Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.
Hassan et Naïma d'Henry Barakat (1959)
avec Muharam Fouad (Hassan), Soad Hosny (Naïma), Wedad Hamdy (Fatima), Hassan El Baroudy (l’oncle Abdulaq), Mahmoud El Sabba (Atwa, le cousin de Naïma), Hussein Assar (Metwali, le père de Naïma), Naïma Wasfi (mère d’Hassan), Lotfy El Hakim (le maire), Layla Fahmy (servante), Neimat Mokhtar (danseuse), Mohamed Tawfik (Ibn Sabiha), Abdelalim Khattab (Cheikh Abdoul Basit), Ibrahim Saafan (Kamal Abou Hussein)
d’après un récit d’Abdel Rahman El Khamisy
Scénario : Henry Barakat et Abdel Rahman El Khamisy
Musique et chansons : Mohamed Abdel Wahab, Morsi Gamil Aziz, André Ryder, Mohamed Al Mogi, Abdel Rahman El Khamisy
Production : Les Films Abdel Wahab et Henry Barakat
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Drame. Metwaly est un riche paysan qui ne pense qu’à accroître sa fortune et agrandir son domaine. Sa fille Naïma est tombée amoureuse d’un jeune chanteur du nom d’Hassan. Régulièrement, ils se retrouvent en cachette et se promettent l’un à l’autre. Malheureusement Metwaly a d’autres projets pour sa fille. Il souhaite qu’elle épouse Atwa, un cousin. Cet homme n’a rien d’aimable et il a demandé la main de Naïma uniquement pour devenir le propriétaire des terres de son oncle. Metwaly pour se débarrasser du jeune amoureux de sa fille décide de précipiter la date du mariage. Naïma ne peut l’accepter : elle s’enfuit et trouve refuge chez la mère d’Hassan. Mais on la retrouve bien vite et elle doit retourner chez son père…
C'est le premier film de Soad Hosny. Elle a seize ans.
Notre avis : un Roméo et Juliette égyptien mais qui à l’inverse de son modèle britannique se termine bien. Une histoire d’amour parfois émouvante même si on pourra regretter le jeu un peu mièvre de la toute jeune Soad Hosny. Pour nous, l’intérêt principal du film repose essentiellement sur sa peinture très réaliste des .mœurs rurales de l’époque. Une bande originale somptueuse due à la collaboration de trois grands compositeurs.
Jeudi 5 février à 22h
L'Amour en 1970 de Mahmoud Zulficar (Hob al Sanat 70, 1969)
avec Ahmed Ramzy (Sherif), Mohamed Awad (Mohsen, le cousin de Sherif), Nawal Abou El Foutouh (l’assistante de Sherif), Nelly (Noura), Habiba (Hanan), Nahed Yousri (Nardina), Mohamed Shawki (l’oncle de Sherif), Kanan Wasfy (Adnan), Hassan Hafify (Hassan), Mimi Gamal (Doris), Aleya Abdel Moneim (la mère de Noura)
Scénario : Hami Saif El Nasr
Adaptation de la comédie Boing Boing du dramaturge français Marc Camoletti, une adaptation sans doute inspirée de celle réalisée aux Etats-Unis en 1965 par John Rich avec Tony Curtis et Jerry Lewis
Musique : orchestre Al Masiah
Production : Abbas Helmy
Comédie. Sherif a quitté son village natal pour étudier au Caire. Il prétend préparer un doctorat mais en fait, il mène grande vie, accumulant les conquêtes féminines. Il a ouvert un bureau s’occupant du fret aérien. Il peut ainsi rencontrer des hôtesses du monde entier. Au moment où commence l’histoire, Sherif a trois maîtresses, trois hôtesses de trois nationalités différentes et avec trois emplois du temps différents. Il peut ainsi organiser sa vie amoureuse sans qu’aucune de ces femmes ne tombe nez à nez avec les deux autres. Mais un jour son cousin, un paysan un peu fruste, sonne à sa porte. Il est envoyé par son père, l’oncle de Sherif, qui souhaite mettre un terme aux études trop coûteuses de son neveu…
Notre avis : deuxième adaptation égyptienne de la pièce à succès de Marc Camoletti après celle de Nagdi Hafez réalisée en 1968 et intitulée "Poursuite Amoureuse". Elle est peut-être un peu plus fidèle à l'original que sa devancière mais pas forcément plus réussie. A voir quand même pour le portrait de la jeune femme moderne telle qu’on se la représentait à l’aube des années soixante-dix. Dans ce film, on la retrouve incarnée par trois actrices qui rivalisent de fougue et de charme : Nelly, Nawal Abou El Foutouh et Habiba. Malheureusement, Mohamed Awad qui endosse avec sa subtilité légendaire le rôle du cousin campagnard vole la vedette à tous ses partenaires en cabotinant sans mesure.
Amour et Orgueil d'Hassan Al Imam (Hob wa Kibria, 1972)
avec Nagla Fathy (Zizi), Mahmoud Yassin (Hussein), Hussein Fahmy (Adel), Samir Sabri (Ahmed, le frère de Zizi), Madiha Kamel (Kawthar), Madiha Salem (Fatima, la sœur d’Hussein) Imad Hamdi (le père de Zizi), Salah Nazmi (le père de Kawthar)
Scénario : Mohamed Mostafa Samy et Youssef Issa
Musique : Sanaa El Barony, Helmy Bakr, Sami Sabri, Salah Gahin, Fouad El Zahry
Production : Ramsès Naguib
appréciation : 2/5
Zizi, la fille d’un vieux chef d’entreprise, attend avec impatience le retour de son fiancé qui a fait un long séjour à l’étranger. Ils doivent bientôt se marier. Malheureusement, la situation économique s’est assombrie et la société du père de Zizi connaît de sérieuses difficultés. Adel, le fiancé, préfère s’éloigner de celle qui n’est plus un si bon parti. Il épouse Kawthar, la fille d’un homme d’affaires fortuné qui fut une camarade de classe de Zizi. Blessée, cette dernière se marie avec Hussein, le jeune chef d’entreprise qui est venu aider son père à redresser les comptes de son affaire. Le soir même de ses noces, elle avoue à son mari qu’elle aime toujours Adel. D’un commun accord, les deux jeunes gens resteront ensemble un certain temps puis divorceront.
Amour et Orgueil est un remake de Pitié pour mes Larmes de Henry Barakat (1954) avec Faten Hamama.
Notre avis : malgré la participation de la très belle et très talentueuse Naglaa Fathy, ce film d’Hassan Al Imam déçoit. On y retrouve bien des éléments déjà exploités dans d’autres productions de la même époque. Les personnages, les situations ne présentent pas la moindre originalité et tous les comédiens se contentent de faire ce qu’ils ont déjà fait ailleurs.
Pour ne rien arranger, on a l’impression que les personnages d’ »Amour et Orgueil » ont des semelles de plomb. Le réalisateur alterne scènes debout et scènes assises avec des comédiens toujours statiques. C'est un bel exemple de cette esthétique roman-photo qui est peut-être le défaut le plus commun du cinéma égyptien.
Pourtant au début, le film s’annonçait un peu plus trépidant. Dans les quinze premières minutes, se succèdent danses et chansons au point qu’on a l’impression d’assister à une comédie musicale. Mais cette alacrité ne dure pas : danses et chansons disparaissent très vite pour laisser la place à une atmosphère morne qui se maintiendra jusqu’à la fin.
Vous êtes témoins d'Hassan El Seifi (Eshado ya nas, 1953)
avec Shadia (Fatima), Mohsen Sarhan (Hassan), (Mahmoud El Meleigy (Fadhel), Ismail Yassin (l’ami d’Hassan), Mimi Chakib (la femme de Khalid), Serag Mounir (Khalid Abdel Wahab), Kitty (la danseuse), Amina Rizk (Hassania, la femme de Fadhel), Soheir Fakhry (Amal, la sœur de Fatima), Zaki Ibrahim (le comptable de la société), Wedad Hamdy (Hamida la servante), Adly Kasseb (un partenaire de jeu de Fadhel), Lotfi El Hakim (le médecin), Kawthar Shafik (l’amie de Fatima)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique et chansons : Mounir Mourad, Kamal Al Tawil, Mahmoud Al Sharif, Fathy Qoura, Abou Al Seoud Al Ebiary
Production : Aflam Misr Algadida
Après avoir dilapidé toute sa fortune au jeu, Fadhel trouve une place de directeur dans une entreprise de construction. Cette société appartient à une grande compagnie dirigée par Khalid Abdel Wahab, un homme à la fois rigoureux et bienveillant. Malgré ses revers, Fadhel n’a pas changé sa manière de vivre : il continue à négliger sa femme et ses deux filles et il passe ses soirées à boire dans un cabaret où il retrouve une danseuse qui qui l’a littéralement ensorcelé. Pour lui complaire, il dépense sans compter et à la table de jeu, engage des sommes importantes. Afin de financer ses « menus plaisirs », il détourne les fonds de son entreprise. Entre temps, Fatima, sa grande fille, fait la connaissance d’Hassan, le fils de Khalid Abdel Wahab. Le jeune homme étudie la médecine en France et il est revenu en Egypte pour les vacances. Les deux jeunes gens tombent très vite amoureux l’un de l’autre et ils projettent de se marier. C’est à cet instant que le drame se noue : Khalid Abdel Wahab est informé par l’un de ses employés des irrégularités qui apparaissent dans les livres de comptes de Fadhel. Le chef d’entreprise veut en avoir le cœur net. Il se rend dans le bureau de son directeur et surprend celui-ci alors qu’il vient de mettre dans la poche de son veston toute une liasse de billets…
Notre avis : quand Hassan El Seifi tourne « Vous êtes Témoins » il a vingt-cinq ans et c’est sa deuxième réalisation. Les producteurs ont fait appel pour le scénario à Abou Al Seoud Al Ebiary, un scénariste chevronné ; et pour l’interprétation, ils ont engagé les plus grands noms de l’époque. Il n’empêche que ce film comporte bien des défauts : un récit mal construit avec des scènes qui se répètent (dans la première partie, les deux héros semblent rejouer plusieurs fois la même séquence en voiture.), une interprétation inégale (Shadia minaude de manière excessive, Mahmoud el Meleigy surjoue le forcené rendu fou par la débauche et Ismaïl Yassin semble se demander ce qu’il vient faire dans cette histoire.), un happy end tellement forcé que les acteurs semblent eux-mêmes ne pas y croire. Même le talent de la pétulante Kitty est bien mal utilisé : on assiste à une succession de danses endiablées filmées à la va vite. Bref, une déception.
La Femme d'un Homme Important de Mohamed Khan (Zawgat Ragol Mohim, 1988)
avec Ahmed Zaki (Hisham), Mervat Amin (Mona), Ali Ghandour (le père de Mona), Alyah Ali (la mère de Mona), Zizi Mustapha (Samiha), Hassan Hosni (le brigadier Yousri), Thuraya Ezzelddin (la femme du brigadier Yousri), Nazim Sharawi (le directeur de la sécurité de l’état), Nahed Samir (la tante d’Isham), Othman Abdel Moneim (le directeur de la sécurité de la ville), Abdel Ghany Nasser (le député), Khairy Beshara (le mari de Samiha), Mohamed Dardiry (l’écrivain Magdy Ezz Al-Arab), Tarek Mandour (le chauffeur d’Hisham)
Scénario : Raouf Tawfiq
Musique : Georges Kazazian
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Dans l'Egypte des années soixante-dix. Mona Ismaïl est une jeune fille romantique qui adore le chanteur Abdel Halim Hafez. Son père est ingénieur et pour des raisons professionnelles, il a dû s’installer avec toute sa petite famille à Minieh, une ville de Haute-Egypte. C’est là que Mona rencontre Hisham, un officier de police ambitieux et autoritaire. Elle est séduite par sa personnalité et elle accepte de l’épouser. Peu après le mariage, le jeune couple s’installe au Caire. Mona découvre très vite que son mari est un jeune homme brutal et arrogant qui exige d’elle une soumission totale. Parallèlement, Hisham comprend peu à peu les règles impitoyables de l'ascension sociale et il compte bien en user sans état d’âme. Les 18 et 19 janvier 1977 des émeutes éclatent dans tout le pays à cause de la hausse subite des prix d’un grand nombre de produits de première nécessité. Hisham veut exploiter ces troubles au profit de sa carrière personnelle...
Notre avis : l’un des meilleurs films de Mohamed Khan. Bien qu’il soit question des émeutes qui ébranlèrent le régime d’Anwar El Sadate en 1977 et que le personnage principal soit un officier de police cynique et violent, «La Femme d’un Homme Important » est davantage un drame psychologique qu’un film politique. Le réalisateur s’est surtout intéressé à la lente décomposition d’un couple, la situation sociale et politique du pays n’est évoquée que pour montrer comment elle influe sur la vie personnelle des deux héros. Ahmed Zaki et Mervat Amine sont impressionnants de justesse et de vérité dans des rôles particulièrement difficiles. On pourra regretter le caractère excessivement mélodramatique du dénouement.
Dimanche 1er février à 18h30
La Fille des Aristocrates d'Anwar Wagdi (Bint Al Akkabir, 1953)
avec Layla Mourad (Layla), Anwar Wagdi (Anwar), Ismail Yassin (Chafchaq, le collègue d’Anwar), Zaki Rostom (Shawkat, le grand-père de Layla), Soliman Naguib (l’oncle Toufiq), Zinat Sedki (Alawyat, sœur d’Anwar), Ibrahim Emara (l’avocat), Mohamed Abdel Moteleb (chanteur), Kitty (danseuse), Mohamed Kamel (Idriss le serviteur)
Scénario : Abou Al Saoud Al Ebiary et Anwar Wagdi
Musique : Ryad Al Sonbati et Hussein El Sayed
Production : Anwar Wagdi
Layla vit avec son grand-père dans un immense palais. Elle souffre de la solitude qui lui est imposée : les visites et les sorties sont rares. Un jour son grand-père lui annonce qu’il doit s’absenter pour faire le pèlerinage. Pendant son absence, il lui interdit de sortir de la maison car, prétend-il, le monde extérieur est plein de dangers effroyables. Pour lui tenir compagnie, il a fait appel à son frère, oncle Toufiq qui résidera au palais jusqu’à son retour. Avant son départ, le grand-père a une discussion très vive avec celui-ci. Toufiq ne comprend pas la discipline de fer qu’il impose à sa petite fille. Il trouve cette éducation cruelle et archaïque. Le grand-père reste intraitable. Il ne veut pas que Layla connaisse le destin tragique de sa mère qui s’est donnée la mort par amour et pour cela il tient à contrôler tous les aspects de son existence. Après avoir accompagné son frère à l’aéroport, Toufiq constate que le téléphone du palais fonctionne mal. Il prévient la compagnie des télécommunications qui lui envoie deux réparateurs. Entre Layla et Anwar, l’un des deux ouvriers, c’est le coup de foudre instantané. Le jeune homme cache d’autant moins ses sentiments qu’il pense avoir affaire à l’une des domestiques de la maison.
Dernier film que Layla Mourad et Anwar Wagdi tournent ensemble. Ils divorcent la même année pour la troisième et dernière fois.Dernier film que Layla Mourad et Anwar Wagdi tournent ensemble. Ils divorcent la même année pour la troisième et dernière fois.
Notre avis : il est amusant de constater que ce dernier film d’Anwar Wagdi avec Layla Mourad s’intitule « La fille des aristocrates » alors que le premier s’intitulait « Layla, fille de pauvres ». Dans ce film de 1953, une jeune fille « de la haute » s’éprend d’un jeune homme pauvre ; dans celui de 1945, une jeune fille pauvre s’éprenait d’un garçon « de la haute ». Mais comme de bien entendu, les deux opus se terminent par le triomphe de l’amour avec comme dernière image, le baiser des deux héros. Au-delà des clichés inévitables dans ce type de productions, « La fille des aristocrates » offre quelques agréments. Layla Mourad chante toujours aussi divinement. Son jeu peut sembler limité mais quand sa voix s’élève, toutes les réserves tombent. Les séquences musicales du film sont restées dans toutes les mémoires. Les facéties d’Ismaïl Yassin ainsi que l’improbable duo formé par Soleiman Naguib et Zinat Sedki empêchent le film de sombrer dans le sentimentalisme lénifiant. Et puis, pour tout dire, nous adorons cette scène incroyable dans laquelle Layla Mourad chante assise sur une balançoire au beau milieu d’un temple grec. Elle est entourée de danseuses en short agitant des voiles blancs et de petits cupidons tremblotants. Sans doute l’un des sommets de l’art kitsch ! Un regret pour finir : la grande danseuse Kitty n’apparaît que quelques secondes dans les dernières images du film. Frustrant !





























