Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.
Lundi 13 avril à 15h
Fatma d'Ahmed Badrakhan (1947)
avec Oum Kalthoum (Fatma), Anwar Wagdi (Fathy, le plus jeune frère du pacha), Suleiman Naguib (le pacha), Hassan Fayek (Fatouh, le frère cadet du pacha), Zouzou Chakib (la petite amie de Fathy), Saneya Shawky (la danseuse), Abdel Fatah El Kosary (Maître Mustafa, le boulanger), Ferdoos Mohamed (la mère de Fatma), Nabil Khairy (le cousin de Fatma), Mohamed Al Dib (Munir), Mohamed Kamel, Hussein Asar (le cuisinier), Edmond Tuema (le réceptionniste de l’hôtel), Mohamed Kamel El Masry (le professeur Fasih)
Scénario : Mustafa Amin, Badie Khairy
Musique et chansons : Abdul Hamid Abdel Rahman, Abdel Halim Noweira, Riad El Sonbati, Zakaria Ahmed, Mohammed Al-Qasabji, Ahmed Rami, Bayram Al-Tunsi
Dernière apparition d’Oum Kalthoum à l’écran.
Drame. Fatma est infirmière chez un pacha dont l’état nécessite un traitement lourd. Fathy, le frère cadet du maître de maison, est tombé amoureux de la jeune femme. Il multiplie les tentatives pour la séduire mais Fatma reste de marbre. Fou de désir, Fathy se résout à la demander en mariage. L’infirmière accepte. Après un voyage de noces qu’ils passent à Alexandrie, ils sont obligés de s’installer dans le modeste logement des parents de Fatma. En effet, le père de Fathy n’a pas accepté ce mariage et il est furieux contre son fils. Très vite, le jeune marié se lasse de cette existence austère dans un quartier populaire. Le luxe et les plaisirs de sa vie d'antan lui manquent. Il finit par abandonner Fatma pour retourner dans sa famille. Quelques mois plus tard, l’épouse délaissée donne naissance à un enfant. Fathy refuse de le reconnaître…
Notre avis : c’est le dernier film d’Oum Kalthoum et elle chante neuf chansons composées par ses auteurs habituels. Cela suffit à faire de « Fatma » une œuvre précieuse pour tous les amoureux de la culture arabe. On doit tout de même reconnaître que ce film n’est pas le plus réussi des six dans lesquels a joué la diva. Le scénario se présente comme un mélodrame très conventionnel et on se demande ce qui a conduit les producteurs à faire jouer à la chanteuse le rôle d’une jeune mère abandonnée alors qu’elle a au moment du tournage plus de quarante-neuf ans. Et c’est d’autant plus déconcertant qu’Oum Kalthoum ne recourt à aucun artifice pour masquer son âge. Le film aurait été beaucoup plus fort s’il avait présenté Fatma comme une femme mûre qui découvre l’amour avec son nouvel amant mais on se doute que la morale de l’époque (qui est peut-être aussi la morale d’Oum Kalthoum) ne l’aurait pas admis.
Dimanche 12 avril à 23h
Une Rumeur d'Amour avec Fateen Abdel Wahab (Ishayat hub, 1960)
avec Omar Sharif (Hussein), Soad Hosny (Samia), Youssef Wahby (Abdel Kader), Abdel Moneim Ibrahim (Mahrous, un neveu d’Abdel Kader), Ehsan Sherif (la femme d’Abdel Kader), Wedad Hamdy (la femme de chambre), Hussein Ismaïl (le cuisinier), Gamal Ramsis (le cousin « rocker »), Zeinat Olwy (la danseuse), Hind Rostom, Ragaa Al Gedawy (Zizi), Oumnia (Lola)
Scénario et dialogues : Mohamed Abou Youssef, Ali El Zorkany
D’après la pièce de John Emerson et Anita Loos, The Whole Town Talking. Aux Etats-Unis, cette pièce avait fait l’objet d’une première adaptation cinématographique en 1926.
Musique : Ahmed Fouad Hassan
Abdel Kader est un riche entrepreneur de Port-Saïd. Il considère son neveu Hussein comme son héritier. Il l’a nommé directeur-adjoint de sa société et le jeune homme réside avec lui dans sa grande maison bourgeoise. Abdel Kader a une fille, Samia, qui termine ses études au Caire. Il aimerait bien qu’elle épouse Hussein. Si ce dernier n’est pas insensible au charme de la jeune fille, en revanche Samia n’est guère intéressée par ce cousin trop sérieux et à l’apparence guère engageante. Elle lui préfère un autre cousin qui ne travaille pas mais qui sait chanter et danser. L'oncle, exaspéré par cette situation, va aider Hussein a conquérir le coeur de sa fille. Il est convaincu que Samia tombera amoureuse de son cousin maladroit si on parvient à la rendre jalouse. Il répand la rumeur que Hussein a une liaison avec l'actrice Hind Rostom...
Notre avis : l’un des meilleurs films de Fateen Abdel Wahab, le génie de la comédie égyptienne. Le casting réunit les actrices et les acteurs les plus talentueux de chaque génération (de Youssef Wahbi, 62 ans, à Soad Hosny, 17 ans). La mise en scène nous épate par son inventivité et son élégance (La séquence d’ouverture est déjà un petit chef d’œuvre !). A voir aussi pour Omar Sharif à contre-emploi, irrésistible en amoureux empoté, même si notre préférence va à Gamal Ramsis, hilarant en jeune "yéyé" effronté et vaniteux. Le soin apporté aux moindres détails fait de cette comédie familiale un classique qui témoigne de ce que fut l'Egypte à l'aube des années soixante, un pays en plein essor se tournant résolument vers l'avenir, quitte à heurter la frange la plus conservatrice de la société. Dans "Une Rumeur d'Amour", Fateen Abdel Wahab observe avec un regard malicieux comment le monde figé de la grande bourgeoisie est ébranlé par ces mutations. En prime, il y a Soad Hosny qui nous gratifie d’une leçon de chacha mémorable. Alors ne boudons pas notre plaisir.
L'Evasion d'Atef El Tayyeb (Al Huroub, 1991)
avec Medhat El-Sherif; Ahmed Zaki (Montasser), Abdel Aziz Makhyoun (Major Salem Abdel Razek), Zouzou Nabil (la mère de Montasser), Hala Zedki (Sabah, la danseuse), Mahmoud El Bezawy (le frère aîné de Montasser), Nermin Kamal (la sœur de Montasser), Layla Sheir (la directrice de l’école), Mohamed Wafik (Colonel Fouad Al-Sharnoub), Abu Bakr Ezzat (le Général), Youssef Fawzy (Medhat, le directeur de la société), Samir Wahid (Farid Ezzat, l’agent de change), Aïda Fahmy (Zeinab, la cousine et la femme de Montasser), Salah Abdullah (le fabricant de faux papiers), Ezzat Al Machad (le rédacteur en chef du journal), Ahmed Adam (Aziz, le journaliste), Soheir Tawfiq (la femme de Medhat)
Scénario et dialogues : Mostafa Moharam
Inspiré du roman Le Comte de Monte-Cristo, un roman d’Alexandre Dumas
Musique : Modi Al Imam
Figure dans la liste des 100 films les plus importants du cinéma égyptien.
Drame. Montasser travaille pour une société qui s’occupe d’envoyer des ouvriers égyptiens dans les pays du golfe. Ne supportant plus de voir ces travailleurs exploités et escroqués par son patron qui leur délivre des faux visas, il veut dénoncer ces pratiques frauduleuses à la police. Mais son chef est plus rapide que lui : il parvient à faire arrêter son employé pour détention de drogue. Montasser est condamné à deux ans de prison. Pendant sa détention, il n’a plus aucune nouvelle de sa femme. Quand il est enfin libéré, il veut la retrouver et se venger de son ancien patron. Il se rend au domicile de ce dernier et le tue dans son lit sous les yeux de son épouse. Le soir même, il fait la connaissance d’une danseuse avec qui il passe la nuit. Le lendemain matin, il part à la recherche de sa femme. Celle-ci a été manipulée par une entremetteuse qui l’a convaincue de partir en Turquie pour s’y prostituer. Il retrouve très vite cette mère maquerelle. Elle occupe une fonction fort honorable : directrice d’une école pour jeunes filles. La dame refuse de lui dire où se trouve sa femme. Alors Montasser tente de la faire avouer par la force. En tentant de résister, la directrice chute et sa tête vient frapper violemment l’accoudoir du canapé. Elle meurt sur le coup. Montasser doit fuir…
Notre avis : un drame social très sombre qui se présente un peu comme la version moderne du film de Kamal El Sheikh «Le Voleur et les Chiens » réalisé trente ans plus tôt (le rôle d’Hala Zedki dans « L’Evasion » semble même copié sur celui de Shadia !). Mais la situation du héros d’Atef El Tayyeb est encore plus tragique que celle du voleur de Kamal El Sheikh car lui sera trahi par ses amis et condamné par la société pour s’être élevé contre la corruption des puissants et l’exploitation des plus faibles. Ahmed Zaki incarne avec une grande vérité cet individu traqué et happé par un engrenage dont il ne sortira pas vivant. Cette tragédie moderne est l’un des meilleurs films d’Atef El Tayyeb, le réalisateur le plus doué de sa géneration qui sut à la fois plaire à la critique et au grand public.
Vendredi 10 avril à 19h30
Abou Dahab de Karim Diaa Eddine (1996)
avec Ahmed Zaki (Abou Dahab), Raghda (Fakrya), Esaad Younes (Zinab, la femme d’Abou Dahab), Maaly Zayed (la sœur d’Abou Dahab), Mamdouh Wafi (Saad), Sabri Abdel Aziz (Al Kabir), Mohy Eddin Abdel Mohsen (Haridi, le marchand de café), Sami Sarhan (le beau-frère d’Abou Dahab), Adel Ammar (le médecin), Hagag Abdel Azim (Abou Rayah, un collaborateur d’Abou Dahab), Tarek Fahmy (le frère de Fakrya)
Scénario : Samir Abdel Azim
Musique : Hussein Al Imam, Samir Abdel Azim, Hassan Esh Esh
Production : Karawan Films
Abou Dahab est employé dans une grande boulangerie-pâtisserie de la ville. Il accepte de faire de la prison à la place de son patron car celui-ci s’est engagé à prendre soin de sa femme et de son fils. Une fois libéré, il apprend que son employeur n’a rien fait pour sa famille, que sa femme a dû travailler dur pour donner à manger à leur fils. Furieux, Abou Dahab se rend à la boulangerie et corrige sévèrement le patron. Il arpente les rues de la ville pour trouver du travail mais toutes ses tentatives sont vaines. Enfin, un marchand de café s’intéresse à son sort et l’embauche dans sa boutique. Il sera livreur. Son patron est satisfait de son travail et le paie généreusement. Lui et sa famille peuvent enfin sortir de la misère. Mais Abou Dahab finit par découvrir que les colis qu’il livre ne contiennent pas du café mais de la drogue. Il est furieux mais il accepte de continuer à travailler pour le faux marchand de café contre une augmentation de salaire. Son fils tombe gravement malade et il doit être hospitalisé. Abou Dahab apprend son décès alors qu’il se trouve avec son patron pour effectuer une transaction délicate. L’opération se passe mal : alors qu’ils sont en voiture sur le chemin du retour, la police tente de les intercepter et son patron est tué d’un coup de revolver. Abou Dahab parvient tout de même à les semer. Il prend la succession de son patron et décide de poursuivre toutes ses activités…
Notre avis : dans la filmographie de l’immense acteur Ahmed Zaki, « Abu Dahab » ne figure pas parmi les oeuvres les plus marquantes de sa carrière.. Le film s’inscrit dans un registre de thriller assez conventionnel, dont l’intrigue puise largement dans les codes des productions commerciales des années soixante-dix et quatre-vingt. On s’étonne d’ailleurs de découvrir qu’il date de 1996 tant son esthétique semble calquée sur celle d’un cinéma d’action appartenant déjà au passé.
Si « Abu Dahab » retient néanmoins l’attention, c’est par la noirceur de son univers moral. Le récit dépeint un monde où la nécessité, l’ambition et l’appât du gain poussent les personnages à adopter des comportements opportunistes, parfois franchement sordides. Dans cet environnement corrompu, l’amour et l’authenticité ne sont que des mirages ; seules triomphent la manipulation, la duplicité et la violence des rapports humains.
À sa sortie, le film fit scandale en raison de ses nombreuses scènes jugées « osées ». D’abord, celles avec Ahmed Zaki et la superbe actrice d’origine syrienne Raghda, dont la beauté aristocratique et la sensualité compensent un jeu parfois limité. Mais aussi celles entre Maali Sayed et Sami Sarhan qui se livrent sans cesse à des étreintes jugées trop explicites pour le public égyptien de l’époque. Ces séquences valurent aux deux acteurs des poursuites pour « incitation à la débauche » et une condamnation en première instance à un an de prison, avant que la cour d’appel ne les relaxe.
« Abu Dahab » n’est certes pas un chef d’œuvre (certains critiques ont même reproché à Ahmed Zaki de s’être fourvoyé dans un film de série B indigne de son talent.) mais il demeure un objet singulier qui rappelle les thrillers d’une autre époque, notamment ceux de Niazi Mustafa et d’Houssam Al Din Mustafa, par son sens de l’action et son audace morale.
Jeudi 9 avril à 15h
La Mère Célibataire d'Helmy Rafla (al-anisa mama, 1950)
avec Mohamed Kamal Al Masri (Monsieur Okasha), Ismaël Yassin (Nabih, l’assistant de Monir), Sabah (Nimra), Mohamed Fawzy (Monir Yousri), Soliman Naguib (le père de Monir), Hagar Hamdy (Farawila, la fiancée de Monir), Zinat Sedki (Khoukha, la femme de Monsieur Okasha), Gracia Kassin (la directrice du refuge), Mohamed Sobeih (le serveur), Monir El Fangary (le vendeur de chocolat)
Scénario : Abou Al Seoud Al EbiaryMusique : Mohamed Fawzy
Production : Mohamed Fawzy
Comédie musicale. Nimra rêve d’être chanteuse mais en attendant que la chance veuille bien lui faire signe, elle est vendeuse dans un magasin de disques à Alexandrie. Un jour, elle lit dans le journal une annonce publiée par Monir Yousri, un musicien célèbre qu’elle admire. Il prépare une nouvelle comédie musicale et recherche des chanteuses. Nimra décide de monter au Caire pour se présenter aux auditions. Elles sont dirigées par l’assistant de Monir tandis que celui-ci écoute les prestations depuis le bureau de son père, grâce à un haut-parleur relié au micro devant lequel défilent les candidates. La voix de Nimra impressionne le chanteur et Yousri Pacha, son père, mais un malentendu conduit l’assistant à la renvoyer du théâtre. Heureusement, Nimra ne s’avoue pas vaincue. Sa voix n’a pas convaincue son idole, pense-t-elle, alors c’est par l’amour qu’elle l’atteindra. Elle retrouve les deux hommes dans un cabaret. Ils s’installent à la même table. Yousri Pacha est aussitôt séduit par sa personnalité mais Monir les a rapidement laissés en tête à tête pour rejoindre à une autre table sa fiancée. Décidément, la partie ne va pas être facile…
Notre avis : au début des années cinquante, Helmy Rafla est le roi incontesté de la comédie musicale. Comme tous les films qu’il réalise à cette époque, « La Mère Célibataire » est une réussite totale. Sabah et Mohamed Fawzy forment un duo incroyable, aussi talentueux dans le jeu que dans le chant. Le rythme est effréné, les portes claquent, les répliquent fusent, les corps se croisent, s’étreignent ou s’affrontent. L’une des scènes les plus mémorables du film est celle où Nimra (Sabah) et la fiancée de Monir (Hagar Hamdy) se battent avec une sauvagerie réjouissante tandis que leurs partenaires masculins (Mohamed Fawzy et Ismaël Yassin) tentent vainement de s’interposer. Les très nombreux numéros chantés et dansés affichent la même invention et la même fantaisie : « La Mère Célibataire* » est aussi une déclaration d'amour au music-hall.
*Le titre est un peu curieux : il fait référence uniquement à la dernière partie de l’intrigue et il semble annoncer un drame social, bien loin de l’atmosphère enjouée qui règne de bout en bout dans cette comédie musicale.
Le Monstre de Salah Abou Seif (El Wahsh, 1954)
avec Anwar Wagdi (l’enquêteur), Samia Gamal (la danseuse), Mahmoud El Meleigy (Abdel Sabour), Abbas Fares (Radwan Pacha), Samiha Ayoub (la femme de l’enquêteur), Mohamed Tawfik (le mari de la danseuse), Omar El Gizawi (le domestique de l’enquêteur), Tousoun Motamad (homme de main du monstre), Ibrahim Moheb (le maire), Ahmed El-Hamaky (Hindawi), Fifi Sayed (la femme d’Hindawi), Ibrahim Hechmat (le chef de la police locale), Soleiman El Gendy (le fils de l’enquêteur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abu Seif, El Sayed Bedeir
Musique et chansons : Fouad El Zahry, Ahmed Sedqi, Abdel Halim Nawira, Abdel Fattah Mustafa
Production : Pierre Zerbanelli
Le Monstre faisait partie des films en compétition au Festival de Cannes de 1954 (Président du jury : Jean Cocteau)
Thriller rural. Abdel Sabour est à la tête d’un gang qui fait régner la terreur dans un petit village de Haute-Egypte. Il force les paysans à lui vendre leurs terres à vil prix. Si ceux-ci résistent, il fait enlever leurs enfants et réclame une rançon. Abdel Sabour jouit d’une totale impunité car il est protégé par Radwan Pacha à qui il rend de précieux services lors des élections. Les autorités finissent par s’émouvoir d’une telle situation. Un officier de police s’installe avec femme et enfant dans le village. Sa mission : démanteler le gang et rétablir l’ordre…
Notre avis : Un très grand film. L’année précédente, Salah Abou Seif et son scénariste, l’écrivain Naguib Mahfouz, avaient réalisé un thriller sur Raya et Sakina, les célèbres tueuses en série d’Alexandrie. Cette fois-ci, ils s’intéressent à un criminel qui terrorisa paysans et villageois en Haute-Egypte dans les années quarante. Pour ce second opus rural, les références sont clairement du côté du western américain avec cet officier de police qui va devoir affronter pratiquement seul le truand et ses sbires. Le film prend une dimension politique dans sa dénonciation de la complicité qui unit le criminel et le notable, chacun trouvant dans l’autre un allié de poids pour affermir sa puissance et accroître sa fortune. Dans le rôle de l’officier de police, on retrouve Anwar Wagdi dont le choix nous laisse perplexe comme pour le film précèdent. En revanche, Mahmoud El Meleigy et Samia Gamal sont remarquables en amants diaboliques.
C’est à propos de ce film que le critique français Georges Sadoul utilise pour la première fois l’expression « thriller social » pour en souligner le réalisme et le caractère quasi documentaire.
La Dernière des Folies d'Issa Karama (Akhar Genan,1965)
avec Ahmed Ramzy (Monem), Mohamed Awad (Fathi, le frère de Monem), Zizi El Badraoui (Nabila), Imad Hamdi (Docteur Hamdi), Abdel Monem Madbouly (le père de Nabila), Thuraya Fakhry (tante Sherbat), Amal Zayed (tante Khaira),George Sedhom (Ezzat, le frère de Monem), El Deif Ahmed (El Deif, un fou), Samir Ghanem (Samir, un fou), Zakaria Mowafy (l’officier de police)
Scénario : Hussein Abdel Nabi, Abdel Moneim Madbouly
Inspiré d’Arsenic et Vieilles Dentelles (1941) du dramaturge américain Joseph Kesselring qui en 1944 fera l’objet d’une première adaptation au cinéma réalisée par Frank Capra
Musique : Michel Youssef
Production : les films Karama
Après un long séjour passé à l’étranger pour ses études, Moneim est de retour en Egypte. Pendant ces années, il s’est lié avec sa condisciple Nabila qui elle aussi a terminé ses études. Ils ont fait le voyage ensemble et ils se séparent à l’aéroport du Caire. Moneim promet à sa fiancée de venir la voir à Alexandrie pour faire auprès de son père sa demande en mariage. Il sera accompagné de ses deux tantes et de son frère Fathi. Moneim retrouve ses deux vieilles parentes qui fêtent son retour avec allégresse. Malheureusement, il découvre que son frère Fathi a sombré dans une démence profonde : il se prend tantôt pour Hitler, tantôt pour Napoléon ou bien encore pour Ramsès II. Moneim est d’autant plus bouleversé par cette nouvelle que son autre frère, Ezzat, est toujours interné en hôpital psychiatrique. Ce qu’il craint le plus au monde, c’est lui aussi un jour de devenir fou. Il se rend chez un médecin qui le rassure. L’entrevue avec le père de Nabila se passe au mieux. Moneim avait pris soin de ne venir accompagné que d’une seule de ses tantes. Mais peu après, Nabila et son père se présentent au domicile des deux tantes alors que Moneim est à son travail. Les deux visiteurs font la connaissance de Fathi en pleine crise de démence…
Notre avis : la folie est un thème maintes fois exploité par les auteurs de comédies des années cinquante et soixante (Rappelons qu’en 1958, Issa Karama avait déjà réalisé « Ismaël Yassin chez les Fous ».). La plupart du temps, cela donne des films médiocres dans lesquelles on demande à quelques comiques de faire les pitres affublés de costumes variés. Dans ce genre, « La Dernière des Folies » nous semble un cas d’école. L’intrigue empruntée à « Arsenic et Vieilles Dentelles » n’est qu’un prétexte à empiler les numéros des quatre fantaisistes engagés pour faire rire le public. On a d’abord Mohamed Awad qui se déguise en Hitler (pas franchement du meilleur goût) puis en Napoléon tout en se livrant aux mêmes contorsions et grimaces d’un bout à l’autre du film. Mais il y a surtout le trio comique formé par George Sedhom, El Deif Ahmed et Samir Ghanem. Comme à leur habitude, les trois « copains » exécutent des numéros de music-hall avec application et sans finesse. Le fait qu’ici ils jouent des fous rend leur prestation plus fastidieuse qu’à l’ordinaire. Tous ceux qui ont œuvré à cette « Dernière des Folies » semble avoir oublié une chose : pour déclencher le rire, il ne suffit pas de se déguiser et de faire des grimaces, il faut des gags. Et cette « comédie » en manque cruellement.
Lundi 6 avril à 19h30
Nos plus beaux jours d'Helmy Halim (Ayyamine el helwa, 1955)
avec Omar Sharif (Ahmed), Faten Hamama (Houda), Abdel Halim Hafez (Ali), Ahmed Ramzy (Ramzy), Zahrat Al Oula (Salwa, la cousine d’Ahmed), Zinat Sedky (Zenobia), Serag Mounir (Oncle d’Ahmed), Aziza Helmy (la folle), Saïd Khalil (le médecin), Ibrahim Hechmat (le chirurgien), Ahmed Saïd (docteur Shouqi Yassin), Fifi Sayed (la tante d’Houda), Abel Moneim Ismaël (Monsieur Gomah), Ali Rushdy (le frère de la folle)
Scénario et dialogues : Ali El Zorkani
Musique : Morsi Gamil Aziz, Kamal Al Tawil, Mohamed Al Mogi
Production : Helmy Halim
C‘est la deuxième fois qu’Omar Sharif et Faten Hamama se retrouvent dans un même film. Ils se sont rencontrés l’année précédente sur le tournage de Ciel d’Enfer de Youssef Chahine.
Houda est une jeune fille qui vient de sortir de l’orphelinat. Elle a trouvé un emploi de garde-malade et elle loue une chambre dans une grande maison tenue par madame Zenobia. Elle a comme voisins trois étudiants, Ahmed, Ramzy et Ali. Ils sont immédiatement conquis par la beauté et la gentillesse de la jeune femme et elle devient aussitôt le quatrième membre de la petite bande. Progressivement, Houda et Ahmed vont être attirés l’un par l’autre, ce qui va provoquer la jalousie de Ramzy. Mais la jeune femme tombe gravement malade et son état nécessite une opération chirurgicale qu’elle est incapable de payer. Les trois garçons vont tout entreprendre pour réunir la somme exigée par l’hôpital…
Notre avis : malgré une intrigue un peu mièvre, un film qui n'est pas sans charme. L’une des raisons à cela, c’est qu’on assiste à l’apparition d’une nouvelle génération d’acteurs particulièrement talentueuse : les cinq rôles principaux sont tenus par des garçons et des filles qui sont nés autour de 1930*. Ils ont donc une vingtaine d’années et ils ne sont pas encore les monstres sacrés qu’ils ne tarderont pas à devenir. On ne peut non plus rester insensible au duo formé par Faten Hamama et Omar Sharif (qui dans la vraie vie sont tombés amoureux l’un de l’autre quelques mois auparavant). L’une des plus belles scènes du film est celle de leur « colloque sentimental » au pied des pyramides.
*Omar Sharif est né en 1932 , Faten Hamama en 1931, Abdel Halim Hafez en 1929, Ahmed Ramzy en 1930, Zahrat Al Oula en 1934
Dimanche 5 avril à 23h
L'épouse n°13 de Fateen Abdel Wahab (al-Zaawgah raqam talata'ch, 1962)
avec Rushdy Abaza (Mourad), Shadia (Aïda), Abdel Moneim Ibrahim (Ibrahim, l’ami de Mourad), Shwikar (Karima, l’ancienne fiancée de Mourad), Hassan Fayek (le père d’Aïda), Shihab Nassim (Kamal), Zeinat Olwi (Nani), Wedad Hamdy, Zeinab Sedky (la mère de Mourad), Mahmoud Lotfi (Abdel Ghafour), Helen (Sonia), Ahmed Amer (le directeur de l’hôtel)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary et Ali El-Zorkani
Inspiré des Mille et Une Nuits (la relation entre les deux personnages principaux est calquée sur celle unissant le sultan Shahryar et Shéhérazade)
Musique : Fouad El Zahry
Production : Gamal El Leithy Films
appréciation : 4/5
Comédie. Mourad est un homme d’affaires qui dirige une usine de textile. C’est aussi un véritable Dom Juan. A Alexandrie, il rencontre Aïda, fille d’un ancien ministre. Il entreprend de la séduire mais celle-ci résiste à ses assauts répétés. Il décide alors de s’attirer les bonnes grâces du père : il l’aide à régler de petites dettes, l’invite au restaurant et lui demande la main de sa fille. Mourad a bien l’intention de divorcer aussitôt qu’il aura obtenu les faveurs de la belle. Aïda ne pouvant lutter contre la coalition formée par son père et son amoureux, finit par accepter le mariage. A peine mariée, elle a la visite de Karima, une ancienne épouse de Mourad qui lui apprend qu’elle est la treizième jeune femme à convoler avec celui-ci.
Notre avis : L’un des films les plus célèbres de Fateen Abdel Wahab, une comédie féministe menée tambour battant par Shadia et son compère Rushdy Abaza. Ce dernier qui a bâti toute sa carrière comme l’archétype du mâle égyptien accomplit ici une performance d’autodérision particulièrement savoureuse. « L’Epouse n°13 » représenta l’Egypte au Festival de Berlin de 1962 où il fut ovationné. Rushdy Abaza rata de peu le prix d’interprétation masculine qui revint à James Stewart (La concurrence était rude !). D’une modernité surprenante, d’une finesse rare et d’un humour acéré, le scénario demeure une source d’émerveillement soixante-cinq ans après la sortie du film. Il est l’œuvre d’Abou Al Seoud Al Ebiary, sans doute le plus fécond et le plus inspiré des auteurs de la comédie égyptienne.
Samedi 4 avril à 23h
Le Voleur et les Chiens de Kamal El Sheikh (El less wal kilab, 1962)
avec Chukry Sarhan (Saïd Mohamed Mahran), Shadia (Noura), Kamal Al Shennawi (Rauf Alwan), Zein El Ashmawy (Alish Sidra, l’ancien complice de Saïd), Salwa Mahmoud (Naboui, la femme de Saïd), Adly Kasseb (Cheikh Alarah), Salah Gaheen (le marhand de vin), Ikram Izou (Sana, la fille de Saïd), Salah Mansour (le compagnon de cellule de Saïd), Samia Mohamed (la voisine de Noura), Fifi Youssef (une prostituée)
Scénario : Sabri Ezzat
D'après un roman de Naguib Mahfouz
Musique : André Ryder
appréciation :5/5
Adapté de l'un des chefs d'oeuvre de Naguib Mahfouz. Une adaptation réalisée à peine un an après la parution du roman.
Saïd est un voleur. Il est marié et a une petite fille. Il ne sait pas qu’Alish, son associé, entretient une liaison avec sa femme. Lors d’un cambriolage, Alish téléphone au commissariat pour dénoncer Saïd. Quand ce dernier sort de la maison, il est accueilli par la police. Les juges le condamnent à cinq années de prison.
Saïd est libéré avant la fin de sa peine pour bonne conduite. Il retourne dans son quartier et se présente au domicile d’Alish et de son ex-femme. Il souhaite revoir sa fille mais celle-ci ne le reconnaît pas et prend peur quand il tente de l’embrasser. Bouleversé, Saïd renonce à faire valoir ses droits paternels. Désormais, il n’a plus qu’une idée en tête : se venger…
Notre avis : un chef d’œuvre. Un film hors norme, d’une beauté abyssale et d’une densité vertigineuse. Une histoire tragique contée avec une sobriété toute classique mais qui permet au réalisateur d’entrelacer considérations sociales, philosophiques et politiques sur la société égyptienne dix ans après la prise de pouvoir des officiers libres. Que dire de l’interprétation sinon que Chukry Sarhan et Shadia s’affirment ici comme les deux plus grands acteurs de leur génération.
Vendredi 3 avril à 19h30
Les Jolies Belles-Mères d’Helmy Rafla (Al Hamawat Al Fatenat, 1953)
avec Kamal el-Shennawi (Samir), Cariman (Nabila), Ismaïl Yassin (Baghat), Mary Moneib (la mère de Samir), Mimi Chakib (la mère de Nabila), Abdel Azim Kamel (le médecin), Abdel Salam El Nabulsi (Hanemm, le masseur), Wedad Hamdy (la nourrice), Zoheir Sabri (Gamal, le fils du directeur), Ibrahim Hichmat (le directeur), Abbas Rahmy (le juge), Abdel Moneim Saoudi (le mathoun)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Fathy Qoura, Ahmed Sabra, Hassan Abou Zayed, Fouad El Zahry
Production : Assia Dagher
Comédie. Samir est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui jouit d’une bonne situation. Il épouse enfin Nabila, la jeune fille qu’il aime depuis des années. Behjat, son meilleur ami, le met en garde contre les inconvénients du mariage mais Samir passe outre. Le voyage de noces des deux tourtereaux est un enchantement et comble de bonheur, quelque temps après leur retour, ils apprennent que Nabila est enceinte. Malheureusement, par leur comportement jaloux et tyrannique, les deux futures grands-mères vont faire vivre un véritable enfer au jeune couple. Dès la naissance de l'enfant, les deux femmes s'installent chez les jeunes parents pour leur prodiguer leurs précieux conseils. Comme leurs conceptions d'éducation s'opposent en tous points, les disputes s'enchaînent. Et la situation se tend davantage avec l'arrivée d'une nourrice qui a, bien entendu, ses propres idées sur la question...
Notre avis : après « Ma Belle-Mère est une Bombe Atomique », voici ‘Les Jolies Belles-Mères ». Cette nouvelle variation sur ce thème inépuisable de la belle-mère intrusive et despotique n’a pas le charme de la première. Le scénario se réduit à quelques idées pas très originales et pendant la majeure partie du film on assiste aux interminables disputes des deux grands-mères. Plus embêtant encore : Mary Moneib et Mimi Chakib ne jouent pas très bien et leur jeu devient même pénible dans le dénouement. A noter que c’est le premier film de Cariman. Elle a dix-sept ans et elle fait franchement moins, ce qui est un peu gênant pour incarner une jeune épouse qui vient d’être mère. L’auteur du scénario est Abou Al Seoud Al Ebiary, fidèle collaborateur d’Helmy Rafla. Travailleur infatigable, il écrivait sans relâche et dans les années cinquante, on le retrouvait souvent à l’affiche d’une dizaine de films par an. On lui doit certaines des comédies les plus réussies de l’âge d’or du cinéma égyptien alors on peut bien lui pardonner son manque d’inspiration sur d’autres productions à l’instar de celle-ci.
Jeudi 2 avril à 15h
L’amour n’a pas de remède de Youssef Maalouf (al-hawa maloush dawa, 1952)
avec Shadia (Samara), Kamal Al Shennawi (Latif), Ismail Yassin (Khafif), Thoraya Helmy (Shahala), Fakher Fakher (Bahjat Bey), Reyad El Kasabgy (un des hommes de Bahjat Bey), Aida Kamel (Layla), Abdel Ghany Kamar (le président du conseil d’administration), Lotfi El Hakim (le président de la société des Tramways)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary et Youssef Issa
Auteurs et compositeurs des chansons : Abdel Aziz Salam, Ahmed Sedqi, Saleh Jawdat, Sedqi Al-Hawa, Fathi Qawra, Mahmoud Al-Sharif, Izzat Al Jahili
Production : Henry Barakat
Comédie chantée. Latif et Khafif sont deux amis qui travaillent dans la même entreprise. Un jour, ils sont chargés de représenter leur société lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de tramway. Malheureusement durant cette mission , Khafif assomme un officiel d’un violent coup de maillet. Le directeur licencie les deux compères sur-le-champ. Latif et Khafif décident de jouer aux courses tout le montant de leurs indemnités. Ils commencent d’abord par perdre mais lors de la dernière course ils gagnent enfin alors qu’ils pensaient avoir à nouveau joué de malchance. En fait, cette bonne fortune, ils la doivent à une jeune femme avec qui Latif s’est disputé à propos d’une prétendue erreur concernant l’attribution des tickets par l’employé de la société hippique.
Les deux amis retrouvent l’inconnue dans un cabaret où ils sont allés dîner. Elle est la chanteuse de l’établissement et elle s’appelle Samara. Latif la rejoint dans sa loge. Une conversation s’engage et le jeune homme fait tout pour dissiper l’animosité que la jeune femme semble encore éprouver à son égard. Apparaît le directeur du cabaret qui met aussitôt Latif à la porte. Cet homme, cruel et malhonnête, est amoureux de Samara et il souhaite l’épouser : il ne souffre la présence d’aucun rival…
Notre avis : Youssef Maalouf tourne une nouvelle fois avec le trio vedette qu’il avait réuni l’année précédente dans « Egaux dans le Malheur », à savoir la jeune Shadia accompagnée de ses deux compères Ismaël Yassin et Kamal El Shennawi. La recette est à peu près la même : des chansons, des gags et de l’action. Le film ne manque ni de punch ni de fantaisie et la première partie, l’inauguration de la ligne du tramway, nous rappelle la verve satirique de certaines comédies françaises ou américaines des années trente. Cela dit, certains gags ont beaucoup vieilli (Je pense à la scène dans laquelle les deux garçons se sont grimés en noirs et jettent des peaux de banane sur la piste de danse pour faire tomber les danseurs). Cette comédie est certes distrayante mais elle n’a pas la qualité de « Egaux dans le Malheur ». Une raison possible à cela : le scénario cette fois-ci n’est pas signé Henry Barakat qui se contente pour ce second opus d’être le producteur.
Mercredi 1er avril à 23h
Un Mari à la Demande d'Adel Sadeq (Zoug Taht Eltalab, 1985)
avec Adel Imam (Mamdouh Fatiah), Nabaweya Sayed (la mère de Mamdouh), Youssef Dawood (le chef de Mamdouh), Fouad El Mohandes (Zuhdi Bey, le directeur), Sally (Dawlat Hanem, la femme de Zuhdi), Wahid Hamdy (le premier témoin du mariage), Ali Al Sherif Al Saghir (le deuxième témoin du mariage), Othman Abdel Moneim (le mazoune), Mohamed Reda (Naïm Bey), Layla Olwi (Nahed, la femme de Naïm Bey), Sayed Abdel Ghani (Shaker Bey), Hala Sedqy (Hala), Mahmoud Rashad (le père de Zuhdi), Mona Darwesh (la secrétaire de Zuhdi)
Scénario : Helmy Salim
Musique : Hani Mehanna
Production : Wasif Fayez
Mahmoud est un petit employé qui vit avec sa mère dans un minuscule appartement sur le toit d’un immeuble. Son quotidien lui offre peu de satisfaction et, chaque jour, il subit résigné les mille soucis du citadin sans le sou. Un jour, il est convoqué par son directeur qui veut lui confier une mission très délicate. C’est le chef de bureau qui l’a présenté à leur supérieur comme un employé digne de confiance. Le directeur explique le problème à son employé : il a divorce trois fois de son épouse et il souhaite reprendre la vie commune. Mais comme l’exige la religion après un troisième divorce, la femme doit épouser un autre homme puis divorcer avant de pouvoir retourner avec son précédent mari. La mission de Mahmoud est simple : il doit se marier avec la femme de son directeur, passer la nuit à leur domicile puis au matin divorcer. Pour ce « service », Mahmoud empochera une grosse somme d’argent. Evidemment, il accepte. Le contrat est signé dans le salon du directeur mais en l’absence de sa femme. Avant de s’éclipser l’homme conduit Mahmoud dans une chambre en lui demandant de n’en sortir sous aucun prétexte puis il quitte son domicile pour passer la nuit dans un hôtel. Peu après, la femme du directeur fait irruption dans la chambre, mettant très mal à l’aise son nouveau mari avec qui elle a bien l’intention de vivre une véritable nuit de noces…
Notre avis : on retrouve Adel Imam dans un rôle que l'on connaît bien, celui du petit employé pauvre et sans talent qui subitement change de condition grâce aux femmes dont il satisfait tous les désirs. L’intrigue de cette comédie repose entièrement sur cette règle qui veut qu’après avoir divorcé trois fois, un couple peut à nouveau se reformer à la seule condition que la femme ait épousé un autre individu puis ait divorcé. Le mari doit donc trouver un homme de confiance qui acceptera contre une confortable indemnité d’épouser sa femme, de passer la nuit avec elle, sous le même toit mais pas dans le même lit, et au petit matin de divorcer. Evidemment, on peut imaginer le succès qu’une telle situation peut avoir auprès des auteurs de comédies pour toutes les péripéties plus ou moins scabreuses qu’elle autorise. Dans ce film, Adel Imam devient un professionnel du mariage éclair que des maris fortunés embauchent à leurs risques et périls. Cela donne lieu à des séquences un peu répétitives : à chaque fois, on assiste à la soirée, toujours un peu coquine, que le héros passe avec son épouse d’un soir tandis que le vrai mari passe la nuit seul, torturé par la jalousie. La séquence la plus réussie est sans doute la première : l’actrice Sally joue avec un grand naturel et une délicieuse sensualité l’épouse insatisfaite prête à tout pour profiter de son nouveau mari. Une comédie sans originalité mais distrayante.



























