mardi 1 avril 2025

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 1er au 5 avril)

روتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Samedi 5 avril à 17h

Khaled après le changement de Yehya Al Alami ( Khaleel ba'd el-ta'deel, 1987)
avec Mahmoud Abdel Aziz (Khalil), Layla Olwy (Hala), Soad Nasr (Zeinab, la première femme de Khalil), Hussein El Sherbiny (Kamal Al Zafarani), Naima El Sogheir (Fathia, la mère de Hala), Mahmoud Abu-Zeid (Sobhi, le beau-père de Hala), Jihan Nasr (Amina, la fille de Khalil), Moamen Hassan (Mohamed, le fils de Khalil), Hussein Arar, Mohamed Atris (u employé de banque), Hosni Saqr (un administrateur de la banque), Hassan Anwar
Scénario et dialogues : G aber Abdel Salam et Nabil Gholam
Musique : Mukhtar El Sayed


Comédie. Khalil, simple comptable, devient directeur de l’établissement bancaire dans lequel il travaille. C’est un homme maladroit et timide, marié et père de deux enfants. Pour l’aider dans les lourdes tâches qui sont les siennes, il peut compter sur sa secrétaire, Hala. Cette jeune femme est non seulement très compétente mais aussi très séduisante. Elle vit avec sa mère et son beau-père. Ce dernier est sans emploi et il a sombré dans l’alcoolisme. Il contraint sa belle-fille à lui verser une grande partie de son salaire. Hala n’en peut plus et n’a qu’un rêve : quitter le toit maternel. Elle fréquente Kamal, le fils d’un pacha, qui lui fait une cour assidue mais elle se méfie de lui. Elle ne sait pas ce qu’il attend d’elle. En fait, on apprendra plus tard que ce Kamal est un ami de Kahlil et que c’est un coureur de jupons invétéré. Mais le destin semble enfin sourire à la jeune femme. Khalil est subjugué par son élégance et sa culture si bien qu’entre son patron et elle, les liens professionnels deviennent très vite amoureux. Hala entreprend de transformer Khalil, elle veut en faire un homme du monde : elle change intégralement sa garde-robe et le conduit dans les boites de nuit les plus branchées de la capitale. Ils finissent même par se marier…

Notre avis : un ratage parmi d’autres en ces années 80 fertiles en navets de tout acabit. Le scénario comporte bien des faiblesses avec notamment une construction bancale, des péripéties hautement prévisibles et un dénouement moralisateur. Mais le plus navrant, c’est l’interprétation. On a à la fois des acteurs peu inspirés et des erreurs manifestes de casting. Mahmoud Abdel Aziz a dû penser que ce film lui offrirait l’occasion de déployer tout son talent d’acteur dans un rôle de composition. Le résultat, c’est un jeu caricatural à l’excès qui ôte toute crédibilité à son personnage. Layla Olwy ne s’en sort pas mieux dans le rôle de la jeune secrétaire élégante et cultivée. Qu’est-ce qui a bien pu passer dans la tête des producteurs pour lui demander d’incarner un personnage qui lui ressemble si peu ? Nous paraît tout aussi incompréhensible le choix d’Hussein El Sherbiny pour jouer un fringant séducteur, fils de Pacha (lors du tournage du film, il a 52 ans !). Quant au beau-père alcoolique, il est interprété par un acteur d’un amateurisme sidérant. Pour finir sur une note positive, nous dirons que la musique du film est en parfaite harmonie avec tout le reste.


Vendredi 4 avril à 19h30

Les Jolies Belles-Mères d'Helmy Rafla ( Al Hamawat Al Fatenat, 1953)
avec Kamal el-Shennawi (Samir), Cariman (Nabila), Ismaïl Yassin (Baghat), Mary Moneib (la mère de Samir), Mimi Chakib (la mère de Nabila), Abdel Azim Kamel (le médecin), Abdel Salam El Nabulsi (Hanemm, le masseur), Wedad Hamdy (la nourrice), Zoheir Sabri (Gamal, le fils du directeur), Ibrahim Hichmat (le directeur), Abbas Rahmy (le juge), Abdel Moneim Saoudi (le mathoun)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Fathy Qoura, Ahmed Sabra, Hassan Abou Zayed, Fouad El Zahry


Comédie. Samir est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui jouit d’une bonne situation. Il épouse enfin Nabila, la jeune fille qu’il aime depuis des années. Behjat, son meilleur ami, le met en garde contre les inconvénients du mariage mais Samir passe outre. Le voyage de noces des deux tourtereaux est un enchantement et comble de bonheur, quelque temps après leur retour, ils apprennent que Nabila est enceinte. Malheureusement, par leur comportement jaloux et tyrannique, les deux futures grands-mères font vivre un véritable enfer au jeune couple…

Notre avis : après « Ma Belle-Mère est une Bombe Atomique », voici ‘Les Jolies Belles-Mères ». Cette nouvelle variation sur ce thème inépuisable de la belle-mère intrusive et despotique n’a pas le charme de la première. Le scénario se réduit à quelques idées pas très originales et pendant la majeure partie du film on assiste aux interminables disputes des deux grands-mères. Plus embêtant encore : Mary Moneib et Mimi Chakib ne jouent pas très bien et leur jeu devient même pénible dans le dénouement. A noter que c’est le premier film de Cariman. Elle a dix-sept ans et elle fait franchement moins, ce qui est un peu gênant pour incarner une jeune épouse qui vient d’être mère.


Jeudi 3 avril à 23h

Tuha d’Hassan El Seifi (1958)
avec Hind Rostom (Tuha), Mohsen Sarhan (Rashad, le chauffeur de bus), Zahrat Al Oula (Safaa, la sœur de Rachad), Mahmoud Ismail (Fagla, l’assistant de Tuha), Mohamed Sobeih (Sayed, le boulanger), Mohamed El Sabaa (Nahla), Abdel Ghani El Nagdi (Baqlaz, l’épicier), Nagwa Fouad (la danseuse), Mohamed Abdel Moteleb (le chanteur), Mohamed Tawfiq (Daqa, le boulanger), Qadria Kamel (la femme de Fagla), Abdel Moneim Ismail (Alula, le gérant de la compagnie de taxis), Ahmed Saïd (Cheikh Ibrahim), Abd Al Azim Kamel (le médecin de Tuha), Aly Abd El Al (le serveur du restaurant), Hussein Ismael (le vendeur de fruits et de légumes), Ali Kamal (le voisin de Tuha)
Scénario : Mahmoud Ismail
Musique : Attia Sharara
Production : Abdel Fattah Mansi

 

Tuha est une jeune femme belle et puissante. Elle règne sur tout un empire : elle possède une boulangerie, une épicerie et une compagnie de taxi. Dans le quartier, on la craint et elle exige une soumission totale de tous les hommes qui travaillent pour elle. Elle mène sa vie amoureuse comme sa vie professionnelle. Elle ne supporte pas qu’un homme sur lequel elle a jeté son dévolu puisse lui résister. Elle a été mariée onze fois et elle s’attaque aussi bien aux célibataires qu’aux hommes mariés. Rashad est un jeune homme qui vient de s’installer dans le quartier avec sa jeune sœur. Tuha a tout de suite repéré ce nouveau résident. Elle n’a plus qu’une idée en tête : le séduire. Malheureusement Rashad n’est pas du tout attiré par cette Dom Juan en jupons et il n’a de cesse de repousser ses avances. Tuha devient folle de désir : avec l’aide de son assistant Fagla elle est prête à tout pour conquérir le nouvel élu de son cœur…

Notre avis : Hassan El Seifi avec son scénariste Mahmoud Ismaïl tournera quatre films autour d’une héroïne forte qui parvient à s’imposer dans un monde d’hommes. C’est d’abord en 1956, « Samira » avec Taheya Carioca, et « Zanuba » avec Samia Gamal, puis en 1958, il y a « Mon Amour Brun » avec Taheya Carioca et Samia Gamal réunies et enfin « Tuha » avec Hind Rostom. Nous avons toujours apprécié le talent de Mahmoud Ismaïl, comme acteur mais surtout comme scénariste. Si dans ce film nous retrouvons bien son univers sombre et violent avec ses personnages sans scrupule uniquement préoccupés par la satisfaction immédiate de tous leurs désirs, le scénario comporte néanmoins certaines facilités et surtout certaines invraisemblances. Le jeu outré d’Hind Rostom, pourtant plus belle que jamais, n’évite pas toujours la caricature. Dans ce type de rôle, Taheya Carioca s’en sort bien mieux : elle ne se sent pas obligée de surjouer la virilité bourrue pour incarner l’autorité et la puissance.


Mercredi 2 avril à 17h

Monsieur le Concierge d'Hassan Ibrahim  (El Beih El Bawwab, 1987)
avec Fouad El-Mohandes (Fahrat), Ragaa Al-Gidawy (la femme de Fahrat), Mohamed Reda (Abdel Rahman Bey), Safia El Emari (la femme d’Abdel Rahman Bey), Sayed Zayan (l’escroc), Ahmed Zaki (Abdel Samia), Muhja Abdul Rahman (Zeinab, la femme d’Abdel Samia), Wael Nour (Salah, la fils de Fahrat), Azza Labieb (Samia, la fille de Fahrat), Raafat Labib (Mustafa, le plus jeune fils de Fahrat), Helmy Abdel Wahab (le garagiste), Farouk Soleiman (l’agent immobilier)
Scénario : Youssef Gohar
Musique : Hani Mehanna, Ibrahim Ragab, Ahmed Zaki



Abdel Samia et sa petite famille ont quitté la Haute-Egypte pour s’installer au Caire dans l’espoir d’une vie meilleure. Leur aventure commence très mal : dans le train, un escroc leur a dérobé leur argent et une partie de leurs affaires et, une fois arrivés dans la capitale, ils errent dans les rues à la recherche d’un travail et d’un logement. Après avoir essuyé de nombreux refus, ils finissent par rencontrer un garagiste qui aide Abdel Samia à obtenir un emploi de concierge dans une luxueuse résidence. La petite famille retrouve espoir. Abdel Samia gagne très vite la confiance des résidents de l’immeuble et il devient même le courtier officieux de certains d’entre eux…

Notre avis : une évocation pleine de truculence du Caire des années quatre-vingt et une illustration réjouissante de la dialectique du maître et de l'esclave chère à Hegel. Avec dans le rôle principal, un Ahmed Zaki magistral qui fait feu de tout bois. En ouverture, une scène d'anthologie : le héros et sa petite famille qui ont pris place dans le train pour la capitale se font escroquer par un Tartuffe joué par un Sayed Zayan époustouflant de verve et de drôlerie. Enfin, une galerie de personnages féminins haut en couleur. "Monsieur le Concierge" constitue une belle surprise en cette fin des années quatre-vingt qui nous ont habitués à tant de productions médiocres. 


Mardi 1er avril à 19h30

Trente Jours en Prison de Niazi Mostafa (30 youm fil sign, 1966)
avec Abou Bakr Ezzat (Medhat), Farid Shawki (Amshir), Nawal Abou Al Foutouh (Azhar), Hassan Hamed (Ibn Al Janawi), Soheir El-Barouni (l’employée de maison), Mimi Chakib (la mère de Soheir), Mohamed Reda (Hangal le voleur), Ibrahim Saafan (l’avocat), Madiha Kamel (Soheir), Samir Ghanem (son propre rôle), Ahmed El Deif (son propre rôle), George Sedhom (son propre rôle)
D’après une histoire de Naguib El Rihani et de Badie’ Khairy
Scénario : Abdel Hay Adib et Niazi Mostafa
Musique : Hussein Al Saïd
Chansons : Samir Ghanem, Ahmed El Deif, George Sedhom
Production : Films Ihab Leithi


Medhat dirige le cabaret « le Trocadéro » qui appartient à Madame Fawzia. Il doit épouser la fille de cette dernière mais il entretient aussi une relation amoureuse avec Azhar, une jeune actrice très ambitieuse. Pour garantir la sécurité de l’établissement qu’il dirige, il a embauché Amshir, un hercule de foire. Ce dernier est un brave garçon mais il a tendance a abusé de sa force à contretemps. Justement, ce soir-là, un personnage important dîne au cabaret. Il travaille dans le cinéma et il pourrait jouer un rôle déterminant dans la carrière d’Azhar. Medhat se trouve à sa table et par inadvertance, il brûle la moustache de l’homme. Fureur du « brûlé » qui frappe Medhat. C’est à ce moment-là qu’intervient Amshir : il assomme l’agresseur de son patron mais les hommes de celui-ci répliquent à leur tour. La mêlée devient générale. La police puis la justice s’en mêlent. Un procès a lieu. Medhat est condamné à trente jours de prison. Contre de l’argent, Amshir accepte de purger la peine à la place de son patron. Il rejoint le centre pénitentiaire sous le nom de Medhat tandis que le vrai Medhat est parti en voyage au Liban.

Notre avis : une comédie avec dans l’un des rôles principaux Abou Bakr Ezzat, un excellent comédien plutôt habitué aux seconds rôles. Dans « Trente Jours en Prison », il incarne avec une belle énergie un gérant de cabaret particulièrement veule et mufle. Malheureusement le scénario souffre cruellement d’un manque de punch. Les scènes s’étirent sans raison avec des dialogues inutilement explicatifs. Visiblement, les auteurs ne connaissent pas la fonction de l’ellipse dans la construction d'un récit. La partie la plus faible du film, et c’est aussi la plus longue, est sans conteste celle du séjour en prison d’Amshir. Il faut supporter pendant près d’une demi-heure un méli-mélo de gags puérils et de numéros de cabaret exécutés par Les Trois Lumières du Théâtre. Eprouvant ! A part ça, Nawal Abou Al Foutouh et Madiha Kamel sont charmantes.



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