mardi 1 septembre 2026

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 1er au 9 septembre)

روروتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Mercredi 9 septembre à 20h30

Le Monstre de Salah Abou Seif  (El Wahsh, 1954)
avec Anwar Wagdi (l’enquêteur), Samia Gamal (la danseuse), Mahmoud El Meleigy (Abdel Sabour), Abbas Fares (Radwan Pacha), Samiha Ayoub (la femme de l’enquêteur), Mohamed Tawfik (le mari de la danseuse), Omar El Gizawi (le domestique de l’enquêteur), Tousoun Motamad (homme de main du monstre), Ibrahim Moheb (le maire), Ahmed El-Hamaky (Hindawi), Fifi Sayed (la femme d’Hindawi), Ibrahim Hechmat (le chef de la police locale), Soleiman El Gendy (le fils de l’enquêteur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abu Seif, El Sayed Bedeir
Musique et chansons : Fouad El Zahry, Ahmed Sedqi, Abdel Halim Nawira, Abdel Fattah Mustafa
Production : Pierre Zerbanelli
Le Monstre faisait partie des films en compétition au Festival de Cannes de 1954 (Président du jury : Jean Cocteau)


Thriller rural. Abdel Sabour est à la tête d’un gang qui fait régner la terreur dans un petit village de Haute-Egypte. Il force les paysans à lui vendre leurs terres à vil prix. Si ceux-ci résistent, il fait enlever leurs enfants et réclame une rançon. Abdel Sabour jouit d’une totale impunité car il est protégé par Radwan Pacha à qui il rend de précieux services lors des élections. Les autorités finissent par s’émouvoir d’une telle situation. Un officier de police s’installe avec femme et enfant dans le village. Sa mission : démanteler le gang et rétablir l’ordre…

Notre avis : Un très grand film. L’année précédente, Salah Abou Seif et son scénariste, l’écrivain Naguib Mahfouz, avaient réalisé un thriller sur Raya et Sakina, les célèbres tueuses en série d’Alexandrie. Cette fois-ci, ils s’intéressent à un criminel qui terrorisa paysans et villageois en Haute-Egypte dans les années quarante. Pour ce second opus rural, les références sont clairement du côté du western américain avec cet officier de police qui va devoir affronter pratiquement seul le truand et ses sbires. Le film prend une dimension politique dans sa dénonciation de la complicité qui unit le criminel et le notable, chacun trouvant dans l’autre un allié de poids pour affermir sa puissance et accroître sa fortune. Dans le rôle de l’officier de police, on retrouve Anwar Wagdi dont le choix nous laisse perplexe comme pour le film précèdent. En revanche, Mahmoud El Meleigy et Samia Gamal sont remarquables en amants diaboliques.
C’est à propos de ce film que le critique français Georges Sadoul utilise pour la première fois l’expression « thriller social » pour en souligner le réalisme et le caractère quasi documentaire.


Mardi 8 septembre à 20h30

Le Faux Millionnaire d'Hassan El Seifi (Al milioneer al mozayaf, 1968)
avec Fouad El Mohandes (l’ingénieur Hamdi/Sayed, le mexicain), Shwikar (Zahra, la femme d’Hamdi), Abdel Monem Madbouly (Hosny, l’avocat), Lebleba (Nifin, la fille du ferrailleur), Abbas Fares (le ferrailleur), Bader Eddin Jamgome (Afifi, le secrétaire), Nagwa Fouad (Samiha), Samir Sabri (Samir), Hassan Mostafa (le robot Mac Mac), Mohamed Shawky (l’huissier), Fifi Youssef (la belle-mère d’Hamdi), Abdel Ghani El Nagdi (l’assistant de l’avocat), Sayed Ibrahim (le policier), Anwar Madkor (le constructeur automobile)
Scénario : Abdel Monem Madbouly, Samir Khafagi, Nabil Gholam
Musique : Helmi Bakr
Paroles des chansons : Fathy Koura
Production : Hassan El Seifi, Société de production cinématographique du Caire


Comédie musicale. Hamdi est professeur à l’Institut National de Recherche mais c’est avant tout un inventeur et sa spécialité ce sont les moteurs automobiles. Il s’apprête à rendre public sa dernière invention : le moteur Nafissa 2900. Pour ses travaux, il s’est endetté auprès d’un ferrailleur qui souhaiterait devenir son partenaire. Hamdi a toujours refusé cette association car il tient à garder son indépendance. Malheureusement, sa situation financière est de plus en plus critique et pour ne rien arranger, son épouse continue à dépenser sans compter. Enfin la présentation officielle de son nouveau moteur a lieu en présence de grands constructeurs internationaux mais la démonstration vire à la catastrophe : le prototype se casse en deux dès le démarrage. Peu après cet échec cuisant, un miracle a lieu. L’avocat Hosny informe Hamdi que son frère aîné, exilé au Mexique, vient de mourir et lui lègue toute sa fortune. Si Hamdi ne se manifestait pas, l’héritage irait à Sayed, leur cousin mexicain…

Notre avis : en cette année 1968, Fouad El Mohandes est partout, au cinéma, à la télévision et au théâtre. Il est enfin devenu le roi de la comédie populaire, digne successeur d’Ismaïl Yassin qui a quasiment disparu des écrans. Avec sa femme Shwikar, ils forment le couple le plus célèbre du cinéma égyptien de l’époque et on les retrouve mari et femme dans cette gentille comédie d’Hassan El Seifi. La cible de ce « Faux Millionnaire » est clairement le public familial et il s’agit de plaire avant tout aux enfants. D’où ces personnages et ces situations qui rappellent l’univers de la bande dessinée. Un film divertissant à voir en compagnie de très jeunes spectateurs.


Lundi 7 septembre à 20h30

Les Lunettes Noires d'Houssam Al Din Mustafa (Al-Nazzara Sawdaa, 1963)
avec Nadia Lotfi (Madi), Ahmad Mazhar (Omar), Ahmad Ramzy (Aziz), Sanaa Mazhar (Mervat, la fille du patron), Abdel Khalek Saleh (le directeur de l’usine), Abu Bakr Ezzat (l’un des flirts de Madi), Karima El Sherif, Khalil Badr Eddin (Wali), Enayat Youssef, Fayek Bahgat (Mustafa, un ouvrier), Sayed Abdallah (un collègue d’Omar), Souad Abdullah
Scénario et dialogues : Lucien Lambert et Mohamed Kamel Abdel Salam
D’après une histoire d’Ihsan Abdel Quddus publiée en 1952 avec deux autres récits
Musique : parmi de nombreux emprunts, on trouve un extrait des « Spirituals for Orchestra IV » de Morton Gould (générique de l’émission de la télévision française « Les Dossiers de l’Ecran »)
Production : Abbas Helmy


Madi est une jeune aristocrate très fortunée qui mène une vie oisive. Elle porte en permanence des lunettes noires et parmi ses amis, elle jouit d’une grande popularité. Dans l’existence, elle n’a qu’un seul but : s’amuser. L’après-midi, elle retrouve toute sa bande autour de la piscine et le soir, on danse et on boit jusqu’au milieu de la nuit. La plupart du temps, elle rentre chez elle ivre morte. Madi a un petit ami attitré, Aziz mais celui-ci s’est lassé d’elle et a commencé à courtiser d’autres filles. Pour oublier sa peine, elle s’est mise à boire davantage et à flirter avec des garçons qu’elle connaît à peine. Un soir, elle rencontre un jeune homme différent de ceux qu’elle fréquente d’ordinaire. Il s’appelle Omar et il occupe un poste d’ingénieur dans une usine de textile. Ils vont sympathiser et Omar va tenter de faire partager à Madi sa conception de l’existence ainsi que son amour de la littérature et des arts. Pour la jeune aristocrate, c’est une révolution…

Notre avis : le récit du romancier Ihsan Abdel Quddus se déroule en 1947. Houssam Al Din Mustafa transpose l’action à son époque, ce qui lui permet de brosser un portrait à la fois éclatant et incisif de la société égyptienne des années soixante. Il est donc curieux de lire au début du film que l’intrigue se déroulerait toujours en 1947. Une erreur qui devient dès les premières images un contresens embarrassant.
Ces « Lunettes Noires » peuvent sembler un peu démonstratives voire moralisatrices mais le scénario évite habilement l’écueil du manichéisme : les deux personnages principaux occupent des positions qui s’inversent dans la dernière partie du film et cette inversion constitue l’un des intérêts majeurs de cette histoire. Nadia Lotfi est bouleversante en jeune femme déboussolée, bien loin des clichés de la jeune fille de bonne famille fraîche et ingénue, incarnée à la même époque par Soad Hosny. Ce personnage de « bad girl » constitue une première dans le cinéma égyptien de l’époque et confère au film une modernité singulière.
Sur le plan esthétique, le réalisateur semble vouloir s’aligner sur les standards du cinéma international : les personnages évoluent dans une atmosphère très Dolce Vita, la bande-son est exclusivement américaine, et Nadia Lotfi s’inspire visiblement de Monica Vitti pour composer son rôle. Malgré quelques maladresses, « Les Lunettes Noires » demeure l’un des meilleurs opus de Houssam Al Din Mustafa, cinéaste prolifique capable du meilleur — souvent — comme du pire — parfois.


Dimanche 6 septembre à 20h30

L’Ile du Diable de Nader Galal (Geziret El Sheitan, 1990)
avec Adel Imam (Capitaine Galal, le professeur de plongée), Yousra (Fatima l'institutrice), Ahmed Rateb (Bibars), Hatem Zulficar (Mahmoud, le collègue de Fatima), Noha El Amrousy (Hamido), Gamal Ismail (Hamed, le propriétaire du bateau des plongeurs), Nader Galal (le directeur du centre de plongée), Mustafa Metwali (le contrebandier propriétaire du navire coulé), Saïd Tarabik (le capitaine du navire des contrebandiers), Aiman Abdel Rahman (un officier de police), Adel Helal (un contrebandier)
Scénario : Khaled Al Banna
Musique : Moudi Al Imam
Production : Nader Galal et Saïd Shimi


Adaptation du film américain Les Grands Fonds (1977) de Peter Yates
Une institutrice se retrouve en possession d’une carte qui indique l’emplacement d’une épave gisant au fond de la mer Rouge, près de l’île du Diable. Dans la carcasse du navire, des trafiquants ont dissimulé tout un trésor. Celui qui lui a remis ce précieux document, c'est le capitaine du bateau qui était son voisin et qui sera exécuté par ses anciens complices. Avec un petit groupe d’amis, l’institutrice décide de récupérer le butin. Ils s’installent à Hurghada et s’initient à la plongée sous-marine sous la direction d’un plongeur professionnel très expérimenté malgré son alcoolisme. Les gangsters, propriétaires légitimes du magot sont eux aussi à sa recherche et leur route ne tardera pas à croiser celle de nos chasseurs de trésor amateurs…

Notre avis : ce remake a tous les défauts de l’original américain : un rythme très lent, une intrigue convenue et des séquences sous-marines qui se distinguent par leur absolue platitude. Dans la version de Nader Galal, l’esthétique de ces séquences est très proche de celle des petits films tournés autrefois en super 8 par des touristes passionnés par les poissons et les algues. Voir Adel Imam en plongeur professionnel avec bandana autour du crâne peut surprendre mais il faut reconnaître qu’il parvient à incarner son personnage avec une certaine conviction. Cela ne suffira pas à justifier ce remake poussif d’un film insignifiant.


Samedi 5 septembre à minuit

Traces dans le sable de Gamal Madkoor ( Athar Fi al-Rimal, 1954)
avec Faten Hamama (Ragia), Emad Hamdy (Ibrahim Mohsen), Hamdy Gheith (le docteur Ahmed Zaki), Wagdi Al Atrache (Ibrahim enfant), Zahrat Al Oula (Layla), Mohamed Abdul Qaddus (le cuisinier), Mohamed El Tokhy (le psychiatre), Abdul Aziz Ahmed (le grand-père de Ragia), Wedad Hamdy (Sounia), Aziza Helmy (la mère d’Ibrahim), Ali Roushdy (le père d’Ibrahim), Mahmoud Azmy (le cousin Abdel Rahman), Kawthar Shafik (l’infirmière)
Scénario : Gamal Madkoor et Youssef El Sebaei
Musique : Mohamed Hassan Al Shugai


Drame. Ibrahim Mohsen est un compositeur talentueux qui réside à Alexandrie. Ce jour-là, il doit se rendre chez son ami le docteur Ahmed Zaki. Sur la route, il est victime d’un choc nerveux qui le laisse totalement désorienté. Quand il reprend conscience, il est en compagnie de son ami qui l’emmène chez le psychiatre Tawfiq Mohamed. Ibrahim a totalement perdu la mémoire mais le médecin parvient à reconstituer des éléments de son passé. Le musicien était amoureux de Ragia, sa jeune voisine qui vit avec son grand-père, un homme exerçant de hautes fonctions. Tous les deux partageaient le même amour de la musique. Le médecin convoque la jeune femme. Celle-ci lui fait le récit de leur histoire d’amour. Grâce à elle, le psychiatre va découvir le traumatisme infantile qui est à l’origine de son malaise…

Notre avis : on ne compte plus les films dans lesquels Faten Hamama et Imad Hamdi sont fiancés ou amants. Leur différence d’âge, vingt-deux ans, ne semble pas avoir posé de problème aux producteurs et aux réalisateurs. Il est vrai que pour le public, Imad Hamdi est resté très longtemps l’archétype de l’amoureux romantique et tourmenté et c’est ce personnage que nous retrouvons ici. « Traces dans le Sable » est un joli mélodrame qui baigne dans une atmosphère d’une grande poésie. Les scènes enfantines, la mer, la musique, les voix off, tout concourt à donner un caractère onirique à cette histoire de traumatisme infantile. Le film doit beaucoup à Faten Hamama dont la beauté fragile et la voix inimitable possédaient ce pouvoir magique de plonger le spectateur dans une autre réalité, à la fois plus légère, plus pure et plus intense. Sa présence irradiante nous fait oublier certaines lourdeurs du scénario.


Vendredi 4 septembre à 20h30

Taxi d'Amour de Niazi Mostafa (taksi al-gharam, 1954)
avec Abdelaziz Mahmoud (Abdo, le chauffeur de taxi), Hoda Soltan (Elham), Hassan Fayek (le frère d’Abdo), Mahmoud El Meleigy (le tuteur d’Elham), Zinat Sedki (la servante d’Elham), Khairya Khairy (la mère d’Abdo), El Sayed Bedeir (Hamzawi Bey, l’homme riche), Aly Abd El Al (le directeur du théâtre), Said Abou Bakr (Caoutchouc, l’ami d’Abdo), Abdel Salam El Nabolsi (Aziz, le chanteur), Fawzya Ibrahim (l’assistante d’Aziz le chanteur), Monir El Fangary (un employé du casino), Ellen Deatto (danseuse), Hassan Hamed (un homme de main du tuteur d’Elham), Anwar Zaky (un homme de main du tuteur d’Elham), Abbas El Daly (le concierge)
Scénario : Aboul Seoud Al Ibiary et Niazi Mostafa
Musique : Galil El Bendary, Mamoun Al Shinnawi, Abdelaziz Mahmoud
Production : Abdelaziz Mahmoud


Abdo est un modeste chauffeur de taxi bien qu’il ait une voix exceptionnelle. Un jour, il rencontre Elham, une jeune fille très riche accompagnée de sa servante. Les deux femmes sont montées dans sa voiture pour fuir Fadel Amin, le tuteur d’Elham qui veut la marier à un homme laid et grossier. Elles lui demandent de les conduire au domicile d’une amie d’Elham qui acceptera de les héberger. Malheureusement, cette camarade n’est pas chez elle. La situation devient délicate pour les deux fugueuses. Elles ne savent plus où aller et elles n’ont pas le moindre sou pour régler le taxi. Elham décide de tout avouer au chauffeur. Ce dernier n’est pas insensible au récit de la jeune femme et il leur offre l’hospitalité pour cette nuit. Il vit dans un grand appartement avec sa mère et son frère Hassan. Malheureusement, Fadel Amin ne tarde pas à retrouver leurs traces. Il a fait publier une annonce dans le journal offrant cinquante guinées à quiconque pourra lui indiquer le lieu où se trouve sa nièce. Malheureusement, un ami d’Abdo est tombé sur cette annonce et s’est rendu aussitôt chez le tuteur pour lui indiquer la cachette d’ Elham. Avec ses hommes, il ramène de force sa nièce à son domicile. Au même moment, Abdo apprend la trahison de son ami et se précipite chez le tuteur pour libérer sa protégée. C’est alors que cette dernière a une idée : elle annonce à Fadel Amin qu’elle est déjà mariée à Abdo. Le vieil homme est obligé de les laisser partir même s’il ne renonce pas à récupérer sa pupille. Abdo accepte d’épouser Elham pour une durée d’un mois. Elle sera alors majeure, elle sera libérée de la tutelle de son oncle et elle pourra récupérer la fortune de ses parents. Mais Elham tombe vraiment amoureuse d’Abdo. Le modeste chauffeur de taxi lui aussi est épris de son « épouse » mais il préfère dissimuler ses sentiments : il est convaincu que leurs différences sociales rendent impossible leur union. C’est alors qu’il s’installe à Alexandrie pour devenir chanteur dans un cabaret. Elham décide de le suivre. Elle aussi sera chanteuse en faisant croire à Abdo qu’elle est Yasmina, sa sœur jumelle résidant à Alexandrie. Si elle vit pauvrement, loin des siens, c’est que sa famille l’a rejetée car elle voulait devenir artiste…

Notre avis : une comédie mièvre, indigne du talent du réalisateur Niazi Mustafa, de son scénariste Abou Al Seoud El Ebiary et de l’actrice principale Hoda Soltan. C’est peu dire que nous sommes restés de marbre devant cette histoire d’un chanteur qui tombe amoureux de la sœur jumelle de sa femme, parce qu’elle, au moins, est pauvre… avant qu’on ne découvre que les deux sœurs n’en font qu’une !
L’intrigue mollassonne repose sur un manichéisme caricatural : le chauffeur de taxi, pauvre mais honnête, affronte un tuteur cupide et prétendument violent (violence toute relative : les échanges entre les deux personnages se limitent à quelques menaces et quelques sourcils froncés.). L’apathie générale est à peine troublée par les séquences musicales : de gentilles chansons accompagnées de danses qui se distinguent par leur amateurisme et leur caractère scolaire.
En réalité, « Taxi de l’Amour » est avant tout un film d’Abdel Azouz Mahmoud, tout à la fois producteur, compositeur et héros de cette bluette pour mamies sentimentales. On peut lui reconnaître un certain talent de chanteur et de musicien. Mais comme acteur, il était nettement plus limité. Sympathique, certes, mais limité.


Jeudi 3 septembre à minuit

Le Voyage sur la Lune d'Hamada Abdel Wahab (Rehla Ela Al Qamar, 1959)
avec Ismaël Yassin (Ismaïl, le chauffeur du minibus), Rushdy Abaza (l’ingénieur Ahmed Roshdy), Safia Tharwat (Stella), Edmond Tuema (le Professeur Charvin), Ibrahim Younes (le Professeur Cosmo), Soad Tharwat (Tula), Gihan (Dana), Hassan Ismaïl (Farid)
Scénario : Hamada Abdel Wahab
Production : Delta Film Productions (Hamada Abdel Wahab)


Le Professeur Charvin a terminé la construction de sa fusée. Tout est prêt pour ce grand voyage vers la Lune dont il rêve depuis si longtemps. Il compte bien être le premier homme à s’y poser et à l’explorer. Apprenant l’imminence du décollage de la fusée, l’ingénieur Ahmed Roshdy se rend au centre spatial de Monsieur Charvin afin de récolter un maximum d’informations sur ce qui s’annonce comme une avancée majeure dans la conquête de l’espace. Il est accompagné de journalistes du quotidien Al Akbar al Youm et de leur chauffeur Ismaïl. Sur la base, ils sont accueillis par le Professeur Charvin lui-même qui ne veut absolument pas qu’on photographie son invention. Seul, Ahmed l’ingénieur est autorisé à le suivre et à monter dans la fusée. Mais Ismaïl le chauffeur a réussi à échapper à la surveillance des gardiens et il entre lui aussi dans l’engin. Sa présence est aussitôt repérée. Monsieur Charvin le prenant pour un espion, brandit un revolver et s’apprête à tirer. En voulant lui échapper, Ismaïl actionne par inadvertance des manettes du tableau de bord. Catastrophe ! Il vient d’allumer les moteurs. La fusée décolle. Ses trois passagers perdent connaissance. Quand ils recouvrent leurs esprits, la Terre est déjà loin. A leur arrivée sur la lune, Monsieur Charvin et ses deux compagnons sont accueillis par un robot qui les conduit sur une base spatiale. Celle-ci est dirigée par le Professeur Cosmo, l’ancien directeur d’un centre de recherche sur l’énergie atomique. Il raconte à ses visiteurs que la Lune a été le théâtre d’un conflit nucléaire il y a une quinzaine d’années. Il avait réussi à trouver refuge à l’intérieur de cette base avec sa fille et six autres jeunes filles. Malheureusement son épouse n’a pas survécu à cette guerre. Depuis, lui et sa petite communauté survivent grâce à des pilules qui leur assurent l’essentiel de leur subsistance.

Notre avis : un film qui mériterait de devenir culte. Nous sommes très proche de l’esthétique des nanards d’Ed Wood : des décors en carton-pâte, une fusée et des robots tout droit sortis d’un dessin d’enfant, des effets spéciaux « faits maison ». Bref, de la science-fiction considérée comme un art naïf et dans son genre, « Le Voyage sur la Lune » constitue une réussite éclatante. Les auteurs se sont visiblement inspirés du film américain « Fusée pour la Lune » (Missile to the Moon) de Richard Cunha sorti l’année précédente. Il n’empêche que la « copie » égyptienne nous semble bien supérieure à son modèle en raison de son absence totale d’esprit de sérieux. Le réalisateur nous convie à une escapade cosmique pleine de fantaisie, un peu dans l’esprit du grand Georges Méliès qui réalisa en 1902 le tout premier « Voyage sur la Lune » du septième art..
Et pour ne rien gâcher, les sept actrices qui incarnent les jeunes femmes qui entourent le Professeur Cosmo sont d’une beauté à couper le souffle. Dans l’une des séquences du film, cinq d’entre elles exécutent une danse incroyable, très loin du style oriental habituel. La jeune femme au corps de déesse qui joue Stella, l’amoureuse de l’ingénieur Ahmed Rushdy, s’appelle Safia Tharwat. Elle fera une carrière d’actrice très brève car elle était avant tout une sportive de premier plan. Elle sera notamment à l’origine du développement en Egypte de la nage synchronisée. Tant pis pour le cinéma…


Mercredi 2 septembre à minuit

Amour et Orgueil d'Hassan Al Imam (Hob wa Kibria, 1972)
avec Nagla Fathy (Zizi), Mahmoud Yassin (Hussein), Hussein Fahmy (Adel), Samir Sabri (Ahmed, le frère de Zizi), Madiha Kamel (Kawthar), Madiha Salem (Fatima, la sœur d’Hussein) Imad Hamdi (le père de Zizi), Salah Nazmi (le père de Kawthar)
Scénario : Mohamed Mostafa Samy et Youssef Issa
Musique : Sanaa El Barony, Helmy Bakr, Sami Sabri, Salah Gahin, Fouad El Zahry
Production : Ramsès Naguib
appréciation : 2/5


Zizi, la fille d’un vieux chef d’entreprise, attend avec impatience le retour de son fiancé qui a fait un long séjour à l’étranger. Ils doivent bientôt se marier. Malheureusement, la situation économique s’est assombrie et la société du père de Zizi connaît de sérieuses difficultés. Adel, le fiancé, préfère s’éloigner de celle qui n’est plus un si bon parti. Il épouse Kawthar, la fille d’un homme d’affaires fortuné qui fut une camarade de classe de Zizi. Blessée, cette dernière se marie avec Hussein, le jeune chef d’entreprise qui est venu aider son père à redresser les comptes de son affaire. Le soir même de ses noces, elle avoue à son mari qu’elle aime toujours Adel. D’un commun accord, les deux jeunes gens resteront ensemble un certain temps puis divorceront.
Amour et Orgueil est un remake de Pitié pour mes Larmes de Henry Barakat (1954) avec Faten Hamama.

Notre avis : malgré la participation de la très belle et très talentueuse Naglaa Fathy, ce film d’Hassan Al Imam déçoit. On y retrouve bien des éléments déjà exploités dans d’autres productions de la même époque. Les personnages, les situations ne présentent pas la moindre originalité et tous les comédiens se contentent de faire ce qu’ils ont déjà fait ailleurs.
Pour ne rien arranger, on a l’impression que les personnages d’ »Amour et Orgueil » ont des semelles de plomb. Le réalisateur alterne scènes debout et scènes assises avec des comédiens toujours statiques. C'est un bel exemple de cette esthétique roman-photo qui est peut-être le défaut le plus commun du cinéma égyptien.
Pourtant au début, le film s’annonçait un peu plus trépidant. Dans les quinze premières minutes, se succèdent danses et chansons au point qu’on a l’impression d’assister à une comédie musicale. Mais cette alacrité ne dure pas : danses et chansons disparaissent très vite pour laisser la place à une atmosphère morne qui se maintiendra jusqu’à la fin.


Mardi 1er septembre à 18h

Filles d'aujourd'hui d'Henry Barakat (Banat Al Youm, 1956)
avec Ahmed Ramzy (Fathi), Abdel Halim Hafez (Khaled), Magda Al Sabahi (Salwa), Serag Mounir (le docteur Lotfi), Amal Farid (Layla), Cariman (Buthaïna, la meilleure amie de Layla), Thuraya Fakhry (la mère de Buthaïna), Nawal Mustafa (Najwa), Ellen Diato (Sonia)
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Musique : Mohamed Abdel Wahab
Production : les Films Mohamed Abdel Wahab

L’une des scènes du film reprend à l’identique des éléments du chef d’œuvre du cinéma américain, Une Place au Soleil de George Stevens (1951). Même cadre : une fête dans une grande maison de maître ; même musique : Barakat utilise le thème du film américain composé par Franz Waxman ; mêmes costumes : les deux sœurs Salwa et Layla portent une robe identique, copiée sur celle que porte Liz Taylor dans le film de George Stevens ; et même coiffure : Amal Farid a été coiffée pour ressembler au plus près à la jeune actrice américaine. Hommage ou plagiat ?


Comédie musicale. Suleiman Lotfi est un gynécologue qui a trois filles. Salwa est l’aînée, c’est une fille douce et raisonnable qui depuis la mort de leur mère s’occupe de ses deux sœurs plus jeunes, Layla et Najwa. Si la seconde est encore une enfant, la première est une jeune fille insouciante et frivole qui ne pense qu’à s’amuser avec Buthaïna, sa meilleure amie. Fathi, un artiste peintre, est tombé amoureux de Salwa et son ami Khaled veut l’aider à conquérir la jeune fille. Celui-ci est d’autant mieux placé pour le faire qu’il connaît personnellement le docteur et que tous les deux fréquentent le même club. Khaled va sympathiser avec Salwa et provoquer une rencontre avec Fathi. De son côté, il n’est pas insensible au charme de Layla, la deuxième fille du docteur Lotfi. Ils finissent par sortir ensemble et échafaudent des projets communs. Mais les événements à venir vont révéler que Khaled et Salwa sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre…

Notre avis : une très belle comédie musicale avec en vedette celui qui s’apprête à détrôner Farid Al Atrache, le tout jeune Abdel Halim Hafez (aucune rivalité entre les deux hommes qui étaient amis). Les cinq chansons qu’il interprète dans ce film ont été composées par Mohamed Abdel Wahab et parmi elles, figure « Awak » (Je vous Adore), l’un des plus grands « tubes » du chanteur. Henry Barakat peint avec sensibilité et subtilité la naissance de l’amour qui provoque la plus grande confusion dans les cœurs de ses jeunes héros. Amal Farid et Cariman jouent avec un naturel sidérant les jeunes filles complices et insouciantes (destins parallèles de ces deux actrices : elles débutent en même temps et mettent brutalement un terme à leur carrière l’une en 1967 et l’autre en 1968, alors qu’elles ont à peine trente ans.)


lundi 31 août 2026

Mervat Amine et Hussein Fahmy

 ميرفت أمين و حسين فهمي

Le journal égyptien  Al Ahram annonce que l'un des couples mythiques du cinéma des années soixante-dix s'apprête à se reformer pour un prochain tournage. Mervat Amine (née en 1948) et Hussein Fahmy (né en 1940) n'avaient pas joué ensemble depuis 1982. Le film s'intitulera "Check In" et il sera réalisé par Ahmed El Bandari.

Dans les années soixante-dix, Mervat Amine et Hussein Fahmy incarnèrent le couple glamour par excellence mais un couple souvent confronté aux probèmes d'une société égyptienne en pleine mutation. Ce mélange de "romantisme" et de réalisme plaisait au public qui faisait un triomphe à tous les films dans lesquels les deux acteurs apparaissaient. 

Ils furent mariés de 1974 à 1986 et eurent une fille. 

Ils jouèrent ensemble dans treize films, de 1974 à 1982.


1974 La Belle et le Vagabond (Al-Fatina Wal-Sa'look) d’Hussein Omara


Abdo (Hussein Fahmy), un voleur de voitures, rencontre Nagwa (Mervat Amine), une jeune  femme qui a été blessée lors d'une fusillade le jour même de son mariage.


1975 Mélodie dans ma vie (Nagham fi hayati, 1975) d’Henry Barakat


Mohsen (Hussein Fahmy) abandonne Hanan, sa compagne enceinte (Mervat Amine) pour s'installer au Brésil. Adaptation de la Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol (Marius, Fanny et César). Dans ce film,
le personnage joué par Mervat Amine est la secrétaire d'un chanteur célèbre incarné par Farid Al Atrache qui fait ici sa dernière apparition à l'écran. 

1976 Larmes Brûlantes (Aldumue alssakhina) de Kamal Risk


Mahmoud, un officier de la police des moeurs (Hussein Fahmy) s'éprend  de Hanan (Mervat Amine), une jeune fille que sa belle-mère voulait prostituer.


1976 Pieds Nus sur le Pont d’Or (Hafiat ealaa jisr aldhahab) d’Atef Salem


Camélia,une jeune actrice (Mervat Amine), entame une idylle avec Ahmed, le réalisateur qui l'a fait débuter (Hussein Fahmy). Malheuresement, elle est convoitée par un puissant homme d'affaires qui a su gagner la confiance de sa mère.
  

1977 Femmes dans la Ville (Nissa fi Al madina) d’Helmy Rafla


Youssef, un simple employé (Hussein Fahmy), dénonce les activités frauduleuses d'un responsable de la société dans laquelle il travaille. Bahira, une jeune journaliste (Mervat Amine), est chargée par son rédacteur en chef d'enquêter sur l'affaire.


1977 L’Amour avant le Pain Parfois (Alhabu qabl alkhubz ahyanana) de Saad Arafa


Les amours contrariées entre Mounir (Hussein Fahmy), un médecin attaché aux valeurs traditionnelles et Noura (Mervat Amine), une jeune femme moderne qui ne veut pas renoncer à sa liberté. 


1977 Nuit et Désir (Layla wa Raghba,1977) de Yehya Al Alami


Yousri (Hussein Fahmy), le fils cadet d'un riche chef d'entreprise, est amoureux de Layla (Mervat Amine), la fille de l'adjoint de son père. Mais celui-ci s'oppose à cette union et veut que Layla épouse son fils aîné.    


1978 Les Plus Beaux Jours de la Vie ('ahlaa 'ayam alomry) de Hassan El Seifi


L'existence de l'avocat Mamdouh (Hussein Fahmy) et de sa femme Hanan (Mervat Amine) est bouleversée par l'apparition d'une femme qui prétend avoir été violée par l'homme de loi.


1978 Le Chemin des Amoureux (Sikkat Al-Ashqeen) de Hassan El Seifi


Après une rupture douloureuse, Nawal (Mervat Amine) fait la rencontre à Alexandrie de Salah (Hussein Fahmy) dont elle tombe aussitôt amoureuse. De nombreux malentendus entraveront leur relation.


1978 Maîtres et Esclaves (Asyad Wa Abeed) d’Ali Reda


Fatima (Mervat Amine) est un médecin fiancé au docteur Ahmed qui s'est voué à la cause révolutionnaire. Hassan (Hussein Fahmy), le frère d'Ahmed, est un journaliste qui a renoncé à l'action politique. Il a une liason avec une danseuse dépendante à la morphine. 


1979 Les Hommes qui ne connaissent pas l’amour (rijal la yarifun alhob) de Yehya Al Alami


Mahmoud (Hussein Fahmy) abandonne le trafic de drogue par amour pour sa fiancée Fatima (Mervat Amine) mais son frère qui lui n'a pas renoncé à ses activités criminelles lui demande de l'aider en dissimulant une grosse somme d'argent.  


1979 Sauvez cette famille (anqidhu hadhih alayla) d’Hassan Ibrahim


Lily (Mervat Amine) est la fille de Fouad, un puissant chef d'entreprise. Elle a rencontré Mamdouh (Hussein Fahmy), un ingénieur qui travaille dans la société de son père. Elle en tombe follement amoureuse malgré sa  mauvaise réputation : il n'est pas très rigoureux au bureau et surtout  c'est un séducteur notoire.


1982 Le Dernier Mot (Al-Kalima Al-Akhira) de Wasfy Darwich


Zahra (Mervat Amine) qui est chanteuse dans l'orchestre fondé par son père fait la rencontre d'Aziz (Hussein Fahmy), une riche homme d'affaires. Malgré leur différence sociale, ils se fiancent.

mercredi 26 août 2026

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 26 au 31 août)

روروتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Lundi 31 août à 20h30

Histoire d’un Mariage d'Hassan El Seifi (Hekayet Gawaz, 1964)
avec Soad Hosny (Adila Mansour), Shukry Sarhan (Mohamed), Mary Moneib (Aziza, la mère d’Adila), Amina Rizq (Karima, la mère de Mohamed), Hassan Youssef (Hassan Mansour), Hassan Fayek (Mansour), Amal Farid (Mona), Aziza Helmy (la mère de Mona), Seham Fathy (Seham), Kawthar Shafik (Kawthar), Soheir Zaky (danseuse), Baligh Habashy (docteur Shouqi), Engy Ismail (une amie d’Adila)
Scénario : Mohamed Othman
Production : Naguib Khoury Films


Mohamed est amoureux de sa voisine, Adila Mansour. Ils sont fiancés et Mohamed a hâte que le mariage soit célébré car c’est un homme très jaloux qui enrage de voir sa promise sortir seule dans des tenues légères. Hassan, le frère d’Adila lui aussi fréquente une jeune fille mais la mère de celle-ci s’oppose à cette union : elle souhaite que sa fille épouse son cousin, le docteur Shouqi. Pour Adila et Mohamed, le grand jour est arrivé. Ils se marient enfin. Leur bonheur est total mais une nouvelle vient tout bouleverser. Alors que la fête bat son plein, on apprend que Mohamed doit pour des raisons professionnelles s’installer au Mont Ataqah sur la Mer Rouge. La mère d’Adila refuse catégoriquement que sa fille suive son mari pour une destination si lointaine. Afin d’empêcher la consommation du mariage, la vieille femme s’installe dans la chambre des deux jeunes mariés qui devront passer leur première nuit séparés. Le lendemain matin, Mohamed se rend accompagné de sa mère chez ses beaux-parents pour chercher Adila mais sa belle-mère reste intraitable et entre eux le ton monte. La mère de Mohamed est bouleversée par la violence des échanges. Elle s’évanouit…

Notre avis : une comédie gentillette sur un thème rebattu : la tyrannie que les mères exercent sur leurs filles même après le mariage de celles-ci. Toute l’intrigue repose sur les stratagèmes mis en place par Adila et Mohamed pour échapper à la surveillance de la mère de la jeune fille. Et après bien des échecs, l’amour finira par l’emporter. Mais pour cela, il faudra que le père d’Adila enfin se dresse contre sa femme et lui ordonne de ne plus s’opposer au bonheur de leurs enfants. La morale est claire : quand l’homme s’en mêle, les choses s’arrangent. On pourra légitimement trouver cette morale « un peu » misogyne. A ce propos, on pourra aussi s’étonner qu’Adila ait choisi comme époux ce Mohamed qui est d’une jalousie maladive. Dans la première scène, alors qu’elle joue au tennis, il se précipite sur elle et lui prend violemment le bras car il ne supporte pas de la voir arborer une tenue aussi légère en public. Et dans l’une des dernière scènes, il la gifle car elle a osé danser avec un inconnu. Elle lui pardonne mais tout cela n’augure rien de bon ! Malgré ces réserves, on peut se laisser tenter pour Soad Hosny qui est parfaite dans ce rôle de jeune fille à l’aube de sa vie de femme.


Dimanche 30 août à 20h30

Fils d’Aristocrates d'Hassan El Seifi (Ibn Zawat, 1953)
avec Ismail Yassin (Ismaïl), Kitty (Kitty), Abdel Salam El Nabolsi (Sharif, l’ami d’Ismaïl), Nagah Salam (Nagah), Serag Mounir (Hafez), Mimi Chakib (Amina, la femme d’Hafez), Zouzou Chakib (une femme de ménage), Stephan Rosty (Shimon Licha), Mohamed El Tabei (Kabir Al Rahimiya, l’oncle d’Ismaïl), El Sayed Bedeir (Abdel Moujoud, le cousin d’Ismaïl), Omar El Gizawy (le serviteur de Kabir Al Rahimiya), Mohamed Kandeil (le chanteur)
Scénario et dialogues : Zaky Saleh, Stephan Rosty, Hassan Al Seifi
Paroles des chansons : Fathy Koura, Galil Al Bendary, Abdel Wahab Youssef
Musique : Abdel Aziz Mahmoud, Kamal Al Taweil, Mohamed Abdel Wahab, Ali Farrag,
Production : Les films Misr Algadida et les films Seraj Mounir


Comédie musicale Ismaïl est un jeune homme qui mène la grande vie au Caire. Il dépense sans compter et accumule les dettes. Son oncle, un homme de la campagne attaché aux traditions veut y mettre bon ordre. Il décide de se rendre au Caire avec son fils et l’un de ses serviteurs pour trouver à son neveu fantasque une épouse qui saura le remettre dans le droit chemin. Quand les trois campagnards se présentent chez Ismaïl, celui-ci donne une grande fête avec la participation de la danseuse Kitty. L’oncle présente à son neveu la lettre qu’il a reçue de l’un de ses créanciers. Ce dernier menace de porter plainte et son oncle n’aidera pas Ismaïl si celui-ci ne se marie pas au plus vite. Le jeune homme ne peut que se soumettre. L’oncle se rend aussitôt chez un ami qui a une fille à marier. Il va tout entreprendre pour que le père accepte son neveu comme gendre. Pendant ce temps-là, Ismaïl a retrouvé son ami Sharif dans le cabaret où se produit la danseuse Kitty. C’est là qu’il découvre une jeune chanteuse dont il tombe aussitôt amoureux …

Notre avis : en 1953, Hassan El Seifi sort ses trois premiers films comme réalisateur à part entière. Ce « Fils d’Aristocrates » est donc l’œuvre d’un tout jeune cinéaste (même s’il a commencé à travailler comme assistant dès 1945, huit ans auparavant). Tout n’est pas parfait dans cette comédie musicale : un scénario qui ne brille ni par son originalité ni par sa finesse, une intrigue reposant sur un petit quiproquo que l’on fait traîner de manière artificielle, de trop nombreuses scènes de conciliabules donnant lieu à des dialogues filandreux et intarissables.
Et pourtant on se laisse prendre au charme de cette comédie musicale sans prétention qui réunit toutes les vedettes de l’époque. On appréciera particulièrement les interventions de Stéphan Rosty, méconnaissable en usurier cupide et grandiloquent. « Fils d’Aristocrates » est aussi l’un des tous premiers films de la grande chanteuse libanaise Nagah Salam. Elle a 21 ans, elle chante fort bien, comme il se doit, et elle joue avec une fraîcheur qui nous touche. Mais celle qui littéralement crève l’écran dans cette comédie, c’est Kitty. La danseuse d’origine grecque y apparaît dans une très longue séquence où elle déploie toutes les facettes de son immense talent, avec la vitalité et l’allégresse qui la caractérisent. Ses chorégraphies rappellent en plus modeste celles des comédies musicales de Naima Akef. En vérité, la présence de Kitty apporte une fougue à un récit qui sans elle en aurait cruellement manqué.


Samedi 29 août à 16h

Yasmine d'Anwar Wagdi (1950)
avec Anwar Wagdi (Wahid), Madiha Yousri (Soad, la mère de Yasmine), Zaki Rostom (le grand-père de Yasmine), Abdelhalim Nasr, Feyrouz (Yasmine), Mohamed Al Dib (Adel, le père de Yasmine), Reyad El Kasabgy (Antar, chef de gang), Zinat Sedki (la propriétaire de la pension), Aïda Kamel (l’infirmière), Victoria Hobeika (le docteur Shafiqa), Abdel Aziz Khalil (Dabour, chef de gang), Zaki Ibrahim (le chef de la police), Gina (la danseuse), Ali Abdel Al (le propriétaire du cabaret)
Scénario : Anwar Wagdi, Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Mohamed El Bakkar, Mounir Mourad, Mahmoud El Sherif
Production : Anwar Wagdi


Comédie musicale. Yasmine a été abandonnée à la naissance car son père voulait un garçon. Elle passe ses premières années à l’orphelinat mais à l’âge de six ans, elle s’enfuit. Elle est recueillie par une bande de pickpockets qui l’initient à leur « art ». Avec ses compagnons, Yasmine chante et danse dans des cabarets. Et tandis que les clients sont tout attendris par cette petite fille si talentueuse, elle en profite pour s’approcher d’eux et leur subtiliser argent et objets de valeur. Un jour, alors qu’elle tente d’échapper à la police, elle rencontre Wahid, un trompettiste au chômage. Il lui propose de créer un numéro à deux et lui demande surtout de ne plus voler. Yasmine accepte et s’installe avec son nouveau compagnon dans une maison abandonnée. Malheureusement ce lieu sert aussi de repaire à une bande de voleurs. Alors que ceux-ci sont en train de percer un coffre qu’ils viennent de voler, la police fait irruption dans la maison et embarque tout le monde, y compris Yasmine et Wahid. Le propriétaire du coffre n’est autre que le grand-père de Yasmine, un pacha richissime. Quand celui-ci se présente au commissariat, il est tout de suite attiré par Yasmine car elle semble avoir l’âge de sa petite fille qu’il rêve de retrouver. Wahid prétend être l'oncle de l'enfant et affirme qu’ils sont originaires d’Alexandrie…

C’est le premier film de Feyrouz, l’enfant prodige du cinéma égyptien. Elle n’a que six ans, et Anwar Wagdi, qui la dirige, perçoit immédiatement l’étendue de son talent. Il faut dire qu’elle chante, danse et joue avec une aisance stupéfiante pour son âge : tout semble naturel, évident, presque inné.
« Yasmine » est moins célèbre que « Dahab », tourné trois ans plus tard sur une trame narrative très proche, et c’est une injustice. Cette première comédie musicale a, selon nous, mieux traversé le temps. Elle possède une fraîcheur, une spontanéité, une légèreté qui donnent à l’ensemble un charme singulier, là où « Dahab » souffre d’un pathos appuyé qui finit par étouffer l’émotion véritable.
On pourra relever, dans la première partie du film, le caractère un peu brouillon des chorégraphies présentées sur la scène du cabaret. Mais cela contribue sans doute au charme résolument désuet de l’œuvre : une imperfection qui humanise le spectacle et renforce son authenticité.


Vendredi 28 aoüt à 20h30

Le Fugitif de Samir Seif (Al Motarad,1985)
avec Nour El Sherif (Samaha Al Naji), Soheir Ramzy (Mahasin), Abou Bakr Ezzat (Helmy, l’informateur), Taheya Carioca (Nazira, la mère de Mahasin), Magdy Wahbah (Al Felali), Ahmad Akl (le second d’Al Felali), Samiha Mohamed (Sabah, la mère de Muhalabya), Salah Nazmi (Khadr Al Naji, l’oncle de Samaha), Rawa El Kateb (Muhalabya), Azza Kamal (Ansia, la belle-soeur de Samaha), Mohamed Al Tagy (Radwan, le frère de Samaha), Ibrahim Abdul Raziq (Dahrouj)
Scénario : Ahmad Saleh, Samir Seif, Naguib Mahfouz
Musique : Mohamed Sultan
Production : Gerges Fawzi


Samaha assiste au triomphe d’Al Felali dans un combat contre l’un de ses rivaux. L’homme, hautain et cruel, devient le protecteur du quartier. Samaha regrette le temps où c’était son clan, les Al Naji qui dominait le quartier.
Depuis la mort de leur père, Samaha et son frère Radwan vivent chez leur oncle, Khadr Al Naji, le marchand de céréales. Radwan est marié à Ansia qui est secrètement amoureuse de son beau-frère. Elle admire son courage et sa force de caractère. Mais Samaha est amoureux de Muhalabya, une jeune fille à la beauté aristocratique. Ils ont bien l'intention de se marier et en attendant, ils se retrouvent le soir en cachette dans les allées du cimetière.
Samaha a prêté allégeance à Al Felali mais celui-ci lui révèle qu’il a décidé d’épouser Muhalabya. Evidemment, le jeune homme ne peut accepter d’abandonner sa bien-aimée au profit du protecteur du quartier. Avec Muhalabya, il décide de s’enfuir pour pouvoir s’aimer librement. Mais en cheminant dans les ruelles sombres de la ville pour retrouver Samaha, la jeune femme est attaquée par un groupe d’hommes qui l’égorgent. Ayant entendu un cri, Samaha court dans sa direction et tombe sur le cadavre de sa bien-aimée. Le guet-apens avait été organisé par Al Felali lui-même que la mère de la jeune fille avait informé du projet des deux amoureux. Et, comble d’ignominie, le protecteur fait immédiatement courir le bruit que l’assassin est Samaha lui-même. Pour échapper à la police, ce dernier doit fuir en Haute-Egypte. Quelque temps plus tard, il a la visite de son frère qui lui annonce qu’il a été condamné à la peine de mort par coutumace. Mais des hommes d’Al Faleli ont suivi Radwan et tirent sur les deux frères. Ils échappent de peu aux balles. Samaha décide de retourner au Caire…

Notre avis : « La Chanson des Gueux » (Malḥamat al-ḥarafīch) est un roman de Naguib Mahfouz publié en 1977. Il raconte cent ans de la vie d’un quartier soumis à l’autorité d’un clan. Le premier homme fort de la dynastie est Ashour Al Nagi et on suit le destin de ses successeurs qui peu à peu sombrent dans la déchéance.
« La Chanson des Gueux » a fait l’objet en 85 et 86 de trois adaptations au cinéma : en 1985, ce « Fugitif » signé Samir Seif puis l’année suivante « Les Mûres et le Gourdin » de Niazi Mustafa (El-Tout wal Nabout) et « Al Arafish » d’Houssam Al Din Mustafa.
Le film de Niazi Mustafa évoque la dernière partie du roman, celui d’Houssam Al Din Mustafa, la troisième et celui de Samir Seif, la quatrième. Cette séquence intitulée comme le film « Le Fugitif » tourne autour de la figure de Samaha Al Nagi. Celui-ci doit affronter la bande qui exerce désormais le pouvoir sur le quartier, réduisant le clan Al Nagi à une position subalterne.
Cette première adaptation n’a pas l’exubérance et le faste des deux autres qui suivront. C’est une œuvre honnête, fidèle au roman mais qui manque parfois de flamme. Bien sûr, on peut apprécier la sobriété de l’interprétation qui ne sombre jamais dans le grand guignol bien que maintes situations s’y prêteraient. Mais reconnaissons que parfois, cela manque d’incarnation. Nour El Sherif, malgré les drames que traverse son personnage, semble porter un masque impassible où les sentiments affleurent à peine. En revanche, Abou Bakr Ezzat est formidable en homme veule et cupide au service des puissants. Mais la révélation du film, c’est Mohamed Al Tagy dans le rôle du frère du héros. La scène de sa mort constitue l’un des sommets de cette chronique.
Le véritable point fort de ce « Fugitif » réside dans sa reconstitution minutieuse d’un quartier du Caire au début du XXᵉ siècle. Les décors, les costumes, l’atmosphère générale donnent au récit une densité réaliste qui compense les faiblesses de mise en scène.


Jeudi 27 août à minuit

À la recherche du scandale de Niazi Mostafa (Albahth A'n Fediha, 1973)
avec Adel Imam (Magdy), Mervat Amine (Hanan), Samir Sabri (Sami), Hamdi Salem (le père de Sami), Youssef Wahby (le père d’Hanan), Ahmed Ramzy (Fakry), Imad Hamdi (le père de Sana), Zizi El Badraoui (Sana), Mohamed Reda (Abou Sari), Nawal Abou El Foutouh (la femme mariée), Salah Nazmi (le mari de la femme mariée), Tawfik El Deken (Saber), Hassan Hamed (le cambrioleur), Nagwa Fouad (elle-même), Zouzou Madi (la mère de Sana), George Sedhom (Abdel Azim), Mimi Chakib (la mère de Hanan), Angel Aram (Mona), Sayed Ibrahim (le père de Mona), Mohamed Awad (Aziz), Rakia Damati (la secrétaire), Mohamed Farid (le barman), Naguib Abdo (le dentiste)
Scénario : Farouk Sabry et Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Samir Sabri et Ahmed Hamouda
Production : Gamal Al-Leithi


Ce film est inspiré d'une comédie américaine réalisée par Gene Kelly en 1967, Petit guide pour mari volage (A Guide for the Married Man).
Magdy quitte son village pour travailler au Caire comme ingénieur. Avant son départ, son père lui donne ses dernières instructions : pour l’honneur de la famille, il faut qu’il se marie au plus vite. Dans la capitale, c’est son collègue Sami qui va l’aider à trouver une fiancée. Celui-ci invite Magdy à l’accompagner dans un club de loisirs qu’il fréquente régulièrement. Le petit provincial repère aussitôt une jeune fille très belle. Il en tombe amoureux fou. Ce sera sa future femme ! Sami lui conseille d’abord de s’assurer qu’elle est bien libre. Après une petite enquête, ils apprennent que la jolie inconnue s’appelle Hanan, qu’elle est célibataire et qu’elle vit chez ses parents. Détail plus embêtant : sa mère souhaite qu’elle épouse l’un de ses cousins.
Sami propose à Magdy une première méthode d’approche. Alors que la jeune femme quitte le parking du club au volant de sa voiture, il s’agit de se jeter devant le véhicule, de rouler sur le capot et enfin de tomber à terre en feignant d’éprouver mille souffrances. Rien ne se passe comme prévu : la chute de Magdy est si maladroite que Hanan n’a aucune pitié pour sa « victime ». Elle est même furieuse. Pire encore : deux jeunes hommes qui ont assisté à la scène prennent notre héros pour un fâcheux sans éducation et le rossent de façon sévère. Evidemment, l’aspirant au mariage et son conseiller ne s’avouent pas vaincus.

Notre avis : pour la première fois dans sa carrière, ’Adel Imam obtient le rôle principal dans un film. Et pour cette comédie romantique, sa partenaire n’est autre que la sublime Mervat Amine, plus belle que jamais. Voilà un jeune acteur comblé ! Si "A la Recherche du Scandale" comporte quelques bons moments, la succession de gags faciles et donc prévisibles finit par lasser. On notera aussi un défaut de structure. Le film ressemble un peu à une comédie à sketches. En effet, le cinéaste et son scénariste ont inséré dans leur récit de courtes séquences réalisées avec la collaboration de « guest stars ». Mais cela fonctionne mal : ces saynètes d’un intérêt très inégal (Celle avec George Sedhom est particulièrement inepte.) cassent le rythme de l’histoire principale sans lui apporter grand-chose.
On remarquera enfin que Niazi Mostafa a fait des emprunts évidents à "Chuchotements d’Amour" de Fateen Abdel Wahab, notamment avec le personnage du père, joué dans les deux films par Youssef Wahbi et celui du cousin « yéyé ». "A la Recherche du Scandale" nous aura au moins permis d’entendre Samir Sabri chanter une version arabe du tube des Middle of The Road, "Chirpy Chirpy Cheep Cheep". Il est à la piscine entouré de nombreux danseurs et la scène rappellera aux plus anciens les émissions de variétés des années 70 conçues par les producteurs français Maritie et Gilbert Carpentier !


Mercredi 26 août à 20h30

Les Trois Démons d'Houssam Al Din Mustafa (El Shayateen El Talata, 1964)
avec Rushdy Abaza (Saadawi), Ahmed Ramzy (Ezab), Hassan Youssef (Fatouh), Nasr Seif (Samiha), Samy Tamoum (l’officier de police), Nawal Abou El Fotouh (Zeinab), Berlanti Abdel Hamid (Hamia), Mohamed Sobeih (Madlouly), Hussein Ismaïl (Monsieur Wahdan), Saleh Al Eskandarani (Hanafi Al Sayad), Abdel Alim Khattab (Monsieur Abdel Razaq), Abdel Hamid Nasr (le père de Zeinab)
Scénario : Bahgat Amar, Mohamed Kamel Abdel Salam, Lucien Lambert
Production : Abbas Helmy


Saadawi, Ezab et Samiha sont trois amis qui ont été ensemble détenus pendant plusieurs années dans le centre pénitentiaire d’Abou Zaabal. Leurs conditions de détention étaient éprouvantes : ils passaient toutes leurs journées dans des carrières à casser des pierres sous un soleil accablant. Puis, un jour, ils apprennent qu’ils font l’objet d’une grâce exceptionnelle. En sortant de prison, ils sont bien décidés à reprendre une existence honnête. Ezab retourne à Suez où l’attend Zeinab, sa fiancée. Le père de celle-ci l’accueille comme un fils et l’installe dans un petit appartement sur le toit de leur immeuble. Ezab veut récupérer le camion qu’il a acheté à Monsieur Abdel Razaq, un puissant marchand de poissons de la ville. Durant sa détention, il lui a laissé le véhicule mais maintenant il veut récupérer ce qui lui appartient. Le marchand de poissons ne l’entend pas de cette oreille et refuse de restituer le camion. Pour intimider l’ancien prisonnier, il lui envoie ses hommes de main qui le passent à tabac. Ezab décide d’appeler à son aide ses deux anciens camarades qui se rendent aussitôt à Suez. Le trio réuni est prêt à affronter Abdel Razaq. Dans leur lutte, ils vont trouver un partenaire inattendue : Hamdia, une jeune femme qui possède un bateau de pêche et qui s’est toujours opposée aux méthodes du marchand…

Notre avis : un petit film d’action très sympathique qui exalte le mythe de la camaraderie virile entre hommes soudés par des épreuves communes. L’atmosphère rappelle parfois celle de certains films français de la même époque avec Lino Ventura ou Jean-Paul Belmondo. Comme il se doit, la réalisation est nerveuse, sans fioriture. Toutes les scènes d’affrontement sur le port, au milieu des bateaux et des marins, constituent les moments forts de ces « Trois Démons ». Bref, c’est du Houssam Al Din Mostafa à son meilleur. Dans ce film, les femmes ne brillent guère par leur présence. Il y a tout de même Berlanti Abdel Hamid mais avec un personnage de femme d’action à l‘opposé des séductrices qu’elle a incarné jusqu’alors. On est même étonné de la voir arborer des toilettes si sévères et surtout de la voir adopter une attitude si distante avec son « amoureux » Roshdy Abaza. Cette réserve inattendue sera mieux comprise si on précise que cette même année 1964, Berlanti Abdel Hamid épouse le maréchal Abdel Hakim Amer, vice-président de la République arabe d’Egypte ! (Une idylle qui se terminera tragiquement trois ans plus tard.)




La Crème des Filles (Sett El Banat, 1961)

ست البنات
ﺇﺧﺮاﺝ : حسام الدين مصطفى


Houssam Al Din Mustafa a réalisé La Crème des Filles en 1961.
Distribution : Hind Rostom (Hoda, la femme de Khairy), Rushdy Abaza (l’avocat Khairy), Soheir Ezzat (Elham), Adly Kasseb (le père d’Elham), Abdel Moneim Ibrahim (Dardir Effendi, l’assistant de Khairy), Shahira Sarouf (Aïda), Mohamed Abaza (le mari d’Aïda), Omar Afifi (Hussein Bey), Gamalat Zayed (Oum Ali la servante), Khalil Badr El Din (l’ingénieur Hamada, ami de Khairy), Lotfi El Hakim (le père d’Hoda), Samia Roshdi (la mère d’Hoda), Kamel Anwar (le secretaire), Gawaher (la danseuse)
Scénario : Amin Youssef Ghorab
Musique : Attia Sharara, Youssef Shawky
Production : Houssam El Din Mostafa, Hassan Mowafy

Hind Rostom et Rushdy Abaza



Lofti El Akim



Rushdy Abaza et Khalil Badr El Din






Kamel Anwar et Abdel Moneim Ibrahim 





Gamalat Zayed et Hind Rostom



Rushdy Abaza et Shahira Sarouf














Sohair Ezzat

















Adly Kasseb

















Shahira Sarouf
















Résumé

Hoda a épousé Khairy, un avocat dont elle est éperdument amoureuse. Mais Khairy est un Don Juan invétéré, incapable de résister à la moindre conquête, surtout lorsqu’il s’agit de femmes mariées. Il délaisse son foyer, son cabinet, où son assistant Dardir Effendi fait tout à sa place, et mène une double vie sur une péniche secrète où il organise des soirées galantes.

Un soir, il jette son dévolu sur Aïda, une plantureuse personne qui est venue sur sa péniche avec son mari. Sur le pont extérieur où ils se sont isolés, ils échangent un long baiser langoureux, brutalement interrompu par l’irruption d’une autre de ses conquêtes.

Quand Khairy rejoint le domicile conjugal, il est plus de minuit. Par sa maladresse il réveille Hoda dont il parvient à dissiper les soupçons en mentant effrontément.

Dès le lendemain matin, il court retrouver sa nouvelle maîtresse en faisant croire à sa femme qu’il a rendez-vous avec une cliente. Peu après, les parents d’Hoda font leur entrée. Ils manifestent à nouveau leur désapprobation concernant le mariage de leur fille avec un débauché notoire. La jeune épouse reste inflexible : elle aime Khairy et Khairy l’aime.

Après le départ des parents, Hoda tombe sur une lettre qui était dans la poche de la veste de son mari. Sa lecture dissipe toutes ses illusions : elle est écrite par Elham, une jeune femme qui y exprime tout l’amour qu’elle porte à Khairy. Hoda ne va pas se laisser faire. Elle commence par avertir le père d’Elham, qui corrige sévèrement sa fille. Puis, se faisant passer pour une servante, elle séduit Dardir Effendi afin d’obtenir la liste complète des conquêtes de son époux.

Grâce à lui, elle apprend qu’Aïda a donné rendez-vous à Khairy au restaurant panoramique de la toute nouvelle Tour du Caire. Hoda prévient le mari d’Aïda, qui surprend les deux amants et rosse Khairy. Le même jour, le père d’Elham, venu à l’étude, tabasse Dardir en croyant frapper Khairy. Quand il découvre son erreur, il poursuit le véritable coupable en voiture.

Notre Don Juan n’en peut plus : il décide de quitter Le Caire quelque temps pour se rendre avec sa femme dans une station balnéaire où il pourra enfin se reposer sans craindre un père ou un mari jaloux.

Mais sa nature reprend le dessus : il séduit l’épouse d’un partenaire de cartes. De retour en ville, il prévoit une soirée sur sa péniche avec cette nouvelle maîtresse. Problème : une ancienne amante a annoncé sa venue. Il demande alors à son ami Hamada de la recevoir à sa place et de la séduire pendant que lui sera loin d’ici avec sa nouvelle proie.

Hamada accepte, mais la femme ne vient pas. À l’aube, c’est Hoda qui apparaît, informée par Dardir. Hamada, persuadé qu’elle est l’ancienne maîtresse à conquérir, tente de l’embrasser après avoir dénigré Khairy. Celui-ci surgit et explose de colère en voyant sa femme dans les bras de son ami.

Peu à près, tout le monde se retrouve au domicile de Khairy où Dardir Effendi les a rejoints. Et voilà Hoda tiraillée entre trois hommes qui revendiquent son amour : Dardir qui croit qu’elle est la femme de chambre, Hamada qui croit qu’elle est l’ancienne maîtresse et enfin Khairy qui veut garder son épouse pour lui tout seul. Evidemment, c’est lui qui aura le dernier mot.

Après cette histoire, il renonce à ses frasques et devient un mari exemplaire et un père comblé : ils auront deux enfants.