إخراج : إسماعيل حسن
Distribution : El Sayed Bedeir (Mahtas), Omar El Gizawy (Falih), Sherifa Mahear (la chanteuse Karawan), Samiha Tawfiq (la danseuse Astak), Mohsen Hassanein (Tawfiq), Mahmoud Shoukoko (le gérant du cabaret), Abdel Moneim Basiony (Ahmed Suleiman, le nouveau propriétaire du cabaret), Abdel Nabi Mohamed (Amin Effendi, l’assistant d’Ahmed Suleiman), Wedad Hamdy (la femme de ménage), Abdul Moneim Abdul Rahman (le conducteur de train), George Yordanis (le barman), Salama Elias (un serveur), Zaki Mohamed Hassan (un serveur), Zinat Sedki (Oum Mahtas, la mère de Mahtas et la tante de Falih), Mounir El Fangary (employé à la billetterie)
Scénario : Gamal Hamdy
Musique : Extraits de Pierre et le loup de Prokofiev
Producteur : Emile Barak
![]() |
| Omar El Gizawy, Zeinat Sedki, El Sayed Bedeir |
![]() |
| Sherifa Mahear |
![]() |
| Wedad Hamdy |
![]() |
| Samiha Tawfiq, Omar El Gizawi |
![]() |
| Abdel Nabi Mohamed |
![]() |
| Mahmoud Shoukoko, Abdel Nabi Mohamed |
Résumé
Falih et Mahtas, deux cousins issus du même village, décident de fuir l’autorité écrasante de la mère de Mahtas, bien déterminée à les marier chacun à la sœur jumelle de l’autre. Après avoir vendu leurs terres, ils prennent le train pour Le Caire. En route, ils rencontrent Astik, une danseuse, et Karawan, une chanteuse, deux jeunes femmes ambitieuses prêtes à tout pour se faire une place dans la capitale.
En découvrant que les deux villageois transportent une importante somme d’argent, Astik et Karawan redoublent d’amabilité. Rapidement, elles comprennent tout ce qu’elles peuvent tirer de ces deux naïfs. Les quatre compagnons s’installent dans la même pension, et les deux artistes parviennent à convaincre Falih et Mahtas d’acheter un cabaret prétendument en vente, « Fleurs Ouvertes ».
Un escroc leur vend alors l’établissement à l’aide de faux actes de propriété. Par un concours de circonstances, le véritable propriétaire informe son gérant qu’il a vendu le cabaret et que le nouvel acquéreur doit arriver sous peu. Lorsque Falih et Mahtas se présentent, le gérant, persuadé qu’ils sont les acheteurs légitimes, leur remet les clés.
Grâce au talent d’Astik et de Karawan, le cabaret devient rapidement un lieu très en vue. La presse s’y intéresse, et c’est en lisant un article que la mère de Mahtas découvre où se trouvent son fils et son neveu. Elle décide aussitôt de se rendre au Caire, accompagnée des deux futures épouses.
Pour éviter la catastrophe, Astik élabore un stratagème : elle fait croire au gérant et à son associé que les deux jeunes femmes — certes peu séduisantes — sont en réalité de riches héritières. Cupides et malhonnêtes, les deux hommes se laissent immédiatement séduire par la perspective d’un mariage lucratif. Ils demandent la main des cousines, et la mère de Mahtas accepte.
Mais, juste avant de s’engager devant le mazloun, les deux prétendants apprennent que les jeunes femmes n’hériteront jamais de rien. Au même moment, le véritable propriétaire du cabaret réapparaît : hospitalisé après un accident, il n’avait pas pu se manifester plus tôt. Quand Falih et Mahtas lui expliquent qu’ils sont eux aussi propriétaires du lieu, le nouveau venu appelle aussitôt la police. Pendant ce temps-là , la mère de Mahtas attend toujours la signature de l’acte de mariage. Acculés, le gérant et son associé préfèrent avouer leurs détournements de fonds et risquer la prison plutôt que d’épouser les deux cousines.
Finalement, Falih et Mahtas se résignent à épouser leurs promises et retournent au village.
Critique
En janvier 1954, quelques mois avant la sortie de « Fatih et Mahtas », sortait sur les écrans « Monsieur Bahbouh », une comédie bâtie sur un thème similaire : deux paysans mal dégrossis se rendent dans la capitale et découvrent l’univers chatoyant des cabarets avec leurs danseuses et leurs chanteuses si séduisantes. Ce film sympathique réalisé par Youssef Maalouf — un professionnel solide sans être un grand artiste — était porté par un duo comique aguerri, Ismaïl Yassin et Reyad El Kasabgy. Disons-le d’emblée « Fatih et Mahtas » ne joue pas du tout dans la même catégorie.
On peut même parler de ratage complet. Le scénario, inutilement alambiqué, accumule les péripéties confuses et aligne des gags parmi les plus faibles de la comédie égyptienne. Toute l’intrigue repose sur une idée « rigolote » qui donne le ton de l’ensemble : les deux héros fuient leur village car on veut marier chacun d’eux à la sœur jumelle de l’autre ! Le dénouement, quant à lui, révèle surtout un manque total d’imagination — ou peut-être une certaine paresse. Le scénario est signé Gamal Hamdy qui est aussi l’assistant réalisateur du film. Le pauvre garçon n’aura pas le temps de progresser : il participe à l’écriture de huit films avant de mourir à quarante ans.
La réalisation, confiée à Ismaïl Hassan, n’arrange rien. Aucun sens du rythme, aucune maîtrise de l’image, une direction d’acteurs catastrophique : tout concourt à l’échec. Les producteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Après ce film, Hassan n’en réalisera qu’un autre avant de redevenir assistant réalisateur. Il ne retrouvera une place derrière la caméra qu’en 1986, soit trente ans plus tard.
Le duo formé par El Sayed Bedeir et Omar El Gizawi constitue sans doute l’aspect le plus gênant du film. Nous avons toujours trouvé horripilant le second qui adopte en permanence l’attitude de l’évadé de l’asile avec yeux ronds et rictus inquiétant. En revanche, on aime bien El Sayed Bedeir, un artiste aux multiples talents, acteur, scénariste, metteur en scène. Ce film ne lui rend pas justice et son jeu de benêt narquois est tout aussi pénible que celui de son partenaire.
La dernière partie du film nous offre un véritable feu d’artifice ! les deux paysans sont poursuivis par leurs sœurs jumelles en robe de mariée. Evidemment les quatre personnages sont joués par El Sayed Bedeir et Omar Gizawi. On sait combien le travestissement et le double sont des motifs chers à la comédie égyptienne des années cinquante. De grands réalisateurs en ont usé avec bonheur mais comme on peut le voir ici, entre des mains plus maladroites, le résultat est navrant.
Appréciation : 1/5
*
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin







Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire