روروتانا كلاسيك
Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.
Dimanche 19 juillet à 20h30
Jamais je ne pleurerai d'Hassan Al Imam (Ln 'abkaa abdaan,1957)
avec Faten Hamama (Hoda, la fille du Pacha), Imad Hamd (Ahmed Mustafa, l’ingénieur agronome), Zaki Rostom (Abdoul Majid Pacha), Sanaa Jamil (Samiha, la nièce du Pacha), Rushdy Abaza (Ezzat, le neveu du Pacha), Negma Ibrahim (Asmah), Fouad Fahim (le frère du Pacha), Mary Ezz El Din (la belle-sœur du Pacha), Shafik Nour El Din (Cheikh Morsi), Wedad Hamdy (la servante Aziza), Nemat Mokhtar (la danseuse), Samira Ahmed (la fille de Morsi), Kawthar Ramzi (la fille de Morsi), Fakher Fakher (Abou Auf), Awatef Ramadan (la femme d’Abou Auf), Abdel Moneim Ibrahim (le secrétaire), Hala Fakher (une petite fille)
Scénario : Mohamed Mustafa Sami
Musique : Sayed Mustafa
Production : Hassan Ramzy
Abdoul Majid Pacha est un personnage très puissant qui veut sans cesse accroître l’immense domaine qu’il possède à la campagne. Il a récemment acquis un terrain revendiqué par une famille de paysans. Ceux-ci lui demandent de le leur restituer mais Abdoul Majid Pacha refuse catégoriquement. Tous les paysans alentour prennent fait et cause pour la pauvre famille mais le seigneur reste intransigeant. La situation se tend et la police finit par intervenir de manière brutale. La famille lésée ne s’avoue pas vaincue. Depuis la mort du chef de famille, c’est sa mère qui dirige le clan et elle a promis de se venger quoi qu’il en coûte. Avec ses hommes, elle fait régner la terreur sur le domaine de son ennemi : elle fait détruire les récoltes et les bâtiments. Tous ceux qui travaillaient pour le Pacha finissent par fuir mais celui-ci parvient à tout reconstruire et le domaine retrouve sa prospérité d’antan.
Abdoul Majid vit au Caire avec sa fille, Hoda. Il est aussi affectueux avec elle qu’il est brutal avec ses employés. Un jour Hoda décide de conduire la voiture paternelle alors qu’elle n’a pas encore obtenu son permis. Evidemment, elle finit par perdre le contrôle de son véhicule et percute une autre voiture qui arrivait en sens inverse. Le conducteur de celle-ci est Ahmed Mustafa, un ingénieur agronome. Bien qu’il ait été blessé, l’homme refuse de porter plainte. De retour chez elle, Hoda est rongée par le remords. Le lendemain, elle tente de recontacter sa « victime ». Elle apprend que l’ingénieur a été admis à l’hôpital. La jeune femme s’y rend avec son père. Une fois rétabli, Ahmed retrouve fréquemment Hoda chez elle ou lors de sorties. Tout naturellement, leur amitié se change en amour passionné. Cette situation déplait très fortement à Ezzat, le neveu du Pacha, qui rêvait d’épouser sa cousine pour profiter de la fortune de son oncle. Ezzat et sa sœur Samiha mettent à exécution un plan diabolique pour séparer Hoda et Ahmed…
Notre avis : en 1957, Faten Hamama et Imad Hamdi jouent les amoureux depuis presque une décennie malgré leur différence d’âge de vingt-deux ans. Le premier film qui les a réunis, c’est la « Dame de la Maison » réalisé par Ahmed Kamel Morsi en 1948. Faten Hamama avait alors à peine dix-huit ans. En règle générale, Imad Hamdi joue un ingénieur (parfois un médecin) d’origine modeste et Faten Hamama une jeune fille de bonne famille. Les proches de la demoiselle s’opposent à leur union mais l’amour finit toujours par triompher. Tous ces éléments se retrouvent dans « Jamais je ne pleurerai ». Pour autant, il ne faudrait pas réduire ce film à un catalogue de lieux communs. C’est une saga familial construite comme un roman-feuilleton (Hassan Al Imam fut un grand lecteur des romans-feuilletons français du XIXe siècle) et le réalisateur y déploie toute sa maîtrise de l’action dramatique. Faten Hamama campe avec conviction une jeune femme qui renonce à son existence oisive pour travailler comme une paysanne afin de sauver le domaine familial (Bien sûr on pense à Vivien Leigh dans « Autant en emporte le Vent ».) et Negma Ibrahim impressionne dans le rôle de la vieille femme assoiffée de vengeance et enlaidie par une haine implacable. « Jamais Je ne pleurerai » se présente comme une vaste fresque dont le souffle romanesque nous emporte.
Samedi 18 juillet à 16h
Je n’ai que toi d'Henry Barakat (malish gherak, 1958)
avec Farid Al Atrache (Ahmed), Mariam Fakhr Eddine (Basimah), Amal Farid (une soeur de Basimah), Aleya Bassim (une soeur de Basimah), Rushdy Abaza (Fathy), Hassan Fayek (Fayzi Bey, le patron de Fathy et le père de Basimah), Omar El Hariri (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Farouk Agrama (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Mimi Chakib (la femme de Fayzi Bey), Suzi Khairy (la danseuse), Adly Kasseb (le médecin)
Histoire et dialogues : Badie' Khairy
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Un remake de la comédie musicale américaine Ô toi ma charmante (titre original : You Were Never Lovelier) réalisée par William A. Seiter 1942 avec Rita Hayworth et Fred Astaire.
Musique : Farid Al Atrache
Comédie musicale. Ahmed est un chanteur qui a la passion des chevaux et des courses. C’est dans un haras qu’un jour, il retrouve son ami Fathy. Les deux camarades ne s’étaient pas vus depuis des années. Fathy travaille pour un riche chef d’entreprise et il propose à Ahmed qui est sans le sou de le rencontrer. Ce patron un peu fantasque a un souci : sa fille aînée, Basimah refuse de se marier et les jeunes sœurs de cette dernière sont furieuses car elles sont contraintes de demeurer célibataires tant que leur grande sœur le restera. Lors d’un mariage, le chef d’entreprise a convié Ahmed à chanter. Toute l'assistance est subjuguée par la voix exceptionnelle du jeune homme. Ceci va donner une idée au père de Basimah : il va utiliser le talent poétique d’Ahmed pour amener sa fille aînée à envisager l’amour avec plus de bienveillance. Chaque jour, elle recevra une lettre enflammée d’un amoureux anonyme et c’est Ahmed qui sera chargé de l’écrire…
Notre avis : certes la réalisation et le scénario sont signés Henry Barakat, l’un des plus grands cinéastes égyptiens, mais le producteur est Farid Al Atrache qui est aussi le compositeur et l’interprète des chansons, et bien sûr le héros principal de cette comédie sentimentale. C’est donc avant tout un film de Farid Al Atrache à la gloire de Farid Al Atrache. Nous retrouvons tous les lieux communs de ce type de réalisations. L’héroïne et ses sœurs évoluent dans un univers de « princesses » et elles n’ont qu’une seule préoccupation, l’amour et le mariage. Comme d’habitude, Farid Al Atrache incarne un chanteur sans le sou qui grâce à son talent saura conquérir la gloire et l’amour. La réalisation est soignée mais sans éclat. Les cinq chansons de Farid Al Atrache raviront les fans du chanteur et la beauté de Mariam Fakhr Eddine combleront les admirateurs de l’actrice. En 1954, les deux vedettes avaient déjà joué sous la direction d’Henry Barakat dans « Lettre d’Amour », un film beaucoup moins convenu que celui-ci avec l’évocation d’une passion beaucoup plus ardente et plus sensuelle que cette pauvre petite idylle sans saveur.
Vendredi 17 juillet à 20h30
Rendez-vous à dîner de Mohamed Khan (maowid ala ashaa, 1981)
avec Soad Hosny (Nawal), Hussein Fahmy (Ezzat), Ahmed Zaki (Shoukry), Zouzou Madi (Raïfa, la mère de Nawal), Ragaa Al-Geddawy (Enayat), Eglal Zaki (Soad), Adawy Gheith (Ryad), Amal Ibrahim (Shawya), Sami Sarhan (le gérant de salon de coiffure), Hafez Amin (l’avocat Rafaat), Khairy Beshara (l’acquéreur du tableau à la vente aux enchères), Marwa Al-Khatib (la secrétaire d’Ezzat), Alia Ali (la gynécologue), Hussein Al Sharif (l’inspecteur de police), Haridi Omran (le mathoun)
Scénario : Mohamed Khan et Bashir El Dik
Musique : Kamal Bakir
Production : Al-Jawhara Films
Nawal est mariée depuis plusieurs années avec Ezzat, un riche homme d’affaires. Ils se sont connus alors qu’elle était encore étudiante. Pour lui, elle a abandonné ses études et a endossé le rôle de l’épouse docile. Cette union a fait le bonheur de sa mère : après la mort du père, la vieille femme percevait une maigre pension qui l’obligeait à faire bien des sacrifices. Grâce à son gendre, elle a pu mener l’existence dont elle avait toujours rêvé. Mais voilà : Nawal n’est pas heureuse. Ezzat est constamment accaparé par son travail et ne lui prête aucune attention. Autre sujet de friction entre le mari et la femme : ils n’ont pas d’enfant malgré le désir maintes fois exprimé par Ezzat d’en avoir. Nawal a consulté une gynécologue : sur le plan physiologique rien n’empêche une grossesse mais le médecin explique que cette stérilité a des causes exclusivement psychologiques. Ce constat ne fait que renforcer la détermination de Nawal : elle veut divorcer. Elle ne peut plus attendre, elle se rend au bureau de son mari pour l’en informer. La secrétaire lui dit qu’Ezzat est parti au restaurant. Elle y court. Quand elle entre dans l’établissement, elle découvre que son mari déjeune en galante compagnie. Malgré la situation embarrassante, Nawal informe Ezzat de sa décision. Elle a peu après une discussion avec sa mère. Celle-ci est furieuse et elle exige de sa fille qu’elle renonce à son funeste projet. Le soir, Nawal et Ezzat dînent dans un restaurant espagnol avec des amis. Une fois rentrés chez eux, l’épouse réitère son souhait d’une séparation, le mari s’emporte et gifle à plusieurs reprises sa compagne puis il l’entraîne dans la chambre conjugale et lui impose une relation sexuelle. Mais rien ne fera changer d’avis Nawal. Ezzat finit par accepter le divorce car il est convaincu que cette séparation sera de courte durée. Nawal refuse l’appartement et la pension alimentaire que lui offre son mari. Elle veut être totalement autonome. Elle suit une formation pour devenir secrétaire. Au début, tout semble lui sourire : elle trouve un emploi chez son avocat et elle se réconcilie avec sa mère. Cette dernière ne supporte plus la solitude et a décidé de se remarier avec un ami de son défunt mari. Nawal accueille avec joie cette nouvelle. Malheureusement, sa mère meurt subitement alors qu’elle se trouvait dans le salon de coiffure où sa fille l’avait conduite…
Notre avis : dans ce film, Mohamed Khan dépeint la condition féminine avec des couleurs très sombres. Le constat est sans appel : dans l’Egypte des années 80, une femme ne peut prétendre à l’indépendance et au bonheur. Pour elle, le choix est simple : la soumission ou la mort. Pour illustrer ce point de vue très pessimiste, le réalisateur nous conte l’histoire tragique d’une femme de grand bourgeois qui décide de divorcer pour vivre et aimer comme elle l’entend. Mais son ex-mari aura le dernier mot et détruira impitoyablement son nouveau bonheur. Dans le rôle du mari et de la femme, nous retrouvons Soad Hosny et Hussein Fahmy. Dans les années soixante-dix, ils incarnèrent à plusieurs reprises le couple moderne bien décidé à s’aimer malgré les interdits et les tabous de la société. Je pense notamment aux deux comédies musicales d’Hassan Al Imam, « Méfie-toi de Zouzou » (1972) et « Amira Mon Amour » (1975) qui firent de Soad Hosny et d’Hussein Fahmy, les symboles de la libération des mœurs. Dans « Rendez-vous à dîner », changement radical de registre. Les deux acteurs mettent tout leur talent au service du projet artistique sans concession de Mohamed Khan. Hussein Fahmy est impressionnant en grand bourgeois froid et calculateur. C’est certainement l’un de ses plus grands rôles, loin des play-boys de bonnes familles auxquels on l’a trop souvent cantonné. La force de ce drame réside aussi dans le peu de paroles échangées entre les protagonistes. Tout passe par le regard, et celui de Soad Hosny est souvent d’une intensité déchirante.
Jeudi 16 juillet à minuit
Méfie-toi de Hawa de Fateen Abdel Wahab (Ah min Hawwa, 1962)
avec Rushdy Abaza (docteur Hassan), Madiha Salem (Nadia, la sœur d’Amira), Abdel Moneim Ibrahim (Limaï), Aziza Helmy, Awatif Tikla (Fatia, la servante), Hussein Riad (le grand-père d’Amira), Loubna Abdel Aziz (Amira), Hussein Ismaïl (l’assistant du docteur Hassan), Nahed Sabri (danseuse)
Scénario et dialogues : Mohamed Abou Youssef
Musique : Ali Ismaïl
Production : Ramses Naguib
Une adaptation moderne de la Mégère Apprivoisée de William Shakespeare. Docteur Hassan Shukri est un vétérinaire qui doit s’installer chez un riche propriétaire terrien pour soigner les animaux du domaine. Sur la route, il porte secours à une jeune femme dont la grosse voiture est tombée en panne. La conductrice se montre agressive, traitant le docteur Hassan comme un domestique. Celui-ci découvre peu après que cette charmante personne est Amira, la petite-fille de son employeur. Le vétérinaire fait aussi la connaissance de Nadia, la jeune sœur du dragon qui, contrairement à Amira, est une fille douce et agréable. Nadia a un petit ami mais son grand-père refuse qu’elle se marie tant qu’Amira n’a pas trouvé un époux. Malheureusement, le mauvais caractère d’Amira décourage tous les prétendants qui se présentent. Le docteur Hassan promet au grand-père de l’aider à dresser sa petite-fille. Il la traite tout de suite sans ménagement ce qui déconcerte Amira habituée à plus d’égards. L’attitude cavalière du vétérinaire finit même par l’exaspérer, à tel point qu’un soir elle accuse le docteur Hassan de l’avoir agressée et d’avoir tenté de la violer. Son grand-père sait que c’est faux. Avec le vétérinaire, il monte alors une petite comédie pour donner à la menteuse une bonne leçon : afin de laver l’honneur de la famille, Amira doit épouser son agresseur !
Notre avis : dans cette adaptation très libre de « la Mégère Apprivoisée »e de William Shakespeare, Fateen Abdel Wahab évite tous les pièges qu’un tel sujet pouvait comporter et se garde de toute misogynie grossière. Il nous conte avec élégance et ironie toutes les épreuves que s’imposent les deux héros et parvient à capter notre attention jusqu’à l’inévitable « happy end ». C’est une comédie à l’italienne dont la réussite repose en grande partie sur le talent de ses deux vedettes. Rushdy Abaza est toujours juste, sans rien d’affecté ni de forcé dans son jeu. Quant à Loubna Abdel Aziz, on se dit qu’elle avait bien du talent et que c’est vraiment dommage que sa carrière fût si courte. Fateen Abdel Wahab réunira à nouveau les deux acteurs l’année suivante dans « La Mariée du Nil ».
Dans ce film, la voiture de Rushdy Abaza est une 2 cv Citroën. Pour un homme qui était habitué dans la vie comme à l’écran aux grosses limousines américaines, l’expérience a dû sembler bien exotique !




























