mercredi 25 novembre 2015

Pomme d'Adam (Touffahat adam,1966)

تفاحة آدم
إخراج : فطين عبد الوهاب 


Pomme d'Adam a été réalisé par Fateen Abdel Wahab en 1966.
Distribution : Hind Rostom, Yehia Chahine, Hassan Youssef, Salah Mansour, Naima Wasfy, Nahed Sabri, Mohamed Al Ezaby, Malak Elgamal
Scénario : Fathi Zaki, Ismaël Al Qadi, Seif El Din Shawkat
Musique : Mohamed Al Mogi, Ali Farag et Andre Ryder
Production : Abdul Aziz Fahmi

Malak Elgamal

Hind Rostom

Hind Rostom

Mohamed Al Ezaby

Salah Mansour et Hind Rostom

Hassan Youssef

Naima Wasfy

Nahed Sabri

Nahed Sabri

Yehia Chahine

Hind Rostom


Résumé

Galila et sa sœur Nakawa travaillent dans le cabaret de leur beau-père. Tandis que Nakawa danse, Galila sert les clients. Son beau-père l’oblige à les voler et il n’hésite pas à battre la jeune femme quand le butin n’est pas à la hauteur de ses attentes. Un soir, elle se révolte et s’enfuit du cabaret. Elle atteint un petit village et s’endort dans un parc. Sans le savoir, elle est dans la propriété d’un notable de la commune, Youssef Bey. Celui-ci décide de la prendre à son service. Tous les hommes de la maison tombent sous son charme : Youssef Bey, bien sûr, mais aussi le régisseur et son propre fils, Hassan, qui est étudiant en école de vétérinaire.
Repoussant les avances du régisseur, tenant a distance son pressant patron, Galila n’est pas insensible au charme du fils de la maison. Malheureusement, sa présence finit par créer une situation explosive. Youssef Bey et son épouse se déchirent. Prévenu par le régisseur, le beau-père fait irruption dans la propriété et menace tout le monde. Galila décide de fuir à nouveau. Craignant qu’elle ne commette un acte désespéré, tout le monde se lance à sa poursuite. Hassan est le premier à la retrouver. Il lui déclare son amour mais toutes ses espérances s’effondrent brusquement. Son père et la sœur de Galila les ont rejoints. Ils sont accompagnés d’un inconnu : c’est le mari de sa bien-aimée. Elle doit repartir avec lui. Hassan est désespéré.


Critique

De la part du maître de la comédie qu’est Fateen Abdel Wahab, cette Pomme d’Adam a un goût bien étrange. En effet, le film oscille sans cesse entre différents tons :
au début, nous avons un drame social avec deux jeunes femmes exploitées par leur beau-père handicapé;
au milieu, une comédie centrée sur le personnage de Hind Rostom qui joue du décolleté et du déhanchement pour affoler tous les hommes du domaine dans lequel elle a trouvé refuge ;
au dénouement, un drame psychologique avec une scène de séparation dans les dunes fouettées par les vents.
Mais in fine, c’est quand même la comédie qui l’emporte avec en guise de générique, une présentation des comédiens sur la scène d’un théâtre. Tout le monde est en tenue de soirée et a un petit mot spirituel pour ses partenaires et les spectateurs qui applaudissent à tout rompre. Encore plus incongru, ce final est en couleur alors que le film est en noir et blanc.
L’interprétation est sans surprise : Hind Rostom se prend pour Marilyn Monroe, Yehia Chahine surjoue le gentleman farmer débonnaire possédé par le démon de midi, Hassan Youssef fait ce qu’il sait faire avec toujours le même entrain (Je ne connais pas d’acteur ayant un jeu plus limité.) 
La Pomme d’Adam offre quelques séquences divertissantes. On pourra s’amuser du quiproquo inspiré des vaudevillistes français Feydeau et Labiche : l’épouse de Youssef Bey est cachée dans le lit de Galila, attendant son mari. Survient le régisseur qui s’introduit dans le lit pour abuser de la jeune citadine. L'épouse n'offre aucune résistance aux avances de l'homme puisqu'elle est convaincue que c'est son mari qui l'honore ainsi. Ce dernier arrive enfin : comme le régisseur, il veut posséder Galila. Son désappointement est extrême quand il découvre sa femme dans les bras de son employé. Autre scène réjouissante par sa perversité à peine voilée : en présence de son épouse, Youssef Bey se fait masser les pieds par Galila tandis qu’il contemple les photos de charme d’un numéro de la revue Esquire. Buñuel n’est pas loin !
Ce que je retiens du film : la participation de Nahed Sabri à qui le réalisateur a confié toutes les danses. Il a bien fait car elle est extraordinaire.
Ceci dit, on a connu Fateen Abdel Wahab plus inspiré.

Appréciation : 2/5
**

Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

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