غرام راقصة
إخراج : حلمى رفلة
Helmy Rafla a réalisé L'Amour d'une Danseuse en 1950.
Distribution : Nour Al Hoda (Soheir), Mohamed Fawzi (Medhat), Mohamed El Bakkar (Batata), Taheya Carioca (Qadrya), Mahmoud Shoukoko (Qama), Hassan Fayek (Qalawooz), Mokhtar Hussein (Hassan), Abdel Salam Al Nabulsi (Hanzal), Zinat Sedki (Zeinab), Fahmy Aman (Benhawi), Abdelrahim El Zarakany (le médecin)
Scénario : Youssef Gohar
Musique : Mohamed Fawzi
Paroles des chansons : Maamoun El-Chenawy, Fathi Qoura, Mustafa Al-Sayed
Production : Mohamed Fawzi
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| Mohamed Fawzi et Nour Al Hoda |
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| Taheya Carioca et Mohamed Fawzi |
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| Abdel Salam Al Nabulsi et Zinat Sedki |
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| Hassan Fayek, Nour Al Hoda, Mahmoud Shoukoko |
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| Mohamed El Bakkar |
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| Mohamed Fawzi et Taheya Carioca |
Résumé
Medhat et Soheir, deux jeunes artistes inséparables, chantent dans le même cabaret dirigé par le fantasque Batata. Autour d’eux gravitent leurs amis, les comiques El Qalawoz et Qarna mais la grande vedette de l’établissement c’est la danseuse Qadrya, toujours entourée de soupirants fortunés.
Un jour, Medhat retrouve la montre en or que Qadrya a perdue et la lui rapporte chez elle. La danseuse tombe aussitôt sous son charme et décide de l’épouser, quitte à éliminer sa rivale. Elle contacte le propriétaire d’un cabaret d’Alexandrie et lui demande d’embaucher Soheir avec un bon contrat qu’elle ne pourra refuser. L’étape suivante de son plan consiste à faire de Medhat la grande vedette du cabaret. A cette fin, elle fait manger à Batata du chocolat empoisonné qui provoque la diarrhée. Le chanteur ne pourra se produire sur scène et c’est Mehdat qui le remplace. Le succès auprès du public est immédiat.
Dernière étape de son plan : elle invite le jeune chanteur chez elle, l’enivre jusqu’à l’inconscience, le place dans son lit et, au matin, feint les larmes en l’accusant de l’avoir déshonorée. Medhat, bouleversé, accepte de l’épouser en secret. Mais il refuse de renoncer à Soheir… qu’il finit par épouser également. Pendant un certain temps le chanteur doit se partager entre les deux femmes. Soheir n’était pas informée de la double vie de son mari et quand elle l’apprend elle le chasse de leur appartement. Medhat doit se résoudre à dormir à la belle étoile. Le lendemain matin, tombe gravement malade : ses poumons sont infectés et il doit être hospitalisé.
Pour préserver Soheir, il lui fait croire qu’il a quitté l’Égypte. Il confie une lettre à son médecin, sur le départ pour la Palestine, afin qu’elle lui parvienne de là-bas. Mais le médecin meurt au combat avant d’avoir envoyé la lettre. Un soldat la retrouve sur son corps méconnaissable et la remet à Soheir, persuadée que son mari est mort.
Entretemps, Qadrya a donné naissance à un enfant dont Medhat est le père. Pour la danseuse, c’est un obstacle à sa carrière et elle le confie à Soheir qui est enchantée de s’occuper de l’enfant de son « défunt » mari.
Medhat, en convalescence dans une maison de repos, finit par guérir et revient chez lui. Les retrouvailles avec Soheir sont tendres, mais celle-ci comprend qu’elle doit s’effacer pour laisser Medhat rejoindre Qadrya et leur enfant.
C’est alors que Qalawoz et Qarna imaginent un stratagème : se faisant passer pour des réalisateurs espagnols, ils proposent à Qadrya un contrat prestigieux en Espagne, à condition qu’elle s'y rende sans son enfant. Séduite par la promesse de gloire, elle accepte et s’envole aussitôt.
Libérés, Medhat et Soheir reprennent leurs duos sur la scène du cabaret, retrouvant enfin le succès et la paix.
Critique
Le cinéaste Helmy Rafla et le musicien Mohamed Fawzi comptent parmi les figures majeures du cinéma égyptien de la fin des années quarante et du début des années cinquante. Leur collaboration s’étend sur près d’une décennie : entre 1947 et 1955, ils tournent ensemble onze films, dont seulement deux après 1952, c’est‑à‑dire après la révolution des Officiers libres.
L’un comme l’autre paiera cher l’arrivée au pouvoir de Nasser : au début des années soixante, leurs sociétés de production sont nationalisées sans le moindre dédommagement, ce qui compliquera la poursuite de leurs carrières artistiques. Helmy Rafla arrêtera de tourner pendant plusieurs années tandis que Mohamed Fawzi sombrera dans la dépression avant de mourir d’un cancer en 1966, à l’âge de quarante-huit ans.
Rappelons que Taheya Carioca, l’une des vedettes du film, sera elle aussi malmenée par le nouveau régime. En 1953, elle est incarcérée pour propagande communiste. Helmy Rafla tente de lui rendre visite en prison ; il est immédiatement arrêté et placé en garde à vue pendant plus de vingt‑quatre heures. Le climat politique de l’époque n’épargne décidément personne.
Mais revenons au film.
Rafla a signé, en quelques années, plusieurs comédies musicales inoubliables. Celle‑ci, pourtant, déçoit. Le scénario, signé Youssef Gohar, est terriblement ampoulé : les péripéties se succèdent de manière décousue et sans grand respect pour la vraisemblance. Mariages, naissance, maladie, mort, guerre, enfant abandonné… Bien que tous ces thèmes soient ceux du mélodrame, le ton de l’œuvre est bien celui de la comédie. Pourquoi pas, cela peut parfois fonctionner mais en l’occurrence, cela ne fonctionne pas du tout.
Sans doute est-ce dû à un scénario insuffisamment travaillé mais aussi, encore une fois, au jeu de Mohamed Fawzi lui-même. Celui-ci est le héros de ce film dont il est par ailleurs le producteur. Et comme toujours, il incarne un jeune chanteur prodigieusement doué qui fait chavirer tous les cœurs. Evidemment, il concentre toutes les qualités que l’on attend de l’homme idéal : générosité, honnêteté, élégance, talent, humour etc. Avec ses compagnons, c’est un ami fidèle et enjoué, avec les femmes, c’est un galant homme, attentionné et plein de tact. Bref, un personnage lisse, sans aspérités, qui finit par lasser. Mais le défaut majeur de ce film c’est le jeu monocorde et inexpressif de Mohamed Fawzi qui empêche de donner le moindre crédit aux épreuves traversées par son personnage. Quelle que soit la situation, il arbore le même petit sourire ironique, comme si rien ne pouvait l’atteindre, ni le malheur, ni le bonheur.
Son personnage finit par paraître étrangement dépourvu d’affect, incapable de souffrir, d’aimer ou même de détester. Il garde en permanence une distance polie avec son entourage. Avec Soheir, la femme aimée, pas d’étreinte, pas de baiser. Quand Medhat reparaît alors que celle-ci le croyait mort, il l’ enlace comme on enlace sa vieille maman après quelques semaines d’absence. En revanche, nous reconnaissons bien volontiers que les partenaires féminines du chanteur-acteur-producteur, Taheya Carioca et surtout Nora Al‑Hoda, font de louables efforts pour insuffler un peu d’incarnation à cette comédie bancale.
Il faut attendre les scènes de danse pour se souvenir qu’Helmy Rafla est derrière la caméra. Les chorégraphies sont inventives, les danseuses d’une élégance et d’une légèreté presque hollywoodiennes. Et puis il y a les chansons, celles de Nora Al‑Hoda comme celles de Mohamed Fawzi qui, répétons‑le, demeure un grand compositeur et un grand chanteur. Ces moments musicaux sauvent ce qui peut l’être et rappellent, par intermittence, le talent des artistes réunis.
appréciation : 2/5
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Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin