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vendredi 14 décembre 2018

Les Confessions d’un Mari (Iterafat zoj, 1964)

اعترافات زوج
ﺇﺧﺮاﺝ: فطين عبدالوهاب



Fateen Abdel Wahab a réalisé Les Confessions d'un Mari en 1964.
Distribution : Fouad El-Mohandes, Shwikar, Hind Rostom, Mary Moneib, Nadia El Noqrashy, Abdel khalek Saleh , Ahmed Ramzy, Youssef Wahby, Tita Saleh, Hassan Atla
Scénario : Youssef Issa, Ali El Zorkani
Musique : Michel Youssef

Youssef Wahby

Fouad El Mohandès

Youssef Wahby et Fouad El Mohandès

Hind Rostom et Fouad El Mohandès

Fouad El Mohandès et Mary Moneib

Hind Rostom et Fouad El Mohandès

Shwikar

Abdel Khalek Saleh


Résumé

Wahid est un homme heureux : c’est un compositeur à succès, marié à Latifa, une charmante jeune femme. Il vit dans une grande maison située dans un quartier résidentiel de la capitale. Une nuit, pourtant, il fait un drôle de rêve. Il rêve qu’il se rend chez sa voisine Bossa, une célèbre chanteuse pour qui il écrit. Ils s’embrassent et c’est à cet instant qu’apparaît son épouse, armée d’un revolver. Elle tire sur lui et Wahid s’effondre. Fin du rêve : il se réveille aussitôt, soulagé d’être encore en vie. 

Peu après, Wahid et sa femme partent en voyage au Liban pour fêter l’anniversaire de leur mariage. Dans l’avion, survient une anomalie. Les stewards révèlent aux passagers qu’un des moteurs de l’appareil est en panne. Wahid croit que leur dernière heure est arrivée. Voulant libérer sa conscience, il avoue à sa femme qu’il a en rêve embrassé leur voisine. Latifa reste sans voix. C’est alors qu’on annonce que l’avion retourne au Caire et que tout a été fait pour leur assurer un atterrissage sans aucune complication. De retour chez eux, Latifa laisse éclater sa colère. Elle est bien décidée à faire payer à son mari ce baiser fantasmatique ! 

Wahid cherche de l’aide auprès de son beau-père, un vieux Dom Juan cynique et jouisseur qui toute sa vie a trompé sa femme. Le vieil homme blâme sévèrement la naïveté du compositeur et lui conseille de suivre ce commandement que lui a toujours respecté scrupuleusement : ne jamais dire la vérité à son épouse. Au même moment, Latifa raconte tout à sa mère. Pour cette dernière, aucun doute : son gendre est l’amant de leur voisine et il n’a parlé de rêve que pour atténuer la gravité de son crime…

Dans le même temps, Bossa a bien des soucis : elle est amoureuse d’un jeune homme du nom d’Essam. Celui-ci est un célèbre sportif qui occupe l’essentiel de ses journées à s’entrainer. Le hic, c’est que ce bellâtre ne lui porte aucun intérêt. Malgré tous ses efforts, Bossa n’a jamais réussi à éveiller en lui le moindre désir . Une amie lui donne un conseil : elle doit essayer de le rendre jaloux. Bossa doit donner une fête chez elle où seront conviés tous ses proches. Il y aura bien sûr Essam mais aussi Wahid et toute sa famille. L’idée est simple : Bossa devra feindre d’être follement amoureuse de Wahid en espérant que cela aura l’effet escompté sur l’athlète. Le stratagème est un échec cuisant. Non seulement par son attitude, elle a éveillé la fureur de Latifa et de sa mère, non seulement elle a fait boire de manière excessive le pauvre Wahid qui ne sait plus où il se trouve ni avec qui, mais, comble de malheur, Essam semble être resté de marbre toute la soirée, occupé à manger et à signer des autographes… 

Une semaine se passe sans qu’Essam ne daigne se manifester. Bossa est hors d’elle. C’est alors qu’elle a la visite de son amie. Cette dernière a rencontré Essam dans le club qu’il fréquente. Il lui a demandé des informations sur Wahid et a montré une certaine irritation. Malgré les apparences, le plan a fonctionné. Il faut persévérer. Bossa oblige Wahid à l’accompagner dans divers lieux publics. Le musicien ne sait plus que faire pour déplaire ni à sa femme, ni à sa voisine. Il demande à nouveau conseil auprès de son beau-père. Le vieil homme décide de remplacer son gendre au prochain rendez-vous. Alors qu’il est attablé avec la chanteuse à une terrasse d’un café, Essam surgit. Le grand sportif est à la fois furieux et humilié de découvrir que son rival est un pauvre vieillard qui ne se déplace qu’avec une canne. Il devient menaçant mais Bossa parvient à le faire fuir. 

Ce que ne sait pas le sexagénaire, c’est que sa fille Latifa a été le témoin de toute la scène et qu’elle s’est empressée de tout raconter à sa mère. Pour échapper au courroux de son épouse, le beau-père charge son gendre en prétendant qu’il n’avait rencontré Bossa que pour lui venir en aide : en effet, elle est enceinte de Wahid ! Il retrouve ainsi l’amour et l’estime de sa femme. Mais pour Wahid, la situation devient insupportable et le destin s’acharne contre lui. Son beau-père a réussi à lui faire croire qu’il était somnambule et que c’est ainsi qu’il est devenu pour de vrai l’amant de Bossa. Il décide donc de se rendre chez sa « maîtresse » pour en avoir le cœur net. Suite à un malheureux concours de circonstances dont l’origine est un robinet impossible à fermer, Bossa et Wahid se retrouvent tous les deux en peignoir dans la chambre de la jeune femme. Survient Essam qui à la fois clame son amour pour Bossa et corrige sévérement Wahid. Ce dernier a à peine le temps de recouvrer ses esprits que c’est autour de Latifa d’apparaître et de crier son indignation. Le coup de grâce arrive quand Wahid apprend qu’il va être papa, résultat de sa relation adultère et somnambulique. La raison du musicien chavire. Il est interné en hôpital psychiatrique. 

 Ayant retrouvé un certain équilibre, notre héros parvient à s’en échapper et retourne chez lui pour régler ses comptes. Il en veut énormément à ses deux beaux-parents mais cela ne l’empêchera pas de reprendre la vie commune avec sa femme dont il est toujours aussi amoureux.

samedi 18 août 2018

Le Retour de l’Homme le plus Dangereux du Monde (Awdat Akhtar Ragol fil Alam, 1972)

عودة أخطر رجل فى العالم
ﺇﺧﺮاﺝ: محمود فريد



Mahmoud Farid a réalisé le Retour de l'Homme le plus Dangereux du Monde en 1972. 
Distribution : Fouad El-Mohandes (Monsieur X/l’employé de la compagnie d’assurance), Mervat Amine (la fiancée de l’employé de la compagnie d’assurance), Brigitte Omar (Rita, l’assistante du représentant d’Interpol), Samir Sabri (le Major Wahid), Souad Hussein (Madame Soussa), Salah Nazmi (le chef de la police), Salama Elias (le directeur de la compagnie d’assurance), Kanaan Wasfy (Marcelo, le bras droit de Monsieur X), Wafik Fahmy (le maharaja indien), Ali Gohar (le représentant d’Interpol), Afaf Wagdy (Mona), Samir Rostom (Luciano)
Scénario et dialogues : Anwar Abd-Allah
Musique : Bakhit Bayoumy, Fathy Qoura, Khaled El-Amir

Brigitte et Samir Sabri

Tawfiq Al Kurdi

Brigitte

Fouad El Mohandes et Mervat Amine

Wafik Fahmy

Ali Gohar et Brigitte


Résumé

Comédie. Mister X et ses hommes quittent Chicago pour se rendre au Caire. Ils ont appris qu’un très riche Maharajah était descendu dans un grand hôtel de la capitale égyptienne avec dans ses valises, le plus gros diamant du monde. Les redoutables gangsters s’installent dans le même hôtel et préparent leur hold-up. 
Pour assurer la protection du richissime indien, M. Humphrey d’Interpol et son assistante Rita sont venus prêter main forte à la police cairote. Ils sont accueillis par le colonel Fathy et le Major Wahid.
Au même moment, un employé d’une société d’assurance fait son apparition dans l’hôtel : il s’appelle Miftah et il souhaite contacter le Maharajah afin de lui faire signer une police d’assurance. S’il échouait, son patron l’a menacé de le mettre à la porte et de rompre les fiançailles qui faisaient de lui son futur gendre. Justement, Mervat, la fille du patron travaille dans l’hôtel où est descendu le Maharajah. Elle s’occupe des coffres dans lesquels les clients peuvent mettre en sécurité leurs objets les plus précieux.
Miftah parvient à entrer en contact avec le prince indien en se joignant à sa séance de gymnastique quotidienne. C’est ainsi qu’ils deviennent amis et que le second accepte de souscrire une assurance auprès de la société du premier. Le patron de Miftah est aux anges. 
Mais la situation se complique. Mervat a imprudemment ouvert le coffre du Maharajah qui n’était pas fermé à clé. Elle a pris le diamant pour le contempler mais l’arrivée d’une collègue l’a empêché de le remettre à sa place. Elle a dû quitter son poste avec le précieux bijou . Elle explique la situation à son fiancé qui tente d’intervenir mais la porte du coffre a été fermée à clé. Plus qu’une seule solution : tenter de récupérer la clé dans la poche du Marahajah. Coïncidence heureuse : les deux danseuses embauchées pour divertir le prince indien se sont désistées. Mervat et son fiancé travesti en femme vont les remplacer. En virevoltant autour du prince émoustillé, ils vont réussir à s’emparer de la clé. Mais peu après, Mister X et ses hommes font exploser les coffres de l’hôtel. La police intervient aussitôt. Une fusillade éclate. Dans la mêlée, Mister X parvient à atteindre le coffre et constate qu’il est vide. Lui et ses hommes se replient. Miftah est arrêté. Les policiers sont évidemment persuadés qu’ils ont mis la main sur le gangster américain. L’agent d’assurance doit s’expliquer longuement pour convaincre ses interlocuteurs qu’il n’est pas la personne recherchée. Mais, parmi les policiers, se trouve Rita, l’assistante de Humphrey, qui en fait est une complice de Mister X. Elle s’empresse de lui révéler toutes les informations que Miftah leur a confiées. Le gangster sait désormais que c’est Mervat qui a le diamant et qu’elle s’est réfugiée chez ses parents. Grâce à l’adresse que lui a donnée Rita, Mister X se présente au domicile de l’assureur. Il parvient à tromper toute la famille et s’empare du diamant. Quand Miftah et le colonel Fathy font leur apparition, Mister X est déjà reparti. Miftah et sa fiancée se joignent aux policiers qui se lancent à ses trousses. Ils parviennent enfin à récupérer le bijou et à le restituer à son propriétaire .Tout est bien qui finit bien même si le gangster américain a réussi encore une fois à se faire la belle.
Ce film est la suite de L’Homme le Plus Dangereux du Monde, réalisé par Niazi Mostafa en 1967.

mercredi 23 novembre 2016

Le Fleuve de l'Amour (Nahr el Hub, 1960)

نهر الحب 
إخراج : عز الدين ذو الفقار




Ezzel Dine Zulficar a réalisé Le Fleuve de l'Amour en 1960.
Distribution : Faten Hamama (Nawal), Omar Sharif (Khalid), Zaki Rostom (Taher Pasha), Omar El-Hariri (Mamdouh), Zahrat Al Oula (la femme de Mamdouh), Ahmed Farahat (le fils de Mamdouh), Amina Rizq (Madame Fatima), Fouad El Mohandes (l'ami de Khaled), Ahmed Bali ( le psychiatre), Soheir El Bably (Mervat), Mohamed Reda (un miltaire), Abdel Azim Kamel (le médecin)
Scénario : Ezzel Din Zulficar et Youssef Issa
Adaptation du roman Anna Karenine (1877) de l'écrivain russe Léon Tolstoï.
Musique : Andre Ryder
Production : Helmy Rafla


Zaki Rostom et Faten Hamama

Fouad El Mohandes et Omar Sharif

Faten Hamama

Faten Hamama et Zaki Rostom

Faten Hamama

Omar El Hariri

Faten Hamama et Omar Sharif




Résumé

Taher Pacha est un vieil homme riche et puissant. Il tombe amoureux de Nawal et souhaite l’épouser. Mamdouh est le frère de Nawal. Il a accumulé les dettes et se trouve dans une situation très délicate. Pour le sauver du déshonneur et de la prison, Nawal accepte de se marier avec Taher Pacha. Celui-ci se révèle un homme dur, incapable d’amour et obsédé par sa carrière politique. L’existence de Nawal est celle d’une femme riche mais solitaire et désoeuvrée. Elle donne naissance à un garçon. Elle se consacre entièrement à son éducation. Les années passent. Un jour, Nawal reçoit une lettre de son frère qui s’est installé à Assouan avec sa femme et ses deux enfants : lui et son épouse sont au bord du divorce et il lui demande de l’aider à sauver son couple. Avec l’autorisation de son mari, Nawal décide de passer quelques jours chez Mamdouh. Dans le train qui la conduit à Assouan, elle fait la rencontre d’un jeune officier prénommé Khaled. C’est le coup de foudre. Ils se retrouvent à plusieurs reprises dans des réceptions, une première fois à Assouan puis au Caire. Ils ne peuvent plus cacher les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Taher Pacha est informé de l’infidélité de sa femme. Il a très peur que cette liaison nuise à sa carrière politique. Il exige que Nawal rompe avec l’homme qu’elle aime. Lors d’un concours hippique, Khaled fait une grave chute. Il est hospitalisé. Nawal n’y tient plus : elle veut divorcer pour être aux côtés de son amant. Taher Pacha propose un compromis : il souhaite que le divorce soit prononcé après les élections. D’ici là, il autorise Nawal à retrouver Khaled mais pour éviter le scandale, il exige que les deux amants partent en voyage au Liban. Nawal accepte malgré le chagrin qu’elle éprouve à l’idée de se séparer de son fils.
En fait, Taher Pacha prépare sa vengeance. Une fois les élections passées, il menace Nawal d’un procès pour adultère : elle doit disparaître si elle et son amant souhaitent éviter la prison. Nawal trouve refuge chez son frère tandis que Taher Pacha fait croire à son fils que sa mère est morte.
La guerre est déclarée : Khaled doit rejoindre le front. Il meurt dans les combats. Désespérée, Nawal tente de retourner chez Taher Pacha pour revoir son fils. Son mari ne la laisse pas entrer dans sa demeure : il ne faut pas traumatiser leur enfant qui la croit morte. Elle préfère renoncer. Ayant perdu ses deux raisons de vivre, elle erre sans but près de la voie ferrée. Soudain, elle croit voir son fils qui l’appelle de l’autre côté de la voie. Elle traverse tandis qu’un train arrive à vive allure.


Critique

Ce film est un peu particulier dans la filmographie de son metteur en scène et de ses deux principaux interprètes. Omar Sharif et Faten Hamama ont formé le couple le plus célèbre du cinéma égyptien. Ils se sont rencontrés en 1954 sur le tournage du film Ciel d’Enfer de Youssef Chahine. A cette époque, Faten Hamama est déjà une grande vedette tandis que le futur Docteur Jivago débute sa carrière d’acteur. Ils vont très vite devenir amants puis se marier une fois Faten divorcée et Omar converti à l’islam. Six ans ont passé et ce Fleuve de l'Amour est le cinquième et dernier film que ces deux monstres sacrés tourneront ensemble. De nouveau, on les retrouve ici dans des rôles spécialement écrits pour eux : ceux de deux amants qui ne peuvent vivre leur amour au grand jour et que la société condamne au malheur et à la souffrance.
Si ce tournage dut être différent des autres pour le cinéaste, c’est qu’il fut le premier mari de Faten Hamama, celui qu’elle a quitté pour épouser Omar Sharif. Ils s’étaient mariés en 1947 : Faten avait 16 ans, lui 28. Ils eurent une fille, Nadia. On peut donc imaginer que cette histoire d’une jeune mère de famille qui quitte son vieux mari, riche et puissant, pour un jeune inconnu a dû réveiller bien des souvenirs dans l’âme du réalisateur ! (Après leur divorce, Ezzel Din Zulficar et Faten Hamama étaient cependant restés bons amis et avaient continué à tourner ensemble dans quelques films.)
Ces trois personnalités sont réunies pour une production à haute valeur culturelle : l’adaptation d’un chef d’œuvre de la littérature russe, Anna Karénine. L’exercice comporte des risques et on pouvait craindre au final un produit empesé et académique. Heureusement, Ezzel Din Zulficar ne s’est pas laissé impressionner par le génie de Tolstoï. Il a adapté son roman à la société égyptienne de l’après-guerre (Khalid meurt au combat pendant le conflit israelo-arabe de 1948) et cela fonctionne plutôt bien.
De nombreuses scènes de ce « drame romantique » sont restées dans la mémoire collective : celle de la première rencontre des deux futurs amants dans le train suivie du déjeuner en tête à tête dans le wagon-restaurant, une scène traitée de manière presque hitchcockienne ; celle de leur deuxième rencontre lors d'un bal costumé qui rappelle par son atmosphère certains films italiens et puis, dans un style purement hollywoodien, celle de leur premier baiser au réveillon du nouvel an ; enfin, retour au drame à l'égyptienne  avec la dernière confrontation entre la femme et son ex-mari : elle, désespérée, qui vient de perdre son amant et qui supplie le vieil homme de lui laisser voir son fils et celui-ci qui refuse au nom du traumatisme que cela provoquerait chez l’enfant. Des scènes d'anthologie qui illustrent parfaitement ce que fut l'âge d'or du cinéma égyptien.
Ezzel Din Zulficar joue en virtuose des codes et des procédés du mélodrame. Il est aidé en cela par une équipe d’acteurs exceptionnels. Faten Hamama est sublime dans ce rôle de femme qui aspire à l’amour et au bonheur et qui perdra tout. Omar Sharif campe avec aisance le jeune officier séduisant au destin tragique (type de personnages dont il mettra longtemps à se défaire, tant celui-ci lui « colle à la peau » !). Mais n’oublions pas l’immense Zaki Rostom en tyran méthodique qui écrase sans scrupule tous ceux qui osent s’opposer à lui. Par son jeu, sa voix et sa présence physique, l’acteur donne à son personnage une dimension proprement shakespearienne !
Le Fleuve de l’Amour, un mélodrame classieux. 

Appréciation : 4/5
****
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

vendredi 7 août 2015

La Petite Magicienne (El Sahera El Saghira, 1963)

الساحرة الصغيرة
إخراج : نيازى مصطفى

 


Niazi Mostafa a réalisé La Petite Magicienne en 1963.
Distribution : Rushdy, Soad Hosny, Fouad El Mohandes, Madiha Yousri, Saïd Abu Bakr, Anwar Madkor, Khayria Sadki, Rushdy El Mahdi, Mahmoud Rashad, El-Toukhy Tawfiq, Abd El Nabi Mohamed, Abdel Ghani El Nagdi
Une histoire de Mahmoud Ismaïl
Scénario : Abdel Haye Adib
Dialogue : El Sayed Bedeir
Musique : Mohamed Fawzi et Michel Youssef



Saïd Abu Bakr et Rushdy Abaza
















Madiah Yousri et Rushdy Abaza


Soad Hosny


Rushdy Abaza


Soad Hosny et Rushdy Abaza


Fouad El Mohandes





















Résumé

C’est l’histoire de deux amis qui portent le même prénom, Esmat. Les circonstances vont conduire l’un à prendre la place de l’autre.Pour avoir aidé Esmat 1 (Rushdy Abaza) dans ses amours clandestines, Esmat 2 (Saïd Abu Bakr) se retrouve en prison. Malheureusement Haniah (Soad Hosny), sa fille qu’il n’a pas vue depuis sa petite enfance lui annonce son arrivée. L’ami resté libre accepte de se rendre à l’aéroport pour l’accueillir. Trompée par l’homonymie, Haniah prend pour son père Esmat 1 qui se garde bien de démentir. Aussitôt la jeune femme manifeste une affection qui met très mal à l’aise le faux papa. Pis: elle n’observe aucune pudeur en sa présence et dans l’intimité elle arbore les tenues les plus indécentes. Pour notre Dom Juan, la situation devient intenable. Et quand elle flirte avec des jeunes gens de son âge, il ne peut cacher sa jalousie malgré la présence de Machirat (Madiha Yousri), sa maîtresse qu’il doit bientôt épouser. 
Le père véritable sort enfin de prison. Pour ne pas traumatiser la jeune femme, les deux Esmat décident de poursuivre la supercherie mais Haniah finit par apprendre la vérité. Cela la comble de joie car elle peut enfin s’avouer et avouer aux autres qu’elle aime l’ami Esmat. Avec l’aide de son vrai père elle décide de lui tendre un piège. Ils lui font croire qu’elle ne sait toujours pas la vérité et elle en profite pour multiplier les provocations. Le séducteur finit par manifester au grand jour son amour pour Haniah. Machirat, l’ancienne maîtresse accepte de s’effacer. La jeune femme et Esmat pourront s’unir avec la bénédiction du père.


Critique

Cette comédie accumule les situations un peu scabreuses censées mettre en valeur les appas de Soad Hosny . On a donc Soad Hosny qui enlève ses bas, Soad Hosny qui se promène en maillot de bain, Soad Hosny qui arbore un décolleté plongeant, Soad Hosny qui dort avec une nuisette et qui se tortille dans tous les sens pour qu’on ne rate rien de ses formes avantageuses etc. La jeune femme ne perd pas une occasion pour se frotter contre son partenaire d’âge mûr (Rushdy Abaza) qui, réduit à l’état de spectateur impuissant, est constamment au bord de l’explosion. Très répétitif. Tout le monde surjoue à qui mieux mieux, la palme revenant à Soad Hosny elle-même dont le jeu appuyé est à la limite du supportable. L’intérêt du film réside peut-être dans ce qu’il nous révèle des mœurs de l’époque en Egypte, du moins de celles de la classe aisée en milieu urbain. Evidemment, la grande liberté dont jouit l’héroïne serait inconcevable aujourd’hui.

Appréciation : 2/5
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin