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jeudi 22 août 2019

Le Pardon (Al Ghofran, 1971)

الغفران
ﺇﺧﺮاﺝ: عبدالرحمن شريف



Le Pardon a été réalisé par Abdel Rahman Sherif en 1971.
Distribution : Ahmed Ramzy, Mervat Amine, Salah Kabil, Tawfik El Deken, Mona Ibrahim, Wafiq Fahmi, Mohsena Tawfik, Khalid Macheal, Nayra Wali
Une histoire de Wali El Sayed 
Scénario : Ahmad Abdel Wahab 
Musique : Baligh Hamdy


Mohsena Tawfik

Salah Kabil

Mona Ibrahim

Tawfik El Deken

Mona Ibrahim et Ahmed Ramzy

Wafiq Fahmy et Salah Kabil

Tawfik El Deken et Ahmed Ramzy

Khalid Macheal et Nayra Wali

Mervat Amine et Salah Kabil

Ahmed Ramzy et Mervat Amine


Résumé

Abdul Rahman meurt laissant toute sa fortune à sa femme Inahyat et à son fils unique Mohsen. Inahyat voue un amour sans borne à son fils. Elle ne peut rien lui refuser et le garçonnet en profite. Ses plus proches compagnons sont ses cousins Samira et Magdy. Ce sont les deux enfants d’Abdel Gawad et ils sont en tous points opposés à Mohsen : ils vivent modestement avec leur père mais ce sont des élèves très studieux. Et puis, Mohsen tombe gravement malade. Le médecin lui annonce qu’il n’y a plus d’espoir. Alors, Inahyat accuse Dieu de l’avoir abandonnée puis elle s’effondre, inanimée. Quand elle se réveille, elle apprend que son fils est à l’hôpital et qu’il est sorti d’affaire. Elle se précipité hors de chez elle pour rejoindre Mohsen. Dans sa chambre, elle retrouve Abdel Gawad et ses deux enfants. Tout le monde a bien changé : Samira, Magdy et Mohsen sont devenus des jeunes gens. Samira est médecin tandis que Magdy est devenu officier de police. Mohsen a eu un accident de voiture. C’est la troisième automobile qu’il casse à cause de son imprudence. Il demande aussitôt à Inahyat de lui en racheter une autre en lui promettant d’être plus sage au volant. Samira est effarée par le comportement de Mohsen. Elle l’aime, ils doivent se marier et lui continue à se comporter comme un enfant gâté. Il ne travaille pas mais préfère passer ses jours et ses nuits à jouer aux cartes et à boire de l’alcool. Evidemment, dès qu’il est sur pied, il reprend sa vie de noceur, dépensant sans compter. C’est ainsi que tout son héritage s’est volatilisé et il commence à entamer les économies de sa mère. Dans le cabaret qu’il fréquente, il est en relation avec Layla, une danseuse. Cette dernière lui présente son frère, un escroc. Tandis que la sœur joue de ses charmes pour séduire Mohsen, le frère lui propose d’investir son argent dans une affaire qui, selon ses dires, peut rapporter très gros. Le garçon ne comprend pas qu’on veut lui ravir tout ce qu’il possède. Il n’hésite pas à engager le nom et les économies de sa mère dans le projet de ses nouveaux amis. Les conséquences seront dramatiques : Inahyat est ruinée et doit vendre sa villa. Elle trouve refuge chez Abdel Gawad. Mohsen réalise enfin l’étendue du désastre pour lui et sa mère. Fou de rage, il se rend chez le frère de Layla et l’étrangle puis il se précipite au domicile de la danseuse pour la tuer elle aussi mais les cris de la domestique et l’arrivée d’un groupe de personnes le contraignent à fuir. Mohsen rejoint sa mère chez Abdel Gawad. Le lendemain matin Layla se rend à la police pour dénoncer son agresseur qui est aussi le meurtrier de son frère. C’est Magdy lui-même qui a ordre d’arrêter Mohsen. Quand il arrive avec ses hommes chez son père, Mohsen s’est enfermé dans la maison avec sa mère. Cette dernière le supplie de se rendre. Il refuse et sort un revolver. Quelqu’un entre. Il tire. C’et Samira. Elle s’effondre. C’est à cet instant qu’on retrouve Inahyat dans son fauteuil. Toute cette histoire n’était qu’un rêve. Son enfant est bien mort. Mais maintenant, elle accepte les décrets divins.



samedi 2 mars 2019

Je suis le docteur (Ana el Doctor, 1968)

أنا الدكتور 
ﺇﺧﺮاﺝ: عباس كامل


Abbas Kamel a réalisé Je suis le Docteur en 1968.
Distribution : Farid Shawqy, Nelly, Mohamed Reda, Tawfik El Deken, Adel Imam, Hassan Mostafa, George Sedhom, Nawal El Saghira, Omar El Gizawy, Angel Aram, Khadiga Mahmoud, Mohamed Al Ezaby, Nadia Seif El Nasr, Hamdy Salem, Abdelghani El Nagdi
Scénario : Abbas Kamel
Adaptation de Knock, la pièce du dramaturge français Jules Romains (1923)

Tawfik El Deken et Hassan Mostafa

Nelly

Farid Shawki et Nelly 

Mohamed Reda

Mohamed Reda et Nelly

Farid Shawki

Adel Imam

George Sedhom 

Farid Shawki et Nadia Seif El Nasr


Résumé

Ibrahim est un simple infirmier qui travaille comme assistant du docteur Sami. Il rêve de devenir médecin et dans son quartier il se fait appeler docteur. Un jour il découvre dans le journal que dans un village, on recherche un remplaçant au médecin en place. Ibrahim décide de partir immédiatement pour ce village afin de prendre la succession du praticien sur le départ. Il est accompagné d’un autre employé du docteur Sami et de Nadia, une serveuse qui est secrètement amoureuse de lui. Après un long périple en car, les trois amis arrivent enfin au village. Ils sont accueillis par le médecin et son épouse. Cette dernière est impatiente de quitter cette contrée. En effet, la situation n’est guère brillante : les habitants jouissent d’une bonne santé inaltérable et ils ne font guère appel au médecin. Ibrahim va changer tout cela. Il parvient à convaincre le plus grand nombre que leur bonne santé est une illusion et qu’ils sont des malades qui s’ignorent. Son cabinet ne désemplit pas et il fait rapidement fortune. Il décide alors de se construire une véritable clinique. Le temps des travaux il s’installe dans un hôtel d’Alexandrie. Malheureusement, parmi les clients de l’établissement se trouve le docteur Sami qui le reconnaît. Il prévient la police. Et c’es lors de l’inauguration de sa clinique qu’Ibrahim est arrêté pour escroquerie et exercice illégale de la médecine. Il se rend sans résistance tandis que Nadia lui promet de l’attendre.

mardi 3 juillet 2018

À la recherche du scandale (Albahth A'n Fediha, 1973)

البحث عن فضيحة
إخراج : نيازى مصطفى




Niazi Mostafa a réalisé A la recherche du scandale en 1973.
Distribution : Adel Imam (Magdy), Mervat Amine (Hanan), Samir Sabri (Sami), Hamdi Salem (le père de Sami), Youssef Wahby (le père d’Hanan), Ahmed Ramzy (Fakry), Imad Hamdi (le père de Sana), Zizi El Badraoui (Sana), Mohamed Reda (Abou Sari), Nawal Abou El Foutouh (la femme mariée), Salah Nazmi (le mari de la femme mariée), Tawfik El Deken (Saber), Hassan Hamed (le cambrioleur), Nagwa Fouad (elle-même), Zouzou Madi (la mère de Sana), George Sedhom (Abdel Azim), Mimi Chakib (la mère de Hanan), Angel Aram (Mona), Sayed Ibrahim (le père de Mona), Mohamed Awad (Aziz), Rakia Damati (la secrétaire), Mohamed Farid (le barman), Naguib Abdo (le dentiste)
Scénario : Farouk Sabry et Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Samir Sabri et Ahmed Hamouda
Production : Gamal Al-Leithi

Samir Sabri et Adel Imam
Youssef Wahby et Mervat Amine
Sayed Ibrahim et Mohamed Awad
Salah Nazmi et George Sedhom
Mimi Chakib et Youssef Wahby


Résumé

Ce film est inspiré d'une comédie américaine réalisée par Gene Kelly en 1967, Petit guide pour mari volage (A Guide for the Married Man).
Magdy quitte son village pour travailler au Caire comme ingénieur. Avant son départ, son père lui donne ses dernières instructions : pour l’honneur de la famille, il faut qu’il se marie au plus vite. Dans la capitale, c’est son collègue Sami qui va l’aider à trouver une fiancée. Celui-ci invite Magdy à l’accompagner dans un club de loisirs qu’il fréquente régulièrement. Le petit provincial repère aussitôt une jeune fille très belle. Il en tombe amoureux fou. Ce sera sa future femme ! Sami lui conseille d’abord de s’assurer qu’elle est bien libre. Après une petit enquête, ils apprennent que la jolie inconnue s’appelle Hanan, qu’elle est célibataire et qu’elle vit chez ses parents. Détail plus embêtant : sa mère souhaite qu’elle épouse l’un de ses cousins. 
Sami propose à Magdy une première méthode d’approche. Alors que la jeune femme quitte le parking du club au volant de sa voiture, il s’agit de se jeter devant le véhicule, de rouler sur le capot et enfin de tomber à terre en feignant d’éprouver mille souffrances. Rien ne se passe comme prévu : la chute de Magdy est si maladroite que Hanan n’a aucune pitié pour sa « victime ». Elle est même furieuse. Pire encore : deux jeunes hommes qui ont assisté à la scène prennent notre héros pour un fâcheux sans éducation et le rossent de façon sévère. Evidemment, l’aspirant au mariage et son conseiller ne s’avouent pas vaincus. Deuxième tentative pour approcher la belle : cette fois-ci se sera avec la complicité d’un cascadeur embauché par Samy. Ce spécialiste en combat à mains nues devra importuner Hanan ce qui déclenchera l’intervention de Magdy. Le ton montera , on en viendra aux mains, la bagarre se conclura par la défaite du malabar qui fuira à toutes jambes et par la victoire du justicier intrépide. Ce plan échoue lamentablement car Magdy se trompe de partenaire : il s’en prend à un inconnu à la musculature imposante. Le résultat est sans appel : Magdy est vaincu par KO. Mais ô miracle, cette fois-ci, Hanan prend son parti et lui manifeste une attention et une tendresse qui le consolent de tous les coups reçus. Magdy et Hanan se revoient lors d’un concert donné au club. Après la manifestation, ils restent seuls tous les deux et la jeune femme avoue à son amoureux qu’elle partage ses sentiments. 
Peu après, Magdy se rend chez les parents de l’élue de son cœur pour faire sa demande en mariage mais la mère reste intraitable : elle veut que sa fille épouse leur neveu. 
Sami est un homme de ressources : il conseille à son élève de se faire surprendre dans la chambre de Hanan. Les parents pour éviter le déshonneur seront les premiers à réclamer le mariage. L’idée géniale est mise à exécution mais encore une fois, les événements prennent un tour imprévu : le soir où Magdy doit rejoindre Hanan, la chambre est occupée par la fille d’un couple de paysans venus visiter la capitale. Par un malheureux concours de circonstances, c’est Sami qui se retrouve, contre son gré, au lit dans les bras de la jouvencelle au physique ingrat. Catastrophe : le père fait irruption dans la chambre. Sami devra épouser le laideron. Magdy a plus de chance : le père de Hanan qui a toujours soutenu sa fille a fini par imposer sa volonté à sa femme. Magdy et Hanan deviendront mari et femme !


Critique

Pour la première fois dans sa carrière, ’Adel Imam obtient le rôle principal dans un film. Et pour cette comédie romantique, sa partenaire n’est autre que la sublime Mervat Amine, plus belle que jamais. Voilà un jeune acteur comblé ! Si "A la Recherche du Scandale" comporte quelques bons moments, la succession de gags faciles et donc prévisibles finit par lasser. On notera aussi un défaut de structure. Le film ressemble un peu à une comédie à sketches. En effet, le cinéaste et son scénariste ont inséré dans leur récit de courtes séquences réalisées avec la collaboration de « guest stars ». Mais cela fonctionne mal : ces saynètes d’un intérêt très inégal (Celle avec George Sedhom est particulièrement inepte.) cassent le rythme de l’histoire principale sans lui apporter grand-chose.
On remarquera enfin que Niazi Mostafa a fait des emprunts évidents à "Chuchotements d’Amour" de Fateen Abdel Wahab, notamment avec le personnage du père, joué dans les deux films par Youssef Wahbi et celui du cousin « yéyé ». "A la Recherche du Scandale" nous aura au moins permis d’entendre Samir Sabri chanter une version arabe du tube des Middle of The Road, "Chirpy Chirpy Cheep Cheep". Il est à la piscine entouré de nombreux danseurs et la scène rappellera aux plus anciens les émissions de variétés des années 70 conçues par les producteurs français Maritie et Gilbert Carpentier !

Appréciation : 2/5
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

dimanche 3 décembre 2017

Sous le Ciel de la Ville (Tahta Samaa Almadina, 1961)

تحت سماء المدينة
ﺇﺧﺮاﺝ: حسين حلمي المهندس


Hussein Helmy El Mohandes a réalisé Sous le Ciel de la Ville en 1961.
Distribution : Iman (Soad), Samia Roshdi (la mère de Soad), Kamal El Shennawy (Ahmed Kamal), Hussein Riad (Amin Azmy), Zouzou Chakib (Fayqa), Sherin (Bassima), Fatheia Chahine (Sharifa), Nahed Sharif (Layla), Tawfiq El Deken (Wahid), Amira Amir (Mona Hassan), Abdel Hamid Badawy (le portier), Abdel Moneim Basiony (Hamed), Nagwa Fouad (la danseuse), Mohamed Abdel Moteleb (le chanteur), Dalal (la chanteuse)
Scénario : Hussein Helmy El Mohandes
Musique : Abdel Azim Abdelhaqq


Sherin et Iman








Kamal Al Shennawi et Amira Amir

















Iman et Tawfik El Deken

















Hussein Riad












Sherin, Samia Rosshdi, Iman






Résumé

Histoires croisées de trois femmes : Mona, Soad et Bassima
Mona Hassan est devenue la maîtresse de son patron, Amin Azmi, un homme d’affaires corrompu qui lui a promis le mariage puis s’est désisté. Celui-ci vient de signer un contrat avec une société qui va lui faire gagner beaucoup d’argent. Pour conclure l’affaire, il a besoin d’un avocat  qui apporte sa caution. Il se tourne vers Ahmed Kamal, un jeune juriste à peine sorti de l’université. Dans un premier temps, celui-ci refuse. Mais sa fiancée, Soad, a des goûts de luxe et  rêve d’une vie fastueuse. Pour la satisfaire, Ahmed finit par accepter la proposition malhonnête mais lucrative d’Amin Azmi. Soad et Ahmed peuvent se marier.
Bassima vit avec son beau-père qui est tapissier. Les affaires de celui-ci marchent bien et il a coutume de fumer du hachich avec son ami Hamid. Ce dernier est très intéressé par Bassima. Un jour que le beau-père s’est endormi, Hamid en profite pour déclarer sa flamme à la jeune femme qui le repousse. Il se jette sur elle mais  elle lui échappe et se précipite sur son beau-père pour qu’il intervienne. Contre toute attente celui-ci prend la défense de son ami et chasse Bassima de chez lui. La jeune fille erre sans but dans les rues de la ville. Elle est recueillie par un couple de proxénètes, Fayqa et Qarni.
Ahmed regrette de s’être associé à Amin Azmi.  Il se rend dans l’entreprise spoliée par l’escroc et promet de rembourser tout l’argent  indûment perçu.  Cette décision met en rage Soad. Elle décide de retourner vivre chez sa mère et demande le divorce. Ahmed prie son ami Wahid d’intervenir auprès de sa femme pour qu’elle renonce à son projet.  Malheureusement l’ami devient un traître car il souhaite conquérir la jeune femme. Il l’incite à divorcer et à réclamer une pension alimentaire qui lui permettra de vivre comme elle l’entend. Wahid  emmène Soad danser dans un cabaret. Elle revient chez sa mère au milieu de la nuit, totalement ivre. Furieuse, sa mère la frappe violemment. Soad  s’enfuit et s’installe dans un appartement que lui a trouvé Wahid.  Au retour d’une fête, ce dernier tente d’abuser de sa protégée. Elle se débat et s’effondre, inconsciente. La croyant morte, Wahid s’enfuit.  
Amin Amzi envoie sa maîtresse chez Ahmed pour qu’elle récupère des documents.  Mais Mona  sympathise avec l’avocat et lui révèle ce que trame l’homme d’affaires véreux.  Apprenant la trahison de la jeune femme, Amin la chasse de chez lui. C’est ainsi que Mona retrouve Bassima dans l’établissement qu’elle gère pour le compte du couple de proxénètes, Fayqa et Qarni.  Elle lui raconte son histoire. Bassima décide de faire chanter Amin Amzi. Elle se rend ensuite chez Soad qui est complètement seule. La jeune divorcée a essayé de renouer avec Ahmed puis avec sa mère mais les deux l’ont rejetée.  Elle devient à son tour une pensionnaire de Fayqa et Qarni.
 Un jour, la police fait irruption dans la « pension ».  Tout le monde est arrêté. On retrouve les trois héroïnes au tribunal, accompagnées d’Ahmed, avocat de la défense. Dans sa plaidoirie, le jeune homme dénonce  Amir Azmi qui prend conscience du mal qu’il a fait. Même chose pour Wahid qui est venu témoigner en faveur de Soad.  Bref, on regagne le droit chemin et on se réconcilie. Bassima a été condamnée à trois ans de prison mais Mona et Soad ont été acquittées. 




mercredi 31 mai 2017

La Troupe Joyeuse (Ferket Al Marah, 1970)

فرقة المرح
إخراج : فطين عبد الوهاب



Fateen Abdel Wahab a réalisé La Troupe Joyeuse en 1970.
Distribution : Mohamed Roushdy ,Chams El Baroudi, Nagwa Fouad, Tawfik El Deken, Samir Ghanem, George Sedhom, Ahmed El Deif
Scénario : Abdel Fattah El Sayed et Adly El Mowalid
Musique : Baligh Hamdy

Ahmed El Deif, Samir Ghanem, George Sedhom















Tawfil El Deken, Nagwa Fouad, Chams Al Baroudi
















Mohamed Roushdy
















Samir Ghanem

















Résumé

Quatre amis pêchent sur la plage. L‘un d’entre eux ramène sur le rivage une valise qui s’était accrochée à son hameçon. Les garçons ne se sont pas aperçus qu’ils ne sont pas seuls sur cette plage : en embuscade, il y a un gang qui veut récupérer la valise car elle contient de la drogue mais il y a aussi la police qui veut arrêter en flagrant délit les gangsters. Quand ces derniers passent à l’action pour récupérer le précieux bagage, les policiers sous la direction de l’officier Roshdy interviennent. L’affrontement est bref et violent. Les malfrats parviennent à fuir après avoir éliminé Mokhtar l’un des leurs qui venait d’être appréhendé. Les représentants de la loi arrêtent les quatre pêcheurs mais ils les libèrent très vite, convaincus de leur innocence.
Au commissariat, Roshdy interroge Mona : cette jeune femme est à la fois la voisine des quatre amis, l’employée de Salim, le chef de la bande qui dirige un cabaret et la cousine de Mokhtar. Elle ne sait rien du trafic de drogue auquel se livre son patron et apprend avec stupeur et chagrin la mort de Mokhtar ainsi que son implication dans cette entreprise criminelle. Elle devra poursuivre ses activités dans le cabaret de Salim et surtout ne rien dire de l’entretien qu’elle vient d’avoir au commissariat : il en va de sa vie.
Pour démanteler le réseau, Roshdy veut l’infiltrer. Il se fait passer pour le frère de Mona de retour d’Australie. Il offre ses services à Salim qui accepte, trop content de trouver un remplaçant à Mokhtar.
Après de nombreuses péripéties, et grâce à l’aide des quatre amis qui pourtant enchaînent les gaffes et les maladresses , tous les membres de la bande seront arrêtés.


Critique

Au scénario de cette Troupe (pas si) Joyeuse, on retrouve Abdel Fattah El Sayed. C’est le dernier film qu’il écrit, il meurt peu après. Ce scénariste commence sa carrière dans les années cinquante et il apparaît au générique de certaines comédies d’Ismaël Yassin. Dans les années soixante, il fait équipe avec un jeune confrère, Adly El Mowalid. Le tandem est l’auteur de quelques navets fameux. Citons par exemple, Une Fille Turbulente de Houssam Al Din Mustafa et Les Secrets des Filles de Mahmoud Zulficar.
La Troupe Joyeuse est tout de même plus réussie que les deux films que nous venons de citer mais cela reste un produit standard qui exploite tous les procédés de la comédie populaire des années soixante. De film en film, on retrouve les mêmes scènes sur la plage, avec les mêmes filles en maillot de bain et les mêmes danses sur le sable. Le public raffole de cette atmosphère estivale et il se passionne pour les aventures sentimentales de ces bandes de jeunes sympathiques et propres sur eux, répliques égyptienne des yé-yé européens. Donc, inutile de chercher dans ce film la moindre originalité et la présence du Faten Abdel Wahab à la réalisation ne change rien à l’affaire. 
Cette comédie musicale est construite autour du trio comique Les Trois Lumières du Théâtre (Thalathy Adwa’a El Masrah) très célèbre dans les années soixante. El Deif Ahmed, George Sidhom and Samir Ghanem enchaînent les tournages et c’est toujours des comédies aux intrigues bâclées, prétextes à chansons niaises et à gags éculés. La filmographie des Trois Lumières du Théâtre est de même nature que celle de nos Charlots hexagonaux. Dans les deux cas, on sent l’empressement des producteurs à exploiter un filon qui peut se tarir d’un moment à l’autre. Pour les trois artistes égyptiens, ce sera effectivement bien court puisque l’un d’eux, El Deif Ahmed, meurt en 1970, l’année de la sortie de cette Troupe Joyeuse, à l’âge de trente-quatre ans. (Un scénariste et un acteur meurent peu après le tournage de ce film : doit-on parler de malédiction ?)
On notera pour la fin, la présence de Shams El Baroudi et de Nagwa Fouad dans les deux principaux rôles féminins. La première, en passe de devenir le sex symbol du cinéma des années 70, paraît bien terne face à la seconde. On appréciera tout particulièrement cette incroyable scène de danse orientale sur canapé où Nagwa Fouad fait montre d’une fougue et d’une sensualité rarement vus à l’écran. La véritable vedette de ce film, c’est elle.

Appréciation : 2/5
**
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin


dimanche 24 avril 2016

Le Chemin du Diable (Tarik al shaitan, 1963)

طريق الشيطان
إخراج : كمال عطية



Le Chemin du Diable a été réalisé par Kamal Attiya en 1963.
Distribution : Samia Gamal, Farid Shawki, Rushdy Abaza, Madiha Salem, Linda Badawy, Tawfik El Deken, Zizi Al Badraoui, Shwikar
Scénario : Kamal Attiya, Mohamed Othman, Rushdy Abaza


Samia Gamal

Farid Shawki

Rushdy Abaza

Madiha Salem

Linda Badawy et Tawfik El Deken


Résumé

Ahmed et Hassan sont deux amis, joueurs de poker. Dans un cabaret, ils rencontrent une danseuse du nom de Samia. Elle tombe amoureuse d’Ahmed et accepte de partager sa vie. Elle peut enfin réaliser son rêve le plus cher : abandonner la danse et le monde de la nuit. Hassan de son côté fait la connaissance d’une jeune femme qui rejoint la petite bande. S’ils ne sont plus célibataires, les deux amis poursuivent cependant leur vie aventureuse de joueurs professionnels. Un jour, après une course folle pour échapper à la vindicte de partenaires de jeu qui avaient découvert leur tricherie, ils se restaurent dans la petite boutique d’une vieille marchande de galettes. La conversation qu’ils ont avec la commerçante les bouleversent. Ils décident d’abandonner le poker. Avec leurs deux compagnes, ils montent un atelier de couture et une petite fabrique de galette. Grâce à leur enthousiasme et à leur énergie, les affaires sont florissantes. Hélas, Hassan surprend son amie en train de voler l’argent de la communauté. Il la chasse. Il se console vite car dans une maison voisine réside une jeune fille dont il est tombé amoureux. Avec l’appui d’Ahmed, il se rend chez elle pour faire sa demande en mariage. Les parents acceptent. Tout irait pour le mieux mais la catastrophe survient : Hassan est accusé de meurtre. L’épreuve sera de courte durée. Ahmed parvient à prouver l’innocence de son ami en livrant à la police le vrai coupable.


Critique

Rushdy Abaza apparaît dans ce film non seulement comme acteur mais aussi comme scénariste et producteur. Ce qui prouve, même si on s’en doutait, qu’on peut être un bon acteur et un piètre scénariste.
Ce film s’intitule le Chemin du Diable, sans doute, est-ce uniquement pour des raisons commerciales car l’histoire contée est celle de deux garçons qui choisissent de se détourner de leurs mauvais penchants pour se consacrer à la vertu et au travail. Le Chemin de Dieu aurait été plus pertinent mais moins vendeur.
Cette conversion de deux joueurs de poker qui après leur rencontre improbable avec une vieille marchande de galette disent adieu au whisky, aux bagarres et aux amours d’un soir est certes édifiante. On est toujours content de voir des voyous devenir des chics types. Malheureusement, cela ne suffit pas à faire un film digne de ce nom. Au début, on regarde avec une certaine indulgence, Rushdy Abaza et Farid Shawki se prendre pour Frank Sinatra et Dean Martin. Mais quand ils opèrent leur révolution intérieure et qu’on les retrouve l’un affublé d’un costume de livreur de galettes et l’autre d’un tablier de cuisine afin de vaquer aux tâches ménagères de la communauté, on se crispe un peu. On comprend qu’il faudrait trouver ça à la fois amusant et attendrissant mais ça ne marche pas. Le moralisme "boy scout" du film est tout simplement insupportable.
Sans doute conscients du problème, les scénaristes tentent de corser le récit en imaginant que le personnage joué par Farid Shawki est soupçonné de meurtre à la suite d’un concours de circonstances alambiqué. Ce coup de théâtre intervient dans les cinq dernières minutes du film et donc il faut faire vite ! Rushdy Abaza s’empresse de venir au secours de son compagnon en retrouvant le vrai coupable qu’il livre à la police. Le spectateur n’a pas eu le temps de s’inquiéter beaucoup ! En revanche, il s’est beaucoup ennuyé.

 Appréciation : 2/5
**

lundi 30 novembre 2015

La Fin du Chemin (Nihâyat al tariq, 1960)

نهاية الطريق
إخراج : كمال عطية


Kamal Attiya a réalisé La Fin du Chemin en 1960.
Distribution : Hoda Soltan (Sharbat), Rushdy Abaza (Hussein), Tawkik El Deken (Fathi), Wedad Hamdy (Bita), Abbas Fares (Haj Abdo), Omar el Hariri (Fouad), Adawy Gheith (le directeur de l’usine), Thuraya Kakhry (la mère de Sharbat), Fawzia Mohamed (danseuse)
Scénario : Kamal El Hefnawi
Musique : des emprunts divers Mogi (La musique du générique est un enregistrement de Pérez Prado, le roi du Mambo et on entend dans quelques scènes, des extraits de la B.O.de Sueurs Froides d’Alfred Hitchcock, une B.O. composée par Bernard Herrmann.)
Musique de danse : Attia Sharara
Chansons : Mohamed Al Mogi
Abbas Fares et Hoda Soltan

Rushdy Abaza et Hoda Soltan

Hoda Soltan

Hoda Soltan et Wedad Hamdy

Tawfik El Deken

Hoda Soltan

Omar El Hariri et Hoda Soltan

Hoda Soltan et Rushdy Abaza

Hoda Soltan

Hoda Soltan

Résumé

Sharbat, une jeune femme d’origine modeste vit seule avec sa mère dans un petit appartement. Elle est tombée amoureuse d’Hussein, un jeune ouvrier qui réside dans le même immeuble que le sien. Elle multiplie les occasions de rencontres et parvient à s’introduire dans le logement de son bien aimé. Celui-ci cède aux avances réitérées de Sharbat. Ils se marient. Au début, l’entente entre les deux jeunes mariés est totale. Fathi, un jeune étudiant riche, tourne autour de la jeune femme Il n’hésite pas à venir la voir chez elle quand Hussein est à l’usine mais Sharbat reste insensible à ses propositions. Avec son mari, elle est heureuse, d’autant plus que celui-ci a repris des études à l’université : il veut devenir avocat. Elle fait tout son possible pour l’aider. Le jour où Hussein doit recevoir son diplôme, Sharbat a réuni des voisines dans leur salon pour fêter l’événement. Le retour du futur avocat se fait attendre. Alors que les convives ont quitté l’appartement, Hussein reparaît enfin. Il annonce qu’il a échoué à l’examen. Sharbat entre dans une rage folle. Tous ses rêves d’ascension sociale sont brisés. Elle éclate en imprécations méprisantes à l’encontre de son mari. Ce dernier est terrassé. Peu après ils divorcent. La jeune femme a renoué avec Fathi, le jeune homme riche. Celui-ci est en mauvais termes avec son père qui lui reproche son oisiveté. Il doit travailler et quitter pour quelque temps la ville. Pendant son absence, Sharbat fait la connaissance du père du jeune homme. Séduite par la fortune de l’entrepreneur, elle l’épouse. Fathi n’apprend la nouvelle du mariage qu’à son retour. Il est désespéré. Après avoir passé la soirée à boire dans un cabaret, il retourne au domicile paternel et tente de violer Sharbat. Son père s’interpose. Dans la bagarre, le vieil homme fait une chute mortelle. Fathi est arrêté et condamné à mort. Devenue veuve, Sharbat vit dans la grande maison du défunt avec une amie. Le soir, elles sortent dans les cabarets à la mode. Un jour, un homme se présente chez elle. Il s’appelle Fouad et prétend être un homme d’affaires fortuné, ami de son mari. En fait, c’est un escroc. Il parvient à gagner la confiance de Sharbat et lui propose de s’occuper de ses affaires. La jeune veuve accepte. Quand elle comprend qu’il s’est accaparé sa fortune, il est trop tard. Elle tente de renouer avec Hussein qui est devenu un brillant avocat. Malheureusement, il a refait sa vie et ne peut plus rien pour elle. Désormais, elle est seule et pauvre.


Critique


Tout le film est construit autour de l’actrice principale, Hoda Soltan.
On peut diviser la carrière de cette grande artiste en trois périodes : dans la première, au début des années cinquante, elle joue les jeunes filles modestes un peu naïves ; dans la seconde, la plus intéressante, elle devient une séductrice sans scrupules détruisant les hommes qui ont le malheur de croiser son chemin ; à la fin de sa vie, elle sera dans de nombreuses séries télévisées la mère très pieuse qui protège et console (Rappelons que Hoda Soltan a pris le voile au milieu des années quatre-vingt, comme beaucoup de ses consœurs vieillissantes.)
La Fin du Chemin qui appartient à la seconde période est un très bon film injustement oublié. Le réalisateur nous dépeint un cas de bovarysme à l’égyptienne. Sharbat est une jeune fille qui rêve d’ascension sociale. Elle croit que son premier mari va lui permettre de réaliser ses ambitions. Hussein est un jeune homme qui travaille dur afin de devenir avocat. Dans ce rôle de garçon gentil, volontaire et un peu laborieux, on trouve Roshdy Abaza. Un contre-emploi étonnant pour cet acteur habitué à jouer les séducteurs hédonistes un peu veules mais il s’y révèle très à l’aise avec un jeu tout en nuance. Comme Emma se lasse de Charles, Sharbat abandonne très vite son étudiant pour le fils puis le père d’une famille fortunée. C’est là que s’arrêtent les similitudes entre le film de Kamal Attia et l’œuvre de Flaubert. Emma et Sharbat éprouvent au départ la même insatisfaction mais la première rêve d’une existence aristocratique et « romantique » alors que la seconde n’aspire qu’à un confort petit-bourgeois avec grosse voiture et maison moderne.
Dans la seconde partie de la Fin du Chemin, l’étude psychologique bascule dans le drame avec la séquence la plus réussie du film : le meurtre du père. L’atmosphère n’est pas sans rappeler celle des films noirs américains. C’est la nuit, les visages sont violemment éclairés tandis que tout autour l’espace est envahi par des ombres mouvantes. Il y a d’abord la scène du café dans lequel Fathi, le fils (l’excellent Tewfik El Dekn), s’est réfugié après avoir appris son infortune. Il est seul à une table, il boit et fume, les yeux mi-clos comme pris d’une torpeur mauvaise. Dans la scène suivante, il est dans la chambre de sa « belle-mère ». L’air hagard, il regarde Sharbat qui dans son lit est plongée dans un profond sommeil. Tentative de viol puis lutte entre le père et le fils sous les yeux épouvantés de la jeune femme. Des scènes brèves sans dialogues avec un crescendo dans la violence et la folie.
Dans la dernière partie, le film semble emprunter la voie de la comédie sentimentale pour évoquer l’existence insouciante de la jeune veuve. Mais c’est au moment même où celle-ci pense retrouver l’amour qu’elle va être piégée et vaincue par un homme d’affaires trop séduisant. Morale on ne peut plus conventionnelle : malheur à la femme qui se joue des hommes !
La Fin du Chemin est un film brillant avec des comédiens au sommet de leur art. Il offre l’un de ses plus beaux rôles à Hoda Sultan, la plus hollywoodienne des actrices égyptiennes.

Appréciation : 4/5
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Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin