mardi 25 avril 2017

Hassan et Marika (Hassan wa Marika, 1959)

حسن وماريكا
إخراج: حسن الصيفي

  

  
Hassan El Seifi a réalisé Hassan et Marika en 1959.
Distribution :Ismaël Yassin, Thuraya Fakhry, Abdel Salam Al Nabulsi, Maha Sabry, Mohsen Hassanein, Dorrya Ahmed, George Yordanis, Stephan Rosti, Reyad El Kasabgy, Suzie Khairy, Thuraya Fakhry, Abdel Moneim Ismaël
Scénario : Aboul Seoud El Ebiary
Musique : Fathy Qoura, Mounir Mourad, Attiah Sharara, Saïd Mekawi, Mohamed Ali Ahmed

Ismaël Yassin et Thuraya Fakhry

Ismaêl Yassin et Abdel Salam Al Nabulsi

Ismaël Yassin et Maha Sabry

Maha Sabry

Abdel Salam Al Nabulsi, Mohsen Hassanein et Maha Sabry

Dorrya Ahmed

Maha Sabry et Dorrya Ahmed


Ismaël Yassin

Maha Sabry

Abdel Salam Al Nabulsi et George Yordanis

Stephan Rosti et Ismaël Yassin


Résumé

Hassan est amoureux de Marika, la fille d’un barbier grec du nom de Papadopoulos. Le jour, elle tient la caisse du salon de son père, le soir, elle chante dans un cabaret. Hassan se rend quotidiennement chez le barbier pour rencontrer l’élue de son cœur. Malheureusement, son ami Fahlawy, est aussi amoureux de la jeune femme. Les deux garçons rivalisent d’ingéniosité pour gagner les faveurs de Marika. Cette dernière finit par annoncer que son cœur penche pour Hassan. Mais notre héros n’a pas encore gagné la partie. En effet le père de Marika a déjà des projets de mariage pour sa fille : elle devra épouser Marco, un grec comme lui. Lors de la cérémonie, Hassan, aidé de Fahlawi, enlève Marika. Le père porte plainte. Au commissariat, toutes les parties doivent s’expliquer. Hassan se retrouve dans une situation délicate. Mais un homme fait irruption dans le commissariat. Il se présente : il s’appelle Abdul Salam Behairy et il est le véritable père de Marika qui en réalité s’appelle Bahia. Il y a quinze ans, il était un employé du salon et il a abattu un client fou. Avant d’être arrêté, il a confié son enfant à Papadopoulos. Il vient de sortir de prison et il est venu au commissariat pour qu’on l’aide à retrouver sa fille. Désormais, plus rien ne s’oppose au mariage d’Hassan et de Marika-Bahia.


Critique

C’est une comédie furieusement « années cinquante » qui rappelle l’atmosphère des petits films commerciaux produits en France à la même époque et qui étaient destinés au public populaire des cinémas de quartier. Les spectateurs viennent en famille voir des histoires de famille dans lesquelles il est souvent question d’une fille à marier qui ne veut pas se plier aux diktats paternels mais qui veut "suivre son cœur". On se moque du  fiancé peu dégourdi choisi par le père et on s’amuse des astuces et des tours inventés par les prétendants « éligibles » pour conquérir la belle sans éveiller les soupçons du papa sourcilleux. Dans le cinéma français, le cadre est toujours le même : la petite bourgeoisie, de préférence provinciale, des commerçants ou des petits employés, ce qui nous vaut toute une galerie de personnages stéréotypés, à la fois pittoresques et caricaturaux. 
C’est tout cela que nous retrouvons dans Hassan et Marika. Dans ce film, le papa est barbier et toute la journée, il rase tandis que sa fille tient la caisse. Le salon devient donc le lieu hautement stratégique que les amoureux de Marika doivent investir. Ils vont et viennent prétextant une coupe ou un rasage et se livrant à des chorégraphies savantes pour glisser un mot à l’élue de leur cœur. Dans la dernière partie du film, l’action se déplace dans l’appartement de la jeune fille et de son père. Là, nous retrouvons les deux prétendants qui organisent un véritable siège pour tenter de l’emporter. Et puisque le papa veut un gendre grec alors on se déguise en grec…
A la simple lecture de cette présentation, on devine ce que tout cela a de convenu et de déjà vu (Il serait possible mais fastidieux d’établir la généalogie de tous les gags que les auteurs ont choisis pour « agrémenter » leur comédie) et pourtant, dans son genre, Hassan et Marika est assez réussi. C’est un produit de qualité conçu par des artisans consciencieux et expérimentés. Le réalisateur (Hassan El Seifi), le scénariste (Aboul Seoud Al Ibiary) et les deux acteurs principaux ( Ismail Yassin et Abdel Salam Al Nabulsi ) se connaissent bien et ils forment une équipe performante où chacun, à sa place, contribue au succès de l’entreprise.  Ce qui explique sans doute le rythme enlevé de cette petite comédie : tout va très vite et les personnages virevoltent dans tous les sens sans un temps mort. Et puis, il y a aussi la présence et la voix de la chanteuse Maha Sabry, incarnation parfaite de la jeune fille des années cinquante,   qui ajoute au charme « vintage » de ce film.

En fait, Hassan et Malika marque la fin d’une époque. Ce type de comédie, on en produira encore mais il est clair que le genre s’essouffle et disparaîtra des écrans au début des années soixante. Et ceux qui symbolisent ce genre, ce sont  Ismaël Yassin et, dans une moindre mesure, Abdel Salam Al Nabulsi
 Ismaël Yassin a dominé le monde de la comédie pendant toute une décennie, de 1950 à 1960. Il est à l’affiche de quasiment tous les gros succès de cette époque. En 1954, l’acmé de sa carrière, il joue dans dix-huit films ! C’est la super star du rire !
Abdel Salam Al Nabulsi est l’éternel second, celui qui tente sa chance en amour mais qui doit, in fine, s’effacer devant l’ami plus séduisant. Il a joué son personnage de clown blanc, colérique et malheureux, dans un nombre incalculable de films avec les partenaires les plus variés, dont Ismaël Yassine.
Dans Hassan et Malika, les deux acteurs  forment un duo qui est familier  aux spectateurs des années cinquante.  Et ici, comme à leur habitude, ils offrent à leur public ce qu’il aime. Alors, Abdel Salam Al Nabulsi fait du Abdel Salam Al Nabulsi et Ismaël Yassin, du Ismaël Yassin. Bien sûr on se déguise, les deux acteurs sont devenus des spécialistes du costume grotesque ou exotique et, comme de bien entendu, Ismaël Yassin finira par se travestir en femme (inévitable depuis Mademoiselle Hanafi de Fateen Abdel Wahab)
On sent tout de même une pointe de lassitude dans leur jeu. Nos deux héros n’ont plus l’énergie du début de la décennie. Ils ont vieilli. Et on a parfois l’impression qu’Abdel Salam Al Nabulsi lui-même  se demande si tout cela a encore un sens. Il joue les soupirants alors qu’il a soixante ans et que sa partenaire, Maha Sabry, a trente-trois de moins que lui !  Alors, évidemment, la partie n’est pas facile, même  quand on a un immense talent  et une silhouette de jeune homme.
Dans Hassan et Malika, les deux comédiens jettent leurs derniers feux avant le crépuscule. Et pour eux, les années soixante seront plus difficiles. D’ailleurs chacun devra faire un séjour au Liban pour continuer à tourner (Le voyage au Liban n’est jamais bon signe pour un acteur égyptien.).

Une preuve encore que nous sommes à la fin d’une époque : Abdel Salam Al Nabulsi qui était resté célibataire durant toute sa carrière se marie pour la première fois en 1959, l’année de sortie de ce film. Le début du bonheur ou la fin d’une carrière ?

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

vendredi 14 avril 2017

A la télé : le film du jour (Rotana Classic du 14 au 28 avril)

روتانا كلاسيك
 
Ma sélection personnelle parmi les films diffusés par la chaîne Rotana Classic. Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée. La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.



Vendredi 14 avril à 23h

Kit Kat de Daoud Abdel Sayed (1991)
avec Mahmoud Abd El-Aziz, Sherif Mounir, Aida Reyad
 figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps 


Comédie sociale. Sheikh Hosny est un homme aveugle qui vit avec sa mère et son fils dans le quartier de Kitkat à Giseh. Pour oublier ses malheurs, il passe toutes ses nuits à fumer de la marijuana en compagnie d’amis.  Malgré son handicap, il a un rêve : conduire une moto. Quant à son fils Youssef, il voudrait partir en Europe pour trouver du travail.


Samedi 15 avril à 23h

 Mademoiselle Diablesse d'Henry Barakat (Afrita Hanem, 1949)
  avec Samia Gamal, Farid Al Atrache, Stephan Rosti


Comédie musicale. Asfour est un chanteur sans le sou. Il est amoureux de Aliya, sa partenaire mais aussi la fille du directeur du théâtre où il se produit. Asfour fait sa demande en mariage mais le père de la jeune femme exige en dot une somme qu’il est incapable de réunir. Au bord du désespoir, il trouve sur son chemin une lampe d’où sort une petite diablesse du nom de Kahramana. Celle-ci peut exaucer tous ses vœux. Malheureusement, elle est tombée amoureuse d’Asfour et fera tout pour empêcher son mariage avec Aliya.


Dimanche 16 avril à 19h30

Salama fi Kheir (Salama va bien, 1937, Niazi Mostafa)
 avec Naguib al Rihani, Raqiya Ibrahim, Rawhiyya Khaled
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Comédie. Salama, employé dans un grand magasin de tissus, doit porter à la banque une grosse somme d’argent. Celle-ci étant fermée, il décide de passer la nuit dans le luxueux Nefretiti Palace Hotel pour protéger son trésor d’éventuels voleurs. Les problèmes surviennent lorsqu’à la suite d’un quiproquo il est pris pour le richissime Prince Kindahar du Bloudestan.


Lundi 17 avril à 17h

Le Rivage de la Gaieté de Hossam El Din Motafa (Chatei el Marah, 1967)
avec Nagat El Saghera, Hassan Youssef, Youssef Fakhr El Din, Samia Shokri, Samir Ghanem, George Sedhom 


Comédie musicale. Un professeur laisse ses deux grandes filles partir seules en vacances au bord de la mer. Craignant pour elles, il demande au fils de son meilleur ami de les accompagner pour les surveiller discrètement. Mais celui-ci tombe amoureux de Norah , l’une des deux filles. L’amour est réciproque jusqu’au jour où les deux soeurs découvrent la raison de la présence du garçon auprès d’elles.  Norah décide de se venger…


Mardi 18 avril à 23h

Les Femmes de Medhat El Sebaie (El Settat, 1992)
avec Fifi Abdo, Eman, Abla Kamel, Hala Sedki, Mahmoud Yassin


Comédie. Azim est le rédacteur en chef d’un journal populaire. Il doit affronter trois femmes artistes qui tentent d’obtenir des articles de complaisance. Elles sont prêtes à tout pour corrompre le journaliste.


Mercredi 19 avril à 23h

La Chanson Eternelle d'Henry Barakat (Lahn al khouloud, 1952)
avec Faten Hamama, Serag Mounir, Farid Al Atrache, Magda


Wahid est un musicien. Son meilleur ami en mourant lui a confié ses deux filles. L'une des deux soeurs tombe amoureuse de Wahid mais celui-ci n'éprouve rien pour elle. Plus dur encore pour la jeune femme : il épouse sa cousine qui partageait son appartement.


Jeudi 20 avril à 19h30

Lahalibo de Hussein Fawzi (1949)
avec Naima Akef,  Chukry Sarhan, Soliman Naguib, Hassan Fayek


Comédie musicale. Une danseuse de cirque se déguise en jeune garçon élégant pour renouer avec son très riche grand-père.


Vendredi 21 avril à 19h30

Le Monstre de Salah Abou Seif (El Wahsh, 1954)
avec Anwar Wagdi, Mahmoud El Meliguy, Samia Gamal
Scénario de Naguib Mahfouz


 Thriller rural. Un officier de police est envoyé dans un village avec toute sa famille pour arrêter un serial killer surnommé « la Bête ». Ce dernier  le menace directement et tente de s’en prendre à sa femme et à ses enfants…


Samedi 22 avril à 23h

Le Rivage de l'Amour d'Henry Barakat (Chati' al-gharam, 1950)
 avec Layla Mourad, Hussein Sedky, Taheya Carioca


Comédie sentimentale. Adel est un jeune homme riche qui ne s’est jamais préoccupé de l’amour. Il passe son temps dans les cabarets à fréquenter des femmes de mauvaise vie.  Lors d’un séjour au bord de la mer, il tombe amoureux de Layla, une institutrice. Il demande sa main à son père qui accepte. Adel retourne au Caire accompagné de sa jeune épouse. Cette union ne fait pas que des heureux.  L’ancienne maîtresse d’Adel n’apprécie pas du tout d’être ainsi abandonnée et sa tante est furieuse : depuis longtemps, elle caressait l’idée d’un mariage entre sa fille et son neveu afin de mettre la main sur la fortune du jeune homme. Elle fera tout pour séparer Adel et Layla… 


Dimanche 23 avril à 23h

Adieu mon amour de Houssam Al-Din Mustafa (wedan ya hob, 1960)
avec Mariam Fakhr Eddine, Nagwa Fouad, Moharam Fouad


Drame. Sharif est un jeune musicien qui vient d’abandonner ses études. Un jour, il trouve une chaine d’or devant l’Opéra. Le bijou appartient à une jeune femme nommée Amani. Il l’apprend en découvrant l’annonce qu’elle a fait paraître dans le journal. Sharif se rend à l’adresse indiquée : c’est une ferme. Il refuse la récompense mais accepte la proposition que lui fait la jeune femme : prendre la direction de l’exploitation agricole…



Lundi 24 avril à 23h

Les Esclaves de la Chair de Kamal Attiya  (Abid el gassad, 1962)
avec Farid Shawki, Hoda Soltan,  Shafik Nour El Din, Tawfik El Deken, Zeinat Olwi , Abdel hamid Badawy 


Drame. Wafaa a quitté son mari violent. Elle travaille dans une bijouterie. Un jour, elle fait la connaissance d’un homme qui était entré dans la boutique pour voler. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Ils se marient après que l’homme a promis à Wafaa d’abandonner ses activités illégales. C’est à ce moment-là que reparaît le premier mari de la jeune femme...


Mardi 25 avril à 19h30

Leila, Fille de la Plage d'Hussein Fawzi (Laila bent el shateaa, 1959)
avec Leila Fawzi, Abbas Fares, Mohamed Fawzi, Fayza Ahmed, Anwar Mohamed, Wedad Hamdy, Kamal Hussein
Appréciation : 2/5


Mohsin Ahmed travaille comme pêcheur sur un bateau appartenant au vieux Aweys. Il est amoureux de la fille de son patron tandis que son meilleur ami Karmouti fréquente Narguis, la femme de chambre de celle-ci. Le soir, Mohsin chante dans un café du village. Son talent a fait de lui une personnalité très populaire.
Un jour apparaît dans cette petite communauté de pêcheurs, le jeune Attia, fils de Maître Abu Saïd, un ancien collègue du vieux Aweys. Ce dernier l’accueille chaleureusement. Attia est arrivé avec des projets bien précis : prendre la direction des affaires d’Aweys et épouser Leila. Ce qu’il n’a pas dit à l’ami de son père, c’est qu’il travaille pour un gang dirigé par Maître Hassouna. Son intention est d’utiliser le bateau pour convoyer de la drogue...


Mercredi 26 avril à 23h

Samara de Hassan El-Seifi (Samara, 1956)
avec Taheya Carioca, Mohsen Sarhane, Mahmoud El-Meliguy
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Soltan, un important trafiquant de drogue épouse Samara et l’initie à ses affaires. Elle devient une pièce maîtresse du gang. Mais la police parvient à introduire dans le réseau un indicateur. Samara en tombe aussitôt amoureuse. La situation se complique encore quand le patron de Soltan s’éprend de la jeune femme…


 Jeudi 27 avril à 19h30

Le Tigre de Hussein Fawzi (Al Nimr, 1952) 
 avec Naïma Akef, Anwar Wagdi et Zaki Rostom


Al Nimr est le neuvième film que le réalisateur tourne avec l'actrice et danseuse Naima Akef. Cette même année, ils se marient malgré leur grande différence d'âge : elle a 23 ans, il en a 48.
Dans Al Nimr, Naima Akef joue le rôle de Faten, la fille de Darwich qui est le barman du casino dans lequel elle danse. Elle ne sait pas que derrière cette apparence honorable, son père est en fait un redoutable trafiquant de drogue...


Vendredi 28 avril à 19h30

Une Rumeur d'Amour (Ishayat hub, 1960) de Fateen Abdel Wahab
avec Omar Sharif, Soad Hosny et Youssef Wahby


Abdel Kader, un riche entrepreneur de Port-Saïd, tente de marier son neveu Hussein, timide et sérieux, à sa fille, Samia, très moderne et dotée d'une forte personnalité. Celle-ci n'est pas du tout intéressée par Hussein. Elle est en revanche très attirée par son autre cousin qui sait chanter et danser. L'oncle va aider Hussein a conquérir le coeur de sa fille. Il est convaincu que Samia tombera amoureuse de son cousin maladroit si on parvient à la rendre jalouse. Il répand la rumeur que Hussein a une liaison avec l'actrice Hind Rostom...


jeudi 13 avril 2017

L'Important, c'est l'Amour (Al Mohem El Hob, 1974)

المهم الحب
ﺇﺧﺮاﺝ : عبدالمنعم شكري


Abdel Moneim Shoukry a réalisé L'Important, c'est l'Amour en 1974.
Distribution : Adel Imam, Sayed Zayan, Nahed Sherif, Samir Ghanem, Imad Hamdi, Safaa Abou El Saoud, Osama Abbas, Ahmed Nabil, Zizi Moustapha, Louis Youssef, Mohamed Shawky
Scénario : Farouk Saïd
Musique : Taghrid El Beshbishy

Adel Imam

Sayed Zayan

Sayed Zayan et Nahed Sherif

Nahed Sherif et Samir Ghanem

Nahed Sherif

Samir Ghanem

Imad Hamdi


Safaa Abou El Saoud


Résumé

Shahinaz (Nahed Sherif) est une fille de bonne famille qui est atteinte d’alcoolisme sévère. Elle est suivie par le docteur Fekry (Imad Hamdi), Celui-ci doit s’absenter et il confie sa malade à son assistant Fahmy (Adel Imam) qui a pour consigne de ne jamais la contrarier et de satisfaire ses moindres désirs. Shahinaz tombe amoureuse de Fahmy qui est pourtant déjà fiancé à Nanahé (Safaa Abou El Saoud). Pour continuer à voir elle-ci en présence de Shahinaz, il la fait passer pour sa sœur. Il n’empêche qu’il doit se plier à tous les caprices de la patiente de son patron et la situation devient explosive quand celle-ci lui demande de l’épouser et qu’il accepte. Nanahé, folle de jalousie, épie les moindres faits et gestes du couple et exige de Fahmy qu’il la retrouve chaque nuit dans son lit. La vie du pauvre garçon devient infernale. Heureusement, le retour du docteur Fekry mettra fin à ce « cauchemar » et Fahmy pourra enfin convoler en justes noces avec Nanahé.


Critique

Dès le générique, le ton est donné : dans un vaste salon bourgeois, des jeunes dansent le jerk sur un morceau de rock endiablé. Pantalon à pattes d’éléphant, gros ceinturon au-dessus du pull, on danse pieds nus (quelle audace !), sur les tables (Mon Dieu !). On se contorsionne avec application et on boit des alcools forts : vraiment, tout est permis ! C’est ainsi que s’affiche « la modernité » dans les comédies populaires du début des années soixante-dix. Cette image d’une jeunesse libre qui vibre à l’unisson de sa consoeur occidentale est un cliché que l’on retrouve de film en film. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le caractère artificiel de ces « reconstitutions » : les comédiens semblent déguisés et leurs petites sauteries paraissent bien sages, loin, très loin des excès du mouvement hippie occidental qui leur sert pourtant de « modèle ». Moderno ma non troppo !
Il est vrai aussi qu’il n’y a pas une once de réalisme dans ces comédies et qu’il serait mal venu de le leur reprocher. Les auteurs ont voulu créer un univers fictif qui correspond à certaines aspirations d’un public dont le mode de vie est à l’opposé de celui qu’on lui présente. Les spectateurs doivent se sentir dépaysés, il ne s’agit pas de les choquer, encore moins de les informer ! Du pur divertissement qui tord le cou à la réalité et qui fait oublier les contraintes du quotidien.
L’Important c’est l’Amour appartient à un genre de comédies très prisé au début des années soixante-dix. Je l’appellerai le Kiss Movie. Le scénario est toujours le même. Il est bâti comme un jeu avec des règles qui varie en fonction de l’intrigue. Il y a les chasseurs et il y a les proies. Les premiers veulent obtenir un baiser ; les secondes font tout pour s’y soustraire. Car pour elles, l’enjeu est considérable : si elles se laissent embrasser, elles peuvent certes obtenir une amélioration significative de leur situation mais aussi perdre l’amour ou la considération de leurs proches. Alors pour tout gagner et ne rien perdre, il leur faudra user de ruse et de finesse, d’abord face à leurs « agresseurs » mais aussi à l’égard de leur entourage forcément suspicieux.
Ce petit jeu déclenche des scènes de poursuites le plus souvent en intérieur, d’une pièce l’autre, d’un étage l’autre. Les armes du chasseur peuvent être d’une efficacité redoutable : c’est rarement la force physique (acceptable uniquement si le chasseur est une femme) mais le plus souvent c’est le sex appeal affiché qui tétanise le/la futur(e) embrassé(e) et qui fait naître en lui, en elle, un désir irrésistible ou bien c’est l’alcool capable de détruire les préventions du joueur le plus allergique au bisou ou encore la vengeance qui jette dans les bras du chasseur celui/celle qui se croit trahi(e). Il va sans dire que les rôles sont réversibles et qu’à tout moment le chasseur peut devenir une proie et la proie un chasseur. Encore une fois c’est un jeu : c'est-à-dire que les relations nouées entre les différents partenaires pendant la partie cesseront à la fin de celle-ci et tout reprendra son cours normal : le fiancé qui a dû moult fois embrasser une inconnue retrouvera à l’issue de la partie les bras de sa fiancée qui elle-même a failli à plusieurs reprises succomber aux charmes d’un bel étranger.
Dans ce film, la proie, c’est Adel Imam. Il doit se partager entre deux femmes et chacune ne doit rien savoir de ce qu’il fait avec l’autre. Le trio occupe le même appartement ce qui nous vaut, dans la grande tradition du vaudeville, tout un ballet entre les différents protagonistes. Le héros passe de chambre en chambre, de lit en lit, de bras en bras jusqu’à épuisement. Pauvre mâle persécuté, il est soumis aux exigences incessantes et contradictoires de deux femmes qui revendiquent l’exclusivité de son attachement. On notera au passage, un autre lieu commun de la comédie des années soixante dix : la femme dépeinte comme une mante religieuse qui soumet l’homme, petit être naïf et sans volonté, à la satisfaction de tous ses désirs. Reconnaissons que pour le personnage joué par Adel Imam, la partie n’est pas simple : il a en face de lui le sex symbol du cinéma égyptien de l’époque, Nahed Sharif.
Au fil des scènes, cette dernière adopte des tenues de plus en plus osées et le sommet du film est sans doute la séquence dans laquelle elle apparaît vêtue d’une nuisette rose, transparente et ultra courte (La ressemblance avec Mireille Darc est telle qu’on peut se demander si elle est vraiment fortuite.). Sur la dizaine de costumes que Nahed Sharif porte dans ce film, cette tenue est celle qu’elle gardera le plus longtemps, sans doute à la grande satisfaction du public !
Ce Kiss Movie est donc aussi un Dress Movie, genre qui a été lancé par Soad Hosny dès les années soixante. Ca consiste à apparaître à chaque nouvelle scène dans une tenue différente. Le dress movie se caractérise souvent par l’indigence de son scénario et la platitude de sa mise en scène (Je m’empresse de préciser que ce n’est pas le cas pour l’Important c’est l’Amour !) de telle sorte que ces changements constants de costumes ont pour fonction de maintenir l’attention des spectateurs. Evidemment, la plupart du temps, ça ne suffit pas, même si dans certains films, les robes sont d’un mauvais goût tout à fait plaisant.

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin


jeudi 6 avril 2017

Samir Farid (1943-2017)

سمير فريد

Samir Farid est mort mardi dernier à l'âge de 73 ans. C'était un historien du cinéma et un critique dont l'influence a été considérable.
Il est né au Caire en 1943. Il étudie le cinéma à l'institut supérieur des arts dramatiques et en 1965, il commence sa carrière de journaliste. Pendant 38 ans il travaille pour le journal Al-Gomhurya (quotidien créé en 1954, proche du pouvoir) qu'il quitte en 2004 pour  rejoindre Al-Masry Al-Youm (quotidien fondé en 2002, indépendant et plutôt d'opposition).
Il dirige à plusieurs reprises le festival de cinéma du Caire.  Il a écrit ou traduit une soixantaine d'ouvrages sur le septième art.
Sur sa page Facebook, le réalisateur Yousry Nasrallah écrit : "J'ai perdu un ami cher. Adieu, Samir, tu me manqueras. "

Quelques ouvrages :

Naguib Mahfouz et le cinéma, 1990
Réflexions sur le cinéma de Chahine, 1992
Le Nouveau Réalisme dans le cinéma égyptien, 1992
Faten Hamama, 1995
Le Cinéma Arabe Contemporain, 1998
Stars et légendes dans le cinéma égyptien, 2000
Introduction à l’Histoire du Cinéma Arabe, 2000
L’histoire de la censure cinématographique en Egypte, 2002

On peut retrouver certains de ses écrits sur la toile : 

Naissance et Développement du Cinéma Egyptien (1922-1970)

Introduction au Cinéma Egyptien 

Samir Farid  évoque quelques souvenirs de sa jeunesse cinéphilique dans l'ouvrage de Marie-Claude Bénard paru en 2016 aux éditions Parenthèses La Sortie au Cinéma, palaces et cités-jardins d'Egypte 1930-1980.

mardi 4 avril 2017

Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan (Maroc)

مهرجان تطوان الدولي للسينما المتوسطية


La 23ème édition du festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan (Maroc) s'est tenue la semaine dernière. 
Le Prix du Meilleur Acteur a été décerné à l'acteur égyptien Amr Saad (né en 1971) pour son rôle du Sheikh Hatem Shenawi dans Mawlana, un film réalisé en 2016 par Magdy Ahmed Ali.


Manwala est l’adaptation d’un roman  du journaliste Ibrahim Issa. C’est l’histoire du Cheikh Hatem Shenawi, un prédicateur  islamiste devenu une star grâce à ses émissions de télévision. Sa crédibilité chute brusquement quand le public apprend ses liens très étroits avec le pouvoir.