Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.
Lundi 2 novembre à 16h
Je n’ai que toi d'Henry Barakat (malish gherak, 1958)
avec Farid Al Atrache (Ahmed), Mariam Fakhr Eddine (Basimah), Amal Farid (une soeur de Basimah), Aleya Bassim (une soeur de Basimah), Rushdy Abaza (Fathy), Hassan Fayek (Fayzi Bey, le patron de Fathy et le père de Basimah), Omar El Hariri (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Farouk Agrama (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Mimi Chakib (la femme de Fayzi Bey), Suzi Khairy (la danseuse), Adly Kasseb (le médecin)
Histoire et dialogues : Badie' Khairy
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Un remake de la comédie musicale américaine Ô toi ma charmante (titre original : You Were Never Lovelier) réalisée par William A. Seiter 1942 avec Rita Hayworth et Fred Astaire.
Musique : Farid Al Atrache
Production : les films Farid Al Atrache
Comédie musicale. Ahmed est un chanteur qui a la passion des chevaux et des courses. C’est dans un haras qu’un jour, il retrouve son ami Fathy. Les deux camarades ne s’étaient pas vus depuis des années. Fathy travaille pour un riche chef d’entreprise et il propose à Ahmed qui est sans le sou de le rencontrer. Ce patron un peu fantasque a un souci : sa fille aînée, Basimah refuse de se marier et les jeunes sœurs de cette dernière sont furieuses car elles sont contraintes de demeurer célibataires tant que leur grande sœur le restera. Lors d’un mariage, le chef d’entreprise a convié Ahmed à chanter. Toute l'assistance est subjuguée par la voix exceptionnelle du jeune homme. Ceci va donner une idée au père de Basimah : il va utiliser le talent poétique d’Ahmed pour amener sa fille aînée à envisager l’amour avec plus de bienveillance. Chaque jour, elle recevra une lettre enflammée d’un amoureux anonyme et c’est Ahmed qui sera chargé de l’écrire…
Notre avis : certes la réalisation et le scénario sont signés Henry Barakat, l’un des plus grands cinéastes égyptiens, mais le producteur est Farid Al Atrache qui est aussi le compositeur et l’interprète des chansons, et bien sûr le héros principal de cette comédie sentimentale. C’est donc avant tout un film de Farid Al Atrache à la gloire de Farid Al Atrache. Nous retrouvons tous les lieux communs de ce type de réalisations. L’héroïne et ses sœurs évoluent dans un univers de « princesses » et elles n’ont qu’une seule préoccupation, l’amour et le mariage. Comme d’habitude, Farid Al Atrache incarne un chanteur sans le sou qui grâce à son talent saura conquérir la gloire et l’amour. La réalisation est soignée mais sans éclat. Les cinq chansons de Farid Al Atrache raviront les fans du chanteur et la beauté de Mariam Fakhr Eddine combleront les admirateurs de l’actrice. En 1954, les deux vedettes avaient déjà joué sous la direction d’Henry Barakat dans « Lettre d’Amour », un film beaucoup moins convenu que celui-ci avec l’évocation d’une passion beaucoup plus ardente et plus sensuelle que cette pauvre petite idylle sans saveur.
Dimanche 1er novembre à 14h
Repentance de Mahmoud Zulficar (Tobah, 1958)
avec Sabah (Widad), Emad Hamdy (Ahmed Marzouk), Mahmoud El Meleigy (Abou Al Maati), Nelly (Zeinab, la fille d’Ahmed), Hamdy El Ashry (Hussein, l’un des deux fils d’Ahmed), Ahmed Sabry (Hassan, l’un des deux fils d’Ahmed), Abd El Moneim Ibrahim (Omar, le cousin d’Ahmed), Thuraya Fakhry (la tante d’Ahmed), Dorya Ahmed (Fathya, la cousine d’Ahmed), Abd Al Azim Kamal (le médecin), Hassan Atla (le directeur du groupe artistique), Anwar Madkor (le juge d’instruction), Metawea Oweis (le voisin d’Ahmed), Fifi Sayed (la voisine d’Ahmed), Abdel Moneim Basiony (le pharmacien)
Scénario et dialogue : Abdel Wareth Asar d’après une histoire de Mahmoud Zulficar
Musique et chansons : Fathy Koura, Abdel Aziz Salam, Mahmoud El Sherif, Mounir Mourad, Mohamed El Mougy
On peut entendre aussi au début du film une version orchestrale de la chanson française « Sous le Ciel de Paris »
Production : Mohamed Al Ashry
Ahmed Marzouk réside dans une petite ville au nord du Caire. Il est veuf et il doit s’occuper seul de l’éducation de ses trois enfants, une fille et deux garçons. Son travail pour un groupe pharmaceutique le contraint à de nombreux voyages et il confie ses trois enfants à sa tante et à sa cousine qui n’ont guère le temps ni l’envie de s’en occuper. Il peut aussi compter sur Omar, son cousin qui est cordonnier. Celui-ci s’inquiète des conséquences néfastes des absences d’Ahmed sur l’équilibre des trois enfants. Il faut reconnaître que la situation est préoccupante. Les enfants sont trop souvent livrés à eux-mêmes et leurs résultats scolaires sont catastrophiques. Quand Ahmed rentre chez lui, il est consterné par l’état de sa maison. Il comprend que seul un nouveau mariage permettrait de mettre fin à tout ce laisser-aller.
Alors qu’Ahmed est reparti sur les routes pour son travail, un orchestre itinérant a dressé son chapiteau dans la ville. Les trois enfants voudraient assister au spectacle mais ils n’ont pas un sou. Ils parviennent néanmoins à s’introduire sous le chapiteau et ils tombent nez à nez sur la chanteuse vedette du spectacle qui les prend sous son aile. Elle s’appelle Widad et son passé explique l’émotion qui l’a submergée en présence des trois enfants. Avant d’être artiste, elle était infirmière et elle était devenue la maitresse d’un homme très riche qui l’a quittée quand il a su qu’elle était enceinte. Elle abandonne alors son métier et devient chanteuse dans un orchestre pour pouvoir élever seule sa petite fille. Hélas, celle-ci tombe malade et meurt à l’âge de six ans.
Widad installe ses trois nouveaux petits amis parmi le public et retrouve sur la scène toute sa troupe. Parmi les spectateurs, a pris place le père de sa fille et à la fin du spectacle, celui-ci n’hésite pas à la rejoindre dans sa loge. Il souhaite reprendre leur vie commune d’autrefois mais Widad rejette violemment cette proposition qu’elle juge indécente. Et son désarroi est à son comble quand elle apprend que c’est au domicile de cet ancien amant que la troupe doit passer la nuit. Heureusement, les trois enfants qu’elle a invités à son concert lui proposent de venir chez eux…
Notre avis : une histoire édifiante qui accumule les scènes mélodramatiques avec dans l’un de ses premiers rôles l’actrice Nelly qui n’a alors que neuf ans. Et ce n’est pas une débutante : elle a commencé sa carrière à quatre ans !
Le film n’est pas sans rappeler la comédie musicale américaine « La Mélodie du Bonheur » qui sera tournée sept ans plus tard. Dans les deux films, on retrouve une jeune femme découvrant avec ravissement les joies simples mais ô combien gratifiantes de l’existence d’une mère de famille nombreuse.
La seconde partie du film échappe en partie à la mièvrerie qui domine la première. Les enfants passent à l'arrière plan laissant la place à une intrigue plus sombre : le héros doit lutter seul pour vaincre une terrible machination ourdie par son rival. Ce glissement narratif permet aux auteurs de dénoncer les préjugés populaires à l’encontre des artistes féminines souvent considérées comme des femmes de mauvaise vie.

