إخراج : هنري بركات
Henry Barakat a réalisé Rendez-Vous d'Amour en 1956.
Distribution : Faten Hamama (Nawal), Abdel Halim Hafez (Samir), Imad Hamdi (Kamal, l’ami de Nawal), Zahrat Al Oula (Zahra), Rushdy Abaza (Mamdouh, le petit ami de Zahra), Adly Kasseb (le médecin)
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Musique : Mohamed El Mougy, Mahmoud El Sherif, Kamal Al Tawil, Mamoun Al Shinnawi
Production : Wahid Farid et Ramses Naguib
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Rushdy Abaza, Zahrat Al Oula, Faten Hamama |
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Faten Hamama et Imad Hamdi |
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Abdel Halim Hafez et Faten Hamama |
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Faten Hamama et Adly Kasseb |
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Abdel Halim Hafez et Faten Hamama |
Résumé
Samir est un jeune homme oisif qui passe le plus clair de son temps à jouer aux courses et à courtiser les filles. Un jour alors qu’il retourne au Caire après avoir séjourné à Alexandrie dans l’hôtel de luxe Beau Rivage, il rencontre dans le train une jeune fille qu’il entreprend aussitôt de séduire. Malheureusement pour lui, celle-ci est assez peu sensible à son charme et elle ne cache pas son irritation dès qu’il tente d’amorcer la conversation. La jeune femme s’appelle Nawal et elle travaille pour un journal dont elle dirige le courrier du cœur. A la gare, elle est accueillie par Zahra, son amie fleuriste et elles partent toute les deux en voiture sans que Nawal ait daigné jeter un regard à Samir qui lui dit au revoir d’un signe de la main. Au journal, elle s’aperçoit que la valise qu’elle a avec elle n’est pas la sienne. En l’ouvrant, elle découvre que c’est celle de Samir. Elle contient un grand nombre de photos du garçon en compagnie de différentes jeunes femmes. Nawal comprend à qui elle a affaire et quand Samir se présente au journal pour récupérer son sac, elle ne lui cache pas le peu de sympathie qu’il lui inspire. Loin de se décourager, Samir multiplie les rencontres. Où qu’elle aille, il s’ingénie à la croiser. Nawal est excédée et elle lui demande de disparaître de sa vie. Samir accepte de la laisser tranquille car il croit qu’elle est amoureuse de Kamal, un ami de longue date. Très vite, Nawal ressent un certain malaise : Samir lui manque, elle a compris qu’il était réellement épris et qu’elle ne serait pas une conquête parmi d’autres. Les deux jeunes gens finissent par se retrouver et désormais ils passent de longs moments ensemble. Nawal incite Samir à trouver un travail. Il a une très belle voix et elle l’encourage à embrasser une carrière artistique. C’est à ce moment-là que Nawal apprend qu’elle est gravement malade et qu’elle ne pourra bientôt plus marcher. Elle décide de rompre aussitôt avec Samir et elle charge Zahra de lui faire croire qu’elle s’apprête à épouser Kamal. Samir est parvenu à se faire un nom dans la chanson. Pour oublier Nawal, il part pour une grande tournée au Liban. Quand il s’en retourne au Caire, il rencontre Kamal qui lui révèle la vérité : Nawal n’aime que lui et c’est uniquement la maladie qui l’a conduite à se tenir loin de lui. Elle doit partir en Suisse pour se faire opérer et Kamal conduit Samir à l’aéroport pour que celui-ci retrouve enfin celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer. C’est ensemble qu’ils se rendront en Suisse.
Critique
Un petit film bien oublié aujourd’hui et qui pourtant n’est pas sans charme. Evidemment le titre pourrait effrayer : difficile de faire plus impersonnel et plus convenu. (Un jour, il faudra prendre le temps de compter le nombre de films égyptiens qui comportent dans leur titre soit le terme « rendez-vous », soit le terme « amour » . Le résultat devrait dépasser tous les pronostics.) Ce titre « Rendez-vous d’Amour » annonce un roman-photo tout dégoulinant de sentimentalisme sucré, une romance surannée pour mamies au cœur tendre. Prétendre que le film d’Henry Barakat n’a rien à voir avec cela, ce serait mentir mais on aurait tort de renoncer à le visionner. Malgré son intrigue à l’eau de rose, le cinéaste parvient à échapper à la mièvrerie et au larmoyant. Il nous offre une comédie dramatique pleine de fraicheur et de légèreté. Comme dans d’autres de ses films, Henry Barakat n’a pas son pareil pour évoquer les années cinquante comme une époque heureuse, et il le fait avec toute la poésie et la sensibilité dont il est capable. Nous pensons aux très belles scènes qui se déroulent dans le journal où travaille l’héroïne ou bien à celles qui ont pour cadre la boutique de fleurs tenue par sa meilleure amie (Au milieu des bouquets, l’élégance et la grâce de Faten Hamama et de Zahra Al Oula font merveille et rappellent les couvertures des magazines de mode des années cinquante.) Et nous aimons aussi ces séquences où l’héroïne, l’air déterminé, sillonne les rue du Caire au volant de sa minuscule voiture . Au travers de son héroïne, le cinéaste brosse le portrait d’une jeune femme de son temps, indépendante et sans cesse en mouvement, une jeune femme épanouie et heureuse. S’il a tourné bien des drames, Henry Barakat fut aussi le cinéaste du bonheur de vivre.
Faten Hamama, Abdel Halim Hafez et Zahrat Al Oula forment un joli trio. Ils ont déjà tourné ensemble l’année précédente dans « Nos Plus Beaux Jours » d’Helmy Halim. Si les deux jeunes femmes ont déjà une filmographie impressionnante, le Rossignol Brun est un débutant bien qu’il soit plus âgé que ses deux partenaires. Mais il manifeste ici comme ailleurs ce naturel et cette candeur qui lui donneront pour l’éternité l’image d’un adolescent fragile et lui assureront un succès indéfectible auprès de ses admiratrices. On peut aussi découvrir dans ce film Rushdy Abaza en bon bougre passionné par le basket. Curieux !
Malheureusement, la seconde partie du film n’a pas l’allant de la première. Le ciel s’assombrit, la comédie légère tourne au mélodrame et tout devient plus banal. Dommage !
Appréciation : 3/5
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin
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