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dimanche 23 décembre 2018

Les réalisateurs : Atef El Tayyeb (1947-1995)

عاطف الطيب

Atef El-Tayyeb est né en 1947 au Caire. Il étudie la mise en scène à l’Institut Supérieur du Cinéma et il en sort diplômé en 1970. Après avoir été l'assistant de grands metteurs en scène tels que Youssef Chahine et Shadi Abdel Salam, il réalise son premier long métrage en 1982. C’est son deuxième film, Le Chauffeur d’Autobus, qui lui apporte la reconnaissance des critiques et du public. Ses deux acteurs fétiches sont Ahmed Zaki et Nour Al Chérif qui, grâce à lui, obtiendront des prix d’interprétation dans des festivals prestigieux. Atef El Tayyeb signe une vingtaine de films avant de mourir prématurément le 23 juin 1995 à la suite d'une opération à cœur ouvert. On le considère comme le représentant le plus important de l'école réaliste des années quatre-vingt.


Six films d'Atef El Tayyeb ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Le Chauffeur de Bus (Sawwaq Al-Utoubis, 1983)
avec Nour El Sherif, Imad Hamdy, Mervat Amin, Hassan Hosny, Waheid Seif, Nabila El Sayed, Zahrat Al Oula, Abdo El Wazir, Shaaban Hussein, Abdullah Mahmoud, Safaa Al-Sabaa, Aziza Helmy
Scénario : Mohamed Khan et Bashir El Dik
Musique : Kamal Bakir
Figure en cinquième position dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps.


Hassan, un ancien soldat (Il a fait la guerre d'octobre et celle du Yemen.) qui le jour travaille comme chauffeur de bus et la nuit, comme taxi. Il est le seul garçon d’une famille qui compte cinq filles. Son père possède un atelier de menuiserie dont la direction avait été confiée au mari de l’une de ses sœurs. A cause de la négligence de celui-ci, l’atelier doit être prochainement vendu aux enchères. Hassan veut à tout prix éviter à son père un tel déshonneur. Il décide de se rendre chez toutes ses sœurs pour qu’elles et leurs maris l’aident à sauver l’atelier…


L'Innocent (Al-Bari’, 1986)
avec Ahmed Zaki, Mahmoud Abdel Aziz, Mamdouh Abdelalim, Elham Shahein, Gamil Rateb, Ahmad Rateb, Salah Kabil, Hassan Hosny, Nahed Samir, Badr Nofal, Hosny Abdul Jalil, Abdullah Hefni, Mahmoud Al Iraq, Aleya Abdel Moneim, Ahmad Abu Abiya, Abdel Jawad Metwalli, Wasila Hussein, Sami Attaiah
Scénario : Wahid Hamid
Musique : Amar El Sherei et Abdel Rahman El Abnoudy
Figure en treizième position dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps.


Pour son service militaire, Ahmed, un jeune paysan sans éducation, est assigné dans une prison. Le commandant de l’établissement parvient à le convaincre que tous les détenus sont des ennemis de la nation. Ahmed sera chargé de les torturer.


Fils et Tueurs (Abnaa' wa Qatala, 1987)
avec Mahmoud Abdel Aziz (Chikhoun), Nabila Ebeid (Dalal), Magdi Wahbah (colonel Ghanem), Raga Hussein (Enam), Ahmed Bedeir (Khalil), Nadia Ezzat (Samia), Sherif Mounir (Ouniss), Ahmed Salama (Zuhair), Hassan Al Dib (le propriétaire du bar), Ahmed Kamali (Omar), Nagwa Sultan (Danseuse), Mohamed Mostafa (l’étudiant révolutionnaire), Sayed Allam (officier de police), Nahed Roshdy (Soha)
Scénario : Ismail Waly Eddin, Mostafa Moharam
Musique : Mohamed Helal
Production : Shada Films


L’action commence en 1956, au moment de la nationalisation du canal de Suez. Chikhoun est serveur dans un bar mais il a d’autres ambitions : il voudrait racheter l’établissement à son patron. Malheureusement, il n’a pas la somme nécessaire. C’est alors que le destin va lui donner un coup de pouce. Une nuit alors qu’il rentre chez lui après sa journée de travail, il tombe sur Dalal, une danseuse qui fréquente le bar. Elle est en très mauvaise posture : deux hommes sont en train de l’agresser. Chikhoun intervient aussitôt et parvient à les mettre en fuite. Pour le remercier, Dalal invite son sauveur à prendre un verre dans son appartement. Ils passent la nuit ensemble. Peu après, ils se marient mais Chikhoun est toujours hanté par son rêve. Sans aucun scrupule, il vole les bijoux de sa femme et les revend. Il peut enfin acquérir le bar. Dalal est folle de rage et ce vol est le début de la mésentente qui ne va que croître entre les deux époux. Malgré cela, ils ont deux jumeaux et c’est la sœur de Chikhoun qui va s’installer chez eux pour les aider. La pauvre femme a tout perdu depuis que son mari est en prison mais elle peut compter sur le soutien de son frère. Et quand l’homme s’échappe de prison , Chikhoun n’hésite pas une seconde : il cache son beau-frère dans son établissement. Pour Dalal, c’est l’occasion rêvée de se venger. Elle dénonce son mari à la police…

Notre avis : une chronique familiale qui s'inscrit dans l'histoire de la nation égyptienne de la seconde moitié du XXe siècle. Un récit âpre, sans concession et sans pathos qui dénonce le rôle majeur de la violence dans l’Egypte contemporaine. L'un des plus grands rôles de Mahmoud Abdel Aziz.


Le Peloton d’Exécution (katibat al iedam, 1989)
avec Nour El Sherif (Hassan), Maaly Zayed (Naïma, la fille de Sayed Al Gharib), Mamdouh Abdelalim (le major Youssef), Shawqi Shamekh (le major Kamal), Ibrahim El Shamy (Sayed Al Gharib), Salwa Khattab (Reza), Aziza Rached (la propriétaire), Ahmed Khalil (le général), Abdallah Meshref (l’agent des israéliens), Ola Ramy (Eham), Shadia Abdul Hamid (la femme d’Hassan), Sherif Al Arabi (le fils d’Hassan), Aida Fahmy (la sœur d’Hassan)
Scénario : Osama Anwar Okasha
Musique : Saïd Hejab et Amar El Sherei


Nous sommes à Suez en 1973. Les occupants israéliens veulent se débarrasser d’un groupe de résistants dirigé par Sayed El Gharib. Grâce à un agent infiltré, ils parviennent à localiser le groupe et une nuit, ils font irruption dans la maison où se cachaient les combattants égyptiens. Durant l’opération, ceux-ci sont tous exécutés sauf un, Hassan. Celui-ci avait rejoint le groupe le soir même car il était chargé de superviser le transport de fonds importants destinés aux forces armées. Ce survivant est accusé par les autorités égyptiennes d’avoir trahi ses compagnons et d’avoir volé tout l’argent. Il est condamné à quatorze ans de prison. Après avoir purgé sa peine, Hassan se lance dans un long et difficile combat pour prouver son innocence.

Notre avis : un film au rythme haletant réalisé par l’un des plus talentueux réalisateurs des années 80 et 90. L’histoire n’est pas d’une folle originalité. Elle reprend la trame du roman d’Alexandre Dumas, « le Comte de Monte-Cristo ». Comme Edmond Dantès, Hassan a été condamné à quatorze ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis et une fois libre il n’a qu’une idée en tête : retrouver ceux qui l’ont dénoncé (L’oeuvre d’Alexandre Dumas est sans doute le roman préféré des cinéastes égyptiens vu le nombre de films qu’elle a inspiré !). Mais l’intérêt de ce « Peloton d’Execution » est ailleurs : Atef El Tayyeb y révèle toute sa maîtrise du langage cinématographique qui est avant tout action et mouvement. Son héros mu par une énergie inépuisable poursuit sa quête sans relâche et il semble entraîner tous les autres protagonistes dans sa course folle. Nour El Sherif incarne à merveille ce personnage de vengeur à la fois puissant et terriblement humain. On regrettera juste un dénouement un peu trop « Grand Guignol » qui tranche avec tout ce qui précède.


L'Evasion (Al Huroub, 1991)
avec Medhat El-Sherif; Ahmed Zaki (Montasser), Abdel Aziz Makhyoun (Major Salem Abdel Razek), Zouzou Nabil (la mère de Montasser), Hala Zedki (Sabah, la danseuse), Mahmoud El Bezawy (le frère aîné de Montasser), Nermin Kamal (la sœur de Montasser), Layla Sheir (la directrice de l’école), Mohamed Wafik (Colonel Fouad Al-Sharnoub), Abu Bakr Ezzat (le Général), Youssef Fawzy (Medhat, le directeur de la société), Samir Wahid (Farid Ezzat, l’agent de change), Aïda Fahmy (Zeinab, la cousine et la femme de Montasser), Salah Abdullah (le fabricant de faux papiers), Ezzat Al Machad (le rédacteur en chef du journal), Ahmed Adam (Aziz, le journaliste), Soheir Tawfiq (la femme de Medhat)
Scénario et dialogues : Mostafa Moharam
Inspiré du roman Le Comte de Monte-Cristo, un roman d’Alexandre Dumas
Musique : Modi Al Imam
Figure dans la liste des 100 films les plus importants du cinéma égyptien.


Drame. Montasser travaille pour une société qui s’occupe d’envoyer des ouvriers égyptiens dans les pays du golfe. Ne supportant plus de voir ces travailleurs exploités et escroqués par son patron qui leur délivre des faux visas, il veut dénoncer ces pratiques frauduleuses à la police. Mais son chef est plus rapide que lui : il parvient à faire arrêter son employé pour détention de drogue. Montasser est condamné à deux ans de prison. Pendant sa détention, il n’a plus aucune nouvelle de sa femme. Quand il est enfin libéré, il veut la retrouver et se venger de son ancien patron. Il se rend au domicile de ce dernier et le tue dans son lit sous les yeux de son épouse. Le soir même, il fait la connaissance d’une danseuse avec qui il passe la nuit. Le lendemain matin, il part à la recherche de sa femme. Celle-ci a été manipulée par une entremetteuse qui l’a convaincue de partir en Turquie pour s’y prostituer. Il retrouve très vite cette mère maquerelle. Elle occupe une fonction fort honorable : directrice d’une école pour jeunes filles. La dame refuse de lui dire où se trouve sa femme. Alors Montasser tente de la faire avouer par la force. En tentant de résister, la directrice chute et sa tête vient frapper violemment l’accoudoir du canapé. Elle meurt sur le coup. Montasser doit fuir…

Notre avis : un drame social très sombre qui se présente un peu comme la version moderne du film de Kamal El Sheikh «Le Voleur et les Chiens » réalisé trente ans plus tôt (le rôle d’Hala Zedki dans « L’Evasion » semble même copié sur celui de Shadia !). Mais la situation du héros d’Atef El Tayyeb est encore plus tragique que celle du voleur de Kamal El Sheikh car lui sera trahi par ses amis et condamné par la société pour s’être élevé contre la corruption des puissants et l’exploitation des plus faibles. Ahmed Zaki incarne avec une grande vérité cet individu traqué et happé par un engrenage dont il ne sortira pas vivant. Cette tragédie moderne est l’un des meilleurs films d’Atef El Tayyeb, le réalisateur le plus doué de sa géneration qui sut à la fois plaire à la critique et au grand public.


Contre le Gouvernement (Ded Al-Hokuma, 1992) 
avec Ahmed Zaki (Mustafa Khalaf), Lebleba (Samia), Afaf Shoaib (Fatma, l’ex-femme de Mustafa), Mohamed Nagaty (le fils de Mustafa), Abu Bakr Ezzat (docteur Abdel Nour), El Muntasir Bellah (Zaki), Ahmed Khalil (docteur Ibrahim Shawkat), Wafaa Al Mekky (la danseuse), Fayeq Azab (Khairy), Youssef Aïd (l’offcier de police), Ahmed El Taher (le juge), Ahmad Kamali (Hamouda), Magdi Saïd (un journaliste), Saleh El Aweil (le chauffeur de bus), Ahmed Fouad Selim (le procureur), Galila Mahmoud (la tenancière de la maison close), Khaled Hamza (le juge)
Scénario : Bashir El Deek, Wagih Abou Zekri
Musique : Modi El Emam


Mustafa est un ancien magistrat qui a été destitué pour corruption. Depuis, il est un avocat aux méthodes discutables, un avocat qui n’hésite pas à contourner la loi pour gagner des procès et s’enrichir. Un jour, alors qu’il s’occupe d’un dossier concernant un grave accident de bus scolaire, il découvre que le fils de Fatma, son ex-compagne, est du nombre des blessés graves. Fatma, après leur divorce a épousé le docteur Ibrahim Shawkat, un haut fonctionnaire, membre éminent du parti au pouvoir. Mais en consultant les papiers du jeune homme, Mustafa comprend très vite que celui-ci ne peut pas être le fils du docteur mais qu’il est le sien. Quand ils se sont séparés, Fatma était enceinte et elle lui avait toujours dit qu’elle se ferait avorter. En fait, elle avait gardé l’enfant. Dans cet accident, la responsabilité de l’état est clairement engagé et Mustafa décide de se battre pour que les victimes et leurs familles aient gain de cause et soient indemnisées à la hauteur du préjudice subi. Il aura face à lui des individus très puissants qui tenteront par tous les moyens de le faire renoncer…

vendredi 4 juillet 2014

Les 100 films les plus importants (14) Les années quatre-vingt-dix

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants  de l’histoire du  cinéma égyptien. 

Les Années quatre-vingt-dix


81) Al-Huroub (L’évasion, 1991, Atef El-Tayyeb)
الهروب
 

Avec Medhat El-Sherif; Ahmed Zaki, Abdel Aziz Makhyoun, Zouzou Nabil, Hala Zedki, Mahmoud El Bezawy, Mohamed Wafik
Montasser a passé deux ans en prison à cause d’un faux témoignage. A sa sortie, il veut se venger de l’homme qui l’a dénoncé et de la femme qui a entrainé son épouse dans le monde de la prostitution.


82) Samaa Hos (Chut, on écoute, 1991, Sherif Arafa) 
سمع هس

 Avec Layla Alwi, Mamdouh Abdelalim, Hassan Kamy, Ahmad Bedear, Mohamed El Shewihy, Sohair El Barooni
Homs et sa femme sont des artistes pauvres. Ils vivent dans la rue et passent leurs journées à composer des chansons. Grâce à la complicité d’un producteur, un célèbre chanteur leur vole une de leurs compositions. La chanson connaît un succès considérable. Le couple retrouve des documents qui prouvent qu’ils sont bien les auteurs de ce tube. Ils portent plainte. Malheureusement les juges ont été achetés et rendent un jugement en faveur du chanteur célèbre. Homs et sa femme ne se découragent pas et poursuivent leur combat. ..


83)  Al-Kit Kat (1991, Daoud Abdel Sayed)
 الكيت كات


Avec Mahmoud Abd El-Aziz, Sherif Mounir, Aida Riad
Sheikh Hosny est un homme aveugle qui vit avec sa mère et son fils dans le quartier de Kitkat à Giseh. Pour oublier ses malheurs, il passe toutes ses nuits à fumer de la marijuana en compagnie d’amis. Malgré son handicap, il a un rêve : conduire une moto. Quant à son fils Youssef, il voudrait partir en Europe pour trouver du travail.


84) Ice-Cream fi Gleam (Ice-Cream in Gleam, 1992, Khairy Bishara)
آيس كريم فى جليم

Avec Amr Diab, Simon, Ahsraf Abdelbaky, Hussien Elemam, Ali Hasaneen, Gehan Fadeel, Ezzat Abo Ouf
Amr Diab est l’un des chanteurs les plus populaires d’Egypte. Il joue ici le rôle d’un jeune livreur qui rêve de devenir célèbre grâce à la chanson. Une comédie musicale pleine de bons sentiments.


85) Mercedes (1993, Yousry Nasrallah)
مرسيدس


Avec Yoursa, Zaki Abdel Wahab, Abla Kamel, Seif Eddine, Taheya Carioca

 Le personnage principal du film est un jeune homme prénommé Noubi. Bien qu’il soit né de la liaison que sa mère entretint avec un diplomate africain, il est blanc de peau et il a été élevé dans la religion chrétienne. Au fil des ans, son comportement devient de plus en plus excentrique. A la grande consternation de ses proches, il adhère aux idées  communistes.
Quand son père meurt, il hérite d’une petite fortune. Il souhaite la léguer au parti communiste mais il doit retrouver son frère Gamal pour l’en informer. Celui-ci a quitté sa famille et n’a plus donné signe de vie. Une grande partie du film est consacrée à cette recherche. Quand Noubi parvient enfin à le localiser, il découvre que son frère est un homosexuel fréquentant un groupe de Musulmans intégristes…


86) Thalatha ’Ala Al-Tariq (Trois sur la Route, 1993, Mohamed Kamel El-Qalyoubi)

ثلاثة على الطريق



Avec Mahmoud Abdel Aziz, Aïda Riad, Maha Yassine, Ali Hassanein
Mahmoud est un routier. Il quitte Louxor pour se rendre au Caire. Il accepte de prendre à bord de son camion Khalil, un jeune garçon qui fuit une belle-mère autoritaire et qui veut retrouver sa mère résidant à Tanta…


dimanche 22 juin 2014

Les 100 films les plus importants (13) Les années quatre-vingt (2)

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants  de l’histoire du  cinéma égyptien. 


Les Années Quatre-vingt (2) 
 
75) Al-Towq wal-Uswura (Le Collier et le Bracelet, 1986, Khairy Bishara)
 الطوق والأسورة


Avec Sherihan, Fardous Abdel Hamid, Ahmed Abdel Aaziz, Ahmed Bedir, Ezzat El Alaili, Abdallah Mahmoud, Mohamed Mounir, Hanan Youssef
Trois femmes de générations différentes, Hazina la mère, Fahima la fille et Farhana la petite fille sont confrontées à la dureté de la vie et des traditions. Mostafa le fils qui avait du quitter le pays revient 20 ans plus tard. Cette histoire se déroule de 1933 à 1953, dans un petit village de haute Egypte, Karnak près de Louxor, un village où se fond l'héritage pharaonique, copte et musulman, dans un ensemble de traditions sociales oppressantes.
Dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps, Le Collier et le Bracelet est classé sixième.


76) Al-Gou’ (La Faim, 1986, Ali Badrakhan)
 الجوع


Avec Mahmoud Abdel Aziz, Soad Hosny, Abdel Aziz Makhyoun, Yousra
Le Caire, 1887. Au cours d'une rixe, Faraj tue le caïd qui a outragé Zoubeyda. Il l'épouse et les habitants du quartier l'élisent comme leur nouveau caïd. Mais il ne tarde pas à se détourner d'eux en épousant Malak, une riche commerçante. Et lorsque la disette sévit dans la ville, il monopolise le commerce du blé. Zoubeyda mène alors une armée de gueux contre lui et, au cours d'un combat, il est tué. Son frère Gaber est choisi pour le remplacer. Il refuse cette charge et leur conseille de ne compter que sur eux-mêmes pour défendre leurs droits…


77) Al-Bari’ (L'Innocent, 1986, Atef El-Tayyeb)
البريء

Avec Mahmoud Abdel Aziz, Gamil Ratib, Ahmed Zaki
Pour son service militaire, Ahmed, un jeune paysan sans éducation,  est assigné dans une prison. Le commandant de l’établissement parvient à le convaincre que tous les détenus sont des ennemis de la nation. Ahmed sera chargé de les torturer. 
Dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps, L'Innocent est classé treizième.


78) Ahlam Hind wa Camilia (Les Rêves de Hind et Camilia, 1988, Mohamed Khan)
 أحلام هند وكاميليا


Avec Nagla Fathy, Ahmed Zaki, Ayda Reyad
L'histoire de deux femmes qui malgré les difficultés n'ont pas renoncé au bonheur.
Hind est une jolie jeune veuve qui travaille comme servante. Elle rêve de trouver l’homme parfait qui l’aidera à sortir de la misère. Elle rencontre Eid qui est un escroc. Elle tombe enceinte au moment même où il est incarcéré. Ils n’ont pas pris le temps de se marier.
Camilia est une femme divorcée qui travaille aussi comme servante. Elle vit dans l’appartement qu’occupent son frère et touts sa famille. Camilia ne supporte plus cette situation. Elle épouse un vieil homme cupide qui la contraint à voler. C’est elle qui permet à Hind et à Eid de se marier.
Hind accouche d’une petite fille qu’elle prénomme Ahlam (Rêve). Malheureusement, Eid retourne en prison après avoir volé une grosse somme d’argent. Hind et Camilia trouvent le butin que l'homme avait caché. Elles décident de l'utiliser pour enfin passer du bon temps. Avec Ahlam, elles prennent un taxi pour Alexandrie. Le chauffeur de taxi parvient à les droguer et s’enfuit avec leur argent. Quand elles se réveillent sur la plage, elles ont tout perdu.


79) Yom Mur Yom Hilw (Jour Doux, Jour Amer, 1988, Khairy Bishara)
يوم مر ويوم حلو

 
Avec Mahmoud El Huindi, Gala Fahmi, Faten Hamama, Mohamed Henedi, Abla Kamel, Lotfy Labib, Mohamed Mounir, Simone, Hanan Youssef 
Une famille très pauvre du Caire lutte chaque jour pour survivre. Le père est mort. Aïcha, la mère, dépense toute son énergie pour que ses enfants  souffrent le moins possible de la faim et du dénuement. Hélas, le malheur finira par fondre sur la petite tribu. L’une des filles épousera un homme qui deviendra l’amant de sa sœur. Le plus jeune frère, à peine âgé de 10 ans, quittera le domicile familial pour mendier dans les rues…

  
80) Al-Aragoz (Le Marionnettiste, 1989, Hani Lashin)
  الاراجوز


Avec Omar Sharif, Mervat Amine, Hesham Salim, Salwa Khattab, Ahmed Khalil, Nader Nour, Abdel Gawad Metwalli, Badrya Abdel Gawad, Abol Futouh Omara
Mohamed est un marionnettiste qui vit seul avec son fils, Bahlool. Il sacrifie tout pour le bonheur de celui-ci. Il a économisé sou après sou pour que le jeune homme puisse étudier au Caire. Dans la capitale, Bahool devient le protégé d’un pacha corrompu. Il épouse sa fille. Pendant ce temps-là, Mohamed est tombé amoureux d’Enaam qui travaille aussi dans le spectacle. Mais les ambitions démesurées de son fils vont mettre en danger  la jeune femme.   





dimanche 11 mai 2014

Les 100 films les plus importants (12) Les années quatre-vingt (1)

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants  de l’histoire du  cinéma égyptien. 

Les Années quatre-vingt (1)


69) Ouyoun La Tanam (Des yeux toujours éveillés, 1981, Raafat El-Mihi)

عيون لا تنام

Avec Farid Shawki, Madiha Kamel, Ahmed Zaki, Naima Al Soghayar, Ali El Scherif
d'après la pièce du dramaturge américain Eugène O'Neill, Désir sous les Ormes (1925)
 Un garagiste, ainé d'une famille, exerce une véritable tyrannie sur ses frères. Il épouse une orpheline mais il ne parvient pas à avoir d'enfant. Il choisit comme héritier le cadet de la famille et chasse ses autres frères. Ce petit frère devient l'amant de la femme qui tombe enceinte.  
C'est le seul film produit par la "Coopérative des Cinéastes" créée en 1980 par de jeunes réalisateurs.


70) Arzaq ya Duniya (Le Gagne-pain, 1982, Nader Galal)
ارزاق يا دنيا


Avec Nour Al Sherif, Yousra, Sais Saleh, Chweikar, Nadia Ezzat,  Abdel Moneim Elmarsfy,Badria Abd El Gawad,  Nawal Abou El Fotouh,  Zizi Moustafa
Jabar est un villageois miséreux de Basse-Egypte qui a été amputé d'une jambe. Il arrive au Caire pour placer une jeune fille de son village dans une famille bourgeoise. Une fois sa mission accomplie, il erre dans la capitale à la recherche d'un emploi. Il tombe sur Madame Zebeida, la propriétaire d'un café où il s'était arrêté. Elle l'adresse à Maître Chamroukh, un homme violent qui travaille pour madame Chouchou. Cette dernière dirige un réseau se livrant à des activités criminelles. Maïtre Chamroukh est chargé de recruter des hommes sans emploi pour les transformer en dealers...


71)  Al-’Ar (L’Opprobre, 1982, Ali Abdel-Khalek)
العار


avec Nour al Sherif, Hussein Fahmi 
Le père meurt et l'on découvre que ce riche commerçant était en fait un trafiquant de drogue. Ses enfants, un médecin et un militaire abandonnent leurs postes pour reprendre le négoce très lucratif de leur père.Dans ce film, Ali Abdel Khaleq dénonce la situation créée par l'Infitah (politique d'ouverture économique initiée par Sadate après 73. En facilitant les investissements privés et étrangers, le pouvoir va laisser le champ libre à la corruption.)


72) Sawwaq Al-Utoubis (Le Chauffeur de Bus, 1983, Atef El-Tayyeb)
سواق الأتوبيس


Avec Nour Al Sherif, Mervat Amine, Emad Hamdi
Hassan, un ancien soldat (Il a fait la guerre d'octobre et celle du Yemen.) qui travaille en tant que chauffeur de bus, lutte pour sauver la petite entreprise de son père. Son épouse décide de vendre ses bijoux afin d'acheter un taxi qui pourrait les aider à augmenter leurs revenus.
Dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps, le Chauffeur de Bus occupe la cinquième place.


73) Al-Afocato (L’Avocat, 1984, Raafat El-Mihi)
الافوكاتو


Avec Adel Imam, Yousra, Essaad Younes
Les relations entre un avocat, un juge, un policier et un professeur illustrent les faiblesses d'une société où la loi n'a que faire de la justice. L'Avocat fut distribué par la société de Youssef Chahine "Misr International Film". Celui-ci fut poursuivi pour avoir diffusé un film qui "calomnie" le monde judiciaire.


74) Hata la Yatir Al-Dukhan (Pour que la fumée ne s’envole pas, 1984, Ahmed Yehia)
حتى لا يطير الدخان


Avec Adel Imam (Fahmy Abdel Hamid), Alia Ali (la mère de Fahmy), Soheir Ramzi (Sonia, la femme de chambre), Alsayed Talib (Mahrous, le restaurateur trafiquant de drogue), Fakry Abaza (Medhat Shalaby), Youssef Fawzi (Kamal), Sanaa Chafie (Raouf), Nadia Arslan (Rhaira), Mahmoud Rashad (le père de Rhaira), Nagwa Al Mogy (Lola)
Scénario : Mostafa Moharam d’après une histoire de l’écrivain Ihsan Abd al-Qudus (1929–1990)
Musique : Gamal Salamah
Fahmy Abdel Hamid a quitté son village pour faire des études de droit au Caire. Il devient l’ami de jeunes gens qui sont issus d’un milieu beaucoup plus aisé que le sien. Il ne tarde pas à tomber amoureux de la sœur de l’un d’entre eux. Il aimerait bien l’épouser mais la jeune fille se moque de lui quand elle découvre qu’il porte les vieux habits de son frère. Peu après la mère de Fahmy tombe malade. Sonia, la femme de chambre de la pension dans laquelle il réside, lui propose aussitôt son aide. En revanche ses nouveaux camarades n’ont aucune compassion. Ils refusent de lui prêter l’argent nécessaire à payer l’opération qui sauverait sa mère. Cette dernière meurt. Fahmy décide de se venger…