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dimanche 20 octobre 2019

Les réalisateurs : Togo Mizrahi (1901-1986)

توجو مزراحي

Togo Mizrahi fut un réalisateur, producteur, scénariste à qui le cinéma égyptien doit énormément. Il est né en 1901 à Alexandrie dans une famille juive d’origine italienne. Après des études d’économie, et un voyage en France, il crée sa société de production et installe ses studios dans sa ville natale (Il déménagera au Caire au début de la seconde guerre mondiale.)
Dans les années trente, il produit, écrit, joue et réalise un grand nombre de comédies, d'abord avec l'acteur Shalom qui grâce à lui devient l'une des premières vedettes du cinéma égyptien, puis avec le grand comédien de théâtre, Ali Al Kassar.
A partir de 1940, il élargit sa palette : il continue à réaliser des comédies (avec notamment des adaptations des contes des Mille et une Nuits) mais il s'essaie à d'autres genres, à d'autres registres comme ceux de la comédie musicale et du drame. C'est ainsi qu'il  fera cinq films avec Layla Mourad, la plus grande star de l'écran et du chant en ce début des années quarante.
Togo Mizrahi quitte l'Egypte en 1948 et s'installe en Italie. C'est un de ses neveux qui reprendra la direction de ses studios jusque dans les années soixante. Il meurt en 1986, oublié de tous. En quittant l’Egypte, quarante ans plus tôt, il a mis un terme à sa carrière de cinéaste.


Quinze films de Togo Mizrahi ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog.


Docteur Farahat  (Doctor Farahat, 1935)

avec Fawzy El Gazairely (Farhat Swaïlam), Amina Mohamed (Nouna), Ehsane El Gazairely (la femme de Farhat Swaïlam), Tahya Carioca (Tahya, l’amie de Nouna), Ahmed El Haddad (Ali Effendi, le secrétaire du docteur Hemdy), Togo Mizrahi (docteur Hemdy), Hassan Rashid (le père de Nouna), Hussein El Masry (Khairy, l’ami du docteur Helmy), Zouzou Labib (chanteuse), Ibrahim Arafa (un employé de l’hôtel), Mony, Ali Kamal (le propriétaire de l’hôtel)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Izzat El Gahely


Le directeur de l’hôtel Al Karounyah de Port-Saïd charge l’un de ses employés de trouver un interprète. Celui-ci ne cherche pas bien longtemps. Il tombe sur Farahat Swaïlam, un pauvre homme au chômage qui est prêt à tout pour gagner un peu d’argent. Farhat ignore tout des langues étrangères mais il accepte le poste. Après avoir reçu les conseils avisés de son épouse, il devient donc l’interprète officiel de l’hôtel Al Karounyah. Grâce à sa malice et à son sens de la répartie, l’ancien chômeur parvient à faire illusion auprès de tout le personnel de l’hôtel. C’est alors qu’un mystérieux personnage fait son apparition dans l’établissement : c’est le docteur Hemdy, un célèbre médecin qui revient en Egypte après quinze ans d’absence. Pour rester incognito, il arbore une fausse moustache et une fausse barbe. Farahat a tout de suite sympathisé avec son secrétaire. Alors que les deux hommes discutent dans le hall de l’hôtel, des journalistes font irruption et les prennent en photo. Ils ont pris Farhat pour le fameux docteur Hemdy. Ce dernier est présent mais d’un regard appuyé, ordonne à son secrétaire et à Farhat de ne pas détromper les journalistes. Le succès de l’opération a donné une idée au docteur. Il doit se fiancer à une jeune fille mais il n’est pas sûr des sentiments de celle-ci à son égard. Le père de la jeune femme l’a invité chez lui pour officialiser leur prochaine union. Le docteur Hemdy envoie Farahat à sa place : il veut s’assurer d’être aimé pour lui-même et non pour sa célébrité…


Le Haffir du Quartier (Kafir el Derk, 1936)
avec Ali Al Kassar (Othman), Zakeya Ibrahim (Oum Ibrahim, la femme d’Othman), Salah Kasin (la patronne d’Othman), Bahiga El Mahdy (la femme de ménage), Lutfya Nazmy (l’une des conquêtes d’Othman), Ahmed El Haddad (Abdo), Ibrahim Hechmat (le gardien de la paix), Hassan Saleh (Azouz), Zouzou Labib (Yasmina, la femme d’Azouz), Taheya Carioca (la danseuse du cabaret), Abdel Hamid El Sakhawy (Ibrahim, le propriétaire de la maison)
Scénario : Togo Mizrahi et Ali Al Kassar
Musique : Izzat El Gahely
Production : Max Harari
 

Comédie. Othman est un pauvre homme sans emploi. Il est naïf, gentil mais surtout terriblement paresseux. Son activité préférée est la sieste. Sa femme doit user de la manière forte pour qu’il daigne sortir du lit et chercher un travail. Il en trouve un chez une riche étrangère comme homme à tout faire. Ce jour-là, il doit aider à la cuisine car sa patronne reçoit des invités. Elle charge Othman de la cuisson du plat principal. Pour cela, il doit se rendre au four du village. Voilà notre héros cheminant par les rues, le plat sur la tête. Soudain, il est attaqué par des oiseaux qui s’emparent de tous les morceaux de viande du ragoût. Furieux, il va au commissariat. L’officier refuse d’enregistrer sa plainte et le chasse. Dans la bousculade, Othman fait tomber son plat et les pommes de terre qui restaient roulent sur le sol. L'employé malchanceux retourne chez sa patronne avec un frichti bien piteux. Evidemment, il est renvoyé. Deuxième tentative : il devient vendeur ambulant de hummus. Las ! Il s’endort au coin d’une rue et des poules dévorent toute sa marchandise. Sa femme est exaspérée par ce mari qui échoue tout ce qu’il entreprend. Elle va se plaindre au gardien de la paix de son quartier qui convoque aussitôt le mari. A la suite d’un malentendu, Othman est engagé comme gendarme…

Notre avis : Togo Mizrahi est un pionnier dont le rôle a été essentiel dans la naissance puis l’essor du cinéma égyptien. Il a réalisé « Le Haffir du Quartier » dans ses studios d’Alexandrie. Othman, le personnage principal est joué par le grand comédien Ali Al Kassar qui en fut aussi l’inventeur au théâtre. Avec cette comédie, nous sommes dans la grande tradition de la farce et du burlesque. L’attention portée aux conditions d’existence des plus humbles donne à ce film une tonalité chaplinesque. « Le Haffir du Quartier » conserve ce caractère « bricolé » ou »amateur » des productions du début des années trente. Ce sont les Studios Misr qui feront entrer le cinéma égyptien dans l’ère de la professionnalisation et de l’industrialisation.
Notons aussi que l’on retrouve dans ce film deux jeunes artistes qui sont au tout début de leur carrière : la chanteuse et actrice Zouzou Labib ainsi que la danseuse et actrice Taheya Carioca. Toutes les deux sont apparues pour la première fois à l’écran l’année précédente dans « Docteur Farahat » qui a aussi été réalisé par Togo Mizrahi.


Les Deux Banquiers (Al-Ezz Bahdala, 1937)
avec Shalom (Shalom), Ahmed Elhaddad (Abdo), Hassan Saleh (Ibrahim, le père d’Amina), Adalat (Esther, la fiancée de Shalom), Rouhya Fawzi (Amina, la fiancée d’Abdo), Mohamed Wafy, Mohamed El Salamony (Salmon, le père d’Esther), Victoria Farhi (Victoria, la mère d’Esther), Soad Ahmed (Sonia, la mère d’Amina), Amina (la danseuse), Zouzou Labib (la chanteuse)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Izzat El Gahely


Shalom et Abdo sont deux amis qui partagent la même chambre, sous les toits d’une maison où résident la famille d’Esther, la fiancée de Shalom, et celle d’Amina, la fiancée d’Abdo . Les deux familles s’entendent à merveille et partagent les joies comme les peines. Shalom vend des billets de loterie et Abdo est garçon boucher. Le patron de ce dernier meurt et lui lègue tout ce qu’il possède. Abdo partage son héritage avec son ami. C’est ainsi que les deux compagnons se marient avec leurs fiancées respectives et deviennent des commerçants prospères. Ce n’est que le début de leur ascension sociale mais ils finiront par comprendre que l’argent ne fait pas forcément le bonheur de ceux qui l’accaparent…

 
7 heures (El sa'a saba, 1937)
avec Ali Al Kassar (Othman), Bahiga El Mahdy (la femme d’Othman), Zakia Ibrahim (la belle-mère d’Othman), Ibrahim Arafa (le muet de la banque), Ali Abd El Al (le voisin d’Othman), Hassan Rashid (Hassan Bey)
Scénario : Togo Mizrahi et Ali Al Kassar
Production : Togo Mizrahi
appréciation : 4/5


Othman est employé de banque : il s’occupe du courrier, renseigne les clients et fait le coursier quand il faut remettre ou récupérer des fonds de manière urgente. Pour cette dernière fonction, il a une magnifique bicyclette qui lui permet de se déplacer très rapidement par les rues d'Alexandrie. Il est marié à une couturière. La mère de cette dernière vit avec eux et elle est la propriétaire de l’atelier de couture. Le naturel autoritaire de sa belle-mère déplaît à Othman. 
Ce jour-là commence comme tous les autres jours : il trie le courrier reçu, aide un jeune domestique muet à effectuer une démarche à l’un des guichets de l’établissement puis enfourche son vélo pour faire ses premières courses. Hélas ! à peine est-il entré dans une banque où il avait affaire qu’un voleur s’empare de sa bicyclette et disparaît. Quand Othman s’en aperçoit, il court à travers la ville pour la retrouver. Il finira par la récupérer grâce à l’imprudence de son voleur.
A la fin de sa journée, il rentre chez lui où il retrouve son épouse et son insupportable belle-mère. Il décide de sortir avec son voisin. Ils se rendent dans un café pour boire de la bière. Ils rentrent chez eux au milieu de la nuit totalement ivres. Tandis qu’Othman erre encore dans la rue, son voisin s’est installé dans sa chambre. Il faudra s’y reprendre plusieurs fois pour que celui-ci regagne son domicile et qu’Othman retrouve son lit. Avant de s’endormir, l’employé modèle cache en lieu sûr l’argent de la banque qu’il n’avait pas encore livré et met la sonnerie de son réveil à sept heures. Othman s’endort profondément. Dans la nuit deux voleurs s’introduisent dans sa chambre et lui dérobent l’argent de la banque. Quand le lendemain, il découvre le vol, Othman en informe aussitôt la banque. Le directeur refuse quelque arrangement que ce soit et porte plainte. 
Le pauvre employé s’enfuit à Assouan , sa ville natale car son oncle qui est le maire de la ville lui doit de l’argent. Quand Othman arrive chez son parent, celui-ci est en train de marier sa fille.


Notre avis : cette comédie est l’une des œuvres majeures des années trente. On la doit à la collaboration d’Ali Al Kassar et de Togo Mizrahi qui travailleront ensemble pendant une dizaine d’années. Ce que nous aimons par-dessus tout dans « 7 Heures », c’est l’art avec lequel ces deux grands artistes mêlent la tradition et la modernité. La tradition avec les emprunts à la farce théâtrale mais aussi avec l’enregistrement sur un mode quasi ethnographique des chants et des danses lors d’un mariage paysan ; et puis la modernité avec le portrait du petit peuple des villes mais surtout avec la multiplication de ces situations immorales que permet le travestissement du héros. En revêtant des habits de femme, Othman rend d’un coup la morale traditionnelle inopérante et tout devient ainsi possible ! On comprend qu’il s’agit pour Togo Mizrahi d’inscrire son travail dans un cadre national tout en adoptant la liberté de ton revendiquée en cette première moitié du XXe siècle par tous les artistes à travers le monde. Un cinéma à la fois égyptien et moderne.
L’influence de ce film sera considérable. Il inspirera notamment ceux qui domineront la comédie dans les années cinquante et soixante : l’acteur Ismaïl Yassin et le réalisateur Fateen Abdel Wahab (voir le film « Mademoiselle Hanafi » en 1954)
 

Othman et Ali (Othman wa Ali, 1939)
avec Ali Al Kassar, Bahiga El Mahdy, Ahmed El Haddad, Aly Abd El Al, Saneya Shawky, Ibrahim Hechmat, Abdo Youssef, Ahmed El-Hamaky
Scénario : Togo Mizrahi
Production : Togo Mizrahi
Figure dans la liste des 100 films les plus importants de l’histoire du cinéma égyptien.


Othman est employé à la United Telephone Copany. Avec Bunduq, son fidèle compagnon, il est chargé d’installer les lignes chez les clients. C’est lors d’une de ses missions qu’un jour, il fait la connaissance d’une jolie femme de chambre Yasmina. Ils tombent aussitôt amoureux l’un de l’autre. Si côté cœur, tout se passe à merveille, il n’en est pas de même côté travail. Othman et Bunduq sont licenciés et il leur faut chercher un autre emploi. Ils en trouvent un chez un pharmacien. Installés dans l’arrière-boutique, ils préparent potions et autres médicaments. Un jour, leur patron les envoie livrer des commandes chez des particuliers. Dans la rue, alors qu’ils se sont arrêtés quelques instants au pied d’un immeuble, un énorme sac jeté des étages supérieurs leur tombe sur la tête. Othman et Bunduq perdent connaissance. Quand ils se réveillent, ils sont dans un bureau, entourés de personnes pleines de sollicitude. Nos héros finissent par comprendre qu’ils sont au siège d’une très grosse entreprise et qu’Othman est le sosie parfait de Ali Bey, le directeur de la société parti en voyage…


Un Cœur de Femme (Qalb imra'ah, 1940)
avec Amina Rizq (Khayria), Anwar Wagdi (Amin Bey), Dawlat Abyad (la mère de Khayria), Fakher Fakher (Ali , le frère de Khayria), Soliman Naguib (Fayez Effendi), Zouzou Nabil (Sonia, la sœur de Fayez), Mahmoud El Meleigy (l’avocat, ami de Fayez), Aqila Ratib (Fatima, la fille de Maître Orfi), Mukhtar Othman (Maître Arfi, le marchand de bétail), Margareth Sofer (la mère de Fatima) 
Scénario : Togo Mizrahi 
Production : Togo Mizrahi


Khayria appartient a une famille aristocratique régnant sur un vaste domaine. Elle doit épouser Amin Bey, un cousin parti en Europe faire ses études. Près de la propriété de la famille de Khayria, réside Fayez Effendi, un homme d’origine modeste qui a fait fortune dans le coton. Fayez Effendi a eu l’occasion de croiser sa jolie voisine et il en est tombé amoureux. Mais il sait qu’il ne peut rien espérer : on lui a dit qu’elle était fiancée à son cousin et, puis surtout, ils n’appartiennent pas la même classe sociale.Et voilà qu’un coup du sort vient bouleverser la situation : la famille de Khayria se trouve subitement ruinée. Amin qui revient d’Europe apprend la triste nouvelle. Il décide d’abandonner sa cousine et d’épouser la fille d’un marchand de bétail richissime. Khayria est dévastée. Pour ne pas perdre la face, elle accepte de devenir la femme de leur voisin, Fayez Effendi, bien qu’elle ne l’aime pas et que sa famille soit opposée à cette union…


L’Entrepreneur (ELBashmqawl, 1940)
avec Fauzi El Gazaierli Mimi Chakib, Ehsane El Gazaerli, Zouzou Chakib, Ferdoos Mohamed, Taheya Carioca, Beshara Wakim, Hassan Fayek, Ahmed El Haddad
Scénario : Badie' Khairy et Togo Mizrahi
Musique : Farid Ghosn
Production : Togo Mizrahi


Comédie. Mumtaz Bey est un coureur de jupons invétéré et son mariage récent avec Fekria n’a pas calmé ses ardeurs. Il trompe sa jeune épouse avec une danseuse, Zizi et, quand il est à son bureau, il est constamment entouré de jolies femmes. Fekria n’est pas dupe des mensonges grossiers de son mari et elle ne supporte plus la situation. Elle se plaint auprès de son amie, Shukria. Ensemble, elles échafaudent un plan pour se venger de l’époux volage. Fekria va prétendre qu’elle aussi entretient une liaison avec un autre homme. Elles font appel à Maître Babah qui accepte pour 50 livres de les aider. Tandis que Mumtaz Bey séjourne à Suez en compagnie de sa maîtresse, Fekria et ses comparses s’installent dans un hôtel d’Alexandrie. C’est dans cette ville que réside la famille du mari et les deux amies vont tout organiser pour que la mère de Mumtaz Bey soit le premier témoin de l’infortune de son fils… 


Layla, fille de la campagne (Leila bint al rif, 1941)
avec Layla Mourad (Layla), Youssef Wahby (Fathi), Zouzou Chakib (Samira), Taheya Carioca (Touha), Bechara Wakim (Rachwan), Anwar Wagdi (Ezzat), Ferdoos Mohamed (la mère de Fathi), Hassan el Baroudi (l’oncle de Layla), Fakher Fakher (Ibrahim), Salwa Elaam (Salwa), Abdel Salam Al Nabulsi (Ramzy), Lola Sedki (une amie de Fathi), Mohamed Kamal (un serviteur)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Zakaria Ahmed, Riad El Sonbati
Production : Togo Mizrahi


Fathi qui habite Le Caire retourne dans son village natal à la demande de sa mère malade. Fathi a fait des études de médecine en Grande-Bretagne mais n’a jamais vraiment pratiqué préférant se consacrer à ses plaisirs. Sa mère le retient au village et fait tout pour qu’il se rapproche de sa riche cousine Layla. Fathi refuse d’épouser une fille d’agriculteurs mais sa mère menace de le déshériter. Le jeune homme finit par accepter le mariage. Il retourne au Caire avec sa jeune épouse. Fathi ne tarde pas à reprendre sa vie de joyeux célibataire négligeant ouvertement Layla. Un de ses amis, Ezzat, apprenant que la jeune femme est à la tête d’une grosse fortune commence à lui manifester un intérêt certain. Il compte profiter de sa naïveté et de sa solitude pour la séduire et l’éloigner de son mari.


Layla l'étudiante (Leila, bint madaress, 1941)
avec Youssef Wahby (Joseph), Layla Mourad (Layla), Mimi Shakib (Amina), Mohsen Sarhan (Hosny, l’amant d’Amina), Beshara Wakim (Shafiq, le frère de Joseph), Zaki Ibrahim (Abdallah, l’ami de Joseph)
Scénario : Togo Mizrahi et Youssef Wahby
Musique : Zakaria Ahmed, Mohamed Al Qasabji, Riad El Sonbati 
Production : Bahna Films


Drame. Joseph est un écrivain qui vit avec son frère dans une grande maison austère. Leila est leur cousine. Elle a perdu ses parents dans un accident de voiture quand elle était petite. Elle vient de terminer ses études et au sortir du pensionnat, elle s’installe chez ses cousins. Dès son arrivée, elle crée autour d’elle une atmosphère de joie et de bonheur à laquelle Joseph n’est pas insensible. Pour paraître plus jeune, il enlève ses lunettes et se rase la moustache. Amina, une jeune femme que l’écrivain a rencontrée lors d’une fête entreprend de le séduire. Elle prétend s’intéresser à l’art et à la littérature. Il n’en faut pas plus pour que Joseph décide de l’épouser. Il ne va pas tarder à déchanter…

Notre avis : c’est le troisième film que Togo Mizrahi tourne avec Layla Mourad et c’est le deuxième de la série des Layla. Cette même année 1941 était déjà sorti Layla, fille de la campagne, film dans lequel la chanteuse avait aussi comme partenaire Youssef Wahbi. Layla l’étudiante est un drame plutôt conventionnel qui nous conte les tourments d’un homme berné par une femme sans scrupule. Heureusement un ange -c’est-à-dire Layla- veille et la méchante épouse sera bien punie. Youssef Wahbi qui est l’auteur du scénario s’est offert l’un de ces rôles qu’il affectionne, celui du héros élégant et cérémonieux qui finit par chanceler sous les coups du malheur. Dans son ascension vers la gloire, ce film constitue pour Layla Mourad un jalon mineur.


Les Trois Mousquetaires (el Foursan el Thalathah, 1941)
avec Fawzi El Gazaerli, Ehsane El Gazaerli, Bishara Wakim, Hassan Rashid, Alfred Haddad, Ahmed Elhaddad, Hisen El Mileagi, Akela Rateb, Lotfy El Hakim 
Scénario : Togo Mizrahi 
Dialogues : Badie' Khairy
Production : Bahna Films


Bahbah, Shiha et Sankar sont trois collègues travaillant pour le même journal. Pour échapper à son épouse despotique, Bahbah feint d’être malade et entraîne ses deux camarades dans un hôtel loin de la capitale pour quelques jours de repos. Là, ils rencontrent Husnia, accompagnée de son oncle. Cette jeune femme séduisante est à la recherche d’un homme riche afin de l’épouser. L’oncle est persuadé que cet homme-là est Bahbah. C’est le point de départ d’une série de quiproquos où chacun prétend être ce qu'il n'est pas. L'arrivée surprise de l'épouse de Bahbah à l'hôtel va encore compliquer la situation.


Ali Baba et les quarante voleurs ( Ali Baba wel Arba'in Haramy, 1942)
avec Ali Al Kassar (Ali Baba), Layla Fawzi (Princesse Morgana), Mohamed Abdel Moteleb (Hassan, le fils d’Ali Baba), Ismael Yassin (Belout), Abdel Meguid Choukry (Barakat), Zakeya Ibrahim (femme d’Ali Baba), Reyad El Kasabgy (Hafez Shaalan, le chef du gang), Zaki Ibrahim (Prince Nasser), Abdel Halim Khattab (Prince Nazir), Hassan Baroudi (le frère d’Ali Baba), Rafia Al Shaal (la belle-sœur d’Ali Baba)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Izzat El Gahely et Riad El Sonbati
Production : Bahna Films


L'adaptation cinématographique du célèbre conte tiré des Mille et Une Nuits
A l’origine, Ali Baba et les quarante voleurs n’appartient pas au corpus des contes des Mille et une Nuits mais il y a été incorporé par Antoine Galland dans sa traduction française.
Togo Mizrahi prend beaucoup de liberté avec le conte original. Il a inventé la rivalité entre les princes Nasser et Nazir, il a transformé le personnage de Morgiane, une esclave au service du frère d’Ali Baba en une princesse enlevée par les quarante voleurs.

La capitale du royaume du prince Nasser est mise à sac par des bandits qui tuent, pillent, détruisent tout ce qui se trouve sur leur passage. Le prince Nasser connaît bien cette fameuse bande des quarante voleurs : quinze ans auparavant, ils s’étaient emparés de sa fille, la Princesse Morgana et on ne l’avait jamais revue. Cette fois-ci, le monarque est bien décidé à mettre hors d’état de nuire ces brigands et il promet une forte récompense à quiconque sera en mesure de donner des informations sur eux. Ce qu’il ne sait pas , c’est que celui qui a commandité l’enlèvement de sa fille, c’est son propre cousin, le prince Nazir qui rêve de lui ravir le trône. En faisant disparaître la princesse, il devient le seul héritier de la couronne. Morgana a été élevée par un membre du gang et sa femme, deux braves gens qu’elle a toujours considérée comme ses parents.
Parmi les sujets du Prince Nasser, il y a Ali Baba, un pauvre bûcheron qui mène une existence misérable avec sa femme, son fils Hassan et son fidèle employé Belout. Ce jour-là, le bûcheron et son commis sont revenus du marché sans un sou : ils se sont fait escroquer par un filou qui leur a pris des bûches sans rien payer. Pour aider son père, Hassan se rend seul dans la forêt afin d’y couper du bois. C’est là qu’il rencontre Morgana. Le coup de foudre est immédiat mais la jeune femme disparaît aussi vite qu’elle était apparue. Pendant ce temps-là, la femme d’Ali baba a demandé à son mari de se rendre chez son frère, le richissime Qassim pour obtenir quelques sous. Le vieux grigous est intraitable : il ne donnera rien. Mais le soir même, sa belle maison est incendiée par les quarante voleurs. Qassim et sa femme sont contraints de demander secours auprès d’Ali Baba qui les accueille chaleureusement dans sa pauvre mansarde…

Notre avis : cette adaptation du conte d’ « Ali Baba et les Quarante Voleurs » est la première réalisée en langue arabe. Elle séduit le spectateur par sa fraîcheur et une certaine forme de naïveté. Mizrahi a mis l’accent sur l’aspect farcesque du récit, il nous restitue ainsi tout l’univers des contes et fabliaux de la littérature populaire du temps des Abbassides. Mais la poésie est aussi présente, notamment lorsque le fils d’Ali Baba et la princesse Morgana se retrouvent la nuit dans la forêt : instants magiques magnifiés par le chant de Mohamed Abdel Moteleb. C’est le quatrième film que tourne Ismaïl Yassin. A trente ans passés, il a conservé la silhouette frêle d’un adolescent. Au fil des années, il va s’épaissir (son jeu aussi !) et sa carrière prendre son envol jusqu’à faire de lui le roi de la comédie qui régnera sans partage durant près de deux décennies.


Le Bon Chemin  (El Tarik El-Moustakim, 1943)
avec Fatma Rouchdi (Soraya, la maîtresse de Youssef), Youssef Wahby (Youssef), Bishara Wakim (le manager de Soraya), Ferdoos Mohamed (la nourrice Oum Abdo), Amina Rizk (Amina, la femme de Youssef), Stephan Rosti (l’amant de Soraya), Mohamed Al Dib (Farid), Ismaïl Yasin (un homme ivre), Mahmoud El Meleigy (Mokhtar Bey), Mohamed Shawky (un employé de la banque), Abdel Meguid Choukry (administrateur de la banque), Menassa Fahmy (administrateur de la banque)
Scénario et dialogues : Togo Mizrahi et Youssef Wahby
Musique : Riad El Sonbati, Mohamed Al Qasabji, Mohamed Fawzi, Badie’ Khairy
Production : Bahna Films
 

Drame de l'adultère. Youssef est un directeur de banque prospère, un époux attentionné et un père de famille affectueux. C’est aussi un homme droit et scrupuleux. Il veille à la bonne tenue de ses employés et punit sans pitié tout écart de conduite. Pourtant, un jour, il rencontre lors d’une réception, une chanteuse dont il tombe éperdument amoureux. Ils deviennent amants. A partir de ce moment-là, Youssef commence à négliger sa famille et son travail. Il est tout à son nouvel amour sans savoir que sa jeune maîtresse, cupide et volage, va l’entraîner dans une terrible déchéance. Un jour, les administrateurs de la banque chargent Youssef de transporter une grande quantité d’or en Syrie. Il quitte l’Egypte avec Soraya et ses complices. Au Liban, la petite bande a l’idée d’une macabre mise en scène : la voiture de Youssef est précipitée dans la mer pour faire croire à un tragique accident. Soraya et ses complices se partagent le butin et laissent le banquier sans un sou. Celui-ci trouve un emploi au théâtre de Beyrouth…

Notre avis : un homme de la bonne société entraîné à sa perte par la passion qu’il éprouve pour une demi-mondaine : on pense bien sûr au Comte Muffat dans Nana, le roman d’Emile Zola. Et dans le rôle de ce notable déchu, nous trouvons Youssef Wahbi, le monstre sacré du théâtre et du cinéma égyptiens, au sommet de son art. « Le Bon Chemin » est aujourd’hui considéré comme un classique du mélodrame et c’est l’occasion de voir jouer ces très grands artistes qui participèrent comme Youssef Wahbi à la naissance du septième art en Egypte : Fatma Roushdy, Amina Rizk Bishara Wakim, Stéphan Rosti. Une génération unique en son genre.


Nour Eddine et les trois marins (Nureddine wa bahhara el talata, 1944)
avec Zouzou Nabil (Kahramana), Ali Abd El Al (Abdel Aal), Ali Al-Kassar (Othman), Ismaïl Yassin (Ismaïl), Thuraya Fakhry (la gouvernante de la princesse Shams), Mahmoud El-Meleigy (le médecin), Reyad El Kasabgy (la pilote du navire), Leila Fawzi (Princesse Shams), Zakeya Ibrahim (la belle-mère d’Othman), Wedad Hamdy (la suivante de la princesse Shams), Ibrahim Hamouda (le prince Nour Eddine), Eglal Zaki (la femme d’Othman)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Riad El Sonbati et Ibrahim Hamouda
Production : Bahna Films


Othman est un modeste boulanger qui n’ a aucun sens des affaires. Pour le seconder, il a deux employés, Ismaïl et Abdel Aal dont la naïveté n’a d’égale que l’incompétence. Les dettes s’accumulent, ce qui rend folles de rage l’épouse d’Othman et sa belle-mère. Pour échapper aux récriminations des deux femmes et aux réclamations des créanciers, le pauvre boulanger et ses deux employés ont décidé de se suicider. Ils se rendent au port avec le projet de se jeter à l’eau mais celle-ci est vraiment trop froide. Ils préfèrent remettre leur projet au lendemain et ils s’endorment sur le port. Entretemps un vaisseau luxueux a accosté non loin de l’endroit où nos trois suicidaires se sont assoupis. Ce navire appartient à un prince qui parcourt les mers à la recherche de la femme qu’il aime et qu’il n’a rencontrée qu’en rêve. Le pilote du bateau est bien embêté car pour pouvoir reprendre la mer, il lui faut engagé trois marins supplémentaires. Quand il découvre Othman et ses deux compagnons sur le port, il leur propose aussitôt d’embarquer. Nos trois héros acceptent et ils sont présentés au prince avec qui ils sympathisent immédiatement. Le vaisseau peut reprendre la mer… 
Le dernier film qu’Ali Al Kassar tourne avec Togo Mizrahi.

Notre avis : c’est le troisième film de Togo Mizrahi inspiré des contes des mille et une nuits ou autres légendes orientales. Une nouvelle fois, le réalisateur juif d’origine italienne rend hommage au patrimoine littéraire de son pays (Il en sera mal récompensé : bien que né à Alexandrie, Togo Mizrahi devra quitter l’Egypte en 1948.). Un très beau spectacle avec des décors et des costumes particulièrement soignés. De nombreuses scènes rappellent les miniatures de la littérature arabe du Moyen-Age. Le trio comique formé par Ali Kassar, Ali Abd El Al et Ismaïl Yassin fonctionne à merveille.


Layla dans les ténèbres (Leila fil zalam, 1944)
avec Layla Mourad (Layla), Hussein Sedky (Hussein), Anwar Wagdi (Samir, le cousin de Layla), Amina Rizk (la mère de Layla), Menassa Fahmy (le père de Layla), Abdel Meguid Choukry (le père de Hussein), Rafeaa El Shal (la mère de Hussein), Hassan Fayek (le cuisinier), Abdel Salam El Nabolsi (un soupirant de Layla), Mahmoud El Meleigy (l’ophtalmologue), Thuraya Fakhry (la nourrice)
Scénario : Togo Mizrahi
Inspiré du film américain Elle et Lui (Love Affair, 1939) de Leo Mc Carey
Musique : Mohammed Al-Qasabji
Paroles des chansons : Ahmed Rami, Maamoun El-Shenawy et Zaki Ibrahim
Production : Bahna Films
Le cinquième et dernier film que Layla Mourad tourne avec Togo Mizrahi. La série de Layla se poursuivra néanmoins dès l’année suivante avec à la réalisation Anwar Wagdi devenu entretemps le mari de la chanteuse.


Layla et Hussein sont deux enfants qui se fréquentent régulièrement. Leurs parents sont de grands propriétaires terriens qui font des affaires ensemble. Quand le film commence, les parents de Layla ont invité ceux de Hussein à une grande fête donnée dans leur château. Tous les enfants jouent dans le parc. Hussein et Layla se sont isolés et pour lui signifier son amour, le garçonnet offre à la fillette une rose rouge. Malheureusement, après le déjeuner, des fermiers font croire au père de Layla qu’il a été trahi par son partenaire, le père d’Hussein. La rupture est immédiate : le garçon et ses parents doivent quitter le domaine sur le champ. Les années passent. Layla est devenue une séduisante jeune fille. Son cousin, Samir, qui rentre d’un voyage en Europe souhaiterait l’épouser. Layla décline l’offre du jeune homme car son cœur appartient toujours à Hussein qu’elle n’a pourtant pas vu depuis des années…

Notre avis : ce film connut un succès considérable comme les quatre autres Layla qui l’avaient précédé. Togo Mizrahi a excellé aussi bien dans la comédie que dans le drame et ce mélodrame en est une preuve supplémentaire. L’intrigue -une jeune femme qui au moment où elle retrouve celui qu’elle a toujours aimé perd subitement la vue- pouvait se prêter à tous les excès et on frémit à l’idée de ce qu’aurait pu en faire un cinéaste moins doué. Mais ici tout est maîtrisé, le récit comme la prise de vues ou le jeu des acteurs. Layla Mourad nous montre encore une fois qu’elle fut à la fois une chanteuse exceptionnelle et une très grande actrice (voir la scène où Layla découvre qu’elle est devenue aveugle).


Que des Mensonges ! (Kedb fi Kedb, 1944)
avec Anwar Wagdi (Mounir Wagdi), Baba Ezzedine (Baba), Mimi Shakib (la fausse infirmière), Beshara Wakim (Abdel Maksoud), Mary Moneib (Khadija), Hassan Fayek (Hassan), Mohamed Abdel Moteleb (le chanteur), Mohamed El Dib (Hamdi), Mohamed Kamel (le cuisinier), Edmond Tuema (le directeur du théâtre), Thuraya Fakhry (la directrice de la nurserie), Zouzou Mohamed (danseuse), Lola Abdo (danseuse), Abdel Hamid Badawy (Abdel Hamdi), Ahmed El Haddad (un comédien de la revue de Baba), Aly Abd El Al (le propriétaire du grand appartement)
Scénario : Togo Mizrahi
Musique : Mohamed Fawzy et Ahmed Sabra


Comédie musicale. Mounir est un jeune homme qui dépense sans compter et sans se soucier du lendemain. Il vit au Caire dans un grand appartement avec son camarade Hassan, tout aussi insouciant que lui. Mounir est criblé de dettes malgré la pension que lui verse tous les mois son oncle et les huissiers finissent par mettre en vente tout ce qu’il possède. Mounir et Hassan doivent s’installer dans une chambre sordide sur le toit d’un grand immeuble. Pour obtenir plus d’argent de son oncle, Mounir a pris l’habitude d’inventer les mensonges les plus invraisemblables. Il avait déjà prétendu qu’il avait épousé une jeune femme de la meilleure société. Cette fois-ci, il écrit à son oncle que son épouse vient d’accoucher et qu’il doit faire face à des dépenses considérables. Quand le vieil homme reçoit la lettre de son neveu, il est fou de joie et il décide de se rendre au Caire pour faire connaissance avec la jeune maman et son bébé...

 

mercredi 25 juillet 2018

Les réalisateurs : Ahmed Diaa Eddine (1912-1976)

أحمد ضياء الدين

Après des études de photographie, Ahmed Diaa Eddine commence à s’intéresser au septième art à la fin des années trente. Il débute sa carrière professionnelle comme assistant de l’un des pionniers du cinéma égyptien, Mohamed Karim. Mais ce n’est qu’en 1951 qu’il réalise son premier film, Sans un Adieu avec Imad Hamdi et Madiha Yousri. 
De film en film, se constitue une œuvre qui est typique d’une certain courant du cinéma commercial des années cinquante : des histoires sentimentales sur fond de drame social mettant aux prises avec le destin des membres de la bourgeoisie aisée. 
Entre 1954 et 1960, Dia Eddine réalise de nombreux films que produit et joue Magda, l’une des stars de l’époque. Après sa période Magda, il tournera beaucoup avec Soad Hosny et Nadia Lotfi. Dans les dernières années de sa carrière, c’est Naglaa Fathy qui deviendra en quelque sorte sa muse.


Quinze films d'Ahmed Diaa Eddine ont fait l'objet d'une présentation dans ce blog :


Sans un Adieu (Min ghair wadaa, 1951)
avec Aqila Rateb (Samia, la seconde épouse de Magdi), Imad Hamdi (Magdi), Madiha Yousri (Fatima, la première femme de Magdi), Soheir Fakhry (Magda, enfant), Mohamed Fadel (Mounir Bey, le beau-père de Magdi), Awatef Ramadan (Aïcha, la femme de chambre), Ibrahim Hechmat (le premier mari de Samia), Abdel Aziz Al Ahmed (Abdel Aziz), Zinat Sedki (Ghandoura), Mahmoud El Sabaa (Tawfiq), Mohamed El Dib (Salim), Abbas El Daly (le juge), Tawfiq Ismaïl (le médecin)
Scénario : Mohamed Kamal Hassan Al Mouhamy
Musique du générique empruntée à la B.O du film américain « Pour Qui Sonne le Glas » (1943), une composition que l’on doit à Victor Young


Drame. L’action se passe durant la seconde guerre mondiale dans la région d’Alexandrie. Magdi Abdel Hamid est un chef d’entreprise à qui tout réussit. Ses affaires sont florissantes, il a épousé la femme qu’il aime et ensemble ils ont eu une adorable petite fille. Malheureusement, la chance tourne soudain. A cause d’irrégularités commises dans le plus grand secret par son ami Tawfiq, Magdi est condamné à plusieurs années de prison pour retard de paiement. Lors de sa détention, il apprend que sa maison a été détruite par un raid allemand. Sa femme serait morte et sa fille a disparu. Quand Magdi sort de prison, il recherche partout sa fille, en vain. Il accepte un emploi dans un grand domaine agricole. La propriétaire est la sœur de Tawfiq. Elle est veuve et souffre de graves problèmes cardiaques. Grâce à l’arrivée de Magdi, elle retrouve goût à la vie et sa santé s’améliore. Ils finissent par tomber amoureux l’un de l’autre et ils se marient…

Notre avis : un mélodrame classique qui respecte les lois du genre mais sans manichéisme ni caricature. La grande force du scénario, c’est d’avoir représenté les deux « rivales » qui se partagent le cœur du héros comme deux femmes aussi « admirables » l’une que l’autre, si bien que le spectateur est jusqu’à la fin ballotté par des sentiments contradictoires. Aqila Rateb est bouleversante dans son rôle de femme qui croit enfin atteindre le bonheur et qui doit brutalement y renoncer. Par son interprétation inspirée, notamment dans le dénouement, elle atteint le sublime de la tragédie. C’est la première fois qu’Imad Hamdi et Madiha Yousri tournent ensemble. Les années suivantes, on les retrouvera à plusieurs reprises dans des drames comme mari et femme ou comme amants. Ils formaient un couple dont l’élégance aristocratique fascinait aussi bien les réalisateurs que le public.


Une fenêtre sur le Paradis (nafiza alal janna, 1953)
avec Mariam Fakhr Eddine (Samiha Farid), Mohsen Sarhan (Magdi Abdel Hamid), Omar El-Hariri (Tawfiq, le secrétaire de Farid Bey), Abdel-Wareth Asr (Farid Bey, le père de Samiha), Wedad Hamdy (Shalabiya), Zahrat Al Oula (Nadia Hanem, l’amie de Samiha), Thuraya Fakhry (la tante de Samiha), Soheir Fakhry (Aïcha, la sœur de Samiha), Abdel Aziz Al Ahmed (Suleiman), Abbas Rahmy (le médecin), Aziza Badr (la nourrice)
Scénario : Mohamed Kamal Hassan Al Mouhamy
Production : Paul Moradian


Drame. Samiha et son père, Farid Bey, sont les victimes d'un escroc. Celui-ci était le secrétaire particulier de Farid Bey et grâce à sa situation, il a non seulement dérobé la fortune de la famille mais il a abusé de la fille. Le père porte plainte pour le vol mais on préfère ne rien dire concernant le viol. Le secrétaire a fui à l’étranger si bien qu’il échappe à toute condamnation. Samiha donne naissance à une petite fille aveugle. L’enfant est confié à une nourrice qui doit l’élever dans le plus grand secret. Le temps passe. La jeune mère rencontre Magdi, un homme honnête qui l'aime sincèrement, mais elle le repousse pour ne pas avoir à révéler son lourd passé. C’est alors qu’elle apprend le retour en Egypte du père de sa fille…


Les Jours Passent (Marret El-ayam, 1954)
avec Amina Nour El Din (Samia), Thuraya Fakhry (la mère de Samia et de Kawthar), Magda (Kawthar, la sœur de Samia), Yahya Shahin (le professeur Magdy Shukry), Sanaa Gamil (Samira, la confidente de Kawthar), Mohamed Fadel (Shukry Effendi, le père de Magdy), Mohammad Sharaby (Mamdouh, le beau-frère de Samira), Mohamed El Sebai (Zaki, le mari de Samira), Wedad Hamdy (la servante), Thuriya Salem (la danseuse)
Scénario : Mohamed Kamel Hassan Al Mohami
Production : Al Diaa Films et Mahmoud Karam


Un vieillard, le docteur Magdy Shukry, a pris place dans un train en compagnie de son fils. Il a résolu de confier à celui-ci des choses qu’il avait gardées secrètes jusqu’ici. Cela concerne l’histoire de son mariage avec sa mère, Samia Abdel Rahman. Le docteur commence son récit à l’époque de leur rencontre qui était en réalité des retrouvailles :
Samia vit avec sa mère et sa sœur cadette Kawthar. Depuis la mort de son père, c’est elle qui par son travail subvient aux besoins de la petite famille. Kawthar a grandi et grâce à Samia a pu s’inscrire à la faculté. Elle suit les cours du professeur Magdy Shukry qui enseigne la psychologie. Ses conférences la passionnent et elle finit par en tomber amoureuse. Elle garde secret ses sentiments et n’en parle qu’à Samira, sa meilleure amie, étudiante comme elle. Heureux hasard : le père de Magdy, Shukry Effendi, était un voisin et un ami proche du père de Samia et de Kawthar. Magdy et Samia ont même joué ensemble quand ils étaient enfants. Un jour, alors que Samia attend le bus pour rentrer chez elle, un homme âgé l’aborde : c’est Shukry Effendi, il l’a reconnue et l’invite à venir dans sa maison pour évoquer le passé. C’est ainsi que Samia retrouve Magdy, son ami d’enfance. Les deux anciens camarades sont heureux de se revoir après tant d’années et ils décident de sortir ensemble. Magdy finit par avouer à son père qu’il souhaite épouser Samia. Le lendemain, le père et le fils se présentent chez la jeune femme pour faire leur demande officielle. Kawthar est persuadée que c’est elle que le professeur souhaite épouser et quand elle comprend que les deux hommes sont venus pour sa sœur aînée, elle s’effondre de désespoir. Les années ont passé. Magdy et Samia se sont mariés et ont eu deux enfants. Les relations entre les deux époux se sont vite rafraichies. Samia n’accorde que peu d’intérêt aux activités de Magdy et ne fait rien pour l’aider. Elle est devenue une femme superficielle et égocentrique. A l’inverse, la complicité entre Magdy et sa jeune belle-sœur Kawthar ne cesse de se renforcer…

Notre avis : Ahmed Diaa Eddine a toujours aimé les actrices et tout au long de sa carrière, il a réalisé des films autour de celles dont, à un moment donné, il s’est épris -sur le plan artistique mais sans doute aussi sur un plan plus personnel. Il aurait pu dire comme le réalisateur français François Truffaut : « Le travail du metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes. »
Entre 1954 et 1960, l’élue d’Ahmed Diaa Eddine, c’est Magda et « Les Jours Passent » est le premier film qu’ils tournent ensemble. Le thème central de ce mélodrame est l’amour impossible entre deux êtres qui se résignent à vivre loin l’un de l’autre en couple avec un mari ou une femme qu’ils n’aiment pas. C’est un film très sombre qui offre à la jeune Magda l’un de ses plus beaux rôles. Même si son jeu a un peu vieilli, elle conserve ici une spontanéité, un naturel qu’elle perdra par la suite. Ce film est aussi l’un des derniers dans lequel apparaît l’immense actrice Amina Nour El Din qui mit fin à sa carrière en 1956 (pour se lancer dans l’hôtellerie !). Son visage de tragédienne capable d’exprimer les sentiments les plus diffus sied parfaitement à son personnage ambigu et énigmatique.


Le Village des Amoureux (Qaryat al Usshaq, 1954)
Magda (Fatima), Yehia Chahine (Abdel Karim), Samira Ahmed (Shahira Fadel), Hussein Riad (l’imam de la mosquée), Abdel-Wareth Asr (Salem, le père de Fatima), Ferdoos Mohamed (la mère d’Abdel Karim), Wedad Hamdy (Shalabiya), Salah Nazmi (Farid), Mohamed El Tokhy (le médecin), Hamdy Gheith (Kamel), Abdel Moneim Ibrahim (Fathy, le camarade de Farid), Abdel Moneim Ismail (le chauffeur du camion), Nemat Mokhtar (Danseuse), Ibrahim Hechmat (le père de Shahira)
Scénario : Hussein Helmy El Mohandes et Amin Youssef Ghorab
Musique : Ibrahim Haggag 
Production : les films Yahia Chahine
appréciation : 4/5
 

Abdel Karim est un jeune paysan travailleur, honnête et pieux. Il vit modestement avec sa mère et leur principale source de revenus est une bufflonne dont ils vendent le lait. Abdel Karim a des projets : acheter une seconde bufflonne et acquérir une bicyclette. Sa mère se désole qu’à son âge il soit toujours célibataire. Pourtant il plaît aux femmes. Shalabiya, une jeune paysanne qui, comme beaucoup de femmes des environs, travaille à la cueillette des oranges est amoureuse de lui. Mais Abdel Karim est plutôt attiré par Fatima, la fille du fabriquant de clayettes. Tous les deux se retrouvent régulièrement au bord du Nil pour parler de choses et d’autres. Leur complicité est totale. Fatima est déjà convoitée par un prétendant, un jeune maçon, mais elle l’a repoussé car elle espère bien qu’Abdel Karim ne tardera pas à se déclarer. Malheureusement pour la jeune femme, une rivale fait son apparition : c’est Shahira, la fille du propriétaire des orangeraies où travaillent Shalabiya et ses collègues. Son père étant très malade, elle a dû le remplacer pour superviser la cueillette des fruits. Elle a tout de suite remarqué Abdel Karim et elle est bien décidée à le séduire.

 
 
Où est ma vie ? (Ayn Umri?, 1956) 
avec Yehia Chahine, Magda al-Sabahi, Zaki Rostom, Ahmed Ramzy, Mimi Chakib, Ferdoos Mohammed, Amina Rizk, Mohamed Nabih, Katkota, Aziza Helmy, Fouad Gafar 
figure dans la liste des 100 films les plus importants du cinéma égyptien
appréciation : 3/5


Aliah vit entre sa mère et sa gouvernante dans une villa confortable d’Héliopolis. Elle est scolarisée dans une institution pour jeunes filles de bonne famille. Malgré cette situation privilégiée, Aliah est lasse de sa vie de petite lycéenne. Et quand Aziz, un ami de ses parents la demande en mariage, elle est folle de joie. Malgré la grande différence d’âge, sa mère consent à l’union. Il est vrai que celle-ci connaît des difficultés financières et que son futur gendre jouit d’une grande fortune. Malheureusement, très vite, Aziz va révéler son véritable caractère : jaloux et violent…



Mes Jours Heureux (Ayami Al Saida, 1958)
avec Fayrouz (Azhar), Hassan Fayek (Baher Maher Taher), Abd El Fatah El Kosary (Antar), Farouk Agrama (Adel), Gawaher (la danseuse), Mimi Chakib (Ilham), Abdel Moneim Ibrahim (Saad Abou Al Saad), Abdul Badi Al-Arabi (le propriétaire du cabaret), Karima (Thuraya Wagdi), Fathia Ali (la servante d’Ilham)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Baligh Hamdy et Ahmed Fouad Hassan (leader du groupe Al Massiah)
Production : les Films Diaa Eddine


Saad Abou Al Saad est un musicien qui a bien du mal à joindre les deux bouts. Comble de malchance : il est renvoyé du cabaret où il accompagnait une danseuse. Il finit par trouver un nouvel emploi chez Baher Maher Taher, un millionnaire. Il doit donner des cours de chant et de piano à Azhar, sa fille unique. Cette dernière ne tarde pas à tomber amoureuse de son nouveau professeur. Mais c’est sans compter la belle-mère de la jeune fille qui souhaiterait faire passer Saad Abou Al Saad pour son amant afin de susciter la jalousie de son millionnaire de mari…

Notre avis : Fayrouz, enfant star, revient à l’écran après trois ans d’absence. Elle a quinze ans seulement mais déjà un corps de femme si bien qu’on lui donne un rôle de jeune demoiselle amoureuse de son professeur de piano. Le résultat n’est guère convaincant et le film sera un échec cuisant comme les trois autres qui suivront. Fayrouz s’agite dans tous les sens, chante et danse le moins mal possible mais rien n’y fait : le talent que certains pouvaient lui accorder quand elle était enfant s’est définitivement envolé Pour incarner le professeur de piano, les producteurs ont choisi Abdel Moneim Ibrahim et on ne peut pas dire que cela aide beaucoup à rendre crédible cette piètre romance.


Avec le Temps (Maha al Ayyam, 1958)
avec Magda (Afaf), Imad Hamdi (Adel), Olwiyya Gamil (Madame Mounira), Ahmed Allam (Docteur Talaat), Wedad Hamdy (Fatima), Farouk Agrama (Samir), Sana Gamil (Ihsan), Karim Diaa Eddine (Karim), Mohamed Nabih (Basioni), Abdel Moneim Ibrahim (docteur Fawzi), Hourria (l’infirmière), Nagwa Fouad (la danseuse)
Scénario : Youssef Gohar
Production : les Films Diaa Eddine


Afaf est une jeune femme séduisante aux journées bien remplies : elle est médecin et son mari est mort la laissant seule avec leurs deux enfants en bas âge. Elle consacre sa vie à ses obligations professionnelles et à ses tâches maternelles jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’Adel, un ingénieur qui est venu dans son hôpital pour se faire soigner. Ils se sentent attirés l’un par l’autre et Afaf redécouvre le bonheur de plaire. Mais sa belle-mère qui vit toujours avec elle compte bien s’opposer à cet amour naissant. Elle invite Adel à venir la voir. Elle lui apprend qu’Afaf est veuve et qu’elle a deux enfants. Pour le bien de ces derniers, elle lui demande de renoncer à son projet de mariage. Adel prend congé de la vieille dame, déconcerté mais sans rien lui promettre…

Notre avis : un drame sentimental avec en amoureux transi, l’inusable Imad Hamdi. Ce film semblera bien daté aux spectateurs d’aujourd’hui pourtant il n’est pas sans qualités. La première de toutes est sans doute sa grande sincérité : Ahmed Diaa Eddine est un incorrigible romantique qui ne se lasse pas de nous raconter des histoires d’amour. Et dans « Avec le Temps », il parvient à nous captiver grâce à l’élégance de sa réalisation et à la subtilité de sa direction d’acteurs. Ajoutons que Magda, la partenaire d’Imad Hamdi, n’a jamais été aussi belle (la blouse de médecin comme la robe de soirée lui vont à ravir !) et qu’elle est bouleversante dans ce rôle de jeune femme fragile ballottée par des vents contraires.


Sans Rendez-Vous (Men Gheir Ma'ad, 1962)
avec Moharam Fouad (Kamal), Soad Hosny (Salwa), Nadia Lutfi (Nadia), Mohamed Sultan (Wahid), Khayria Ahmed (Fatima), Zouzou Madi (la mère), Fakher Fakher (l’oncle), Mimi Chakib (la tante), Samir Sabri (Samir), Salah Gahin (Fahmi),
Scénario et dialogues : Youssef Issa
Musique : Baligh Hamdy, Abdel Wahab Mohamed, Mohamed Al Mogi, Fouad El Zahry
Production : les films Khalil Diab


Fatima, Nadia et Salwa sont trois sœurs qui vivent avec leur mère, leur oncle et leur tante dans une grande villa à Alexandrie. Depuis la mort du père, la famille est dans une sitation financière difficile. La mère voudrait que Fatima, sa fille aînée, épouse Famy, un riche entrepeneur au physique peu attrayant. En attendant, elle a décidé de louer le chalet qui jouxte leur villa. Un locataire se présente à la villa. C’est un jeune homme très élégant qui est arrivé dans un splendide cabriolet. Il s’appelle Wahid, il est peintre et très riche. Les trois sœurs et la tante sont sous le charme. Aux yeux de la mère, ce serait le mari idéal pour Nadia, sa deuxième fille. Wahid s’installe aussitôt dans le chalet. Peu après il invite à le rejoindre Kamal, son ami musicien. Ce dernier fait à son tour connaissance des trois jeunes filles. Au fil des jours, Salwa est de plus en plus amoureuse de Wahid et elle est désespérée car elle pense n’avoir aucune chance face à sa sœur Nadia… 

Notre avis : dans une ambiance estivale -plages, maillots de bain et robes légères- « Sans Rendez-Vous » dépeint par petites touches délicates le drame des amours non réciproques : Samir aime Salwa qui aime Wahid qui aime Nadia qui aime Kamal. C’est un récit à l’eau de rose qui finit hélas ! par ressembler à un robinet d’eau tiède. Il y manque la passion, l’exaltation qu’on attend d’un film de ce genre. Mais ici, rien ne se passe : les personnages n’agissent pas mais se contentent de ruminer leurs déceptions ou leurs rancœurs. Et pendant près de deux heures, c’est long ! Il est vrai que nous n’avons jamais fait partie des admirateurs de Moharam Fouad : c’est un garçon très doux qui chante en souriant des chansons très douces mais on aimerait parfois un peu plus d’âpreté, un peu plus de rugosité pour ne pas sombrer comme ici dans un océan de mièvrerie.


Tous Sont Mes Enfants ( Kollohom Awlady,1962)
avec Chukry Sarhan (Amin), Salah Zulficar (Salem), Hassan Youssef (Mehdat), Zizi Al Badraoui (Karima, la cousine des trois frères), Amina Rizq (la mère des trois frères), Tawfik El Deken (le chef des voleurs), Abdel Khalek Saleh (le père des trois frères), Mimi Gamal (une amie de Mehdat), Abdel Salam Mohamed (Izzat, un ami de Mehdat), Mahmoud Mustafa (Magdy, un ami de Mehdat), Abdel Rahman Abo Zahra (Ibrahim, un ami de Mehdat), Abdel Ghani El Nagdi (le serviteur)
Scénario : Farid Shawki et Kamal Ismaïl
Production : Naguib Khoury


Amin, Salam et Mehdat sont trois frères. Le premier est en dernière année de droit, le second est un tout jeune officier de police et le troisième, le plus jeune, souhaite devenir ingénieur mais dans ses études, il manque singulièrement de sérieux. Toute la famille est réunie pour le dernier déjeuner avant leur départ. C’est la fin des vacances, et ils doivent tous les trois retourner au Caire. Autour de la table, outre les trois frères, il y a leur mère qui les adore, leur père qui a toujours été d’une sévérité extrême et leur cousine Karima qui est amoureuse de Medhat. Le repas terminé, les trois jeunes gens prennent la route de la gare. 
De retour au Caire, Medhat renoue avec ses mauvaises fréquentations. Il passe ses journées à boire et à jouer aux cartes. Il perd beaucoup d’argent. Très vite, il se retrouve dans une situation inextricable : il ne sait plus comment honorer ses dettes…

Notre avis : une chronique familiale qui évoque l’affrontement entre trois frères aux parcours divergents. Le dispositif paraîtra un peu schématique : l’opposition est frontale entre le cadet, jeune policier, et le benjamin qui a plongé dans la délinquance ; en revanche l’aîné qui est avocat (évidemment !) adopte une attitude de tolérance et de conciliation. « Tous sont mes enfants » est un film à thèse qui remet en cause l’autorité paternelle. Pour les auteurs*, l’autoritarisme du père est le premier responsable des dérives des enfants. Soit ! Malgré cette volonté de prouver et de démontrer que l’on retrouve dans chaque scène, ce film n’est pas aussi indigeste qu’on pourrait le craindre. Sans doute, est-ce dû à la qualité de l’interprétation et notamment au jeu si sensible de la jeune et frêle Zizi Al Badraoui.
*On est étonné de trouver comme scénariste pour ce film, l’acteur Farid Shawki qui a toujours incarné à l’écran les hommes virils et dominateurs !


Professeur particulier (Mudaris khususi, 1965)
avec Nadia Lotfi (Nadia, la demi-sœur de Mamdouh), Emad Hamdy (le professeur Fahmy), Hassan Youssef (Mamdouh), Youssef Shabaan (Ahmed), Adly Kasseb (Fadel, le père de Nadia et de Mamdouh), Mimi Chakib (la mère de Mamdouh), Soheir Zaky (Soheir, la sœur d’Ahmed), Madeiha Hamdy (Ilham, la sœur de Fahmy)), Mahmoud El Meleigy (le père d’Ahmed), Mohamed Sultan (Yousri, le cousin de Nadia), Rashad Ahmed (l’officier de police), Anwar Madkour (le directeur de l’école de droit)
Scénario : Adli El Moled et Ahmed Diaa Eddine
Musique : Soleiman Gamil


Mamdouh vit avec Nadia, sa dem-sœur chez son père, un homme riche mais très autoritaire. Ses parents sont séparés et le jeune homme se rend régulièrement chez sa mère qui le gâte de manière excessive. Mamdouh est ami avec Ahmed, un garçon peu recommandable. Le père d’Ahmed possède un grand garage automobile qui n’est que la partie légale de son activité. En réalité, il dirige un trafic de voitures volées et c’est Ahmed qui se charge de récupérer les véhicules. Ahmed a une sœur, Soheir. Leur père rêve de la voir épouser Mamdouh et pour réaliser ce projet, il peut compter sur le soutien de la mère de celui-ci. Mamdouh est un garçon insouciant et peu travailleur. Afin de combler ses lacunes, il prend des cours particuliers auprès de Monsieur Fahmy, Ce dernier travaille jour et nuit pour subvenir aux besoins de sa jeune sœur et de son père très malade. Il est ambulancier mais il donne aussi des cours particuliers à un grand nombre d’étudiants. Un jour, Fahmy retrouve dans l’un de ses manuels une lettre d’amour signée de Nadia. Il croit qu’elle lui est adressée alors que son destinataire est en fait Yousri…


Les Trois Amis (Al'asdiqa' althlath, 1966)
avec Hassan Youssef (Galal), Mohamed Awad (Hamouda), Ahmed Ramzy (Essam), Youssef Chaban (Ezzat, l’escroc), Nagwa Fouad (Nana), Nagla Fathy (Zahra, la sœur de Nana), Nabila Ebeid (Soad), Magda El Khatib (Nadia),Abdel Azim Kamal (le père de Nadia et de Soad), Aleya Abdel Moneim (Madame Amina, la mère d’Essam), Anwar Madkor (le directeur de l’école), Abdel Ghany Qamar (un gardien de prison), El Deif Ahmed (El Deif, un complice d’Ezzat), Samir Ghanem (Samir, un complice d’Ezzat)
Scénario : Adly El Moled et Abdel Fattah El Sayed
Production : Les Films Gomhouria
appréciation : 1/5


Galal et Hamouda sont étudiants dans un établissement technique. Ils se conduisent comme de véritables cancres et ils ne cessent d’irriter leurs professeurs parmi lesquels se trouve leur cousin Essam. Ce jour-là, les deux garçons ont dépassé les bornes et ils sont renvoyés de l’établissement pour une semaine, au grand dam d’Essam. Ce dernier vit toujours chez sa mère qui est veuve. Pour gagner sa vie, elle effectue des travaux de couture. Galal et Hamouda ont l’habitude de se rendre chez leur tante pour y réviser. Mais il y a aussi une autre raison. Dans le même immeuble résident avec leur père Soad et Nadia, deux jeunes lycéennes très séduisantes. La première est amoureuse d’Essam et la seconde de Galal. Tandis que les quatre jeunes gens flirtent dans l’escalier, Hamouda sert de guetteur et doit prévenir si le père des deux filles fait son apparition. Quand celui-ci entre enfin dans l’immeuble, il ne rentre pas chez lui mais pénètre d’abord dans l’appartement de la mère d’Essam. Le jeune professeur en est convaincu : sa mère entretient une liaison adultère avec son voisin.
Il quitte l’immeuble précipitamment tandis que Galal et Hamouda ont pris une voiture pour le rejoindre. Essam est accosté par une prostituée. Il prend un air menaçant qui effraie la jeune femme. Cette dernière s’enfuit et traverse la rue sans voir qu’au même moment une voiture surgit. La collision est inévitable. Dans l’automobile, bien évidemment, ce sont les deux cousins d’Essam...



La Directrice (El-sit el-nazra, 1968)
avec Soad Hosny (Hoda, la fille de Mahmoud), Shokry Sarhan (Farid), Imad Hamdi (Mahmoud Al Sayed), Zouzou Nabil (Hikmet, la seconde femme de Mahmoud), Magda El Khatib (Sanah, la fille d’Hikmet), Zahrat Al Oula (la directrice), Mahmoud Zulficar (le mari de la directrice), Nabil El Hegrassi (Samir, le neveu d’Hikmet), Enaam Salosa (la camarade de classe d’Hoda), Eskandar Mansy (le professeur), Zizi Moustafa (la danseuse), Safinaz El Gendy (la surveillante)
Scénario : Mohammed Ali Ahmed, Nabil Gholam, Ahmed Diaa Eddine
Producteur : Naguib Khoury 


Hoda est élève dans un pensionnat pour jeunes filles d’Alexandrie. Elle a peu de relations avec sa famille qui réside au Caire. Son père après la mort de sa mère s’est remarié avec Hikmet, une veuve très riche qui elle aussi a une fille, Sanah. La belle-mère fait tout pour distendre les liens entre Hoda et son père. C’est elle qui a tenu à ce que sa belle-fille soit envoyée en pension, loin du Caire. Quand vient le week-end, toutes les pensionnaires repartent avec leurs parents venus les chercher sauf Hoda qui a attendu vainement son père et doit retourner seule dans sa chambre. Heureusement, la directrice du pensionnat s’est prise d’affection pour la jeune fille et elle l’invite à passer le week-end avec elle et son mari. Pour les vacances qui approchent, la directrice parvient à joindre le père d’Hoda et cette fois-ci, il viendra chercher sa fille. Mahmoud est un père aimant mais il est pétrifié devant la volonté inflexible de son épouse. C’est grâce à son argent qu’il a pu retrouver une position confortable mais tout ce que possède le couple est au nom d’Hikmet.
Hoda est accueillie fraichement par sa belle-mère et sa fille, Sana. En guise de chambre, elle doit se contenter d’un débarras et on la traite comme une servante qui chaque jour doit accomplir de multiples tâches ménagères. Sana est fiancée à un étudiant en médecine, Farid, qui d’emblée s’est montré très chaleureux à l’égard de Hoda, suscitant la méfiance de la mère et la jalousie de sa fille…


L’Etudiante et le Professeur (Al-Telmitha Wi Al-Ustath, 1968)
avec Soad Hosny, Chukry Sarhan, Abdel Moneim Madbouly, Samia Shokri, Gamalat Zayed, Ahmad Al.Haddad, Nadia Ezzat, Enam Salosa, Hekmat Fouad, Nadia Gamil, Salama Elias, Aleya Abdel Moneim, Ahmad Abu Abiya, Samia Mohamed, Ahmed Morsi , Nawal Fahmy, Saleh Al-Eskandarani, Edmond Tuema, Nasr Seif
Scénario : Adly Al Moled et Abdel Fattah El Sayed
Musique : Hussein El Sayed, Mounir Mourad, Fathy Qoura


Quand son père meurt, Salwa doit abandonner ses études pour travailler dans un atelier de couture. Un jour, son patron tente de la violer et pour se défendre elle le tue à coup de ciseaux. Après ce meurtre, Salwa est placée dans une institution pour mineures. Elle supporte très mal la discipline militaire de l’établissement. Avec ses camarades d’infortune, elle organise des jeux et des danses que le règlement interdit formellement. Heureusement, l’institution vient d’embaucher un jeune professeur de musique. En plus de ses cours, celui-ci dirige un orchestre dans un cabaret de la ville. Entre lui et Salwa, les relations vont prendre une toute autre nature que celle des rapports qu'entretiennent ordinairement un professeur et son élève…


Le Miroir (El Meraya, 1970)
avec Nour Al Sherif (Ahmed, le jeune ingénieur), Nagla Fathy (Karima), Adel Imam (Hamdi), Samir Sabri (Kamal), Abdel Moneim Madbouly (Karim), Abdel Moneim Ibrahim (Cheikh Younes), Hassan Mostafa (Mathar Kamal), Ibrahim Saafan (Hanafi), Amal Ramzi (Safaa), Zouzou Chakib (la mère de Karima), Malak Sokar (Mervat), Mimi Chakib (la mère de Mervat), Ibrahim Nasr (Hanafi), Zizi Mostafa (Hoda, la sœur de Karima), Soheir Ahmed (danseuse)
Scénario : Mohi Eddine Aref
Musique : Ahmed Abou Zeid
Production : Films Al Masry


Comédie sentimentale. Karim, haut fonctionnaire, a deux filles. Karima est l’aînée. C’est une jeune fille séduisante, sans cesse préoccupée par son apparence. Elle est amoureuse de deux garçons et ne parvient pas à faire son choix. Sa sœur Hoda a une vie sentimentale beaucoup plus paisible : elle est depuis longtemps promise à son cousin qu’elle aime passionnément.
Malheureusement pour Karima, ses deux soupirants finissent par se lasser de son indécision…


Et puis le soleil se lève (Thoumma touchriqou el chams, 1971)
avec Naglaa Fathy, Rushdy Abaza, Soheir Ramzy, Nour El Sherif, Mahmoud Rashad, Fatheia Shahin, Afaf El Baz, Sayed Zayan, Abdel Moneim Basiony
Musique : Gouhar
L’auteur du scénario est l’écrivain Tharwat Abaza (1927-2002). Ce romancier, opposant acharné du nassérisme et du communisme a dans son œuvre évoqué l’Egypte de son temps avec une sévérité indéfectible.
appréciation : 4/5


Après que la fortune de leur père s’est volatilisée, deux frères se retrouvent sans le sou. Yousri, le plus jeune, est prêt à user de tous les moyens, légaux comme illégaux, pour reconquérir une place dans la société. Il va s’associer à un médecin véreux qui lui a proposé une affaire lucrative mais malhonnête. Le destin semble à nouveau lui sourire. Le jeune homme sait combiner ses activités professionnelles et ses plaisirs personnels : il passe ses nuits dans les cabarets et multiplie les conquêtes féminines. Ce qui ne l’empêche pas d’obtenir la main de Fahiza, la fille d’Ezzat, leur oncle richissime. La jeune femme qui souffre de surdité est ravie d’une telle union. Malheureusement, un jour, elle surprend Doula, l’infirmière au tempérament volcanique, dans les bras de son mari. Pour Yousri, les ennuis vont commencer. La justice a mis son nez dans les comptes de la société qu’il dirige avec le médecin. Ils sont convoqués au tribunal…