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lundi 17 janvier 2022

Les réalisateurs : Atef Hetata (né en 1965)

عاطف حتاتة

Atef Hetata est le fils de Nawal El Sadaawi (1931-2021), médecin, écrivain et militante féministe, connue dans le monde entier pour son combat contre l'excision. Son père est Sherif Hetata (1923-2017), un médecin communiste qui paya son activisme politique par de nombreuses années de prison. Ses parents se sont mariés en 1964 et Atef est leur seul enfant.
Atef Hetata fait ses premiers pas dans l'industrie cinématographique en 1991 comme assistant réalisateur. A ce jour, il n'a réalisé qu'un seul film.


Les Portes Fermées (Al abwab al Moghlaka, 1999)
avec Sawsan Badr, Mahmoud Hemida, Diaa Abdel Khalek, Manal Afifi, Ahmed Azmi, Ahmed Fouad Selim, Maher Essam
Scénario : Atef Hetata
Musique : Hicham Nazih
Production : MISR International Films
Les Portes Fermées ont valu à son réalisateur et à ses acteurs une multitude de prix dans les plus grands festivals internationaux.
appréciation : 4/5


L’histoire se déroule au Caire en 1990 pendant la guerre du Golfe. Mohamed est un jeune lycéen qui vit avec sa mère Fatima dans un petit appartement d’un quartier pauvre de la capitale. Fatima est divorcée et elle travaille comme domestique. Zeinab, leur voisine, est devenue leur amie. Elle est la confidente de la mère, ce qui ne l’empêche pas de manifester au fils une tendresse qui n’a rien d’amical. Elle lui a fait à plusieurs reprises des propositions explicites mais celui-ci, bien que tourmenté par le désir, les a toujours déclinés. Effrayé par le péché, il s’est rapproché d’un groupe intégriste et se rend régulièrement aux séances d’éducation religieuse que donne l’imam. Au lycée, Mohamed est un élève peu attentif et ses résultats ne sont pas bons. Le directeur de l’établissement exige que le garçon prenne des cours particuliers. Mansour, l’un de ses professeurs, propose de les lui donner gratuitement. Si sa mère accueille avec enthousiasme l’offre de l’enseignant, Mohamed voit d’un très mauvais œil un étranger s’introduire chez lui. Et ce qu’il craint finit par arriver : au fil de ses visites, Mansour cache de moins en moins les sentiments qu’il éprouve pour Fatima. L’adolescent se consume de jalousie.



mercredi 15 février 2017

Les Portes Fermées (Al abwab al Moghlaka, 1999)

الأبواب المغلقة
إخراج :عاطف حتاتة


Atef Hetata a réalisé Les Portes Fermées en 1999.
Distribution : Sawsan Badr, Mahmoud Hemida, Diaa Abdel Khalek, Manal Afifi, Ahmed Azmi, Ahmed Fouad Selim, Maher Essam
Scénario : Atef Hetata
Musique : Hicham Nazih
Production : MISR International Films

Sawsan Badr

Mahmoud Hemida et Sawsan Badr

Diaa Abdel Khalek

Manal Afifi

Ahmed Azmi

Ahmed Fouad Selim

Sawsan Badr

Maher Essam


Résumé

L’histoire se déroule au Caire en 1990 pendant la guerre du Golfe. Mohamed est un jeune lycéen qui vit avec sa mère Fatima dans un petit appartement d’un quartier pauvre de la capitale. Fatima est divorcée et elle travaille comme domestique. Zeinab, leur voisine, est devenue leur amie. Elle est la confidente de la mère, ce qui ne l’empêche pas de manifester au fils une tendresse qui n’a rien d’amical. Elle lui a fait à plusieurs reprises des propositions explicites mais celui-ci, bien que tourmenté par le désir, les a toujours déclinés. Effrayé par le péché, il s’est rapproché d’un groupe intégriste et se rend régulièrement aux séances d’éducation religieuse que donne l’imam. Au lycée, Mohamed est un élève peu attentif et ses résultats ne sont pas bons. Le directeur de l’établissement exige que le garçon prenne des cours particuliers. Mansour, l’un de ses professeurs, propose de les lui donner gratuitement. Si sa mère accueille avec enthousiasme l’offre de l’enseignant, Mohamed voit d’un très mauvais œil un étranger s’introduire chez lui. Et ce qu’il craint finit par arriver : au fil de ses visites, Mansour cache de moins en moins les sentiments qu’il éprouve pour Fatima. L’adolescent se consume de jalousie. Un jour, sa mère lui apprend qu’elle a perdu son emploi. Mohamed est aux anges : les femmes ne doivent pas travailler. Désormais, c’est à lui qu’incombe la tâche de trouver l’argent nécessaire à la vie de la famille. Grâce à un ami, Mohamed vend des fleurs dans la rue après la classe. Mais Fatima veut retrouver du travail afin que son fils se consacre exclusivement à ses études. Mansour lui a promis de l’aider dans sa recherche. Les liens entre l’enseignant et la mère de famille se sont encore resserrés. Pour les éloigner l’un de l’autre, l’imam qu’il fréquente souffle au jeune homme une idée : il faut marier sa mère à un homme de leur confrérie. Fatima refuse catégoriquement ce mariage arrangé. Un peu plus tard, une violente dispute éclate entre le fils et la mère. Ils finissent par se réconcilier mais Mohamed n’ a pas renoncé à chasser le vice de leur vie : il menace Zeinab la voisine qui décide de quitter l’immeuble et lorsque sa mère se rend chez le professeur, il la suit. Alors qu’ils font l’amour, l’adolescent s’introduit dans l’appartement et quand l’homme et la femme sortent de la chambre, il les poignarde.


Critique

Avec ce film, Atef Hetata s’affirme comme le digne héritier des cinéastes de la « Génération 80 » dont le chef de file était Mohamed Khan (mort l’année dernière) : même réalisme sans concession qui emprunte beaucoup au documentaire, même intérêt pour les exploités et plus particulièrement pour les femmes des classes laborieuses, même sensibilité politique qui conduit ces réalisateurs à dénoncer les inégalités et les injustices de la société contemporaine (On est très loin des comédies musicales avec Farid Al Atrache et Samia Gamal !).
Les Portes Fermées se présentent comme une chronique de l’Egypte d’aujourd’hui à travers les portraits croisés d’un adolescent et de sa mère.
La situation du jeune héros du film est emblématique de celle de toute cette jeunesse sans repères et sans projet, qui ne sait trop vers qui, vers quoi se tourner avant de se jeter, tête baissée, dans les bras du premier barbu venu. Le réalisateur nous montre un jeune homme perdu dans des contradictions insurmontables : l’éveil d’une libido impérieuse et l’attrait pour l’intégrisme le plus rigoureux, la tentation de la chair et les tourments de la culpabilité, l’amour passionné pour sa mère et son refus obstiné de la voir libre et heureuse. Des contradictions qui ne trouveront de résolution que dans le sang : fin tragique d’une existence à peine commencée.
Le personnage de la mère est magnifiquement joué par Sawsan Badr. C’est sans doute l’intérêt majeur de ce film que d’avoir su donner un corps, un visage, une voix à ces femmes qui pour exister doivent sans cesse lutter contre les patrons, les maris, les pères, les fils. 
Le titre Portes Fermées est un écho désabusé à Porte Ouverte, un film de 1964 dans lequel le réalisateur Henry Barakat évoquait la lutte d’une femme pour son émancipation au moment de la révolution de 1952. Cela dit bien le chemin parcouru à rebours par la société égyptienne ! Atef Hetata fait un simple constat et il est terrible : la dernière décennie du XXe siècle a été une époque qui a vu le triomphe de l’obscurantisme et du fanatisme. Il va de soi que les premières victimes de cette situation ont été les femmes.
L’action des Portes Fermées se passe en 1990, il y a donc près de trente ans et pourtant il est clair que ce film ne nous parle pas d’un temps révolu, hélas. Pour l'instant rien ne laisse penser que ces portes se rouvriront un jour !

Les Portes Fermées ont valu à son réalisateur et à ses acteurs une multitude de prix dans les plus grands festivals internationaux. 

Appréciation : 4/5
****
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

jeudi 21 août 2014

Les 100 films les plus importants (16) Les années deux mille (1)

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants de l’histoire du cinéma égyptien. 



Les années deux mille (1)



93) Ard Al-Khowf (Le Pays de la Peur, 2000, Daoud Abdel Sayed)
أرض الخوف


Avec Ahmed Zaki, Farah, Hamdy Gheith, Abdel Raman Abou Zahra, Ezzat Abou Aouf
Yahya, un officier de police, a pour mission d’infiltrer le monde souterrain des trafiquants de drogue. Pour informer ses supérieurs, il va feindre d’être un dealer pendant des années. Son destin va basculer le jour où tous ses collègues vont disparaître (démission ou mort). Ils sont remplacés par de jeunes agents qui ne savent rien de la mission secrète d’Yahya. Désormais, ce dernier sera pourchassé comme un véritable dealer. 


94) Oula Thanouwi (First Year in High School, 2001, Mohamed Abou Seif)
أولى ثانوى

 


Avec Mirvat Amen, Nour El-Sherif, Hanan Yousef, Ibrahim Nasr, Sawsan Badr, Seif Abdelrahman
Hamza, un ancien chirurgien, vit seul dans la villa familiale. Ayant commis une faute professionnelle il a été révoqué et a même été condamné à de la prison. Il rencontre Rawiya, une copte qui est veuve et qui a trois enfants : Ashraf, Selim et Ghali. Ces adolescents adoptent tout de suite Hamza et le considèrent comme un véritable père. Ghali meurt d’une maladie de cœur. Toute la petite famille est plongée dans l’affliction.


95) Al-Abwab Al-Mughlaqa (Portes closes, 2001, Atef Hetata)
الأبواب المغلقة


Avec Sawsan Badr, Mahmoud Hemeida, Manal Afifi, Ahmed Azmy, Maher Essam 
L’histoire se déroule au Caire en 1990. Mohamed est un jeune lycéen qui vit avec sa mère Fatima dans un petit appartement d’un quartier pauvre de la capitale. Fatima est divorcée et elle travaille comme domestique. Son fils est progressivement devenu un membre de « Al Jamaa Al Islamiya ». Il espionne sa mère et son amant. Un jour, il les surprend en train de faire l’amour. Il les tue tous les deux. Portes Fermées montrent comment l’intégrisme trouve en Egypte un terrain fertile pour se développer. La pauvreté et l’absence de démocratie facilitent le travail des recruteurs notamment auprès des plus jeunes qui étouffent dans cette société sclérosée. 


96) Muwatin wa Mukhbir wa Harami (Un Citoyen, un Policier et un Voleur, 2001, Dawoud Abdel-Sayyed)
مواطن و مخبر و حرامي



Avec Khaled Abol Naga, Salah Abdallah, Shaban Abdel Rehim, Hend Sabri, Rola Mahmoud, Ahmad Kamal
Dans ce film, Dawoud Abdel Sayyed montre ce qui s’est mis en place en Egypte sous le « régne » du président Moubarak dans un style qui rappelle les Contes des mille et une Nuits.
Le récit commence en 1981. Sherif, un voleur, est en prison. Selim est romancier et il a une liaison avec Madiha. Fathi est un inspecteur de police tout à fait banal. Quand la voiture de Selim est volée, Fathi l’aide à la retrouver et il lui présente Hayat qu’il emploie comme bonne. La jeune femme devient la maîtresse de Selim. Elle en profite pour cambrioler la maison de l’écrivain et elle s’empare du manuscrit d’un nouveau roman. Elle présente son butin à Sherif qui lit le manuscrit avant de le brûler. Découvrant tout cela, Selim se bat avec le voleur indélicat qui dans la bagarre perd un œil. Fathi suggère à son ami de dédommager « sa victime » pour éviter un procès. En fin de compte, les trois hommes deviennent partenaires. Sherif devient éditeur et Fathi se lance dans la politique. Sherif épouse Madiha et Selim se marie ave Hayat. En 2001, le fils de Sherif épouse la fille de Selim et tous participent à un bal masqué. Abdel Sayyed présente les deux dernières décennies du XXe siècle comme une époque où tous les Egyptiens sans exception avaient perdu leurs repères.


97) Sahar Al-Layali (Nuits Blanches, 2003, Hani Khalifa)
سهر الليالي

Avec Ahmed Helmi, , Hanan Turk, Sherif Munir, Khaled Abul-Naga, Jihane Fadel, Fathi Abdel-Wahhab, Ola Ghanem and Ahmed Kamal 
Ce film rencontra à sa sortie un succès retentissant . L’action se déroule sur trois jours au Caire et à Alexandrie. On suit le quotidien de plusieurs couples. 
Sameh est un ingénieur du son. Il vit avec Inas, une femme divorcée, mais il refuse de l'épouser.
Khaled est propriétaire d’une concession automobile et sa femme Perri s’apprête à donner naissance à leur second enfant. Khaled est un Dom Juan et Perri souffre beaucoup de ses infidélités. 
Omar est marié à Farah et dirige l’usine que possède sa belle-mère. Un jour, il quitte le domicile conjugal après que sa femme l’a insulté.
Ali est un homme d’affaires insatisfait par sa vie sexuelle au sein de son couple. Sa femme Mushira ne supporte pas mieux la situation et est tentée de tromper son mari.