lundi 1 juin 2026

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 1er juin)

روروتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Lundi 1er juin à 18h

Le Four d'Ibrahim Afify (El Forn, 1984)
avec Adel Adham (Dagher Al-Shahawi), Younes Shalaby (Al Shawat/Awad adulte), Maaly Zayed (Tohma), Abdel Moneim Ibrahim (Saber, le père de Tohma), Sherifa Mahear (la femme de Saber), Nabil Al Hegrassy (Abdo Katanila), Abdel Salam Mohamed (Tantawi), Samia Amin (Fawzia, la femme d’Al Shawat), Kassim Al Daly (Shawki), Ahmed Sami Ghonim (le jeune Awad), Wahid Hamdy (Sinbati, un ouvrier du four), Nadia Al Kilani (la femme de Sinbati)
Scénario : Ahmed Abdel Salam
Musique : Samir Noseir
Production : les films Al-Maqbadi


Al Shawat travaille dans une boulangerie du Caire dirigée par Dagher Al-Shahawi. Ce dernier maltraite ses employés et abuse de leurs épouses ou de leurs filles. C’est un tyran auquel personne n’ose s’opposer, pas même son adjoint qui assiste, impuissant, aux turpitudes de son patron. Al Shawat est un homme simple et naïf : il a vendu tous ses biens pour devenir l’associé de Dagher Al-Shahawi. En fait, il a été trompé. Dagher a pris l’argent mais n’a jamais eu l’intention de lui céder une part de son affaire. Comprenant trop tard qu’il a été escroqué, Al Shawat meurt subitement, terrassé par le désespoir. Sa femme et son fils Awad retournent dans leur village.
Les années passent. Le fils d’Al Shawat a grandi et il travaille comme avocat. Sa mère meurt à son tour mais avant de mourir, elle a fait promettre au jeune homme de retrouver Dagher et de venger l’honneur de son père. Le garçon s’installe au Caire et se fait embaucher dans la boulangerie du despote. Il fait la connaissance de Tohma, une jeune femme qui elle aussi veut se venger de Dagher. Elle est la fille de son adjoint et il a tenté d’abuser d’elle la nuit même de son mariage. Son père n’a jamais rien fait pour la protéger car Dagher partage avec lui un terrible secret….

Notre avis : un drame social qui offre à ses quatre acteurs principaux des rôles qui ont marqué leur carrière : Adel Adham Younes Shalaby, Maaly Zayed, Abdel Moneim Ibrahim chacun joue sa partition avec le même brio. On soulignera plus particulièrement la grande qualité de la prestation des deux plus jeunes, Maaly Zayed en jeune femme révoltée et Younes Shalabi, d'abord en père humilié puis en fils taciturne et déterminé. La dénonciation de la tyrannie exercée par un petit patron abject impressionne par sa justesse et sa véhémence. On regrettera que certaines séquences tirent en longueur et que le réquisitoire use de certains procédés de manière très répétitive.


vendredi 29 mai 2026

Sur la Scène de la Vie (Ala Masrah Al Hayat, 1942)

على مسرح الحياة
إخراج : أحمد بدرخان





















Ahmed badrakhan a réalisé Sur la Scène de la Vie en 1942
Distribution : Hussein Riad (Rushdy Kamal), Rawheya Khaled (Wafia, la belle-sœur de Rushdy), Zeinab Sedky (Ramzia, la femme de Rushdy), Ferdoos Mohamed (la belle-mère de Rushdy), Anwar Wagdi (Amin), Mohamed Attiah (le docteur Raouf), Thuraya Fakhry (la mère d’Amin), Soad Zaki (la danseuse Riri), Mahmoud Ismaïl ( un ami d’Amin), Mohamed Ibrahim (Mourad Bey), Mary Kafoury (une enseignante), Sophie Dimitri (une enseignante), Amina Sherif (Saadia), Soad Ahmed (la directrice)
Scénario : Hassan Helmy, Abbas Younes, Sayed Kassab, Ahmed Badrakhan
Musique et chansons : Farid Ghosn, Abdel Halim Ali, Ibrahim Fawzy, Bayram El Tunsi, Abdel Aziz Salam, Saleh Gawdat, Mohamed El Kahlawy, Abdul Hamid Tawfiq Zaki
Production : studios Misr

Rawheya Khaled


Hussein Riad






Rawheya Khaled et Hussein Riad



Zeinab Sedky








Rawheya Khaled et Hussein Riad

















Drame. Rushdy Kamal est un homme engagé qui souhaite œuvrer pour le bien de la société. Il posséde un journal et dirige un orphelinat. Il vit dans une immense demeure avec sa femme, Ramzia, sa jeune belle-sœur, Wafia, et sa belle-mère. Toute la famille est dans une grande agitation car c’est le jour du mariage de Wafia. Elle doit épouser Amin. 
Ce garçon est en fait un bon à rien qui a dilapidé la fortune de son père dans les plaisirs auxquels il s’adonne sans compter avec toute une bande d’amis. Il a une maîtresse qui le convainc de ne pas épouser Wafia. Alors qu’on n’attend plus que lui pour débuter la cérémonie, il téléphone à sa mère pour dire qu’il ne peut pas se marier car il prétend  que sa fiancée est atteinte de la tuberculose. Le mariage est annulé. 
Pensant être réellement malade, Wafia tente de mettre fin à ses jours mais grâce à l'intervention rapide de ses proches, les médecins parviennent à la sauver. Pour la rassurer, on lui fait passer une radio des poumons qui prouve qu'elle est en parfaite santé. Wafia retrouve se vie d'autrefois entre sa soeur, son beau-frère et sa mère mais elle  reste accablée par une profonde dépression. 
Pour essayer de lui redonner goût à la vie, la femme de Rushdy a une idée : elle souhaiterait que son mari s’occupe de sa sœur comme s’il était son chevalier servant, qu’il sorte avec elle, qu’ils fassent ensemble les activités les plus diverses. Au début très réticent, Rushdy finit par accepter. 
Au fil de leurs sorties en amoureux, l'homme se sent de plus en plus attiré par sa belle-soeur et un soir il s'embrassent dans son bureau. Par la porte entrouverte, Ramzia a été témoin de ce baiser et elle comprend qu'elle a commis une grave erreur en resserrant les liens entre son mari et sa soeur. Elle décide de quitter le domaine pour s'installer au Caire avec Rushdy. Ce dernier est désespéré de vivre loin de celle qu'il aime. Il reprend ses activités mais le coeur n'y est plus. 
Peu après, le docteur Raouf qui avait soigné Wafia lors de sa tentative de suicide demande celle-ci en mariage. Elle refuse car elle aime toujours Rushdy. Pour la convaincre d'accepter la proposition du médecin, sa soeur lui révèle que l'amour que lui portait Rushdy était fictif, que c'était elle, Ramzia,  qui avait incité son mari à jouer l'amoureux auprès d'elle afin de l'aider à retrouver goût à la vie. Wafia est terrassée par ces révélations, elle consent à épouser le docteur Raouf. 
Le jour des noces, alors qu'elle veut rejoindre Rushdy qui s'était isolé pendant la fête, elle chute de la terrasse et se tue. Rushdy est fou de désespoir. Après une entrevue tendue avec sa femme, il décide de partir sur la côte et s'installe dans un hôtel en laissant la conduite de ses affaires à ses collaborateurs. 
La seconde guerre mondiale vient de commencer. Des avions sillonnent le ciel égyptien et bombardent villes et villages. Rushdy en profite pour faire croire qu'il a péri lors de l'un de ces bombardements en glissant ses papiers dans les vêtements d'un cadavre. Il retourne incgnito au Caire et abat Amin, l'homme qui avait abandonné Wafia le jour de ses noces. 
Il disparaît à nouveau et reparaît deux ans plus tard pour assister à une cérémonie dans son orphelinat en hommage à son action. Il est devenu méconnaissable et quand il tente d'entrer dans l'établissement, il est repoussé sans ménagement. Alors qu'on s'apprête à dévoiler une statue à son effigie, Rushdy croit voir dans le ciel Wafia en robe de mariée. Il traverse la rue sans voir la voiture qui fonce vers lui. La collision est inévitable. Il meurt sur le coup.

dimanche 17 mai 2026

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 16 au 31 mai)

روروتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Dimanche 31 mai à 20h30

Ma belle-mère est une bombe atomique d'Helmy Rafla ( hamati kombola zorria, 1951)
avec Taheya Carioca (Batta), Ismail Yassin (Zaher), Abd El Fatah El Kosary (Maître Hassouna), Aziza Helmy (Soheir Hanim, la voisine), Wedad Hamdy (la servante), Mohamed El Genedy (Madbouly le chanteur), Shadia (Halawa, la belle-fille de Maître Hassouna), Gamal Fares (Kris, l’amoureux de Halawa), Abdel Moneim Ismail (l’agent de police), Nabawya Mostafa (danseuse), Mary Moneib (la mère de Batta)
Scénario : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Mahmoud Al Sharif, Fathy Qoura et Ahmed Sedky


Comédie musicale. Zaher est marié à la danseuse Batta. Il serait le plus heureux des hommes si sa belle-mère ne s’était pas installée dans leur foyer. Celle-ci se comporte en tyran domestique et la vie à la maison devient un enfer. La vieille femme a aussi un projet : elle veut que sa fille divorce de Zaher qu’elle considère comme un raté pour épouser un riche marchand de sa connaissance. Un jour, elle rencontre chez le coiffeur une ancienne voisine de Zaher. Cette dernière lui fait des confidences et lui apprend qu’elle a été mariée il y a très longtemps avec Zaher : l’homme qu’elle aimait avait déjà divorcé trois fois et elle devait impérativement se marier puis divorcer au moins une fois pour être autorisée à convoler avec l’élu de son cœur. Zaher avait accepté d’être ce deuxième époux de « convenance ». Evidemment, ils avaient divorcé le lendemain. Cette histoire enflamme l’imagination de la belle-mère : elle fait croire à son gendre qu’il a eu de cette première union, une fille et que celle-ci s’apprête à faire son apparition. Zaher est abasourdi…

Notre avis : l’archétype de la comédie égyptienne de l'âge d'or, avec ses qualités (le sens du rythme et le goût pour les renversements de situations dans la grande tradition du vaudeville) mais aussi ses défauts (un jeu parfois outrancier et le recours à des thèmes et des personnages très stéréotypés). Une occasion supplémentaire de constater à quel point ce cinéma populaire donnait la part belle aux femmes et cantonnait les hommes aux rôles de faire-valoir (sauf Ismaïl Yassin qui ici fait jeu égal avec ses partenaires féminines). Ainsi l’intrigue de cette comédie repose en totalité sur les trois héroïnes incarnées par trois actrices appartenant à des générations différentes : Mary Moneib née en 1905 (dont le jeu très théâtral a beaucoup vieilli), Taheya Carioca née en 1915, et la toute jeune Shadia née en 1931.


Samedi 30 mai à 20h30

Le Secret du Bonnet Invisible de Niazi Mostafa (Ser Taqya el Ekhfa, 1959)
avec Tawfik El Deken (le bijoutier Amin), Berlanti Abdel Hamid (Lola, la maîtresse d’Amin), Abdel Moneim Ibrahim (Asfour), Mohamed Abdel Qodoos (le père d’Asfour), Ahmed Farahat (le frère d’Asfour), Zahrat Al Oula (Amal), Gamalat Zayed (la mère d’Asfour), Adli Kasseb (Salem, le rédacteur en chef), Samia Roshdi (la mère d’Amal)
Scénario : Abdel Hay Adib et Niazi MostafaDialogues : El Sayed El Bedir
Musique : Mounir Mourad et Fathy Qora
Production : Khalil Diab


Comédie fantastique. Asfour est un reporter naïf et maladroit. Son incompétence notoire exaspère son rédacteur en chef. Il est amoureux d’une collègue, Amal. Malheureusement cette dernière doit épouser Amin, un cousin méchant et sournois, bijoutier de son état.
Asfour vit avec son petit frère Fasih et ses parents. Son père est un excentrique qui se consacre à l’alchimie. Il multiplie les expériences dans l’espoir de fabriquer un jour de l’or.
Amin ne supporte pas qu’Amal fréquente Asfour. Il menace son rival afin qu’il s’éloigne de la jeune femme. Le bijoutier a le soutien de la mère de celle-ci et rien ne pourra empêcher leur mariage. Asfour est désespéré.
Un soir, Fasih est resté seul dans le laboratoire de leur père et il entreprend de jouer au petit chimiste. Il provoque une explosion qui libère d’une jarre un génie. L’enfant s’évanouit puis l’être surnaturel prend feu, ne laissant de son passage qu’une fine poussière qui s’est déposée sur un bonnet appartenant à Asfour.
Peu après, on s’aperçoit que le bonnet a le pouvoir de rendre invisible celui qui le porte. Asfour comprend tout de suite le parti qu’il va pouvoir en tirer. Tout d’abord, tourmenter Amin et empêcher son mariage avec Amal…

Notre avis : le seul film où l’éternel second rôle Abdel Moneim Ibrahim obtient le premier rôle. Même s’il peine à convaincre dans certaines scènes qui auraient exigé de sa part un petit grain de folie supplémentaire, reconnaissons qu’il propose un jeu très personnel, tout en retenue, bien loin de l’outrance de ses petits camarades. « Le Secret du Bonnet Invisible » est une comédie inégale : l’invisibilité du héros est prétexte à une accumulation de gags convenus et de farces pour potaches boutonneux. Heureusement, Berlanti Abdel Hamid, la Sza Sza Gabor égyptienne met du piment dans cette potion « magique » un peu fade. Sa danse du Hula Hoop est l’une des scènes les plus savoureuses du film.


Vendredi 29 mai à 20h30

Adham El Sharkawy d'Houssam Al Din Mustafa (1964)
avec Abdullah Gheith (Adham), Loubna Abdel Aziz (Salma), Shwikar (Al Hanim, la fille du ministre de l’intérieur), Samiha Ayoub (la femme de Shalabi), Salah Mansour (Shalabi, le sheikh de la mosquée),Tawfik El Deken (Maghawari), Zein El Ashmawy (Abdul Ghaffar), Abdel-Wareth Asr (le professeur d’histoire), Mohamed Reda (le maire du village), Aziza Helmy (la mère d’Adham), Hussein Asar (Cheikh Abdul Halim, le père d’Adham), Abdul Aziz Khorshid (Al Haj Ismaël), Zeinat Elwy (danseuse), Abdel Halim Hafez (chanteur)
Scénario : Saad Eddin Wahba, Zakaria Hijjawi
Musique : Aly Ismail, Abdel Halim Hafez, Morsi Gamil Aziz, Mohammed Al Mogi
Production : Ramses Naguib


Biographie d’Adham El Sharkawy (1898-1921) : Adham El-Sharkawy a été dès sa jeunesse un opposant à l’occupation anglaise et sa participation aux manifestations pour l’indépendance lui ont valu d’être renvoyé de son école. Il est donc retourné dans son village et c’est là qu’il a constaté combien les paysans étaient exploités par les notables et les riches propriétaires de la région. Adham El Sharkawy décide d’inciter les paysans à se battre pour faire valoir leurs droits. Mais face à eux, il y a une adversaire redoutable : Al Hanim, la fille du ministre de l’Intérieur qui est prête à tout pour défendre ses privilèges. Elle a un plan : elle sait qu’Adham est amoureux de Salma et elle décide de proposer à la jeune femme un emploi de femme de chambre pour approcher le chef de la rébellion et peut-être le soumettre…

Notre avis : un film qui s’inscrit dans la grande tradition des récits glorifiant les exploits de héros populaires. Ici, Houssam Al Din Mostafa ne prétend pas faire œuvre de moraliste, encore moins d’historien. Fidèle à lui-même, il réalise un revigorant film d’action mettant en en scène un Robin des Bois égyptien, sans emphase et sans verbiage.
Pour incarner Adham El Sharkawi, il mise sur un jeune acteur encore peu connu à l’époque : Abdullah Geith, qui fera ensuite carrière surtout au théâtre et à la télévision. Un choix audacieux — Mostafa aurait pu se tourner vers la grande vedette Farid Shawki, spécialiste incontesté de ce type de rôle — mais un choix gagnant : Abdullah Geith impose une présence d’une rare intensité, au point de faire oublier l’acteur pour ne laisser vivre que son personnage.
Autre qualité du film : les chansons illustrant le combat d’Adham El Sharkawi sont toutes interprétées par Abdel Halim Hafez, ce qui confère au récit une dimension lyrique supplémentaire.


Jeudi 28 mai à 16h

Moi et mes filles d'Hussein Helmy El Mohandes (Ana wa banati, 1961)
avec Abdel Moneim Ibrahim (Fahmy), Salah Zulficar (Samir), Zahrat Al Oula (Mervat), Nahed Sharif (Maysa), Fathia Chahine (propriétaire de la boutique de mode), Fayza Ahmed (Mahasin), Amal Farid (Mona), Zaki Rostom (Mahmoud Abdel Fatah), Samia Roshdy (la mère d’Hamza), Ali Kamal (Gaber), Ahmed Bali (un ami de Mahmoud), Abdel Ghani El Nagdi (Hamza)
Scénario : Hussein Helmy El Mohandes
Musique : Attya Sharara, Ibrahim Haggag, Mohamed Al Mogi


Drame. Mahmoud Abdel Fatah est veuf et il élève seul ses quatre grandes filles : Mervat, Maysa, Mahasin, Mona. Il leur a donné une excellente éducation mais il n’a pas les moyens de financer leur futur mariage. La situation se complique quand il est mis brutalement à la retraite. Sur les conseils d’une relation, il investit toutes ses économies dans une société qui pourra lui faire gagner beaucoup d’argent. Il voit enfin l’avenir avec un certain optimisme. Las ! En se rendant au siège de la société, il s’aperçoit qu’elle a déménagé sans laisser d’adresse : il a été joué par des escrocs qui ont disparu avec son argent ! Il a un malaise et chute dans l’escalier. Il est hospitalisé. Désormais, ses quatre filles devront affronter seules les difficultés de la vie…

Notre avis : la chronique familiale est dans le cinéma égyptien un genre en soi. Nous retrouvons dans « Moi et mes filles tous les ingrédients qui ont fait le succès de ces productions. Le fil narratif est toujours à peu près le même : une famille nombreuse qui autrefois a connu l’aisance doit affronter des difficultés de toutes sortes, ce qui conduit certains de ses membres à faire des choix malheureux. Comme toujours, Zaki Rostom excelle dans ces rôles de patriarches qui vacillent sous les coups du destin. Mais l’intérêt du film repose essentiellement sur le très attachant quatuor formé par les quatre filles. Les deux plus jeunes actrices, Nahed Sharif et Amal Farid, sont d’une spontanéité et d’une justesses rares (Nahed Sharif était une excellente actrice et il est tout à fait regrettable que les producteurs, les critiques et le public n’aient voulu voir en elle que la petite pin-up sexy pour comédies vulgaires.). En revanche, Fayza Ahmed constitue le « maillon faible » de « Moi et mes filles » : si elle sait chanter, elle ne sait absolument pas jouer la comédie. Ce n’est sans doute pas un hasard si ce film est le denier dans lequel on lui a confié un rôle. Dans les suivants, elle se contentera de chanter.


Mercredi 27 mai à 20h30

La Fin du Chemin de Kamal Attiya (Nihâyat al tariq, 1960)
avec Hoda Soltan (Sharbat), Rushdy Abaza (Hussein), Tawkik El Deken (Fathi), Wedad Hamdy (l’amie de Sharbat), Abbas Fares (Haj Abdo, le père de Fathi), Omar el Hariri (Fouad), Thuraya Fakhry (la mère de Sharbat), Adawy Gheith (le directeur de l’usine), Fawzia Mohamed (la danseuse), Hassan El Baroudi (le secrétaire du père de Fathi)
Scénario : Kamal El Hefnawi
Musique : Mohamed El Mogy et des emprunts divers. (La musique du générique est un enregistrement de Pérez Prado, le roi du Mambo et on entend dans quelques scènes, des extraits de la B.O.de Sueurs Froides d’Alfred Hitchcock, une B.O. composée par Bernard Herrmann.)
Musique de danse : Attia Sharara
Chansons : Mohamed Al Mogi
appréciation : 4/5


Drame. Sharbat, une jeune femme d’origine modeste vit seule avec sa mère dans un petit appartement. Elle est tombée amoureuse d’Hussein, un jeune ouvrier qui réside dans le même immeuble que le sien. Elle multiplie les occasions de rencontres et parvient à s’introduire dans le logement de son bien aimé. Celui-ci cède aux avances réitérées de Sharbat. Ils se marient. Au début, l’entente entre les deux jeunes mariés est totale. Fathi, un jeune étudiant riche, tourne autour de la jeune femme. Il n’hésite pas à venir la voir chez elle quand Hussein est à l’usine mais Sharbat reste insensible à ses propositions. Avec son mari, elle est heureuse, d’autant plus que celui-ci a repris des études à l’université : il veut devenir avocat...

Notre avis : un excellent film dans lequel le réalisateur raconte l’ascension chaotique puis la chute vertigineuse d’une jeune femme prête à tout pour échapper à la pauvreté. Hoda Soltan campe avec un naturel confondant une enjôleuse diabolique qui détruit tous les hommes de son entourage. Avec ce rôle, elle confirme son titre de la femme fatale la plus maléfique du cinéma arabe. Ses partenaires Rushdy Abaza et Tawfiq El Deken sont tout aussi épatants, l’un et l’autre dans deux registres radicalement différents. Dans ce film, le réalisateur a su magistralement concilier le drame social à l’égyptienne et l’esthétique du film noir américain.


Mardi 26 mai à 20h30

Mademoiselle Hanafi de Fateen Abdel Wahab (Anissa Hanafi, 1954)
avec Ismail Yassin (Hanafi), Magda (Nawam), Soliman Naguib (Hassouna Bey), Zinat Sedki (la belle-mère d’Hanafi), Abd El Fatah El Kosary (le père d’Hanafi), Omar El-Hariri (Hassan), Reyad El Kasabgy (Al Wady, le boucher), Wedad Hamdy (Zakia, l’ex-femme d’Al Wady), Gamalat Zayed (Oum Al Saïd), Abdel Ghani El Nagdi (le policier), Mohamed Shawky (le marié), Shafik Galal (le chanteur), Nemat Mokhtar (une danseuse), les deux danseuses Liz et Lynn, Thurya Salem (une danseuse), Hassan Abou Zeid (le mathoun)
Scénario : Galil El Bendary
Musique : Ibrahim Haggag, Mohamed El Kahlawy, Kamal Ahmed Ali
Production : Galil El Bendary


Hanafi est un jeune garçon très conservateur. Il vit avec son père, un patron boucher, sa belle-mère et la fille de celle-ci, Nawam. Hanafi exerce sur ces deux femmes une autorité sans faille, leur interdisant de sortir et même de regarder par les fenêtres. Nawam aime un jeune homme qui réside sur le toit de leur immeuble. Il s’appelle Hassan et est étudiant à l’école vétérinaire. Le père d'Hanafi l'a chargé de s'occuper des nombreux pigeons voyageurs qu'il possède. Nawam rejoint souvent Hassan sur la terrasse et ils n’imaginent pas l’avenir l’un sans l’autre. Malheureusement, selon les volontés de son beau-père et de sa mère, Nawam doit épouser Hanafi. Ce dernier ne souhaite pas non plus ce mariage mais lui aussi est obligé de se plier à la décision paternelle. Le jour des noces, le jeune marié est pris de violents maux de ventre. Il est hospitalisé et subit une intervention chirurgicale. Le médecin qui l’a opéré a commis une erreur : il l’a transformé en femme. Hanafi est devenu Fifi…

Notre avis : un monument de la comédie égyptienne. Avec ce film, Ismaïl Yassin devient le roi du rire dans le monde arabe et il le restera pendant de longues années. Le tour de force de Faten Abdel Wahab consiste à aborder dans une comédie familiale une réflexion sur le genre qui impressionne par sa modernité et son audace. Progressiste dans l’âme, le réalisateur nous offre une satire sans concession des défenseurs de la tradition et de la vertu. « Mademoiselle Hanafi » connut un triomphe bien mérité à sa sortie et depuis les chaines de télévision continuent à le diffuser très régulièrement. En revanche, qu’il ne soit même pas mentionné dans bon nombre d’Histoires du cinéma égyptien rédigées par des « spécialistes » nous semble profondément injuste.


Lundi 25 mai à 20h30

Tous Sont Mes Enfants d'Ahmed Diaa Eddine ( Kollohom Awlady,1962)
avec Chukry Sarhan (Amin), Salah Zulficar (Salem), Hassan Youssef (Mehdat), Zizi Al Badraoui (Karima, la cousine des trois frères), Amina Rizq (la mère des trois frères), Tawfik El Deken (le chef des voleurs), Abdel Khalek Saleh (le père des trois frères), Mimi Gamal (une amie de Mehdat), Abdel Salam Mohamed (Izzat, un ami de Mehdat), Mahmoud Mustafa (Magdy, un ami de Mehdat), Abdel Rahman Abo Zahra (Ibrahim, un ami de Mehdat), Abdel Ghani El Nagdi (le serviteur)
Scénario : Farid Shawki et Kamal Ismaïl
Production : Naguib Khoury


Amin, Salam et Mehdat sont trois frères. Le premier est en dernière année de droit, le second est un tout jeune officier de police et le troisième, le plus jeune, souhaite devenir ingénieur mais dans ses études, il manque singulièrement de sérieux. Toute la famille est réunie pour le dernier déjeuner avant leur départ. C’est la fin des vacances, et ils doivent tous les trois retourner au Caire. Autour de la table, outre les trois frères, il y a leur mère qui les adore, leur père qui a toujours été d’une sévérité extrême et leur cousine Karima qui est amoureuse de Medhat. Le repas terminé, les trois jeunes gens prennent la route de la gare.
De retour au Caire, Medhat renoue avec ses mauvaises fréquentations. Il passe ses journées à boire et à jouer aux cartes. Il perd beaucoup d’argent. Très vite, il se retrouve dans une situation inextricable : il ne sait plus comment honorer ses dettes…

Notre avis : une chronique familiale qui évoque l’affrontement entre trois frères aux parcours divergents. Le dispositif paraîtra un peu schématique : l’opposition est frontale entre le cadet, jeune policier, et le benjamin qui a plongé dans la délinquance ; en revanche l’aîné qui est avocat (évidemment !) adopte une attitude de tolérance et de conciliation. « Tous sont mes enfants » est un film à thèse qui remet en cause l’autorité paternelle. Pour les auteurs*, l’autoritarisme du père est le premier responsable des dérives des enfants. Soit ! Malgré cette volonté de prouver et de démontrer que l’on retrouve dans chaque scène, ce film n’est pas aussi indigeste qu’on pourrait le craindre. Sans doute, est-ce dû à la qualité de l’interprétation et notamment au jeu si sensible de la jeune et frêle Zizi Al Badraoui.
*On est étonné de trouver comme scénariste pour ce film, l’acteur Farid Shawki qui a toujours incarné à l’écran les hommes virils et dominateurs !


Dimanche 24 mai à 18h

Des Bouches et des Lapins d'Henry Barakat  (Afwah We Araneb, 1977)
avec Faten Hamama (Naema), Mahmoud Yassin (Mahmoud Bey), Farid Shawki (Abdel Maged), Magda El-Khatib (Raguia), Ali El Sherif (Maître Al Batawi), Ragaa Hussein (Gamalat), Abou Bakr Ezzat (Youssef), Hussein Asar (Oncle Mustafa), Wedad Hamdy (Fayza, l’amie de Naema), Hassan Mostafa (Fathy Al Faki), Mohamed Al Saqqa (Khalil), Ahmed Abaza (le marchand de fruits), Salah Nazmi (Ahmed), Enas El Dighade (Noha), Aleya Abdel Moneim (la mère de Noha)
Scénario : Samir Abdel Azim
Musique : Gamal Salamah
La chanteuse Fatima Eid (née en 1962) ouvre et ferme le film avec la chanson « Tota, Tota, Tota » qui deviendra un énorme succès.
Production : Compagnie des Films Unis
Des Bouches et des Lapins a reçu en 1978 le prix du meilleur film décerné par le Centre Catholique égyptien.


Naema est une femme qui vit dans un petit village, près de Mansoura. Elle réside dans la même maison que sa sœur Gamalat, son beau-frère, Abdel Maged, et leurs neuf enfants. Abdel Maged est sans emploi et passe toutes ses journées à boire. C’est donc Naema qui entretient toute la famille grâce à son travail dans une usine de glaces. Un jour, le plus âgés de ses neveux vole deux poulets chez le marchand de volailles du village. Il s’est fait prendre par le commerçant et Naema intervient pour obtenir sa libération. Le marchand accepte de retirer sa plainte mais, en échange, il souhaite épouser la jeune femme. Bien que l’homme ait déjà trois femmes et vingt-deux enfants, la sœur et le beau-frère de Naema voient d’un très bon œil cette union car elle permettrait de résoudre les difficultés financières de la famille. Pour échapper à ce mariage dont elle ne veut pas, Naema quitte le village. Elle devient la gouvernante d’un riche et séduisant propriétaire terrien. La servante et le maître tombent amoureux l’un de l’autre…

Notre avis : ce film connut un succès considérable à sa sortie et il est régulièrement rediffusé par les chaînes de télévision arabes. C’est un conte de fée moderne qui a le mérite d’évoquer sans manichéisme le problème des relations entre les classes sociales et celui de la condition féminine dans l’Egypte des années soixante-dix . A travers le sort de Naema et de sa sœur Gamalat, Henry Barakat dénonce les archaïsmes qui continuent d’entraver le destin des femmes des classes populaires . Ce qui affaiblit son propos, c’est que les deux sœurs finissent par échapper à la misère grâce au jeune, riche et beau propriétaire terrien, futur mari de Naemat. Mais il est vrai qu’Henry Barakat est un éternel romantique ! Quant à Faten Hamama, elle reste une immense actrice et elle le prouve une nouvelle fois ici mais on pourra la trouver néanmoins un peu trop distinguée pour le rôle de Naema. Elle a beau s’être coiffée d’un foulard pour faire peuple, elle ne parvient pas à effacer sa grâce et son élégance naturelles. D’ailleurs on comprend pourquoi le propriétaire terrien désire épouser sa charmante employée : elle rivalisera sans peine avec les femmes de son milieu !


Samedi 23 mai à 16h

La Rebelle de Mahmoud Zulficar (Al Moutamaridah, 1963)
avec Sabah (Sawsan), Ahmed Mazhar (Sami), Fouad El Mohandes (Wadji, l’ami de Sami), Mahmoud Morsi (Kamel Sabri, l’acteur de théâtre), Nadia El Noqrachi (Nabilah, la petite amie de Wadji), Abdel Khaleq Saleh (le père de Sawsam), Aziza Helmy (la mère de Sami), Edmond Tuema (Costa, le fabricant de soda), Samiha Ayoub (l’actrice Qadriah), Abdel Aziz Kamel (le collectionneur de tableaux), Ismaïl (un membre de la direction de l’usine textile)
Scénario : Diaa El Din Baybars
Chansons et musique : Hussein Al Sayed, Mohamed Al Muji, Mounir Mourad
Production : Les films Masr al Jadida


Sawsan est une jeune fille très riche qui croit que tout peut s'acheter, même les êtres humains. Son père est un chef d’entreprise prospère qui lui passe tous ses caprices. Elle s’est entichée d’un comédien Kamel Sabri et elle a acheté toute les places du théâtre dans lequel sa troupe se produit afin d’être la seule à assister à la représentation. Elle a organisé une petite réception en l’honneur de Kamel et de ses collègues. Le comédien est épaté par la fortune de Sawsan et de son père et il comprend très vite le bénéfice qu’il va pouvoir en tirer. Kamel est fiancé à l’une des comédiennes de sa troupe mais celle-ci consent non sans réticence à s’effacer pour le bien de leur compagnie. Peu après, le père de Sawsan meurt brutalement et c’est la jeune femme qui prend la direction de l’usine de textile paternelle. Parmi les employés, il y a Sami, un artiste peintre qui est chargé de concevoir de nouveaux motifs pour les tissus imprimés que produit l’entreprise. Il a accepté ce travail pour pouvoir soigner sa mère très malade. Sami est secrètement amoureux de Sawsan. Il a peint de nombreux portraits de la jeune femme mais il s’est toujours bien gardé de lui avouer son amour. Un jour, Sawsan, qui a beaucoup d’admiration pour les créations de Sami, lui demande de jouer son soupirant pour exciter la jalousie de Kamel et tester ses sentiments. Le peintre refuse net de se prêter à ce petit jeu…

Notre avis : une excellente comédie reposant sur une observation très fine des relations complexes qui se nouent entre l’amour, l’art, le pouvoir et l’argent. La grande force du film, c’est qu’il tourne le dos à tous les clichés attendus (l’artiste est forcément pur et désintéressé tandis que le patron ou la patronne d’une grande entreprise est nécessairement un vil exploiteur.). Dans le rôle de la riche héritière, tantôt exaspérante, tantôt attachante, Sabah se révèle une actrice de premier ordre. Avec « La Rebelle », Mahmoud Zulficar a su conjuguer élégance et intelligence pour nous offrir un divertissement de haute tenue. Se gardant de toute caricature facile, il pose sur les mœurs de ses contemporains un regard plein d’ironie mais aussi de bienveillance.


Vendredi 22 mai à 18h

Les Arnaqueurs d'Ali Abdel Khalek (Al Hanakish, 1986)
avec Nabila Ebeid (Wataf), Kamal Al Shennawi (Taher Soleiman), Farouk El Feshawi (Essam, le fils de Taher), Hatem Zulficar (Omar, le fils de Taher), Abdulla Meshref (l’épicier), Abdel Ghany Nasser (Ibrahim, l’assistant de Taher), Ahmad Abdul Kader (l’oncle Sayed Soleiman), Sanaa Lamlum (Samiha, la femme de Taher), Shafiq Al Shayeb (Officier de la sécurité), Suleiman Hussein (le chauffeur)
Scénario : Ahmed Samir
Musique : Hassan Abou El Saoud et Yahia Al Muji


Nous sommes en 1959. Taher Soleiman est un haut fonctionnaire chargé de la sécurité de l’Etat. Avec sa femme et ses deux fils, il mène une existence de privilégié dans une grande villa cossue. Mais tout s’effondre : sa femme demande le divorce. Taher apprend qu’elle le trompe avec Salah Othman, son supérieur au ministère. Il décide de la faire éliminer par des agents de ses services. Le meurtre est maquillé en accident de la route mais Salah Othman n’est pas dupe et se venge : il confisque tous les biens de Taher et le condamne à l’exil. Ses deux fils sont confiés à leur oncle. En 1986, l’ancien haut-fonctionnaire est enfin autorisé à revenir en Egypte. Il retrouve ses deux fils, Omar et Essam qui mènent des vies très modestes. Il leur révèle que dans le jardin de la villa qu’ils occupaient autrefois, il a enterré un coffre-fort contenant tout un trésor. Le souci, c’est que désormais cette maison est occupée par un personnage important de l’Etat et qu’elle est surveillée jour et nuit. Essam, l’un des deux fils de Taher, va tenter de séduire Wataf, la servante du lieu pour accéder au coffre tant convoité…

Notre avis : un film d’action avec comme personnage principal un individu sans scrupules qui par cupidité et orgueil est prêt à sacrifier sans l’ombre d’une hésitation tous ceux qui l’entourent et qui l’ont soutenu. Kamal Al Shennawi endosse ce rôle d’individu abject avec une aisance et un aplomb impressionnants et l’intérêt du film réside en grande partie dans sa prestation. Comme souvent avec les films des années quatre-vingt, on est frappé par l’appauvrissement du langage cinématographique. Dans « Les Arnaqueurs », quasiment toutes les scènes sont filmées en plan d’ensemble ou en plan moyen, les plans rapprochés ont pratiquement disparu. L’art du portrait que maîtrisaient à la perfection les cinéastes de l’âge d’or semble à jamais perdu !


Jeudi 21 mai à 16h

Je n’ai que toi d'Henry Barakat (malish gherak, 1958)
avec Farid Al Atrache (Ahmed), Mariam Fakhr Eddine (Basimah), Amal Farid (une soeur de Basimah), Aleya Bassim (une soeur de Basimah), Rushdy Abaza (Fathy), Hassan Fayek (Fayzi Bey, le patron de Fathy et le père de Basimah), Omar El Hariri (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Farouk Agrama (le fiancé de l’une des soeurs de Basimah), Mimi Chakib (la femme de Fayzi Bey), Suzi Khairy (la danseuse), Adly Kasseb (le médecin)
Histoire et dialogues : Badie' Khairy
Scénario : Henry Barakat et Youssef Issa
Un remake de la comédie musicale américaine Ô toi ma charmante (titre original : You Were Never Lovelier) réalisée par William A. Seiter 1942 avec Rita Hayworth et Fred Astaire.
Musique : Farid Al Atrache
Production : Films Farid Al Atrache


Comédie musicale. Ahmed est un chanteur qui a la passion des chevaux et des courses. C’est dans un haras qu’un jour, il retrouve son ami Fathy. Les deux camarades ne s’étaient pas vus depuis des années. Fathy travaille pour un riche chef d’entreprise et il propose à Ahmed qui est sans le sou de le rencontrer. Ce patron un peu fantasque a un souci : sa fille aînée, Basimah refuse de se marier et les jeunes sœurs de cette dernière sont furieuses car elles sont contraintes de demeurer célibataires tant que leur grande sœur le restera. Lors d’un mariage, le chef d’entreprise a convié Ahmed à chanter. Toute l'assistance est subjuguée par la voix exceptionnelle du jeune homme. Ceci va donner une idée au père de Basimah : il va utiliser le talent poétique d’Ahmed pour amener sa fille aînée à envisager l’amour avec plus de bienveillance. Chaque jour, elle recevra une lettre enflammée d’un amoureux anonyme et c’est Ahmed qui sera chargé de l’écrire…

Notre avis : certes la réalisation et le scénario sont signés Henry Barakat, l’un des plus grands cinéastes égyptiens, mais le producteur est Farid Al Atrache qui est aussi le compositeur et l’interprète des chansons, et bien sûr le héros principal de cette comédie sentimentale. C’est donc avant tout un film de Farid Al Atrache à la gloire de Farid Al Atrache. Nous retrouvons tous les lieux communs de ce type de réalisations. L’héroïne et ses sœurs évoluent dans un univers de « princesses » et elles n’ont qu’une seule préoccupation, l’amour et le mariage. Comme d’habitude, Farid Al Atrache incarne un chanteur sans le sou qui grâce à son talent saura conquérir la gloire et l’amour. La réalisation est soignée mais sans éclat. Les cinq chansons de Farid Al Atrache raviront les fans du chanteur et la beauté de Mariam Fakhr Eddine combleront les admirateurs de l’actrice. En 1954, les deux vedettes avaient déjà joué sous la direction d’Henry Barakat dans « Lettre d’Amour », un film beaucoup moins convenu que celui-ci avec l’évocation d’une passion beaucoup plus ardente et plus sensuelle que cette pauvre petite idylle sans saveur.


Mercredi 20 mai à 20h30

Le Prince de la Vengeance d'Henry Barakat (Amir Al Intiqam, 1950)
avec Anwar Wagdi (Hassan Hilali), Madiha Yousri (Yasmina), Samia Gamal (Zumoroda), Farid Shawki (Jaafar), Hussein Riad (Cheikh Jalal), Kamal Al Shennawi (Chahine le Mamelouk), Mahmoud El Meleigy (Metwali), Serag Mounir (Badran, chef de la police), Abdul Aziz Ahmed (cheikh Fadel), Zaki Ibrahim (le père d’Hassan Hilali), Mohamed Alwan (le frère de Badran), Reyad El Kasabgy (Cheikh al Mansour Ghurab), Zaki El Fayomi (Hisham, le fils de Yasmina), Ali Al Kassar (Nour, l’esclave)
Scénario : Henry Barakat
Dialogues : Youssef Gohar, Henry Barakat, Youssef Issa
D'après le roman Le Comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas
Musique : Ahmed Sedky, Farid Al Atrache ainsi que des extraits d’œuvres classiques occidentales telles que « La Force du Destin » de Giuseppe Verdi ou bien « Une Nuit sur le Mont Chauve » de Modeste Moussorgski
Production : Les Films du Lotus (Assia Dagher)


Film d'aventure. Hassan Al Helali est un capitaine de navire. Il dirige le Mansoura qui appartient à Cheikh Fadel. Il vit avec son vieux père et aime une jeune femme, Yasmina, qu’il doit très prochainement épouser. Mais Hassan a un rival, Chahine le Mamelouk qui est prêt à tout pour l’écarter. Avec deux complices, Jafaar et Metwali, celui-ci échafaude un complot diabolique. Les trois hommes vont dénoncer Hassan auprès de Badran, le chef de la police : ils l’informent que le capitaine détient un message confidentiel destiné à Abdul Jalil. Ce dernier qui a été arrêté et incarcéré est à la fois le frère de Badran et le chef de l’opposition au régime en place. C’est ainsi que le jour de son mariage, Hassan est jeté en prison sans procès. Ses ennemis ont la voie libre : l’un épousera sa fiancée, les deux autres prendront le commandement du Mansoura pour se livrer à la contrebande. En prison, Hassan fait la connaissance d’un vieil homme qui avant de mourir lui indique l’endroit où il a caché un trésor. Hassan parvient à s’évader et retrouve le coffre de son compagnon d’infortune. Il décide de se venger de tous ceux qui ont voulu l’éliminer…

Notre avis : première adaptation du roman d’Alexandre Dumas par Henry Barakat. Il en réalisera une autre en 1964, en couleur cette fois-ci. Malgré la rutilance des décors et des costumes de cette seconde version, c’est la première qui a gardé la faveur des cinéphiles et des critiques (elle figure dans la liste des cent films les plus importants du cinéma égyptien établie en 1996.) Sans trahir l’œuvre originale, le cinéaste a su l’orientaliser et l’assimiler à la culture arabe. On finit même par se demander si "Le Comte de Monte Cristo" ne serait pas l’adaptation d’un récit du temps des Mille et Une Nuits. Henry Barakat met en évidence tout ce qui dans le destin d’Edmond Dantès fait résonance avec l’âme orientale. L’amour perdu, les revers de fortune, l’injustice, la tyrannie, le courage, la vengeance constituent des thèmes familiers de la littérature arabe, depuis l’époque reculée de la poésie pré-islamique. « Le Prince de la Vengeance » est un conte flamboyant où se mêlent la poésie et l’épopée, une œuvre palpitante qu’on ne se lasse jamais de revoir. On se permettra tout de même de déplorer l’abus de la musique symphonique occidentale pour accompagner de nombreuses scènes «dramatiques», un travers que l’on retrouve dans bon nombre de films dits « sérieux » de la même époque.


Mardi 19 mai à 20h30

Ismaël Yassin dans la Marine de Fateen Abdel Wahab (Ismaïl Yassin fil ustul, 1957)
avec Ismaël Yassin (Ragab), Zahra Al Oula (Nadia), Ahmed Ramzy (Mounir), Mahmoud El Meleigy (Abbas Al Zafer), Zinat Sedki (la mère de Nadia), Abdel Wareth Asr (le père de Nadia), Zeinat Olwi (la danseuse), Abdel Moneim Ibrahim (Abdul Bar), Reyad El Kasabgy (le sergent instructeur à bord du navire), Malak El Gamal (l’entremetteuse), Layla Karim (la petite amie de Mounir), Layla Hamdy (épouse d’Abbas Al Zafer), Mary Bay Bay (épouse d’Abbas Al Zafer)
Scénario : Hassan Tawfik et El Sayed Bedir
Musique : Mounir Mourad Production : Films Memphis/Ramsès Naguib
appréciation : 3/5


Comédie navale. Ragab est un gentil garçon dont le seul défaut est la peur de la mer. Il aime sa cousine Nadia qui est infirmière à l’Hôpital de la marine. Hanfi, le père de Nadia, accepterait que sa fille épouse son neveu, en revanche la mère souhaite que sa fille épouse Maître Abbas Al Zafer, un homme d’âge mûr riche et puissant. Nadia exhorte son amoureux à surmonter sa peur de la mer et l’incite à s’engager dans la marine pour impressionner sa mère. Ragab se rend au centre de recrutement de la Marine. Là, il rencontre deux autres engagés, Abdul Bar et Mounir, avec qui il sympathise tout de suite. Après la visite médicale, les trois jeunes gens commencent leur formation.

Notre avis : nous sommes en 1957, c'est-à-dire juste après la crise du canal de Suez qui a débouché sur sa nationalisation. « Ismaël Yassin dans la Marine » se présente comme un hommage à tous ces marins qui ont rendu possible cette restitution du canal à la mère patrie. Comme « Ismaël Yassin à l’Armée » réalisé deux ans auparavant, ce film ne sombre jamais dans la pure propagande car avec Fateen Abdel Wahab, la comédie ne capitule jamais ! Malgré les uniformes et les canons, il est parvenu à créer un monde plein de fantaisie et de fraîcheur où les éléments les plus opposés cohabitent naturellement. Il faut dire que cette réussite est aussi due au grand talent de ses actrices et de ses acteurs, et notamment de ses deux vedettes, Zahrat Al Oula et Ismaël Yassin. Ce dernier a quarante-cinq ans quand il tourne dans ce film et pourtant il joue le jeune matelot amoureux avec un naturel qui emporte l’adhésion du spectateur. (Un jour viendra où l’on reconsidérera la place d’Ismaël Yassin dans le cinéma égyptien comme ce fut le cas pour Louis de Funès dans le cinéma français.)


Lundi 18 mai à 20h30

La Fille du Music-hall de Mahmoud Zulficar (Fatat El Esste'rad, 1969)
avec Soad Hosny (Fayza), Hassan Youssef (Ahmed Alawi), Fifi Youssef (la mère d’Ahmed), Adel Imam (Fahmy, l’assistant d’Ahmed), Farouk Falawkas (le serviteur d’Ahmed), El Sayed Radi (le metteur en scene), Aleya Abdel Moneim (la mère de Fayza), Hamed Morsi (le professeur de chant), Abdel Moneim Madbouly (lui-même), Atef Makram (le frère de Fayza)
Scénario : Mohamed Abou Youssef
Musique : Mounir Mourad 
Production : Abbas Helmy


Adaptation du Milliardaire de George Cukor (1960)
Ahmed Alawi a hérité de la fortune de son père et il mène une existence oisive et insouciante. Un jour il apprend dans un magazine qu’une compagnie de danse prépare un spectacle dans lequel on tournera en dérision sa vanité et son arrogance. Ahmed décide aussitôt de se rendre au théâtre qui héberge la troupe pour protester. Il tombe en pleine séance de travail : c’est Fayza, la vedette du spectacle qui répète l’un de ses numéros avec ses danseurs. Le riche héritier est subjugué par la beauté de la jeune artiste. Pour la séduire, il va cacher sa véritable identité…

Notre avis : tenter de faire un remake ou même une adaptation du « Milliardaire » est forcément une opération à haut risque. N’est pas Marilyn Monroe ou Yves Montand qui veut. Contre toute attente, cette « Fille du Music-Hall » n’est pas indigne de son célébrissime modèle (sans pour autant l’égaler, il va sans dire) et c’est essentiellement grâce au talent et au charme de Soad Hosny. Précisons tout de même que sa prestation n’atteint pas le niveau de celle qu’elle donnera en 1972 dans la comédie musicale « Méfie-toi de Zouzou. ». Cela dit, le point faible de ce film reste Hassan Youssef : difficile de faire plus inexpressif dans le jeu. Dans un rôle secondaire, celui de la mère du héros, Fifi Youssef n’est guère convaincante non plus. A noter que c'est la quatrième fois que Mahmoud Zulficar réunit dans un film Soad Hosny et Hassan Youssef. Pendant toutes les années soixante, les deux acteurs incarnèrent la jeunesse égyptienne, urbaine et estudiantine, dans des comédies légères et grand public.


Dimanche 17 mai à 20h30

Terrorisme et Kebab de Sherif Arafa (Al-Irhab Wa Al-Kabab, 1992)
avec Adel Imam (Ahmed Fatah Al Bab), Kamal Al Shennawi (ministre de l’intérieur), Nagy Saad (le général adjoint du ministre de l’intérieur), Yousra (Hind), Ahmed Rateb (Shalabi), Mohamed Youssef (un employé), Ashraf Abdel Baky (Hilal), Alaa Wali El Din (Samir), Hamdi Youssef (le premier ministre), Nasser Chahine (un militaire), Alaa Morsi (un militaire), Mohamed Sabri (l’enfant), Enam Salosa (un agent administratif), Magda Zaki (Mounira, la femme d’Ahmed), Aïcha El Kilany (la mère de l’enfant), Fouad Farghaly (le directeur de la sécurité), Gamal Hussein (un agent de sécurité)
Scénario : Wahid Ahmed
Musique : Modi El Emam
Production : Essam Imam (le frère d’Adel Imam)
appréciation : 4/5


Ahmed, un citoyen ordinaire souhaite que ses enfants changent d’école. Pour cela, il doit se rendre au Mogamma, le bâtiment qui regroupe tous les services administratifs du Caire. Malheureusement, l’employé chargé des inscriptions scolaires est absent. Ahmed revient le lendemain mais le fonctionnaire n’est toujours pas à son poste. Prenant son mal en patience, le brave citoyen se présentera au bureau le jour suivant puis les autres jours. En vain. Les collègues de l’employé lui donnent à chaque fois une explication différente à ces absences répétées : tantôt, il est en vacances, tantôt il est aux toilettes. En errant dans les couloirs encombrés du Mogamma, Ahmed fait la connaissance d’un cireur de chaussures qui lui révèle que l’employé qu’il recherche est souvent absent car il a pris pour habitude de se rendre aux toilettes dans un autre établissement gouvernemental. Ahmed commence à avoir des soucis avec son patron qui lui reproche son manque d’assiduité. Ahmed essaie de lui expliquer la situation. L’homme ne veut rien savoir. Ahmed n’en peut plus. Il se rend encore une fois au Mogamma et constatant à nouveau l’absence de l’employé il s’en prend violemment à ses deux collègues. Les gardes interviennent. Dans la confusion, Ahmed s’est emparé de l’arme de l’un d’eux . Par inadvertance, un coup part. Personne n’est blessé mais la panique est générale. . A l’étage où se trouve notre héros, les personnes présentes sont convaincues que celui-ci est un terroriste et qu’il les a prises en otage. Tous les autres étages de l’établissement sont évacués et les gardes ont fui. Peu après, les forces de police encerclent le bâtiment.

Notre avis : « Terrorisme et Kebab » connut un immense succès à sa sortie et il figure dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps. Pour réaliser cette comédie politiquement très engagée*, Sherif Arafa et son scénariste Wahid Ahmed semblent avoir joui d’une totale liberté et ils s’en donnent à cœur joie. La satire ne s’embarrasse d’aucune nuance, la caricature est sans merci. Aucune complaisance, aucune autocensure. Et le caractère sympathique du film vient du ton libertaire adopté par les auteurs, un ton assez proche de celui cultivé par les réalisateurs de comédies italiennes dans les années soixante-dix. Les acteurs sont tous excellents et le duo Yousra -Adel Imam nous offre ici l’une de ses prestations les plus mémorables.

· *Paradoxe : dans les années qui vont suivre, Adel Imam et Sherif Arafa compteront parmi les plus fidèles soutiens du Raïs Hosny Moubarak.


Samedi 16 mai à 20h30

À la recherche du scandale de Niazi Mostafa (Albahth A'n Fediha, 1973)
avec Adel Imam (Magdy), Mervat Amine (Hanan), Samir Sabri (Sami), Hamdi Salem (le père de Sami), Youssef Wahby (le père d’Hanan), Ahmed Ramzy (Fakry), Imad Hamdi (le père de Sana), Zizi El Badraoui (Sana), Mohamed Reda (Abou Sari), Nawal Abou El Foutouh (la femme mariée), Salah Nazmi (le mari de la femme mariée), Tawfik El Deken (Saber), Hassan Hamed (le cambrioleur), Nagwa Fouad (elle-même), Zouzou Madi (la mère de Sana), George Sedhom (Abdel Azim), Mimi Chakib (la mère de Hanan), Angel Aram (Mona), Sayed Ibrahim (le père de Mona), Mohamed Awad (Aziz), Rakia Damati (la secrétaire), Mohamed Farid (le barman), Naguib Abdo (le dentiste)
Scénario : Farouk Sabry et Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Samir Sabri et Ahmed Hamouda
Production : Gamal Al-Leithi


Ce film est inspiré d'une comédie américaine réalisée par Gene Kelly en 1967, Petit guide pour mari volage (A Guide for the Married Man).
Magdy quitte son village pour travailler au Caire comme ingénieur. Avant son départ, son père lui donne ses dernières instructions : pour l’honneur de la famille, il faut qu’il se marie au plus vite. Dans la capitale, c’est son collègue Sami qui va l’aider à trouver une fiancée. Celui-ci invite Magdy à l’accompagner dans un club de loisirs qu’il fréquente régulièrement. Le petit provincial repère aussitôt une jeune fille très belle. Il en tombe amoureux fou. Ce sera sa future femme ! Sami lui conseille d’abord de s’assurer qu’elle est bien libre. Après une petite enquête, ils apprennent que la jolie inconnue s’appelle Hanan, qu’elle est célibataire et qu’elle vit chez ses parents. Détail plus embêtant : sa mère souhaite qu’elle épouse l’un de ses cousins.
Sami propose à Magdy une première méthode d’approche. Alors que la jeune femme quitte le parking du club au volant de sa voiture, il s’agit de se jeter devant le véhicule, de rouler sur le capot et enfin de tomber à terre en feignant d’éprouver mille souffrances. Rien ne se passe comme prévu : la chute de Magdy est si maladroite que Hanan n’a aucune pitié pour sa « victime ». Elle est même furieuse. Pire encore : deux jeunes hommes qui ont assisté à la scène prennent notre héros pour un fâcheux sans éducation et le rossent de façon sévère. Evidemment, l’aspirant au mariage et son conseiller ne s’avouent pas vaincus.

Notre avis : pour la première fois dans sa carrière, ’Adel Imam obtient le rôle principal dans un film. Et pour cette comédie romantique, sa partenaire n’est autre que la sublime Mervat Amine, plus belle que jamais. Voilà un jeune acteur comblé ! Si "A la Recherche du Scandale" comporte quelques bons moments, la succession de gags faciles et donc prévisibles finit par lasser. On notera aussi un défaut de structure. Le film ressemble un peu à une comédie à sketches. En effet, le cinéaste et son scénariste ont inséré dans leur récit de courtes séquences réalisées avec la collaboration de « guest stars ». Mais cela fonctionne mal : ces saynètes d’un intérêt très inégal (Celle avec George Sedhom est particulièrement inepte.) cassent le rythme de l’histoire principale sans lui apporter grand-chose.
On remarquera enfin que Niazi Mostafa a fait des emprunts évidents à "Chuchotements d’Amour" de Fateen Abdel Wahab, notamment avec le personnage du père, joué dans les deux films par Youssef Wahbi et celui du cousin « yéyé ». "A la Recherche du Scandale" nous aura au moins permis d’entendre Samir Sabri chanter une version arabe du tube des Middle of The Road, "Chirpy Chirpy Cheep Cheep". Il est à la piscine entouré de nombreux danseurs et la scène rappellera aux plus anciens les émissions de variétés des années 70 conçues par les producteurs français Maritie et Gilbert Carpentier !



mercredi 13 mai 2026

Hussein Fahmy honoré

حسين فهمي


L'"Arab Cinema Center" a choisi Hussein Fahmy pour être "la Personnalité du Cinéma Arabe de l'Année".  Le célébre acteur qui est aussi depuis plusieurs années l'infatigable Président du Festival de Cinéma du Caire recevra son prix samedi prochain à Cannes lors des"Critics Awards for Arab Films", une cérémonie en marge du festival.

L' "Arab Cinema Center" a voulu à la fois récompensé la carrière exceptionnelle d'Hussein Fahmy comme acteur mais aussi son action pour défendre le cinéma égyptien d'hier et d'aujourd'hui.

On lui doit notamment la restauration de nombreux chefs d'oeuvre de l'âge d'or et il permet au grand public de les découvrir ou de les redécouvrir en les intégrant dans la programmation de son festival lors de rétrospectives "Cairo Classics".

Comme acteur; il a tourné son premier film en 1970 et depuis il n'a jamais mis un terme à sa carrière. A plus de 86 ans, il continue d'apparaître dans des films ou des séries.

Son physique avantageux le prédisposait à jouer les séducteurs mais il a su très vite ne pas s'enfermer dans le stéréoptype du playboy à l'élégance aristocratique pour endosser des rôles plus ambigus ou plus tourmentés. 

Néanmoins,  dans la mémoire collective, il restera Sayed Kamal, l'irresistible professeur de théâtre qui séduit son étudiante Zouzou incarnée par Soad Hosny dans "Méfie-toi de Zouzou", une comédie musicale réalisée par Hassan Al Imam en 1972. Le film connut un succès retentissant à sa sortie : il restera à l'affiche toute une année, un exploit jamais égalé dans le cinéma arabe.



dimanche 3 mai 2026

Soheir Zaki (1945-2026)

سهير زكي


Soheir Zaki en 1976

Soheir Zaki en 1975

Soheir Zaki en 1971



La danseuse Soheir Zaki est morte hier, samedi 2 mai, à l'âge de 81 ans.

Soheir Zaki né le 4 janvier 1945 à Mansoura mais toute sa famille s’installe à Alexandrie alors qu’elle a neuf ans. A dix-sept ans, elle se produit déjà dans les boites de nuit de la station balnéaire. C’est ainsi qu’elle est repérée par un réalisateur de la télévision qui la fait danser lors d’un concert diffusé par la télévision. Sa carrière est lancée. Grâce à son style, tout en élégance et retenue, elle acquiert très vite une gloire internationale et se produit devant les plus grands hommes d’état de la planète : on la surnommait « la Danseuse des Rois et des Présidents ». Elle est aussi la première artiste à oser danser sur des chansons interprétées par Oum Kalthoum.

Son talent de danseuse est reconnu par tous et pourtant sa filmographie ne compte guère d’œuvres notables : beaucoup de séries B, de petites comédies très vite oubliées. Dommage.


Elle fait sa première appartion au cinéma en 1963 dans la comédie de Fateen Abdel Wahab "La Famille de Zizi" avec en vedette Soad Hosny, Fouad El Mohandes et Ahmed Ramzy. Elle a 18 ans.

Soheir Zaki en 1963

Elle dit adieu au cinéma en 1984 avec le film d'Hassan El Seifi "Je le Mérite". Elle a 39 ans.

Soheir Zaki en 1984