روتانا كلاسيك
Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.
Pour que la fumée ne s’envole pas d'Ahmed Yehia (Hata la Yatir Al-Dukhan, 1984)
avec Adel Imam (Fahmy Abdel Hamid), Alia Ali (la mère de Fahmy), Soheir Ramzi (Sonia, la femme de chambre), Alsayed Talib (Mahrous, le restaurateur trafiquant de drogue), Fakry Abaza (Medhat Shalaby), Youssef Fawzi (Kamal), Sanaa Chafie (Raouf Mourad), Nadia Arslan (Rhaira Mourad), Mahmoud Rashad (Pacha Mourad, le père de Rhaira et de Raouf), Hamdy Youssef (Rifaat Bey), Nagwa Al Mogy (Lola, la femme de Rifaat Bey)
Scénario : Mostafa Moharam d’après une histoire de l’écrivain Ihsan Abd al-Qudus (1929–1990)
Musique : Gamal Salamah
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien.
Fahmy Abdel Hamid a quitté son village pour faire des études de droit au Caire. Il devient l’ami de jeunes gens qui sont issus d’un milieu beaucoup plus aisé que le sien. Il ne tarde pas à tomber amoureux de la sœur de l’un d’entre eux. Il aimerait bien l’épouser mais la jeune fille se moque de lui quand elle découvre qu’il porte les vieux habits de son frère. Peu après, la mère de Fahmy tombe malade. Sonia, la femme de chambre de la pension dans laquelle il réside, lui propose aussitôt son aide. En revanche ses nouveaux camarades n’ont aucune compassion. Ils refusent de lui prêter l’argent nécessaire à payer l’opération qui sauverait sa mère. Cette dernière meurt. Fahmy décide de se venger. Une fois son diplôme obtenu, il va user de tous les moyens, même les plus douteux, pour devenir un personnage puissant que l'on respecte et que l'on craint...
Notre avis : un drame social qui dénonce la corruption et l'égoïsme des jeunes bourgeois convaincus que tout leur est dû, que tout leur est permis. Malheureusement, dans cette fable, le trait est parfois très gros. Les dialogues et les situations sont traités de manière trop caricaturale pour être vraiment crédibles. Adel Imam joue un jeune étudiant en droit alors qu'il a quarante-quatre ans au moment du tournage. Sa frêle silhouette et sa chevelure de jais lui permettent d'endosser sans difficulté ce rôle de composition, mais son jeu manque de nuance : durant tout le film, il arbore le même air fermé de celui qui encaisse les coups sans mot dire mais qui un jour saura les rendre. Au passage, relevons une scène qui mettra mal à l'aise plus d'un spectateur d'aujourd'hui. Alors que Fahmy, le personnage joué par Adel Imam, est présent dans l'appartement, l'un de ses condisciples s'enferme dans la chambre avec Sonia, son amie et confidente, pour la violer. La jeune femme hurle, Fahmy tente d'ouvrir la porte en vain puis décide de quitter l'appartement. Quand ils se retrouvent, Fahmy exhorte Sonia à la patience : un jour, elle sera vengée. On est consterné de voir cette dernière acquiescer au discours de celui qui n’a rien entrepris pour la sauver.
On pourrait s'étonner que ce drame figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien. Une occasion supplémentaire de rappeler à quel point les films des années quatre-vingt ont fait l'objet d'une bienveillance toute particulière de la part des auteurs de cette liste.
