jeudi 29 mai 2014

Les Filles et l'Eté, deuxième volet (Albanat wal Saif, 1960)

البنات و الصيف
إخراج : صلاح أبوسيف

La deuxième histoire des Filles et l'Eté a été réalisée par Salah Abou Seif.
Distribution : Hussein Riad (le père), Ferdoos Mohamed (la mère), Samira Ahmed (la servante), Hassan Hamed (le bellâtre de la plage)



 


Samira Ahmed


















Samira Ahmed et Hassan Hamed

















Hussein Riad








Hussein Riad




C’est l'histoire d'un couple qui passe les vacances d'été à Alexandrie avec enfants et femme de ménage. Le mari éprouve un désir irrépressible pour cette dernière. Il en perd le sommeil. Une nuit, il s’introduit dans la cuisine où dort sa jeune employée. Il contemple longuement son corps étendu sur la paillasse. Il est à deux doigts de succomber mais parvient encore à se maîtriser. La situation devient insupportable. Pour résister à la tentation,  il ne cesse de harceler la jeune fille, lui faisant mille reproches et la frappant en présence de ses enfants. L’employée ne comprend pas l’attitude de l’homme. Elle croit trouver le réconfort auprès d’un garçon de plage qui ne pense qu’à l’exploiter.  Son patron finit par l’accuser de vol. Elle s’enfuit mais elle est rattrapée par la police. Dans la cellule du commissariat, elle fait la connaissance d’une prostituée qui lui promet que son souteneur pourra la sortir d’ici. Heureusement, le père de famille pris de remords se rend au commissariat pour disculper son employée.



Les Filles et l'Eté, premier volet (Albanat wal Saif, 1960)

البنات و الصيف
إخراج: عز الدين ذو الفقار



Les Filles et l'Eté (1960) est un film constitué de trois sketches tournés par trois cinéastes différents mais écrits par un seul scénariste, l’écrivain Ihsan Abdul Quddus. Chaque épisode a fait l’objet d’une affiche particulière.
La première histoire a été réalisée par Ezzel Dine Zulficar.
Distribution : Kamal El Shennawi (l'ami du mari), Mariam Fakhr Eddine (la femme), Adel Khairy (le mari).

  

Kamal Al Shennawi
















Mariam Fakhr Eddine et Kamal Al Shennawi

















Adel Khairy



Mariam Fakhr Eddine

















Un jeune couple passe des vacances à Alexandrie. Ismaël, le meilleur ami du mari les a rejoints et ne les quitte pas. Sa présence met mal à l’aise la jeune femme car celui-ci ne cache pas le désir qu’il éprouve pour elle. Un jour que le mari s’est absenté, l’ami s’enhardit et viole la femme dans la chambre de l’appartement. La jeune femme et au désespoir, d’autant plus qu’Ismaël continue de la tourmenter. Elle essaie de faire comprendre la situation à son mari mais celui-ci est totalement aveuglé par l’amitié. Après un second viol et devant l’indifférence inébranlable de son époux, elle décide de le quitter pour se réfugier chez ses parents. Ces derniers refusent de la recueillir et la contraignent à retrouver son mari. Avec une amie, elle décide alors de piéger Ismaël. Elle lui donne rendez-vous dans l’appartement pour un tête-à-tête amoureux. Dès qu’il se jette sur elle, la porte s’ouvre et apparaissent l’amie avec son mari. Malgré la preuve irréfutable de la trahison d’Ismaël, le mari est incapable de réagir. Elle décide donc d’en finir : elle poignarde son violeur et sort en courant de l’appartement pour se jeter du haut d’une falaise.

jeudi 22 mai 2014

Une demi-heure de mariage (Noss Saha Jawaz, 1969)

نص ساعة جواز
إخراج: فطين عبدالوهاب






Fateen Abdel Wahab a réalisé Une Demi-heure de Mariage en 1969.

Distribution : Rushdy Abaza (Docteur Hosny), Shadia (L'infirmière Fatima), Adel Imam (Sameh),Magda El-Khatib (Daliah), Hassan Mostafa (Saïd), Samir Sabri (Hamdi),Youssef Shabaan (dans son propre rôle), Nagla Fathy (dans son propre rôle), Abdel-Moneim Ibrahim (dans son propre rôle), Nahied Yousri (une patiente du docteur Hosny), Magie (l'amie italienne), Aleya Abdel Moneim (la soeur de Fatima)
Scénario et dialogues : Ahmed Ragab
adaptation d'une pièce de théâtre française, Fleur de Cactus, écrite par Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy
L’adaptation américaine de la pièce réalisée par Gene Sacks sort aussi sur les écrans en 1969. 
Musique : Fouad El Zahry

Shadia

Rushdy Abaza et Magie

Magda El Khatib

Magda El Khatib

Magda El Khatib et Rushdy Abaza

Magda El Khatib et Adel Imam

Hassan Mostafa
  
Abdel Moneim Ibrahim

Magda El-Khatib

Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre française, Fleur de Cactus, écrite par Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy (création au Théâtre des Bouffes Parisiens en 1964 avec Sophie Desmarets, Jean Poiret et Jean Carmet). Cette même année 69, l'adaptation américaine sort aussi sur les écrans  : Cactus Flower  de Gene Sacks avec Ingrid Bergman.



Résumé

Le docteur Hosni est un dentiste célèbre pour sa vie amoureuse très agitée. Pour échapper au mariage, il prétend à toutes ses conquêtes qu’il est déjà marié et qu’il a des enfants. Fatma, son assistante, gère toutes ses affaires, aussi bien professionnelles que privées. Elle est secrètement amoureuse de son patron et les nombreuses aventures de celui-ci l’exaspèrent.
Un soir qu’il doit sortir avec Dalhia, sa maîtresse du moment, il reçoit à son cabinet la visite d’une amie italienne. Il décommande aussitôt son précédent engagement afin de passer la nuit avec elle. Pour faire avaler la pilule à Dalhia, il joint à son mot d’excuse, un gigantesque bouquet de fleurs. La jeune femme n’est pas dupe et ce désistement de dernière minute la rend folle de désespoir. Elle tente de se suicider par le gaz. Heureusement, elle est sauvée in extremis par un jeune voisin qui travaille comme doublure dans le cinéma. Le lendemain, le docteur Hosni à qui Dalhia avait envoyé un télégramme pour le prévenir de son geste fait irruption chez elle. Il tente de la réconforter et lui propose le mariage. Elle refuse puisqu’il est déjà marié. Hosni prétend alors qu’ils sont en instance de divorce car sa femme est amoureuse de son cousin. Pour avoir la certitude qu’il dit vrai, Dalhia veut rencontrer son épouse. Le docteur Hosni a une idée lumineuse : il demande à Fatma son assistante de se faire passer pour sa future ex-femme…


Critique

Une comédie légère et pétillante signée Fateen Abdel Wahab, le réalisateur attitré d’Ismaïl Yassin dans les années cinquante. Pour ce film, il a invité un grand nombre de vedettes de l’époque. Ce casting prestigieux est au service d’un produit conçu selon les standards du cinéma commercial des années soixante. Fateen Abdel Wahab est un cinéaste de grand talent et il en fait la démonstration dans cette comédie : un rythme trépidant, des situations rocambolesques et des personnages qui allient fantaisie et glamour. A maintes reprises, on pense au Billy Wilder de « La Garçonnière » ou de « Embrasse-moi, Idiot ». Peut-être pourrait-on trouver à certains gags, à certaines répliques ou au jeu de certains acteurs un caractère « too much » mais l’énergie qui se dégage de l’ensemble emporte tout.

Tout le film repose sur la rivalité entre deux personnages féminins et il est tentant de comparer le jeu des deux actrices qui les incarnent. On se dit que chacune des deux a eu à cœur de montrer à sa consœur qu’elle était bien la meilleure. Alors qu’en est-il ? Malgré ses efforts méritoires, Shadia peine à convaincre dans le registre comique. Son jeu à la fois limité et outré finit par lasser. Mais reconnaissons qu’elle est parfois placée dans des situations qui ne lui facilitent pas la tâche. Je pense notamment à cette scène où elle chante et danse devant un grand miroir tout en remontant sa robe pour laisser apparaître ses cuisses grassouillettes. Je ne sais qu’elles étaient les intentions du réalisateur mais ici ce n’est pas le personnage qui est comique mais l’actrice qui est ridicule. En revanche, Magda El-Khatib est parfaite. Malgré sa beauté de déesse antique, elle a su se prêter à toutes les exigences de la comédie avec le plus grand naturel. Elle s’en tient à un jeu sobre et nuancé beaucoup plus efficace que les gesticulations et les grimaces de sa collègue. Et puis, la caméra de Fateen Abdel Wahab exalte sa grâce et sa sensualité à chaque plan, à chaque scène. Le résultat est donc sans appel : dans ce film, Magda Et Khatib l’emporte sur Shadia qui en est réduite au rôle peu enviable de faire-valoir malgré son omniprésence dans cette Demi-heure de Mariage.

Appréciation : 3/5
***
Texte : © Ciné Le Caire/Philippe Bardin

dimanche 11 mai 2014

Les 100 films les plus importants (12) Les années quatre-vingt (1)

En 2006, la bibliothèque d’Alexandrie forme un comité de trois spécialistes (Ahmed El-Hadari, Samir Farid et Kamal Ramzi) afin de dresser la liste des 100 films les plus importants  de l’histoire du  cinéma égyptien. 

Les Années quatre-vingt (1)


69) Ouyoun La Tanam (Des yeux toujours éveillés, 1981, Raafat El-Mihi)

عيون لا تنام

Avec Farid Shawki, Madiha Kamel, Ahmed Zaki, Naima Al Soghayar, Ali El Scherif
d'après la pièce du dramaturge américain Eugène O'Neill, Désir sous les Ormes (1925)
 Un garagiste, ainé d'une famille, exerce une véritable tyrannie sur ses frères. Il épouse une orpheline mais il ne parvient pas à avoir d'enfant. Il choisit comme héritier le cadet de la famille et chasse ses autres frères. Ce petit frère devient l'amant de la femme qui tombe enceinte.  
C'est le seul film produit par la "Coopérative des Cinéastes" créée en 1980 par de jeunes réalisateurs.


70) Arzaq ya Duniya (Le Gagne-pain, 1982, Nader Galal)
ارزاق يا دنيا


Avec Nour Al Sherif, Yousra, Sais Saleh, Chweikar, Nadia Ezzat,  Abdel Moneim Elmarsfy,Badria Abd El Gawad,  Nawal Abou El Fotouh,  Zizi Moustafa
Jabar est un villageois miséreux de Basse-Egypte qui a été amputé d'une jambe. Il arrive au Caire pour placer une jeune fille de son village dans une famille bourgeoise. Une fois sa mission accomplie, il erre dans la capitale à la recherche d'un emploi. Il tombe sur Madame Zebeida, la propriétaire d'un café où il s'était arrêté. Elle l'adresse à Maître Chamroukh, un homme violent qui travaille pour madame Chouchou. Cette dernière dirige un réseau se livrant à des activités criminelles. Maïtre Chamroukh est chargé de recruter des hommes sans emploi pour les transformer en dealers...


71)  Al-’Ar (L’Opprobre, 1982, Ali Abdel-Khalek)
العار


avec Nour al Sherif, Hussein Fahmi 
Le père meurt et l'on découvre que ce riche commerçant était en fait un trafiquant de drogue. Ses enfants, un médecin et un militaire abandonnent leurs postes pour reprendre le négoce très lucratif de leur père.Dans ce film, Ali Abdel Khaleq dénonce la situation créée par l'Infitah (politique d'ouverture économique initiée par Sadate après 73. En facilitant les investissements privés et étrangers, le pouvoir va laisser le champ libre à la corruption.)


72) Sawwaq Al-Utoubis (Le Chauffeur de Bus, 1983, Atef El-Tayyeb)
سواق الأتوبيس


Avec Nour Al Sherif, Mervat Amine, Emad Hamdi
Hassan, un ancien soldat (Il a fait la guerre d'octobre et celle du Yemen.) qui travaille en tant que chauffeur de bus, lutte pour sauver la petite entreprise de son père. Son épouse décide de vendre ses bijoux afin d'acheter un taxi qui pourrait les aider à augmenter leurs revenus.
Dans la liste des quinze meilleurs films égyptiens de tous les temps, le Chauffeur de Bus occupe la cinquième place.


73) Al-Afocato (L’Avocat, 1984, Raafat El-Mihi)
الافوكاتو


Avec Adel Imam, Yousra, Essaad Younes
Les relations entre un avocat, un juge, un policier et un professeur illustrent les faiblesses d'une société où la loi n'a que faire de la justice. L'Avocat fut distribué par la société de Youssef Chahine "Misr International Film". Celui-ci fut poursuivi pour avoir diffusé un film qui "calomnie" le monde judiciaire.


74) Hata la Yatir Al-Dukhan (Pour que la fumée ne s’envole pas, 1984, Ahmed Yehia)
حتى لا يطير الدخان


Avec Adel Imam (Fahmy Abdel Hamid), Alia Ali (la mère de Fahmy), Soheir Ramzi (Sonia, la femme de chambre), Alsayed Talib (Mahrous, le restaurateur trafiquant de drogue), Fakry Abaza (Medhat Shalaby), Youssef Fawzi (Kamal), Sanaa Chafie (Raouf), Nadia Arslan (Rhaira), Mahmoud Rashad (le père de Rhaira), Nagwa Al Mogy (Lola)
Scénario : Mostafa Moharam d’après une histoire de l’écrivain Ihsan Abd al-Qudus (1929–1990)
Musique : Gamal Salamah
Fahmy Abdel Hamid a quitté son village pour faire des études de droit au Caire. Il devient l’ami de jeunes gens qui sont issus d’un milieu beaucoup plus aisé que le sien. Il ne tarde pas à tomber amoureux de la sœur de l’un d’entre eux. Il aimerait bien l’épouser mais la jeune fille se moque de lui quand elle découvre qu’il porte les vieux habits de son frère. Peu après la mère de Fahmy tombe malade. Sonia, la femme de chambre de la pension dans laquelle il réside, lui propose aussitôt son aide. En revanche ses nouveaux camarades n’ont aucune compassion. Ils refusent de lui prêter l’argent nécessaire à payer l’opération qui sauverait sa mère. Cette dernière meurt. Fahmy décide de se venger…