dimanche 19 mars 2017

Le Festival du Cinéma Africain de Louxor (Egypte)

مهرجان الأقصر للأفلام الأفريقية

 


La sixième édition du festival du cinéma africain de Louxor s'est ouverte le jeudi 16 mars 2017. C'est l'écrivain Sayed Fouad qui eut l'idée de cette manifestation en constatant que les films africains n'étaient jamais projetés en Egypte. Il a souhaité que le festival se déroule à Louxor car cette cité de Haute-Egypte n'accueillait jusqu'alors aucun événement culturel d'envergure, tout se passant au Caire ou à Alexandrie.
Malgré les difficultés financières auxquelles ont été confrontés les organisateurs, la manifestation a été maintenue. Il a fallu tout de même s'adapter à un budget en très nette diminution. La veille de l'ouverture du festival, les organisateurs diffusaient un communiqué annonçant la suppression pour cette année de la partie financière de tous les prix décernés par les différents jurys.
La part du cinéma égyptien dans cette sixième édition est assez maigre : quelques courts métrages, des documentaires et un seul long-métrage de fiction (le Prêcheur de Magdi Ahmed Ali)
Lors de la cérémonie d'ouverture, un hommage a été rendu au réalisateur Yousri Nasrallah et à l'acteur décédé cette année, Mahmoud Abd El Aziz.
Cette édition du festival du cinéma africain de Louxor est dédiée à la grande actrice  Taheya Carioca (1919-1999).

 

mercredi 15 mars 2017

A la télé : le film du jour (Rotana Classic du 15 au 26 mars)

روتانا كلاسيك

 Ma sélection personnelle parmi les films diffusés par la chaîne Rotana Classic. Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée. La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.

Mercredi 15 mars à 18h30

Vacances Forcées de Nagdy Hafez ( Agaza Belafya, 1966)
avec Fouad El-Mohandes, Mohamed Awad, Shweikar, Nawal Abou El Fotouh, Kawthar El Assal, Hassan Hamed 


Comédie estivale. Salem et Soliman sont deux amis qui travaillent dans la même société. En jouant à un concours, ils gagnent deux semaines de vacances à Alexandrie. Pendant leur séjour ils font connaissance de deux journalistes, Amina et Dina. Mais un voleur qui séjourne dans leur hôtel va venir troubler la quiétude des quatre jeunes gens.


Jeudi 16 mars à 18h30

 Filles d'aujourd'hui d'Henry Barakat (Banat Al Youm, 1956)
 
avec Ahmed Ramzy, Abdel Halim Hafez, Magda Al Sabahi


Comédie musicale. Khaled flirte avec Layla mais progressivement il se sent attiré par Salwa, la sœur cadette de celle-ci. Dans le même temps, le jeune homme découvre que Fathy, son meilleur ami, est aussi tombé amoureux de Salwa.


Vendredi 17 mars à 18h30
  
Kit Kat de Daoud Abdel Sayed (1991)
 avec Mahmoud Abd El-Aziz, Sherif Mounir, Aida Reyad
 figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps 




Comédie sociale. Sheikh Hosny est un homme aveugle qui vit avec sa mère et son fils dans le quartier de Kitkat à Giseh. Pour oublier ses malheurs, il passe toutes ses nuits à fumer de la marijuana en compagnie d’amis.  Malgré son handicap, il a un rêve : conduire une moto. Quant à son fils Youssef, il voudrait partir en Europe pour trouver du travail.


Samedi 18 mars à 18h30

Elle vécut pour l'amour d'Al Sayed Bedeir (Achat li al Hob, 1959)
 avec Aziza Helmy, Zubaida Tharwat, Kamal Al Shennawi, Abdel Moneim Ibrahim
 appréciation : 4/5


Drame sentimental. Hosny passe son enfance dans un petit village avec son père et la seconde femme de celui-ci. Un jour, il surprend sa belle-mère dans les bras d’un villageois. Dès lors, il considère toutes les femmes comme des créatures du diable qui n’ont de cesse de tromper leurs maris. Il fait le serment de ne jamais se marier.  Les années ont passé. Hosny s’est installé au Caire pour suivre des études de médecine. Dans l’appartement au-dessous du sien vit une jeune fille avec sa sœur et sa mère. Elle s’appelle Zaynab. Malgré ses résolutions passées, Hosny ne peut plus se mentir : il est tombé amoureux.


 Dimanche 19 mars à 18h30

Entre ciel et terre de Salah Abou Seif (Bayna as-sama wa al ard, 1959)
avec Hind Rostom, Abdel Salam Al Nabulsi, Mahmoud El Meligi, Abdel Moneim Ibrahim
appréciation : 5/5


Fable. Dans la chaleur estivale d'un vendredi après-midi au Caire, un groupe d'individus représentant toute la société égyptienne - dont une star de cinéma, un voleur, un fou, un cuisinier et une femme enceinte - se retrouve bloqué dans l'ascenseur d'un grand building durant plusieurs heures. Le huis clos tourne au psychodrame. Pendant ce temps-là, une équipe de cinéma s'installe sur la terrasse du bâtiment pour tourner un film tandis que des gangsters préparent un hold-up.


Mardi 21 mars à 16h

La Mère de la Mariée d'Atef Salem (Oum el Aroussa, 1963)
avec Hassan Youssef, Madiha Salem, Taheya Carioca, Imad Hamdi


Comédie. Zeinab et Hussein sont les parents d’une famille nombreuse qui compte sept enfants. Ceux-ci ne leur laissent aucun répit. Lors d’une fête, leur fille aînée rencontre un jeune garçon. C’est le coup de foudre immédiat. Ils veulent se marier. Tout irait pour le mieux si les parents du futur époux ne formulaient pas des demandes extravagantes. Zeinab et Hussein sont embarrassés : il leur faut trouver au plus vite les fonds qui leur permettront d’organiser des noces dignes des deux familles.


Mercredi 22 mars à 18h30

Le Bon Chemin de Togo Mizrahi (El Tarik El-Moustakim, 1943) 
avec Fatma Rouchdi, Youssef Wahby, Beshara Wakim, Amina Rizk


Drame de l'adultère. Youssef est un époux attentionné et un bon père de famille. Un jour, il rencontre une femme qui l’entraîne sur le mauvais chemin. Il néglige sa famille et son travail. Ne supportant plus cette situation, Youssef finit par tuer cette femme puis il disparaît…


Jeudi 23 mars à 18h30  

L’Oreiller Vide de Salah Abou Seif (El Wesada Elkhalya, 1957)
avec Abdel Halim Hafez, Zahrat Al Oula, Ahmed Ramzy, Omar El Hariri
 

Salah vit heureux avec Samiha mais celle-ci le quitte pour un homme riche. Salah est effondré. Il essaie d’oublier son premier amour en commençant une nouvelle vie avec une autre femme...


Vendredi 24 mars à 18h30 

Antar, le Prince Noir  de Niazi Mostafa (Antar bin Chaddad, 1961)
avec Farid Shawki, Fakher Fakher, Kouka


Epopée historique autour de la personnalité du chevalier poète pré-islamique Antar amoureux de sa cousine Abla. C'est le deuxième film que Niazi Mostafa consacre à cette figure légendaire du Moyen-Age (Il y en aura quatre.)


Samedi 25 mars à 22h

C'est toi que j'aime d'Ahmed Badrakhan (Ahebbak Inta, 1949)
avec Farid Al Atrache, Samia Gamal, Ismaïl Yassin, Abdel Salam Al Nabulsi


Comédie musicale. Monir est un petit employé de bureau. C’est aussi un musicien mais il n’a jamais réussi à se faire connaître. Il rencontre une danseuse Nadia et les deux jeunes gens tombent aussitôt amoureux l’un de l’autre. Mais Monir devient furieusement jaloux du professeur de danse de Nadia et il préfère rompre.



Dimanche 26 mars à 23h

Le Criminel de Kamal Ateyya (Al Mougrim, 1954)
avec Mahmoud al Meleigy, Samira Ahmed, Chukry Sarhan


Une riche famille est victime d’un accident de voiture. Les parents sont blessés, le petit garçon meurt. La petite fille qui a survécu est enlevée par un bandit. Celui-ci espère une rançon mais la famille ne paie pas. Le criminel finit par déposer l’enfant devant la porte d’une mosquée. Elle est recueillie par le fils d’un modeste cordonnier. Les parents du garçon adoptent la petite fille et l’élèvent comme leur propre enfant…





mercredi 8 mars 2017

Avec les Souvenirs (Mahal zekrayat,1961)

مع الذكريات
إخراج : سعد عرفه


Saad Arafa a réalisé Avec les Souvenirs en 1961.
Distribution : Ahmed Mazhar (Sharif), Nadia Lutfi (Amal), Mariam Fakhr Eddine (Ilham), Salah Mansour (Madbouli), Fattoh Nashaty (le médecin), Mokhtar El Sayed (l’assistant réalisateur), Saïd Khalil (le réalisateur), Ahmed Loxer (Hamdy)
Scénario : Saad Arafa
Musique : André Ryder
Production : les films Al Shams


Ahmed Mazhar et Nadia Lutfi

















Mariam Fakhr Eddine
















Nadia Lutfi

















Salah Mansour

















Ahmed Mazhar
















Mariam Fakhr Eddine



















Résumé

Sharif est un acteur célèbre. Il file le parfait amour avec Ilham, une jeune actrice qui grâce à lui est devenue une vedette. Dans sa vie, il y a une autre jeune femme : Amal. Elle est orpheline et il l’a prise sous sa protection. Après ses études, elle est revenue vivre auprès de lui. Elle l’aime secrètement mais Sharif ne lui manifeste qu’une affection paternelle.

Le bonheur de Sharif et d’Ilham serait complet si cette dernière n’était pas sans cesse importunée par Madbuli, un technicien du studio dans lequel ils tournent un nouveau film. L’homme est bossu, boiteux et sans doute simple d’esprit. Une nuit, il s’introduit dans la chambre d’Ilham et tente de la violer. Heureusement, Sharif, alerté par les cris, fait irruption dans la pièce et chasse l’agresseur.

Madbuli est fou de rage. Le lendemain, le couple doit tourner une scène dans laquelle le personnage de Sharif tire au pistolet sur la femme jouée par Ilham. Le bossu doit s’occuper de l’arme. Il en profite pour remplacer les balles à blanc par de vraies balles. On tourne la scène. Sharif tire sur Ilham qui s’effondre. Après le clap de fin, elle ne se relève pas, elle est morte.

Sharif est fou de désespoir : il a tué celle qu’il aimait le plus au monde. Il sombre dans la dépression. Amal est restée à ses côtés et tente de lui redonner goût à la vie. En vain. La maison de Sharif a été transformée en temple à la mémoire de la défunte. On retrouve son portrait dans toutes les pièces de la maison. La santé de Sharif se dégrade rapidement. Impuissante, Alam ne sait plus que faire pour l’aider.

Un jour, Sharif reçoit la visite de Madbuli. Celui-ci lui avoue tout et lui révèle la véritable personnalité d’Ilham. C’était une manipulatrice qui s’est toujours jouée de Sharif. Elle n’était intéressée qua par son argent et sa célébrité. Plus grave encore : elle était restée la maîtresse de son premier amant, un acteur sans talent qu’elle entretenait . La tentative de viol n’a jamais existé. C’est Ilham qui, comprenant que Madbuli allait tout révéler à son compagnon, l’a introduit dans sa chambre puis s’est agrippée à lui en hurlant pour le discréditer auprès de celui-ci. Sharif est abasourdi. Il se jette sur les portraits d’Ilham fixés aux murs et les déchire rageusement. Puis il asperge la maison d’essence et met le feu. Lui et Madbuli ont juste le temps de fuir la maison avant qu’elle ne soit totalement dévorée par les flammes.


Critique

Le scénario de ce film repose sur un procédé classique : les mêmes événements sont racontés selon des points de vue différents, et c’est dans la dernière partie que toutes les illusions se dissipent et que la vérité éclate au grand jour dans toute sa monstruosité. Un procédé peu original mais efficace pour créer un suspens retenant l’attention du spectateur. Il n’empêche que dans ce film de Saad Arafa, ce n’est pas franchement réussi. La faute en incombe tout d’abord à une première partie qui accumule les maladresses : de longues scènes répétitives, des effets grossiers, un jeu d’acteur caricatural (notamment Ahmed Mazhar dans l’expression de son désespoir), des décors aussi pimpants et impersonnels qu’un intérieur de maison témoin. Bref tout cela finit par lasser le spectateur le plus indulgent quand soudain tout bascule avec le témoignage du bossu dont la fonction est de dessiller la vue du héros sur celle qui fut l’amour de sa vie. Le récit d’un coup retrouve de l’intérêt. Il y a notamment quelques scènes dans lesquelles Mariam Fakhr Eddine se hausse au niveau des grandes femmes fatales du film noir hollywoodien. On pense notamment à Rita Hayworth. Mais tout cela vient bien tard ! Le défaut principal du film, c’est que dans la première partie, rien n’annonce le vrai visage de l’héroïne. Du coup on a l’impression que Mariam Fakhr Eddine incarne non pas un seul personnage dont on aurait dès le début suggéré la complexité et l’ambivalence mais qu’elle joue deux personnages antithétiques, aussi sommaires l’un que l’autre. 
Dommage car avec un scénario plus subtil et une direction d’acteurs moins pataude, ce film aurait pu offrir à la plus nordique des actrices égyptiennes l’un de ses plus beaux rôles.

Appréciation : 2/5 
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin



dimanche 5 mars 2017

Doodle Samia Gamal

سامية جمال


Pour commémorer le jour de l'anniversaire de Samia Gamal, Google lui dédie un doodle. La danseuse et actrice, partenaire de Farid Al Atrache, aurait eu aujourd'hui 93 ans (5 mars 1924-1 décembre 1994).


Samia Gamal avec Farid Al Atrache en 1949


Festival de Charm El Cheikh du film arabe et européen (Egypte)

مهرجان شرم الشيخ للسينما العربية والأوروبية

 


Du 5 au 11 mars se tiendra la première édition du Festival de Charm El Cheikh du film arabe et européen. La manifestation sera présidée par la grande actrice Nabila Ebeid (née en 1945, elle est une figure incontournable du cinéma égyptien depuis le début des années soixante.)


Nabila Ebeid en 1963

 

Deux films égyptiens ont été sélectionnés :

 

Ali, la Chèvre et Ibrahim de Sherif El Bendary
avec Ali Sobhy, Ahmed Magdy, Salwa Mohamed Ali


Ali est tombé amoureux d’une chèvre car il croit qu'elle est la réincarnation de sa fiancée Nada. Il travaille dans un studio d’enregistrement et commence à entendre des voix qui le terrifient. Sur les conseils de sa mère, il consulte un guérisseur. Dans la clinique de celui-ci, il fait la connaissance d’Ibrahim. Pour le thérapeute, les deux hommes sont envoûtés. Pour rompre le maléfice, ils devront jeter trois pierres magiques dans les trois « eaux » égyptiennes : le Nil, la Mer Rouge et la Méditerranée



In the Last Days of the City (Akher ayam el madina) de Tamer El Said
avec Khalid Abdalla, Laila Samy, Hanan Youssef


En 2008, au Caire, Khalid se bat pour réaliser un film sur sa ville. Il voudrait en restituer la vitalité protéiforme sous la chape de plomb que le régime de Moubarak fait peser sur l’ensemble du pays depuis plus de trente ans. Les difficultés s’accumulent tandis que sur le plan personnel il doit affronter un drame : sa mère est en train de mourir à l’hôpital. Des amis lui envoient des images de Beyrouth, de Bagdad et de Berlin, ce qui l’encourage à poursuivre son travail.



On pourra aussi revoir quatre grands classiques du cinéma égyptien :

Mon Père sur l'Arbre (Abi fawq al chagarah, 1969) d'Hussein Kamal 
avec Abdel Halim Hafez et Nadia Lutfi




Le Fils de Hamido (Ibn Hamidu, 1957) de Fateen Abdel Wahab  
avec Hind Rostom, Ismaïl Yassin et Tawfiq El Deken



L'épouse n°13 (al-Zaawgah raqam talata'ch, 1962) de Fateen Abdel Wahab 
avec Rushdy Abaza , Shadia, Abdel Moneim Ibrahim



La Rue de l'Amour (Sharia el Hub, 1959) d'Ezzel Dine Zulficar
 
avec Abdel Halim Hafez, Sabah, Hussein Riad



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