mercredi 27 septembre 2023

Festival du film arabe de Fameck 2023 (France)

مهرجان الفيلم العربي بفاماك

La très belle affiche du festival


Rotana Cinéma et Le Pack Arabia organisent un concours pour gagner des invitations VIP au prochain festival du cinéma arabe de Fameck qui se tiendra du jeudi 5 au dimanche 15 octobre 2023. Vous trouverez toutes les informations concernant la participation à ce jeu sur les pages Facebook de ces deux sociétés.



lundi 25 septembre 2023

Danse : Ragaa Youssef, 1955

رجاء يوسف




Ragaa Youssef (1925-2005) danse à plusieurs reprises dans le film Le bien aimé inconnu (El habib El-Majhoul, 1955) réalisé par Hassan El Seifi. Elle joue le rôle de la danseuse dont s'est épris l'un des héros du film, Wahid, interprété par Kamal Al Shennawi.
Ragaa Youssef a fait ses débuts au cinéma en 1950 avec sa soeur Awatef dans la comédie musicale d'Hassan Al Imam, Une Heure pour ton Coeur

Danse : Soheir Magdy, 1965

سهير مجدي


Soheir Magdy danse pour le film Tue-moi, s'il te plaît réalisé par Hassan El Seifi en 1965.

Soheir Magdy est une danseuse égyptienne qui apparaît pour la première fois au cinéma en 1963 dans la comédie de Fateen Abdel Wahab, La Fiancée du Nil. Très sollicitée dans les années soixante, elle se retire de l'industrie cinématographique en 1972, après une dernière prestation pour un film d'Henry Barakat, La Visiteuse.

samedi 16 septembre 2023

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 16 au 30 septembre)

روتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Samedi 30 septembre à 17h

Le Maladroit de Mohamed Abdel Aziz (Ghawi Mashakel, 1980)
avec Adel Imam (Medhat), Noura (Azzat), Mohamed Reda (Mahmoud), Esaad Younes (Samira), Farouq Al Fishawy (Mourad), Aziza Helmy (la mère de Mustafa), Salama Elias (le pédiatre), Naima El Soghaiar (la mère d’Azzat), Rawia Saleh (Magda, la mère de l’enfant), Abdul Moneim Al Nimr (le médecin), Abdel Ghani El Nagdi (le commerçant)
Scénario : Ahmed Abdel Wahab
Inspiré du film d’Ahmed Diaa Eddine, Après l’Adieu (1953) avec Faten Hamama et Imad Hamdi
Musique : Gamal Salamah
Production : Wassef Fayez


Medhat, un petit employé, est tombé amoureux d’Azzat, une jeune femme qu’il a rencontrée par hasard. Malgré toutes ses attentions, elle refuse de l’épouser car il n’est pas assez riche à son goût. Pourtant, chez sa mère, Azzat vit un enfer : son beau-père ne cesse de la harceler. Elle finit par accepter de s’installer chez Medhat en attendant d’avoir son propre logement mais le jeune homme ne doit pas se faire d’illusion : ils feront chambre à part. Azzat fait la connaissance de la voisine de Medhat : c’est une jeune femme qui a perdu son mari, elle est très malade et a un tout jeune enfant. Azzat décide de s’occuper du nourrisson pour que la mère puisse se reposer. Malheureusement, la santé de celle-ci se dégrade rapidement et elle meurt. Peu après, une dame très élégante se présente à l’appartement du couple défunt. C’est la grand-mère paternelle de l’enfant. Elle n’avait jamais rencontré sa belle-fille, elle la croit toujours vivante et elle est convaincue qu’Azzat est la compagne de son fils. La « locataire » de Medhat ne dit rien pour la détromper. Elle accepte même de s’installer avec l’enfant dans la grande propriété familiale…

Notre avis : un film terriblement ennuyeux. Une structure bancale : on peut résumer la première heure en trois phrases (Facile ! Les deux héros passent leur temps à discuter, dans le salon, dans le couloir, au restaurant, en voiture, dans la rue etc.) et l’intrigue ne démarre réellement que dans la dernière partie. Mais pas de fausse joie : le film conserve jusqu’à la fin son rythme de croisière, sans accélération ni secousse. Noura incarne souvent les jeunes femmes ordinaires issues d’un milieu modeste mais dans ce film son personnage est vraiment trop lisse et son jeu beaucoup trop fade. Quant à Adel Imam, il suit le mouvement, sans forcer son talent.


Vendredi 29 septembre à 17h

Abu Rabi' de Nader Galal (1973)
avec Farid Shawki (Abou Rabi), Naglaa Fathy (Yasmine, la nièce de Ragheb Fakhr Eddin), Salah Mansour (Othman Bey), Youssef Fakhr El Din (Mourad, le fils d’Othman Bey), Abdel Rahim El Zarakany (Ragheb Fakhr Eddin, le frère d’Ismaël Fakhr Eddin), Tawfiq El Deqen (le directeur des archives), Laila Gamal (Salma), Mohamed Sobeih (Raad, le bras droit d’Othman Bey), Ali Ezz Eddin (l’avocat), Mukhtar Al Aswad (le garde d’Othman Bey), Fathia Aly (la nourrice Fatima), Abdel Ghani El Nagdi (Haj Mahmoud), Mukhtar Al Aswad (le garde d’Othman Bey)
Scénario : Kamal Ismaël et Farid Shawki
Musique : Fouad El Zahiry, Farouk Salama
Production : Farid Shawki


Ismaël et Ragheb Fakhr Eddin sont deux propriétaires terriens qui ont dû lutter contre l’avidité de leur voisin, le puissant Othman Bey qui veut s’emparer de leurs terres. Ismaël a fini par céder : il a vendu son domaine à Othman et il est parti vivre à l’étranger avec sa petite fille Yasmine. En revanche, Ragheb a toujours résisté. Pour cela, il peut compter sur l’aide de son régisseur, Abou Rabi, un homme droit et courageux, estimé de tous. Mais un jour, les sbires d’Othman mettent le feu à des bâtiments appartenant à Ragheb. Ce dernier meurt asphyxié en voulant éteindre l’incendie. Dans son testament, il a désigné sa nièce Yasmine comme seule héritière de son domaine mais il confie à Abou Rabi la charge d’exécuteur testamentaire : la jeune femme ne pourra vendre aucune des terres sans son autorisation. Yasmine arrive peu après. Le régisseur venu l’accueillir à l’aéroport est un peu embarrassé par la tenue très légère de sa nouvelle patronne. Il comprend très vite que la jeune femme n’est absolument pas intéressée par le domaine que son oncle lui a légué. Elle veut au plus vite vendre et retourner chez elle…

Notre avis : c’est d’abord un excellent western 100% égyptien qui raconte la lutte héroïque d’un homme seul contre l’avidité d’un grand propriétaire terrien sans foi ni loi. Mais c’est aussi une déclaration d’amour à la terre nourricière et à tous ceux qui y travaillent. On a donc à la fois des scènes d’action parfois spectaculaires et de très belles séquences évoquant le travail des champs sur un mode lyrique. L’interprétation n’est pas en reste : les quatre acteurs principaux, Farid Shawki, Naglaa Fathy, Salah Mansour et Youssef Fakhr El Din, par leur prestance et leur tempérament, n’ont rien à envier à leurs homologues américains qui édifièrent la légende du Far West.


Jeudi 28 septembre à 13h

Lutte sur le Nil d'Atef Salem (Seraa fil Nil, 1959)
avec Hind Rostom (Nargis, la danseuse), Rushdy Abaza (Mujahed), Omar Sharif (Muhasab), Mohamed Kandil (le chanteur), Hassan El Baroudi (le maire du village et le père de Muhasab), Tahani Rashid (Warda, la fiancée de Muhasab), Fathia Ali (la tante de Warda), Nazim Sharawi (Abou Safaan), Hassan Hamed (Hicham), Ali Kamal (un voleur), Kamal Anwar (un voyou), Abdel Ghani El Nagdi (un membre d’équipage), Abdel Hamid Badawy (un villageois), Mahmoud Lotfi (un villageois), Mohsen Hassanein (un voyou)
Scénario : Ali El Zorkani
Musique : Morsi Gamil Aziz, Fouad El Zahry, Mohamed Al Mogi
Production : Les Films Gamal Leithi
appréciation : 5/5


Drame. Muhasab est un jeune homme naïf qui réside en Haute Egypte. Son père, qui est aussi le maire du village, lui confie une mission : remonter le Nil jusqu’au Caire à bord de la vieille felouque municipale « La Fiancée du Nil », la revendre et, avec la somme obtenue complétée par les contributions des villageois, acheter une barge à moteur. Pour cette mission, il sera accompagné par un vieil ami de son père Mujahed qui pilotera le bateau et veillera sur l’argent.
« La Fiancée du Nil » lève l’ancre sous les acclamations de tous les habitants de la localité. Mais cette équipée ne fait pas que des heureux. Abu Safaan,possède des voiliers et il craint par-dessus tout la concurrence de ce nouveau bateau à moteur. Avec ses complices, il va tenter de faire capoter le projet des villageois. Parmi les membres d’équipage, il a placé Hicham, l’un de ses hommes. Lors d’une escale dans un village où a lieu la fête du Mouled, Muhasab est fasciné par le numéro de Nargis, une danseuse du ventre. Le lendemain la jeune femme fait son apparition sur le bateau. Elle demande à Muhasab et à Mujahed de l’aider à fuir un beau-père violent. Les deux hommes acceptent de la prendre à bord. Ils ne savent pas qu’elle a été chargée par Hicham de séduire Muhasab et de s’emparer du magot. Si le garçon est une proie facile, en revanche mettre la main sur l'argent des villageois s'avère une entreprise beaucoup plus ardue que prévu. En effet, c'est Mujahed qui l'a caché et il reste très méfiant à l'égard de la jeune femme. Celle-ci décide alors de le séduire. L'ombrageux capitaine succombe à son tour…

Notre avis : Un classique. Atef Salem a adapté de manière très habile toutes les recettes du western (Rushdy Abaza fait irrésistiblement penser à John Wayne !) pour réaliser une oeuvre unique qui mêle genres et registres : histoire d’amour, thriller, chronique villageoise, comédie, drame, tragédie. Jamais Hind Rostom n’a été aussi belle et ses scènes de baisers avec Omar Sharif comptent parmi les plus torrides de toute l’histoire du cinéma égyptien. Les danses et les chansons qui accompagnent le périples des personnages créent une atmosphère magique, hors du temps. On admire aussi la splendeur des images avec ce noir et blanc sublime qui célèbre la beauté des êtres et des paysages.


Mercredi 27 septembre à 15h

Dieu est Grand d’Houssam Al Din Mostafa (Allah Akbar, 1959)
avec Zahrat Al Oula (Hind, de la tribu Bani Harith), Mohamed El Dafrawi (Noman, fils du chef de la tribu Bani Amer), Abdel Wareth Asar (Amr Bin Saïd, riche marchand de la tribu Bani Harith, grand-père de Hind), Abdel Aziz Khalil (le chef de la tribu Bani Amer), Hassan Hamed (Sakhr, l’homme de confiance du chef de la tribu Bani Amer), Kawthar Ramzi (l’esclave de Hind), Nemat Sami (Salma, la grand-mère de Hind), Shafiq Jalal (le chanteur), Nemat Mokhtar (la danseuse)
Scénario : Fouad El Tokhy et Naguib Mahfouz
Musique : Hussein Guenid
Paroles des chansons : Abdel Aziz Salam
Production : Abdel Aziz Ali


Nous sommes aux premiers temps de l’Islam. Le fils du chef de la tribu Bani Amer, chasse dans le désert. Soudain, il voit au loin une cavalière en difficulté : son cheval est devenu fou et elle ne parvient plus à le contrôler. Noman la rejoint et l’enlève de sa monture. Gênée de se retrouver dans les bras d'un inconnu, la jeune femme le remercie tout de même. Elle apprend que son sauveur s’appelle Noman et qu’il est le fils d’un puissant seigneur, elle lui dit qu’elle s’appelle Hind et qu’elle est de la tribu Bani Al Harith. Les deux jeunes gens se plaisent immédiatement mais ils doivent l’un et l’autre rejoindre leurs tribus respectives. Hind vit avec ses grands-parents, de riches commerçants. Son grand-père est un homme bon qui s’est secrètement converti à l’islam sans en rien dire à sa petite fille. En revanche le père de Noman est un despote qui sacrifie tout à son plaisir personnel. Quand il apprend que certains de ses esclaves sont devenus musulmans, il les tue sans hésiter. Il considère que cette nouvelle religion est impie et décide de la combattre impitoyablement. De son côté, Hind a appris la conversion de ses grands-parents et elle décide elle aussi de devenir musulmane. Il lui faudra donc renoncer définitivement à être la femme de Noman resté fidèle aux vieilles idoles…


Mardi 26 septembre à 17h

Samara de Hassan El-Seifi (Samara, 1956)
avec Taheya Carioca (Samara), Soad Ahmed (la mère de Samara), Mahmoud El-Meliguy (le chef du trafic de drogue), Stephan Rosty (le second du chef des trafiquants), Serag Mounir (chef du service de lutte contre la drogue), Mahmoud Ismaïl (Soltan), Mohsen Sarhan (l’indicateur de la police), El Sayed Bedeir (complice de Soltan), Abdel Aziz Khalil (complice de Soltan), Mohamed Tawfiq (complice de Soltan), Awatef Youssef (la danseuse), Shafik Nour El Din (le père de Samara), George Yordanis (le barman du cabaret)
Scénario : Mahmoud Ismaïl
Musique : Attiah Sharara
Producteur : Hassan El Seifi
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Thriller. Soltan, un trafiquant de drogue, épouse Samara, une danseuse dont l’enfance fut bouleversée par des événements dramatiques. Il l’initie à ses affaires et la jeune femme devient une pièce maîtresse du gang. Mais la police parvient à introduire dans le réseau un indicateur qui se fait passer pour un criminel en cavale du nom de Sayed Abou Shafa. Samara en tombe aussitôt amoureuse. Soltan est en relation avec un personnage mystérieux, très puissant et très riche. Cet homme est à la tête du marché de la drogue mais la police n’a jamais pu l’arrêter car personne ne connaît son identité. Samara, par le plus grand des hasards, découvre qui il est. Elle fait part de sa découverte à Sayed Abou Shafa qui prévient aussitôt ses collègues…

Notre avis : Mahmoud Ismaïl fut un excellent scénariste et un très bon acteur. Il le prouve à nouveau dans ce thriller très sombre qui n’a rien perdu de son pouvoir d’envoûtement. On retrouve Taheya Carioca dans l’un de ses plus grands rôles (même si, pour cette année 1956, la postérité retiendra surtout sa prestation dans « La Sangsue » de Salah Abou Seif). Seule femme dans un monde d’hommes, elle campe un personnage alliant la force et la séduction, très éloigné des stéréotypes de l’époque.


Lundi 25 septembre à 14h

L’Antre des Plaisirs d’Hassan El Imam (Wakr el malzat, 1957)

avec Zouzou Nabil (la directrice de la maison close),Sabah (Naïma/Dalal), Hussein Riad (Hassanein), Chukry Sarhan (Hussein), Wedad Hamdy (Dalah), Abdel Moneim Ismail (un client de la maison close), Mohsen Hassanein (le voleur), Mohamed Sobeih (le violeur), Hamed Morsi (le chanteur), Layla Yousry (une danseuse), Riri (une danseuse), Kitty (une danseuse)
Scénario : Mohamed Mostafa Sami
Musique : Mahmoud Al Sherif
Production : Aflam Misr Algadida


Après avoir échappé à une tentative de viol, Naïma trouve refuge dans la luxueuse propriété de Madame Haneim. Cette dernière fait tout pour réconforter la jeune femme qui se retrouve totalement démunie, ne pouvant compter sur personne. Ce que ne sait pas Naïma, c’est que cette dame qui a toutes les apparences de la grande bourgeoise vertueuse est en fait la directrice d’une maison close où se rendent des homme fortunés afin de boire de l’alcool, jouer aux jeux d’argent et passer du bon temps avec les « pensionnaires » de l’établissement. Madame Haneim voit toute de suite en Naïma une nouvelle recrue. Elle la confie à Hassanein, son homme de confiance, qui va se charger de son « éducation ». Enfin, vient le moment de sa présentation à l’ « Antre des Plaisirs ». Désormais Naïma s’appelle Dalal. Elle fait sensation auprès des clients de l’établissement mais la familiarité dont ils font preuve à son égard l’exaspère et elle n’hésite à jouer des poings contre les plus entreprenants, au grand dam de la patronne qui observe la scène de son bureau…

Notre avis : Avec ce film, Hassan A Imam offre à Sabah l’un de ses rôles les plus marquants, celui d’une jeune femme exploitée par ses « bienfaiteurs » mais qui résiste bravement à tous ceux qui veulent l’avilir. « L’Antre des Plaisirs » est à la fois un drame sans fioriture et une comédie musicale enlevée. Les scènes dans la maison close avec ses filles affriolantes et ses clients salaces sont le prétexte à numéros chantés et dansés qui transportent par leur énergie et leur organisation. Toutes les chansons de Sabah sont mises en scène avec une inventivité sans cesse renouvelée. (Rappelons au passage que quinze ans plus tard, Hassan Al Imam révolutionnera la comédie musicale avec « Méfie-toi de Zouzou »). Wedad Hamdy, compagne d’infortune de Sabah dans ce film, échappe pour une fois à ses éternels rôles de servantes pour endosser avec un plaisir manifeste celui d’une entraîneuse folâtre et gouailleuse.


Dimanche 24 septembre à 14h

Nadia de Fateen Abdel Wahab (1949)
avec Aziza Amir (Nadia), Mahmoud Zulficar (Medhat), Soliman Naguib (Shawkat, le professeur d’ingénierie), Shadia (Soraya, la soeur de Nadia), Shokry Sarhan (Mounir, le frère de Nadia), Zeinab Sedky (la directrice de l’école), Salah Nazmi (Fakry), Mahmoud Shoukoko (le gardien de l’école), Abdel Mona'em Saoudi (le médecin), Shafik Nour El Din (l’interprète israélien)
Scénario : Youssef Gohar
Production : Aziza Amir


Premier film de Fateen Abdel Wahab
Mélodrame patriotique et comédie sentimentale. Depuis la mort de leurs parents, c’est Nadia qui s’occupe de son frère, Mounir et de sa petite sœur Thuraya. Elle a toujours refusé de se marier et gagne sa vie comme enseignante. Elle est fière de son frère qui est devenu pilote dans l’armée. En 1948, éclate la guerre de Palestine. Mounir est envoyé au combat. Un soir, un pilote en uniforme se présente à son domicile. Elle croit reconnaître son frère mais en fait c’est l’un de ses camarades, Medhat qui vient lui annoncer une terrible nouvelle : Mounir est mort. Folle de désespoir, Nadia sort de la maison et disparaît dans la nuit. Elle se dirige vers la voie ferrée avec une seule idée en tête : mourir à son tour. Heureusement, Medhat l’a suivie et quand il voit Nadia debout entre les rails tandis qu’un train arrive à grande vitesse, il se jette sur elle et la sauve. Il la reconduit chez elle et tente de lui redonner espoir. Ses paroles la réconfortent ; elle décide de s’engager elle aussi. Elle part en Palestine comme infirmière en confiant l’éducation de Thuraya à son collègue le professeur Shawkat. Ce n’est pas une tâche de tout repos pour le vieil enseignant car Thuraya est une jeune fille insouciante qui n’en fait qu’à sa tête. Pendant ce temps-là, sur le front, Nadia retrouve Medhat et elle ne peut cacher les tendres sentiments qu’elle éprouve pour lui…

Notre avis : l’un des premiers films sur la guerre israélo-arabe qui a pris fin en janvier 49. Le tournage de « Nadia » s’est donc déroulé alors que le conflit était en cours. On peut s’étonner que la première réalisation de celui qui deviendra le roi de la comédie populaire soit un drame ancré dans l’actualité tragique de son époque mais en fait l’artiste qui est à l’origine de ce projet, c’est Aziza Amir, la productrice et la vedette du film. Aziza Amir occupa un rôle essentiel dans l’essor du cinéma égyptien. On lui doit notamment en 1927 la création du premier long-métrage égyptien, « Layla » qu’elle produisit et dans lequel elle joua. « Nadia » est son avant-dernier film comme actrice (elle meurt en 1952 à l’âge de 51 ans). Femme engagée, Aziza Amir ne pouvait rester insensible au drame palestinien. En 1948, elle avait déjà écrit et produit « La Fille de Palestine » que son mari Mahmoud Zulficar avait réalisé. Mais il serait erroné de considérer « Nadia » comme une simple œuvre de propagande : le récit, riche en péripéties, mêle avec une certaine habileté le politique et le personnel, la guerre et l’amour. On regrettera néanmoins le caractère trop théâtral du jeu d’Aziza Amir qui semble en permanence au bord de l’évanouissement. Le contraste avec le jeu très naturel de la jeune Shadia qui joue la petite sœur est saisissant !


Samedi 23 septembre à 18h30

Une demi-heure de mariage de Fateen Abdel Wahab (Noss Saha Jawaz, 1969)
avec Rushdy Abaza (Docteur Hosny), Shadia (L'infirmière Fatima), Adel Imam (Sameh),Magda El-Khatib (Daliah), Hassan Mostafa (Saïd), Samir Sabri (Hamdi),Youssef Shabaan (dans son propre rôle), Nagla Fathy (dans son propre rôle), Abdel-Moneim Ibrahim (dans son propre rôle), Nahied Yousri (une patiente du docteur Hosny), Magie (l'amie italienne), Aleya Abdel Moneim (la soeur de Fatima)
Scénario et dialogues : Ahmed Ragab
adaptation d'une pièce de théâtre française, Fleur de Cactus, écrite par Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy
Musique : Fouad El Zahry
Appréciation : 3/5


Comédie. Le docteur Hosni est un dentiste célèbre pour sa vie amoureuse très agitée. Pour échapper au mariage, il prétend à toutes ses conquêtes qu’il est déjà marié et qu’il a des enfants. Fatma, son assistante, gère toutes ses affaires, aussi bien professionnelles que privées. Elle est secrètement amoureuse de son patron et les nombreuses aventures de celui-ci l’exaspèrent.
Un soir qu’il doit sortir avec Dalhia, sa maîtresse du moment, il reçoit à son cabinet la visite d’une amie italienne. Il décommande aussitôt son précédent engagement afin de passer la nuit avec elle. Pour faire avaler la pilule à Dalhia, il joint à son mot d’excuse, un gigantesque bouquet de fleurs. La jeune femme n’est pas dupe et ce désistement de dernière minute la rend folle de désespoir. Elle tente de se suicider par le gaz. Heureusement, elle est sauvée in extremis par un jeune voisin qui travaille comme doublure dans le cinéma. Le lendemain, le docteur Hosni à qui Dalhia avait envoyé un télégramme pour le prévenir de son geste fait irruption chez elle. Il tente de la réconforter et lui propose le mariage. Elle refuse puisqu’il est déjà marié. Hosni prétend alors qu’ils sont en instance de divorce car sa femme est amoureuse de son cousin. Pour avoir la certitude qu’il dit vrai, Dalhia veut rencontrer son épouse. Le docteur Hosni a une idée lumineuse : il demande à Fatma son assistante de se faire passer pour sa future ex-femme…

Notre avis : une comédie légère et pétillante signée Fateen Abdel Wahab, le réalisateur attitré d’Ismaïl Yassin dans les années cinquante. Pour ce film, il a invité un grand nombre de vedettes de l’époque. Ce casting prestigieux est au service d’un produit conçu selon les standards du cinéma commercial des années soixante. Fateen Abdel Wahab est un cinéaste de grand talent et il en fait la démonstration dans cette comédie : un rythme trépidant, des situations rocambolesques et des personnages qui allient fantaisie et glamour. A maintes reprises, on pense au Billy Wilder de « La Garçonnière » ou de « Embrasse-moi, Idiot ». Peut-être pourrait-on trouver à certains gags, à certaines répliques ou au jeu de certains acteurs un caractère « too much » mais l’énergie qui se dégage de l’ensemble emporte tout.

Il y a quelques années nous avions posté sur ce blog une critique d’ « Une demi-heure de mariage » dans laquelle nous jugions sévèrement la prestation de Shadia. En revoyant le film, nous trouvons notre appréciation d’alors d’une grande injustice. Shadia fut une très grande actrice dans le drame comme dans la comédie et dans ce film, elle est tout aussi convaincante que ses partenaires de jeu, Rushdy Abaza et Magda El-Khatib.


Vendredi 22 septembre à 18h

La Foire de Samir Seif (Al Mouled, 1989)
avec Adel Imam (Ibrahim/Hema), Yousra (Amara), Amina Rizk (Baraka), Mostafa Metwali, Eman (Didi), Ahmed Samy Abdallah (Idriss, le mari de Baraka), Gamal Ismaïl (Abou Al Nazar), Abdallah Farghaly (Ali, le boiteux), Karim Al Husseini (le plus jeune fils de Baraka), Saïd Tarabiq (Sawi, membre du gang), Ahmed Salama (Saïd, membre du gang), Ali Qaoud (Ismaïl, membre du gang), Nour al-Demerdash (le Pacha, chef de gang), Aziza Rachid (Suzy)
Scénario : Mohammed Galal Abdel Kawy
Musique : Hany Shenouda
Production : Wasef Fayez


Thriller. Lors d’une fête religieuse, des parents perdent leur petit garçon dans la foule. Il est recueilli par un vendeur ambulant qui va l’élever avec sa fille dans un bidonville. L’enfant grandit au milieu des bandits et des voyous et devenu adulte, il a entamé une carrière de délinquant. Mais il finit par se repentir et souhaite mener une vie honnête. Malheureusement, la police l’arrête pour un délit qu’il n’a pas commis. Avec l’aide de sa « sœur » Amara (la fille de son ravisseur), il parvient à s’échapper. Parce qu’il a besoin d’argent, il décide faire un dernier cambriolage. Il a choisi une luxueuse villa et la nuit venue, il parvient sans peine à s’y introduire. Il ne sait pas que cette belle maison appartient à Didi, une jeune femme blonde très séduisante qui dirige une bande de malfaiteurs spécialisée dans la contrebande. Le jeune homme est tout de suite repéré par la propriétaire et ses hommes de main. La confrontation est violente mais Didi est impressionnée par l’audace et le courage de son voleur. Elle veut en faire son associé…

Notre avis : dans les années quatre-vingt, Adel Imam et Samir Seif ont tourné ensemble à maintes reprises. Ce thriller est l’un des derniers de leur fructueuse collaboration. Nous sommes plongés dans un monde où la violence règne sans partage. Il faut tuer pour ne pas être tué. Et du coup on peine à éprouver la moindre sympathie à l’égard du héros qui fait preuve de la même férocité que ceux qu’il combat. Outre le fait que le personnage joué par Adel Imam est terriblement déplaisant, on a beaucoup de mal à croire au « happy end » imaginé par les auteurs. On soulignera néanmoins l’excellente prestation de Yousra qui nous touche en femme meurtrie et amoureuse.


Jeudi 21 septembre à 22h

Je ne dors pas de Salah Abou Seif (La Anam, 1957)
D'après un roman d'Ihsan Abdul Quddus
avec Mariam Fakhr Eddine (Safia), Yehia Chahine (Ahmed), Faten Hamama (Nadia), Hind Rostom (Kawsar), Imad Hamdi (Mostafa), Rushdy Abaza (Samir), Omar Sharif (Aziz)
Scénario : Salah Ezz El Din, Saleh Gawdat, El Sayed Bedeir
Musique : Fouad El Zahry
Production : Dollar Films
appréciation : 5/5


Nadia Lotfi vit avec son père, Ahmed, qui a divorcé de sa mère quand elle était encore petite fille. Il ne s’est jamais remarié pour se consacrer entièrement à son éducation. Mais alors qu’elle a 16 ans, Ahmed rencontre Safia, une jeune femme à la beauté aristocratique. Il en tombe follement amoureux et l’épouse. Nadia ne supporte pas qu’une femme puisse prendre sa place auprès de son père. Pour oublier ses tourments, elle noue en secret une relation amoureuse avec Mostafa, un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Un soir, lors d’une fête, Mostafa fait la connaissance d’Ahmed et de sa nouvelle épouse. Il est sous le charme de Safia et Nadia s’en aperçoit. La jeune femme, folle de jalousie, décide d’éliminer cette encombrante belle-mère.

Notre avis : un chef d’œuvre qui non seulement marquera l’histoire du cinéma égyptien mais connaîtra un immense succès populaire dès sa sortie. « Je ne dors pas » se présente un peu comme un soap opera en technicolor avec sept des plus grandes stars du moment et parmi elles, le couple mythique, Faten Hamama et Omar Sharif. Mais c’est surtout une œuvre d’une grande modernité, d’une audace rarement égalée. Faten Hamama met tout son immense talent au service d’un personnage pétri de mille contradictions et qui au final se révèle être un petit monstre semant le malheur autour de lui. C’est assurément le rôle le plus marquant de la « Dame du cinéma arabe » avec celui qu’elle endossera deux ans plus tard pour le film d’Henry Barakat, « l’Appel du Courlis ».


Mercredi 20 septembre à 22h

Route jonchée d’épines de Hussein Sedki (1950,Tariq Elshoak)
avec Hussein Sedki (l’officier Magdy), Hassiba Roushdy (Saba, la bédouine), Mahmoud Shoukoko (Khamis), Farid Shawqy (Rachid, le cousin de Magdy), Lola Sedky (Salwa, la cousine de Magdy), Stephan Rosty (Salomon, le chef du gang), Minerva (une danseuse), Zaki Ibrahim (l’oncle de Magdy), Thuraya Fakhry (la tante de Magdy)
Scénario : Mohamed Kamel Hassan Al Mohami, Hussein Sedki
Musique : Mahmoud Shoukoko, Hassiba Roushdy
Musique du générique de début : "Samuel Goldenberg et Schmuyle", pièce issue des Tableaux d'une Exposition du compositeur russe Modeste Moussorgski
Dans une scène, on peut entendre un extrait de la Chevauchée des Walkyries" de Wagner.
Production : Hussein Sedki


Magdy et Khamis sont en mission, à la poursuite d’un gang de trafiquants de drogue. Leur jeep tombe en panne en plein désert. Très vite, ils sont terrassés par la chaleur et le manque d’eau. Heureusement, le chien qui les accompagnait comprend que les deux hommes courent un grand danger. Il s’élance dans le désert et finit par trouver une bédouine et ses compagnes en train de garder des moutons, loin de leur camp. Il conduit les femmes jusqu’à ses maîtres gisant inconscients sur le sable. Saba, la cheffe du petit groupe, fait boire les deux malheureux qui sont vite remis sur pied. Après une nuit réparatrice dans le désert, tout le monde peut retourner au camp de la tribu  à laquelle appartiennent les bergères. Grâce au flair infaillible de leur chien, Magdy et Khamis découvrent que la tribu est en fait le repaire des trafiquants qu’ils recherchaient. Comprenant qu’ils ont été démasqués, les bédouins décident d’éliminer leurs deux visiteurs. Mais Saba qui a entendu la conversation prévient Magdy et Khamis qui s’enfuient aussitôt. Pour éviter les représailles, ils emmènent Saba avec eux. Magdy retrouve toute sa famille à qui il présente la jeune bédouine. Salwa, sa cousine et sa fiancée, n’apprécie pas du tout l’irruption de cette inconnue dans leur existence. D’emblée, elle la considère comme une rivale…

Notre avis : un film écrit, réalisé, produit et joué par Hussein Sedky. C’est d’abord un thriller car il est question de policiers bien sympathiques à la poursuite d’un gang de dangereux trafiquants de drogue. Disons le tout net : le suspens n’est pas insoutenable. Les revolvers sont souvent brandis mais on tire peu !
En réalité, « Route jonchée d’épines » est avant tout une comédie qui repose sur l’opposition vie citadine/vie bédouine. Lola Sedky endosse le rôle de la jeune fille de bonne famille convaincue de sa supériorité et qui méprise la bédouine dont va tomber amoureux son fiancé. Une tâche redoutable car avec un tel personnage, il est bien difficile d’éviter la caricature. Dans le rôle de la bédouine qui va vite assimiler les mœurs des citadins, Hassiba Roushdy s’en sort mieux. Cette actrice d’origine tunisienne et aussi une chanteuse très talentueuse comme elle le prouve à plusieurs reprises dans ce film.


Mardi 19 septembre à 18h30

Tue-moi, s’il te plait d'Hassan El Seifi (Iktilny minfadlak, 1965)
avec Fouad El-Mohandes (Adel), Shweikar (Amina, la fiancée d’Adel), Abdel Moneim Madbouly (le père d’Amina), Abu Bakr Ezzat (docteur Nabih, le frère d’Adel), Abdel Salam Mohamed (le jeune domestique), Hassan Hamed (le voleur), Salama Elias (le docteur Lewis), Hussein Ismaïl (le client ivre du cabaret), Abdel Ghany El Nagdi (le portier), Soheir Magdi (la danseuse), Mukhtar Al Sayed (le procureur), Galal El Masry (le chauve)
Scénario : Ahmed Al Mula
D’après une histoire d’Hassan Hamed
Musique : Fathy Qora et Izzat Al Jahili


Comédie. Adel et son frère le docteur Nabih ont passé la soirée dans un cabaret. Adel a abusé du whisky et son frère a dû le raccompagner jusqu’à chez lui. Adel refuse de laisser partir Nabih tant que celui-ci ne l’a pas examiné. Pour pouvoir rentrer chez lui, le docteur fait croire à Adel qu’il est atteint d’une maladie incurable et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Le monde d’Adel s’écroule. Il devait se marier prochainement avec Amina. Pour ne pas faire subir à la jeune femme un inutile calvaire, il décide se suicider chez lui. Alors qu’il s’apprête à mettre à exécution son funeste projet, il est interrompu par un cambrioleur. Adel a une idée : il paie son visiteur pour que celui-ci le tue à une date et dans un lieu que lui seul aura choisi. Ainsi, notre héros passera de vie à trépas sans s’en apercevoir. Peu après, Adel apprend que le diagnostic était une plaisanterie et qu’en réalité, il est en excellente santé. Malheureusement, il ne sait pas comment joindre son cambrioleur pour lui signifier l’annulation du contrat.

Notre avis : une comédie dans laquelle Fouad El Mohandes semble laissé à lui-même et en profite pour cabotiner de manière exaspérante. Chaque situation est prétexte à gags faciles et vociférations. A cet égard, on atteint la limite du supportable avec la scène interminable où Adel, le personnages joué par Fouad El Mohandes est complétement ivre et rentre chez lui accompagné de son frère. L’acteur use des mêmes effets outranciers qu’au théâtre (En cette même année 1965, il triomphe sur les planches avec la pièce « Ou suis-je et où es-tu ? ») et le réalisateur aurait été bien inspiré de lui rappeler qu’ au cinéma, il faut faire preuve d’un peu plus de nuance. L’utilisation répétée d’une version criarde de « la Danse des Sabres » de Khatchatourian ajoute à la cacophonie générale. Bref, « Tue moi, s’il te plait » ou comment une bonne idée de départ peut tourner au fiasco.


Lundi 18 septembre à 18h30

Le Cinquième Prétendant d’Ahmed Galal (El-arris el-khamis, 1942)

avec Assia Dagher (Bahira Hanem, la riche veuve), Hussein Sedky (Ahmed Effendi/Jafar Bey), Abbas Fares (le premier prétendant), Beshara Wakim (le deuxième prétendant), Fouad Shafik (le troisième prétendant), Mohsen Sarhan (le quatrième prétendant), Samia Sami (Amina, une amie de Bahira Hanem), Lotfya Nazmy (la femme du deuxième prétendant), Thuraya Fakhry (la femme de chambre de Bahira Hanem), Zouzou Chams Eddin (chanteuse), Thuraya Elmy (Soso, chanteuse), Abdul Moneim Saudi (le directeur du domaine du premier prétendant)
Scénario : Ahmed Galal
Production : Les Films du Lotus (Assia Dagher)


Après la mort de son mari dans un naufrage, Bahira hérite d’une fortune colossale. Elle est courtisée par quatre hommes qui rêvent de l’épouser. Ne supportant plus leurs tendres sollicitations qui ne lui laissent aucun répit, elle décide de s’éloigner du Caire pour pouvoir se reposer et réfléchir à son avenir. Elle annonce qu’elle reviendra dans un mois, le jour de son anniversaire. Lors de la fête qu’elle donnera à cette occasion, elle révélera le nom de celui qu’elle aura choisi comme deuxième mari. Avant son départ, Bahira demande à l’un de ses employés de faire une enquête sur ses quatre prétendants. C’est ainsi qu’elle apprend que les quatre individus sont lourdement endettés et qu’ils n’en veulent qu’à son argent. Dépitée, elle décide de visiter Louxor. Elle y rencontre un jeune homme avec qui elle sympathise mais elle se garde bien de lui dire qu’elle est richissime. Elle prétend qu’elle est une domestique au service d’une dame qui a pris pension dans un palace de Louxor…

Notre avis : Assia Dagher est la productrice et l’actrice principale du film. C’est une libanaise qui s’installe en Egypte en 1923 et crée sa maison de production dès 1927. Son nom est indissolublement lié à la naissance et à l’essor du cinéma égyptien : de très nombreux réalisateurs et acteurs de premier plan lui .doivent leurs carrières. Dans cette comédie, elle joue le rôle d’une femme qui devait lui ressembler, une femme libre et indépendante, refusant de se soumettre aux diktats de la morale traditionnelle et revendiquant d’aimer qui bon lui semble sans souci de classe sociale, de fortune ou d’âge. « Le Cinquième Prétendant » est en deux parties. La première se présente comme une satire de tous ces prétendants alléchés par la fortune de la jeune veuve, ce qui nous vaut tout une galerie pittoresque d’hypocrites en tout genre. Dans la seconde, changement de décor et de ton : nous ne sommes plus au Caire mais à Louxor et on assiste à un aimable marivaudage entre l’héroïne et un homme beaucoup plus jeune qu’elle, chacun cachant sa véritable condition pour éprouver l’amour que l’autre lui porte. Une jolie comédie donc, mais reconnaissons que si Assia Dagher fut une éminente productrice, elle ne fut pas en revanche une grande actrice. Il y a toujours quelque chose à la fois de guindé et de lent dans son jeu, ce qui dans ce film produit chez le spectateur l’impression curieuse de voir une tragédienne égarée dans une comédie et qui tenterait sans succès de faire bonne figure.


Dimanche 17 septembre à 14h

Raya et Sakina de Salah Abou Seif (Raya wa Sakina - 1953)
avec Negma Ibrahim (Raya), Zouzou Hamdy El-Hakim (Sakina), Farid Shawki (le borgne de la bande de Raya et Sakina), Anwar Wagdi (Ahmed Yousri, l'officier de police qui mène l'enquête), Chukry Sarhan (Amin, l'homme qui attire les victimes), Samira Ahmed (Soad), Berlanty Abdel Hamid (fiancée d'Amin et amie de Soad), Saïd Khalil (le mari de Sakina), Reyad El Kasabgy (le mari de Raya), Abdel Hamid Zaki (le père de Dalal), Malika El Gamal (la mère de Bassima, une victime du gang), Zeinat Olwi (la danseuse), Suleiman El Gindy (le petit frère de Soad), Shafik Nour El Din (le coiffeur)
Scénario : Naguib Mahfouz, Salah Abou Seif
D’après une histoire de Lotfi Othman
Dialogues : El Sayed Bedeir
Musique : Ahmed Sedky et Hussein Guenid
Production : Ramses Naguib


Alexandrie a peur. Depuis quelque temps des femmes disparaissent dans des conditions mystérieuses. On compte pour l'instant 26 victimes mais nul doute que la liste ne va pas tarder à s'allonger. Ahmed Yousri, le chef du service des affaires criminelles, dirige l'enquête. Pour entrer en contact avec les kidnappeurs, il se déguise en marin et fréquente les cafés et les cabarets des quartiers populaires. Il va très vite obtenir de précieuses informations. L'un des premiers suspects est Amin, un séduisant jeune homme, employé de bureau dans un abattoir...
Ce film évoque un fait divers qui défraya la chronique en Egypte au début des années 20.
appréciation : 4/5

Notre avis : un excellent thriller écrit par le prix Nobel de littérature et pour lequel Salah Abou Seif a appliqué les recettes du film noir américain : une intrigue épurée, une atmosphère inquiétante et une mise en scène nerveuse qui privilégie l'action.
On pourra s'étonner du choix d'Anwar Wagdi pour incarner l'officier de police chargé de l'enquête. Certes, il jouit à l'époque d'une célébrité peu commune, et comme acteur et comme réalisateur, mais son univers est plutôt celui de la comédie ou du drame sentimental, bien loin du réalisme cher à Salah Abou Seif. A noter, qu'en cette même année 52, Anwar Wagdi joue à nouveau un inspecteur de police dans « Le Tigre », une comédie musicale d'Hussein Fawzy et que deux ans plus tard, en 1954, Salah Abou Seif l'engage une nouvelle fois pour jouer un enquêteur dans « Le Monstre ». (Anwar Wagdi avait une prédilection certaine pour l'uniforme !)
Auprès de l'acteur, on trouve deux toutes jeunes actrices promises à de belles carrières, Samirah Ahmed et Berlanti Abdel Hamid qui au moment du tournage ont respectivement 14 et 17 ans.


Samedi 16 septembre à 16h

À la recherche du scandale de Niaizi Mostafa (Albahth A'n Fediha, 1973)
avec Adel Imam (Magdy), Mervat Amine (Hanan), Samir Sabri (Sami), Hamdi Salem (le père de Sami), Youssef Wahby (le père d’Hanan), Ahmed Ramzy (Fakry), Imad Hamdi (le père de Sana), Zizi El Badraoui (Sana), Mohamed Reda (Abou Sari), Nawal Abou El Foutouh (la femme mariée), Salah Nazmi (le mari de la femme mariée), Tawfik El Deken (Saber), Hassan Hamed (le cambrioleur), Nagwa Fouad (elle-même), Zouzou Madi (la mère de Sana), George Sedhom (Abdel Azim), Mimi Chakib (la mère de Hanan), Angel Aram (Mona), Sayed Ibrahim (le père de Mona), Mohamed Awad (Aziz), Rakia Damati (la secrétaire), Mohamed Farid (le barman), Naguib Abdo (le dentiste)
Scénario : Farouk Sabry et Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Samir Sabri et Ahmed Hamouda
Production : Gamal Al-Leithi


Ce film est inspiré d'une comédie américaine réalisée par Gene Kelly en 1967, Petit guide pour mari volage (A Guide for the Married Man).
Magdy quitte son village pour travailler au Caire comme ingénieur. Avant son départ, son père lui donne ses dernières instructions : pour l’honneur de la famille, il faut qu’il se marie au plus vite. Dans la capitale, c’est son collègue Sami qui va l’aider à trouver une fiancée. Celui-ci invite Magdy à l’accompagner dans un club de loisirs qu’il fréquente régulièrement. Le petit provincial repère aussitôt une jeune fille très belle. Il en tombe amoureux fou. Ce sera sa future femme ! Sami lui conseille d’abord de s’assurer qu’elle est bien libre. Après une petit enquête, ils apprennent que la jolie inconnue s’appelle Hanan, qu’elle est célibataire et qu’elle vit chez ses parents. Détail plus embêtant : sa mère souhaite qu’elle épouse l’un de ses cousins.
Sami propose à Magdy une première méthode d’approche. Alors que la jeune femme quitte le parking du club au volant de sa voiture, il s’agit de se jeter devant le véhicule, de rouler sur le capot et enfin de tomber à terre en feignant d’éprouver mille souffrances. Rien ne se passe comme prévu : la chute de Magdy est si maladroite que Hanan n’a aucune pitié pour sa « victime ». Elle est même furieuse. Pire encore : deux jeunes hommes qui ont assisté à la scène prennent notre héros pour un fâcheux sans éducation et le rossent de façon sévère. Evidemment, l’aspirant au mariage et son conseiller ne s’avouent pas vaincus.

Notre avis : pour la première fois dans sa carrière, ’Adel Imam obtient le rôle principal dans un film. Et pour cette comédie romantique, sa partenaire n’est autre que la sublime Mervat Amine, plus belle que jamais. Voilà un jeune acteur comblé ! Si "A la Recherche du Scandale" comporte quelques bons moments, la succession de gags faciles et donc prévisibles finit par lasser. On notera aussi un défaut de structure. Le film ressemble à une comédie à sketches car le cinéaste et son scénariste ont inséré dans leur récit de courtes séquences réalisées avec la collaboration de « guest stars ». Mais cela fonctionne mal : ces saynètes d’un intérêt très inégal (Celle avec George Sedhom est particulièrement inepte.) cassent le rythme de l’histoire principale sans lui apporter grand-chose.
On remarquera enfin que Niazi Mostafa a fait des emprunts (trop ?) évidents à "Chuchotements d’Amour" de Fateen Abdel Wahab, notamment avec le personnage du père, joué dans les deux films par Youssef Wahbi et celui du cousin « yéyé ».
"A la Recherche du Scandale" nous aura au moins permis d’entendre Samir Sabri chanter une version arabe du tube des Middle of The Road, "Chirpy Chirpy Cheep Cheep". Il est à la piscine entouré de danseurs et l’ensemble baigne dans une ambiance furieusement seventies !




mercredi 13 septembre 2023

Cariman (1936-2023)

كريمان

L'actrice égyptienne Cariman est morte hier à l'âge de 86 ans. Elle était devenue très célèbre dans les années cinquante en jouant les jeunes filles impertinentes souvent tourmentées par l'amour. Dans ces films, elle n'obtenait jamais le premier rôle mais la plupart du temps, on lui confiait celui de la jeune soeur du héros ou de l'héroïne. 

Cariman avait brusquement mis un terme à sa carrière au milieu des années soixante. Elle s'était mariée et avait fait le choix de se consacrer entièrement à sa vie de famille. Enfin, c'est la raison officielle donnée dans la presse pour expliquer son retrait. Nous pouvons néanmoins, en proposer une autre : si on se penche sur sa filmographie, on constate que dans les années soixante, sa carrière est déjà sur le déclin. Les tournages se raréfient, les rôles sont moins intéressants. Il est vrai que physiquement elle a changé, elle n'a pas encore trente ans mais sa silhouette s'est alourdie et elle ne peut plus jouer les jeunes adolescentes, emploi dans lequel elle excellait. A l'aube des années soixante, les réalisateurs et les producteurs n'avaient plus grand chose à lui proposer. Sans doute était-il plus sage de se retirer et ne pas s'obstiner, ce qu'elle fit, sans regret semble-t-il.

Cariman débute en 1953 dans "Les Jolies Belles-Mères" d'Helmy Rafla et sa dernière apparition à l'écran sera dans "Noura", un film de Mahmoud Zulficar réalisé en 1967.



Avec Mimi Chakib dans "Les Jolies Belles-Mères" d'Helmy Rafla (1953)




Avec Shukry Sarhan dans "Un Américain de Tanta" d'Ahmed Kamal Morsi (1954)




Avec Zaki Rostom dans 'Rendez-vous avec Satan" de Kamel Telmissani (1955)




Dans "Filles d'Aujourd'hui" d'Henry Barakat (1956)




Avec Abdel Salam Al Nabulsi dans "Apprenez-moi l'amour" d'Atef Salem (1957)




Dans "La Fugitive" d'Hassan Ramzy (1958)




Avec Yousse Fakhr El Din dans "Jeunesse d'Aujourd'hui" de Mahmoud Zulficar (1958)




Dans "La Lanterne Magique" de Fateen Abdel Wahab (1960)




Avec Salah Zulficar dans "Ma Femme est Directeur Général" de Fateen Abdel Wahab (1966)




Avec Nelly dans "Noura" de Mahmoud Zulficar (1967)

vendredi 1 septembre 2023

A la télé : les films du jour (Rotana Classic du 1er au 15 septembre)

روتانا كلاسيك

Quels films peut-on voir sur la chaîne Rotana Classic ? Les horaires donnés sont ceux de l'après-midi ou de la soirée (heure de Paris). La plupart des films sont ensuite rediffusés le lendemain matin.
Rotana Classic a remplacé Rotana Zaman en 2012. Cette chaine fait partie du groupe Rotana basé en Arabie Saoudite et spécialisé dans le divertissement (télévision et musique). Celui-ci a été créé par le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, membre de la dynastie Al Saoud et petit-fils du fondateur de l'Arabie Saoudite. Comme son nom l’indique, Rotana Classic diffuse essentiellement les grands classiques du cinéma égyptien. Disponible en France.


Vendredi 15 septembre à 18h30

Les Deux Orphelines d'Hassan Al Imam (Al Yatimatayn, 1948)
avec Negma Ibrahim (Fidda), Fakher Fakher (le vendeur de journaux), Faten Hamama (Naïmat), Zaky Ibrahim (le grand-père de Naïmat), Thoraya Helmy (Sania), Nabil El Alfy (Adel), Abdel Aziz Al Ahmed (Morsi), Reyad El Kasabgy (le propriétaire du moulin), Naïma Al Soghayar (la chanteuse), Mohsen Hassanein (un ami d’Abbas), Gamalat Zayed (la mère de Sania), Mohamed Alwan (Abbas), Zouzou Mohamed (la femme d’Abbas), Safa El Gamil (Shalabi), Latifa Amine (la mère de Shalabi), Fahmy Amman (le père de Shalabi)
Scénario : Hassan Al Imama et Henry Barakat
Dialogues : Abou Al Sayed Al Ebiary
Musique : Izzat El Gahely, Ibrahim Fawzy, Naïma Al Soghayar


Mélodrame, adaptation du roman Les Deux Orphelines (1877) des deux auteurs français Adolphe d'Ennery et Eugène Cormon.
Un nourrisson a été déposé à l’entrée de la mosquée. Ses cris ont attiré les croyants venus faire leurs prières. L’un d’eux pris de pitié décide d’amener l’enfant chez lui. L’homme charitable s’appelle Morsi. Il a déjà une fille du nom de Sania. La petite orpheline qu’on appelle Naïma est élevée avec elle. Les deux enfants grandissent comme deux sœurs, toujours gaies, toujours complices. Mais Morsi meurt. Alors Naïmat et Sania doivent travailler pour survivre. Elles vendent des foulards dans les rues. Un jour, Naïmat éprouve des douleurs oculaires. On consulte un médecin. Son diagnostic tombe : la jeune fille va perdre la vue. Peu après, les chemins des deux « sœurs » se séparent…


Jeudi 14 septembre à 14h

Amour et Vengeance de Youssef Wahby (Gharam wa Intiqam, 1944)
avec Asmahan (Sohair), Anwar Wagdi (Wahid Ezzat), Youssef Wahby (Gamal Hamdy), Mahmoud El Meleigy (Safwat, le cousin de Wahid), Zouzou Madi (Inayat, l’amie de Sohair), Amina Sherif (Mounira, la sœur de Gamal), Beshara Wakim (le docteur Beshara), Fouad El Rashidi (le procureur), Menassa Fahmy ( le médecin de Gamal Hamdy), Gina (la danseuse), Mohamed Kamel (Oncle Rajab), Fakher Fakher, Soad Ahmed (la mère de Gamal Hamdy), Rashad Hamed (le chauffeur), Abbas Rahmy (un admirateur), Ibrahim Hechmat (expert dans la police scientifique)
Scénario : Youssef Wahby
Une histoire inspirée du Cid, la célèbre tragédie du dramaturge français Pierre Corneille (1606-1684)
Musique : Mohamed Al Qasabji, Ryad Al Sunbati, Mohammad Hassan Al Shugai et Farid Al Atrache
Textes des chansons : Ahmed Rami, Bayram El Tunsi, Mahmoud Al Sinnawi
Production : les Studios Misr
figure dans la liste des 100 films les plus importants de l'histoire du cinéma égyptien


Sohair, une chanteuse célèbre décide d’abandonner sa carrière pour épouser l’amour de sa vie, Wahid, un homme à la sulfureuse réputation, alcoolique et coureur de jupons. Malheureusement, celui-ci est tué la veille de la cérémonie. Le principal suspect est le compositeur Gamal Hamdy. Il est arrêté et interrogé par la police mais on ne trouve aucune preuve contre lui. Il est libéré. Sohair croise à nouveau la route du musicien lors d’une fête donnée par Inayat, l’une de ses amies. Elle décide de faire semblant de tomber amoureuse de lui pour connaître toute la vérité et se venger…

Asmahan meurt accidentellement avant la fin du tournage de ce film, ce qui contraint Youssef Wahby à modifier le dénouement de son scénario.

Notre avis : ce second et dernier film tourné par Asmahan joua un rôle essentiel dans la construction du mythe qu’elle est devenue après sa mort. Son visage de tragédienne, sa voix profonde, son regard énigmatique et son port d’impératrice, tout cela est resté gravé dans la mémoire de plusieurs générations de spectateurs. Et puis, il y a les chansons parmi les plus émouvantes de tout son répertoire (Notre préférée est "Emta Hate'ref" composée par Mohamed Al Qasabji sur un poème de Mamoun El Shinnawy.). Bien sûr, on pourra relever certaines naïvetés du scénario ou certains effets un peu appuyés dans telle ou telle scène mais l’essentiel est ailleurs. Au-delà de ses qualités et de ses défauts, « Amour et Vengeance » restera comme l’une des plus belles pages de l’histoire de la culture égyptienne et comme l’ultime témoignage de l’une des plus grandes chanteuses arabes de tous les temps.


Mercredi 13 septembre à 18h30

Abu Al-Layl de Houssam Al Din Mustafa (1960)
avec Samia Gamal (Doha, la danseuse), Ahmed Ramzy (Ahmed), Zizi El Badrawi (Fatma), Mahmoud El Meleigy (Abou Al Layl), Adli Kasseb (le chef de la police), Mohamed Reda (le procureur), Fahmy Aman (le père de Fatma), Qadria Kamel (la mère de Fatma), Lotfi El Hakim (le maire), Zaki Ibrahim (un villageois), Badr Nofal (la voix d’Abou Layl), Nahed Samir (la femme du chef de la police et la mère d’Ahmed), Ashwaq (danseuse), Abdel Moneim Ismail (un homme du peuple)
Scénario : Adly El Mowalid, Mohamed Kamel Abdel Salam
Musique : Ali Ismaïl. La musique du générique est tirée de la BO du film Comme un Torrent (1958) de Vincente Minnelli, composée par Elmer Bernstein. On retrouve aussi Morton Gould dont on utilise un extrait de ses fameux Spirituals for Strings, Choir and Orchestra (1941) qui servit de générique à l’émission de la télévision française, Les Dossiers de l’Ecran.
Production : Mahmoud El Meleigy


Abou Al Layl (Le père des Ténèbres) est un mystérieux personnage qui fait régner la terreur parmi les habitants d’un petit village. Il apparaît toujours le visage masqué et tout de noir vêtu. Armé d’un fusil et accompagné d’un berger allemand, il rançonne les paysans. On apprend qu’il agit ainsi pour se venger de la mort de son père : celui-ci a été tué par le pacha qui régnait autrefois sans partage dans la région. Désormais c’est lui le maître. Abou Al Layl a une maîtresse, Doha qui est danseuse dans le café du village. Le chef de la police locale tente de l’arrêter mais personne ne souhaite collaborer ou témoigner dans la crainte de subir des représailles. Il décide d’arrêter Doha pour savoir où se cache Abou Al Layl. Ce dernier kidnappe alors le fils de l’officier de police et le confie à un paysan en lui promettant une mort certaine s’il parle. Ce paysan a une fille, Fatma, l’institutrice de l’école du village. Elle soigne et nourrit leur « invité » avec une sollicitude à laquelle celui-ci n’est pas insensible...
Cette intrigue, inspirée du film de Salah Abou Seif, Le Monstre, sera reprise par le réalisateur en 1969 pour Le Fils de Satan. Les deux films ont le même scénariste.


Mardi 12 septembre à 18h30

Poursuite amoureuse de Nagdy Hafez (Moutarada gharamia, 1968)

avec Fouad El-Mohandes (Mounir), Shweikar (Mona), Madiha Kamel (Maria, l’hôtesse italienne), Hassan Mostafa (Fantomas, le maître d’hôtel de Mounir), Abdel Moneim Madbouly (le psychiatre), Camelia (l’hôtesse française), Shahinaz Taha (l’hôtesse américaine), Kawthar Shafiq (l’hôtesse japonaise), Thérèse (l’hôtesse anglaise), Mahmoud Azmy (Sami)
Scénario : Farouk Sabry
Directeur de production : Kamal Hussein


Comédie. Adaptation de la comédie à succès « Boeing Boeing » de Marc Camoletti. Mounir est un homme très riche qui, malgré sa fortune, travaille comme contrôleur aérien. C’est un dom juan impénitent qui entretient une relation amoureuse avec cinq hôtesses en même temps, toutes les cinq de nationalités différentes. Il a en outre la passion des chaussures de femmes qu’il collectionne chez lui. En plus de ses « liaisons internationales », il a une fiancée officielle, Mona, une hôtesse égyptienne. Cette dernière menace de le quitter s’il ne renonce pas à sa vie de play-boy et à sa collection de chaussures. Mounir, plein de bonne volonté, demande de l’aide à un psychiatre...


Lundi 11 septembre à 22h

Je veux me marier d'Ahmed Badrakhan (Aiza atgawiz, 1952)

avec Nour Al Hoda (Farhana), Farid Al Atrache (Farid), Soliman Naguib (Wagdi Cristal), Abdel Salam Al Nabolsi (Wagy Cristal, le neveu de Wagdi), Zinat Sedki (la femme de chambre de Farhana), Serag Mounir (Taher Al-Anfoushi), Kawthar Shafiq (la fille de Taher), Saïd Abou Bakr (cousin de Farhana), Leila al Jazairia (la danseuse Leila), Sayed Suleiman (le domestique des Cristal), Abdel Nabi Mohamed (un soldat), Mohamed Zayed (chauffer de taxi), Abdel Ghani El Nagdi (cousin de Farhana), Thuraya Fakhry (la femme de Taher), Abbas Rahmi (le directeur de la salle de spectacles)
Leila Al Jazairia (photo) est une danseuse algérienne née en 1927. Farid Al Atrache l’avait choisie pour remplacer Samia Gamal dont il venait de se séparer.
Histoire et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary
Musique : Farid Al Atrache
Production : les films Farid Al Atrache


Comédie musicale. Farhana quitte sa ville natale pour commencer une carrière de chanteuse au Caire. Elle a changé de nom et désormais elle se fait appeler Nour Al Ayin. Pour rassurer sa famille, il lui faut épouser au plus vite un homme fortuné. Elle rencontre un vieil industriel très riche qu’elle entreprend de séduire. Mais peu après, elle fait la connaissance du neveu de celui-ci, un neveu qui est aussi son seul héritier. Les deux hommes rivalisent d’attentions à son égard mais Nour finit par comprendre que ni l’un ni l’autre ne souhaite l’épouser avec un véritable contrat et en respectant toutes les conventions d’usage. Elle chasse l’oncle et le neveu de chez elle. Pour se venger, elle décide de se marier avec un homme pauvre. Le hasard fait bien les choses car le soir même, elle rencontre dans un jardin public un jeune inconnu qui chante divinement en s’accompagnant de son oud…

Notre avis : « Je veux me marier » compte parmi les grandes réussites du réalisateur Ahmed Badrakhan. C’est la première comédie musicale de Farid Al Atrache après sa rupture avec Samia Gamal. Quelques mois plus tôt, on les avait vus une dernière fois ensemble dans « Ne le Dites à Personne » d’Henry Barakat. Pour réaliser « Je veux me marier », on a reconstitué une partie de l’équipe du film précèdent : Farid Al Atrache a de nouveau pour partenaire féminine la chanteuse libanaise Nour El Hoda, on retrouve dans un second rôle, Abdel Salam Al Nabolsi et le scénario est aussi signé Abou Al Seoud Al Ebiary. Enfin, pour remplacer Samia, Farid Al Atrache a découvert une jeune danseuse algérienne très talentueuse, Layla Al Jazairia. Le résultat est tout aussi enthousiasmant que pour l’opus précédent. La fantaisie et l’entrain ne se relâchent à aucun moment ; les chansons s’insèrent naturellement à l’histoire ; Zinat Sedky et Abdel Salam Al Nabolsi, en seconds rôles comiques, sont comme toujours épatants. Et puis, la « petite nouvelle » fait des débuts très prometteurs dans la comédie et parvient à nous faire oublier l’immense Samia Gamal. Hélas, il n’y aura pas de suite : Layla Al Jazairia tournera dans trois films puis quittera l’Egypte définitivement.


Dimanche 10 septembre à 22h

Agent n°13 de Medhat El Sebaie (El Ameel Raqam 13, 1989)
avec Mohamed Sobhy (Sharif), Eman (Basma), Sabreen (Nahid), Nabil El Halafawi (Ali Hussein), Shaaban Hussein (Sabri), Afaf Rashad (Maha), Samir Wahid (Maher Abbas), Zouzou Nabil (la mère de Sharif), Ali El Gandour (le chef du gang), Hussein El Sherif (officier de police), Saïd Mostafa (officier de police), Ezzat El Mashad (le chef des douanes), Mahmoud Al Iraq (un gangster), Abdul Monem Al Nimr (un gangster), Saleh El Aweil (un gangster)
Scénario : Mahmoud Fahmy
Musique : Hany Shenouda
Production : Screen 2000


Thriller. Charif est un agent des douanes très expérimenté qui suscite la jalousie de bon nombre de ses collègues. Un jour, il est approché par la police. On souhaiterait qu’il infiltre une bande de trafiquants de drogue. Charif est très réticent au début mais il finit par accepter la mission. Il doit se faire passer pour un malfaiteur proposant ses services et on lui loue un appartement de luxe pour qu’il puisse recevoir les membres du gang. C’est ainsi qu’il rencontre Basma, une blonde très séduisante qui occupe une fonction importante dans la filière mise en place par les trafiquants. Sûre de son charme, elle tente de conquérir Charif qui se retrouve dans une situation bien embarrassante : il doit rester en bons termes avec la jeune femme sans pour autant céder à ses avances car il est fiancé à Nahed et l’appartement est truffé de micros…

Notre avis : une comédie mollassonne qui reprend un sujet archi exploité depuis les années cinquante : un policier infiltre un gang de trafiquants et y fait la connaissance d’une femme séduisante qui est soit le chef de l’organisation criminelle, soit la maitresse du chef. Rien de bien neuf donc et le fait qu’ « Agent n°13 » soit une comédie et non un thriller n’ajoute pas grand-chose à l’intérêt du film. Peut-être en aurait-il été autrement si l’on avait confié le rôle principal à un acteur comique talentueux, ce que n’est assurément pas Mohamed Sobhy. Et puis pour ne rien arranger, le film ne comporte quasiment aucune action. Le héros passe de chaise en chaise ou de fauteuil en fauteuil et cause encore et encore. Parfois, il est au lit mais seul ! Bref on s’ennuie ferme malgré la présence de la sémillante Eman qui fut l’un des sex-symbols du cinéma des années quatre-vingt.


Vendredi 8 septembre à 22h

Comment t'oublier ? d’Ahmed Badrakhan (Izhay ansak, 1956)
avec Farid Al Atrache (Farid), Sabah (Zanouba), Karima (Zizi), Nadia Gamal (Louza), Soad Ahmed (Madame Louahz), Abdel Salam El Nabolsi (Adnan, le metteur en scène), Serag Mounir (Radwan, le propriétaire du théâtre), Abdel Moneim Basioni (le journaliste), Rushdy Abaza (Rushdy, l’ami de Zizi), Berlanti Abdel Hamid (Soraya, une amie de Zizi), Amal Wahid (Mervat, une amie de Zizi), Reyad El Kasabgy (Matwali, le beau-père de Zanouba et de Louza), Mimi Aziz (Madame Marica), George Yordanis (Maître d’hôtel du Semiramis)
Scénario : Ali El Zorkani
Musique : Farid Al Atrache, Abdel Aziz Salam, Anwar Abdallah, Mahmoud Fahmy Ibrahim, Ismaïl El Habrouk
Production : les films Farid Al Atrache


Comédie musicale. Louza et Zanouba sont deux sœurs. La première est danseuse, la seconde chanteuse. Elles ne supportent plus leur beau-père qui les exploite et leur prend tout leur argent. Elles décident de fuir le domicile familial. Elles se rendent au théâtre Kursaal où elles rencontrent Farid, un chanteur célèbre. Celui-ci les engage et leur donne une avance pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins. Les deux sœurs s’installent à la pension de Madame Marica. C’est le metteur en scène Adnan qui se chargera de les former. Malgré le scepticisme du propriétaire de la salle, Farid croit au talent de ses deux protégées et il est ravi du triomphe qu’elles remportent dès leur première prestation. Il est aussi de plus en plus attiré par Zanouba, la chanteuse, mais Zizi, une riche héritière qui a depuis longtemps des vues sur lui, n’a pas l’intention de se laisser évincer sans réagir…

Notre avis : un film produit par Farid Al Atrache à la gloire de Farid Al Atrache. Il incarne un chanteur charismatique dont le talent n’a d’égal que la générosité et qui naturellement enflamme tous les cœurs. A ses côtés, Sabah joue une chanteuse un peu écervelée qui préfère le luxe et la fête à l’art et à l’amour véritable. Elle sera bien punie et elle s’en repentira ! Mais l’intérêt de "Comment t'oublier ?" ne réside certainement pas dans l’histoire qui nous est contée. Celle-ci n’est qu’un prétexte à filmer Farid Al Atrache et Sabah entrain de chanter, seuls ou en duo. Les fans des deux vedettes ne pourront que se réjouir du grand nombre de chansons, parfois très belles et souvent très longues. Le duo sur "La Chanson du Faiseur de Statues" dure plus de dix minutes coupé néanmoins par un intermède dansé exécuté par Nadia Gamal sur la "Danse Rituelle du Feu" du compositeur espagnol Manuel de Falla. Finissons sur une note légère : c’est dans ce film qu’apparaît pour la première fois à l’écran Karima, Miss Egypte 1955.


Jeudi 7 septembre à 22h

Un Inconnu dans ma maison de Samir Seif (Ghareeb fi Baity, 1982)
avec Soad Hosny (Afaf), Moamen Hassan (le fils d’Afaf), Nour El Sherif (Shehata Abou Kaf), Ali El Sherif, Ibrahim Kadri (l’agent immobilier), George Sedhom (Saad Marzouk, l’ancien propriétaire de l’appartement), Hassan Mostafa (Ali Nachif, l’entraîneur du club), Nabila El Sayed (Kaouther, la collègue d’Afaf), Wahid Seif (le réceptionniste de l’hôtel de passe), Seif Allah Mokhtar (l’assistant d’Ali Nachif), Hayatem (la séductrice), Mohamed Abou Dawoud (l’officier de police)
Scénario et dialogues : Wahid Hamid
Remake d’Adieu, je reste (The Goodbye Girl), un film américain réalisé par Herbert Ross en 1977.
Musique : Hany Shenouda


Comédie. Shehata est un jeune footballeur d’Al Minya, la capitale de la Moyenne-Egypte. Il a reçu un télégramme du prestigieux club de Zamalek qui a décidé de l’engager et qui lui demande de rejoindre au plus vite Le Caire. C’est la première fois que Shehata se rend dans la capitale et les difficultés commencent dès sa sortie de la gare. Il hèle un taxi et s’apprête à y monter mais une jeune femme prétend qu’elle lui avait fait signe avant lui. Tandis que la discussion s’envenime, un voleur s’empare du porte-monnaie de l'une et du portefeuille de l'autre puis s’enfuit en prenant le taxi que Shehata et Afaf se disputaient. Les deux antagonistes constatent la disparition de leur argent et s’accusent mutuellement. Ils se retrouvent au commissariat pour s’expliquer. L’officier de police décide de mettre Shehata en cellule. C’est l’entraîneur du club de Zamaleck lui-même qui vient délivrer son nouveau joueur. L’officier de police est confus d’avoir rudoyé une future étoile du football. Shehata et Afaf ressortent libres du commissariat.
Afaf est une infirmière qui depuis la mort de son mari élève seule son fils. Après les mésaventures de la journée, la mère et l’enfant retrouvent la petite chambre qu’ils occupent dans une pension modeste. De son côté, Shehata s’est installé dans un hôtel sans savoir que celui-ci accueille essentiellement des prostituées et leurs clients. Le soir même, des policiers investissent l’établissement et embarquent tout le monde. C’est ainsi que le footballeur se retrouve encore une fois en cellule.

Notre avis : quand elle tourne dans ce film, Soad Hosny est âgée d’à peine quarante ans et elle se trouve déjà au crépuscule de sa carrière. Elle jouera ensuite dans quelques films sans grand intérêt et quittera définitivement le monde du cinéma en 1991. « Un Inconnu dans ma maison » est sa dernière comédie et on doit reconnaître qu’elle n’y brille pas de manière particulière. On est très loin de la star qui dans les années soixante et soixante-dix ravissait le public par sa sensualité, sa bonne humeur et son énergie. Dans ce film, Soad Hosny semble un peu l’ombre d’elle-même donnant consciencieusement la réplique à son partenaire Nour El Sherif. Il est vrai que le scénario n’offre rien d’excitant pour une actrice ou un acteur. On reste dans la comédie gentiment sociale et pleine de bons sentiments. A voir quand même pour la prestation explosive de Nabila El Sayed à qui nous devons l'une des scènes les plus drôles du film.


Mercredi 6 septembre à 22h

Quatre filles et un officier d'Anwar Wagdi (Arba banat wa dabit, 1954)
avec Negma Ibrahim (Sakina, la directrice de la maison de correction), Naïma Akef (Naïma), Anwar Wagdi (Wahid), Zinat Sedki (Oum Samaka), Wedad Hamdy (une pensionnaire de la maison de correction), Abdel Wares Asr (Marzouk), Amina Risk (Amina Hanem), Ragaa Youssef (Ragaa), Awatef Youssef (Awatef), Fouad Fahim (Abdel Kader), Ahmed Darwich (le juge), Zizi El Badraoui (une petite fille), Lebleba (Suzanne)
Scénario et dialogues : Abou Al Seoud Al Ebiary et Anwar Wagdi
Musique : Mounir Mourad, Ahmed Sabra, André Ryder, Fathy Qoura
Production : Ramsès Naguib et Anwar Wagdi
Quatre filles et un officier est le dernier film d’Anwar Wagdi. Il sort en mars 1954. Peu après, Anwar Wagdi divorce de Layla Mourad et se rend en Suède afin d’être soigné pour la maladie qui l’emportera l’année suivante. Il meurt le 14 mai 1955 à Stockholm. Il s’était remarié quelques mois auparavant avec Layla Fawzi.


Comédie musicale. Naima est une jeune orpheline qui a été placée dans une maison de correction dirigée d’une main de fer par Madame Sakinah. Elle est tombée amoureuse de Wahid, l’officier chargé de la discipline et de la sécurité au sein de l’établissement. Celui-ci s’oppose aux méthodes brutales de la direction et fait preuve de bienveillance et de générosité à l’égard de toutes les pensionnaires. Naïma trouve tous les prétextes pour se retrouver en tête-à-tête avec Wahid. Un soir au dortoir, Naima montre à ses trois meilleures camarades la photo que l’élu de son cœur a accepté de lui donner. Pour échapper à la surveillance de la gardienne, elles se sont réfugiées sous un lit et l’une des filles tient une bougie allumée. Soudain, la literie s’embrase. En quelques secondes, les flammes se propagent à l’ensemble des lits du dortoir. C’est l’incendie…

Notre avis : Anwar Wagdi est un homme de spectacle et il le démontre une dernière fois ici. Dans « Quatre filles et un officier », l'influence de la comédie musicale américaine est patente. Une séquence du film est clairement inspirée d'"Un Jour à New-York" de Gene Kelly et Stanley Donen (1949). A voir pour Naïma Akef bien sûr mais aussi pour les deux soeurs Ragaa et Awatef Youssef qui sont épatantes au point d'éclipser leur célèbre consoeur dans certaines scènes. En revanche je serai beaucoup plus réservé sur la prestation de la toute jeune Lebleba qui nous rappelle un peu trop sa petite collègue Fayrouz.


Mardi 5 septembre à 14h

C'est toi que j'aime d'Ahmed Badrakhan (Ahebbak Inta, 1949)
avec Farid Al Atrache (Mounir), Samia Gamal (Nadia), Ismaïl Yassin (Hikmat Al Far), Abdel Salam Al Nabulsi (le chorégraphe), Zeinat Sedki (la propriétaire de la pension), Thoraya Helmy (Zaynab), Lola Sedky (Rasmia), Mahmoud Shoukoko (Darwich Al Nims), Hassan Fayek (Basioni Bey), Abdel Moneim Ismaïl (le marin), Zaki Ibrahim (Ibrahim Bey), Mahmoud Reda (un danseur), Rifaat El Gamal (un danseur), Abdel Aziz Hamdy (l’employé du télégraphe)
Scénario et dialogues : Youssef Gohar et Ahmed Badrakhan
Musique : Farid Al Atrache, Aziz Sadek, Bibi Al Manza
Production : les films Farid Al Atrache


Comédie musicale. Mounir travaille comme employé aux télécommunications. Il arrive souvent en retard au bureau car il consacre ses soirées et ses nuits à la musique. Malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à percer. Un jour, Nadia, une danseuse se présente à son guichet. Elle souhaite envoyer un télégramme à Ghazal, son chorégraphe, pour lui apprendre une terrible nouvelle : son petit chien vient de mourir. Bouleversée, elle montre à Mounir une photo du « défunt » puis disparaît aussi vite qu’elle était apparue. Le musicien télégraphiste a été vivement impressionné par la beauté de Nadia. Pour la revoir, il a une idée. Comme elle lui a laissé la photo de son chien, il en trouve un identique et se présente avec à son domicile. C’est ainsi que commencent à la fois leur histoire d’amour et leur collaboration artistique. Mounir connaît enfin le succès grâce aux musiques qu’ils composent pour Nadia. Mais très vite, le compositeur devient extrêmement jaloux de la complicité qui unit Nadia et son chorégraphe. Il préfère rompre…

Notre avis : 1949 fut une très grande année pour la comédie et la comédie musicale égyptiennes. On pourrait citer un nombre incroyable de films sortis cette année-là et devenus des classiques. « C’est toi que j’aime » en fait bien sûr partie. La conjugaison des plus grands talents de l’époque dans tous les domaines artistiques a produit ce petit miracle. Les scènes de comédie, les danses, les chansons s’enchainent avec un souci constant du rythme et de la variété. Et puis ce qui fait la valeur inestimable à nos yeux de cette comédie musicale, c’est l’autodérision dont font preuve tous ces acteurs renommés qui pour amuser le public n’ont peur de rien et surtout pas du ridicule !


Lundi 4 septembre à 18h30

Le bien aimé inconnu d'Hassan El Seifi (El habib El-Majhoul, 1955)
avec Layla Mourad (Layla), Olwya Gamil (la mère de Layla), Hussein Sedky (le docteur Hussein Yousri), Kamal El Shennawi (Wahid), Mokhtar Othman (le grand-père de Wahid), Serag Mounir (le docteur Mounir), Ragaa Youssef (la danseuse Ragaa), Abdel Salam El Nabolsi (Mehran), Lebleba (la petite sœur de Layla), Thuraya Fakhry (la grand-mère de Wahid), Thuraya Salem (une danseuse), Rashwan Mustafa (le chirurgien), Abdel Ghani El Nagdi (le portier)
Scénario : Abdoul Rahman Al Sharif
Musique : Fathy Qoura, Mamoun Al Shinawi, Riad El Sonbati, Kamal Al Tawil, Mounir Mourad


Drame sentimental. Le docteur Hussein et Wahid son cousin cardiologue se retrouvent dans l’ascenseur avec une inconnue. Celle-ci s’évanouit subitement. Les deux hommes la transportent aussitôt dans le cabinet du docteur Hussein. La jeune femme qui s’appelle Layla reprend conscience. C’était un simple malaise sans gravité. Les deux cousins peuvent alors se rendre dans le cabaret où ils projetaient de passer la soirée. C’est dans cet établissement que danse Ragaa, la jeune artiste dont Wahid est follement amoureux. Quelque temps après, Layla est à nouveau victime d’un malaise. Sa mère fait venir le docteur Hussein qui prescrit une série d’examens. Les résultats sont sans appel : la jeune femme est gravement malade du cœur et ses jours sont en danger. Le docteur Hussein a décidé de tout faire afin de sauver cette patiente pour qui il éprouve des sentiments de plus en plus tendres…
Le dernier film de Layla Mourad. Après cet échec commercial, elle décide de mettre un terme à sa carrière. Elle a trente-sept ans.


Dimanche 3 septembre à 22h

Le Suicide du Propriétaire de l’Appartement d’Ahmed Yehia (Intihar Saheb Al-shaqqa, 1986)
avec Nabila Ebeid (Farida), Kamal Al Shennawi (Abdel Aziz), Hatem Zulfikar (Hamdi), Taheya Carioca (la belle-mère de Farida), Mimi Gamal (Mervat), Wael Nour (le frère d’Hamdi), Liza (la petite fille), Amel Ibrahim (Sawsan), Samia Mohsen (Fahima, la femme de l’oncle de Farida), Hosny Abdel Jalil (l’oncle de Farida), Etedal Chahine (la directrice d’école)
Une histoire d'Ihsan Abdul Quddus
Scénario : Mostafa Moharam
Musique : Hassan Abo El Suood, Yehia Al Muji


Farida est mariée à Hamdi et tous les deux vivent encore dans l’appartement de la famille de celui-ci. Epoux à la ville, ils sont aussi devenus collègues au bureau. Mais voilà, Farida ne supporte plus l’attitude de sa belle-mère qui fait tout son possible pour monter son fils contre elle. N’y tenant plus, elle finit par quitter son mari et s’installe chez une collègue. Abdel Aziz, le directeur de la société pour laquelle elle travaille ne lui a jamais caché tout l’intérêt qu’il lui portait. Après son divorce, Farida accepte de l’épouser. Elle ne tarde pas à comprendre que son nouveau mari a non seulement un certain penchant pour l’alcool mais que c’est aussi un coureur de jupons invétéré. Après l’avoir quitté une première fois, elle revient avec une idée très précise en tête : devenir l’unique propriétaire du luxueux appartement de son mari…

Notre avis : quoi que l’on puisse penser de l’œuvre littéraire d’Ihsan Abdul Quddus, il faut reconnaître que ses histoires ont su séduire un grand nombre de cinéastes et qu’elles nous ont donné des films parfois très intéressants. Dans ses romans, Ihsan Abdul Quddus traite de la condition féminine dans la société égyptienne de son époque. Il dénonce le machisme triomphant et ses héroïnes sont souvent des femmes qui tentent de se libérer des carcans qui les oppressent. C’est le cas dans ce film d’Ahmed Yehia qui brosse un tableau très sombre des relations entre hommes et femmes. C’est la guerre et il est illusoire d’espérer une fin prochaine des hostilités. Les hommes sont des êtres veules et égoïstes et pour s’en délivrer, l’héroïne doit se montrer dure et impitoyable. Comme le montre le dénouement, la moindre faiblesse conduit à une nouvelle capitulation. Nabilla Ebeid excelle dans ce type de rôles et son partenaire, Kamal El Shennawi est formidable en grand bourgeois saisi par la débauche. Un film fort, sans complaisance, mais à l’esthétique un peu daté.


Samedi 2 septembre à 22h

Monsieur Karaté de Mohamed Khan (Mister Karate, 1993)
avec Ahmed Zaki  (Salah), Nahla Salama  (Nadia), Ibrahim Nasr (Hassan, l’entraineur), Mamdouh Wafi (l’ingénieur Sherif), Othman Abdel Moneim (Omar, l’ancien collègue du père de Salah), Nader Nour Alddin (Samir), Amr Mohammed Ali (Fathi), Zouzou Nabil (la vieille dame),  Azza Kamel (la fille de la vieille dame), Wagih Agamy (Mahmoud), Hassan El Adl (un policier corrompu), Adawy Gheith (Monsieur Aziz), Moustafa Darwish (un mari jaloux), Fouad Farghaly (le fonctionnaire)
Scénario : Raouf Tawfik
Musique : Yasser Abdul Rahman
Production : les films El Sobky


Salah quitte son village natal pour travailler au Caire. Il trouve un emploi dans le garage où son défunt père avait lui aussi travaillé. Près du garage, il y a un vidéo club tenu par Nadia, une jeune femme très jolie. Salah sympathise rapidement avec elle. Le matin, il l’aide à ouvrir sa boutique tout en conversant. Nadia lui fait découvrir les films de karaté. Salah est subjugué par les exploits des héros de ces films et il rêve de devenir lui aussi un champion de karaté comme Bruce Lee. Il fait alors la connaissance d’un ancien entraineur qui l’initie à cet art martial. C’est lui qui donne à Salah le surnom de « Mister Karaté ». Malheureusement, un terrible accident va mettre un coup d’arrêt aux rêves et aux projets du jeune homme. En essayant d’arrêter un véhicule conduit par un adolescent, il fait une chute et une roue de la voiture lui broie l’une de ses jambes. Il est hospitalisé. La convalescence sera longue, il pourra à nouveau marcher sans béquilles mais en boîtant...

Notre avis : une réflexion intéressante sur le caractère aliénant d’un certain cinéma commercial véhiculant des mythes trompeurs et des modèles illusoires. Après son accident, le héros du film devra abandonner ses rêves de gloire et affronter la misère et la corruption qui gangrènent la société. Le réalisateur nous invite à suivre son personnage dans ses pérégrinations à travers une capitale dont les rues et les bâtiments ne sont que décrépitude et délabrement, une capitale qui est devenue le terrain de jeu des trafiquants et des corrompus. En fait, Mohamed Khan dans  ce film nous raconte l’histoire d’un homme simple qui s’est libéré de ses chimères pour se convertir au réel et à l’action.
 

Vendredi 1er septembre à 18h30

La Boulangère
d'Hassan Al Imam (Baiat al khoubiz, 1953)

avec Amina Rizq (Khadija/Halima), Shadia (Nehmat, la fille de Khadija), Magda Al Sabahi (Nelly Abdul Hakim, la fille de Raïs Abdul Hakim), Zaki Rostom (Raïs Abdul Hakim/Gharib Abu Shamah), Omar El Hariri (Sami, le fils de Khadija), Soliman Naguib (Shafiq, le peintre, neveu de l’imam), Chukry Sarhan (l’ingénieur Medhat, le fils du directeur assassiné), Mahmoud Shoukoko (le livreur de pain), Hussein Riad (Massoud, le complice d’Abdul Hakim), Thoraya Helmy (une amie de Nehmat), Ibrahim Hechmat (le directeur de l’usine), Tousoun Motamad (faux témoin)
Scénario : El Sayed Bedeir et Hassan Al Imam
Musique et chansons : Berlanty, Abdel Halim Hafez, Fathy Qoura, Mahmoud Al Sharif, Hussein Guenid


La Boulangère est l’adaptation du roman de l’écrivain français Xavier de Montépin, La Porteuse de Pain (1884).

Mélodrame. Après la mort de son mari, Khadija reste seule avec son jeune fils. Elle a confié sa fille à un parent. Elle habite un appartement dans l’enceinte de l’usine où travaillait le défunt. Raïs Abdul Hakimn, le contremaître, tourne autour de la jolie veuve mais celle-ci a toujours repoussé ses avances. Désespéré, il lui écrit une lettre dans laquelle il lui redit son amour et lui annonce qu’il provoquera un incendie dans l’enceinte de l’usine et s’emparera d‘une invention qui le rendra immensément riche. Après l’avoir lue, Khadija jette la lettre mais elle ne voit pas que son fils l’a récupérée et qu’il l’a cachée dans son petit cheval de bois. Le contremaître met son plan à exécution : à la nuit tombée, il se rend dans le bureau du directeur de l’usine, vide le coffre-fort et met le feu dans la pièce. En quittant le bureau, il tombe sur le directeur qu’il étrangle. Il se rend ensuite chez Khadija pour la supplier de fuir avec lui. Elle refuse. De dépit, Raïs Abdul Hakim fait croire à tous les ouvriers que c’est la veuve qui a provoqué l’incendie à l’usine. Khadija a trouvé refuge chez l’imam de la mosquée mais elle est arrêtée peu après et comparaît en justice. Le tribunal la condamne aux travaux forcés. Elle perd la raison et elle est internée dans un hôpital psychiatrique. Les années passent, elle recouvre la raison et apprend que l’imam à qui elle avait confié son fils est mort et qu’on n’a plus aucune trace de ses deux enfants. Après l’hôpital, elle retrouve la prison mais elle s’évade. Elle se rend au Caire…

Notre avis : un superbe mélodrame. Hassan Al Imam adorait la littérature française et il goûtait tout particulièrement les romans-feuilletons du XIXe siècle avec leur foisonnement de péripéties dramatiques et de coups de théâtre parfois bien improbables . En 1948, il avait déjà adapté avec succès « les Deux Orphelines » d'Ennery et d’Eugène Cormon. Cette fois-ci, il s’attaque avec le même bonheur à « la Porteuse de Pain ». Hassan Al Imam et son scénariste sont parvenus à conserver de manière très fidèle les multiples fils de l’intrigue du roman français, tout en les transplantant dans l’Egypte de leur époque. Le film dure plus de deux heures mais on ne voit pas le temps passer : chaque séquence comporte son lot de révélations qui tient en haleine le spectateur. L’interprétation est remarquable et Zaki Rostom en criminel hanté par son passé nous offre l’une de ses plus belles prestations.