diminuant progressivement les doses. En tentant de s’approvisionner auprès de dealers, Nour échappe de justesse à une descente de police. L’officier Rabi intervient et la raccompagne chez elle. Peu après, il lui révèle qu’il a besoin de son aide pour capturer Bassiouni. Nour refuse de collaborer, mais Rabi est prêt à employer les méthodes les plus contestables pour obtenir son soutien…

Notre avis : l’actrice Nadia El Gendy s’impose comme une véritable star au début des années 1980 grâce à plusieurs films réalisés par Houssam Al Dine Mustafa. Elle y incarne des femmes fortes, capables de s’affirmer dans des univers exclusivement masculins. À partir du milieu des années 1980 et jusqu’au début des années 1990, son réalisateur de prédilection devient Nader Galal, avec qui elle tourne neuf films. Ses personnages évoluent également : sous la direction de Galal, elle incarne le plus souvent des femmes mêlées, parfois malgré elles, à des affaires d’espionnage ou à des opérations d’infiltration.
« Le Réseau de la Mort » se présente comme un thriller assez conventionnel, fortement inspiré des productions américaines de série B de la même époque. Il n’est toutefois pas dénué d’intérêt, notamment grâce à l’accent mis sur l’évolution de la relation entre Nour et son ancien amant, un trafiquant de drogue. Le film permet aussi à Nadia El Gendy d’interprèter un personnage bien plus complexe que ceux auxquels elle était cantonnée au début des années 1980. Autre originalité : le trafiquant de drogue apparaît beaucoup plus humain que l’inspecteur qui le poursuit, un policier froid et calculateur, prêt à instrumentaliser Nour et sa fille sans le moindre état d’âme.
 

Mission à Tel-Aviv (Muhimat fi tal 'abib, 1992)
avec Nadia El Gendy (Amal Al Kayal), Sayed Abdel Ghani (Bouta, l’officier du Mossad),Kanan Wasafi (un officier du Mossad), Kamal Al Zeiny (l’ambassadeur d’Egypte en France), Mohamed Mokhtar (l’officier égyptien), Kamal El Shennawy (Bakar, directeur du service de renseignements égyptien), Youssef Fawzi (Hazem, officier égyptien), Hassan Hussein (Gabi, agent du Mossad), Adel Ammar (combattant palestinien) Othman Mohamed Ali (chef du renseignement égyptien)
Scénario : Bashir El Dik


L’histoire commence à l'hiver 1973. Amal Al Kayal qui a quitté l’Egypte après la défaite de 1967 et la mort de son mari vit à Paris et travaille pour le Mossad. Elle décide de se repentir et offre ses services à l’Egypte. Sa position d’agent double lui permet de se rendre à Tel-Aviv. Sa mission : récupérer toutes les informations concernant les préparatifs commandités par les autorités israéliennes dans la perspective d’une nouvelle guerre contre l’Egypte.


Bakhit et Adila (Bakhit wa Adila, 1995)
avec Adel Imam (Bakhit), Sherine (Adila), Mustafa Metwalli (le gangster), Hanem Mohamed (la mère de Bakhit), Othman Abdel Moneim (Sandouq, le père d’Adila), Kawthar Ramzi (Sakina, la belle-mère d’Adila), Mohamed Henedy (le chauffeur de taxi), Ezzat Abou Ouf (l’homme d’affaires), Ahmed Rateb (le cousin d’Adila), Hassan Hosny (le directeur de la banque), Youssef Dawood (le directeur de l’hôtel)
Scénario : Lenin El Ramli
Musique : Modi El Emam


Bakhit et Adila se retrouvent dans le même train, assis côte à côte. Le sans gêne du premier exaspère la seconde et entre eux, le ton monte très rapidement. Dans le même compartiment, a pris place un trafiquant de drogue qui transporte dans une grande valise de l’héroïne et une grosse somme d’argent. Se sachant poursuivi par la police, il pose sa valise parmi les bagages de Bakhit et Adila pensant la récupérer à l’arrivée. Manque de chance, il est arrêté sur le quai de la gare et conduit au commissariat. Pendant ce temps-là, Bakhit et Adila ont confié leurs bagages au même porteur et ils se retrouvent dans le même taxi qui les conduit à leurs destinations respectives situées dans le même quartier. Bakhit retrouve son appartement qu’il occupe avec sa mère et Adila celui de son père et de sa belle-mère. Très vite, ils s’aperçoivent qu’il y a une valise qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre. Ils décident de l’ouvrir et découvrent avec stupéfaction son contenu. Après avoir hésité longuement, ils décident de la remettre à la police puis se ravisent : ils vont la garder. Ils quittent Alexandrie et s’installent dans un hôtel de luxe au Caire pour enfin mener la belle vie. Mais loin de les réunir, leur bonne fortune commune accroît l’animosité et la méfiance entre Bakhit et Adila…

Notre avis : ce film aura un tel succès que le réalisateur lui donnera deux suites. Des trois, ce premier opus est le plus réussi. On suit avec plaisir les tribulations d’un couple dont l’union ne repose que sur l’argent et qui ne cesse de se déchirer pour mieux s’aimer. Une comédie loufoque où tout semble possible, les auteurs ne se sont rien interdits et les deux acteurs principaux peuvent donner libre cours à leur fantaisie. Avec la délicieuse Sherine qui rend coup pour coup (au propre comme au figuré ) à Adel Imam d’un cynisme jubilatoire.

samedi 16 mars 2019

Les réalisateurs : Hussein Fawzi (1904 - 1962)

حسين فوزي

L’histoire de la famille d'Hussein Fawzi est indissociable de celle du cinéma égyptien. En son sein, on retrouve des personnalités éminentes ayant travaillé à la naissance et au développement du 7ème art au pays des Pharaons. Citons par exemple Abbas Kamal et Ahmed Galal, ses deux frères, qui seront eux aussi des réalisateurs reconnus. 

Hussein Fawzi est né en 1904. Il est diplômé de l’école des Beaux-Arts de Rome. A son retour en Egypte, il se lance dans le cinéma sans abandonner la peinture. Sa carrière débute sous l’égide de la grande artiste Aziza Amir. Elle lui confie un rôle dans son premier long métrage, Layla, en 1927. Ensuite, il lui écrit le scénario de La Fille du Nil qu’elle tourne en 1929. 

Il réalise son premier film en 1939. C’est Voleur de Pommes, écrit, joué, produit par Aziza Amir (d’après une pièce de George Bernard Shaw). Cette comédie sentimentale aura un succès considérable à sa sortie mais pour Hussein Fawzi, la consécration viendra des années plus tard grâce à une rencontre « miraculeuse ». 

Alors, qu’ils se trouvent au Kit Kat club son frère, Abbas Kamal, lui présente une jeune danseuse, Naïma Akef. Il est immédiatement séduit par sa personnalité et l’engage aussitôt pour un premier film, Pain et Sel (1949). C’est un triomphe. Ensemble ils tournent une quinzaine de films, la plupart considérés aujourd’hui comme des classiques de la comédie musicale. Ils se marient en 1953. Leur collaboration artistique prend fin avec leur divorce en 1958. 

Hussein Fawzi meurt en 1962 à l’âge de 58 ans.


Onze films d'Hussein Fawzi ont été mentionnés dans ce blog :


La Vendeuse de Pommes (Bayaaet Eltofah, 1939)
avec Aziza Amir (Farahna/Fifi), Mahmoud Zoulficar (Murad), Hassan Mokhtar Saqr (Omar), Anwar Wagdi (Kamal), Ferdoos Mohamed (Nahna), Hassan Fayek (Mohsen), Amal Zayed (Mimi), Mohamed Kamel, Ahmed El Haddad (un voisin de Farahna), Abdel Salam El Nabolsi (Hamdy)
Scénario : Hussein Fawzy et Aziza Amir
D’après la pièce de théâtre de George Bernard Shaw, Pygmalion (1912)
Musique : Hassan Mokhtar Saqr
Production : Aziza Amir Films

Avant cette version d’Hussein Fawzi, il y eut trois adaptations de la pièce du dramaturge irlandais. La première est celle d’Erich Engel tournée en 1935, en Allemagne. La deuxième est réalisée aux Pays-Bas en 1937 par Ludwig Berger. Enfin la troisième sort en 1938, c’est un film britannique d’Anthony Asquith.
Rappelons que cette pièce inspira aussi les auteurs de la célèbre comédie musicale My Fair Lady.


Mourad et Kamal sont deux amis appartenant à la meilleur société. Ils consacrent leur vie aux plaisirs et aux divertissements. Ils aiment se faire des farces et se lancer des défis. Pour lui prouver que les apparences sont parfois trompeuses, Mourad va tendre un piège Kamal. Il va transformer une fille du peuple en une demoiselle de l’aristocratie et ensuite il la présentera à son ami, qui fidèle à sa réputation de Dom Juan, voudra la conquérir . Le choix de Mourad s’est porté sur une vendeuse de pommes qu’il a entendu chanter dans la rue. Elle s’appelle Farahna. Pour obtenir sa collaboration, Mourad lui promet de lui acheter un petit commerce de fruits et légumes. Il la soumet à une formation accélérée sur les codes et les règles qui régissent la société mondaine. La première sortie de Farahna dans le monde aura lieu lors d’une fête donnée au casino d’Alexandrie. Tous les amis de Mourad sont séduits par cette jeune inconnue si élégante et parmi ceux-ci, Kamal n’est pas le moins impressionné…


J’aime les erreurs (Uhibu alghalt, 1942)
avec Taheya Carioca (Badawya), Hussein Sidqi (docteur Alawi), Fouad Shafik (le cinéaste Rifqi), Ferdoos Mohamed (la mère de Badawya), Anwar Wagdi (Mamdouh, le frère de lait de Badawya), Amina Sherif (Nahed, la fiancée de Mamdouh), Ismail Yassin (Hassouneh, l’assistant de Rifqi), Menassa Fahmy (Shawkat Pacha), Gina (danseuse), Amal Hussein (chanteuse)
Scénario : Hussein Fawzy
Dialogues : Badie Khairy
Paroles des chansons : Abdel Halim Noweira, Abdel Aziz Salam, Bayram Al Tunisi
Musique : Farid Ghosn, Abdel Halim Noweira
Production : Emile Yazbek
appréciation : 3/5


Badawya est une jeune danseuse et chanteuse qui rêve de gloire. Quand elle apprend que le cinéaste Rifqi cherche une nouvelle artiste pour incarner Cléopâtre dans son prochain film, elle décide de se rendre chez lui. Au bas de l’immeuble, elle croise un homme avec qui elle a une violente altercation. Elle finit même par jeter des pierres sur la voiture de l’individu et le pare-brise éclate en mille morceaux. Elle ne sait pas que cet homme, c’est justement Rifqi. Après cet incident, elle entre dans l’immeuble et s’introduit dans l’appartement du jeune docteur Alawi. Croyant être en présence du cinéaste, elle chante et danse devant lui. Son spectateur manifeste bruyamment son admiration mais l’informe de son erreur. Il accepte néanmoins de la conduire au studio où travaille Rifqi. Quand ce dernier voit son agresseuse, il la chasse aussitôt. Qu’à cela ne tienne : sur les conseils d’Alawi, Badawya improvise un spectacle dans la rue. Sa voix et sa danse captivent les passants — et finissent par convaincre Rifqi. Elle sera sa Cléopâtre. Badawya se rend aussitôt chez elle pour annoncer à sa famille la bonne nouvelle : sa mère ainsi que Mamdouh, son frère de lait et Nahed, sa fiancée, sont ravis pour elle...



Monsieur Boulboul (Bulbul Effendi, 1948)
avec Farid El Atrache (Monsieur Boulboul, le fiancé de Batah), Sabah (Kawakeb/Batah), Hassan Fayek (Muhibou Bey, le mari de Kawakeb), Mokhtar Othman (Mahrous, le réalisateur), Ismail Yassin (Bunduq), Stephan Rosti (Aziz, l’amant de Kawakeb), Samiha Tawfiq (Wafaa, la fille de Muhibou Bey), Kamal Hussein (Mounir, le fiancé de Wafaa), Fathya Mahmoud (la mère de Batah), Ali Abd El Al (un assistant du réalisateur), Ahmed El Haddad (un assistant du réalisateur), Edmond Tuema (réceptionniste de l’hôtel), Liz and Lynn (danseuses)
Scénario : Hassan Tawfiq et Hussein Fawzi
Musique : Farid Al Atrache
Production : Ramsès Naguib


Comédie musicale. Kawakeb est une jeune actrice égocentrique et méprisante. Elle a épousé un homme riche, beaucoup plus âgé qu’elle, qui supporte sans broncher tous ses caprices. Elle tourne un nouveau film mais elle se fâche avec le réalisateur et abandonne subitement toute l’équipe. Le metteur en scène est désespéré : il va devoir renoncer à terminer son film. Heureusement, l’un de ses assistants va trouver une solution. Il lui présente une jeune fille, Batah, qui est le sosie de Kawakeb. Batah est une jeune ouvrière qui vit avec sa mère et qui est fiancée à Monsieur Bulbul, un marchand ambulant. Le réalisateur et ses assistants découvrent qu’elle sait aussi jouer la comédie et chanter. On la coiffe, on la maquille et on l’habille. Le résultat laisse sans voix toute l’équipe : Batah est la doublure parfaite de leur ancienne vedette. Pendant ce temps-là, Kawakeb a décidé de quitter son mari pour s’enfuir à Louxor avec un amant…

Notre avis : à la fin des années quarante, Hussein Fawzi va réaliser un certain nombre de comédies musicales avec en vedette la chanteuse Sabah. La rencontre du cinéaste avec Naïma Akef mettra brutalement un terme à cette collaboration mais ceci est une autre histoire. Monsieur Boulboul est un excellent divertissement à la fois comédie musicale et film d’action. Les péripéties s’enchaînent tambour battant. Le duo comique que forment Farid Al Atrache et Ismaïl Yassin semble monter sur ressort et ne laisse aucun répit aux spectateurs. Sabah qui incarne deux personnages ne manifeste pas moins de fougue et de fantaisie que ses deux partenaires masculins. Pour ce film, Farid Al Atrache a composé l’une de ses plus belles partitions. La chanson « Ya Nagham » interprétée par Sabah et qui débute par un solo de clarinette est un petit chef d’œuvre.


Le Tigre (Al Nimr, 1952)
avec Naima Akef (la fille de Darwich), Anwar Wagdi (Salah), Zaki Rostom (Darwich), Lola Sedky (Houda), Farid Shawki (Afifi, un complice de Darwich), Elias Moadab (Naseh, un employé du casino), Said El Maghrabi (Faleh, un employé du casino), Kamal Hussein (Yahia, un homme ruiné que Darwich oblige à travailler pour lui), Aziza Helmy (la femme de Darwich), Reyad El Kasabgy (un gangster), Abdel Moneim Basiony (un inspecteur), Rashad Hamed (un inspecteur), Mary Bay Bay (un membre du gang), Lotfi El Hakim (le pharmacien)
Scénario : Ahmed Farouk, Hussein Fawzi, William Basile
Musique : Mohamed Abdel Wahab 
Production : les films Hussein Fawzi

C’est le neuvième film qu’Hussein Fawzi tourne avec l'actrice et danseuse Naima Akef. Cette même année, ils se marient malgré leur grande différence d'âge : elle a 23 ans, il en a 48.


Comédie musicale. Darwich travaille dans un casino. En apparence, c’est un homme d’une grande gentillesse, toujours serviable. En fait, derrière cette apparence honorable, il est le chef d’un gang se livrant au trafic de drogue. Dans le monde du crime, il est devenu célèbre sous le nom du « Tigre » car il est d’une extrême férocité aussi bien à l’égard de ses hommes qu’à l’égard de ses adversaires. Salah est un policier qui est chargé d’enquêter sur le « Tigre ». Pour mener à bien sa mission, il se fait passer pour un journaliste. C’est ainsi qu’il se présente dans le casino où travaille Darwich. Il fait la connaissance de Faten, la fille de ce dernier. Elle est danseuse et se produit dans l’établissement. Il fait aussi la connaissance de Houda qui est l’une des serveuses. Celle-ci a un frère qui connaît la vraie identité de Darwich. Il s’apprête à tout révéler à la police mais malheureusement, il est tué avant d’avoir pu le faire. ..

Notre avis : Une grande comédie musicale entièrement tournée en studio comme certains de ses modèles hollywoodiens. Des séquences chantées et dansées parmi les plus mémorables de la carrière de la pétulante et infatigable Naïma Akef avec des hommages répétés au Paris montmartrois. Un Anwar Wagdi irrésistible en inspecteur virevoltant et une Lola Sedky parfaite en héroïne de film noir.


Un Million de Livres (Million guinih, 1953)
avec Naima Akef (Falafel, mendiante, l’une des héritières), Mahmoud Shoukoko (le Prince, le compagnon de Falafel), Chukry Sarhan (Hosny, jeune ingénieur, fiancé à Wafaa), Abd El Fatah El Kosary (Marzouk, commerçant, l’un des héritiers), Zinat Sedki (Aïcha, l’une des héritières), Mahmoud El Meleigy (Mokhtar, homme d’affaires corrompu, l’un des héritiers), Samira Ahmed (Wafaa, hôtesse de l’air, l’une des héritières), Zouzou Chakib (ancienne danseuse, la femme de Mokhtar), Wedad Hamdy (la femme de Marzouk), Hassan El Baroudy (l’avocat), George Yordanis (l’épicier), Wahba Hasab Allah (l’officier de police), Safa El Gamil (un employé d’Aïcha)
Inspiré d’un épisode des Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain
Dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Scénario : Hussein Fawzi
Musique : Philemon Wehbe, Ahmed Sabra, Abdel Fattah Mostafa, Mohamed Kandil, Saleh Gawdat, Izzat El Gahely, Ahmed Sedky
Production : les films Hussein Fawzi
 

Des ouvriers découvrent dans une vieille maison qu’ils devaient abattre un coffre contenant un trésor d’une valeur d’un million de livres. Un avocat est chargé de retrouver les cinq héritiers de l’ancien propriétaire. Parmi eux, il y a Falafel Abou Fadl, une jeune femme qui mène une vie misérable. Elle passe ses journées à errer dans les rues de la ville à la recherche d’un travail. Un restaurateur compatissant accepte de la prendre à l’essai mais ses multiples gaffes ont très vite raison de la patience de l’homme et elle se retrouve sans emploi. La situation est dramatique : il lui faut au plus vite trouver de l’argent pour régler son loyer qu’elle n’a pas payé depuis trois mois. Dans la rue, elle fait la rencontre d’un compagnon aussi pauvre qu’elle. Il s’appelle Le Prince et il a inventé un stratagème pour récupérer quelques sous…

Notre avis : c’est la cinquième comédie musicale que tournent ensemble Hussein Fawzi et celle qui est à la fois sa vedette et son épouse, Naïma Akef. Dans Un Million de Livres, celle-ci forme un duo burlesque avec le fantaisiste Mahmoud Shoukoko. On est très proche de l’univers du cirque avec des numéros de clowns plus ou moins réussis. Naïma Akef ne dansera qu’une seule fois et dans la toute dernière partie du film, quand elle abandonnera momentanément son affreux costume de mendiante « pittoresque ». Un peu décevant…


Aziza (1954)
avec Zinat Sedki (la propriétaire du bar), Zeinab Sedky (la directrice de l’école), Naïma Akef (Aziza/Zeinab), Saïd Abu Bakr (le serveur), Thuraya Fakhry (la mère d’Hassan), Farid Shawki (Khalil Al Bono), Mohamed Sobeih (un ami de Khalil), Chukry Sarhan (le fils de la directrice de l’école), Imad Hamdi (Hassan Al Masry)
Scénario : Hussein Fawzi
Dialogues : Abou Al Seoud Al Ibiary
Musique : Ahmed Sedky, Ali Farag, Mohamed Abdel Wahab, Mahmoud El Sherif, Ahmed Sabra
Production : les films Hussein Fawzi
appréciation : 4/5


Aziza est une danseuse qui se produit dans un bar. Son activité lui permet de financer les études de sa petite sœur Zeinab dans un pensionnat pour jeune filles. Elles sont orphelines et Aziza doit assumer seule toutes les charges de l’existence de l’une et de l’autre. Elle le pourrait sans grande difficulté si elle n’était pas sans cesse harcelée par un gangster qui lui vole régulièrement son argent. Heureusement, elle peut compter sur la protection d’Hassan Al Masry, un officier de police qui est amoureux d’elle. Aziza rend fréquemment visite à sa sœur dans son école. Elle est toujours reçue par la directrice qui ne cache pas son affection pour Zeinab. Aziza n’a jamais révélé qu’elle était danseuse dans un cabaret mais se fait passer pour une infirmière.



Fleur de Henné (Tamr Henna, 1957)
avec Ahmed Ramzy (Ahmed), Rushdy Abaza (Hassan), Naima Akef (Tamr Henna), Fayza Ahmed (Maysa), Zeinat Sedki (amie de Tamr Henna), Serag Mounir (père d’Ahmed), Hafez Amin (Glambo Al Haram), Kamal Anwar (Aweys), Stephan Rosti (Rostom), Cariman (Kawther)
Scénario : Hussein Fawzi
Dialogues : Galil El Bendary
Musique : Mohamed Al Mungi, Hussein Ahmed Ali, Mohamed Fawzi, Ibrahim Haggag, Sayed Khalifa
Production : Hussein Fawzi


Comédie musicale. Tamr Henna est une bohémienne. Elle gagne sa vie comme danseuse du ventre. Elle travaille avec Hassan qui se produit en Hercule dans les foires. C’est un peu son fiancé et il est d’une jalousie féroce à l’encontre des spectateurs mâles qui manifestent leur intérêt pour sa belle de manière trop appuyée. Un jour, Ahmed, un jeune homme riche, assiste à leur numéro. Il tombe aussitôt amoureux de Tamr Henna. Ils se reverront et la jeune femme finira elle aussi par succomber au charme de son nouveau soupirant, au grand dam d’Hassan.


Je t’aime, Hassan (Ahbak ya hasan, 1958)

avec Chukry Sarhan (Hassan), Naima Akef (Sokara), Horeya Hassan (une chanteuse voisine d’Hassan), Nadia Nour (la cousine d’Hassan), Stephan Rosty (le père d’Hassan), Abdel Moneim Ibrahim (Hanafi, l’oncle de Sokara), Tawfik El Deken (Abdo), Kamal Anwar (l’envoyé du père d’Hassan), Abdel Hamid Badawy (le policier), Abdel Ghani El Nagdi (un marchand), Soad Ahmed (la mère de la chanteuse), Hafez Amin (serveur du restaurant), Abdel Moneim Ismail (le contrôleur dans le train), Hussein Ismael (un marchand), Abdel Halim El Qala'awy (le directeur de théâtre), Abdel Azim Kamel (l’avocat), Saïd Ismaïl (le chanteur)
Scénario : Hussein Fawzi et Zakaria Al-Hijawi
Musique : Ahmed Fouad Hassan, Mohammed Al Mogi. Aly Ismail, Ahmed Alawa, Attia Sharara, Morsi Gameel Aziz, Sayed Khalifa, Mahmoud El SherifProduction : Hussein Fawzi


Hassan est le fils d’un homme très riche. Son père l’a envoyé au Caire pour qu’il puisse faire des études à l’université et devenir ingénieur. Mais Hassan préfère la musique. Il joue avec d’autres musiciens dans les rues de la capitale. C’est ainsi qu’il rencontre Sokara, une jeune danseuse . Elle a fui de chez elle pour échapper à l’emprise de son beau-père. Elle s’est réfugiée chez son oncle qui est aussi un artiste. Hassan et Sokara tombent amoureux l’un de l’autre. Malheureusement, le père d’Hassan est très en colère d’apprendre que son fils mène une vie de bohème au lieu de se consacrer à ses études : il le somme d’abandonner la musique et ses amis pour prendre sa place dans l’usine paternelle et surtout pour épouser une cousine qu’il n’aime pas mais qui est de son milieu…


L'Inspecteur de Police (moufatish al-mabahith, 1959)
avec Rushdy Abaza, Sharifa Fadel, Nagwa Fouad, Zeinab Sedky, Youssef Wahby, Abdel Haffez Al Tatawy, Anwar Mohamed, Ahmed Saïd, Thuraya Fakhry, Roshdy Al Madhy, Zakaria Suleiman
Scénario : Hussein Fawzy, Kamal Mokhtar, Al Sayed Ziada
Musique : Sayed Mekawi, Al Sayed Ziada, Baligh Hamdy, Ahmed Fouad Hassan
Production : les films Hussein Fawzi
appréciation : 2/5


Le mari d’une danseuse surprend celle-ci avec Hossam, son amant. Il sort un revolver de sa poche et s’apprête à tirer sur l’infidèle. Mais l’amant se jette sur le jaloux. Une détonation retentit. Le mari s’effondre. Hossam s’enfuit, persuadé d’avoir tué son rival. Il veut retourner dans son village natal. A la gare, il retrouve un inspecteur de police qui prend le même train que lui et s’installe dans le même compartiment. Hossam change de compartiment. Las ! L’inspecteur l’a suivi. Quand le meurtrier quitte le train pour prendre un car, le policier fait de même Il va jusqu’à s’asseoir en face de lui. Hossam en est convaincu : l’inspecteur le poursuit et va l’arrêter. Alors il avoue tout et tente d’expliquer qu’il n’a pas voulu tuer l’homme mais que c’est un malheureux accident. Hossam comprend très vite que le policier ne savait rien de son crime. Il avait pris un congé pour assister au mariage de sa soeur. Après de tels aveux, l’inspecteur est bien obligé de l’arrêter pour le conduire au commissariat le plus proche. Hossam parvient à s’enfuir et trouve refuge dans une maison du village. Cette maison ne lui est pas inconnue : c’est celle de la famille de la jeune fille qu’il a autrefois séduite et qu’il a abandonnée alors qu’elle était enceinte. Mais l’inspecteur a retrouvé sa trace et s’est introduit dans la maison. Il devient le spectateur privilégié des retrouvailles d’Hossam et de Hoda, la jeune femme délaissée.



Leila, Fille de la Plage (Laila bent el shateaa, 1959)
avec Leila Fawzi, Abbas Fares, Mohamed Fawzi, Fayza Ahmed, Anwar Mohamed, Wedad Hamdy, Kamal Hussein, Thuraya Fakhry, Abdel Moneim Ismaïl, Anwar Mohamed, Ahmed Bali, Hafez Amin, Helen
Scénario : Hussein Fawzi
Dialogues : Al Sayed Ziada
Musique : Mohamed Al Mogi et Mohamed Fawzi
Production : les films Hussein Fawzi
appréciation : 2/5


Mohsin Ahmed travaille comme pêcheur sur un bateau appartenant au vieux Aweys. Il est amoureux de la fille de son patron tandis que son meilleur ami Karmouti fréquente Narguis, la femme de chambre de celle-ci. Le soir, Mohsin chante dans un café du village. Son talent a fait de lui une personnalité très populaire.
Un jour apparaît dans cette petite communauté de pêcheurs, le jeune Attia, fils de Maître Abu Saïd, un ancien collègue du vieux Aweys. Ce dernier l’accueille chaleureusement. Attia est arrivé avec des projets bien précis : prendre la direction des affaires d’Aweys et épouser Leila. Ce qu’il n’a pas dit à l’ami de son père, c’est qu’il travaille pour un gang dirigé par Maître Hassouna. Son intention est d’utiliser le bateau pour convoyer de la drogue...



Ashour, Coeur de Lion (Ashour Qalb Al Assad, 1961)
avec Abdel Salam Al Nabulsi (Ashour), Zahrat Al Oula (Nadia), Abdel Moneim Ibrahim (Abdo, l’ami d’Ashour), Taheya Carioca (la propriétaire du café), Nagwa Fouad (Amal), Samir Shedid (Fathi), Nahed Samir (la mère de Nadia), Rushdy Abaza (lui-même), Thuraya Fakhry (la mère d’Amal), Abdel Ghani El Nagdi, Kanaan Wasfy, Ibrahim Kadri, Samiha Mohamed
sur une idée de Rushdy Abaza
Scénario : Ahmed Kamel Hefnawi
Musique : Ali Ismaïl
Production : les films Rushdy Abaza


Ashour est étudiant à l’institut du sport. C’est un garçon fluet qui ne peut rivaliser avec les athlètes qu’il côtoie chaque jour. Pourtant il rêve de remporter les tournois dans lesquels s’affrontent les étudiants de l’école. Ainsi il pourrait séduire la jolie fille dont il est tombé amoureux. Un jour, il fait la connaissance d’un savant qui lui dit avoir inventé un sérum qui décuple les forces. Ashour accepte de le tester. Et ça marche ! Il va devenir un champion !

Notre avis : un film curieux ! Le réalisateur Hussein Fawzi et l'acteur Abdel Salam Al Nabulsi sont deux artistes au crépuscule l'un et l'autre d'une très belle carrière, et ils se retrouvent pour tourner un gentil nanar qui se passe dans le monde des universités. Plus étonnant encore, Abdel Salam Al Nabulsi a décidé à plus de 62 ans d'incarner un jeune étudiant qui rêve exploits sportifs et records pour séduire la jeune femme incarnée par Nagwa Fouad qui dans la vraie vie a 40 ans de moins que lui ! Autre bizarrerie, le film est produit par l'acteur Rushdy Abaza et c'est aussi lui qui aurait eu l'idée de son intrigue assez simplette. Il apparaît même dans une scène de combat, plutôt ratée d'ailleurs. Bref, que de talents réunis pour ce joli fiasco ! Dans « Ashour, Cœur de Lion », Abdel Salam Al Nabulsi confirme ce que nous savions depuis « Coiffeur pour Dames » de Fateen Abdel Wahab : il est l'un des meilleurs seconds rôles comiques de toute l'histoire du cinéma égyptien mais lui confier le premier rôle dans un film est une regrettable erreur.