vendredi 6 décembre 2013

Monsieur Lion (Assab Afendi, 1951)

السبع أفندى
إخراج أحمد خورشيد



Monsieur Lion a été réalisé par Ahmed Khourchid  (1913-1973) en 1951. C'est son seul film en tant que réalisateur. Il fera l'essentiel de sa carrière cinématographique comme directeur de la photographie.
Distribution : Serag Mounir, Shadia, Farid Shawki, Saïd Abu Bakr, Souad Fawzi, Omar El Hariri, Toufiq Al Deken, Rashad Hamed
Scénario : Farid Safadih, Zaki Youssef
Dialogues : Ali El-Zorkani
Musique : Mustafa Abdel Rahman, Ibrahim Hussein, Ricardo Credi
Production : Ahmed Khourchid 



Saïd Abu Bakr



 
                                         












                                                               
Shadia




                                  
Souad Fawzi



Seraj Mounir



             

 Ce film est une adaptation de la nouvelle de Marcel Aymé intitulée Le Passe-Muraille (1943).

Monsieur Lion a été distribué par Les Films Régence, société créée en 1934 par Jacques Haïk*.

C'est aussi en 1951 que sort sur les écrans français l'adaptation de la nouvelle réalisée par Jean Boyer avec Bourvil.





Résumé

Monsieur Sakira Abboud (Sakira = Sucre. Rappelons que le nom du héros de Marcel Aymé est Dutilleul) est un petit homme frêle mais élégant qui vit seul dans un modeste appartement. Chaque matin, il  se rend à son bureau. Il est employé dans une administration dirigée par un chef irascible qui le harcèle à tout propos. Un jour, à la pause du déjeuner,  alors qu’il se promène dans la ville, il tombe sur un bonimenteur qui vend des pilules aux pouvoirs extraordinaires : elles redonnent joie et repos aux âmes fatiguées et déprimées. Monsieur Sakira Abbou en achète un flacon. De retour au bureau, il retrouve son enfer quotidien et  pour supporter les ordres incessants de son supérieur, il avale l’intégralité du flacon. En rentrant chez lui, il s’aperçoit qu’il a la faculté de traverser les murs. Affolé, il va consulter un psychiatre qui lui explique que ce sont des hallucinations causées par la haine qu’il éprouve à l’égard de son chef. Monsieur Sakira Abbou sait que le diagnostic est faux.  Quand il retourne au bureau, il comprend tout le parti qu’il peut tirer de son nouveau pouvoir. Devant son patron, il s’amuse à apparaître et à disparaître à travers les murs.  Tout le monde croit le grand chef atteint de folie subite et il est envoyé en maison de repos.
Un soir, un jeune collègue invite Monsieur Sakira Abboud dans un cabaret. Après avoir bu plus que de raison, le jeune homme s’enfuit laissant seul notre héros. Ce dernier doit régler l’addition. Malheureusement, son portefeuille a disparu. Le personnel du cabaret le passe à tabac.  Auparavant, Monsieur Sakira Abboud refusait d’user de son don pour s’enrichir, désormais, il abandonne tout scrupule et dévalise les banques. Il signe chacun de ses forfaits d'une périphrase énigmatique : « Le Lion Nocturne ». La presse se déchaîne. La police promet une récompense à quiconque permettra son arrestation.
Un autre soir, il  se présente à nouveau dans le cabaret où on l’avait battu. Il s’y conduit en client richissime et capricieux. Il y entend une jeune chanteuse dont il tombe aussitôt amoureux. Ils font connaissance. Monsieur Sakira Abboud comprend que le patron de la boite est un escroc qui a réussi à éloigner le père de la chanteuse. Son projet est d’épouser celle-ci pour mettre la main sur sa fortune. Le Lion Nocturne promet à la jeune fille de la sauver. Malheureusement, Chérif, le patron de la boite,  parvient à déjouer ses plans, en le dénonçant à la police. Monsieur Sakira Abboud est incarcéré. Chérif pense en être définitivement débarrassé. Evidemment, il n’en est rien. Le Passe-Muraille reparaît dans le cabaret déguisé en fakir. Grâce aux confidences d’une danseuse, il apprend que le père de la chanteuse est retenu contre son gré dans la clinique du psychiatre qu’il avait lui-même consulté.
Dénouement : une série de péripéties (confuses et peu vraisemblables) conduisent  tous les personnages au pied d’une  pyramide. Monsieur Sakira Abboud s’y dissimule et en sort à l’arrivée de la police. Il s’aperçoit qu’il a laissé sa veste à l’intérieur de la pyramide. Il y retourne mais quand il veut en ressortir, impossible : son pouvoir magique l’a abandonné. C’est alors qu’on retrouve Monsieur Sakira Abboud dans son bureau, terrassé par le sommeil. Tout cela n’avait été qu’un rêve. Mais on n’échappe pas au happy end de rigueur. En effet, l'employé soumis se révolte et menace son patron de démissionner. Ainsi, il obtient considération, augmentation de salaire et vacances. Enfin, il épouse la jeune fille de son quartier qui est la copie conforme de la chanteuse de ses rêves.


Critique

Une petite comédie sans prétention et un peu brouillonne qui alterne les scènes réussies (l’évocation de  la triste condition d’un simple employé dans une grande administration) et celles qui le sont beaucoup moins (la satire balourde de l’univers psychiatrique avec ses faux médecins et ses fous excentriques). Saïd Abou Bakr fut un immense comédien qui fit une carrière exceptionnelle au théâtre et au cinéma. Il n’empêche qu’il n’est guère convaincant quand il s’essaie comme dans ce film  au jeu burlesque et outrancier qui fera la gloire d’un Ismaël Yassin. Je pense notamment à cette scène un peu pénible où son personnage feint d’être un fou se prenant pour Hitler. Grotesque ! Heureusement, il y a la présence lumineuse de la toute jeune Shadia qui chante merveilleusement bien.

Appréciation : 2/5
**


* Jacques Haik (1893-1950) fut en France l'un des plus grands producteurs de cinéma  de l'entre deux guerres. On lui doit notamment la construction de la grande salle du Rex. Juif et antinazi, il est arrêté en 1940 puis déporté dans son pays d'origine, la Tunisie. C'est à cette époque qu'il s'intéresse au cinéma égyptien. En 1945, de retour en France, il se consacre notamment à la distribution des films égyptiens dans l'ensemble des pays du Maghreb. 

Jacques Haik
                                                                                                                       

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

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