jeudi 25 août 2016

Les films à la télé (Rotana Classic du 25 août au 10 septembre)

 روتانا كلاسيك

Les films qui ont été cités dans ce blog et qui sont diffusés sur Rotana Classic (heure de Paris).

1)  La Voleuse Millionnaire  de Seif Eddine Shawkat (Al melionira al nachala, 1978 )
     avec Noura, Mariam Fakhr Eddine, Aziza Helmy

 
 Jeudi 25 août à 5h


  2) Le Crime Comique de Nagdi Hafez (El Garima el Dahika - 1963) 
      avec Ahmed Mazhar, Soad Hosny, Mahmoud El Meliguy, Abdel Moneim Ibrahim, Stephan Rosti.
      appréciation : 3/5


Jeudi 25 août à 7h 


3) A Notre Rencontre d'Henry Barakat (Hatta Naltaqi, 1958)
     avec Faten Hamama,  Imad Hamdi, Serag Mounir


 Jeudi 25 août à 14h
Vendredi 26 août à 3h


4) Elle vécut pour l'amour d'Al Sayed Bedeir (Achat li al Hob, 1959)
     avec Aziza Helmy, Zubaida Tharwat,  Kamal Al Shennawi, Abdel Moneim Ibrahim
     appréciation : 4/5


Vendredi 26 août à 20h
Samedi 27 août à 9h


5) Le Château Maudit de Hassan Reda (al qasr al mal'oun, 1962)
        avec Mariam Fakhr Eddin et Salah Zulficar


Samedi 27 août à 14h
Dimanche 28 août à 3h


6) Kit Kat de Daoud Abdel Sayed (1991)
     avec Mahmoud Abd El-Aziz, Sherif Mounir, Aida Reyad
    figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps


Samedi 27 août à 16h
Dimanche 28 août à 5h

  
7)  Flirt de jeunes filles d'Anwar Wagdi (Ghazal Al-Banat, 1949)
      avec Leila Mourad, Anwar Wagdi
      figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps


Samedi 27 août à 18h 


8) Monsieur Omar de Niazi Mostafa (Si Omar, 1941)
     avec Zouzou Chakib, Naguib Al Rihani, Mohamed Kamal El Masry
     appréciation : 3/5


Dimanche 28 août à 14h
Lundi 29 août à 3h


9) Le Béni d'Hassan Reda (Elmabrouk, 1959)
    avec Mariam Fakhr Eddine, Imad Hamdi et Omar El Hariri


Lundi 29 août à 14h
Mardi 30 août à 3h 


10) Impasse de Salah Abou Seif (El Tariq el masdud, 1958)
      avec Faten Hamama, Chukry Sarhan, Ahmed Mazhar


Lundi 29 août à 18h
Mardi 30 août à 7h


11) Amour et Vengeance de Youssef Wahby (Gharam wa Intiqam, 1944)
       avec Asmahan, Anwar Wagdi, Youssef Wahby
       figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Lundi 29 août à 23h
Mardi 30 août à 11h 


12) Salama va bien de Niazi Mostafa (Salama fi Kheir, 1937)
      avec Naguib al Rihani, Raqiya Ibrahim, Rawhiyya Khaled
     figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Mercredi 31 août à 18h


 13) Adieu mon amour de Houssam Al-Din Mustafa (wedan ya hob, 1960)
      avec Mariam Fakhr Eddine, Nagwa Fouad, Moharam Fouad


Vendredi 2 septembre à 23h
Samedi 3 septembre à 11h


14) Une rumeur d'amour  de Fateen Abdel Wahab (Ishayat hub, 1961)
       avec Soad Hosny, Omar Sharif et Youssef Wahby


Samedi 3 septembre à 18h
Dimanche 4 septembre à 7h


15) Madame Fayrouz  d'Abbas Kamel (Fayrouz Hanim, 1951)
       avec Fayrouz, Taheya Carioca, Hassan Fayek


Dimanche 4 septembre à 14h
Lundi 5 septembre à 3h



16) la Lanterne Magique de Fateen Abdel Wahab (Al Fanous Al Serhi, 1960)
       avec Ismaël Yassin, Abdel Salam Al Nabulsi, Sherifa Mahear, Cariman
       appréciation : 3/5


Dimanche 4 septembre à 18h
Lundi 5 septembre à 7h 


17) Le Coeur a ses Raisons de Helmi Halim ((al-'alb lu ahkam, 1956)
      avec Abd El Fatah El Quossary, Ali El Moaawen, Mohamed Nabih, Faten Hamama
      appréciation : 2/5


Mardi 6 septembre à 18h 


18) Nous ne sommes pas des anges de Mahmoud Farid (lasna mala'ikah, 1970)
       avec Hassan Mostafa, Adwaa Al Masrah, Chahinaz


Mercredi 7 septembre à 18h 
Jeudi 8 septembre à 7h


 19) Rencontre au crépuscule de Saad Arafa (Liqa fil ghouroub, 1960)
       avec Mariam Fakhr Eddin, Rushdy Abaza, Adli Kasab


Jeudi 8 septembre à 18h


 20) Histoire en deux mots d'Hassan Ibrahim (Hikayah fi kalimatayn, 1985) 
       avec Iman El Bahr Dawich, Ahmed Mazhar, Mariam Fakhr Eddine


Samedi 10 septembre à 11h


 21) Le Tigre de Hussein Fawzi (Al Nimr, 1952) 
        avec Naïma Akef et Zaki Rostom


Samedi 10 septembre à 18h


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Tout le programme à l'adresse suivante : le guide Tv du site elcinema


lundi 22 août 2016

La Passion et la Chair (Al Atifa wa al Gasad, 1972)

العاطفة والجسد
إخراج : حسن رمزي

 


Hassan Ramzy a réalisé La Passion et la Chair en 1972. 
Distribution : Nagla Fathy (Houda), Mahmoud Yassin (docteur Ahmed), Rushdy Abaza (Zaki), Soheir El Bably (Dwala), Omar Khorsheid (Medhat), Sayed Zayan (le serviteur), Nabila El Sayed (la servante), Ali Ezz Al Din (le père de Houda)
Scénario : Nairouz Abdel Malak et Hassan Ramzy
Musique : Fathy Qoura, Gamal Al Hashemi, Hussein Abu Zeid, Helmy Amin, Omar Khorsheid, Suleiman Fatahallah, Mohamed Zia Eddin


Soheir El Bably et Rushdy Abaza

Rushdy Abaza et Nagla Fathy

Nagla Fathy

Soheir El Bably

Mahmoud Yassin

Sayed Zayan et Nabila El Sayed

Rushdy Abaza et Nagla Fathy

Omar Khorshied et Soheir El Bably

Soheir El Bably et Nagla Fathy


Résumé

Houda est la fille unique d’un riche homme d’affaires. Elle passe des vacances à Alexandrie. Un jour alors qu’elle bronze au soleil dans un endroit isolé, elle est agressée par quatre individus. Un jeune homme intervient et met en fuite les voyous. Le sauveur de Houda est un étudiant en médecine, le docteur Ahmed. Ils se revoient et très vite tombent amoureux l’un de l’autre. Mais cette idylle à peine commencée doit être mise entre parenthèses : Ahmed annonce à Houda que pour terminer ses études il doit séjourner un certain temps à Londres. La jeune femme est dévastée. Après le départ d’Ahmed, elle trouve un soutien auprès de Zaki et de Dwala, un couple d’âge mûr qui se trouvait à Alexandrie en même temps qu’elle. Au Caire, Houda reprend sa vie dans le luxueux appartement qu’elle occupe avec son père. Malheureusement, les affaires de celui-ci traversent une crise grave. La santé chancelante du vieil homme n’y résiste pas. Il meurt brutalement. Houda est inconsolable. Elle ne retrouve le sourire que le jour où elle reçoit un télégramme d’Ahmed lui annonçant son retour. A l’heure dite, elle se rend à l’aéroport pour l’accueillir. Hélas, elle apprend que l’avion de celui-ci a explosé en plein vol : aucun survivant. Houda a perdu les deux êtres qui lui étaient les plus chers au monde. Elle se tourne alors vers Zaki et Dwala. Elle ne sait pas que ce couple sympathique est d’une perversité et d’un amoralisme absolus. L’homme et la femme multiplient les conquêtes et organisent des orgies dans les maisons closes qu’ils dirigent. Ils parviennent à faire de leur protégée leur esclave sexuel et ils la prostituent à de riches hommes d’affaires. Un jour, n’en pouvant plus de cette existence, Houda les dénonce à la police. Elle est enfin libre mais désespérée. Elle retourne sur la côte, à l’endroit exact où elle a fait la connaissance d’Ahmed. Le flot des souvenirs la submerge. Elle veut en finir. Elle s’approche du bord de la falaise, prête à se jeter dans le vide quand soudain elle entend quelqu’un crier son nom. Elle se retourne : c’est Ahmed ! Il est vivant et il a remué ciel et terre pour la retrouver. Houda est heureuse mais elle sait que désormais, leur union est impossible. Après avoir écrit une longue lettre à l’homme qu’elle aime elle s’empoisonne. Elle meurt à l’hôpital dans les bras d’Ahmed.


Critique

En ce début des années 70, les cinéastes égyptiens tiennent à montrer que l’Egypte est un pays moderne en phase avec la libération des mœurs qui s’est développée dans l’ensemble des sociétés occidentales après 1968. Bien sûr, on feint souvent de le déplorer au nom de la défense des valeurs traditionnelles mais en réalité, on montre avec une grande complaisance ce que l’on prétend condamner. Et d’ailleurs, le public ne s’y trompe pas. A cette époque, il réserve un triomphe à tous ces films de « mœurs » qui osent aborder sans fard la question sexuelle aussi bien dans sa dimension sociale que psychologique. Cette tendance de la production cinématographique dominera pendant toute une décennie (enchantée ?) avant de laisser la place au début des années quatre-vingt à un cinéma moins commercial, plus politique mais aussi plus prude.
La Passion et la Chair s’inscrit dans ce mouvement. Rushdy Abaza et Soheir El Baly incarnent deux personnages formant un couple assez proche de celui constitué par le Vicomte de Valmont et la Marquis de Merteuil dans les Liaisons Dangereuses de l’auteur français du XVIIIe siècle, Choderlos de Laclos. Ce sont deux libertins organisant des soirées coquines pour des amis et des clients fortunés. Chacun multiplie les liaisons extraconjugales avec la bénédiction de l’autre. Une jeune fille, la pauvre Houda, tombe dans leur filet. Ils vont prendre un plaisir intense à la manipuler et à la pervertir.
Tout le film oscille entre le mélodrame et le conte licencieux. Le destin s’acharne sur Houda : faillite puis mort de son père, éloignement puis mort annoncée de son fiancé. Naïve, elle s’en remet totalement à Zaki et à Dawala en qui elle a toute confiance. Mal lui en a pris ! Elle deviendra un objet sexuel que l’on prête et que l’on vend. Et elle finira même par s’en accommoder ! La Passion et La Chair aurait pu fort bien s’intituler Les Infortunes de la Vertu (titre d’un conte du Marquis de Sade. un auteur français aussi du XVIIIe. Décidément…). On peut donc compatir aux malheurs de la pauvre orpheline mais aussi vibrer au caractère éminemment érotique de ses « épreuves ».
A la fin, la morale triomphera : le couple diabolique sera arrêté et leurs maisons closes fermées, Houda retrouvera son fiancé qui en fait n’était pas mort ! (Ce retour invraisemblable est l’élément le plus faible du scénario.) Mais refusant de faire supporter à l’homme qu’elle aime le déshonneur d’avoir épousé une prostituée, elle préfère se suicider. Dans son roman Dérives sur le Nil, Naguib Mahfouz fait dire à l’un de ses personnages que le dernier acte d’une pièce de théâtre est souvent le plus mauvais car il est écrit pour la censure. On voit ici que l’on peut transposer le propos au cinéma : le dénouement doit racheter, au prix fort, les errances des personnages pour complaire aux gardiens sourcilleux de la morale publique. Ce qui nous vaut en général une dernière scène un peu tarte. La Passion et la Chair n’échappe pas à la règle.
Si Mahmoud Yassine ne surprend guère en jouant comme d’habitude l’homme de devoir au cœur sensible et à l’air rébarbatif (sa marque de fabrique !), Rushdy Abaza est épatant en vieux libertin libidineux qui se jette avec gourmandise sur toutes les femmes qui croisent son chemin. De même que Soheir El Bably incarne avec un naturel stupéfiant, la femme mûre libérée dont le seul but dans l’existence est son plaisir personnel.
Mais en fait tout le film est construit autour de Naglaa Fathy et la jeune actrice ne ménage pas sa peine pour être à la hauteur du rôle qui lui est confié ! Elle danse, elle chante, elle pleure, elle rit, elle donne des coups et en reçoit. Mais surtout elle dévoile son corps autant que la censure le permet. L’un des sommets du film, c’est quand elle danse pour Zaki (Rushdy Abaza) avec toute la sensualité dont elle est capable. Sa prestation crée chez son partenaire (et sans doute chez les spectateurs les plus émotifs) une tension presque suffocante. Naglaa Fathy nous prouve ainsi qu’elle peut rivaliser avec les trois reines du glamour de l’époque : Chams Al Baroudi, Nahed Sherif et Soheir Ramzy.
Tout cela ferait donc un bon film de série B s’il n’y avait pas la bande-son. C‘est certainement l’une des bandes-sons les plus catastrophiques de toute l’histoire du cinéma mondial. Pour la constituer, on a puisé dans le répertoire symphonique les passages les plus tonitruants et les scènes qu’ils accompagnent semblent avoir été choisies de manière totalement aléatoire, genre trompette et cor de chasse pour souligner la douce mélancolie qui étreint l’âme de l’héroïne. Il faut supporter aussi l’utilisation récurrente de l’adagio du concerto d’Aranjuez (morceau préféré des réalisateurs de navets sentimentaux). Et puis au milieu de tout ça, des idées incongrues comme l’emploi du thème principal de Mary Poppins (comédie musicale de Robert Stevenson, 1964) pour accompagner la scène dans laquelle trois malfrats tentent de violer Houda ! Et c’est une bande-son qui ne nous laisse aucun répit. Il faut supporter cette cacophonie jusqu’à la toute dernière image du film. Un désastre !
Le générique nous apprend que l’auteur de cette compilation infernale est l’acteur Samir Sabri. D’après le site Elcinema, il fut chargé de l’habillage musical d’au moins dix autres films. Mon Dieu, quelle imprudence !

Appréciation : 2/5
**
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

mardi 16 août 2016

Sabrina (1975)


صابرين
إخراج : حسام الدي مصطفى


Houssam Al-Din Mustafa a réalisé Sabrina en 1975.
Distribution : Hoda Soltan (Khadra), Adel Imam (Mohamed) Imad Hamdi (Al Raïs Ibrahim) Nagla Fathy (Sabrina), Nour Al Sherif (Hassan), Youssef Chaban (Abdou), Hanem Mohamed (la mère de Sabrina)
Scénario et dialogues : Ahmed Saleh
Musique : Omar Khorsheid
Hoda Soltan et Imad Hamdi

Youssef Chaban

Nagla Fathy et Youssef Chaban

Adel Imam et Nagla Fathy

Nagla Fathy et Adel Imam

Youssef Chaban et Nagla Fathy

Nagla Fathy

Nour Al Sherif


Résumé

Sabrina est une jeune fille qui vit avec ses parents dans une petite ville portuaire. Son père est Al Raïs Ibrahim. Il possède un bateau de pêche et grâce à son activité, il assure à sa femme et à sa fille une existence décente. Malheureusement, la mère de Sabrina est atteinte d’un mal incurable. Khadra, la sœur de la mère, s’installe à la maison pour s’occuper des tâches ménagères. Très vite, la tante de Sabrina  et son père deviennent très proches. Tandis que la mère est hospitalisée, Khadra et Al Raïs Ibrahim flirtent sans se cacher. Ils se marient le jour même où la malade rend son dernier soupir. Khadra est désormais la maîtresse de maison. Elle a trois grands garçons et elle n’hésite pas à piocher dans les économies de son mari pour leur donner l’argent dont ils ont besoin. Sabrina fait connaissance de ses cousins. Elle est tout de suite attirée par Hassan, le plus intelligent des trois.  Pour l’instant, il aide ses deux frères à la pêche mais il doit bientôt quitter la ville pour entrer à l’école de police. Ils discutent très souvent ensemble et un jour ils échangent un baiser.
Mais un drame survient : Al Raïs Ibrahim fait une mauvaise chute sur son bateau et il meurt sur le coup. Le choc est terrible pour Sabrina. Peu à peu, la vie reprend le dessus. Hassan a intégré l’école de police et il revient de temps en temps à la maison. Sabrina et lui ont décidé de se marier. Mais Khadra en a décidé autrement. Elle a promis la main de sa nièce à son autre fils, Mohamed. C’est un gentil garçon un peu simplet et il est follement amoureux de sa cousine. Cette dernière est obligée de céder. Le mariage a lieu. Sabrina cache sa colère mais elle est déterminée à se venger de toute la famille.
Nuit après nuit, elle se refuse à Mohamed et entreprend de séduire le fils aîné, Abdou. Le conflit entre les deux hommes est inévitable. Un jour, lors d’une vive altercation, Abdou poignarde son frère qui meurt aussitôt.
Pendant quelque temps, Sabrina est heureuse : elle sort régulièrement avec Hassan qui la couvre de cadeaux. Mais sa félicité est de courte durée. Le supérieur d’Hassan offre à celui-ci  la main de sa fille. Le jeune policier ne peut refuser. En apprenant la nouvelle, Sabrina retrouve son désir de vengeance. Elle parvient à faire croire qu’Hassan est le complice de voleurs et qu’il cache à son domicile une partie du butin. Hassan est mis aux arrêts sous les yeux de sa mère qui devient folle.
Hassan est vite mis hors de cause. Dans la dernière scène du film, Il retrouve Sabrina et lui annonce qu’il a renoncé à son mariage car c’est elle qu’il aime. Pour la jeune femme, c’est trop tard. Elle  lui avoue tous ses forfaits.


Critique
 
L’histoire repose sur une thématique familière dans la littérature et le cinéma égyptiens : la jeune femme qu’on ne laisse pas épouser l’homme qu’elle aime et à qui on impose un mari qu’elle méprise. On a aussi une mère cupide et manipulatrice qui sacrifie tout au bonheur exclusif de ses trois fils, des frères qui se vouent une haine féroce alimentée par la jalousie et le ressentiment, enfin, un père égoïste qui épouse sa seconde femme le jour où la première agonise à l’hôpital. Tout cela donne un tableau très noir de la famille traditionnelle régie par des règles immuables dont les filles sont les premières victimes. La famille est un lieu mortifère dans lequel les individus sont voués au malheur. Tous les personnages de Sabrina se consument de désir pour un objet qui leur reste inaccessible. Et la frustration conduit à la destruction : vengeance, fratricide, folie. Seuls Sabrina et Hassan échapperont à l’hécatombe.
Cette sombre histoire est paradoxalement filmée dans des tonalités qui évoquent les vacances d’été au bord de mer ! La photo, impeccable, exalte la beauté des lieux, des costumes et des corps. Les couleurs éclatent à chaque plan. Le ciel et la mer sont d’un bleu intense, les visages tannés par le soleil irradient. Sabrina, c’est une tragédie en technicolor.
Comme l’indique le titre, toute l’histoire tourne autour du personnage joué avec brio par Naglaa Fathy. C’est une jeune fille complexe, dissimulatrice et passionnée. Derrière une apparente placidité, elle cache une fureur destructrice qui finira par se tourner contre l’homme qu’elle aime. La jeune actrice est parfaite dans ce rôle, elle s’est attachée à rendre toute l’ambivalence de son personnage : à la fois victime et bourreau, ange et démon. Elle est notamment magistrale dans la scène où Sabrina entreprend de séduire son beau-frère.
La limite du film, c’est peut-être son caractère « vintage ». Sabrina nous parle de l’Egypte éternelle dans un style qui évoque les grands classiques du cinéma égyptien. Il aurait pu être tourné dans les années quarante ou cinquante et pourtant il date de 1975. Au début des années soixante-dix, les grands cinéastes auscultent dans leurs œuvres la société égyptienne de leur temps, une société qui souhaite s’affranchir du passé pour rejoindre la modernité. Dans ce film, Houssam Al Din Mustafa lui tourne le dos.

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

lundi 15 août 2016

La Pastèque (Elbatikha, 1972)

البطيخة

إخراج: محمد خان



La Pastèque est un court-métrage réalisé par Mohamed Khan en 1972. Il dure 9mn30 et il est en noir et blanc.
Interprétation : Mohamed Kinawy
Sujet : après une journée de travail, un petit fonctionnaire quitte son bureau et rentre chez lui à pied. En chemin, il achète une pastèque qu'il mangera au dîner avec sa femme et ses trois enfants. 

Ce court-métrage est très important dans la carrière de Mohamed Khan. On y trouve présentée de manière presque pédagogique sa conception d'un cinéma réaliste et on peut y relever les codes d'une esthétique qui restera la sienne jusqu'à son dernier film.

L'idée de l'homme traversant la ville avec une pastèque sous le bras semble empruntée à une comédie d' Abdel Moneim Shoukry, Bonjour Ma Chère Epouse ! réalisée en 1969.  

Film visible sur Youtube avec des sous-titres en anglais

dimanche 7 août 2016

Les films à la télé (Rotana Classic du 7 au 21 août)

روتانا كلاسيك
 

Les films qui ont été cités dans ce blog et qui sont diffusés sur Rotana Classic (heure de Paris).


1) Raya et Sakina de Salah Abou Seif (Raya wa Sakina, 1953) 
    avec Negma Ibrahim, Farid Shawki, Anwar Wagdi, Chukry Sarhan, Berlanty Abdel Hamid


Dimanche 7 août à 9h 


2) La Mélodie éternelle d'Henry Barakat (Lahn el khouloud, 1952)
    avec Farid Al Atrache et Faten Hamama


Dimanche 7 août à 11h 


3) Triste Oiseau de la Nuit de Yahia El Alamy ( Tayr el leile el hazine, 1977) 
     avec Mariam Fakhr Eddine et Adel Adham


Lundi 8 août à 16h



4) Pieds nus sur un pont d'or d'Atef Salem (Hafiya ala al-Dhahab, 1976)
    avec Mariam Fakhr Eddine, Hussein Fahmi, Mervat Amine


Lundi 8 août à 23h 
Mardi 9 août à 11h


5) Le Clerc pris dans une histoire de fraude de Hassan El Seifi (al Ardahalgui fi qadiyyat nasb, 1987)
     avec Saïd Saleh, Sabrine, Hassan Mostafa


Mardi 9 août à 18h
Mercredi 10 août à 7h


6) L'Evasion d'Atef El Tayyeb (Al-Huroub-1991)
     avec Ahmed Zaki, Salah Abdallah, Abu Bakr Ezzat


 Mercredi 10 août à 23h
Jeudi 11 août à 11h

 
7) Le Fantôme de ma femme de Fateen Abdel Wahab (Ifrit Mirati,1968)

    avec Hassan Mostafa, Shadia, Imad Hamdi


Jeudi 11 août à 14h 
Vendredi 12 août à 3h


8) Les Vacances de l'Amour de Mahmoud Zulficar (Agazet Gharam, 1967) 
     avec Hassan Mostafa, Nagwa Fouad, Fouad El Mohandes


Jeudi 11 août à 20h
Vendredi 12 août à 9h


9) Mademoiselle Diablesse d'Henry Barakat (Afrita Hanem, 1949)
   
avec Samia Gamal et Farid Al Atrache


Vendredi 12 août à 18h


10) Princesse Aziza de Tolba Radwan (El Safira Aziza,1961)
       avec Wedad Hamdy, Soad Hosny, Abdel Moneim Ibrahim, Chukry Sarhan, Adli Kasab


Samedi 13 août à 18h
Dimanche 14 août à 7h



11) Des Bouches et des Lapins d'Henry Barakat (Afwah wa aranib, 1977)
       avec Inas Al DegheidyFaten Hamama, Ragaa Hussein


Samedi 13 août à 23h
Dimanche 14 août à 11h


12) Un Homme dans Notre Maison d'Henry Barakat (Fi Batina Rajul, 1961)
        avec Rushdy Abaza, Omar Sharif, Zubaïda Tharwat, Hussein Riad


Dimanche 14 août à 23h
Lundi 15 août à 11h


13) Vie ou Mort de Kamal El Sheikh (Haya aw Maut, 1954)
       avec Imad Hamdi, Madiha Yousry


Mardi 16 août à 18h 
 Mercredi 17 août à 9h


14)  Lettre d'une femme inconnue de Salah Abou Seif (Ressala Min Emraa Maghoula, 1962)
        avec Farid Al Atrache, Laïla Karim, Abdel Moneim Ibrahim, Loubna Abdel Aziz


Mardi 16 août à 23h
Mercredi 17 août à 11h


15) Une demi-heure de mariage de Fateen Abdel Wahab (Noss Saha Jawaz, 1969)
      avec Rushdy Abaza, Shadia, Adel Imam, Magda El-Khatib, Hassan Mostafa


Mercredi 17 août à 18h 


16) Quatre filles et un officier d'Anwar Wagdi (Arba banat wa dabit, 1954)
       avec Negma Ibrahim, Naïma Akef, Anwar Wagdi



Vendredi 19 août à 23h
Samedi 20 août à 11h


17) Hassan et Nayma d'Henry Barakat (1959)
       avec Muharram Fouad, Soad Hosny, Mohammed Tawfik


Samedi 20 août à 14h
Dimanche 21 août à 3h


18) Les anges des rues d'Hassan El Seifi ( Malaaket el Shawara, 1985)
       avec Mariam Fakhr Eddine, Chukry Sarhan, Athar El Akim


Samedi 20 août à 16h
Dimanche 21 août à 5h



19) Poursuite Amoureuse de Nagdi Hafez (Moutaradah gharamiyyah, 1968)

      avec Fouad Al Mouhandes, Hassan Mostafa, Chweikar


Samedi 20 août à 18h
Dimanche 21 août à 7h


20) Le Procureur Général d'Ahmed Kamel Morsi (Al-Na’ib Al-’Aam, 1946)
       avec Abbas Fares, Seraj Munir et Hussein Riad


Samedi 20 août à 20h
Dimanche 21 août à 9h


21) Les Deux Orphelines d'Hassan Al Imam (Al Yatimatayn, 1948)
       avec Faten Hamama, Negma Ibrahim et Soraya Helmi


Dimanche 21 août à 11h 



22) La Volonté de Kamal Selim (Al Azima, 1939)
      avec Abd Al-Aziz Khalil, Hekmet Fahmy, Fatma Rouchdi


Dimanche 21 août à 14h




  
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